Test Blu-ray / Nashville Lady, réalisé par Michael Apted

NASHVILLE LADY (Coal Miner’s Daughter) réalisé Michael Apted, disponible en DVD et Blu-ray le 5 juillet 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Sissy Spacek, Tommy Lee Jones, Levon Helm, Phyllis Boyens, William Sanderson, Beverly D’Angelo, Bob Hannah, Ernest Tubb…

Scénario : Tom Rickman, d’après l’autobiographie de Loretta Lynn, écrite avec George Vecsey

Photographie : Ralf D. Bode

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Née dans une famille de mineurs, au cœur d’un village du Kentucky, Loretta se marie à 13 ans avec Doolittle Lynn. Décelant chez elle un véritable talent de chanteuse, il lui offre une guitare et l’encourage à se produire sur scène. Elle deviendra l’une des plus grandes vedettes de la Country Music.

En France, nous sommes loin d’imaginer le succès de Loretta Lynn, de son vrai nom Noretta Webb, star de la musique country, interprète, autrice et compositrice, née en 1932 à Butcher Hollow dans le Kentucky. Aux États-Unis, tout le monde connaît sa biographie et pour cause, puisque les studios Hollywoodiens n’ont pas attendu sa disparition (ce serait toujours le cas sinon, puisqu’elle vient de fêter ses 90 ans cette année) pour s’emparer de son incroyable histoire et pour retracer son itinéraire à travers un biopic. C’est donc Universal qui met en route Nashville Lady, aka Coal Miner’s Daughter en version originale, titre repris d’une des plus célèbres chansons de Loretta Lynn. Sorti en mars 1980 sur le sol de l’Oncle Sam, Nashville Lady rapporte 67 millions de dollars, soit l’équivalent de près de 240 millions aujourd’hui. Un triomphe, un raz-de-marée, qui aura valu à sa comédienne Sissi Spacek l’Oscar de la meilleure actrice, le Golden Globe et le BAFTA. Chose amusante, c’est Loretta Lynn elle-même qui aura jeté son dévolu sur la légendaire interprète de Carrie pour jouer son rôle au cinéma, en découvrant son visage sur quelques photographies de comédiennes pressenties. Comédie-dramatique hagiographique classiquement, mais efficacement mise en scène par le britannique Michael Apted, Nashville Lady vaut essentiellement, voire entièrement pour la prestation hors normes de Sissy Spacek et de son partenaire Tommy Lee Jones, dont l’alchimie emporte tout sur son passage.

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Test Blu-ray / Charmants garçons, réalisé par Henri Decoin

CHARMANTS GARÇONS réalisé par Henri Decoin, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 18 mars 2022 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Zizi Jeanmaire, Daniel Gelin, Henri Vidal, François Perier, Gert Fröbe, Yves Barsacq, Marie Daems, Renaud Mary, Jacques Berthier, Gil Vidal, Jacques Dacqmine, Jean-Pierre Marielle, Madeleine Lambert…

Scénario : Dominique Fabre, Étienne Périer & Charles Spaak

Photographie : Pierre Montazel

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Lulu, chanteuse et danseuse dans un grand cabaret parisien, a de nombreux admirateurs… mais ses aventures amoureuses la déçoivent. Ainsi, Robert, le jeune industriel et homme marié, Edmond, le financier d’âge mûr persuadé que son argent lui donne un sex-appeal infaillible, Jo, le boxeur qui préfère le sport à la tendresse, Alain, le gentleman cambrioleur qui reste malhonnête même en amour, et Charles, l’impresario à tendance misogyne. Tous de charmants garçons avec de vilains défauts ! Lulu se demande si l’homme idéal existe… Quand un soir, un inconnu sort du lot…

