Test Blu-ray / Le Temps des loups, réalisé par Sergio Gobbi

LE TEMPS DES LOUPS réalisé par Sergio Gobbi, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 22 juin 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Robert Hossein, Charles Aznavour, Virna Lisi, Albert Minski, Geneviève Thénier, Monique Morisi, Henri Crémieux, Roger Coggio…

Scénario : Sergio Gobbi, Georges Tabet & André Tabet

Photographie : Daniel Diot

Musique : Georges Garvarentz

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Amis d’enfance, le sanglant Robert, qui se fait appeler Dillinger en référence au truand américain des années 30 qu’il imite dans ses casses, et Kramer devenu chef de la brigade anti-gang s’affrontent. Après un dernier casse à Paris, Dillinger part se reposer sur la côte d’Azur avec son équipe et rencontre une femme qui lui sera fatale.

Sergio Gobbi. Pour beaucoup d’entre nous les cinéphiles, ce nom renvoie directement à L’Arbalète (1984) avec Daniel Auteuil, tandis que les amateurs de nanars se souviendront de La Nuit du risque (1986), chef d’oeuvre ultime du nawak que l’on pourrait se passer en boucle. Également scénariste, mais aussi producteur d’André Cayatte (La Raison d’État, L’Amour en question), de Marco Ferreri (Conte de la folie ordinaire), de Georges Lautner (Présumé dangereux), de Roman Polanski (La Jeune Fille et la Mort) et même de Dario Argento (Dracula 3D, le pauvre…), Sergio Gobbi (né en 1938) possède une vingtaine de mises en scène à son actif. L’un de ses opus les plus célèbres demeure sans nul doute Le Temps des loups, gros succès de l’année 1970 avec plus d’1,2 million de spectateurs, qui résistera au triomphe de La Nuit des morts vivants de George A. Romero. Le réalisateur coécrit ce formidable polar avec Georges et André Tabet (La Grande vadrouille, Le Vampire de Dusseldorf, Une ravissante idiote) et s’entoure d’un casting quatre étoiles mené par Charles Aznavour, Robert Hossein et Virna Lisi (co-production oblige, mais personne ne s’en plaindra), qui mélange étroitement une violence sèche et brutale, et une émotion inattendue puisque les deux ennemis du récit ont grandi ensemble et se connaissent par coeur. Le Temps des loups cumule certes plus de cinquante ans au compteur, mais sa fraîcheur et sa modernité ne cessent encore de laisser pantois.

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Test Blu-ray / Aria, réalisé par Robert Altman, Bruce Beresford, Bill Bryden, Jean-Luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge & Julien Temple

ARIA réalisé par Robert Altman, Bruce Beresford, Bill Bryden, Jean-Luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge & Julien Temple, disponible en DVD et Blu-ray le 24 août 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Elizabeth Hurley, Bridget Fonda, John Hurt, Buck Henry, Anita Morris, Bernie Bonvoisin, Cris Campion, Tilda Swinton…

Scénario : Robert Altman, Bruce Beresford, Bill Bryden, Jean-Luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge, Don Boyd & Julien Temple

Photographie : Gabriel Beristain, Caroline Champetier, Frederick Elmes, Harvey Harrison, Christopher Hughes, Pierre Mignot, Mike Southon, Dante Spinotti, Oliver Stapleton & Gale Tattersall

Musique : Giuseppe Verdi, Gustave Charpentier, Giacomo Puccini, Erich Wolfgang Korngold…

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

De grands airs d’opéra vus par dix réalisateurs sur des musiques de Charpentier, Korngold, Leoncavallo, Lully, Puccini, Rameau, Verdi, Wagner. L’image est parfois sans rapport avec le thème de l’opéra, d’autres fois plus proche.

