Test 4K UHD / Obsession fatale, réalisé par Jonathan Kaplan

OBSESSION FATALE (Unlawful Entry) réalisé par Jonathan Kaplan, disponible en Combo Blu-ray + 4K le 1er septembre 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Ray Liotta, Kurt Russel, Madeline Stowe, Roger E. Mosley, Ken Lerner, Carmen Argenziano, Andy Romano, Deborah Offner…

Scénario : Lewis Colick

Photographie : Jamie Anderson

Musique : James Horner

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

À Los Angeles, la vie de Michael et Karen bascule lorsqu’un cambrioleur s’introduit chez eux. Traumatisés, ils trouvent un soutien providentiel et amical auprès de l’agent Pete Davis. Mais derrière cet uniforme rassurant se cache une personnalité trouble…

On ne se lassera jamais de (re)découvrir les thrillers américains des années 1990. À l’heure de Fenêtre sur Pacifique – Pacific Heights de John Schlesinger, La Main sur le berceau – The Hand That Rocks the Cradle de Curtis Hanson, J.F. partagerait appartement – Single White Female de Barbet Schroeder, Les Nerfs à vif – Cape Fear de Martin Scorsese, Les Nuits avec mon ennemi – Sleeping with the Enemy, Malice de Harold Becker, pour ne citer que ceux-là, Obsession fatale – Unlawful Entry tire son épingle du jeu. On doit ce petit bijou du thriller domestique et psychologique à Jonathan Kaplan (1947-2025), réalisateur prolifique aussi bien au cinéma qu’à la télévision, passé à la postérité avec Les Accusés – The Accused (1998), qui a valu à Jodie Foster son premier Oscar de la meilleure actrice. S’il se consacrera essentiellement à la petite lucarne par la suite (on lui doit moult épisodes produits et réalisés d’Urgences, de New York, unité spéciale, de FBI : Portés disparus), le cinéaste livre assurément l’un de ses meilleurs longs-métrages avec Obsession fatale. Le film repose sur un scénario malin écrit par Lewis Colick (La Nuit du jugement de Stephen Hopkins, Les Fantômes du passé de Rob Reiner, Ciel d’octobre de Joe Johnston), qui renvoie parfois au mythique The Prowler – Le Rôdeur (1951), chef d’oeuvre de Joseph Losey, écrit par le non moins légendaire Dalton Trumbo. Dans Obsession fatale, nous retrouvons plus ou moins un point de départ similaire, mais aussi les thèmes subversifs, dont l’autorité policière corrompue et la masculinité contrariée. Si Le Rôdeur traitait de l’impuissance, Obsession fatale montre un mari amoureux de sa femme, sensible, qui ne correspond pas au modèle macho habituel. C’est là que débarque un mâle alpha, merveilleusement incarné par le regretté Ray Liotta, alors entre Les Affranchis – Goodfellas de Martin Scorsese et Absolom 2022 – No Escape de Martin Campbell. Unlawful Entry joue habilement avec l’ambiguïté du personnage féminin, là aussi formidablement interprété par la sublime Madeleine Stowe, qui semble à la fois fascinée et repoussée par l’agent Pete Davis, visiblement un roc à qui rien ne fait peur et qui s’avère disponible nuit et jour pour défendre la veuve et l’orphelin. La veuve surtout. Plus de trente ans après sa sortie, Obsession fatale demeure un parfait représentant du genre, une valeur sûre, un divertissement prenant qui n’a rien perdu de son charme.

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Test Blu-ray / Romería, réalisé par Carla Simón

ROMERÍA réalisé par Carla Simón, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Ad Vitam.

Acteurs : Tristán Ulloa, José Ángel Egido, Llúcia Garcia, Mitch Martín, Celine Tyll, León Romagosa, Hans Romagosa, Marina Troncoso…

Scénario : Carla Simón

Photographie : Hélène Louvart

Musique : Ernest Pipó

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

La jeune étudiante Marina, enfant adoptée, recherche des papiers administratifs pour s’inscrire à l’université, en école de cinéma. S’ensuit alors la longue histoire de la vie de sa famille d’origine, ses secrets et ses drames, qu’elle découvre au fur et à mesure de ses recherches, dans un voyage initiatique sur les traces de sa propre histoire, dans la ville galicienne de Vigo.