Pour les jeunes spectateurs, le nom de Zizi Jeanmaire (1924-2020) ne leur dira probablement rien, et même sans doute à certains trentenaires ou quadra. Pourtant, elle fut l’une de nos plus grandes et de nos plus belles danseuses de ballet. Également chanteuse et meneuse de revue, ancien petit rat de l’École de danse de l’Opéra de Paris, l’artiste, de son vrai nom Renée Marcelle Jeanmaire, a bien sûr été appelée par le cinéma et ce dès 1952, année où elle tourne son premier long-métrage, Hans Christian Andersen et la Danseuse, sous la direction de Charles Vidor, interprété par Danny Kaye et surtout produit par Howard Hugues, à l’affût pour repérer les donzelles qui affolent le public. Son complice (qui sera son compagnon de toujours) Roland Petit se charge des chorégraphies. Elle donne ensuite la réplique à Bing Crosby et Donald O’Connor dans Quadrille d’amour Anything Goes (1956) de Robert Lewis. De retour en France, Zizi Jeanmaire et Roland Petit se marient, ont une fille, puis s’inspirent de leur expérience américaine pour leurs nouveaux shows parisiens. Elle revient devant la caméra pour Folies-Bergère, mis en scène par Henri Decoin, dans lequel elle a pour partenaire le très populaire Eddie Constantine. Résultat des courses, le film est un immense succès dans les salles avec 3,5 millions d’entrées, se classant à la dixième place du box-office en 1957. Lé star du music-hall, future interprète de Mon truc en plumes remet le couvert dès l’année suivante avec le même réalisateur, pour Charmants garçons, qui est plus ou moins envisagé comme un pendant féminin de la comédie Adorables créatures de Christian-Jaque, sortie cinq ans auparavant. S’il ne s’agit pas d’une suite, d’ailleurs Daniel Gélin, présent dans les deux films, joue deux personnages différents, Charmants garçon, écrit par le même Charles Spaak, fait un petit clin d’oeil à Adorables créatures dans la dernière scène, en convoquant un personnage du nom d’André Noblet, héros du film de Christian-Jaque. S’il aura moins d’engouement que Folies-Bergère en attirant deux fois moins de français au cinéma, Charmants garçons n’en demeure pas moins une belle réussite, dans laquelle le visage mutin mis en valeur par sa légendaire coupe à la garçonne et la gouaille de Zizi Jeanmaire fonctionnent parfaitement, rappelant souvent le jeu et le charisme d’Annie Girardot ou d’Arletty, tandis que ses partenaires masculins, Daniel Gélin, Henri Vidal, François Périer et Gert Froebe, ainsi qu’un jeune débutant du nom de Jean-Pierre Marielle, se disputent ses faveurs, dans une comédie menée à cent à l’heure et dont le charme perdure encore.

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Test Blu-ray / Tralala, réalisé par Arnaud et Jean-Marie Larrieu

TRALALA réalisé par Arnaud et Jean-Marie Larrieu, disponible en DVD et Blu-ray le 1er février 2022 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Mathieu Amalric, Josiane Balasko, Mélanie Thierry, Maïwenn Le Besco, Bertrand Belin, Denis Lavant, Galatea Bellugi, Jalil Lespert…

Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu

Photographie : Jonathan Ricquebourg

Musique : Philippe Katerine, Bertrand Belin, Dominique A, Jeanne Cherhal, Etienne Daho & Sein

Durée : 2h01

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un chanteur-compositeur en voie de clochardisation voit apparaître une « fille en bleu » sur le parvis de la gare Montparnasse. Frappé par ce qu’il prend pour une apparition mariale, il décide de partir à sa recherche et se rend à Lourdes en quête de la Sainte Vierge. Il y fait la rencontre d’une sexagénaire qui le prend pour son fils, disparu vingt ans auparavant aux États-Unis.