Ah oui le moins que l’on puisse dire, c’est que certains segments laissent quelque peu perplexes dans Aria…Rendez-vous compte, Nicolas Roeg, Charles Sturridge, Jean-Luc Godard, Julien Temple, Bruce Beresford, Robert Altman, Franc Roddam, Ken Russell, Derek Jarman et Bill Bryden invités à mélanger leur univers respectif pour rendre hommage aux compositeurs, aux chanteurs, aux chefs d’orchestre et musiciens « dont les œuvres ont fait vibrer le public, dans les théâtres, les opéras et les salles de concert depuis plus de 300 ans » indique un panneau en guise de conclusion de ces 96 minutes pour le moins…originales. L’ensemble fait en effet penser à du gloubi-boulga, dans le sens où les ingrédients de ce film à sketches quasi-dépourvu de dialogues, ne s’accordent pas tous vraiment. Il s’agit d’une expérience cinématographique, un peu difficile d’accès et réservée aux amateurs, de laquelle peuvent être sauvées certaines parties étonnantes, mais qui ne laisseront pas forcément un grand souvenir…À vous de tenter si l’occasion vous en dit.

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Test Blu-ray / Vivante, réalisé par Sandrine Ray

VIVANTE réalisé par Sandrine Ray, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 25 octobre 2017 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Vahina Giocante, Samuel Jouy, François Berléand, Fanny Cottençon, Pierre Cassignard, Cécile Cassel, Manuel Blanc…

Scénario : Sandrine Ray & Antoine Lacomblez

Photographie : Olivier Cocaul

Musique : Romaric Laurence

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2002

LE FILM

C’est par une nuit d’été que Claire, 19 ans, se fait sauvagement agresser et violer. Elle est anéantie par la violence où les corps sont niés, où le désir est déjà mort, où les mots disent l’inverse de ce qu’ils affirment. Claire n’arrive pas à en parler, elle porte son secret qui la déchire, n’a plus de mots pour dire qui elle est et se dérobe à elle-même comme au monde. Elle tente des expériences pour se prouver qu’elle est encore vivante, plonge dans l’alcool, le sexe, à la recherche d’une étincelle…A force de se heurter aux autres et à elle-même, elle retrouve la force de vivre, de parler, elle redonne un sens au désir. Quoi qu’il arrive, la vie s’impose.

Le viol est un sujet sensible auquel le cinéma français s’est déjà attaqué à plusieurs reprises. Quelques titres comme Les Chatouilles, L’Été meurtrier, Irréversible, Elle, La Traque peuvent venir à l’esprit, mais l’un des plus grands films sur le thème demeure incontestablement Une histoire banale (2013) d’Audrey Estrougo avec une puissante et exceptionnelle Marie Denarnaud. En 2002, la réalisatrice Sandrine Ray, alors assistante de Pierre-William Glenn (23h58) et de François Velle (Comme des rois), décide de franchir un cap et signe son premier long-métrage, Vivante, qu’elle coécrit avec Antoine Lacomblez (Slalom, 3 X Manon, 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi, My Sweet Pepper Land, À la folie), en prenant comme argument principal le viol d’une étudiante. Elle confie le rôle à Vahina Giocante, âgée de 20 ans, remarquée quatre ans plus tôt dans Marie Baie des Anges de Manuel Pradal (à la suite d’un casting sauvage sur une plage de Marseille) et qui avait confirmé depuis son talent précoce chez Yves Angelo (Voleur de vie), Benoît Jacquot (Pas de scandale) et Martine Dugowson (Les Fantômes de Louba). Si la jeune comédienne s’investit corps et âme dans ce rôle très difficile, c’est sur la forme que pèche Vivante, qui sent l’amateurisme du début à la fin. Les années n’ont pas épargné ce film pourtant intéressant, mais qui fait aujourd’hui penser à une production TV fauchée et maladroite.

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Test DVD / L’Arnaqueuse, réalisé par Peter Hall

L’ARNAQUEUSE (Perfect Friday) réalisé par Peter Hall, disponible en DVD et Blu-ray le 21 juillet 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Ursula Andress, Stanley Baker, David Warner, Patience Collier, T.P. McKenna, David Waller, Joan Benham, Julian Orchard…

Scénario : Anthony Greville-Bell & Scott Forbes

Photographie : Alan Hume

Musique : John Dankworth

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

En voyant un beau jour arriver dans son établissement la ravissante Lady Dorset, Mr. Graham, le sous-directeur d’une banque de Londres, a soudain une idée. Avec l’aide de la jolie jeune femme, il compte bien réussir à dévaliser sa propre banque. Mais Lady Dorset a ses propres motivations, et possède bien des atouts cachés.

Finalement, à part James Bond 007 contre Dr No de Terence Young, Les Tribulations d’un Chinois en Chine de Philippe de Broca et peut-être La Dixième Victime La Decima vittima d’Elio Petri, on connaît mal la carrière cinématographique d’Ursula Andress…Si la comédienne suisse est passée à la postérité pour avoir incarné la première James Bond Girl officielle en 1962, on se souvient évidemment tous de sa sortie des flots turquoise en bikini, on aurait quelques difficultés à avancer encore certains autres titres célèbres. Pourtant, celle-ci aura aussi tourné avec Robert Aldrich (Quatre du Texas 4 for Texas), Clive Donner (Quoi de neuf, Pussycat ? What’s New Pussycat), John Guillermin (Le Crépuscule des aigles The Blue Max), ainsi qu’avec toute une ribambelle de cinéastes italiens, de Steno (Un Américain à Rome Un americano a Roma) à Luigi Zampa (Pas folles, les mignonnes Le Dolci signore), en passant par Maurizio Lucidi (La Dernière Chance L’Ultima chance), Duccio Tessari (Les Sorciers de l’île aux singes Safari Express), Sergio Martino (La Montagne du dieu cannibaleLa Montagna del dio cannibale), Fernando Di Leo (Ursula l’anti-gangColpo in canna), Enzo G. Castellari (La Grande DébandadeLe Avventure e gli amori di Scaramouche) et Luigi Zampa (Les MonstressesLetti selvaggi). En 1970, juste avant de rejoindre Alain Delon, Charles Bronson et Toshirô Mifune à Almería pour tourner Soleil rouge de Terence Young, Ursula Andress naviguait sur la Tamise avec Stanley Baker et David Warner, pour une comédie de braquage intitulée L’ArnaqueusePerfect Friday, réalisée par Peter Hall. S’il ne révolutionnera aucun des deux genres auxquels il est rattaché, ce divertissement ne manque pas de charme, surtout cette chère Ursula, très en forme(s) et généreuse avec les spectateurs, qui n’hésite pas à se dévêtir à la moindre occasion.

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Test DVD / L’Homme qui tua la peur, réalisé par Martin Ritt

L’HOMME QUI TUA LA PEUR (Edge of the City) réalisé par Martin Ritt, disponible en DVD depuis le 9 janvier 2020 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : John Cassavetes, Sidney Poitier, Jack Warden, Kathleen Maguire, Ruby Dee, Val Avery, Robert F. Simon, Ruth White…

Scénario : Robert Alan Aurthur

Photographie : Joseph C. Brun

Musique : Leonard Rosenman

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Axel North, un déserteur devenu vagabond, se fait embaucher sous une fausse identité comme docker dans le port de New York. Pour conserver son travail, il lui faut reverser une partie de son salaire à Charly Malik, un contremaître corrompu. Intrigué par le courage d’un collègue noir, Tommy Tyler, Axel se lie peu à peu avec lui au point de rompre ouvertement avec Malik. Tommy devine que son nouvel ami est hanté par un passé difficile et l’accueille chez lui. Axel y fait la connaissance d’une jeune femme, Ellen, dont il s’éprend. Un matin, une violente dispute éclate entre Malik et Tommy : un crochet de docker à la main, les deux hommes sont prêts à se battre à mort…

Edge of the City ou L’Homme qui tua la peur en version française, est le premier long-métrage réalisé par Martin Ritt (1914-1990), celui qui nous donnera Les Feux de l’été The Long, Hot Summer (1958), Paris Blues (1961), L’Espion qui venait du froid The Spy Who Came in from the Cold (1965), Norma Rae (1979) et bien d’autres. Pour son coup d’essai, il installe son récit dans sa ville natale, New York, dont il connaît les moindres recoins par coeur, y compris les quais sur lesquels se déroulent essentiellement l’action, l’Empire State Building et autres gratte-ciel apparaissant en toile de fond. Depuis toujours très actif pour dénoncer les injustices sociales et politiques, il s’engage très vite auprès de groupes de théâtre afin de défendre les droits des afro-américains, n’hésitant pas à camper l’un des rares personnages blancs dans la pièce Porgy and Bess, saluée pour la modernité de son approche de la culture noire. Martin Ritt monte ensuite des pièces dites de gauche radicale (bien qu’il n’adhérera jamais au Parti communiste US) et parcourt la terre de l’Oncle Sam, ce qui lui vaudra plus tard d’être pointé du doigt par le tristement célèbre sénateur Joseph McCarthy. Durant la guerre, il s’engage dans l’US Air Force, tout en démarrant une carrière d’acteur au cinéma (Winged Victory de George Cukor). Il reprend le théâtre, comme comédien, mais aussi comme metteur en scène, puis entre dans le monde de la télévision au début des années 1950, où il s’occupe principalement de produire et de réaliser quelques adaptations de pièces. Mais ses idées politiques (qu’il ne reniera jamais tout au long de sa vie) le rattrapent. Soupçonné de sympathiser avec l’ennemi rouge situé de l’autre côté du Rideau de fer, il est interdit de télévision, black-listé et revient sur les planches, où il enseigne la légendaire méthode Stanislavski auprès des aspirants comédiens, dont un certain James Dean. En 1957, il a donc l’opportunité de passer derrière la caméra de nouveau, mais pour le cinéma cette fois, avec L’Homme qui tua la peur, transposition d’une pièce de Robert Alan Aurthur (futur scénariste d’All That Jazz de Bob Fosse, de L’Homme aux colts d’or d’Edward Dmytryk et de Grand Prix de John Frankenheimer), déjà adaptée pour la petite lucarne en 1955 (par Robert Mulligan et déjà avec Sidney Poitier). L’histoire prend place dans le milieu des syndicats de dockers de la Grosse Pomme, où un jeune homme d’une vingtaine d’années affronte un collègue animé par la haine de la peau noire. La nouvelle recrue sera accueillie par un docker afro-américain, qui l’aidera à faire sa place, à vivre décemment, jusqu’à devenir son ami. Ce qui sera évidemment mal perçu. Edge of the City ne connaîtra qu’un succès d’estime à sa sortie, mais sera néanmoins très vite reconsidéré par la suite une fois l’explosion de John Cassavetes deux ans plus tard avec son premier film Shadows et celle de Sydney Poitier, qui sera nommé pour l’Oscar du meilleur acteur en 1958 pour La Chaîne The Defiant Ones de Stanley Kramer. Rétrospectivement, la hargne, les thèmes, l’élégance et l’humanisme de Martin Ritt sont déjà à l’oeuvre dans L’Homme qui tua la peur et mérite toute l’attention du cinéphile.

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Test DVD / Trop jolies pour être honnêtes, réalisé par Richard Balducci

TROP JOLIES POUR ÊTRE HONNÊTES réalisé par Richard Balducci, disponible en DVD depuis le 19 août 2015 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Bernadette Lafont, Elisabeth Wiener, Jane Birkin, Emma Cohen, Carlo Giuffrè, Henri Virlojeux, Serge Gainsbourg, Henri Attal, Dominique Zardi, Hubert Deschamps, Fernand Sardou, Max Montavon…

Scénario : Richard Balducci, Michel Martens, Guy Grosso, Catherine Varlin et Augusto Caminito d’après une histoire de Catherine Carone

Photographie : Tadasu Suzuki

Musique : Serge Gainsbourg

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Frédérique, responsable d’un mouvement féministe, Christine, psychiatre, Martine, leur voisine et Bernadette, soubrette délurée, s’apprêtent à fêter l’anniversaire de Martine lorsqu’elles sont témoins d’un hold-up à la Caisse d’Epargne de Nice… L’évènement relègue au second plan la présence du fiancé de Martine, officier de marine, jusqu’au moment où il fait cadeau à la jeune femme d’une longue-vue. Celle-ci leur permet d’observer leurs nouveaux voisins d’en face en toute discrétion…

En 1972, pas moins de deux longs-métrages réalisés par Richard Balducci débarquent sur les écrans. Le premier est L’Odeur des fauves, étonnant mélodrame centré sur le dilemme moral d’un paparazzi interprété par le grand Maurice Ronet, Vittorio De Sica, Josephine Chaplin et Francis Blanche. Une curiosité dans la filmographie du bonhomme…Quelques mois plus tard, le second, intitulé Trop jolies pour être honnêtes (ou Quatre souris pour un hold-up) est plus représentatif du scénariste-réalisateur, une grosse comédie assez frappadingue dans son genre. L’affiche est alléchante puisqu’elle réunit quatre actrices sexy, Jane Birkin, Bernadette Lafont, Elisabeth Wiener et Emma Cohen, qui ont l’air de passer du bon temps, faut dire que Balducci ne leur demande pas grand-chose, y compris de savoir réellement jouer, mais tout de même leur énergie et leur bonne humeur participent au charme indéniable du film. À partir d’une histoire écrite par Catherine Carone (inconnue au bataillon), ils sont quatre (sans compter Richard Balducci lui-même) à avoir signé à l’adaptation du scénario, Catherine Winter (Le Joli mai de Chris Marker & Pierre Lhomme), Michel Martens (Dupont Lajoie), Augusto Caminito (futur metteur en scène de Nosferatu à Venise et producteur de The King of New York) et surtout Guy Grosso, le légendaire maréchal des logis Tricard s’étant également chargé des dialogues. Quand on voit le résultat, on peine à croire qu’autant de monde ait été convié, mais cela reflète le côté bordélique du film, qui semble ne jamais savoir où aller, en passant d’une séquence à l’autre avec une paresse formelle décomplexée et un je-m’en-foutisme hallucinant. Il n’empêche, on peut cette fois encore y prendre un petit plaisir de cinéphage perverti et sadique…vous voilà prévenus !

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Test DVD / Général…nous voilà !, réalisé par Jacques Besnard

GÉNÉRAL… NOUS VOILÀ ! réalisé par Jacques Besnard, disponible en DVD depuis le 13 avril 2016 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Darry Cowl, Roger Dumas, Henri Guybet, Philippe Ricci, Pierre Tornade, Jacques Marin, Katia Tchenko, Jean Amadou, Robert Rollis…

Scénario : Richard Balducci, Jean Amadou, Jacques Besnard & Jacques-Henri Marin

Photographie : Michel Grignon

Musique : José Padilla & Darry Cowl

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

En 1940, un déserteur et deux gendarmes se retrouvent par mégarde en zone occupée, puis en Angleterre où le gouvernement du Général de Gaulle leur confie une mission dangereuse : retrouver un général italien dans le désert libyen.

On connaît ce que Pierre Despoges disait sur Marguerite Duras, « elle n’a pas écrit que des conneries… Elle en a aussi filmées ! ». Pour Richard Balducci (oui oui, encore lui), c’est l’inverse. Le bougre n’a pas seulement écrit ses propres comédies, il l’a aussi fait pour les autres. En plus d’être le « papa » du Gendarme de Saint-Tropez, l’intéressé aura également signé l’affreux Charlots Connection (1984) de Jean Couturier, sans doute le pire opus de la troupe, Les Bidasses en vadrouille (1979) de Christian Caza (ou Michel Ardan pour les intimes) et Les Joyeuses Colonies de vacances (1979) de Michel Gérard. L’une de ses collaborations « de choc » restera celle avec Jacques Besnard sur deux films, Le Jour de gloire (1976) et Général…nous voilà ! (1978). Si le premier a rencontré un grand succès dans les salles (2 millions d’entrées, vous vous rendez compte ?) et demeure connu par les amateurs de délires franchouillards, le second est obscur. Jacques Besnard (1929-2013) est loin d’être un tâcheron et aura emballé quelques bons divertissements, dont l’excellent et cultissime Le Grand Restaurant (1966) avec Louis de Funès, alors son plus gros hit au box-office du réalisateur, C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule (1974), La Situation est grave…mais pas désespérée (1976, à quand une réédition en DVD ou même un Blu-ray ?) et dans une moindre mesure Le Fou du labo 4 (1967) avec Jean Lefebvre. En fait, la raison pour laquelle Général…nous voilà ! n’a pas eu le même engouement (même si 823.000 entrées ce n’est pas rien) ou la même « postérité », ce sont ses têtes d’affiche. Pas de Fufu, de Bernard Blier, de Jean Lefebvre, de Michel Serrault, de Michel Galabru…non, Général…nous voilà ! repose cette fois sur les épaules de Pierre Tornade, Roger Dumas, Darry Cowl et Henri Guybet, habituels seconds voire troisièmes couteaux du genre. Contre toute attente, il ne s’agit pas d’un nanar et encore moins d’un navet. Évidemment nous sommes loin de La Grande vadrouille et même de La Septième Compagnie, auxquels on pense inévitablement, mais tout de même, Général…nous voilà ! fonctionne, se fonde sur une suite ininterrompue de gags menés sur un rythme soutenu, des personnages attachants et des comédiens en grande forme, ainsi que sur des dialogues amusants (de Jean Amadou) et un côté « aventure » qui passe bien. Une récréation d’un autre temps, mais encore sympathique.

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Test DVD / Y’a pas le feu, réalisé par Richard Balducci

Y’A PAS LE FEU réalisé par Richard Balducci, disponible en DVD depuis le 21 août 2016 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Hubert Deschamps, Henri Génès, Mouss, Philippe Klébert, Pascal Mandoula, Manault Didier, Basile…

Scénario : Richard Balducci & Dominique Sambourg

Photographie : Laurent Dailland

Musique : Gérard Blanchard & Gérar Lévy

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Dans le Midi de la France. Un pyromane sévissant dans un village, Monsieur le Maire cherche à enrôler des jeunes gens pour lutter contre le feu. Les volontaires se font rares, jusqu’à l’intervention d’une superbe blonde. Autour d’elle la brigade se constitue et les péripéties peuvent commencer.

Après N’oublie pas ton père au vestiaire, On l’appelle Catastrophe et Prends ta Rolls…et va pointer !, nous continuons d’explorer le Richard Balducci Cinematic Universe avec le méconnu Y’a pas le feu, sorti sur les écrans franchouillards le 5 juin 1985. Alors que Terminator de James Cameron explosait le box-office un peu partout et que Francis Huster s’époumonait dans Parking de Jacques Demy (Pourquoi moooooooooiiiiiii ??!!), une comédie tentait de se frayer un chemin jusqu’aux spectateurs qui avaient envie de se mettre autre chose devant les yeux que Mask de Peter Bogdanovich, Birdy d’Alan Parker, La Rose pourpre du Caire de Woody Allen ou Witness de Peter Weir ! C’est vrai quoi, pourquoi aller au cinéma pour réfléchir un peu ??? Heureusement, Richard Balducci était encore présent pour représenter la qualité à la française. D’ailleurs, comme si cela ne suffisait pas, ce n’est pas un, mais DEUX films que l’intéressé vomira dans les salles cette année-là, Y’a pas le feu donc, et le plus connu Le Facteur de Saint-Tropez, avec Paul Préboist, Michel Galabru et Marion Game, dont certains avaient peut-être imaginé qu’il ferait de l’ombre à Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood, Parole de flic de José Pinheiro ou Legend de Ridley Scott. Mais pour en revenir à Y’a pas le feu, disons qu’il s’agit sans doute du pire de la crasse du graillon de la comédie bien de chez nous. Avant de raccrocher les gants en 1986 avec Banana’s boulevard (le film avec Les Forbans !), l’ami Balducci s’inspirait ouvertement des Bidasses de Claude Zidi, qui avait déjà dix piges (et Dieu sait que l’humour peut changer en une décennie), mais aussi et surtout de Police Academy de Hugh Wilson qui avait cassé la baraque l’année précédente. Mais il est pas con Ricci, pour éviter d’être accusé de plagiat, celui-ci et son coscénariste Dominique Sambourg (producteur du Fou du roi avec Michel Leeb et du Couteau sous la gorge de Claude Mulot) ont remplacé les flics par des pompiers. Le reste, bah c’est comme qui dirait une transposition des films susmentionnés, mais passés au gros rouge qui tâche. C’est affligeant, mais vraiment, et l’on peut y trouver un certain plaisir totalement régressif. Consternant, mais « c’est pour ça qu’c’est bon ! ».

