Test 4K UHD / Le Train sifflera trois fois, réalisé par Fred Zinnemann

LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS (High Noon) réalisé par Fred Zinnemann, disponible en Combo 4K UHD + Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Gary Cooper, Grace Kelly, Thomas Mitchell, Lloyd Bridges, Katy Jurado, Lon Chaney Jr., Otto Kruger, Harry Morgan, Ian MacDonald, Lee Van Cleef…

Scénario : Carl Foreman, d’après une nouvelle de John W. Cunningham

Photographie : Floyd Crosby

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

À peine marié, le shérif Will Kane apprend que Frank Miller, un homme qu’il a fait arrêter et condamner cinq ans plus tôt, arrivera en ville par le train de midi. Déjà, trois de ses complices l’y attendent. Le sens du devoir l’emportant sur la démission qu’il avait l’intention de donner, Kane espère cependant que quelques-uns de ses concitoyens prennent les armes avec lui. Aucun ne le suit. Bien que le combat s’annonce perdu d’avance, le shérif se dresse contre les bandits.

Peut-on faire plus culte que Le Train sifflera trois fois – High Noon, l’un des rares westerns à être connu aussi bien sous son titre français qu’anglais, qui dès qu’on l’évoque fait surgir en mémoire moult images emblématiques, ainsi qu’une chanson, là encore dans la langue de Molière comme dans celle de Shakespeare ? C’est toujours impressionnant de s’attaquer à un mythe, cela peut coincer, car on a peur de trop en faire, d’oublier des éléments, de ne pas être à la hauteur…et puis finalement ce qu’il y a de mieux à faire dans ces cas-là, c’est de prendre le film comme si on le découvrait pour la première fois, en faisant abstraction de tout ce qui a pu être dit dessus, histoire de ne pas être parasité ou influencé. Le Train sifflera trois fois, qui a eu ses défenseurs, comme ses détracteurs et ce depuis sa sortie, est un tour de force dans le sens où l’(in)action se déroule en quasi-temps réel, l’intrigue se situant entre 10h30 et midi, durée durant laquelle le personnage principal erre à la recherche de soutien physique et moral, en attendant l’arrivée de quelques sbires qui pourraient bien le faire passer de vie à trépas. Masterclass, leçon de cinéma, sobre et pourtant virtuose, Le Train sifflera trois fois épate sur tous les plans et offre à John Wayne l’un des plus grands rôles de son illustre carrière, et l’on se souviendra toujours de cette scène où celui s’éloigne vers le soleil couchant avec Grace Kelly. Ah oui, c’est Gary Cooper connard.

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Test Blu-ray / Le Destin du fugitif – 3000$ mort ou vif, réalisé par Alfred E. Green

LE DESTIN DU FUGITIF- 3000$ MORT OU VIF (Four Faces West) réalisé par Alfred E. Green, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Frances Dee, Charles Bickford, Joseph Calleia, William Conrad, Martin Garralaga, Raymond Largay, John Parrish…

Scénario : C. Graham Baker, Teddi Sherman, William Brent & Milarde Brent, d’après la nouvelle d’Eugene Manlove Rhodes

Photographie : Russell Harlan

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Ross McEwen arrive à Santa Maria, petite ville du Sud au Nouveau-Mexique. À ce moment l’on fête l’installation du nouveau quartier général du célèbre Marshall Pat Garrett. Ross se rend à la banque où il demande à se faire prêter la somme de 2 000 dollars. Le banquier refuse. Ross sort alors son arme et l’oblige à lui donner les billets en lui promettant de les lui rembourser. Il s’enfuit, poursuivi par Pat Garrett et la milice que ce dernier vient de lever.

La carrière du réalisateur Alfred E. Green (1889-1960) est inégale. Néanmoins, parmi la centaine de titres répertoriés sur IMDB, celle-ci contient quelques bons titres à réhabiliter, ce que les historiens du cinéma n’ont pas manqué de faire depuis plusieurs décennies. On pourra citer Badlands of Dakota (1941) avec Robert Stack, Baby Face (1933), drame percutant se déroulant durant la Prohibition et l’un des grands rôles de Barbara Stanwyck, mais aussi le film qui nous intéresse aujourd’hui, Le Destin du fugitif (1948), connu sous un autre titre 3000$ mort ou vif, ou bien encore sous son titre original sous lequel il est le plus souvent répertorié, Four Faces West. Un western étrange, original, unique peut-être, qui doit sa renommée en raison de l’absence totale de coups de feu. Loué par la critique des deux côtés de l’Atlantique, Bertrand Tavernier et Patrick Brion ayant été dithyrambiques sur cet opus après leur découverte tardive (le film n’ayant pas été distribué dans nos contrées), Le Destin du fugitif (nous utiliserons ce titre, lié à sa dernière sortie en Blu-ray) rappelle quelque part Le Bandit – The Naked Dawn (1955) d’Edgar G. Ulmer par sa simplicité (apparente), ses fulgurances, son humanisme. On est captivé par cette histoire de rédemption, magistralement écrite par C. Graham Baker (Femme de feu d’André de Toth, J’ai le droit de vivre de Fritz Lang) et Teddi Sherman (Tout près de Satan de Robert Aldrich, Tornade sur la ville de Jack Arnold), par ailleurs auteur du formidable Le Mariage est pour demain (ou Le Bagarreur du Tennessee) d’Allan Dwan, un des meilleurs westerns de ce dernier. Mais de cette adaptation du roman Pasó por aquí de Eugene Mallove Rhodes, on retiendra aussi et surtout la prestation du souvent oublié Joel McCrea (Le Juge Thorne fait sa loi, Coups de feu dans la Sierra, Le Shérif aux mains rouges, Pacific Express), qui apporte à son personnage une sensibilité inattendue. Difficile à voir dans les années 1950-70 en France, Le Destin du fugitif s’offre enfin aux spectateurs dans les meilleures conditions techniques à ce jour.

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Test Blu-ray / Le Juge Thorne fait sa loi (Tu seras jugé), réalisé par Jacques Tourneur

LE JUGE THORNE FAIT SA LOI – TU SERAS JUGÉ (Stranger on Horseback) réalisé par Jacques Tourneur, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Miroslava, Kevin McCarthy, John McIntire, John Carradine, Nancy Gates, Emile Meyer, Robert Cornthwaite…

Scénario : Herb Meadow & Don Martin, d’après le roman de Louis L’Amour

Photographie : Ray Rennahan

Musique : Paul Dunlap

Durée : 1h06

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Rick Thorne est un juge itinérant dans le grand Ouest des États-Unis. En arrivant à Bannerman, il réalise qu’une puissante et dangereuse famille fait la loi en ville. Coupables de nombreux délits et crimes, ils n’ont jamais été poursuivis par la Justice ou envoyés en prison. Rick décide que cela ne peut plus durer car la loi s’applique pour tout le monde. Il va donc rouvrir une affaire classée trop rapidement sans suite selon lui…

Quand on lui demande quel réalisateur il souhaiterait à la barre du Juge Thorne fait sa loi – Stranger on Horseback, également connu en France sous le titre Tu seras jugé, le comédien et star de la MGM, Joel McCrea (1905-1990), qui s’est essentiellement tourné vers le western dès 1946, répond Jacques Tourneur. Les deux hommes avaient déjà collaboré cinq ans auparavant sur un autre western, Stars in My Crown, où ils s’étaient merveilleusement entendus. S’il est moins célèbre que Un jeu risqué – Wichita, leur autre opus traitant de l’Ouest Américain, qui sortira aussi en 1955, Le Juge Thorne fait sa loi rend compte de la virtuosité discrète, mais indéniable du réalisateur formé à la RKO et metteur en scène légendaire de La Féline, Vaudou et L’Homme léopard, mais aussi de L’Enquête est close – Circle of Danger et de Nightfall – Poursuites dans la nuit. À l’instar de Jack Arnold, de Richard Fleischer ou de Robert Wise, Jacques Tourneur avait le don de transformer en or tous les genres qu’il abordait. Le Juge Thorne fait sa loi est un opus rare du cinéaste, qui n’est jamais sorti en France et dont le négatif original semble avoir disparu. Tourné avec le procédé couleur AnscoColor, extrêmement fragile, ce qui n’a pas aidé à la conservation du film, Stranger on Horseback a néanmoins été sauvé via un contretype. Cela aurait été dommage de voir ce petit bijou disparaître corps et bien. Avec son intrigue resserrée (65 minutes, génériques compris), le charisme débordant de sa tête d’affiche, ses décors très réussis, sa superbe photographie signée Ray Rennahan (Le Sorcier du Rio Grande, Smith le taciturne, Les Rôdeurs de l’aube) et ses magnifiques paysages naturels (Sedona, en Arizona, dans le canyon de Placerita, à Newhall, en Californie), Stranger on Horseback fait indéniablement partie des films de Jacques Tourneur à redécouvrir et à se «refiler» entre cinéphiles.

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Test Blu-ray / Femme de feu, réalisé par André de Toth

FEMME DE FEU (Ramrod) réalisé par André de Toth, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Veronica Lake, Don DeFore, Donald Crisp, Preston Foster, Arleen Whelan, Charles Ruggles, Lloyd Bridges…

Scénario : Jack Moffitt, C. Graham Baker & Cecile Kramer, d’après le roman de Luke Short

Photographie : Russell Harlan

Musique : Adolph Deutsch

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Connie Dickason refuse d’obéir à son père Ben qui souhaite la marier à Frank Ivey, un rancher très puissant, autoritaire et irascible. Pour tenir tête à ce dernier, elle engage Dave Nash…

Premier western du cinéaste américain d’origine austro-hongroise André de Toth (1912-2002), au passage l’un des « cinq borgnes d’Hollywood » avec John Ford, Fritz Lang, Nicholas Ray et Raoul Walsh, Ramrod, plus connu dans nos contrées sous le titre Femme de feu, impose la maîtrise technique du réalisateur et pose les bases de ses grands classiques et chefs d’oeuvre à venir. Si la mise en scène demeure impressionnante, c’est surtout l’importance accordée au personnage féminin principal interprété par l’épouse du cinéaste, Veronica Lake, qui donne au film toute son originalité et ce bien avant Johnny Guitar de Nicholas Ray réalisé en 1954. Utilisée à contre-emploi, la blonde incendiaire des années 40 apporte toute sa force et sa fragilité à son personnage pour son unique incursion dans le genre. Rôle moteur de l’histoire, elle porte les plus lourdes responsabilités sur la vie et la mort des cowboys qui l’entourent, prêts à tout pour lui rendre service. D’ailleurs, elle n’hésite pas à user de ses charmes et de son oeil de biche pour arriver à ses fins et profiter des fines gâchettes avoisinantes. Adapté d’un roman de Luke Short, Femme de feu, au départ prévu pour John Ford, qui finalement pris par La Poursuite infernale demandera aux studios de confier le film à de Toth, peut également se voir comme un véritable film-noir. Son climat, la photographie, le cadre, tout donne au film une couleur particulière avec ses personnages mi-ange mi-démon, naviguant entre le bien et le mal. Au final, Femme de feu s’impose comme une série B à l’histoire classique (deux clans s’affrontent pour une parcelle de terrain), non dépourvue de longueurs (la traque finale) et qui croule parfois sous une musique grandiloquente, mais l’ensemble est transcendé par une mise en scène inventive qui abonde en défis techniques particulièrement réjouissants.

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Test Blu-ray / L’Homme de Kansas City, réalisé par Edwin L. Marin

L’HOMME DE KANSAS CITY (Fighting Man of the Plains) réalisé par Edwin L. Marin, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Bill Williams, Victor Jory, Jane Nigh, Douglas Kennedy, Joan Taylor, Berry Kroeger, Rhys Williams…

Scénario : Frank Gruber, d’après son roman Fighting Man

Photographie : Fred Jackman Jr.

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Lors d’un raid mené avec la troupe de Quantrill, Jim Dancer tue l’homme qu’il tient pour responsable de la mort de son frère. Mais celui-ci était innocent, et Dancer devient un fugitif. Quelques mois plus tard, il refait surface comme shérif d’une petite ville du Kansas, où il met en déroute une bande de malfrats avec l’aide d’un autre paria, Jesse James…

Du réalisateur américain Edwin L. Marin (1899 ou 1901-1951) on connaissait le formidable L’Agent invisible contre la Gestapo (1942), divertissement haut de gamme doublé d’un film de propagande, mais aussi deux westerns de série B à connaître absolument, Canadian Pacific (1949) et La Piste des Caribous – The Cariboo Trail (1950), interprétés par Randolph Scott. Ce dernier doit d’ailleurs beaucoup au réalisateur et ce bien avant ses collaborations avec André de Toth (6 films) et bien sûr Burt Boetticher (7 films). En effet, le comédien, considéré encore aujourd’hui par beaucoup comme étant le plus grand cowboy du cinéma et Edwin L. Marin ont tourné pas moins de huit longs-métrages de 1941 (Ici Londres – London Calling) à 1951 (Sugarfoot). Un film d’espionnage, une comédie-romantique et surtout six westerns les réuniront durant dix ans, associations avec lesquelles le metteur en scène crée littéralement le « personnage » qui collera plus tard Randolph Scott à la peau tout le reste de sa vie. L’Homme de Kansas City – Fighting Man of the Plains est leur second western. L’Ancien assistant opérateur à la MGM et à la RKO, devenu réalisateur au début des années 1930 et qui signera une œuvre aussi éclectique que prolifique (une soixantaine de longs métrages), composée entre autres de A Christmas Carol (1938) adapté de Charles Dickens, ou bien encore L’Amazone aux yeux verts (1944) avec John Wayne, montre son aisance à raconter des histoires traitant de l’Ouest Américain. L’Homme de Kansas City est certes un film modeste tourné dans un cadre restreint, le film d’Edwin L. Marin donne à son récit une ampleur digne des plus grandes productions. Randolph Scott crève l’écran et le héros qu’il incarne annonce étonnamment ceux qu’il interprétera dans le légendaire cycle Ranown. Autant dire que la découverte est plus que recommandée pour les passionnés du genre.

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Test Blu-ray / La Chevauchée fantastique, réalisé par John Ford

LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE (Stagecoach) réalisé par John Ford, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Claire Trevor, John Wayne, Andy Devine, John Carradine, Thomas Mitchell, Louise Platt, George Bancroft, Donald Meek, Berton Churchill, Tim Holt, Tom Tyler…

Scénario : Dudley Nichols, d’après une histoire originale de Ernest Haycox

Photographie : Bert Glennon

Musique : Gerard Carbonara

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1939

LE FILM

La diligence est le lieu de rencontre de neuf personnes qui font route, en Arizona, sur une piste menacée par les Indiens de Geronimo. Dallas, une prostituée, est chassée de la ville, tout comme Josiah Boone, un vieux médecin alcoolique. Mrs Mallory, enceinte, va rejoindre son mari, un officier, tandis que Hatfield, un joueur, décide de l’accompagner par galanterie. Gatewood, le banquier, s’enfuit avec l’or déposé chez lui. Mr Peacok, qui place du whisky dans les saloons, regagne sa famille à Kansas City. Curly Wilcox, le shérif, accompagne le conducteur Buck, sur cette route dangereuse. À la sortie de la ville, ils prennent un autre passager, Ringo Kid, qui souhaite exécuter les trois frères Plummer, assassins de son père et de son frère. Toutes ces personnes font le difficile apprentissage de la cohabitation dans un espace clos. Le voyage se poursuit dans une atmosphère de plus en plus tendue.

La Chevauchée fantastique – Stagecoach, John Ford, 1939. Rien qu’à la lecture de ce titre, le cinéphile se sent pousser des ailes, sourit, pense à beaucoup de scènes, notamment l’apparition de John Wayne, capturée dans un travelling avant. Avec ce plan, le comédien âgé de 32 ans devient une star, alors qu’il bourlinguait depuis 1926, tournant parfois jusqu’à dix films par an. D’ailleurs, le cinéaste lui avait déjà donné sa chance à plusieurs reprises, au moins une demi-douzaine de fois. Mais c’est avec La Piste des géants – The Big Trail (1930) de Raoul Walsh, que Marion Robert Morrison, de son vrai nom, commence à se faire une place dans le milieu et ce malgré l’échec commercial du film. Mais ce n’est qu’un faux départ en fait. La Chevauchée fantastique va le lancer définitivement sur le devant de la scène et ce durant quasiment durant les quarante années suivantes, jusqu’à son ultime long-métrage, Le Dernier des géants – The Shootist de Don Siegel. Le film sera un triomphe international et recevra sept nominations aux Oscars. Le western fait son comeback dans les salles, le genre est réévalué par les critiques et John Wayne, dont le cachet égalise désormais celui de Clark Gable et de Gary Cooper, reçoit moult propositions de la part des grands cinéastes (George Sherman, Raoul Walsh de nouveau), mais signe encore avec John Ford pour Les Hommes de la mer – The Long Voyage Home, qu’il tourne l’année suivante. Mais pour l’heure, La Chevauchée fantastique, d’après un scénario signé Dudley Nichols (Dieu est mort, La Rue rouge) et Ernest Haycox (Les Clairons sonnent la charge, Le Cavalier de la mort, Pacific Express), en collaboration (non créditée) avec Ben Hecht (Le Plus grand cirque du monde, Le Carrefour de la mort, Les Enchaînés), s’inspirent d’une nouvelle du second, elle-même adaptée de Boule de Suif de Guy de Maupassant. Et c’est un chef d’oeuvre incontesté du septième art qui se joue devant nos yeux.

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Test Blu-ray / La Horde sauvage, réalisé par Joseph Kane

LA HORDE SAUVAGE (The Maverick Queen) réalisé par Joseph Kane, disponible en DVD & Édition Collection Silver Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Barbara Stanwyck, Barry Sullivan, Scott Brady, Mary Murphy, Wallace Ford, Howard Petrie, Jim Davis, Emile Meyer…

Scénario : Kenneth Gamet & DeVallon Scott, d’après le roman de Zane Grey

Photographie : Jack A. Marta

Musique : Victor Young

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1956

LE FILM

Wyoming, les années 1890. Membre de l’agence Pinkerton, Jeff Young reçoit pour mission de démanteler une redoutable bande de hors-la-loi dirigée par Butch Cassidy et Sundance Kid. Sous le nom de Jeff Younger, il arrive en ville où il fait la connaissance de Kit Banion, officiellement propriétaire du saloon local, mais plus discrètement complice des bandits. S’il s’intègre à la bande, Young suscite en même temps la jalousie d’un Sundance Kid farouchement épris de Kit. Alors que se prépare l’attaque d’un train, la tension monte entre les deux hommes…

Joe Kane, de son vrai (pré)nom Joseph Kane (1894-1975) est un vieux briscard quand il entreprend La Horde sauvage – The Maverick Queen. La soixantaine installée, le réalisateur a déjà moult westerns, films noirs et autres serials à son palmarès et sa réputation n’est pas usurpée. Redoutablement efficace, l’énergie qu’il insuffle sur ses tournages (il tourne parfois jusqu’à dix films par an) se ressent dans ses films de série B et les grands acteurs se sont bousculés au portillon pour collaborer avec lui. Quelques titres ? La Rivière écarlate – King of the Pecos (1936), La Chevauchée solitaire – The Lonely Trail (1936), La Femme du pionnier – Dakota (1939) et La Belle de San Francisco – Flame of Barbary Coast (1945) avec John Wayne, Le Retour de Billy the Kid – Billy The Kid Returns (1938) et À la poursuite de Jesse James – Days of Jesse James (1939) avec Roy Rogers. Avant de terminer son illustre et prolifique carrière à la télévision avec les séries Rawhide, Bonanza et Laramie, il livre un parfait exemple de son savoir-faire avec ce western mettant en scène Barbara Stanwyck (dans un de ses derniers rôles au cinéma) et Barry Sullivan, dont le duo fonctionne parfaitement bien à l’écran. Poursuites, gunfights, histoire d’amour, infiltrations, trahisons, jalousie, attaque de train, il y a tout cela réuni en 90 minutes. Autant dire que le spectacle est garanti et que La Horde sauvage remplit toujours autant son contrat soixante-dix ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / La Poursuite sauvage, réalisé par Daniel Mann

LA POURSUITE SAUVAGE (The Revengers) réalisé par Daniel Mann, disponible en DVD & Édition Collection Silver Blu-ray + DVD + Livre le 14 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : William Holden, Ernest Borgnine, Woody Strode, Roger Hanin, Reinhard Kolldehoff, Jorge Luke, Jorge Martínez de Hoyos, Arthur Hunnicutt, Susan Hayward…

Scénario : Wendell Mayes, d’après une histoire originale de Steven W. Carabatsos

Photographie : Gabriel Torres

Musique : Pino Calvi

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

En rentrant de la chasse, le fermier John Benedict trouve toute sa famille massacrée. Dans un dernier souffle, son vacher lui indique que les meurtriers sont des Indiens voleurs de chevaux, commandés par deux Blancs, dont l’un, Tarp, est borgne. Fou de rage et de désespoir, Benedict vend ses biens et se lance sur leurs traces. Il se rend dans un pénitencier du Mexique pour y engager des hommes de main. Il en repart avec six forçats sans foi ni loi. Sans aucun scrupule, ceux-ci tentent de le dévaliser et l’abandonnent à son sort. L’un d’entre eux, Job, revient pourtant…

Daniel Chugerman, alias Daniel Mann (1912-1991) vient du théâtre. Il débarque dans le monde du cinéma au début des années 1950 en adaptant une pièce de William Inge, Come Back, Little Sheba, qui en France deviendra Reviens petite Sheba, avec Burt Lancaster et qui vaut à Shirley Booth d’être récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, ainsi que par le Prix d’interprétation au Festival de Cannes. Il adapte Tennessee Williams (La Rose tatouée, Oscar de la meilleure actrice pour Anna Magnani), puis dirige les plus grandes stars, de Marlon Brando à Glenn Ford, en passant par Shirley MacLaine, Anthony Quinn, James Stewart, Elizabeth Taylor, Dean Martin, Lana Turner, James Coburn, Sophie Loren, Sidney Poitier…Un C.V. qui ferait bien des envieux. Éclectique, passant d’un genre à l’autre (drame, comédie, film de guerre, tout y passe), Daniel Mann connaît un immense succès avec Willard, opus d’épouvante, qui entraînera une (mauvaise) suite (Ben, réalisé par Phil Karlson) et un remake en 2003. Après ce triomphe qui surfe sur l’engouement croissant des spectateurs pour le cinéma d’horreur, Daniel Mann enchaîne étrangement avec La Poursuite sauvage – The Revengers, un western, qui périclitait alors à Hollywood, repris et modernisé en Italie, qui tentait alors de revenir sur le devant de la scène aux États-Unis. Indubitablement influencé par Les Sept Mercenaires – The Magnificent Seven (1960) de John Sturges, Les Douze Salopards – The Dirty Dozen (1967) de Robert Aldrich et La Horde sauvage – The Wild Bunch (1969) de Sam Peckinpah, La Poursuite sauvage n’a certes pas le prestige de ces trois immenses références, mais n’en reste pas moins une étonnante réussite. Daniel Mann rappelle les cinéastes comme Robert Fleischer et Robert Wise, capables de se fondre dans le moule du genre qu’ils abordaient, en y apportant leur griffe. Sur un scénario signé Wendell Mayes, auteur réputé de l’autre côté de l’Atlantique (Le Merdier de Ted Post, Un justicier dans la ville de Michael Winner, L’Aventure du Poséidon de Ronald Neame, Autopsie d’un meurtre d’Otto Preminger), produit par Martin Rackin (Les Cavaliers, Les Aventures du Capitaine Wyatt, La Femme à abattre), porté par un casting aussi brillant qu’hétéroclite mené par William Holden, La Poursuite sauvage est un western qui a très bien vieilli, qui épate par sa violence et qui propose des personnages fouillés, complexes et même passionnants. Une redécouverte s’impose.

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Test Blu-ray / Monte Walsh, réalisé par William A. Fraker

MONTE WALSH réalisé par William A. Fraker, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 18 septembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Lee Marvin, Jeanne Moreau, Jack Palance, Mitch Ryan, Jim Davis, G.D. Spradlin, John Hudkins, Raymond Guth…

Scénario : David Zelag Goodman & Lukas Heller, d’après le roman de Jack Schaefer

Photographie : David M. Walsh

Musique : John Barry

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Les temps changent dans l’Ouest américain. Monte Walsh et Chet Rollins, deux cow-boys au passé mouvementé, se retrouvent au chômage et seuls. Ils acceptent de petit jobs au gré de leur vagabondage. Ils épousent respectivement une prostituée et la veuve d’un quincaillier. Alors que plus personne n’a besoin du travail des cow-boys, ils vont devoir trouver leur place dans le monde…

C’est la fin d’un siècle, d’une ère, d’un monde. Monte Walsh est un western crépusculaire adapté d’un roman de Jack Schaefer (La Loi de la prairie de Robert Wise, L’Homme des vallées perdues de George Stevens) et réalisé par William A. Fraker (1923-2010). Sil s’agit de son premier long-métrage comme metteur en scène, celui-ci n’est pas un inconnu, puisqu’il est avant tout le directeur de la photographie de plusieurs classiques du cinéma comme Rosemary’s Baby de Roman Polanski, Bullitt de Peter Yates, et plus tard de 1941 de Steven Spielberg, Les Aventures d’un homme invisible – Memoirs of an Invisible Man de John Carpenter et même de – accrochez-vous – de Street Fighter – L’ultime combat de Steven E. de Souza. Autant dire que le bonhomme a un œil. En 1970, il devient donc réalisateur, s’empare d’un scénario en or coécrit par David Zelag Goodman (Les Yeux de Laura Mars, L’âge de cristal) et Lukas Heller (Les Douze Salopards, Le Vol du Phénix, Chut…chut, chère Charlotte) et livre un magnifique western (tardif), qui peut à la fois se voir comme une parabole sur la fin d’un genre à part entière, mais aussi sur celle d’un cinéma révolu, qui a alors laissé sa place au Nouvel Hollywood, avant l’arrivée du premier blockbuster représenté par Les Dents de la mer – Jaws de Steven Spielberg qui pointera son museau cinq ans plus tard. Mais on peut aussi y déceler un fabuleux portrait de Lee Marvin, qui tient le rôle-titre, représentant, figure, gueule de tout un univers. Durant les années 1960, le comédien aura tout de même collaboré avec Michael Curtiz, John Ford (à plusieurs reprises), Don Siegel, Elliot Silverstein, Stanley Kramer, Richard Brooks, Robert Aldrich et John Boorman. Un C.V. qui ferait plus d’un envieux et dans lequel il n’y a absolument rien à jeter. La cinquantaine en ligne de mire, Lee Marvin commence à se diriger vers les rôles de vétérans et Monte Walsh est assurément un film pivot dans son illustre carrière. À ne rater sous aucun prétexte.

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Test Blu-ray / Le Passage de Santa Fe, réalisé par William Witney

LE PASSAGE DE SANTA FE (Santa Fe Passage) réalisé par William Witney, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 18 septembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Slim Pickens, John Payne, Anthony Caruso, Faith Domergue, Rod Cameron, Irene Tedrow, George Keymas, Leo Gordon…

Scénario : Lillie Hayward, d’après une nouvelle de Heck Allen

Photographie : Bud Thackery

Musique : R. Dale Butts

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Sa réputation d’éclaireur mise à mal par les conséquences tragiques de la trahison du chef indien Satank, Kirby Randolph bénéficie d’une seconde chance offerte par Jess Griswold. Sur des centaines de kilomètres en territoire hostile, il accepte d’escorter avec son ami Sam Beekman un convoi de munitions et d’armes destinées à des insurgés mexicains. Si sa haine des Indiens s’estompe progressivement au contact d’Aurélie, une jolie métisse d’abord très méfiante à son égard, elle renait dès qu’apparaissent Satank et sa tribu. Leur confrontation est inévitable…

Au cours de notre périple cinématographique, nous avons déjà eu affaire au réalisateur William Witney (1915-2002), spécialiste du western et du film de cape et d’épée, bien connu des amateurs des histoires du Far West sur grand écran. Méconnu en France, il demeure encore une véritable institution outre-Atlantique, notamment pour ses trois collaborations avec le légendaire Audie Murphy (La Fureur des Apaches, Représailles en Arizona, 40 fusils manquent à l’appel), mais pas que. Le cinéaste a contribué à rendre le genre extrêmement populaire dans le monde, grâce à un savoir-faire exceptionnel derrière la caméra, une direction d’acteurs toujours remarquable, des tournages qui privilégiaient les décors naturels, un sens inouï du montage, rendant les affrontements, les cascades, les gunfights, les poursuites aussi passionnants qu’extrêmement efficaces. C’est une fois le cas pour Le Passage de Santa Fe – Santa Fe Passage, production de la Republic Pictures qui sort en cette belle année 1955 pour le western, qui voit aussi se succéder dans les salles L’Homme de la plaine et La Charge des Tuniques Bleues d’Anthony Mann, L’Homme qui n’a pas d’étoile de King Vidor, Le Souffle de la violence de Rudolph Maté, Le Fleuve de la dernière chance de Jerry Hopper, À l’ombre des potences de Nicholas Ray, Le Bandit d’Edgar G. Ulmer et tellement d’autres. Le western est bel et bien toujours là et attire les plus grands metteurs en scène. Le Passage de Santa Fe peut se targuer d’avoir traversé 70 ans sans prendre de rides et le film de William Witney reste un très grand spectacle, qui condense action, émotion, humour en 90 minutes montre en main, en ne laissant aucun répit, tant aux personnages qu’aux spectateurs. Immanquable !

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