Tiens, revoilà les frères Larrieu ! Cela faisait six ans que nous n’avions plus de nouvelles d’Arnaud et Jean-Marie, depuis le succès honnête de 21 nuits avec Pattie en novembre 2015, sans nul doute l’une de leurs plus grandes réussites. Bien loin des ronflants, interminables et prétentieux Peindre ou faire l’amour (2005) et Les Derniers Jours du monde (2009), les deux frangins avaient déjà retrouvé une véritable énergie avec L’Amour est un crime parfait en 2014, et se souvenaient surtout d’un élément-clé au cinéma, les spectateurs. Pas étonnant que ce dernier ait été leur deuxième plus gros hit au box-office, comme l’a d’ailleurs été 21 nuits avec Pattie, porté par la tornade Karin Viard. C’est malheureusement une autre paire de manche avec Tralala, leur dernier opus en date, pour lequel ils retombent dans leurs travers qui plaisent tant à Télérama, aux Cahiers du Cinéma et aux Inrockuptibles. Du cinéma pour bobos, nombriliste, clinquant comme les néons d’un concept store dans le Marais, incarné par Mathieu Amalric (qui remplace Philippe Katerine, pour qui le rôle avait été écrit et qui a composé les chansons du personnage principal), pour la cinquième fois devant la caméra des Larrieu après le moyen-métrage La Brèche de Roland (2000), Un homme, un vrai (2003), Les Derniers Jours du monde et L’Amour est un crime parfait. Celui-ci écarquille les yeux à outrance derrière son masque anti-Covid (le tournage a eu lieu l’été 2020) et arbore une barbe pouilleuse, en pensant que cela fera rire Jean-Marc Lalanne qui a déjà fait sa critique dithyrambique du film, avant même de l’avoir vu. Mais non, rien n’y fait, Tralala est juste d’une neurasthénie confondante, une succession de séquences où le vide est rempli par des chansons qui feraient taire Eddy de Pretto (c’est pas bête si on y pense) de jalousie en voyant ces acteurs s’égosiller encore plus mal que lui. Bon, vous l’aurez compris, on a détesté. En voulant rendre hommage à Jacques Demy, les Larrieu ne livrent au final qu’une demi-éjac.

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Test Blu-ray / Le Bouffon du roi, réalisé par Melvin Frank & Norman Panama

LE BOUFFON DU ROI (The Court Jester) réalisé par Melvin Frank & Norman Panama, disponible en Blu-ray le 3 février 2021 chez Paramount Pictures.

Acteurs : Danny Kaye, Glynis Johns, Basil Rathbone, Angela Lansbury, Cecil Parker, Mildred Natwick, Robert Middleton, Michael Pate…

Scénario : Melvin Frank & Norman Panama

Photographie : Ray June

Musique : Walter Scharf & Vic Schoen

Durée : 1h41

Année de sortie : 1955

LE FILM

Au Moyen Age, Roderick, ignoble félon, a usurpé le trône d’Angleterre et règne en tyran sur le pays. Le véritable héritier, qui n’est encore qu’un bébé, porte sur les fesses la marque tatouée de son lignage. Une bande de rebelles veille sur le prince et attend son heure pour passer le pouvoir au légitime héritier de la couronne. Le vaillant «Renard noir», chef des nobles brigands, garantit de sa vie l’avenir de l’enfant. Un de ses fidèles parvient à se faire passer pour un bouffon italien à la cour de Roderick et se charge de glaner tous les renseignements utiles aux rebelles. Un complot se prépare pour démasquer le tyran et mettre fin à son règne…

En France, de nombreux cinéphiles semblent avoir Danny Kaye (1911-1987), comédien, danseur et chanteur américain, qui aura fait les beaux jours de l’âge d’or hollywoodien, à travers de grands spectacles, dont les plus célèbres demeurent La Vie secrète de Walter MittyThe Secret Life of Walter Mitty (1947) de Norman Z. McLeod, d’après la nouvelle de James Thurber, qui avait connu un très bon remake réalisé en 2013 par Ben Stiller, ainsi que le hit de sa filmographie, Noël blanc White Christmas (1954) de Michael Curtiz, où il fait face à Bing Crosby. Rétrospectivement, Danny Kaye a finalement peu tourné, un peu plus d’une quinzaine de films en 25 ans, mais la popularité, le talent et le charisme de cet homme-orchestre étaient gigantesques, dépassaient les frontières et avaient même donné envie à notre Pierre Richard national de devenir acteur. Si l’on peut citer en vrac Un fou s’en va-t-en guerre Up in Arms (1944) d’Elliott Nugent, Le Laitier de BrooklynThe Kid from Brooklyn (1946), Si bémol et Fa dièse A Song Is Born (1948) de Howard Hawks, Vive monsieur le maire The Inspector General (1949) d’Henry Koster, les deux collaborations de Danny Kaye avec le tandem Melvin Frank et Norman Panama se distinguent. Deux ans après Un grain de folieKnock on Wood (1954), le comédien et les réalisateurs (également scénaristes et producteurs) se retrouvent pour Le Bouffon du roi The Court Jester, parodie de film de cape et d’épée, non seulement très drôle encore aujourd’hui, mais fabuleusement mise en scène, photographiée et interprétée par des acteurs survoltés. Dans cette histoire de royaume volé, Danny Kaye trône en maître sur une formidable distribution composée de Glynis Johns, Basil Rathbone, Angela Lansbury et John Carradine. L’acteur principal se livre à un one-man show dantesque, sans jamais tirer la couverture à ses partenaires (aucun n’est laissé de côté), dans lequel il se déguise, chante, combat en armure, se fait hypnotiser, compte fleurette en se prenant pour Errol Flynn (beaucoup de références aux Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz et William Keighley), bondit de toit en toit, jongle avec les mots, tout cela en gardant le sourire et en faisant quelques sourires complices aux spectateurs. Près de soixante-dix ans après sa sortie, Le Bouffon du roi, film devenu rare, reste un modèle de comédie pastiche.