C’est un coup d’éclat, un coup de foudre, un coup au coeur et à l’âme que ce troisième long-métrage de Carla Simón (née en 1986), révélée en 2017 avec Été 93, largement récompensé à travers le monde. À l’instar de ses œuvres précédentes, la réalisatrice s’inspire de ses parents biologiques, décédés du sida, leur disparition prématurée ayant forcément laissé de nombreuses questions, qui n’auront sans doute jamais de réponse. À travers son art, Carla Simón n’a eu de cesse d’aller à la recherche de ce qui lui manque, de recréer un passé qu’elle n’a pas connu, celui de ceux qui lui ont donné la vie et qui sont morts quand elle avait trois ans (pour son père) et six ans (en ce qui concerne sa mère). Romería cristallise tout ce que la cinéaste avait fait jusqu’à présent et apparaît comme un film-somme définitif, comme une conclusion cohérente après Été 93 – Estiu 1993 et Nos soleils – Alcarràs (2022, récompensé par l’Ours d’or), mais aussi quelques-uns de ses courts-métrages, notamment Llacunes (2016), qui est plus ou moins « intégré » à Romería et ce dès l’introduction. La réalisatrice catalane atteint les sommets avec Romería, sélectionné en compétition officielle de la 78e édition du Festival de Cannes en 2025, chef d’oeuvre de 2026, cadeau pour les cinéphiles, expérience sensorielle à part entière, qui révèle une jeune actrice exceptionnelle, Llúcia Garcia (née en 2006), dont on entendra très certainement parler dans le futur. Retenez bien ce nom.

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Test DVD / Vivaldi et moi, réalisé par Damiano Michieletto

VIVALDI ET MOI réalisé par Damiano Michieletto, disponible en DVD et Blu-ray le 1er septembre 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia Sacchi, Andrea Pennacchi, Valentina Bellè, Stefano Accorsi, Hildegard De Stefano, Miko Jarry…

Scénario : Ludovica Rampoldi & Damiano Michieletto, d’après le roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa

Photographie : Daria D’Antonio

Musique : Fabio Massimo Capogrosso

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Au début du XVIIIe siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cecilia, vingt ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.

Nous ne sommes pas spécialistes et donc nous ne vous ferons pas croire que nous connaissons l’histoire d’Antonio Vivaldi sur le bout des doigts, pour situer dans sa vie le récit du film qui nous intéresse aujourd’hui. Vivaldi et moi ou Primavera en version originale, le titre italien faisant évidemment référence à l’une des Quatre Saisons, est le premier long-métrage de Damiano Michieletto, célèbre metteur en scène italien (né en 1975), né à Venise comme Vivaldi, éminence dans le monde de l’opéra, dont les créations ont été jouées dans les plus grandes salles du monde entier. On le retrouve à la barre de ce Vivaldi et moi, qui a connu un très beau succès des deux côtés des Alpes. Il s’agit ici de l’évocation d’un épisode spécifique de l’existence du légendaire compositeur, alors à l’aube de ses 40 ans, qui revient dans sa ville natale, après que, comme l’indique une réplique « les choses n’aient pas tourné à son avantage ». Aux abois, alors qu’aucune cour ne veut de lui, Vivaldi débarque à l’hospice Della Pietà, où son talent est chichement récompensé pour apprendre la musique à de jeunes orphelines. Sur une reconstitution sobre et réaliste, le réalisateur livre un film passionnant sur l’amour, la fièvre, la nécessité de jouer, de créer, de composer. Excellemment interprété par Tecla Insolia, récompensée par le David di Donatello en 2025 pour L’Art de la joie – L’Arte della gioia de Valeria Golino, et Michele Riondino, connu pour avoir campé la version « jeune » du commissaire Montalbano, Vivaldi et moi est une véritable expérience sensorielle, froide et austère en apparence, mais dont l’émotion et les sentiments des personnages explosent au moment des représentations musicales, durant lesquelles ceux-ci peuvent enfin s’exprimer et ouvrir leur coeur. Un très beau film.

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Test Blu-ray / Deux mâles pour Alexa, réalisé par Juan Logar

DEUX MÂLES POUR ALEXA (Fieras sin jaula) réalisé par Juan Logar, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 octobre 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Juan Luis Galiardo, Curd Jürgens, Rosalba Neri, Emma Cohen, Eduardo Calvo, Franco Marletta, Mario Della Vigna, Manolo Otero…

Scénario : Francesco Campitelli & Juan Logar

Photographie : José F. Aguayo & Igino Fiorentini

Musique : Piero Piccioni

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

La jeune et jolie Alexa accepte d’épouser le riche et vieillissant Roland selon un pacte tacite : il entretient son oisiveté et elle le laisse profiter de sa jeunesse. Mais lorsque Alexa entame une relation torride avec le vigoureux Pierre, Roland prépare sa vengeance. Il invite les deux amants dans une de ses villas en Normandie.

Depuis dix ans, si vous nous suivez (et nous vous en remercions grandement), nous n’avons jamais caché notre admiration pour la comédienne Rosalba Neri (née en 1939), vue dans À la recherche du plaisir de Silvio Amadio, Furie au Missouri d’Alfonso Brescia, Hercule contre les vampires de Mario Bava, Opération Re Mida (Lucky l’intrépide) et 99 femmes de Jess Franco, Lady Frankenstein de Mel Welles et Ursus l’invincible de Gianfranco Parolini…Aussi bien demandée en Italie qu’en Espagne, la comédienne, qui a tout de même tourné avec Roberto Rossellini, Raoul Walsh, Anthony Mann, Lucio Fulci et bien d’autres, s’en va cette fois de l’autre côté des Pyrénées pour un thriller domestique, faussement vendu sous l’étiquette d’un giallo de machination ibérique. Deux mâles pour Alexa, connu également sous les titres Fauves en liberté ou Prison de fauves, ou bien encore Fieras sin jaula (« fauves sans cage ») et Due Maschi per Alexa, est une ode à Rosalba Neri, qui crève l’écran, le pulvérise par son talent, sa beauté, son érotisme insolent. Le scénario malin coécrit par le réalisateur et Francesco Campitelli, habituellement production manager (La Grosse pagaille, Devilman le diabolique), se concentre essentiellement sur un trio de personnages, pris dans une spirale sexuelle, dont personne ne sortira indemne. Grosse surprise, alors que le premier tiers du film n’est pas encore terminé, énorme rebondissement qui rebat les cartes. Le cinéaste entreprend de raconter ce qui s’est déroulé quelques mois auparavant, pour expliquer comment les protagonistes en sont arrivés là. On retiendra quelques scènes bien perverses, ainsi que le corps nu de Rosalba Neri, excellemment photographié par Igino Fiorentini (Maintenant, on l’appelle Plata, Cul et chemise) et José F. Aguayo (Le Couteau de glace, El Pico et sa suite), qui demeure la grande attraction de ces Deux mâles pour Alexa.

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Test Blu-ray / Les Mains dans les poches, réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson

LES MAINS DANS LES POCHES (The Lords of Flatbush) réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 décembre 2025 chez Colored Films.

Acteurs : Perry King, Sylvester Stallone, Henry Winkler, Paul Mace, Susan Blakely, Maria Smith, Renee Paris, Paul Jabara…

Scénario : Stephen Verona, Gayle Gleckler & Martin Davidson

Photographie : Joseph Mangine & Edward Lachman

Musique : Joseph Brooks

Durée : 1h24

Année de sortie : 1974

LE FILM

Des jeunes d’un quartier de Brooklyn se réunissent et forment un gang. S’ils réussissent à affronter les problèmes ensemble plus facilement, ils doivent néanmoins surmonter de nouveaux obstacles.

On a tendance à penser que Les Mains dans les poches –The Lords of Flatbush marque la première apparition au cinéma de Sylvester Stallone, le film étant vendu sous cet argument depuis longtemps. En réalité non, puisque le comédien avait fait quelques panouilles dans Bananas de Woody Allen (voir la scène dans le métro), dansait dans The Sidelong Glances of a Pigeon Kicker de John Dexter et dans Klute d’Alan J. Pakula. Mais en dehors d’autres rôles non crédités (comme dans La Descente infernale de Michael Ritchie et Lune de miel aux orties de Cy Howard), Sylvester Stallone démarre les années 1970 par The Party at Kitty and Stud’s, qui sera rebaptisé L’Étalon italien – The Italian Stallion après le triomphe de Rocky. Un film cu-culte qui était loin de laisser penser que la carrière de l’acteur allait prendre son envol quelques années plus tard. 1973, il obtient le rôle principal de Rebel – No Place to Hide de Robert Allan Schnitzer, thriller qui passe inaperçu et qui sera lui aussi réexploité au début des années 1980, dans un nouveau montage, histoire de mettre Sly encore plus en avant. On arrive alors aux Mains dans les poches, qui pour le coup est ce qu’on pourrait vraiment qualifier de vrai premier rôle dramatique pour Stallone, qui a plus à défendre dans ce film que dans tout ce qu’il avait pu faire jusqu’à présent. Coréalisé par Martin Davidson et Stephen Verona, inconnus au bataillon et qui signaient là leur premier film, The Lords of Flatbush est souvent comparé à American Graffiti de George Lucas, sorti l’année précédente, mais anticipe aussi étrangement Grease de Randal Kleiser avec sa bande de gominés, les épaules serrées dans leur blouson de cuir, la clope au bout du bec. Loin de l’expression populaire « C’était mieux avant », Les Mains dans les poches est parcouru par un vrai spleen et montre des jeunes nés durant la Seconde Guerre mondiale, qui sont pour ainsi dire incapables d’être heureux, de se contenter de ce qu’ils ont, qui se montrent impatients envers tout et tout le monde, qui multiplient les plaisirs éphémères, sans penser au lendemain, ni même à l’heure d’après. Jusqu’à ce que la réalité les rattrape petit à petit et les mette face à leurs responsabilités. The Lords of Flatbush est une chronique sur la perte de l’innocence de jeunes adultes, qui sortent à peine de l’adolescence (oui bon, les acteurs avaient entre 26 et 30 ans) et doivent faire avec le peu qu’ils ont dans la caboche. Une curiosité, mais aussi une vraie découverte que ces Mains dans les poches.

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Test 4K UHD / Le Train sifflera trois fois, réalisé par Fred Zinnemann

LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS (High Noon) réalisé par Fred Zinnemann, disponible en Combo 4K UHD + Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Gary Cooper, Grace Kelly, Thomas Mitchell, Lloyd Bridges, Katy Jurado, Lon Chaney Jr., Otto Kruger, Harry Morgan, Ian MacDonald, Lee Van Cleef…

Scénario : Carl Foreman, d’après une nouvelle de John W. Cunningham

Photographie : Floyd Crosby

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

À peine marié, le shérif Will Kane apprend que Frank Miller, un homme qu’il a fait arrêter et condamner cinq ans plus tôt, arrivera en ville par le train de midi. Déjà, trois de ses complices l’y attendent. Le sens du devoir l’emportant sur la démission qu’il avait l’intention de donner, Kane espère cependant que quelques-uns de ses concitoyens prennent les armes avec lui. Aucun ne le suit. Bien que le combat s’annonce perdu d’avance, le shérif se dresse contre les bandits.

Peut-on faire plus culte que Le Train sifflera trois fois – High Noon, l’un des rares westerns à être connu aussi bien sous son titre français qu’anglais, qui dès qu’on l’évoque fait surgir en mémoire moult images emblématiques, ainsi qu’une chanson, là encore dans la langue de Molière comme dans celle de Shakespeare ? C’est toujours impressionnant de s’attaquer à un mythe, cela peut coincer, car on a peur de trop en faire, d’oublier des éléments, de ne pas être à la hauteur…et puis finalement ce qu’il y a de mieux à faire dans ces cas-là, c’est de prendre le film comme si on le découvrait pour la première fois, en faisant abstraction de tout ce qui a pu être dit dessus, histoire de ne pas être parasité ou influencé. Le Train sifflera trois fois, qui a eu ses défenseurs, comme ses détracteurs et ce depuis sa sortie, est un tour de force dans le sens où l’(in)action se déroule en quasi-temps réel, l’intrigue se situant entre 10h30 et midi, durée durant laquelle le personnage principal erre à la recherche de soutien physique et moral, en attendant l’arrivée de quelques sbires qui pourraient bien le faire passer de vie à trépas. Masterclass, leçon de cinéma, sobre et pourtant virtuose, Le Train sifflera trois fois épate sur tous les plans et offre à John Wayne l’un des plus grands rôles de son illustre carrière, et l’on se souviendra toujours de cette scène où celui s’éloigne vers le soleil couchant avec Grace Kelly. Ah oui, c’est Gary Cooper connard.

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Test Blu-ray / The Surfer, réalisé Lorcan Finnegan

THE SURFER réalisé par Lorcan Finnegan, disponible en DVD et Blu-ray le 15 septembre 2026 chez The Jokers Films.

Acteurs : Nicolas Cage, Finn Little, Julian McMahon, Rahel Romahn, Michael Abercromby, Alexander Bertrand, Greg McNeill, Rory O’Keeffe…

Scénario : Thomas Martin

Photographie : Radek Ladczuk

Musique : François Tétaz

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un homme revient sur l’idyllique plage de son enfance pour faire du surf avec son fils. Leur escapade tourne au cauchemar lorsqu’un gang de surfeurs du coin leur interdit l’accès à l’océan. Humilié et menacé, le père de famille va devoir se battre pour reconquérir son territoire et l’estime de son fils. Sur cette plage à l’atmosphère étouffante, s’engage alors une lutte qui le mènera au cœur de la folie.

Nicolas Cage Forever. Depuis dix ans (et même au-delà, bien avant Homepopcorn), nous avons toujours défendu le comédien, y compris sur certains opus dans lesquels il n’y avait pas grand-chose à soutenir. Si l’on regarde attentivement la filmographie conséquente de l’acteur depuis seulement une décennie, peu de longs-métrages sont à jeter, vraiment. Ainsi, Le Casse – The Trust, USS Indianapolis, Dog Eat Dog, Army of One, Mom and Dad, Froide Vengeance, Sympathy for the Devil, Colour Out of Space, Un talent en or massif et bien d’autres valent franchement le coup d’oeil, et même plus. On assiste encore à une résurrection de l’ami Cage. Cela a été progressif : Mandy de Panos Cosmatos en 2018, Pig de Michael Sarnoski en 2021, Dream Scenario de Kristoffer Borgli en 2023, Longlegs d’Oz Pekins en 2024, sans oublier la série Spider-Noir. Avant la sortie de Madden de David O’Russell, qui s’annonce comme un véritable événement et qui pourrait lui valoir sa troisième nomination aux Oscars (après Leaving Las Vegas et Adaptation), Nicolas Cage brille à nouveau de mille feux dans The Surfer, présenté hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes 2024. Cette fois, il s’envole pour l’Australie pour y tourner le quatrième film du réalisateur irlandais Lorcan Finnegan (né en 1979), révélé en 2019 avec son deuxième long-métrage, Vivarium, qui plongeait Jesse Eisenberg et Imogen Poots dans un labyrinthe d’étranges lotissements. Une fois de plus, le cinéaste déjoue les attentes et s’amuse à faire perdre ses repères aux spectateurs, autant qu’à son personnage principal. Merveilleux objet de cinéma, The Surfer rappelle étrangement Le Plongeon – The Swimmer (1968) de Frank Perry (et aussi de Sydney Pollack), drame psychologique à la frontière du fantastique. Lorcan Finnegan dresse le portrait psychologique perturbé d’un homme qui a consacré toute sa vie et son travail à vouloir réaliser un rêve unique, comme un mirage inaccessible dans le désert. Accueilli chaleureusement lors de sa présentation hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes en 2024, The Surfer n’a malheureusement pas connu d’exploitation dans les salles françaises. Mais il est désormais disponible en DVD et Blu-ray, ainsi que sur Paramount+, et mérite toute l’attention du cinéphile.

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Test Blu-ray / La Femme de, réalisé par David Roux

LA FEMME DE réalisé par David Roux, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Jour2Fête.

Acteurs : Mélanie Thierry, Éric Caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau…

Scénario : David Roux & Gaëlle Macé, d’après le roman Son nom d’avant d’Hélène Lenoir

Photographie : Aurélien Marra

Musique : Quentin Sirjacq

Durée : 1h35

Année de sortie : 2026

LE FILM

Marianne est mariée avec Antoine, avec lequel elle a eu une fille, Laure, adolescente, et un garçon, Tim, encore petit. Dans la demeure de son beau père, qui vient d’enterrer sa femme, elle se réfugie dans les bras de son beau frère, Franck, et se garde bien de se mêler des questions de succession. Une certaine tension s’installe d’ailleurs entre son mari et l’une de ses deux belles-sœurs, Lili, qui trouve qu’Antoine décide de tout sans consulter personne. Alors qu’elle ne voulait pas s’installer dans la maison, Marianne se retrouve à s’occuper de son beau père, qui la prend pour une domestique. Et quand surgit dans leur vie un photographe qu’elle a croisé par le passé, elle va devoir faire des choix…

Nous étions sans nouvelle du réalisateur David Roux (né en 1977), dont le premier long-métrage L’Ordre des médecins nous avait particulièrement enthousiasmés en 2019. Deux bonnes nouvelles. La première c’est qu’il fait enfin son retour derrière la caméra. Quant à la seconde, La Femme de est une nouvelle réussite. Il adapte le roman d’Hélène Lenoir, Son nom d’avant et dresse le portrait d’une femme de 40 ans, qui arrive à un carrefour de son existence, qui se résume à incarner l’épouse dévouée la meilleure mère, en la ramenant le moins possible, dans une famille bourgeoise et catholique de province, dans laquelle son mari, le fils aîné, s’impose une fois de plus face à ses cadets au moment de la mort de leur mère, quand bien même leur père est encore en vie. David Roux se place dans la droite lignée de Claude Chabrol, tout comme Sébastien Marnier le faisait en 2022 avec L’Origine du mal, dans le genre drame social se déroulant dans un cadre feutré, loin de l’agitation de la grande ville. Il offre à Mélanie Thierry l’un de ses plus beaux rôles (on a l’impression de dire cela à chacun de ses films), comme dernièrement La Chambre de Mariana et La Douleur d’Emmanuel Finkiel et La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Passionné par le mélodrame hollywoodien des années 1950 comme ceux de Douglas Sirk (All I Desire, Le Secret magnifique), le cinéaste observe son personnage principal piégé dans sa cage dorée, souvent perdue au milieu d’une immense pièce, observant par la fenêtre, rêvant peut-être de s’évader, de s’envoler. Formidable objet de cinéma à disséquer sur le plan formel, magnifiquement photographié par Aurélien Marra (Un monde merveilleux), La Femme de confirme le talent d’un metteur en scène précieux, sur lequel il faudra désormais compter.

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Test DVD / Le Cri des gardes, réalisé par Claire Denis

LE CRI DES GARDES réalisé par Claire Denis, disponible en DVD le 19 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce, Tom Blyth…

Scénario : Claire Denis, Suzanne Lindon & Andrew Litvack, d’après la pièce de théâtre de Bernard-Marie Koltès

Photographie : Éric Gautier

Musique : Tindersticks

Durée : 1h45

Année de sortie : 2026

LE FILM

Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux Blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier.

Après le Nicaragua dans Stars at Noon, Claire Denis revient en Afrique, continent où elle a passé les douze premières années de sa vie et où elle a déjà tourné, au Cameroun pour son premier long-métrage Chocolat (1988) et White Material (2009). Cette fois, direction le Sénégal où elle adapte – avec Suzanne Lindon et Andrew Litvack – la pièce de théâtre Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès (1948-1989), écrite en 1979, que la réalisatrice avait découvert en 1983 à l’occasion de sa transposition au théâtre des Amandiers de Nanterre par Patrice Chéreau. Subjuguée par cette pièce interprétée à l’époque par Michel Piccoli, Myriam Boyer et Philippe Léotard, Claire Denis avait toujours pensé l’adapter elle-même au cinéma, suite à une promesse faite au dramaturge avant d’être emporté par le sida. Il aura donc fallu attendre plus de quarante ans pour que ce projet se concrétise et pour cela elle retrouve Isaach de Bankolé pour la quatrième fois, acteur qu’elle avait d’ailleurs découvert en 1987 dans la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton du même Bernard-Marie Koltès. La boucle est ainsi bouclée quelque part. Le Cri des gardes est un véritable western, avec comme lieu principal un chantier entouré de grillage qui ferait office de poste fortifié, où les deux personnages principaux, que l’on peut voir comme le cowboy et l’Indien, se font face à l’entrée du camp, où le dialogue s’installe (ou essaye de le faire), où les tensions s’exacerbent. Chez Claire Denis, la nuit est reine, révèle tout, les peurs, l’innommable, l’obscurité ne saurait dissimuler le mensonge. Séparé par une grille qui tranche dans le ciel d’encre, Alboury (Isaach de Bankolé) et Horn (Matt Dillon), prennent place comme s’ils se trouvaient dans un confessionnal à ciel ouvert, ou alors est-ce au purgatoire ? Dans une unité de lieu, de temps et d’action, Claire Denis installe un malaise qui va crescendo, jusqu’à la révélation, pour aller vers l’espoir de rédemption, l’absolution peut-être. Claire Denis brouille les pistes, ici imprégnées de terre rouge, navigue entre différents genres, mais plonge encore ses protagonistes, déracinés pour la plupart, plantés dans une culture qu’ils ne comprennent pas et qui reprend ses droits. À près de 80 ans, Claire Denis affiche une envie folle de cinéma et Le Cri des gardes s’impose comme une nouvelle réussite à son palmarès.

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Test DVD / La Barrière, réalisé par Jerzy Skolimowski

LA BARRIÈRE (Bariera) réalisé par Jerzy Skolimowski, disponible en DVD le 2 septembre 2026 chez Malavida Films.

Acteurs : Joanna Szczerbic, Jan Nowicki, Tadeusz Lomnicki, Maria Malicka, Zdzislaw Maklakiewicz, Ryszard Pietruski, Bogdan Baer, Henryk Bak…

Scénario : Jerzy Skolimowski

Photographie : Jan Laskowski

Musique : Krzysztof Komeda

Durée : 1h17

Date de sortie initiale: 1966

LE FILM

Sur un coup de tête, un jeune homme laisse tout tomber pour partir à la conquête du monde. Le choc des générations dans la Pologne des années 60, au travers des méandres capricieux des amours d’une jeune conductrice de tramway et d’un étudiant en rupture d’université.

Vous aurez beau lire le résumé ci-dessus, rien ne vous prépare à La Barrière – Bariera, troisième long-métrage du mythique Jerzy Skolimowski (né en 1938). Après le succès rencontré par ses deux précédents opus, Signe particulier : néant (1964) et Walkover (1965), le cinéaste polonais enchaîne très vite avec une nouvelle histoire surréaliste, impossible à raconter, destinée à un public investi, mais surtout véritable cadeau aux cinéphiles. Expérience de septième art à part entière, La Barrière fait perdre tous ses repères au spectateur, qui, s’il est un minimum impliqué et prêt à s’en remettre totalement au cinéaste, sera constamment surpris, décontenancé, comme s’il était tombé au beau milieu d’un cyclone dévastateur. En 78 minutes montre en main, Jerzy Skolimowski dresse le portrait d’une jeunesse paumée, tiraillée entre la liberté et le fait d’accepter de se mettre dans le rang. Dès la première séquence, les personnages sont étrangement cadrés, comme s’ils ne voulaient pas se glisser dans le moule qui leur est destiné, et s’adonnent encore à quelques jeux futiles pour savoir qui remportera la timbale, autrement dit une grosse tirelire en forme de cochon. Pourtant, le premier plan montre qu’ils ont tous les mains liées dans le dos, comme si leur destin leur était imposé et qu’ils devaient avancer, se jeter dans le vide, même s’ils ne l’ont pas voulu ainsi. Néanmoins, notre héros, dont on ne saura jamais le nom et que l’on appellera donc « le jeune homme », en a décidé autrement. Il va explorer « le monde », autrement la ville, aller de rencontre en rencontre, histoire de profiter du peu de jeunesse qui lui reste à vivre.

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