Test Blu-ray / Le Pacha, réalisé par Georges Lautner

LE PACHA réalisé par Georges Lautner, disponible en Blu-ray depuis le 22 août 2012 chez Gaumont

Acteurs : Jean Gabin, Dany Carrel, Jean Gaven, André Pousse, Louis Arbessier, Gérard Buhr, Robert Dalban, Maurice Garrel, Serge Gainsbourg…

Scénario : Michel Audiard, Georges Lautner, Albert Simonin d’après le roman de Jean Laborde

Photographie : Maurice Fellous

Musique : Michel Colombier, Serge Gainsbourg

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

L’inspecteur de police Albert Gouvion est chargé de convoyer une importante collection de bijoux d’une valeur inestimable. Mais un dangereux truand, Marcel Lurat, dit Quinquin et ses complices font sauter le fourgon blindé au bazooka avant de s’emparer du butin. Ce dernier va même jusqu’à tuer ses complices, ainsi que Gouvion, dont le meurtre a été maquillé en accident. Le commissaire divisionnaire Louis Joss, supérieur et ami de Gouvion, ne croit pas à la thèse de l’accident et veut le venger. Il entreprend également le ménage dans le milieu parisien, en organisant la rencontre de deux bandes rivales à l’occasion d’un braquage avec l’aide de la maîtresse de Gouvion, Nathalie, jeune et belle serveuse dans une boîte de nuit et réalise que son vieil ami, qui avait le don de s’attirer les ennuis, s’est mêlé par faiblesse au milieu des gangsters à cause de cette dernière.

Je pense que le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner.

Le Pacha marque la réconciliation entre Jean Gabin et Michel Audiard, fâchés depuis Mélodie en sous-sol (1962). Le dialoguiste le plus célèbre du cinéma français marque ainsi sa 15è collaboration avec Jean Gabin, sa 10è avec Georges Lautner et sa 4è avec Dany Carrel. Après le délirant Fleur d’oseille, Georges Lautner met en scène Le Pacha, qui marque une étape primordiale dans la représentation de la police dans le cinéma français. Ici, un braquage est réalisé au lance-roquette, le matériel mis à disposition des flics est dernier cri (vidéo-surveillance, télex, voitures sportives), les policiers n’hésitent pas à outrepasser la loi pour arriver à leur fin, la frontière entre flics et voyous devient mince et les sommations sont dites après avoir tiré.

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Test Blu-ray / Le Retour du Grand Blond, réalisé par Yves Robert

LE RETOUR DU GRAND BLOND réalisé par Yves Robert, disponible en Blu-ray depuis le 4 juin 2014 chez Gaumont

Acteurs : Pierre Richard, Mireille Darc, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Michel Duchaussoy, Colette Castel, Paul Le Person…

Scénario : Yves Robert, Francis Veber

Photographie : René Mathelin

Musique : Vladimir Cosma

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Le capitaine Cambrai est certain que le colonel Toulouse a utilisé le maladroit François Perrin pour se débarrasser de Milan, son collègue. Cambrai va alors tout mettre en oeuvre pour rassembler des preuves démontrant que « Le Grand Blond » n’est pas un agent secret, mais bien un pauvre malchanceux s’étant retrouvé dans des situations au mauvais endroit, au mauvais moment… Toulouse prend donc à présent pour cible le pauvre violoniste.

Fort du succès du Grand Blond avec une chaussure noire, son plus gros hit au box-office depuis le triomphe de La Guerre des boutons en 1962, Yves Robert enchaîne avec Salut l’artiste, qui ne rencontre pas son public. Désireuse de renflouer ses caisses, la Gaumont lui commande une suite au Grand Blond qui devra sortir pour les fêtes de Noël 1974. Le cinéaste et son coscénariste-dialoguiste Francis Veber s’attellent à la tâche, une gageure puisque le premier épisode n’appelait pas forcément une séquelle. Pourtant, les deux collaborateurs parviennent à reprendre le train en marche en écrivant la suite immédiate au premier film, trois mois plus tard précisément.

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Test Blu-ray / Le Grand Blond avec une chaussure noire, réalisé par Yves Robert

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE réalisé par Yves Robert, disponible en Blu-ray depuis le 4 juin 2014 chez Gaumont

Acteurs : Pierre Richard, Mireille Darc, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Colette Castel, Paul Le Person…

Scénario : Yves Robert, Francis Veber

Photographie : René Mathelin

Musique : Vladimir Cosma

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

François Perrin, arrive à Orly avec aux pieds une chaussure marron et l’autre noire. Une aubaine pour Perrache, adjoint du colonel Toulouse, chef d’un service secret, que ce jeune violoniste fantasque. Il le choisit, pour jouer à ses dépends, le rôle d’un redoutable espion international. Toulouse, las de défendre sa place contre son très ambitieux adjoint Milan, a décidé de s’en débarrasser une fois pour toutes, en le lançant sur une fausse piste.