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Test Blu-ray / Farinelli : Il Castrato, réalisé par Gérard Corbiau

FARINELLI : IL CASTRATO réalisé par Gérard Corbiau, disponible en DVD et Blu-ray le 5 mars 2020 chez BQHL Editions.

Acteurs : Stefano Dionisi, Enrico Lo Verso, Elsa Zylberstein, Caroline Cellier, Marianne Basler, Jacques Boudet, Jeroen Krabbe…

Scénario : Andrée Corbiau, Gérard Corbiau, Marcel Beaulieu

Photographie : Walther van den Ende

Musique : Riccardo Broschi

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1994

LE FILM

Naples, début du XVIIIe siècle. Pour que son jeune frère Carlo conserve sa voix cristalline au-delà de l’enfance, Riccardo Broschi parvient, sous prétexte d’un accident, à le priver de sa virilité. Désormais castrat, Carlo Broschi devient Farinelli, un chanteur lyrique dont la célébrité s’étend jusqu’en Angleterre. Si, en donnant de la voix dans un petit théâtre, il le sauve de la faillite, il s’attire aussi la convoitise du grand compositeur Haendel qui, en lui révélant la vérité sur la nature de son don, l’éloigne de son frère…

C’est un film culte. Farinelli : Il Castrato est le long métrage le plus célèbre du réalisateur belge Gérard Corbiau (né en 1941), également metteur en scène du Maître de musique (1988), de L’Année de l’éveil (1991) et du Roi danse (2000). Si les années n’ont pas été très douces avec le film, surtout en raison d’un doublage français calamiteux et d’un playback souvent approximatif, Farinelli : Il Castrato demeure une œuvre très soignée sur la forme avec notamment des costumes flamboyants et des décors sublimes. Récompensé par le Golden Globe 1995 du meilleur film en langue étrangère et nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, Farinelli : Il Castrato vaut essentiellement le coup d’oeil aujourd’hui pour l’originalité de son récit, troublant, et l’interprétation sensuelle et sensible d’Elsa Zylberstein.

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Test DVD / New Generation, réalisé par Jean-Pierre Lowf-Legoff

NEW GENERATION réalisé par Jean-Pierre Lowf-Legoff, disponible en DVD le 7 janvier 2020 chez Ciné2genre.

Acteurs : Lambert Wilson, Helga Serres, Jeff Manzetti, Caroline Berg, Eric Rawson, Serge Malik, Nathalie Boutigny…

Scénario : Jean-Pierre Lowf-Legoff

Photographie : Serge Halsdorf

Durée : 1h31

Année de sortie : 1979

LE FILM

Ils sont une bande de jeunes désinvoltes, insouciants et beaucoup trop sûrs d’eux. Ils sont fous de plage, de soleil, de motos et de musique. Mais pour Lollie, jeune chanteuse talentueuse, la gloire locale n’a plus que le goût des conquêtes faciles. Elle sera la première à tenter l’aventure Parisienne pour le pire, longtemps avant le meilleur.

