Test Blu-ray / Ripoux contre Ripoux, réalisé par Claude Zidi

RIPOUX CONTRE RIPOUX réalisé par Claude Zidi, disponible en Blu-ray le 6 octobre 2021 chez Gaumont.

Acteurs : Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Guy Marchand, Jean-Pierre Castaldi, Grace De Capitani, Line Renaud, Michel Aumont, Jean-Claude Brialy, Jean Benguigui…

Scénario : Claude Zidi, Didier Kaminka & Simon Michaël

Photographie : Jean-Jacques Tarbès

Musique : Francis Lai

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

René et François sont maintenant associés dans les trafics du quartier dont ils sont les inspecteurs. Mais François veut préparer le concours de commissaire. À la suite d’un malentendu, alors que François tentait justement de se racheter une conduite, les deux compères sont suspendus. Leurs remplaçants s’avèrent encore plus « ripoux » que leurs prédécesseurs…

Depuis le triomphe des Ripoux, les films suivants de Claude Zidi n’ont pas rencontré le même engouement. Les Rois du gag (1,5 million d’entrées), Association de malfaiteurs (1,2 million) et Deux (330.000 spectateurs) marquent le creux de la vague pour le cinéaste, surtout ce dernier avec lequel il souhaitait aborder un autre genre, celui du drame romantique. Mais la sauce n’a pas pris. Avec l’aide de son scénariste Simon Michaël, Claude Zidi planche alors sur un projet d’adaptation des Ripoux pour la télévision. Finalement, à la fin des années 1980, TF1 laisse tomber ce projet, mais le réalisateur souhaite tout de même retrouver René et François, d’autant plus que Les Ripoux demeure son dernier grand succès populaire. Il décide de reprendre deux des histoires écrites préalablement pour des épisodes de 50 minutes de la série télévisée, afin de les transformer en un scénario, dans l’idée d’en faire un nouveau long métrage. Selon Claude Zidi, afin de rester cohérente avec le superbe épilogue du premier volet, cette suite est supposée se dérouler pendant l’intrigue du premier opus. C’est en réalité une échappatoire pour que le metteur en scène puisse mettre en route Ripoux contre ripoux, car si l’on se fie à cette déclaration, le film contient son lot d’incohérences. Ceci est une autre histoire, la production est lancée.

François et René forment une équipe de ripoux depuis déjà cinq ans lorsque François, qui envisage de passer l’examen de commissaire, souhaite redevenir honnête. Mais lorsqu’il remet à une boutiquière volée l’argent dérobé, celle-ci, en raison d’une vieille rancune envers René, les accuse aussitôt du forfait. Par la suite, les deux flics sont suspendus après avoir été dénoncés par les commerçants. Ils sont remplacés par les inspecteurs Brisson et Portal, censés être de véritables modèles d’intégrité. Mais les apparences sont trompeuses. En effet, ces deux nouveaux flics extorquent plus que les prédécesseurs les commerçants. Ces derniers demandent à François et René à revenir. Les deux hommes en profitent pour préparer à se venger tout en piégeant les nouveaux ripoux.

Tu te rends pas compte que si tu deviens honnête, les gens vont te montrer du doigt dans la rue parce que tu seras le seul type honnête de cette ville pourrie !

Cinq ans ont passé, alors que le premier film était supposé se dérouler sur plusieurs mois. Dès le générique d’ouverture, on sent un côté presque anachronique à l’aube des années 1990. La musique de Francis Lai, repensée pour l’occasion, est certes toujours aussi belle, mais une impression de déjà-vu s’installe d’emblée. Si le plaisir de retrouver les personnages est indéniable, l’intrigue patine dès les premières séquences jusqu’à l’arrivée du duo adverse incarné par Guy Marchand (après Les Sous-Doués en vacances et avant…La Boîte) et Jean-Pierre Castaldi (qui retrouvera Zidi pour Profils bas, Arlette et Astérix et Obélix contre César), qui campent des flics encore plus pourris bien décidés à mettre René et François hors-jeu.

– La magouille, je peux plus. Je veux faire honnêtement un métier honnête.

– Tu veux quitter la police !?

Line Renaud remplace (très bien) Régine, Michel Aumont remplace (également parfaitement) Julien Guiomar, et l’on retrouve quelques têtes du premier film (Grace de Capitani), certains dans d’autres rôles (Michel Crémadès). Ripoux contre ripoux est un film moins drôle et spontané, moins attachant peut-être, mais va en s’améliorant. Après une longue exposition durant laquelle on retrouve les magouilles des deux partenaires, la confrontation des deux duos est plaisante et très divertissante.

Si Ripoux contre ripoux n’a plus vraiment le même parfum d’authenticité et de fraîcheur, si la flamme s’est atténuée, il n’en demeure pas moins que ce 19e film de Claude Zidi reste un très bon moment de détente, truffé de bons mots d’auteur et de situations sympathiques. Le film est clairement moins bien accueilli par les spectateurs avec « seulement » 2,9 millions d’entrées, soit deux fois moins que le premier, tandis que face à lui Chérie, j’ai rétréci les gosses de Joe Johnston fait le plein dans les salles. Sur l’ensemble du box-office de l’année 1990, Ripoux contre Ripoux atteindra la onzième place, entre Ghost de Jerry Zucker (3 millions d’entrées) et Uranus de Claude Berri (2,5 millions d’entrées).

LE BLU-RAY

La disponibilité de Ripoux contre Ripoux en support physique reste évidemment liée à celle du premier opus. Une première édition en DVD chez Opening en 2003 et rééditée deux ans plus tard, une nouvelle mouture en 2008 chez EuropaCorp, puis une édition HD chez ce même éditeur en 2014. Sept ans plus tard, le film de Claude Zidi revient dans les bacs, mais chez Gaumont, avec un nouveau master HD ! Le menu principal est fixe et muet.

Même chose que sur le Blu-ray Gaumont des Ripoux, nous retrouvons les entretiens croisés de Thibault Decoster, auteur du livre Le Cinéma de Claude Zidi, que nous vous avons déjà conseillé et que nous vous conseillerons encore et encore, et du scénariste-dialoguiste Didier Kaminka (18’30). Le premier partage ses souvenirs liés à la découverte de Ripoux contre Ripoux, qu’il avait vu avant le premier, et qu’il a toujours trouvé plus nostalgique, sombre et mélancolique que l’opus original. Puis, il replace le film qui nous intéresse aujourd’hui dans la carrière de Claude Zidi, né à la fois de l’échec cuisant de Deux «(« un de ses meilleurs films, un de ses plus beaux ») et d’une série télévisée avortée des Ripoux pour TF1. « Un film illégitime » dit Thibault Decoster, puisque le final des Ripoux était définitif et n’appelait sûrement pas de suite. Ripoux contre Ripoux se déroulerait « pendant le premier film », même si de nombreux éléments démentent cette information. De son côté, Didier Kaminka loue la réussite « divertissante » de Ripoux contre Ripoux, tout en fustigeant l’autocensure des jeunes auteurs et cinéastes dans le cinéma français d’aujourd’hui. Il rend également un bel hommage à son ami Claude Zidi, en évoquant sa générosité et sa gentillesse. Enfin, Thibault Decoster clôt ce module en parlant de Ripoux 3, proposé pour la première fois en Blu-ray depuis le 6 octobre 2021 chez Gaumont, ainsi que la série éphémère Les Ripoux anonymes, dont le premier (et unique) épisode avait su rassembler près de six millions de téléspectateurs, un résultat jugé insuffisant pour TF1 qui avait donc annulé le programme.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce de chacun des trois opus des Ripoux.

L’Image et le son

De mémoire, le master HD EuropaCorp de Ripoux contre Ripoux était moins convaincant que celui du premier opus. On se souvient d’un Blu-ray au format 1080p (AVC) qui tentait de montrer un aspect « neuf » via la Haute-Définition, mais le matériel d’origine devait avoir plus subi les affres du temps que le premier opus. Si les couleurs s’en trouvaient nettement relevées et même plutôt vives sur toutes les séquences en extérieur, la gestion des contrastes et du grain demeurait trop aléatoire et toutes les séquences sombres et nocturnes déséquilibraient l’ensemble. Tous ces défauts et bien d’autres sont absents ici, dans cette nouvelle mouture HD made in Gaumont. Les images sont enfin beaucoup plus ciselées, le relief indéniable, les fourmillements corrigés et le piqué équilibré. A ce jour la plus belle copie du film sur le marché.

La piste française DTS-HD Master Audio Mono 2.0 des Ripoux contre ripoux est plutôt percutante. Aucun souffle n’est à déplorer, ni aucune saturation dans les aigus. Les dialogues sont vifs, toujours bien détachés, la musique de Francis Lai est délivrée avec une belle ampleur. L’ensemble est aéré, fluide et dynamique. Et contrairement à l’édition EuropaCorp, nous trouvons enfin les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Gaumont / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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