Test Blu-ray / Il gatto dagli occhi di giada, réalisé par Antonio Bido

IL GATTO DAGLI OCCHI DI GIADA réalisé par Antonio Bido, disponible en Mediabook Blu-ray + DVD le 5 avril 2022 chez Uncut Movies.

Acteurs : Corrado Pani, Paola Tedesco, Franco Citti, Fernando Cerulli, Giuseppe Addobbati, Gianfranco Bullo, Jill Pratt, Bianca Toccafondi…

Scénario : Vittorio Schiraldi, Antonio Bido, Roberto Natale & Aldo Serio

Photographie : Mario Vulpiani

Musique : Trans Europa Express

Durée : 1h32

Année de sortie : 1977

LE FILM

Mara, une jeune et jolie danseuse de cabaret est le témoin indirect d’un meurtre brutal commis par un tueur ganté et vêtu de noir. Pensant que la jeune fille détient inconsciemment des informations qui pourraient amener la police à découvrir son identité, l’assassin décide de retrouver sa trace afin de tenter de l’éliminer. De son côté Mara, terrorisée et ne souhaitant pas apporter son témoignage à la police, se confie à son fiancé Lukas sur sa mésaventure afin qu’il essaie de remonter la piste du meurtrier sadique. Une piste qui va vite s’avérer jalonnée de cadavres et où chaque nouvelle victime de l’assassin constitue une pièce supplémentaire du puzzle qui permettra à Lukas de reconstituer le profil du meurtrier. Parviendra-t-il à découvrir les sanglantes motivations du tueur et son identité avant que celui-ci ne s’attaque à la jolie Mara ?

Les débuts de Homepopcorn.fr ont été marqués par la chronique de Terreur sur la lagune Solamente Nero (1978) d’Antonio Bido (né en 1949), sorti chez Le Chat qui fume. Le réalisateur, qui a peu tourné depuis ses débuts il y a plus de cinquante ans (un court, un moyen et cinq longs-métrages + un documentaire), est arrivé au moment où le giallo entamait son chant du cygne. Ou comment un metteur en scène émerge en Italie quand son cinéma connaît ses dernières heures de gloire, y compris le thriller aux tueurs masqués et gantés de cuir. Aujourd’hui, l’oeuvre d’Antonio Bido est reconnue pour son caractère ambitieux et libre, à l’époque où la télévision commençait à avoir la mainmise sur le cinéma. Avec son premier long-métrage, Il gatto dagli occhi di giada (en français, « le chat aux yeux de jade »), ou bien encore Watch Me When I Kill pour sa sortie internationale, sorti en 1977, s’inscrit dans la continuité de la tradition du giallo, une œuvre dans laquelle Antonio Bido exprime son admiration pour Dario Argento et Mario Bava. Pourtant le cinéaste aura toujours avoué ne pas avoir beaucoup d’affection pour le slasher, la violence et le sang au cinéma, et aura toujours cherché à instaurer la peur aux spectateurs en jouant sur les effets suggérés et la montée de tension grâce à des effets de mise en scène recherchés et stylisés. Coup d’essai et coup de maître pour Antonio Bido, dont la virtuosité crève l’écran dès la première séquence et donc le meurtre inaugural. Un diamant noir éclaboussé de rouge-sang, le tout sur un fond jaune, un « capolovoro ».

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Test Blu-ray / Nuit d’ivresse, réalisé par Bernard Nauer

NUIT D’IVRESSE réalisé Bernard Nauer, disponible en DVD et Blu-ray le 18 janvier 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Gérard Martin, Jean-Claude Dauphin, Jean-Michel Dupuis, Jerome Walke, Guy Laporte, Théo Légitimus…

Scénario : Josiane Balasko & Thierry Lhermitte, d’après la pièce de Josiane Balasko

Photographie : Carlo Varini

Musique : Jacques Delaporte

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Jacques Belin, animateur de l’émission télévisée L’Affaire est dans le sac, est la vedette montante du petit écran. Fred, elle, sort tout juste de prison. Tous deux se retrouvent au comptoir d’un bar près de la gare de l’Est, où Jacques arrose le prix qu’il vient de recevoir, celui de Dandy d’or de la courtoisie française. Si Fred le trouve beau et sexy, il la trouve, en revanche, vulgaire et mal habillée…

Resituons Nuit d’ivresse dans la carrière de Josiane Balasko et de Thierry Lhermitte. La première vient de passer derrière la caméra avec Sac de nœuds, où son duo avec Isabelle Huppert n’a pas vraiment enthousiasmé les foules avec seulement 630.000 entrées. Elle s’apprête à signer son second long-métrage en tant que réalisatrice, Les Keufs, qui pour le coup connaîtra un beau succès dans les salles. Pour Thierry Lhermitte, tout va bien, le triomphe des Ripoux est encore frais, Un été d’enfer, de Michaël Schock, Le Mariage du siècle de Philippe Galland et Les Rois du gag de Claude Zidi tournent tous autour du million et demi d’entrées. Dans les années 1980, les deux complices du Splendid partagent l’affiche dans Clara et les chics types de Jacques Monnet, Les Hommes préfèrent les grosses, Le Père Noël est une ordure et Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré et La Smala de Jean-Loup Hubert. Des films essentiellement collectifs, dans lesquels ils ne font que se croiser, ou même pas du tout. Finalement, l’opus qui les réunira réellement est Nuit d’ivresse de Bernard Nauer, adaptation de la pièce de théâtre créée en 1985 au Théâtre du Splendid Saint-Martin par Josiane Balasko et Michel Blanc. Thierry Lhermitte remplacera ce dernier dans un second temps. S’il n’est pas le film le plus connu des membres du Splendid, Nuit d’ivresse demeure pourtant une comédie hilarante, menée à cent à l’heure, qui enchaîne les scènes cultes comme des perles sur un collier, dans laquelle les deux stars livrent une remarquable prestation. Bref, Nuit d’ivresse est un vrai film culte.

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Test Blu-ray / L’Origine du monde, réalisé par Laurent Lafitte

L’ORIGINE DU MONDE réalisé par Laurent Lafitte, disponible en DVD et Blu-ray le 19 janvier 2022 chez Studiocanal.

Acteurs : Laurent Lafitte, Karin Viard, Vincent Macaigne, Hélène Vincent, Nicole Garcia, Pauline Clément, Luca Malinowski, Christine Beauvallet…

Scénario : Laurent Lafitte, d’après la pièce de Sébastien Thiery

Photographie : Axel Cosnefroy

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un jour, sans crier gare, le coeur de Jean-Louis s’arrête de battre. Jean-Louis devrait être mort mais il parle, marche, vit sa vie comme si de rien n’était. Affolé, il demande son avis à Michel, son ami vétérinaire qui bien sûr ne parvient pas à expliquer ce phénomène étrange. Valérie, son épouse qui n’a aucune connaissances médicales, n’est d’aucune aide. Désespéré, le couple tente de trouver des réponses auprès de Margaux, la coach de vie de Valérie, un peu guérisseuse et en lien avec les forces occultes…

S’il apparaît sur les écrans depuis les années 1990 dans les séries du style Premiers baisers et Classe mannequin, Laurent Lafitte (né en 1973), commence de plus en plus à se faire remarquer au cinéma dans les années 2000 dans des seconds rôles. On le voit tour à tout chez Mathieu Kassovitz (Les Rivières pourpres), Guillaume Canet (Mon idole, Ne le dis à personne), Lionel Delplanque (Président), Claude Miller (Un secret)… Puis, après le triomphe des Petits mouchoirs, tout s’accélère et le comédien accède désormais en haut de l’affiche. C’est le cas pour De l’autre côté du périph de David Charhon, Les Beaux Jours de Marion Vernoux, 16 ans… ou presque de Tristan Séguéla, Elle l’adore de Jeanne Herry et Papa ou maman (et sa suite) de Martin Bourboulon qui sont tous des succès. Parallèlement, après son one-man show Laurent Lafitte, comme son nom l’indique, qui a fait salle comble au Palais des glaces en 2008, le pensionnaire de la Comédie-Française, révèle une face plus sombre dans quelques films dramatiques, dans Boomerang de François Favrat, Elle de Paul Verhoeven, K.O. de Fabrice Gobert, Paul Sanchez est revenu de Patricia Mazuy, Au revoir là-haut d’Albert Dupontel et L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier, dans lesquels il est chaque fois remarquable. Bref, Laurent Lafitte est un acteur fabuleux, virtuose dans tous les genres. On attendait de pied ferme ses débuts à la mise en scène avec L’Origine du monde, l’adaptation de la pièce de théâtre du même nom de Sébastien Thiéry, gros carton du théâtre du Rond-Point en 2013. Et cette fois encore, Laurent Lafitte se surpasse, en signant tout simplement LA comédie de l’année 2021. Politiquement incorrect, osé, couillu même, L’Origine du monde est un film qui nous emmène là où on s’y attendait le moins. S’il s’accompagne forcément de son essence théâtrale originale, comme c’était aussi le cas pour Le Dîner de cons de Francis Veber et Le Prénom d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, ce premier film se démarque par son humour anglo-saxon qui viendrait parasiter un vaudeville bien de chez nous, le tout marqué par l’élégance habituelle de son réalisateur et de formidables numéros d’acteurs. Ça fait un bien fou !

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Test Blu-ray / Fort Massacre, réalisé par Joseph M. Newman

FORT MASSACRE réalisé par Joseph M. Newman, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 6 janvier 2022 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Forrest Tucker, John Russell, Susan Cabot, George N. Neise, Anthony Caruso, Robert Osterloh, Denver Pyle.…

Scénario : Martin Goldsmith

Photographie : Carl E. Guthrie

Musique : Marlin Skiles

Durée : 1h20

Date de sortie initiale: 1958

LE FILM

La mission du Sergent Vinson est de ramener au fort les survivants d’une colonne de cavalerie qui fut attaquée et décimée par les Indiens. Vinson perd le sens de ses responsabilités et cherche avant tout à satisfaire une vengeance personnelle.

Spécialiste du western de série B, Joseph M. Newman (1909-2006) s’est très souvent démarqué de ses confrères par le caractère insolite de ses œuvres, dont le réalisme étonnant est tout droit hérité de son passé dans le domaine du documentaire. S’il n’est pas, et ne sera jamais, le plus célèbre des réalisateurs, il aura donné au cinéma américain quelques beaux et jolis fleurons de l’entertainment au sens noble à l’instar des Bannis de la Sierra (1952), Dans les bas-fonds de Chicago (1954), Les Survivants de l’infini (1955) et Tonnerre apache (1961) avec une nette prédilection pour le film noir, puis les aventures se déroulant dans le grand Ouest, avant de se tourner vers la science-fiction puisqu’il signera quelques épisodes de La Quatrième dimension dans les années 1960. A l’instar du Shérif aux mains rouges The Gunfight at Dodge City (1959), pour lequel Joseph M. Newman retrouvera le comédien Joel McCrea, ou La Dernière flèche Pony Soldier (1952), dans lequel Tyrone Power abordait la dernière partie de sa carrière, avant de disparaître à l’âge prématuré de 44 ans en 1958, Fort Massacre se suit avec un immense plaisir. Le metteur en scène signe probablement l’un de ses chefs d’oeuvre, qui n’a eu de cesse d’être redécouvert et réhabilité par la critique et les cinéphiles. Carré, sec, particulièrement violent et oppressant, Fort Massacre est un western pur et dur qui plaira aux éternels aficionados du genre.

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Test Blu-ray / Tralala, réalisé par Arnaud et Jean-Marie Larrieu

TRALALA réalisé par Arnaud et Jean-Marie Larrieu, disponible en DVD et Blu-ray le 1er février 2022 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Mathieu Amalric, Josiane Balasko, Mélanie Thierry, Maïwenn Le Besco, Bertrand Belin, Denis Lavant, Galatea Bellugi, Jalil Lespert…

Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu

Photographie : Jonathan Ricquebourg

Musique : Philippe Katerine, Bertrand Belin, Dominique A, Jeanne Cherhal, Etienne Daho & Sein

Durée : 2h01

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un chanteur-compositeur en voie de clochardisation voit apparaître une « fille en bleu » sur le parvis de la gare Montparnasse. Frappé par ce qu’il prend pour une apparition mariale, il décide de partir à sa recherche et se rend à Lourdes en quête de la Sainte Vierge. Il y fait la rencontre d’une sexagénaire qui le prend pour son fils, disparu vingt ans auparavant aux États-Unis.

Tiens, revoilà les frères Larrieu ! Cela faisait six ans que nous n’avions plus de nouvelles d’Arnaud et Jean-Marie, depuis le succès honnête de 21 nuits avec Pattie en novembre 2015, sans nul doute l’une de leurs plus grandes réussites. Bien loin des ronflants, interminables et prétentieux Peindre ou faire l’amour (2005) et Les Derniers Jours du monde (2009), les deux frangins avaient déjà retrouvé une véritable énergie avec L’Amour est un crime parfait en 2014, et se souvenaient surtout d’un élément-clé au cinéma, les spectateurs. Pas étonnant que ce dernier ait été leur deuxième plus gros hit au box-office, comme l’a d’ailleurs été 21 nuits avec Pattie, porté par la tornade Karin Viard. C’est malheureusement une autre paire de manche avec Tralala, leur dernier opus en date, pour lequel ils retombent dans leurs travers qui plaisent tant à Télérama, aux Cahiers du Cinéma et aux Inrockuptibles. Du cinéma pour bobos, nombriliste, clinquant comme les néons d’un concept store dans le Marais, incarné par Mathieu Amalric (qui remplace Philippe Katerine, pour qui le rôle avait été écrit et qui a composé les chansons du personnage principal), pour la cinquième fois devant la caméra des Larrieu après le moyen-métrage La Brèche de Roland (2000), Un homme, un vrai (2003), Les Derniers Jours du monde et L’Amour est un crime parfait. Celui-ci écarquille les yeux à outrance derrière son masque anti-Covid (le tournage a eu lieu l’été 2020) et arbore une barbe pouilleuse, en pensant que cela fera rire Jean-Marc Lalanne qui a déjà fait sa critique dithyrambique du film, avant même de l’avoir vu. Mais non, rien n’y fait, Tralala est juste d’une neurasthénie confondante, une succession de séquences où le vide est rempli par des chansons qui feraient taire Eddy de Pretto (c’est pas bête si on y pense) de jalousie en voyant ces acteurs s’égosiller encore plus mal que lui. Bon, vous l’aurez compris, on a détesté. En voulant rendre hommage à Jacques Demy, les Larrieu ne livrent au final qu’une demi-éjac.

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Test Blu-ray / Le Cri de guerre des Apaches, réalisé par Jodie Copelan

LE CRI DE GUERRE DES APACHES (Ambush at Cimarron Pass) réalisé Jodie Copelan, disponible en DVD et Blu-ray le 19 janvier 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Scott Brady, Margia Dean, Clint Eastwood, Irving Bacon, Frank Gerstle, Ray Boyle, Baynes Barron, William Vaughn…

Scénario : Richard G. Taylor & John K. Butler, d’après une histoire de Robert A. Reeds & Robert W. Woods

Photographie : John M. Nickolaus Jr.

Musique : Paul Sawtell & Bert Shefter

Durée : 1h10

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

À la fin de la Guerre de Sécession, le major Matt Blake et ses hommes doivent conduire un prisonnier à Fort Waverly. En route, ils sont attaqués par une bande d’anciens soldats confédérés. Parmi eux, Keith Williams, qui a perdu sa famille durant le conflit. Tous vont devoir s’entraider pour affronter les Apaches qui contrôlent la région.

C’est un petit western tourné en à peine une dizaine de jours, avec peu de moyens, noyé dans la masse en 1958, la même année que Duel dans la Sierra de George Sherman, L’Homme de l’Ouest d’Anthony Mann, Les Bravados de Henry King, L’Or du Hollandais et Cowboy de Delmer Daves, Le Fier rebelle de Michael Curtiz, Les Grands espaces de William Wyler et L’Aventurier du Texas de Budd Boetticher. Rien n’aurait pu le distinguer du tout-venant, surtout face à certains monuments du genre. Il y a pourtant UN élément qui a permis à ce film réalisé par Jodie Copelan de devenir une curiosité à part entière, la présence au générique du jeune Clint Eastwood, alors âgé de 28 ans. Autant le dire d’emblée, nous n’avons évidemment d’yeux que pour ce grand gaillard d’1m93 et au regard perçant, qui crève l’écran à chaque apparition et qui parvient même à voler la vedette à la star Scott Brady. Si Le Cri de guerre des Apaches – connu aussi sous le titre La Marche à la mort – n’est pas déplaisant et conserve un vrai charme rétro, l’ensemble reste anecdotique, mais peut-on réellement qualifier ainsi ce long-métrage quand l’un des plus grands acteurs de l’histoire du cinéma y faisait ses débuts ? Toujours est-il que ce divertissement court et rapide (72 minutes, montre en main) remplit parfaitement son contrat et compile tout ce que le spectateur est en droit d’attendre d’un western. Alors, pourquoi se priver ?

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Test Blu-ray / Échec au porteur, réalisé par Gilles Grangier

ÉCHEC AU PORTEUR réalisé par Gilles Grangier, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 19 janvier 2022 chez Pathé.

Acteurs : Paul Meurisse, Jeanne Moreau, Serge Reggiani, Simone Renant, Robert Porte, Fernand Sardou, Bernard La Jarrige, Christian Fourcade…

Scénario : Noël Calef, Gilles Grangier & Pierre Véry, d’après le roman de Noël Calef

Photographie : Jacques Lemare

Musique : Jean Yatove

Durée : 1h24

Année de sortie : 1958

LE FILM

Membre d’un gang de trafiquants, Bastien Sassey transporte un ballon de foot contenant de la drogue. Mais celui-ci est bientôt remplacé par un ballon en plastique chargé d’explosifs, destiné à éliminer un gang rival. Hélas, cette bombe à retardement tombe entre les mains d’un groupe d’enfants qui joue à proximité…

Depuis toujours, sur Homepopcorn, à travers nos critiques consacrées à Train d’enfer, Le Sang à la tête, Gas-oil, Maigret voit rouge et Archimède le clochard, nous n’avons jamais cessé de réhabiliter le talent du réalisateur Gilles Grangier (1911-1996), un des meilleurs artisans du cinéma français des années 1950-1960. On lui doit entre autres près de soixante-dix long-métrages, téléfilms et séries, mis en scène en quarante ans de carrière, dont douze opus avec Jean Gabin. Éclectique, le cinéaste n’aura de cesse de passer du drame à la comédie, en passant par le film policier. Échec au porteur appartient à la dernière catégorie. Sorti en janvier 1958, la même année que Trois jours à vivre avec Daniel Gélin et surtout Le Désordre et la Nuit, avec « le Vieux », ce polar quelque peu oublié est pourtant représentatif du solide boulot de Gilles Grangier. Si le projet est proposé à ce dernier par Michel Audiard, « le Petit Cycliste » ne s’occupe pas du scénario. On doit en effet l’adaptation du roman du même nom de Noël Calef, immense succès dans les librairies deux ans auparavant et auréolé du Prix du Quai des Orfèvres, à l’auteur lui-même, épaulé par Pierre Véry (L’Assassinat du père Noël, Les Disparus de Saint-Agil, Goupi-Mains rouges, Les Anciens de Saint-Loup, L’Enfer des anges) et Gilles Grangier. Cela se ressent immédiatement. Échec au porteur est un film sec, sans mots d’auteur qui ont fait la renommée d’Audiard, naturaliste, qui fait la part belle aux décors naturels (ici les terrains vagues de Gennevilliers) comme les affectionnaient tant le réalisateur, qui les mettait toujours en valeur, autant que ses comédiens, les ambiances de quartier, leurs habitants et les métiers disparus. Avec son intrigue soutenue et resserrée sur 85 minutes, son casting quatre étoiles (Paul Meurisse, Jeanne Moreau, Serge Reggiani, Gert Fröbe…) et son suspense maintenu du début à la fin, Échec au porteur est à redécouvrir absolument.

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Test Blu-ray / La Double vie de Véronique, réalisé par Krzysztof Kieślowski

LA DOUBLE VIE DE VÉRONIQUE réalisé par Krzysztof Kieślowski, disponible en DVD et Combo Blu-ray + 4K UHD le 7 décembre 2021 chez Potemkine Films.

Acteurs : Irène Jacob, Halina Gryglaszewska, Kalina Jedrusik, Aleksander Bardini, Wladyslaw Kowalski, Jerzy Gudejko, Janusz Sterninski, Philippe Volter…

Scénario : Krzysztof Kieślowski & Krzysztof Piesiewicz

Photographie : Slawomir Idziak

Musique : Zbigniew Preisner

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

«  J’ai l’impression que je ne suis pas seule » chuchote Weronika à son père, un soir, dans une petite ville de Pologne. La jeune fille chante avec une voix étrange, presque irréelle. Plus tard, elle aperçoit sur la place du Marché de Cracovie celle qui pourrait être son double : Véronique. Mais un accident de coeur foudroie Weronika lors d’un concert. En France, Véronique éprouve une douleur violente. Elle sent comme une absence. Puis des signes étranges surviennent : appels nocturnes, courriers et même une énigmatique cassette d’indices sonores…

Quel film merveilleux ! Une histoire d’amour, sur les trésors précieux de l’existence, sur le destin, la fatalité. Krzysztof Kieślowski (1941-1996) atteint le sublime avec La Double vie de Véronique. Le cinéaste polonais nous fait pénétrer dans la sphère intime de Véronique / Weronika, ou l’histoire d’une vie qui continue, quittant un être pour se perpétuer dans le corps et l’âme d’un autre. Kieslowski prend la main du spectateur et l’entraîne dans un univers charnel, rempli de désirs où l’être humain doit se fier aux signes et aux moindres détails qui jonchent son parcours. Hypnotique par sa fascinante musique signée Zbigniew Preisner, La Double vie de Véronique est construit autour des sensations, des impressions, avec une virtuosité et une pureté des images de chaque instant, rarement atteintes au cinéma. Comment ne pas tomber amoureux d’Irène Jacob ? La jeune comédienne récompensée par le prix d’interprétation à Cannes en 1991 élève le film vers l’irrationnel, incarne la fragilité à l’état pur, comme celle du cristal. Radieuse, lumineuse, elle devient alors fantasme intouchable, toujours auréolée d’une aura quasi-surnaturelle. Jamais les mystères de l’âme humaine n’auront été aussi troublants et l’on sort du film bouleversé, convaincu qu’un être sur Terre nous ressemble physiquement, psychologiquement. Beaucoup de sentiments passent par le non-dit et l’atmosphère érotico-sensuelle, qui nous font aimer le cinéma. Comment résumer la plus belle scène du film, où Weronika rend son dernier souffle durant l’envolée lyrique du récital, au même moment où Véronique se perd dans un orgasme ? Où l’on ressent une âme s’envoler vers un autre corps…La Double vie de Véronique est un film touché par la grâce, une expérience unique, une époustouflante ode à la vie, riche en symboles, sur la quête de soi. Un chef d’oeuvre absolu et sophistiqué sur les coïncidences, les intuitions, les connexions immatérielles et pourtant réelles entre les individus. Intemporel, envoûtant, furieusement poétique et mélancolique.

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Test DVD / Mon année à New York, réalisé par Philippe Falardeau

MON ANNÉE À NEW YORK (My Salinger Year) réalisé par Philippe Falardeau, disponible en DVD le 6 janvier 2022 chez Metropolitan Video.

Acteurs : Margaret Qualley, Sigourney Weaver, Douglas Booth, Seána Kerslake, Brían F. O’Byrne, Colm Feore, Théodore Pellerin, Yanic Truesdale…

Scénario : Philippe Falardeau, d’après le livre de Joanna Smith Rakoff

Photographie : Sara Mishara

Musique : Martin Léon

Durée : 1h37

Année de sortie : 2020

LE FILM

1995. Joanna, jeune femme aspirant à devenir écrivain, quitte la Californie et son petit ami, Karl, pour aller s’installer à New York. Elle trouve un emploi au sein d’une agence littéraire réputée, dirigée par Margaret, qui la charge de répondre aux courriers adressés à l’écrivain J. D. Salinger, client de l’agence. Au lieu de renvoyer une réponse type, Joanna commence à écrire des courriers personnalisés à certains admirateurs. Par ailleurs, elle rencontre Don et accepte de s’installer avec lui…

Nous avions découvert le cinéaste québécois Philippe Falardeau en 2006 avec l’excellent Congorama. Si son film suivant, C’est pas moi, je le jure ! n’avait malheureusement pas bénéficié d’une sortie dans les salles françaises, Monsieur Lazhar s’était vu très largement récompensé en 2011, notamment par 7 Jutras, les équivalents québécois de nos Césars. Le réalisateur s’est souvent démarqué avec ses œuvres sensibles et délicates, mais aussi son humour décalé comme c’était le cas avec le méconnu et pourtant hilarant Guibord s’en va-t-en guerre, interprété par les explosifs Patrick Huard et Suzanne Clément. Six ans après un biopic consacré au boxeur Chuck Wepner, Outsider, Philippe Falardeau fait donc son retour avec Mon année à New York, librement adapté du livre autobiographique de Joanna Rakoff, My Salinger Year, et dirige rien de moins que la grande Sigourney Weaver et la lumineuse Margaret Qualley. Si la comparaison avec Le Diable s’habille en Prada et A la rencontre de Forrester semble inévitable, on oublie rapidement ce parallèle avec le film de David Frankel et celui de Gus Van Sant, car le cinéaste trouve un ton et une ambiance quasi-anachroniques, délicieusement rétros, comme si le temps s’était arrêté au début des années 1960, à l’image du bureau où officient nos deux protagonistes. L’ombre de J.D. Salinger plane évidemment sur tout le film, il y « apparaît » d’ailleurs à plusieurs reprises, à travers sa voix ou sa silhouette, mais Mon année à New York est avant tout le récit initiatique d’une jeune femme, qui en rencontrant son mentor, va non seulement découvrir le monde du travail, mais aussi décider de suivre sa passion, écrire. Très joli film, classique dans la forme, mais efficace, Mon année à New York, qui a fait l’ouverture de la Berlinale en 2020, repose sur l’excellence de son casting et des personnages attachants.

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Test DVD / Un triomphe, réalisé par Emmanuel Courcol

UN TRIOMPHE réalisé par Emmanuel Courcol, disponible en DVD le 4 janvier 2022 chez Memento Films.

Acteurs : Kad Merad, David Ayala, Lamine Cissokho, Sofian Khammes, Pierre Lottin, Wabinlé Nabié, Aleksandr Medvedev, Saïd ‘Benco’ Benchnafa, Marina Hands, Laurent Stocker, Mathilde Courcol-Rozès, Catherine Lascault…

Scénario : Emmanuel Courcol, Thierry de Carbonnières & Khaled Amara

Photographie : Yann Maritaud

Musique : Fred Avril

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un acteur en galère accepte pour boucler ses fins de mois d’animer un atelier théâtre en prison. Surpris par les talents de comédien des détenus, il se met en tête de monter avec eux une pièce sur la scène d’un vrai théâtre. Commence alors une formidable aventure humaine.

Après le triomphe international de Bienvenue chez les Ch’tis en 2008 et son César du meilleur acteur dans un second rôle reçu en 2007 pour sa grande prestation dans Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret, Kad Merad a été partout. A la télévision (Baron Noir évidemment), dans des publicités (même encore aujourd’hui), dans toutes les émissions possibles et imaginables (sauf Chasse et pêche, et encore), mais aussi et surtout au cinéma, tournant parfois jusqu’à cinq films par an, faisant des caméos ici et là, passant derrière la caméra à la trois reprises, se moquant de lui-même dans Mais qui a re-tué Pamela Rose ?, qu’il a coréalisé avec son complice Olivier Baroux, quand une jeune femme lui déclare « Tu tournes trop ! ». Des gros succès au box-office, il y en a eu (Safari, Le Petit Nicolas, L’Immortel, L’Italien, La Fille du puisatier, La Nouvelle guerre des boutons, Supercondriaque…), des bides aussi (Des gens qui s’embrassent, Disparue en hiver, On voulait tout casser, La Mélodie, Comme des rois, Just a Gigolo)…Depuis quelques films, le comédien connaît un revers au box-office et les opus le plaçant en tête d’affiche n’ont pas vraiment brillé auprès des spectateurs. On note qu’il semble se spécialiser dans les rôles de mentor, de passeur ou d’entraîneur, comme dernièrement dans La Mélodie de Rachid Hami, Comme des rois de Xabi Molia et Une belle équipe de Mohamed Hamidi. C’est encore le cas dans Un triomphe d’Emmanuel Courcol, dans lequel il retrouve de sa superbe et l’un de ses plus beaux rôles. Porté par une critique dithyrambique, ce film très attachant n’a pas connu le succès espéré avec un peu plus de 300.000 entrées et méritait bien plus. Sa sortie en DVD et ses futures diffusions à la télévision devraient lui redonner une deuxième chance, ce qu’il mérite amplement.

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