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Test Blu-ray / Doom, réalisé par Andrzej Bartkowiak

DOOM réalisé par Andrzej Bartkowiak, disponible en Blu-ray depuis le 16 février 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Dwayne Johnson, Karl Urban, Rosamund Pike, Deobia Oparei, Ben Daniels, Razaaq Adoti, Richard Brake…

Scénario : Dave Callaham & Wesley Strick, d’après le jeu vidéo Doom

Photographie : Tony Pierce-Roberts

Musique : Clint Mansell

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 2005

LE FILM

Une chose terrible est arrivée à la station de recherche scientifique Olduvai, basée sur la planète Mars. Toutes les expériences se sont arrêtées, la communication ne passe plus. Les derniers messages reçus sont pour le moins angoissants. Le niveau 5 de quarantaine est déclaré et les seules personnes auxquelles l’accès est autorisé sont les membres du commando des Rapid Response Tactical Squad (RRTS). Mais sont-ils face à n’importe quel ennemi ? Les scientifiques de cette station de la planète rouge ont malencontreusement ouvert une porte dans laquelle se sont engouffrées toutes les créatures de l’enfer. Une armée de créatures de cauchemars d’origine inconnue est tapie derrière chaque recoin des innombrables pièces et couloirs de la base, tuant les quelques rares humains encore présents…

Autant le dire tout de suite, l’auteur de ces mots ne connaît absolument rien de la série de jeux vidéo Doom, dont il s’agit ici d’une « tentative » d’adaptation, la première d’ailleurs, puisqu’on trouve également un Doom : Annihilation sorti en 2019. À la barre de ce Doom de 2005, on découvre le polonais Andrzej Bartkowiak (né en 1950), essentiellement connu pour son travail comme directeur de la photographie, chez Sidney Lumet (Le Prince de New York, Piège mortel, Le Verdict, À la recherche de Garbo et bien d’autres, excusez du peu…), James L. Brooks (Tendres Passions), John Huston (L’Honneur des Prizzi), Ivan Reitman (Jumeaux), Joel Schumacher (Chute libre), Jan de Bont (Speed)…puis, on ne sait pas pourquoi ni comment, le bougre passe derrière la caméra en 2000. « Et là, c’est le drame » comme on dit. En effet, celui-ci enchaînera quelques films agités improbables, Roméo doit mourir Romeo Must Die, avec Jet Li (qui surfait sur le triomphe de L’Arme fatale 4) et Aaliyah, Hors limites Exit Wounds (2001) avec Steven Seagal (son dernier succès au cinéma), petit polar urbain aux scènes d’action gentiment abracadabrantes, En sursis – Cradle 2 the Grave (2003), où il retrouvait Jet Li et DMX…ce qui nous amène à Doom, pour lequel il se voit confier le budget coquet de 65 millions de dollars. Cette production tchéco-anglo-germano-américaine (avec à sa tête Lorenzo di Bonaventura, Transformers, G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, The Ryan Initiative, Deepwater) est aujourd’hui considérée, probablement à juste titre, comme étant l’une des transpositions les plus pitoyables d’un jeu vidéo. Même pas amusant, ou si peu, Doom n’est pas un nanar, mais un navet pur et dur, dans lequel l’ancien étudiant de la prestigieuse de l’École de cinéma de Łódź (oui oui, comme Krzysztof Kieślowski, Roman Polanski, Jerzy Skolimowski et Andrzej Wajda) donne le pire de lui-même avec une mise en scène inexistante, une photo hideuse et une distribution où les acteurs rivalisent de froncements de sourcils. Jamais rigolo, juste léthargique.

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Test Blu-ray / Shakespeare in Love, réalisé par John Madden

SHAKESPEARE IN LOVE réalisé par John Madden, disponible en DVD, Blu-ray et Édition Collector Blu-ray + DVD depuis le 20 avril 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, Judi Dench, Geoffrey Rush, Ben Affleck, Mark Williams, Rupert Everett, Colin Firth, Tom Wilkinson, Simon Callow…

Scénario : Alain Riou & Jean-Claude Sussfeld

Photographie : François Catonné

Musique : Claude Bolling

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

En l’été 1593, le jeune poète et dramaturge au talent prometteur William Shakespeare, criblé de dette et harcelé par son commanditaire Henslowe, promet de lui livrer bientôt une nouvelle pièce, « Romeo et Ethel, la fille du pirate », dont il ne possède en fait que le titre. Lady Viola, qui vénère les sonnets de Shakespeare, rêve de devenir actrice, ce qui est rigoureusement interdit aux femmes. Qu’a cela ne tienne, elle se déguise en garçon et décroche le rôle de Roméo. William découvre vite l’identité de son jeune premier et en tombe follement amoureux.

7 Oscars. Autant que L’Arnaque de George Roy Hill, que Danse avec les loups, que Lawrence d’Arabie, que La Liste de Schindler, sans oublier Out of Africa, Patton, Les Plus belles années de notre vie, Le Pont de la rivière Kwaï, La Route semée d’étoiles…En 1999, Shakespeare in Love rafle en effet l’Oscar du meilleur film, celui de la meilleure actrice, celui du meilleur second rôle féminin, du meilleur scénario original, de la meilleure direction artistique, de la meilleure musique de film et des meilleurs costumes…en face du film de John Madden ? Rien de moins que La Ligne rouge The Thin Red Line de Terrence Malick, The Truman Show de Peter Weir et Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan de Steven Spielberg…arrêtons de nous faire du mal. Succès démesuré avec cent millions de dollars de recette sur le sol américain, le double dans le reste du monde et 1,7 millions de spectateurs en France, Shakespeare in Love, produit pour 25 millions, a été le film « à la mode », celui qu’il fallait voir pour ne pas paraître largué au cours d’une discussion entre amis, le sujet allant vraisemblablement venir entre une poignée de cacahuètes et les Apéricubes. Mais aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? Une bluette insignifiante, lénifiante, laide et neurasthénique, portée par deux acteurs qui rivalisent d’absence de charisme, tandis que leurs partenaires de renom cachetonnent et leur volent même la vedette, sans mal ceci dit, se rendant sans doute compte de la pantalonnade dans laquelle ils se sont fourrés. Si John Madden a su prouver qu’il en avait quand même sous le capot avec Capitaine Corelli, Killshot (excellente adaptation d’un roman d’Elmore Leonard), ainsi que son doublé avec Jessica Chastain, L’Affaire Rachel Singer The Debt et Miss Sloane, nous ne comprendrons jamais l’engouement, la réception et les récompenses qui ont accompagné la sortie de Shakespeare in Love au cinéma. Enfin si, la raison s’appelle Harvey Weinstein, producteur de la « bête », qui se sera transformé en rouleau compresseur pour écraser la concurrence et obtenir les faveurs des membres bien placés des diverses académies de cinéma, pour obtenir gain de cause. Découvrir Shakespeare in Love en 2022 (c’est le cas pour l’auteur de ces mots) permet « d’apprécier » ce film pour ce qu’il est, un beau et bon gros navet.

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