« Pour la première fois en France ! Un film écrit et réalisé pour VOUS ! Joué par VOUS ! Regardez les bien, ils ont votre âge ! Ils VOUS ressemblent ! C’est VOUS ! C’est la NEW GENERATION » scandait, ou plutôt gueulait une voix pleine d’entrain dans la bande-annonce de New Generation ! Mis en scène par un certain Jean-Pierre Lowf-Legoff, producteur musical et producteur délégué sur un obscur Freddy (Jeannot la frime) avec Jean Lefebvre, ce film musical qui surfait alors sur le succès de La Fièvre du samedi soirSaturday Night Fever (1977) de John Badham, le tout mâtiné de l’histoire originale d’Une étoile est néeA star is born, dont la version avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson était sortie depuis peu, avait pour ainsi dire disparu. Quarante ans plus tard, cet OFNI connaît une ressortie en DVD. Nous ne l’attendions pas du tout et pour tout dire nous ne nous attendions pas à cela non plus. New Generation est certes un « témoignage » sur une époque révolue, passée, datée, enterrée, mais c’est aussi et surtout un sacré gros nanar.

Quand on arrive en ville, ça fait rire les passants…On comprend pourquoi.
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Test DVD / Her Smell, réalisé par Alex Ross Perry

HER SMELL réalisé par Alex Ross Perry, disponible en DVD le 19 novembre 2019 chez Potemkine Films

Acteurs : Elisabeth Moss, Angel Christian Roman, Cara Delevingne, Dan Stevens, Agyness Deyn, Gayle Rankin, Ashley Benson, Dylan Gelula…

Scénario : Alex Ross Perry

Photographie : Sean Price Williams

Musique : Keegan DeWitt

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Becky Something est une superstar du rock des années 90 qui a rempli des stades avec son girls band : « Something She ». Quand ses excès font dérailler la tournée nationale du groupe, Becky est obligée de compter avec son passé tout en recherchant l’inspiration qui les a conduites au succès.

Après un premier coup d’essai (Impolex) en 2009, le cinéaste Alex Ross Perry (né en 1984) est remarqué avec son second film The Color Wheel, une oeuvre étrange et singulière formellement intéressante, marquée par un grain cinéma fourmillant et un N&B tranché capturé en 16mm. Représentant du mouvement cinématographique appelé Mumblecore aux côtés d’Andrew Bujalski (Funny Ha Ha, Mutual Appreciation, Beeswax), les frères Safdie (The Pleasure of being robbed, Lenny and the kids), Lynn Shelton (Humpday), les frères Duplass (Baghead) et Joe Swanberg (Hannah takes the stairs), tous largement recommandables, Alex Ross Perry aura ensuite entamé une collaboration avec la comédienne Elisabeth Moss. Listen Up Philip (2014) et Queen of Earth (2015) marqueront leurs deux premières associations, puis le cinéaste lui fera une petite infidélité avec Golden Exits (2017), film inédit en France. Projet mûri pendant plusieurs années, Her Smell a été écrit pour Elisabeth Moss. Véritablement investie corps et âme dans ce film, la comédienne, révélée par les séries A la Maison-Blanche et l’extraordinaire Mad Men, est exceptionnelle dans ce faux film musical, mais vrai drame psychologique, très immersif, dans lequel Alex Ross Perry expérimente une fois de plus la forme de son cinéma.

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Test Blu-ray / La Valse de l’empereur, réalisé par Billy Wilder

LA VALSE DE L’EMPEREUR (The Emperor Waltz) réalisé par Billy Wilder, disponible en DVD et Blu-ray le 19 novembre 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Bing Crosby, Joan Fontaine, Roland Culver, Lucile Watson, Richard Haydn, Harold Vermilyea, Sig Ruman, Julia Dean, Bert Prival…

Scénario : Charles Brackett, Billy Wilder

Photographie : George Barnes

Musique : Victor Young

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Virgil Smith, voyageur de commerce, parcourt les routes d’Autriche en compagnie de son chien Buttons. Il espère y vendre des phonographes, et aimerait compter l’Empereur François-Joseph parmi ses clients. Le hasard met sur son chemin la comtesse Johanna von Stulzenberg, dont le caniche mord Buttons. Smith exige des excuses, qui lui sont refusées…

La Valse de l’empereurThe Emperor Waltz est comme qui dirait le vilain petit canard dans la filmographie de Billy Wilder. Renié par le réalisateur et son coscénariste Charles Brackett, le film apparaît après Death Mills, documentaire sur la découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en 1945, où la famille de Billy Wilder a été exterminée, et Le Poison, drame psychologique prenant et difficile, réaliste et viscéral sur l’alcoolisme, sorti la même année. Comme s’il avait cherché malgré lui à s’échapper dans un univers diamétralement opposé, on le retrouve aux manettes d’une comédie-musicale qui prend la forme d’une opérette viennoise. Enorme meringue aux couleurs étincelantes (le premier film en couleur du réalisateur), La Valse de l’empereur a beau être parfois marqué par quelques touches ironiques et cyniques emblématiques de son auteur, il n’en demeure pas moins franchement anecdotique dans la carrière du maître. Mais le spectacle est bel et bien assuré.

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Test Blu-ray / A Star is born – Encore, réalisé par Bradley Cooper

A STAR IS BORN – ENCORE EDITION – VERSION LONGUE ET VERSION CINÉMA réalisé par Bradley Cooper, disponible en Blu-ray le 5 juin 2019 chez Warner Bros.

Acteurs : Lady Gaga, Bradley Cooper, Sam Elliott, Andrew Dice Clay, Rafi Gavron, Anthony Ramos, Dave Chappelle, Ron Rifkin…

Scénario : Eric Roth, Will Fetters, Bradley Cooper d’après l’histoire originale de William A. Wellman et Robert Carson

Photographie : Matthew Libatique

Musique : Julia Michels, Julianne Jordan, Lady Gaga

Durée : Version Cinéma – 2h15 & Version Longue – 2h28

Année de sortie : 2019

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Test 4K Ultra-HD / Bohemian Rhapsody, réalisé par Bryan Singer

BOHEMIAN RHAPSODY réalisé par Bryan Singer, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 6 mars 2019 chez 20th Century Fox

Acteurs : Rami Malek, Lucy Boynton, Gwilym Lee, Ben Hardy, Joseph Mazzello, Aidan Gillen, Tom Hollander, Allen Leech, Aaron McCusker, Mike Myers…

Scénario : Anthony McCarten

Photographie : Newton Thomas Sigel

Musique : Michael Giacchino

Durée : 2h15

Année de sortie : 2018

LE FILM

Le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury, qui a défié les stéréotypes, brisé les conventions et révolutionné la musique. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid, alors qu’il était frappé par la maladie. La vie exceptionnelle d’un homme qui continue d’inspirer les outsiders, les rêveurs et tous ceux qui aiment la musique.

Mouarf…comme le disait François Truffaut, Bohemian Rhapsody est un film malade. Issu d’une longue et pénible gestation, passé entre les mains de plusieurs réalisateurs, qui se sont finalement refilé le bébé après avoir soupçonné dans quel piège on allait les mettre, ce biopic sur Freddie Mercury (1946-1991) est comme qui dirait une illustration « wikipedienne » de l’artiste qu’il voudrait mettre en lumière. C’est finalement Bryan Singer, qui n’a pas signé une seul bon film depuis Walkyrie, qui a hérité de ce projet maudit. Après les désistements successifs de Sacha Baron Cohen et Ben Wisham, et après avoir envisagé Dominic Cooper et Daniel Radcliffe, Rami Malek, découvert dans le rôle d’Ahkmenrah dans la trilogie de La Nuit au musée, puis devenu célèbre en 2015 grâce à la série Mr. Robot, est engagé pour incarner Freddie Mercury, après avoir été adoubé par Brian May et Roger Taylor en personne. On connaît la suite. Bryan Singer est ensuite pris dans quelques scandales sexuels (la production préférera dire « évincé pour des raisons de santé ») et remplacé au pied levé par Dexter Fletcher, qui avait été un temps pressenti pour réaliser Bohemian Rhapsody, lui-même metteur en scène du prochain biopic consacré à Elton John, Rocketman. Qui a fait quoi ? Ce serait difficile à dire, même si l’éviction de Singer ne s’est faite qu’à deux ou trois semaines de la fin du tournage. Toujours est-il que ce portrait de Freddie Mercury déçoit par son manque d’audace et d’intérêt, sa réalisation mollassonne et par son rythme en dents de scie qui peine à emporter le spectateur jusqu’au bout de ses 135 minutes. Rendez-nous Control, Walk the Line, Bird, Shine, Velvet Goldmine, ou le récent et magnifique Love & Mercy : La Véritable Histoire de Brian Wilson des Beach Boys !

En 1970, Farrokh Bulsara, un immigré parsi, est étudiant en art et travaille comme bagagiste à l’aéroport de Londres-Heathrow. Un soir, dans une petite boîte de nuit, il découvre sur scène le groupe de rock Smile, alors composé du guitariste Brian May, du batteur Roger Taylor et du chanteur-bassiste Tim Staffell. Ce dernier annonce aux deux autres qu’il a décidé de quitter la formation pour rejoindre un autre groupe qui lui semble plus prometteur. Après le concert, Farrokh se présente à Brian May et Roger Taylor, qui sont alors dépités. Ils ne prennent pas au sérieux ce jeune homme au look étrange et Roger Taylor, alors étudiant en médecine dentaire, se moque même de sa denture si particulière, mais Farrokh leur fait une démonstration de ses capacités en chant qui les fait changer d’avis. Après des débuts hésitants, ils sont rejoints par le bassiste John Deacon. Le groupe se renomme Queen, alors que Farrokh choisit comme nouveau nom Freddie Mercury, malgré les réticences de son père. Le groupe commence à se faire remarquer, notamment par les performances scéniques de Freddie, qui demande par ailleurs en mariage Mary Austin, une vendeuse de vêtements qu’il fréquente depuis plusieurs mois et qui l’aide à créer ses costumes de scène. Le groupe va imposer son style et Freddie a une idée pour un album qui succédera au succès de Killer Queen. Après plusieurs semaines d’enregistrement dans un studio en pleine campagne, Queen présente Bohemian Rhapsody, qui ne convainc pas le producteur Ray Foster d’EMI, trouvant les paroles confuses et le morceau trop long pour être diffusé à la radio. Queen quitte le label et fait passer le single dans des petites radios, créant un engouement populaire. Pendant ce temps, le couple Mary-Freddie bat de l’aile : Freddie veut sa liberté et se sent davantage attiré par les hommes. Au fil des années, le groupe enchaîne les tournées et les albums, Freddie organise des soirées exubérantes dans sa nouvelle maison, à côté de celle où il a installé Mary. S’installe alors une certaine routine entre enregistrements d’albums et longues tournées internationales. Voyant que les autres membres du groupe ont désormais une vie de famille, Freddie a des envies d’ailleurs. Il se brouille avec les trois autres membres du groupe.

On connaît la suite. Freddie Mercury part enregistrer son premier album solo et la réconciliation du chanteur avec le reste du groupe se fera autour du concert Live Aid le 13 juillet 1985 au stade de Wembley. Bref, Bohemian Rhapsody suit le cahier des charges bien élimé du « parfait petit biopic », sans aucune surprise, en suivant un chemin bien trop balisé. Succès, pétage de câble, fêtes décadentes, sexe (mais point trop, surtout que l’homosexualité est presque montrée comme une malédiction), drogue, alcool, reprise en main, rédemption, de nouveau au top. Bohemian Rhapsody passe en revue quinze années du groupe Queen et des aventures de Freddie Mercury, en transformant la véritable histoire quand il le faut.

En résulte une œuvre souvent interminable, où les séquences s’enchaînent comme des perles sur un collier, sans jamais rendre les personnages attachants. Bohemian Rhapsody est devenu un film bâtard, que s’est approprié le producteur Graham King (Ali, Gangs of New York, Traffic, The Town, World War Z). Malgré tout et en dépit des critiques en grande partie négatives, Bohemian Rhapsody est devenu le biopic le plus lucratif de l’histoire du cinéma en dépassant la barre des 900 millions de dollars de recette pour une mise de départ de 52 millions, dont près de 4,5 millions de spectateurs en France. Le mimétisme, il est vrai souvent dingue du comédien Rami Malek a visiblement fait son effet auprès du public, qui ne s’est d’ailleurs jamais lassé d’écouter Queen. Ce serait mentir de dire que les comédiens ne sont pas bons et excellemment castés. Mention spéciale à Gwilym Lee, parfait dans la peau de Brian May et on apprécie de revoir Joseph Mazzello, ici John Deacon, le bassiste du groupe, qui interprétait le petit Tim dans Jurassic Park de Steven Spielberg ! Alors oui on en prend plein les yeux avec une multitude de costumes extravagants, de lumières éclatantes (belle photo de Newton Thomas Sigel, collaborateur complice de Bryan Singer), de décors en tous genres, tout comme le film fait office de juke-box en enchaînant les tubes du groupe. Mais tout est ici bien trop mécanique et artificiel (comme la prothèse dentaire du comédien), comme la séquence finale qui reproduit quasiment en temps réel la performance de Queen au Live Aid.

Bohemian Rhapsody rejoint Ray de Taylor Hackford au rayon des biopics sans âme. Ce qui n’a pas empêché le film de repartir avec quatre statuettes aux Oscar en 2019, dont celle du meilleur acteur pour Rami Malek (également lauréat du Golden Globe, du Screen Actors Guild Awards et du BAFTA) et du meilleur montage pour John Ottman.

LE BLU-RAY

Qu’il soit réussi ou non, Bohemian Rhapsody bénéficie d’une superbe édition 4K Ultra-HD chez Fox. Cette édition se compose du Blu-ray et du disque full HD, sérigraphiés à l’occasion comme un disque vinyle, mauve pour le Blu-ray, noir pour le 4K. Les menus principaux, animés et musicaux des deux galettes sont les mêmes.

Le seul supplément en commun des deux disques est le concert Live Aid reconstitué pour le film, disponible dans son intégralité (22’), autrement dit agrémenté des deux chansons manquantes, A Little Thing Called Love et We Will Rock You.

Le reste des suppléments donne la parole au producteur Graham King, à Brian May et Roger Taylor, aux comédiens du film, aux différents techniciens (chef opérateur, maquilleuse, décorateur, costumier)…mais…mais…il est où le réalisateur ? Aucune trace de Bryan Singer, ni de son remplaçant. Personne ne fait allusion au metteur en scène et aucune image ne montre un réalisateur à la barre de Bohemian Rhapsody. En réalité, Graham King s’octroie tous les « mérites » en expliquant que ce projet lui tenait à coeur depuis le début des années 2000 et qu’il s’est battu pour le concrétiser. Il n’est jamais fait mention non plus des différents choix d’acteurs pour interpréter Freddie Mercury. Nous nous retrouvons donc avec trois modules d’une durée de 20 minutes en moyenne chacun. Le premier est consacré à la transformation (jusqu’au choix de la prothèse dentaire) et au travail de Rami Malek, le second au groupe proprement dit et le dernier segment se concentre sur la reconstitution du Live Aid, avec un gros plan sur les effets spéciaux, qui sont d’ailleurs très (voire trop) voyants dans le film. Des propos à foison, tous évidemment criant au génie sur un tel, des images de tournage souvent rapides qui dissimulent constamment qui se trouve derrière la caméra, tout cela est compilé proprement, mais cela n’empêche pas de trouver cela suspect.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

L’image chiadée bénéficie d’un codec de haut niveau, renforçant les contrastes, ainsi que les détails aux quatre coins du cadre large. Voici typiquement le genre de film qui tire entièrement parti de cette élévation en Full Haute Définition grâce au HDR10+, nouveauté chez Fox. Les visages des comédiens peuvent être analysés sous toutes les coutures, tout comme les costumes avec les matières palpables, les coiffures, jusqu’à la moustache de Rami Malek. Les couleurs sont flamboyantes, les contrastes dingues, la photo seventies du chef opérateur Newton Thomas Sigel est resplendissante, le piqué aiguisé comme la lame d’un scalpel. Le nec plus ultra de la 4K UHD, c’est sublime. Mention spéciale à la luminosité du Live Aid, éblouissante, même si les effets spéciaux ressortent malheureusement encore plus qu’en Blu-ray.

Alors là, chapeau ! Montez le volume, car c’est du très grand spectacle ! Le mixage Dolby Atmos (compatible Dolby True HD 7.1) se révèle particulièrement explosif et immersif. Les frontales et les latérales rivalisent de dynamisme, les chants sont exsudés avec force, la spatialisation est démentielle et le caisson de basses participe joyeusement à toutes les séquences musicales. Chaque note de guitares et de piano, chaque percussion résonne et crèvent les tympans, notamment lors du Live Aid avec son quart d’heure ininterrompu de tubes et les acclamations des 100.000 spectateurs. On en redemande et restez jusqu’au générique pour le démentiel The Show Must Go On que nous n’avions jamais entendu ainsi ! En revanche, la version française doit se contenter d’une DTS 5.1…forcément moins percutante.


Crédits images : © 20th Century Fox / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr