Test DVD / Chers parents, réalisé par Emmanuel Patron

CHERS PARENTS réalisé par Emmanuel Patron, disponible en DVD le 7 juillet 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : André Dussollier, Miou-Miou, Arnaud Ducret, Pauline Clément, Thomas Solivérès…

Scénario : Emmanuel Patron & Armelle Patron, d’après leur pièce de théâtre

Photographie : Antoine Monod

Musique : Romain Trouillet

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Pierre, Louise et Jules arrivent ensemble en panique dans un joli petit mas, résidence de leurs parents. Il faut dire que ceux-ci leur ont demandé de venir d’urgence. Mais au-lieu de leur annoncer une mauvaise nouvelle, ceux-ci leurs indiquent qu’ils vont partir s’installer au Cambodge, où ils comptent ouvrir un orphelinat. Ceci avant de leur révéler, en partie sous la contrainte, qu’ils ont en fait gagné à la loterie…

Ce n’est pas un cas isolé, Chers parents est l’adaptation d’une pièce de théâtre, ici du même nom, créée en novembre 2021 au Théâtre de Paris, qui a été vue par près d’un demi-million de spectateurs sur près de 1000 représentations. Et ça se voit, car n’y allons pas par quatre chemins, le film réalisé par Emmanuel Patron, également scénariste et acteur (aperçu dans moult séries et téléfilms), n’est qu’une banale succession ininterrompue de champs-contrechamps, le tout platement photographié par le talentueux Antoine Monod (Patients, Ma vie en l’air, Le premier jour du reste de ta vie). Nous sommes pourtant au cinéma, mais Emmanuel Patron se contente de reprendre sa pièce originale, sans jamais tenter d’y insuffler un rythme, en raison d’un montage terriblement paresseux, à tel point que l’on parvient à s’ennuyer dès la première séquence, celle où les trois frères et sœurs débarquent chez leurs parents. On faisait confiance au casting, en particulier à André Dussollier et Pauline Clément, qui tirent souvent leur épingle du jeu dans les films de médiocre qualité (il y en a dans leurs carrières respectives), mais ce n’est jamais le cas dans Chers parents. À la rigueur, c’est Arnaud Ducret qui surnage dans ce marasme, en gros bourrin de droite, qui écrase volontiers, au sens propre comme au figuré, ses cadets, mais cela ne suffit pas. La faute à l’écriture des personnages, tous foncièrement antipathiques et donc jamais attachants, ce qui n’aide jamais à s’intéresser à ce qui peut leur arriver. Étrangement, le public a répondu présent, puisque Chers parents a frôlé la barre du million d’entrées. Nous sommes habituellement « bon public », mais là il y a indéniablement quelque chose qui nous échappe.

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Test DVD / Le Crime du 3e étage, réalisé par Rémi Bezançon

LE CRIME DU 3e ÉTAGE réalisé par Rémi Bezançon, disponible en DVD le 9 juillet 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Gilles Lellouche, Laetitia Casta, Guillaume Gallienne, Isabel Aimé González-Sola, Matthias Jacquin, Jenna Knafo, Katayoon Latif, Bénédicte Choisnet…

Scénario : Rémi Bezançon

Photographie : Pierre Cottereau

Musique : Laurent Perez del Mar

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3e étage ?

S’il y a un réalisateur français à la carrière atypique depuis une vingtaine d’années, c’est bel et bien Rémi Bezançon (né en 1971). Entre succès honnêtes (Ma vie en l’air, Un heureux événement, Le Mystère Henri Pick), échecs cinglants (Nos futurs, Un coup de maître) et deux beaux hits (Le Premier Jour du reste de ta vie – nommé 9 fois aux César, Zarafa coréalisé avec Jean-Christophe Lie), il est difficile de cerner l’univers du metteur en scène. Toutefois, on ne pourra pas lui retirer une vraie et grande sensibilité, qui a toujours traversé sa filmographie, ainsi qu’un spleen, sans oublier une solide direction d’acteurs. Après le bide rencontré par Un coup de maître (qui n’a pas franchi la barre des 100.000 entrées), Rémi Bezançon retrouve Gilles Lellouche, auquel il avait offert l’un de ses meilleurs rôles dans les années 2000 (le pote encombrant dans Ma vie en l’air), pour une fantaisie très inspirée (euphémisme) par Fenêtre sur courRear Window d’Alfred Hitchcock et Meurtre mystérieux à Manhattan  Manhattan Murder Mystery de Woody Allen. Si l’on est tout de même à deux doigts du plagiat du second, Le Crime du 3e étage tire son épingle du jeu grâce à la légèreté des comédiens, ainsi qu’à leur indéniable complicité. Le pétillant tandem Gilles Lellouche – Laetitia Casta fonctionne à plein régime et l’on suit avec amusement cette agréable comédie, qui ne se prend pas au sérieux et qui fait de multiples clins d’oeil aux cinéphiles.

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Test Blu-ray / Les Cracks, réalisé par Alex Joffé

LES CRACKS réalisé par Alex Joffé, disponible en DVD & Blu-ray le 19 mai 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Bourvil, Robert Hirsch, Gianni Bonagura, Monique Tarbès, Michel de Ré, Edmond Beauchamp, Anne Jolivet, Jacques Arbez…

Scénario : Gabriel Arout, Pierre Lévy-Corti & Alex Joffé

Photographie : Jean Bourgoin

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Au début du XXème siècle, Jules Auguste Duroc, artisan de formation et bricoleur à ses heures perdues, invente une bicyclette révolutionnaire. C’est son beau-frère Lucien Médard qui doit l’expérimenter lors de la course cycliste Paris-San Remo. Un concours de circonstances pousse Duroc à prendre la fuite sur son engin. Il se retrouve sur la ligne de départ de la célèbre course. Les événements vont prendre une tournure que les deux compères n’avaient pas imaginée…

Au fil de ces chroniques, nous avons souvent parlé de la longue et fructueuse collaboration entre Bourvil et le réalisateur Alex Joffé, à savoir six longs-métrages, qui s’étendent des Hussards (1955) aux Cracks (1968, qui sera aussi l’ultime long-métrage du cinéaste) et qui totalisent près de quinze millions d’entrées. Une des associations les plus fructueuses de toute l’illustre carrière du comédien. Si leur plus grand succès demeure le magnifique Fortunat (1960) avec 3,3 millions de spectateurs, leur opus qui arrive sur la seconde marche de leur podium en commun reste Les Cracks, qui a frôlé la barre des 3 millions. C’est malheureusement sur le tournage de ce film, que suite à un accident de vélo, Bourvil, après une hospitalisation, se voit diagnostiquer la maladie de Kahler, cancer qui allait l’emporter deux ans plus tard à l’âge de 53 ans. Mais pour l’heure, Les Cracks est comme Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville (leur troisième film, méconnu), une comédie quasi-expérimentale (le prologue de cinq minutes façon cinéma muet est formidable), presque inclassable, survoltée, qui enchaîne les gags visuels de façon ininterrompue pendant un peu d’une heure et demi. Le montage quelque peu frénétique peut d’ailleurs étonner, ainsi que l’hystérie collective qui pourra fatiguer plus d’un spectateur. On ne pourra pas reprocher à Bourvil d’y aller à fond, même si, une fois n’est pas coutume, celui-ci se fait littéralement voler la vedette par son partenaire, le grand et souvent oublié Robert Hirsch. Ce dernier avait déjà tourné avec Alex Joffé dans Pas question le samedi, dans lequel il campait pas moins de treize rôles. Dans Les Cracks, il interprète Maître Charles Mulot, huissier de justice, lancé à la poursuite de Jules Auguste Duroc et qui fera tout pour lui mettre le grappin dessus. Extrêmement souple, pour ne pas dire gymnaste, Robert Hirsch livre une prestation digne des plus grands burlesques, multipliant les prouesses physiques complètement dingues, à l’instar d’un grand écart réalisé entre les deux wagons d’un train. La rencontre entre les deux montres est explosive et Les Cracks s’avère un divertissement frappadingue, mené à cent à l’heure sur roues boyaux, amusant à (re)découvrir.

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Test Blu-ray / Insaisissables 3, réalisé par Ruben Fleischer

INSAISISSABLES 3 (Now You See Me: Now You Don’t) réalisé par Ruben Fleischer, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 17 mars 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Justice Smith, Dominic Sessa, Ariana Greenblatt, Rosamund Pike…

Scénario : Seth Grahame-Smith, Michael Lesslie & Rhett Reese

Photographie : George Richmond

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Les « Cavaliers » sont de retour, lancés sur la piste du Diamant Cœur, un joyau dont la vente permettrait de blanchir l’argent du crime international. L’actuelle propriétaire, Veronica Vanderberg, ne veut pas s’en séparer, mais les magiciens n’ont pas dit leurs derniers mots. Tours de passe-passe, poursuites et faux-semblants rythment une chasse au trésor qui embarque les spectateurs de la France à l’Arabie saoudite.

À la sortie d’Insaisissables 2 il y a déjà dix ans, on écrivait « Les producteurs auraient dû savoir qu’il ne faut jamais demander à un magicien de refaire deux fois le même tour sous peine de découvrir le truc ». Cette suite avait par ailleurs connu un échec commercial aux États-Unis en récoltant un peu plus de 60 millions de dollars, soit deux fois moins que le premier, tandis que le film devait bien fonctionner dans le reste du monde avec notamment 2 millions d’entrées chez nous. Avant même la sortie du second, un troisième volet était déjà annoncé. Mais devant les chiffres décevant au box-office US, sa mise en route restait suspendue. On pensait le projet purement et simplement enterré définitivement. C’était sans connaître la machine hollywoodienne…Ainsi, Insaisissables 3 ou Now You See Me : Now You Don’t est arrivé dans les salles en 2025, signant le retour de tous les Cavaliers issus des deux premiers opus, y compris Isla Fisher, qui avait momentanément laissé sa place à Lizzy Caplan pour cause de maternité. Cette fois, le réchauffé s’installe dès la toute première scène et plus rien, ou presque, ne fonctionne à l’écran. Exit Louis Leterrier (hélas…) et Jon M. Chu (occupé avec ses deux opus de Wicked), place à Ruben Fleischer, ce qui sur le papier n’était pas une si mauvaise idée. Réalisateur prometteur avec son premier long-métrage, Bienvenue à Zombieland en 2009, qui s’est rapidement vautré dans la fange (Gangster Squad, Venom, Uncharted), malgré un espoir finalement déçu avec Retour à Zombieland (2019), Ruben Fleischer connaît bien une certaine partie du casting et laissait envisager un divertissement cool et pourquoi pas légèrement rétro. Il en résulte au contraire un film pesant et has-been, où même les véritables numéros de magie sont du niveau de Garcimore, quand il faisait exprès de les rater. La question qui se pose constamment est où est passé le budget de près de cent millions de dollars ? Dans le cachet des acteurs ?? Insaisissables n’appelait pas forcément de suite. Il y en a eu une, et déjà le scénario et la mise en scène allaient à contresens de ce que Louis Leterrier avait installé. On espérait que les inepties du précédent (à l’instar de l’utilisation des images de synthèse pour représenter les illusions) allaient être réparées et que l’équipe avait appris de ses erreurs pointées du doigt par la critique, mais aussi par celles et ceux qui avaient adoré le premier. Il n’en est rien. Pire que tout, le casting, en commençant par l’équipe originale, semble ne plus y croire du tout. Le comble, c’est que cette fois encore la fin ouverte qui convoque un des acteurs du premier (difficile de ne pas deviner qui) laisse entendre qu’un quatrième opus serait en préparation…Mais c’était encore anticiper la réception des spectateurs, puisque quand bien même Insaisissables 2 n’avait pas connu le même engouement que le premier, le film avait tout de même remporté la bagatelle de 330 millions de dollars, notamment grâce au marché Chinois. Ce troisième épisode a su amasser 222 millions de billets verts, tandis que les entrées en France ont cette fois encore été divisées par deux. On verra bien, ou plutôt si l’on tient compte du titre du dernier épisode en version originale, on ne verra plus rien.

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Test 4K UHD / Dracula, réalisé par Luc Besson

DRACULA (Dracula: A Love Tale) réalisé par Luc Besson, disponible en DVD, Blu-ray, 4K UHD et Édition Spéciale FNAC 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 2 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christoph Waltz, Caleb Landry Jones, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Salomon Passariello, Ewens Abid, Raphael Luce, Guillaume de Tonquédec…

Scénario : Luc Besson, d’après le roman de Bram Stoker

Photographie : Colin Wandersman

Musique : Danny Elfman

Durée : 2h08

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.

Le succès lui échappant depuis une dizaine d’années (son dernier hit étant Lucy en 2014) et cumulant les déboires judiciaires, Luc Besson tente tout de même de rester dans la place…Et pour cela, sans doute par manque d’inspiration, il jette son dévolu sur Dracula de Bram Stoker, roman déjà maintes fois transposé (dans tous les domaines), dont il souhaite donner sa propre vision. Il retrouve le génial Caleb Landry Jones, avec lequel il avait tourné le thriller psychologique Dogman (très lourd échec commercial), qui se voit confier le rôle-titre. Ainsi après Béla Lugosi, Max Schreck, Udo Kier, Christopher Lee, Jack Palance, Frank Langella et Gary Oldman (on peut s’arrêter là, surtout que Dracula apparaît dans plus de 200 films), le comédien texan se glisse dans le bel habit du légendaire vampire, dont le nom n’a d’égal que celui de Michael Jackson et celui de Jésus (oh, blasphème), et livre une formidable prestation. Attention, cela ne veut pas dire que Dracula version Besson est réussi, celui-ci comporte de multiples défauts (nous y reviendrons plus bas), mais on ne pourra pas dire que le réalisateur ait mis de côté son désir de divertir avant tout le public, ce qu’il réussit haut la main avec cette proposition pour le moins originale. Mais avant toute chose, non, il ne s’agit pas d’un remake du Dracula de Francis Ford Coppola, comme le laisser penser la bande-annonce, hormis la composition de Danny Elfman qui pour le coup rappelle beaucoup celle de Wojciech Kilar. Certaines séquences peuvent fortement y faire penser, Luc Besson arrivant quelque peu après la bataille (euphémisme), mais il s’agit bel et bien d’une approche personnelle, cohérente avec les partis-pris et intentions des précédents opus du cinéaste. Une curiosité, très fortement critiquée à sa sortie, pas forcément à juste titre, toujours gratuitement quand il s’agit de Luc Besson d’ailleurs, mais qui peut se targuer d’être devenu le film français le plus cher, le plus vu et qui a engrangé le plus de recettes à l’étranger en 2025.

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Test Blu-ray / La Nuit des clowns, réalisé par Eli Craig

LA NUIT DES CLOWNS (Clown in a Cornfield) réalisé par Eli Craig, disponible en DVD & Blu-ray le 18 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Katie Douglas, Aaron Abrams, Carson MacCormac, Vincent Muller, Kevin Durand, Will Sasso, Cassandra Potenza, Verity Marks…

Scénario : Carter Blanchard & Eli Craig, d’après le roman de Adam Cesare

Photographie : Brian Pearson

Musique : Brandon Roberts & Marcus Trumpp

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Kettle Spring est une petite bourgade du fin fond des États-Unis perdue au milieu des champs de maïs. Et que ça lui plaise ou non, Quinn emménage avec son père, nouveau médecin de ce trou paumé sans réseau. Très vite, Quinn fait la connaissance de la bande de jeunes casse-cou locale et remarque que plusieurs choses pas nettes se passent en ville. Et alors que les habitants se préparent à la fête annuelle, des mystérieux clowns font irruption pour rajouter un peu de barbaque à la soirée…

En 2011 sort une toute petite comédie d’horreur intitulée Tucker et Dale fightent le malTucker and Dale vs Evil. La critique s’emballe, les spectateurs répondent présent, un statut culte s’installe même d’emblée et le film connaîtra un remake en Corée. Qu’est devenu depuis le réalisateur Eli Craig ? Comme metteur en scène, on l’a revu à la barre d’un épisode de la série Brothers & Sisters, du pilote de la série avortée Zombieland (inspirée du film de Ruben Fleischer) et de Little Evil (avec Evangeline Lilly et Adam Scott), emballée pour le compte de Netflix, avec lequel il retrouvait la veine de son premier long-métrage. Mais tout cela remonte à presque dix ans au minimum. Eli Craig revient enfin aux affaires avec La Nuit des clownsClown In A Cornfield, ou l’adaptation du roman Un clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare. Produit pour un petit million de dollars, tourné en seulement cinq semaines, le film en a rapporté dix fois plus, dont sept millions rien que sur le sol américain où il est sorti bien avant l’été. Soyons honnêtes, il n’y a absolument aucune surprise dans La Nuit des clowns avec son récit ultra-balisé et ses rebondissements aussi attendus que clichés, mais ce ride permet à Eli Craig de se remettre en scène et de prouver son efficacité derrière la caméra. Toutefois, il faut s’armer de patience, car la première partie avant le massacre est trèèèès longue à se mettre en route, l’installation des personnages est aussi interminable que maladroite. Mais lorsque le massacre démarre, cela ne s’arrête quasiment plus jusqu’à la fin et l’humour tant attendu permet de passer un agréable moment.

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Test DVD / Le Secret de Khéops, réalisé par Barbara Schulz

LE SECRET DE KHÉOPS réalisé par Barbara Schulz, disponible en DVD le 9 juillet 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Fabrice Luchini, Julia Piaton, Gavril Dartevelle, Camille Japy, Johann Dionnet, Romain Levi, Vincent Heneine, Marie Denarnaud, Arié Elmaleh, Jackie Berroyer…

Scénario : Barbara Schulz, Christophe Turpin & Jérôme Tonnerre

Photographie : Guillaume Schiffman

Musique : Audrey Ismaël & Olivier Coursier

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Durant des nouvelles fouilles archéologiques dans la ville du Caire, l’archéologue Christian Robinson est convaincu d’avoir découvert une mystérieuse inscription concernant le trésor du pharaon Khéops. Selon lui, il s’agit d’indices laissés par Dominique Vivant Denon, directeur de 1802 à 1815 du musée du Louvre. Accompagné de sa fille Isis et de son petit-fils Julien, il part à la recherche du trésor en espérant accomplir la plus importante découverte archéologique du XXIe siècle.

Aaaah le cinéma d’aventure hexagonal…Qui a pu prendre la relève d’un Jean-Paul Rappeneau ou d’un Philippe de Broca ? La comédienne Barbara Schulz (qui avait un court-métrage à son actif, Le Malheur des autres, en 2018) a voulu rendre hommage au cinéma qui l’a fait rêver en tant que spectatrice, à travers son premier long-métrage comme scénariste et réalisatrice, Le Secret de Kheops. Malheureusement, on est plus proche ici d’Amazone que de L’Homme de Rio et ce sans aucune commune mesure. Car ce premier coup d’essai derrière la caméra s’avère une catastrophe en tout point. Pourtant, on y croyait presque en voyant l’affiche qui promettait du « lourd » avec Fabrice Luchini et Julia Piaton, photoshopés à outrance, renvoyant presque à la campagne promotionnelle d’un nouveau roman de Dan Brown ou d’un énième opus des péripéties de Robert Langdon, auquel Tom Hanks a prêté ses traits (et ses cheveux gras) dans trois épisodes. Si la première séquence se déroulant au Caire est étonnamment prometteuse et rappelle même un épisode de Tintin (par ailleurs cité à la fin du film), on déchante très rapidement une fois que l’action revient à Paris, pour ne plus quitter la capitale durant les 90 minutes restantes, en dehors de l’épilogue. Avec sa mise en scène télévisuelle (pour ne pas dire inexistante), ses acteurs en roue libre, son scénario Toutankharton (elle était facile celle-là) et son rythme pantouflard, Le Secret de Khéops n’a guère rameuté les spectateurs dans les salles avec « seulement » 450.000 entrées. Pour un budget estimé à dix millions d’euros, c’est un peu limite…Quant à une suite envisagée par Barbara Schulz, il semble que le projet soit abandonné. Ou alors pour la petite lucarne, car après tout, on y verrait que du feu.

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Test Blu-ray / Here – Les Plus belles années de notre vie, réalisé par Robert Zemeckis

HERE – LES PLUS BELLES ANNÉES DE NOTRE VIE (Here) réalisé par Robert Zemeckis, disponible en DVD & Blu-ray le 12 mars 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Tom Hanks, Robin Wright, Paul Bettany, Kelly Reilly, Michelle Dockery, Ophelia Lovibond, Beau Gadsdon, Nikki Amuka-Bird…

Scénario : Eric Roth & Robert Zemeckis, d’après le roman graphique de Richard McGuire

Photographie : Don Burgess

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

À travers les âges et les époques, hommes et femmes défilent dans un lieu unique, sur trois générations. En défiant le temps, ce lieu sera le témoin unique de l’évolution de l’humanité et deviendra le théâtre de vies entremêlées, d’histoires d’amour, de conflits et de découvertes…

C’est un fait, le succès échappe à Robert Zemeckis depuis Flight, sorti aux Etats-Unis en 2012, qui avait récolté plus de 160 millions dans le monde pour un budget étonnamment « dérisoire » de trente millions. Malgré leurs immenses qualités, The Walk : Rêver plus haut, Alliés et Bienvenue à Marwen se sont tous les trois plantés au box-office. Les mal-aimés (à juste titre cette fois) Sacrées sorcières The Witches et Pinocchio (adaptation live du long-métrage d’animation Disney) ont connu une exploitation limitée, dans les salles pour le premier ou sur la plateforme de Mickey pour le second et l’on attendait patiemment de revoir un film de Robert Zemeckis dans les salles. Une fois ce retour annoncé, quelle ne fut pas notre impatience de retrouver toute l’équipe de Forrest Gump (devant et derrière la caméra) réunie pour une nouvelle expérience de cinéma, propre à son auteur. La déception est de mise et Here Les Plus belles années de notre vie ne peut rivaliser avec l’ampleur des opus précédents du cinéaste…en ce qui concerne le fond du moins, car force est de constater le 22e long-métrage de Robert Zemeckis possède là encore une bonne longueur d’avance sur ses camarades. Le metteur en scène tant acclamé jadis pour sa trilogie Retour vers le futur et Qui veut la peau de Roger Rabbit, a toujours été à la pointe des effets visuels, à l’instar de la capture de mouvements initiée il y a plus de vingt ans avec Le Pôle express The Polar Express. Toujours à la recherche de nouveaux outils pour raconter ses histoires, Robert Zemeckis bénéficie ici de l’intelligence artificielle, une technologie baptisée Metaphysic Live, utilisée pour rajeunir ses comédiens (en temps réel sur le plateau), dont les personnages sont suivis de l’enfance à la vieillesse. L’occasion de redécouvrir Tom Hanks et Robin Wright comme si le premier venait de tourner Big et la seconde Princess Bride. Le résultat est bluffant et Here interpelle, passionne par son côté technique, qui laisse pantois d’admiration. Cependant, le bât blesse au niveau du récit, les protagonistes ne sont guère attachants et finalement noyés dans les effets spéciaux (omniprésents), d’autant plus que Here reste en caméra fixe durant près de 100 minutes. En fait, le film ressemble à une attraction qui aurait pu tout aussi bien avoir sa place dans un parc à thèmes (après tout, le cinéma est né dans les foires), à l’instar du Visionarium, longtemps disponible à Disneyland Paris, qui utilisait la technique Circle-Vision 360°, qui parlait aussi du thème du voyage dans le temps. C’est ce même sujet que traite Robert Zemeckis, en prenant comme point de vue celui d’une maison, d’une terre même, de la météorite responsable de l’extinction des dinosaures (si si) à l’hiver d’une poignée de personnages qui vont habiter la majeure partie de leur existence dans une bâtisse, dont le cinéaste va disséquer la mémoire des murs. Dommage que l’émotion manque à l’appel donc. Il faudra sans doute beaucoup de temps pour apprécier pleinement Here (qui nous rappelle A Ghost Story de David Lowery), qui pendant longtemps risque de demeurer un fascinant objet d’étude estimé à 50 millions de dollars (hors promo), qui n’aura rapporté que 16 millions dans le monde et attiré seulement 60.000 spectateurs en France.

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Test Blu-ray / Lee Miller, réalisé par Ellen Kuras

LEE MILLER réalisé par Ellen Kuras, disponible en DVD & Blu-ray le 12 février 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Kate Winslet, Andy Samberg, Alexander Skarsgård, Marion Cotillard, Andrea Riseborough, Noémie Merlant, Josh O’Connor, James Murray, Arinzé Kene, Vincent Colombe, Patrick Mille…

Scénario : Liz Hannah, Marion Hume & John Collee, d’après le livre d’Antony Penrose

Photographie : Pawel Edelman

Musique : Alexandre Desplat

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

L’incroyable vie de Lee Miller, ex-modèle pour Vogue et muse de Man Ray, devenue l’une des premières femmes photographes de guerre. Partie sur le front et prête à tout pour témoigner des horreurs de la Seconde Guerre mondiale, elle a, par son courage et son refus des conventions, changé la façon de voir le monde.

Et encore un biopic…Voici celui consacré à Elizabeth Miller, alias Lee Miller (1907-1977), reporter et photographe américaine, passée à la postérité pour le célèbre cliché la montrant nue, dans la baignoire d’Adolf Hitler, peu de temps après le suicide de son dernier. Nous sommes ici en plein genre ultra-balisé et donc sans aucune surprise. Le film, premier long-métrage comme réalisatrice d’Ellen Kuras, habituellement directrice de la photographie chez Spike Lee (He Got Game), Jim Jarmusch (Coffee and Cigarettes), Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Soyez sympas, rembobinez), Sam Mendes (Away We Go), ne sort pas des sentiers – archis – battus de l’hagiographie et se contente d’aligner les moments clés de la vie de sa protagoniste, formidablement interprétée par Kate Winslet, toujours extraordinairement investie (elle est également productrice) et dont le charisme, ainsi que le talent, sont aussi impressionnants. Projet nourri pendant de longues années, Lee Miller (ou simplement Lee en version originale), n’est évidemment pas inintéressant, mais pâtit d’un manque de rythme. Heureusement, l’intérêt redouble dans une deuxième partie, celle où Lee Miller se rend compte des horreurs de la guerre, avant de les immortaliser avec son Rolleiflex. Nous ne saurons que trop vous conseiller le documentaire de Sylvain Roumette, Lee Miller ou la traversée du miroir (1995), sans doute plus complet que le film d’Ellen Kuras. Néanmoins, Lee Miller est déjà un bon portrait de la photographe, modèle et égérie de Man Ray, et Kate Winslet était la plus parfaite candidate pour incarner cette femme exceptionnelle, aventurière dans son domaine, qui disait n’avoir jamais perdu une minute de sa vie.

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Test Blu-ray / Borderlands, réalisé par Eli Roth

BORDERLANDS réalisé par Eli Roth, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 5 décembre 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Cate Blanchett, Kevin Hart, Jack Black, Ariana Greenblatt, Jamie Lee Curtis, Florian Munteanu…

Scénario : Eli Roth & Joe Crombi

Photographie : Rogier Stoffers

Musique : Steve Jablosky

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Lilith, une chasseuse de primes au passé trouble, revient à contrecœur sur sa planète natale, Pandore, la planète la plus chaotique de la galaxie… Sa mission est de retrouver la fille disparue d’Atlas, l’homme le plus puissant (et le plus méprisable) de l’univers. Pour y arriver, Lilith va devoir former une alliance inattendue avec une joyeuse équipe de marginaux : Roland, un mercenaire chevronné ; Tiny Tina, une pré-ado avec un gros penchant pour la démolition ; Krieg, le protecteur musclé de Tiny Tina ; Tannis, une scientifique fantasque et Claptrap, un robot très bavard. Ensemble, ces héros improbables vont devoir affronter les pires espèces extraterrestres et de dangereux bandits pour découvrir les secrets les plus explosifs de Pandore.

C’est en totale ignorance de la franchise de jeux vidéos (apparemment l’une des plus vendues de tous les temps) que l’auteur de ces mots abordera l’adaptation cinématographique de Borderlands. À la barre de cette superproduction au budget de plus de cent millions de dollars (sans compter les reshoots tardifs orchestrés par Tim Miller), on retrouve Eli Roth, découvert en 2002 avec Cabin Fever, propulsé trois ans plus tard avec Hostel. Après la suite de ce dernier, le metteur en scène marquera les esprits avec The Green Inferno (fabuleux hommage aux films de cannibales italiens des années 1970-1980), puis son excellent Knock Knock, avant de livrer un savoureux remake d’Un justicier dans la ville (Death Wish, avec Bruce Willis). 2018, Eli Roth change de registre et se voit confier La Prophétie de l’horloge, transposition du roman La Pendule d’Halloween de John Bellairs, qui connaît un joli succès au box-office. Après une pause, le revoilà donc aux manettes d’un blockbuster, pour lequel il retrouve Cate Blanchett, star de son précédent long-métrage, dans la peau d’une (super)héroïne bad-ass aux cheveux flamboyants et fine gâchette. Elle est ici accompagnée d’un casting sympathique et se fond à merveille au milieu de décors numériques (mais pas que, le film ayant été tourné en Hongrie), de personnages pittoresques. Sans rien attendre du tout de Borderlands, le charme agit. Avec sa photographie bariolée et sa bande d’outsiders, on pense indéniablement aux Gardiens de la galaxie, sur lesquels Borderlands semble prendre un malin plaisir à piétiner les plates-bandes. S’il n’atteint pas les Guardians de James Gunn à la cheville, Borderlands n’a cependant pas à rougir de la comparaison dans les scènes d’action, excessivement généreuses, nawaks, mais avec lesquelles Eli Roth paraît s’amuser. Il y a quelque chose de contagieux dans Borderlands, qui ne révolutionne rien, qui s’inspire ouvertement à droite à gauche (sans « copier » à la Tarantino, ce qui a toujours été une grande différence entre le sieur Quentin et Roth), mais qui le fait bien, en assumant sa condition de sale gosse et sans doute d’ersatz. Un très bon divertissement au final.

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