Il jette du pain aux canards ? Oh merde…

Le Grand Blond avec une chaussure noire est un des plus grands classiques de la comédie française des années 1970. Jusqu’alors cantonné dans des seconds rôles (Un idiot à Paris), Pierre Richard fait une prestation remarquée dans Alexandre le bienheureux, réalisé par Yves Robert en 1968. Ce dernier repère le comique visuel de l’acteur et l’encourage à exploiter son personnage burlesque dans la lignée de ses modèles Buster Keaton et Chaplin. C’est grâce au cinéaste que Pierre Richard passe donc derrière la caméra en 1970 avec Le Distrait, produit par Yves Robert et joli succès dans les salles avec près d’1,5 million de spectateurs. S’ensuivent Les Malheurs d’Alfred, remarquable comédie, cette fois encore mise en scène et interprétée par Pierre Richard, encore un succès, et Le Grand Blond avec une chaussure noire avec lequel le comédien retrouve Yves Robert.

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Test Blu-ray / Quelques messieurs trop tranquilles, réalisé par Georges Lautner

QUELQUES MESSIEURS TROP TRANQUILLES réalisé par Georges Lautner, disponible en DVD (2009) et en Blu-ray depuis le 3 septembre 2014 chez Gaumont

Acteurs : Dani, Michel Galabru, Henri Guybet, Jean Lefebvre, André Pousse, Bruno Pradal, Paul Préboist, Renée Saint-Cyr, Charles Southwood…

Scénario : Georges Lautner, Jean-Marie Poiré d’après le roman de A.D.G.

Photographie : Maurice Fellous

Musique : Pierre Bachelet, Eddie Vartan

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Loubressac, petit village du Lot. Son château, sa comtesse, ses tracteurs, ses paisibles autochtones… Et voilà qu’arrive une colonie de hippies que la châtelaine a autorisé à bivouaquer sur son domaine. Un drôle de genre qui fait grincer bien des dents. Jusqu’au jour où l’on assassine le régisseur de la châtelaine. Les beatniks sont alors des coupables tout désignés.

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Test Blu-ray / La Vie dissolue de Gérard Floque, réalisé par Georges Lautner

LA VIE DISSOLUE DE GÉRARD FLOQUE réalisé par Georges Lautner, disponible en DVD et Blu-ray le 20 février 2019 chez Gaumont

Acteurs : Roland Giraud, Clémentine Célarié, Jacqueline Maillan, Marie-Anne Chazel, Gérard Rinaldi, Mathilda May, Sonia Lassaux, Ingrid Lurienne, Mitsou…

Scénario : Jean-Jacques Tarbès, Christian Watton, Christian Clavier, Martin Lamotte, Georges Lautner

Photographie : Yves Rodallec

Musique : Dailey News

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Gérard Floque, créatif publicitaire, a bien des ennuis. Le même jour, il perd son emploi, il apprend que sa fille aînée fume du hasch et que sa femme le trompe. Il claque alors la porte de l’agence et du domicile pour se lancer dans une autre vie. Profitant de quelques jours de vacances en solitaire, il est bientôt rejoint par sa belle-mère, ses filles, sa femme et son amant. Retour à la case départ.

Dans les années 1980, Georges Lautner (1926-2013) va connaître son plus grand succès dans les salles avec Le Professionnel (5,2 millions d’entrées), mais également le début de son déclin au box-office. Après 1984 et Joyeuses Pâques (3,4 millions d’entrées), les spectateurs déserteront progressivement les films du cinéaste. En 1985, Le Cow-Boy avec Aldo Maccione se plante avec « seulement » 707 000 entrées. Edouard Molinaro ayant déclaré forfait, c’est Georges Lautner qui reprend alors le flambeau de La Cage aux folles III – « Elles » se marient, mais cette fois encore, le succès est relatif puisque 1,7 million de français se déplaceront pour voir le dernier volet des aventures de Zaza Napoli et de Renato, alors qu’ils étaient près de 5,5 millions pour le premier épisode et trois millions pour le second. Qu’à cela ne tienne, Georges Lautner décide de rebondir et pour cela s’associe entre autres avec Martin Lamotte et Christian Clavier, pour La Vie dissolue de Gérard Floque. Pur produit des années 1980, le film invite plusieurs générations de comédiens et prend pour cible la publicité, tout en offrant l’un de ses meilleurs rôles au génial Roland Giraud. Si cette fois encore le score a été décevant avec à peine 650.000 entrées à sa sortie en janvier 1987, La Vie dissolue de Gérard Floque est devenu un petit classique, chéri par les fans de Georges Lautner, qui n’ont de cesse réciter les répliques vachardes écrites par le duo Lamotte/Clavier.

La vie de Gérard Floque s’écroule en deux heures. Rentrant chez lui après avoir été renvoyé de son travail par son meilleur ami, il y trouve la police venue l’avertir que sa fille de douze ans est au poste pour trafic de drogue. En perquisitionnant son domicile, les policiers découvrent ensuite que la femme de Gérard a un amant, un présentateur vedette de la télé. Celui-ci se réfugie chez une amie où il est poursuivi par sa belle-mère, psychologue pédante et excentrique qui le tient pour coupable des écarts de sa femme et de sa fille.

Rétrospectivement, il est amusant de voir quelle énergie Georges Lautner affichait encore à 60 ans. Amoureux de la jeunesse, le réalisateur des Barbouzes a toujours su s’entourer et surtout mélanger les âges, les cultures, les parcours, toujours au service du rire. Son film s’apparente à une BD filmée avec des séquences qui s’apparentent à des vignettes qui se succèdent et les scènes qui s’enchaînent comme des pages que l’on tourne. La Vie dissolue de Gérard Floque est un film-patchwork où Georges Lautner a mis de tout et surtout les produits de son époque. Des décors aux costumes, en passant par les maquillages, la bande-originale avec Jeanne Mas et son Johnny, Johnny, ou bien encore les deux chansons Don’t Stop Now par Daily News et Je veux seulement un homme par Annine, les années 1980 éclatent les yeux et les tympans avec ce qu’elles avaient de plus innocent, sans tenir compte du mauvais goût. Il y a donc une véritable nostalgie à revoir La Vie dissolue de Gérard Floque, mais pas seulement.

Il s’agit d’une vraie bonne comédie où l’on rit du début à la fin. Les dialogues sont tordants, le rythme alerte avec un montage cut, les comédiens sont en très grande forme. Film très court, on se demande si Georges Lautner n’a pas rajouté quelques séquences pour en allonger artificiellement la durée. Cela expliquerait pourquoi le long métrage s’ouvre sur un clip-live du titre Don’t Stop Now susmentionné, dans son intégralité ! Paradoxalement, La Vie dissolue de Gérard Floque n’a pas non plus de véritable « conclusion ». Le générique de fin démarre sur la même chanson qui ouvrait le film et que l’on entend à de multiples reprises, sans que l’on s’y attende, c’est à prendre ou à laisser. Cela a pu expliquer le fait que les spectateurs aient été décontenancés en sortant de la salle. Toujours est-il que le film est sans cesse ponctué de scènes cultes, notamment celle du pétage de câble de l’immense Michel Galabru en début de film après la diffusion d’un spot promo pour son parfum (« Eaux fortes de Jean-Etienne Nasal, Eaux fortes, le parfum de la jeunesse ! ») jugé trop « moderne ». Impossible de ne pas exploser de rire devant cette gueulante qui quelque part est entrée dans l’Histoire du cinéma et qui a d’ailleurs été maintes fois diffusée à la mort du comédien en 2016. Et puis le casting réunissant Roland Giraud, Clémentine Célarié, Jacqueline Maillan, Marie-Anne Chazel, Gérard Rinaldi, Richard Taxi, Mario David, Mathilda May, Christian Clavier, Jacques François, Mireille Darc dans une courte apparition, Maaike Jansen, Jacques Ramade, Jackie Sardou, Catherine Lachens, Michel Peyrelon, Dominique Besnehard et les éternels complices du réalisateur, Jean Luisi et Henri Cogan emporte immédiatement l’adhésion. Bref, on adore La Vie dissolue de Gérard Floque qui plus de trente ans après n’a rien perdu de son panache comique jubilatoire et rentre-dedans.

LE BLU-RAY

L’attente a été longue, très longue même, puisque La Vie dissolue de Gérard Floque n’était JAMAIS sorti en DVD ! Alors merci Gaumont de rendre enfin disponible ce film culte de Georges Lautner ! Et en Blu-ray en plus ! Le menu principal est fixe et muet et le test a été effectué sur check-disc.

Sylvain Perret est spécialiste du cinéma de Georges Lautner. Il nous propose une présentation de La Vie dissolue de Gérard Floque (12’30). Pour cela, le journaliste replace le film dans la carrière du réalisateur, après les deux échecs du Cow-Boy et La Cage aux folles III – « Elles » se marient. Puis, il en vient à l’écriture du scénario, aborde les thèmes, le casting, ainsi que le côté « désarticulé » du film qui ne comporte pas vraiment de conclusion, ni d’enjeux dans sa dernière partie. Sylvain Perret aborde également la représentation de l’homosexualité dans La Vie dissolue de Gérard Floque. Enfin, la sortie et le relatif échec du film sont évoqués.

Quel plaisir de retrouver Roland Giraud ! A l’occasion de la sortie de La Vie dissolue de Gérard Floque en DVD et Blu-ray, le comédien né en 1942 enchaîne les anecdotes et souvenirs, liés ou pas au film qui nous intéresse. Il débute d’ailleurs cet entretien en expliquant que le rôle pour lequel on le félicite toujours et dont on lui parle le plus est celui des Bronzés font du ski, dans lequel il ne fait qu’une courte apparition. « Leçon d’humilité » dit-il. Puis, le comédien évoque Georges Lautner, « un gentleman, un homme très distingué », avant d’en venir à la genèse de La Vie dissolue de Gérard Floque, l’écriture du scénario, ses partenaires à l’écran dont certains sont malheureusement « partis » depuis. Ayant revu le film pour cette interview, Roland Giraud s’étonne de la belle photographie de ce film qu’il a eu beaucoup de plaisir à tourner. Roland Giraud en profite également pour parler de Coluche, de sa femme Maaike Jansen (qui joue dans le film), de Jean Carmet, ainsi que de ses nouvelles envies de cinéma. Cela tombe bien, puisque suite au succès dans les salles des Vieux fourneaux (quasiment un million d’entrées), les propositions commencent visiblement à revenir. Ce sera toujours un plaisir de le revoir sur le grand écran.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce constituée de prises alternatives.

L’Image et le son

Il serait difficile de faire mieux que ce Blu-ray (Encodage MPEG 4 / AVC – Format du film respecté 1.66, 1080p) qui respecte les volontés artistiques originales dont le grain original, tout en tirant intelligemment partie de l’opportunité HD. La clarté est fort appréciable, notamment sur toutes les séquences en extérieur, la propreté du master est irréprochable, ainsi que la stabilité, le relief, la gestion des contrastes et le piqué qui demeure agréable. Les nombreuses séquences nocturnes sont également excellemment conduites avec des noirs denses et des couleurs lumineuses.

Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un réel confort acoustique. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Gaumont / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Fugitifs, réalisé par Francis Veber

LES FUGITIFS réalisé par Francis Veber, disponible en DVD et Blu-ray le 26 septembre 2018 chez Gaumont

Acteurs : Gérard Depardieu, Pierre Richard, Anaïs Bret, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui, Roland Blanche, Philippe Lelièvre, Yveline Ailhaud, Didier Pain…

Scénario : Francis Veber

Photographie : Luciano Tovoli

Musique : Vladimir Cosma

Durée : 1h30

Année de sortie : 1986

LE FILM

Lucas, un dangereux gangster, sort de prison et décide de devenir honnête. Pignon, au chômage depuis trois ans, décide de devenir malhonnête et attaque maladroitement une banque. Cerné par la police, il prend un otage pour se couvrir et choisit justement Lucas, qui était venu ouvrir un compte. La police reconnaît immédiatement l’ancien prisonnier et ne croit pas à son innocence. Lucas, en danger de mort, est obligé de s’enfuir avec son ravisseur.

Je suis pas en cavale, j’ai été pris en otage. Et si mon ravisseur n’est pas là dans 10 secondes, je te tire une balle dans le cul !

Avec Les Fugitifs, Francis Veber, scénariste de renom passé à la mise en scène avec Le Jouet en 1976 sur les conseils de Claude Berri, clôt en beauté sa trilogie reposant sur l’alchimie de l’immense duo Pierre Richard (François Pignon est de retour) – Gérard Depardieu, après La Chèvre (1981) et Les Compères (1983). Moins burlesque que les deux précédents films du réalisateur, Les Fugitifs se révèle beaucoup plus sensible et offre à Pierre Richard, pour sa quatrième et dernière collaboration avec le cinéaste, un de ses plus beaux rôles au cinéma, celui d’un père veuf, prêt à tout pour conserver la garde de sa fille. Le grand blond n’a jamais paru aussi fragile et cassé que dans ce film, un magnifique clown triste qui émeut autant qu’il arrache les larmes de rire. On appelle ça le génie.

Ton pantalon ! Allez vite ton pantalon connard où j’fais un trou d’dans !

Jean Lucas, ancien repris de justice pour de nombreux braquages de banques, est libéré après cinq ans de prison. Lucas est bien décidé à « se ranger » et à mener une vie honnête, ce qui ne manque pas de laisser dubitatif le commissaire Duroc. À sa sortie de prison, il vend les bijoux qui lui ont été restitués lors de sa levée d’écrou, puis se rend dans une banque pour y déposer le chèque qu’il a reçu du bijoutier. Alors qu’il fait la queue pour ouvrir un compte, un individu armé surgit pour effectuer un hold-up. Cet individu, François Pignon, peu expérimenté de l’exercice, mène très maladroitement son forfait et la banque est rapidement cernée par le commissaire Duroc et ses hommes. Contraint de sortir, Pignon prend Lucas comme otage. Le commissaire Duroc est convaincu que Lucas est en fait le braqueur. La situation surréaliste manque de tourner au drame et les deux hommes parviennent in extremis à s’échapper. Le comble est atteint pour Lucas qui reçoit une balle de revolver dans la cuisse, tirée par Pignon ! Acceptant d’être soigné par un vétérinaire ami de Pignon, Lucas découvre la petite fille de François, Jeanne. Cette dernière, très affectée par la mort de sa mère il y a plusieurs années, refuse de parler. Étant au chômage et sans revenus, Pignon était menacé par l’assistance publique de perdre la garde de Jeanne, chose inacceptable et insupportable pour lui. C’est devant cette situation sociale très difficile que Pignon s’est résigné à braquer la banque. Se sentant désormais menacé par la police et la perspective de la prison, Lucas accepte le marché de François qui, en échange de son aide pour quitter le territoire, promet de ne pas compromettre Lucas dans le braquage, son passé et sa réputation auprès du commissaire Duroc jouant en sa défaveur.

Vous me reconnaissez ?
Connard ?
C’est moi, oui ça va mieux ?

Francis Veber continue d’exploiter la relation de deux hommes que tout oppose et qui deviennent pourtant amis. Nous retrouvons les éléments qui font la griffe inimitable du cinéaste : des dialogues finement ciselés, une mécanique d’orfèvre, des seconds rôles soignés en particulier Jean Carmet, nommé pour le César du meilleur second rôle masculin, qui bouffe l’écran en vétérinaire complètement largué, auquel s’ajoutent un caméo non crédité de Michel Blanc et surtout des scènes tendres et sans aucune niaiserie avec l’étonnante petite Anaïs Bret, devant laquelle le monstre Depardieu se fait minuscule. A l’instar d’un remake de La Grande Vadrouille, Les Fugitifs emporte ses personnages et les spectateurs dans une course-poursuite d’1h30 sans aucun temps mort. Plus de trente ans après sa sortie, on est toujours aussi ému de voir ces deux grands comédiens face à cette poupée de 4 ans, surtout quand cette dernière demande au colosse en face d’elle « T’en va pas ! ».

Extraire une balle ? Il a avalé la baballe ? Il a avalé la baballe en jouant !

De son côté, Vladimir Cosma signe une de ses plus belles partitions, surtout durant le final où le trio s’éloigne vers l’Italie, probablement la plus belle séquence de tout le cinéma de Francis Veber. Parallèlement, c’est aussi la fin d’une ère. Après ce film, Pierre Richard ne retrouvera jamais les sommets du box-office, du moins en tant que tête d’affiche et ne tournera plus pour Francis Veber, tandis que ce dernier ne retrouvera Gérard Depardieu que quinze ans plus tard pour Le Placard. Même si le score est inférieur à celui de La Chèvre (7 millions d’entrées) et des Compères (4,8 millions), Les Fugitifs est tout de même un triomphe en 1986. Le film attire près de 4,5 millions de spectateurs en France, plus de 20 millions en Union Soviétique et connaîtra même un remake en 1989 intitulé Les Trois fugitifs, avec Nick Nolte et Martin Schort, réalisé par Francis Veber lui-même, alors parti à Hollywood. Le réalisateur sera également nommé aux César en 1987 pour le meilleur scénario original.

LE BLU-RAY

Un peu plus de quatre ans après sa première édition HD chez EuropaCorp et surtout après le rachat du catalogue des films de Pierre Richard, Les Fugitifs refait son apparition dans les bacs sous la houlette de Gaumont ! Nouvelle édition HD restaurée, visuel différent. Le menu principal est fixe et muet.

L’ancienne édition ne comportait aucun supplément. Faute réparée ici avec un documentaire rétrospectif (28’) donnant en fait la parole à Francis Veber, Pierre Richard et, grand surprise, Anaïs Bret qui interprétait la petite Jeanne dans le film ! Tandis que nous découvrons de superbes images et photos de tournage et des répétitions, le réalisateur explique la difficulté d’écriture du scénario des Fugitifs. De son côté Pierre Richard partage ses souvenirs liés à son complice Gérard Depardieu et à la méthode Veber. Anaïs Bret, très charmante et qui est devenue professeur, se remémore les prises de vues avec ses partenaires, comment toute l’équipe s’occupait d’elle entre les prises.

L’interactivité se clôt sur un comparatif avant/après la restauration, ainsi que la bande-annonce composée de prises alternatives.

L’Image et le son

L’ancien master HD permettait aux couleurs de retrouver un peu de peps, une clarté évidente, une stabilité ainsi qu’un nouveau relief. La propreté de la copie était indéniable, la texture argentique flatteuse et la définition fort appréciable. Quelques fourmillements s’invitaient tout de même à la partie, le piqué était souvent doux et manquait de mordant, surtout sur les séquences sombres et nocturnes, tout comme dans le cabinet du vétérinaire aux lumières vertes et jaunes peu reluisantes. La gestion du grain était également aléatoire et les visages des comédiens tiraient sur le rosé. Nous accueillons donc ce nouveau master HD restauré avec une très grande joie. Les teintes sont nettement plus naturelles que sur le Blu-ray EuropaCorp, la carnation est également plus douce et équilibrée. Ce nouveau Blu-ray permet surtout d’apprécier les éclairages plus stylisés que dans nos souvenirs, du chef opérateur Luciano Tovoli. Même chose concernant les contrastes, plus équilibrés, autant sur les séquences diurnes que nocturne. Le grain est harmonieux, les détails plus éloquents.

La piste française DTS-HD Master Audio Mono 2.0 des Fugitifs est plutôt percutante. Aucun souffle n’est à déplorer, ni aucune saturation dans les aigus. Les dialogues sont vifs, toujours bien détachés, la musique de Vladimir Cosma est délivrée avec une belle ampleur. L’ensemble est aéré, propre, fluide et dynamique. Les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles.

Crédits images : © Gaumont Pathé Archives / Collection Personnelle d’Anaïs Bret / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Fantôme avec chauffeur, réalisé par Gérard Oury

FANTÔME AVEC CHAUFFEUR réalisé par Gérard Oury, disponible en Blu-ray le 20 juin 2018 chez Gaumont

Acteurs :  Philippe Noiret, Gérard Jugnot, Jean-Luc Bideau, Charlotte Kady, Daniel Russo, Béatrice Agenin, Maxime Boidron, Sophie Desmarets, Daniel Gélin…

Scénario :  Francis Veber

Photographie : Robert Fraisse

Musique : Wojciech Kilar

Durée : 1h21

Année de sortie : 1996

LE FILM

Philippe Bruneau-Tessier, grand patron d’usines, et son fidèle chauffeur, Georges, décèdent tous deux d’une mort violente à vingt quatre heures d’intervalle. Ils n’avaient rien en commun de leur vivant mais les deux fantômes auront quarante huit heures avant le grand appel pour apprendre à mieux se connaître au cours d’une fantastique aventure posthume.

Fantôme avec chauffeur est l’avant-dernier long métrage de Gérard Oury, l’homme aux 69 millions d’entrées en France. Après la déconvenue Vanille fraise (1989), La Soif de l’or avait redonné quelques couleurs au réalisateur, puisque le film avec Christian Clavier avait engrangé plus d’1,5 million d’entrées dans les salles en 1993. En voyant les triomphes des Visiteurs et des Anges gardiens, qui comprenaient de nombreux effets spéciaux numériques, Gérard Oury décide d’utiliser ces nouveaux outils pour sa prochaine comédie. Mais pour la première et unique fois de sa carrière, le cinéaste ne collabore pas au scénario et laisse le grand Francis Veber s’en occuper seul. A sa sortie, Fantôme avec chauffeur a été très mal accueilli par la presse et seulement 400.000 spectateurs avaient fait le déplacement pour découvrir Philippe Noiret et Gérard Jugnot devenir des spectres grâce aux trucages créés par un certain Pitof. Comédie-fantastique qui a recours à quelques gags lourdingues, le film étonne cependant par son émotion, grâce notamment à une histoire de filiation et d’amour père-fils.

Alors oui, rétrospectivement, il s’agit d’un des films les plus faibles de Gérard Oury et probablement du scénario le plus basique et scolaire de Francis Veber. A une époque, cette association aurait probablement pulvérisé le box-office, ce qui n’a malheureusement pas été le cas ici. Pourtant, Fantôme avec chauffeur est loin d’être un film déplaisant. Les deux têtes d’affiche semblent complices et s’amusent visiblement à se donner à la réplique, tout en jouant avec ce que les effets visuels leur permet de faire à l’écran. Les CGI de l’époque ne pouvaient déjà pas rivaliser avec ce qui se faisait aux Etats-Unis et l’ensemble fait très franchouillard, pourtant les séquences truquées s’accompagnent d’une certaine poésie. On pense alors à Garou-Garou, le passe-muraille, réalisé par Jean Boyer sorti en 1951, dans lequel Bourvil se réveillait avec le don de traverser les murs et qui au détour d’une scène mettait une gifle à…Gérard Oury.

Bénéficiant d’un budget très modeste, le réalisateur de La Grande vadrouille insuffle un charme rétro à son récit pourtant contemporain et aux images de synthèse alors à la pointe de la technologie. Fantôme avec chauffeur apparaît également comme une œuvre testamentaire. Le thème de la mort est évidemment omniprésent durant 1h15. Gérard Oury avait 76 ans au moment du tournage de son seizième film. Après une carrière en tant qu’acteur et une autre exceptionnelle en tant que scénariste et metteur en scène, la vue déclinante, Gérard Oury pensait peut-être qu’il s’agirait de son ultime long métrage. Si Le Schpountz (1999) allait démentir cela, Fantôme avec chauffeur évoque le passage de relais dans un monde en pleine mutation.

Le personnage joué par Philippe Noiret a sans doute eu un enfant très tard dans sa vie. Plusieurs fossés de générations les séparent. L’héritier de Bruneau-Teissier est un jeune homme passionné par les jeux vidéo, qui se réfugie dans une réalité virtuelle. La mort de son père et la chance laissée à Bruneau-Teissier de rester quelques jours auprès de son fils, vont finalement les rapprocher, les faire se découvrir, pour enfin se parler et se dire les sentiments qu’ils ont l’un envers l’autre. Malgré l’excellence de Gérard Jugnot, on sent que Gérard Oury accorde plus d’importance au personnage de Philippe Noiret. Le chauffeur, Georges Morel est juste là pour entraîner les quiproquos. Tout ce qui tourne aux histoires de cul du personnage, son trafic de drogue et ses petites combines ne fonctionnent pas et intéressent encore moins.

Toujours est-il que Fantôme avec chauffeur est une petite comédie sympathique, qui se laisse revoir avec plaisir.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Fantôme avec chauffeur, disponible chez Gaumont, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et muet.

Les suppléments sont peu nombreux et se résument à la bande-annonce et une présentation du film par Yves Alion (21’30). Le journaliste, critique et historien du cinéma défend Fantôme avec chauffeur qu’il affectionne tout particulièrement. Après avoir dressé une liste des films de Gérard Oury, Yves Alion en vient à la collaboration du réalisateur avec les comédiens, puis plus précisément à la mise en route, au tournage, aux effets visuels et aux thèmes de Fantôme avec chauffeur.

L’Image et le son

Le master HD est correct. Ce n’est pas non plus transcendant et l’image fait un peu vieillotte, mais au moins la copie est très propre, stable et les nombreuses séquences truquées sont plutôt homogènes. Seules les scènes de nuit sont moins bien définies, surtout sur les transparences ou quand les images de synthèse sont présentes, à l’instar des deux fantômes qui passent à travers le capot de la DS lors de la course-poursuite. Sinon les couleurs sont jolies, les contrastes soignés.

Le mixage DTS-HD Master Audio 2.0 instaure un réel confort acoustique. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, la propreté est de mise, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. La composition de Wojciech Kilar est bien lotie. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : ©  Gaumont / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Un nuage entre les dents, réalisé par Marco Pico

UN NUAGE ENTRE LES DENTS réalisé par Marco Pico, disponible en DVD et Blu-ray le 29 novembre 2017 chez Gaumont

Acteurs :  Philippe Noiret, Pierre Richard, Claude Piéplu, Jacques Denis, Michel Peyrelon, Jean Obé, Paul Crauchet, Hélène Vincent…

ScénarioMarco Pico, Edgar de Bresson

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Olivier Lartigue

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Deux reporters en mission, Malisard et Prévot dit les « cowboys », sillonnent Paris à la recherche d’un scoop. Un jour les deux enfants de Prévot qu’ils avaient emmenés dans leur tournée de routine disparaissent. C’est le scoop recherché !

C’est l’histoire d’une résurrection, celle du premier long métrage réalisé par Marco Pico (né en 1949), Un nuage entre les dents. Complètement méconnu du grand public, ce film tourné durant l’hiver 1973 n’a connu aucun succès public (226.000 entrées) à sa sortie en avril 1974, malgré ses deux grandes vedettes en haut de l’affiche, Pierre Richard, qui sortait des succès du Distrait (1970) et des Malheurs d’Alfred (1972), qui venait d’exploser avec le triomphe du Grand Blond avec une chaussure noire (1972) d’Yves Robert, qui donne ici la réplique à Philippe Noiret, déjà bien installé, qui revenait du tournage de La Grande Bouffe de Marco Ferreri. Certes Un nuage entre les dents est une comédie, mais sombre et féroce, probablement en avance sur son temps, d’autant plus que les deux comédiens interprètent des personnages antipathiques, négligés, avec une sale barbe pour Pierre Richard, le cheveu gras et le cigare immonde toujours à la bouche pour Philippe Noiret. Deux journalistes, deux rapaces prêts à tout pour obtenir le scoop du jour avec les photos les plus immondes pour l’illustrer.

Malisard (Philippe Noiret) et Prévot (Pierre Richard), reporters d’un journal à fort tirage, sont spécialisés dans la rubrique chiens écrasés. Explosions, accidents, vols, sont leur lot habituel. Au cours d’une enquête, Prévost est obligé de prendre à l’école ses deux petits garçons. Comme leur père, photographe, est débordé de travail, les enfants en profitent pour s’esquiver. Peu après, Prévot et Malisard constatent leur disparition et croient à un enlèvement. Alors que les petits sont raccompagnés chez eux par un conducteur serviable, les deux “cow-boys” se rendent chez un vieux satyre, récemment libéré de prison, qu’ils soupçonnent. Ils vont également interroger à l’hôpital un autre “suspect” alors que celui-ci, accidenté gravement, n’a vraisemblablement pas eu le loisir de s’intéresser aux enfants… Ils font une déclaration au journal, affirmant que l’enlèvement est certain. On recherche officiellement les ravisseurs. Des femmes qui ont aperçu les deux hommes à la sortie de l’école les dénoncent comme des satyres possibles, et font d’eux un portrait-robot que seul Jolivet, stagiaire au journal, trouve ressemblant avec les “cow-boys”.

Un nuage entre les dents est une œuvre étonnante, d’autant plus quand on le découvre aujourd’hui puisque le film a longtemps disparu, quasiment depuis sa courte exploitation dans les salles. Ce qui frappe immédiatement, c’est la façon quasi-documentaire avec laquelle Marco Pico exploite son plateau de jeu, la ville de Paris étant alors creusée de tous les côtés avec des chantiers qui se multiplient aux quatre coins de la capitale. Film hivernal avec ses couleurs froides, Un nuage entre les dents n’a pas peur de montrer la saleté, qui se reflète également sur les personnages. Un élément que les spectateurs n’étaient sans doute pas prêts à accepter.

Mais au-delà de la fable sur la presse à sensation, prête à tout pour faire monter le tirage de son torchon, Marco Pico réalise un film complètement fou et quasi-inclassable, où le sordide et la poésie s’entrecroisent, à l’instar de ce moment suspendu où les cowboys regardent avec des yeux de gamin un véritable éléphant planté au milieu d’un carrefour, la nuit, dans un silence olympien. La caméra virevolte d’un accident à l’autre, les protagonistes passent de bar en bar en éclusant pastis sur pastis dans des bistrots enfumés, cela crie, cela gesticule. S’ils s’étaient déjà donné rapidement la réplique dans Alexandre le bienheureux d’Yves Robert, Pierre Richard, jeune chien fou, agressif, et Philippe Noiret, stoïque et sublime, tout aussi monstrueux, sont ici merveilleux de complicité, y compris dans leurs prises de bec. Si le récit se focalise sur leur improbable aventure, l’intrigue secondaire qui se déroule dans la salle de rédaction du canard pour lequel travaillent les « cowboys » vaut également son pesant.

C’est ici un festival de tronches et de talents, des comédiens qui ont fait le bonheur des spectateurs et qui ont toujours participé à la réussite des films dans lesquels ils apparaissaient : Claude Piéplu, Jacques Denis, Michel Peyrelon, Marc Dudicourt, Gabriel Jabbour, Pierre Olaf, Michel Fortin, Francis Lemaire, Roger Riffard, Paul Crauchet, Francis Lax, Jacques Rispal, Jean Obé et bien d’autres « gueules » et « voix » parfaitement reconnaissables. Certes, le rythme est parfois en dents de scie ou pèche par trop d’hystérie. Ce qui n’empêche pas Un nuage entre les dents d’être une incroyable découverte, comme un petit trésor inattendu et secret qui permet enfin d’être réévalué. 

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Un nuage entre les dents, disponible chez Gaumont, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et muet, typique de la collection.

En guise de bonus rétrospectif, Jérémie Imbert, coréalisateur avec Yann Marchet du formidable documentaire Pierre Richard, l’art du déséquilibre, co-auteur avec Pierre Richard du livre Je sais rien, mais je dirai tout, mais aussi créateur du site référence CineComedies.com, est allé à la rencontre de Marco Pico (réalisateur), de Pierre Richard himself – qui loue la virtuosité avant-gardiste de la mise en scène du cinéaste – et de l’assistant-réalisateur François Lartigue. Ce module intitulé Les Cowboys sont de retour (28’), en référence à l’une des répliques du film, revient sur la genèse, les thèmes, les conditions de tournage, le casting, les partis pris esthétiques, les intentions et la sortie du Nuage entre les dents. Les propos s’enchaînent sur un rythme soutenu, tandis que quelques images dévoilent le scénario annoté et illustré de Marco Pico. Ce dernier, qui revient également sur ses débuts dans le cinéma, est visiblement aussi ému que fier de voir son film ainsi restauré pour être enfin (re)découvert par le plus grand nombre.

L’interactivité se clôt sur un comparatif avant/après la restauration (4’) et la bande-annonce originale.

L’Image et le son

Gaumont ne se fiche pas des spectateurs et des cinéphiles puisque le film de Marco Pico a connu un véritable lifting de fond en comble. L’élévation HD est frappante du début à la fin, la restauration est étincelante, les contrastes denses, la copie propre et lumineuse. Les détails étonnent souvent par leur précision, les gros plans sont détaillés à souhait, les couleurs très froides retrouvent un éclat inespéré et le piqué demeure acéré. La définition flanche légèrement durant le générique, ainsi que sur les ambiances enfumées, mais cela reste anecdotique.

La piste française DTS-HD Master Audio Mono est plutôt percutante. Aucun souffle n’est à déplorer, ni aucune saturation dans les aigus. Les dialogues sont vifs, toujours bien détachés. L’ensemble est aéré, fluide et dynamique. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Gaumont /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr