Test Blu-ray / Konga, réalisé par John Lemont

KONGA, réalisé par John Lemont, disponible en combo Blu-ray/DVD le 24 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Michael Gough, Margo Johns, Jess Conrad, Claire Gordon, Austin Trevor, Jack Watson, George Pastell, Vanda Godsell…

Scénario : Aben Kandel & Herman Cohen

Photographie : Desmond Dickinson

Musique : Gerard Schurmann

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Le Docteur Charles Decker revient à Londres après avoir disparu pendant un an dans la jungle. Il ramène avec lui un petit chimpanzé nommé Konga et un mystérieux sérum. Decker décide d’utiliser Konga pour éliminer ses adversaires.

Fort du succès du précédent film britannique de Herman Cohen, Crimes au musée des horreurs Horrors of the Black Museum (1959) — qui mettait également en vedette Michael Gough —, le producteur Nat Cohen, de la société Anglo-Amalgamated, demande à ce dernier de produire un nouveau film d’exploitation. Admirateur de longue date de King Kong (1933) réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, Herman Cohen envisage alors un film mettant en scène un singe géant et tourné en couleurs. En raison du succès rencontré par Cohen avec I Was a Teenage Werewolf (1957), AIP adopte le titre de travail I Was a Teenage Gorilla. Ils sont allés la chercher loin celle-ci. Herman Cohen verse 25 000 dollars à RKO Pictures, rien que pour acquérir les droits d’exploitation du nom « Kong ». Mais il n’était pas au bout de ses peines. Konga allait nécessiter, en raison de ses nombreux effets spéciaux, pas moins de 18 mois de production. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers longs métrages de monstres géants tournés en couleurs (procédé Eastmancolor) et les scènes les plus marquantes demeurent celles où le gorille géant déambule dans les rues de Londres, le tournage ayant eu lieu avec l’accord de la police, en plein milieu de la nuit, afin de profiter des rues désertes. Mais c’était sans compter sur les riverains, réveillés et donc mécontents des bruits de fusillades. Konga est perçu par beaucoup comme un nanar. Ce qui est faux, car le film vaut pour l’excellente interprétation du légendaire Michael Gough. Si ce nom ne vous dit rien, vous connaissez sûrement ce comédien malgré tout, qui interprétait le majordome de Bruce Wayne dans les deux Batman de Tim Burton et dans les deux autres de Joel Schumacher. Longtemps comparé à Vincent Price, il livre une solide prestation dans Konga et impressionne en savant fou suintant de prétention, qui se prend pour Dieu, persuadé d’avoir trouvé le chaînon manquant entre la vie végétale et le monde animal. Évidemment, le docteur Decker sera dépassé par les événements et sa créature lui échappera des mains…avant de terminer littéralement dans la sienne. Série B, parfois à la frontière du Z, mais suffisamment intelligente pour ne pas y sombrer, ce que beaucoup de productions du même acabit n’auraient pas réussi à faire, Konga reste un spectacle sympathique, qui en dépit d’un certain ventre mou à mi-parcours, se révèle être un divertissement au charme indéniable.

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Test Blu-ray / Les Titans, réalisé par Duccio Tessari

LES TITANS (Arrivano i titani) réalisé par Duccio Tessari, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 16 juin 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Antonella Lualdi, Pedro Armendáriz, Jacqueline Sassard, Giuliano Gemma, Serge Nubret, Gérard Séty, Tanya Lopert, Ingrid Schoeller…

Scénario : Ennio De Concini & Duccio Tessari

Photographie : Alfio Contini

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h51

Année de sortie : 1962

LE FILM

Dans la Grèce antique, Cadmus, roi de Crête, se fait proclamer dieu et bannit toute autre forme de religion. Il provoque la colère de Zeus, qui décide de le punir en armant Kryos, le chef des titans : Zeus lui promet que ses frères, enfermés aux Enfers, seront libérés s’il mène à bien sa tâche.

Le scénariste Duccio (de son vrai prénom Amadeo) Tessari (1926-1994) a toujours eu cette volonté d’apporter un vent de fraîcheur, une originalité, un autre ton aux genres qu’il abordait. Après avoir oeuvré pour quelques illustres réalisateurs, Sergio Leone, Vittorio Cottafavi, Sergio Corbucci, Riccardo Freda et Mario Bava, il passe lui-même derrière la caméra en 1962 pour Les Titans Arrivano i titani, péplum riche en action, en aventure et même en humour. L’auteur des Derniers Jours de Pompéi, de Messaline, de Carthage en flamme, mais aussi de La Vengeance d’Hercule, de La Reine des Amazone, de La Révolte des esclaves, sans oublier Maciste contro il vampiro, Romulus et Rémus, Le Colosse de Rhodes et Hercule contre les vampires, connaît cet univers sur le bout des doigts et peut donc laisser libre cours à sa fantaisie, tout en respectant le grand spectacle sur l’Antiquité. Merveilleux divertissement, mené à cent à l’heure, magnifiquement photographié par Alfio Contini (Il Giovedi, Le Terroriste, Le Fanfaron), proposant mille idées excellemment exploitées et porté par un sensationnel Giuliano Gemma (pléonasme), Les Titans demeure un immense divertissement, qui reste chéri par les cinéphiles/ages et qui a su se transmettre de génération en génération, y compris en France où le film parvient à attirer à sa sortie près d’1,9 millions de spectateurs, damnant ainsi le pion à Barrabas de Richard Fleischer et Sodome et Gomorrhe de Robert Aldrich.

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Test 4K UHD / Mister Frost, réalisé par Philippe Setbon

MISTER FROST réalisé par Philippe Setbon, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition limitée chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Jeff Goldblum, Alan Bates, Kathy Baker, Jean-Pierre Cassel, Daniel Gélin, François Négret, Maxime Leroux, Vincent Schiavelli, Roland Giraud, Catherine Allégret, Mike Marshall, Henri Serre…

Scénario : Philippe Setbon & Brad Lynch

Photographie : Dominique Brenguier

Musique : Steve Levine

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Mais qui est Mr Frost ? Arrêté par Felix Detweiler dans son manoir de Brighton, dans le jardin duquel il a enterré 24 victimes dont il a filmé les séances de torture, Mr Frost n’a aucune existence légale et reste une énigme pour les autorités. Trois mois après son arrestation, il se mure dans le silence. Après deux ans à passer d’un établissement à l’autre dans toute l’Europe, il quitte son mutisme, à son arrivée à l’hôpital St Clare, pour annoncer qu’il ne parlera qu’au Dr Sarah Day. Au cours de leurs séances, irrité du fait que la science ait remplacé la foi, il lui révèle être Satan en personne et l’intime à croire en lui.

Jeff Goldblum qui donne la réplique à Roland Giraud dans une coproduction franco-britannique…Non ce n’est pas un Kamoulox, mais bel et bien Mister Frost, le second long-métrage réalisé par Philippe Setbon (né en 1947), trois ans après Cross. Le scénariste des Fauves de Jean-Louis Daniel, de Parole de flic de José Pinheiro de Détective de Jean-Luc Godard, de Lune de Miel de Matrick Jamain et de Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni a démontré qu’il en avait suffisamment sous le capot pour s’adonner à la mise en scène. Cross n’avait peut-être pas rencontré le succès espéré (à peine 200.000 entrées), mais Philippe Setbon avait prouvé qu’il connaissait et comprenait la série B, ainsi que le genre. Avec Mister Frost, il passe la vitesse supérieure et parvient même à engager Jeff Goldblum, qui depuis le triomphe de La Mouche The Fly de David Cronenberg n’avait pas vraiment su rebondir. Ainsi, bien avant Jurassic Park et Independence Day, le comédien américain déployait son mètre 94 et imposait son incroyable tronche dans l’Hexagone, où il campe le diable, ou tout du moins un type qui déclare l’être. Si l’ensemble n’est pas totalement convaincant, on ne peut que saluer cet essai de concilier à la fois le thriller et le fantastique, d’autant plus que la réalisation est élégante du début à la fin et la photographie de Dominique Brenguier (Ave Maria de Jacques Richard, Bleu comme l’enfer d’Yves Boisset) un ravissement de tous les instants. Très rarement diffusé à la télévision, comme sur M6 en deuxième voire en troisième partie de soirée, Mister Frost mérite assurément d’être redécouvert, d’autant plus que beaucoup de cinéphiles considèrent qu’il s’agit d’un des plus grands rôles de Jeff Goldblum, si ce n’est son meilleur.

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Test 4K UHD / The Monster Squad, réalisé par Fred Dekker

THE MONSTER SQUAD réalisé par Fred Dekker, disponible en Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 17 décembre 2025 chez Extralucid Films.

Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Mary Ellen Trainor, Carl Thibault, Tom Woodruff Jr., Michael Reid MacKay, Jack Gwillim…

Scénario : Fred Dekker & Shane Black

Photographie : Bradford May

Musique : Bruce Broughton

Durée : 1h22

Année de sortie : 1987

LE FILM

Échouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaine d’années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s’entoure d’une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…

Mais…mais…d’où sort ce film ? Comment un tel divertissement a-t-il pu passer sous les radars en 1987 ?? Pourquoi n’avions-nous jamais entendu parler de The Monster Squad quand nous étions gamins dans les années 1980-90 ??? Deuxième long-métrage du réalisateur Fred Dekker (né en 1959), The Monster Squad est un merveilleux divertissement à réhabiliter, mais surtout à faire connaître, à prêter, à offrir, à diffuser dans le plus large réseau possible. Alors qu’il tournait son premier film, Extra Sangsues Night of the Creeps, le metteur en scène préparait déjà son second opus coécrit avec son pote de fac Shane Black, qui la même année signait aussi les scénarios de L’Arme fatale Lethal Weapon de Richard Donner et de Predator de John McTiernan. Ainsi, après sa formidable comédie fantastique et teenage movie d’horreur qui réunissait tout son amour pour le cinéma de genre, autrement dit en jouant avec des aliens, des zombies humains et animaux, un serial killer, ainsi que des adolescents victimes de leurs hormones et de leur sébum, Fred Dekker rend hommage aux Universal Monsters ou à l’Universal Horror, films d’épouvante sortis entre le début des années 1920 et celui des sixties. En fait, The Monster Squad, produit par Peter Hyams et Rob Cohen, est un Avengers ou une Ligue des gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisqu’on y retrouve réunis Dracula, la créature de Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou et l’Étrange Créature du lac noir. Certes, manquent à l’appel L’Homme invisible et le Fantôme de l’Opéra, mais nous ne ferons pas la fine bouche, car le résultat est fantastique, un magistral spectacle pour toute la famille. En prenant plusieurs gamins comme personnages principaux, Fred Dekker surfe évidemment sur la vague Amblin représentée à l’époque par E.T., l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies et Le Secret de la pyramide, avec une touche d’Explorers de Joe Dante (qui lorgnait déjà sur Amblin), mais sans plagier, sans singer, avec un style qui lui est propre et surtout en offrant à sa remarquable distribution de quasi-inconnus (et qui le resteront) de jubilatoires moments de comédie face à des personnages mythiques qui eux sont exploités au premier degré, avec par exemple Dracula traitant une petite fille de cinq ans de « Bitch ! ». D’où un décalage opéré avec virtuosité du début à la fin. Un immense plaisir.

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Test Blu-ray / Exit 8, réalisé par Genki Kawamura

EXIT 8 réalisé par Genki Kawamura, disponible en DVD & Blu-ray le 4 février 2026 chez ARP Sélection.

Avec : Kazunari Ninomiya, Yamato Kōchi, Naru Asanuma, Kotone Hanase, Nana Komatsu…

Scénario : Kotake Create, Genki Kawamura & Hirase Kentaro, d’après le jeu vidéo Exit 8

Photographie : Keisuke Imamura

Musique : Shōhei Amimori & Yasutaka Nakata

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il faut traquer les anomalies. S’il en voit une, il fait demi-tour. S’il n’en voit aucune, il continue. S’il se trompe, il est renvoyé à son point de départ. Parviendra-t-il à sortir de ce couloir sans fin ?

Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2025, Exit 8 est l’adaptation d’un jeu vidéo éponyme sorti en 2023 et qui reprend le même principe d’une personne piégée dans une station de métro, cherchant désespérément la sortie. Réalisé par Genki Kawamura (né en 1979), également producteur (Le Garçon et la bête, Your Name, Les Enfants du temps) et scénariste reconnu, remarqué avec son premier long-métrage (N’oublie pas les fleurs), Exit 8 s’empare de quelques codes issus du jeu vidéo, à l’instar de plans-séquences filmés en caméra subjective (toute l’introduction), peu d’interaction avec l’environnement, des changements du personnage principal. Ce qui a de quoi décontenancer lorsque le public est peu habitué à ce genre de narration. Toutefois, Exit 8 happe d’emblée le spectateur avec la présentation originale du personnage principal et l’exposition du décor, quasi-unique, dans lequel se déroulera l’intrigue. L’auteur de ces mots allait écrire « l’action », mais il n’y en a pas vraiment dans Exit 8, qui joue plutôt sur l’attente et l’angoisse qui en découle. Solide directeur d’acteurs comme il l’avait démontré dans son précédent film, Genki Kawamura aborde frontalement le genre fantastique teinté d’horreur, même si Exit 8 est aussi et avant tout un film dramatique, dans lequel un homme se retrouve à un carrefour de sa vie, au sens propre comme au figuré. L’allégorie et la métaphore sont reines dans cette seconde œuvre redoutablement anxiogène et immersive. Si quelques digressions s’avèrent peu utiles à la compréhension, et qui finissent d’ailleurs par alourdir le propos, Exit 8 est un sacré tour de force, une réelle expérience de cinéma, qui n’en finit jamais de retourner le ciboulot. Une grande réussite.

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Test Blu-ray / Le Monstre attaque, réalisé par Ciro Ippolito

LE MONSTRE ATTAQUE (Alien 2 – Sulla Terra) réalisé par Ciro Ippolito, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Belinda Mayne, Mark Bodin, Roberto Barrese, Benedetta Fantoli, Michele Soavi, Valeria Perilli, Danilo Micheli, Claudio Falanga…

Scénario : Ciro Ippolito

Photographie : Silvio Fraschetti

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Tandis que toutes les radios et télés de San Diego commentent la mystérieuse disparition de deux astronautes lors de leur retour sur Terre, et que d’étranges pierres bleues font leur apparition sur la côte Est, Thelma Joyce s’apprête à une nouvelle exploration souterraine avec son équipe de six spéléologues. Parmi ceux-ci, Burt ramasse un de ces jolis cailloux qu’il offre à sa collègue Jill. Bientôt, les spéléologues s’enfoncent sous terre, hors de portée du monde, loin d’imaginer que la pierre renferme une entité qui les contaminera l’un après l’autre…

Du réalisateur Ciro Ippolito (né en 1947), on connaissait surtout son boulot comme scénariste et de producteur (l’excellent Les Contrebandiers de Santa Lucia I contrabbandieri di Santa Lucia, d’Alfonso Brescia), mais moins son œuvre comme metteur en scène. C’est effectivement lui que l’on retrouve derrière le pseudonyme de Sam Cromwell, exportation oblige, et donc à la barre du Monstre attaque (même si le tournage a été commencé par Biagio Proietti, parti au bout de deux semaines), sorti de façon opportuniste sous le titre Alien 2 sulla Terra. Le film se présente comme une « séquelle » d’Alien, le huitième passager de Ridley Scott, triomphe de l’année précédente. En bon italien qui se respecte dans le monde du cinéma, Ciro Ippolito a immédiatement voulu s’engouffrer dans la brèche et profiter de l’engouement des spectateurs pour la science-fiction. Autant dire que Le Monstre attaque ne joue pas du tout dans la même catégorie que son modèle, reste un outsider mal élevé (car zieutant honteusement sur la copie de son voisin), mais n’en reste pas moins attachant dans ses innombrables défauts. Toutefois, dire que le film est raté serait également mentir, car cet Alien 2 sulla Terra comporte aussi quelques points forts, notamment ses superbes décors naturels, capturés dans les Pouilles, où ont été trouvées les grottes de Castellana, lieu d’action principal de l’intrigue. Résultat des courses, malgré les tentatives de la Fox et des producteurs (dont Walter Hill) d’empêcher sa distribution en menaçant Ciro Ippolito d’attaques en justice (restées sans suite), Le Monstre attaque a connu son petit succès dans le circuit du cinéma Bis, en devenant même un petit film culte. De là à déclarer comme certains qu’il s’agit d’une matrice – à sa façon – d’un autre désormais classique comme The Descent de Neil Marshall, il y a un pas que nous ne franchirons pas et préférons même reculer pour rire tout bas. En l’état, cette production horrifique remplit son contrat et on ne s’ennuie pas devant cette boucherie qui se déroule à 400 mètres de profondeur. Dans le gouffre, personne ne vous entendra rire.

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Test 4K UHD / Gamera – Les Années Showa – Partie 1

GAMERA / GAMERA CONTRE BARUGON / GAMERA CONTRE GYAOS (Daikaiju Gamera – Daikaiju ketto: Gamera tai Barugon – Daikaiju kuchusen: Gamera tai Gyaosu) réalisés par Noriaki Yuasa & Shigeo Tanaka, disponibles en Blu-ray & 4K Ultra HD – Coffret collector limité le 25 février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Junichiro Yamashita, Yoshiro Uchida, Michiko Sugata, Yoshiro Kitahara, Jun Hamamura, Kenji Oyama, Kojiro Hongo, Kyoko Enami, Yuzo Hayakawa, Takuya Fujioka, Koji Fujiyama, Sho Natsuki, Ichiro Sugai, Kichijiro Ueda, Reiko Kasahara, Naoyuki Abe, Taro Marui, Yukitaro Hotaru, Yoshiro Kitahara, Sho Natsuki…

Scénario : Niisan Takahashi

Photographie : Nobuo Munekawa, Michio Takahashi & Akira Uehara

Musique : Tadashi Yamauchi & Chuji Kinoshita

Durée : 1h21, 1h40 & 1h27

Date de sortie initiale : 1965, 1966 & 1967

LES FILMS

Gamera – Daikaijū Gamera (1965) : Des avions militaires russes chargés de bombes nucléaires s’écrasent au Pôle Nord. L’explosion atomique réveille Gamera, un monstre préhistorique ressemblant à une tortue qui se nourrit de chaleur et commence à attaquer les villes pour se recharger. L’armée tente désespérément de trouver une solution pour en venir à bout.

Gamera contre Barugon Daikaijū kettō: Gamera tai Barugon (1966) : Une petite île dans le sud du Pacifique. Quatre aventuriers trouvent une opale. L’un seul survit aux dangers de la jungle et ramène la pierre précieuse au Japon. Bientôt, les scientifiques découvriront qu’il s’agit en fait d’un oeuf de lézard. Soumis aux radiations, le petit animal se transforme en monstre géant. Surnommé « Barugon », il émet une raie de lumière destructrice et attaque le pays. Gamera, un autre géant qui s’est échappé de sa prison spatiale, revient sur Terre afin d’aider les humains dans leur combat…

Gamera contre Gyaos Daikaijū kūchūsen: Gamera tai Gyaosu (1967) : Une éruption volcanique réveille un monstre ailé assoiffé de sang nommé Gyaos. Alors que tous les plans de l’armée – qui utilisaient la lumière du soleil comme arme pour détruire la bête – tombent à l’eau, Gamera tente une fois de plus de défendre le Japon.

Gamera, ou la réponse de la Daiei à la Toho. Depuis 1954, Godzilla ou Gojira pour les intimes, déferle sur les écrans. Monstre expiatoire, icône populaire, symbole du trauma collectif japonais dix ans après les bombes qui ont ravagé Nagasaki et Hiroshima, Godzilla marque l’émergence d’un genre à lui tout seul, le Kaigu eiga, «  le cinéma de monstre  », qui allait engendrer près de trente suites dans lesquelles Godzilla sera confronté à Mothra, Hedora, Gigan, Megalon, Mecanik Monster, Biollante, King Ghidorag, Mechagodzilla, Space Mechagodzilla, Destroyah, Megaguirius. Pacific Rim de Guillermo Del Toro et Cloverfield de Matt Reeves lui doivent tout. Dix ans plus tard, la Daiei décide de s’y coller également. Doté d’un budget moyen, Gamera, largement inspiré par le film Le Monstre des temps perdusThe Beast from 20,000 Fathoms d’Eugène Lourié (1953), connaîtra un succès sans précédent. Dernier Kaiju eiga à avoir été tourné en N&B, ceci afin d’économiser au maximum, cette première aventure mettant en scène la tortue de 60 mètres de haut, sera surtout un triomphe auprès du jeune public, l’un des personnages principaux étant justement un enfant (souvent plus malin que les scientifiques et les militaires), pensant que le monstre est son animal devenu gigantesque, après avoir été exposé à des radiations. Un mythe est né aussi et Gamera engendrera une douzaine de suites jusqu’en 2006, ainsi qu’une série animée en 2023 et un jeu vidéo sur Super Nintendo dans les années 1990. Chacun des trois premiers opus, Gamera, Gamera contre Barugon (ou Les Monstres attaquent) et Gamera contre Gyas, rend compte de l’évolution des studios, des goûts des spectateurs, mais aussi des questions sociales qui animent le Japon d’alors. Si le troisième est souvent loué pour la réussite de l’adversaire de Gamera, Gyas donc, le second volet qui voit affronter la tortue géante à Barugon est sans doute le plus réussi du lot. Néanmoins, cette superproduction ne connaîtra pas le même succès que le premier film, ayant même du mal à rentabiliser sa mise de départ. Les productions suivantes seront indéniablement plus modestes, mais n’en restent pas moins divertissantes. En l’état, découvrir les trois premiers épisodes de la franchise Gamera est un vrai plaisir, surtout dans leur version entièrement restaurée 4K, qui donnent un nouvel éclat à ces divertissements rétros et au charme désuet.

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Test Blu-ray / Escape From the 21st Century réalisé par Li Yang

ESCAPE FROM THE 21ST CENTURY (Cong 21 Shi Ji an Quan Che Li) réalisé par Li Yang, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Zhang Ruoyun, Yang Song, Zhu Yanmanzi, Elane Zhong, Leon Lee, Wu Xiaoliang, Wen Zhengrong, Shi Liang…

Scénario : Li Yang

Photographie : Saba Mazloum

Musique : Hu Xiao’ou

Durée : 1h38

Année de sortie : 2024

LE FILM

En 1999, trois adolescents se retrouvent plongés dans des déchets chimiques qui leur confèrent une capacité unique : lorsqu’ils éternuent, leur conscience voyage 20 ans dans le futur. C’est pour eux le début d’une vertigineuse aventure dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie du monde…

Il y a des films dont les « pitchs » (goût fraise, les meilleurs) font envie quand on les lit. C’est le cas pour Escape from the 21st Century, le premier long-métrage réalisé en solo par le cinéaste Yang Li. Puis, le générique envoie du lourd et l’on se dit que la promesse va être tenue. Le film démarre (voix de journaliste grolandais) « Et là, c’est le drame ! ». Si beaucoup ont toujours eu beaucoup de mal à rester plus de deux heures devant un film de Michael Bay, dites-vous qu’à côté de Yang Li, le réalisateur d’Armageddon et de Transformers c’est Robert Bresson. C’est bien simple, on ne comprend rien, absolument plus rien, alors que le film n’a commencé que depuis…cinq minutes. Et cela n’ira pas en s’arrangeant. Sur un montage frénétique, débridé (non, n’y voyez aucun jeu de mots qui pourrait être mal interprété), hystérique, les images se succèdent comme si un individu atteint de la maladie de Parkinson s’emparait d’une télécommande pour zapper et échapper à Quotidien et TBT9. Si vous avez moins de vingt piges (ce qui est loin d’être le cas si vous lisez cette critique, vous seriez déjà passé à autre chose), vous y trouverez peut-être votre compte. 25 ans à la rigueur, après quelques shots de vodka. Si vous avez atteint la trentaine, il est fort possible que vous ressentiez quelques relâchements du sphincter. Au-delà, ce n’est même plus permis. Vos yeux se révulsent, votre bouche se met en O et laisse couler la bave à gros bouillons, vos muscles sont tétanisés et vous tentez par tous les moyens possibles d’arrêter le massacre. Vous voilà prévenus…

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Test DVD / Alpha, réalisé par Julia Ducournau

ALPHA réalisé par Julia Ducournau, disponible en DVD et Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Mélissa Boros, Tahar Rahim, Golshifteh Farahani, Emma Mackey, Finnegan Oldfield, Louai El Amrousy, Jean-Charles Clichet, Ninon Le Henry…

Scénario : Julia Ducournau

Photographie : Ruben Impens

Musique : Jim Williams

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lors d’une soirée, Alpha, 13 ans, se fait tatouer le bras. Au matin sa mère, infirmière, s’inquiète qu’elle ait pu, à cause de l’aiguille, être contaminée par un virus mortel, qui se propage dans la population. Au collège, Alpha est ostracisée. En rentrant chez elle, elle trouve, installé dans le salon, son oncle Amin, qu’elle n’avait plus vu depuis l’enfance. Il est toxicomane, atteint par le virus, et est venu pour se sevrer. 

Qu’elle semble loin la réussite de Grave…Il y avait pourtant tellement de promesses dans ce premier long-métrage. Certes, Titane a remporté la Palme d’or en 2021, mais cette récompense suprême n’était en rien justifiée. Tant mieux pour Julia Ducournau (née en 1983), tant pis pour nous. Immédiatement après le Festival de Cannes, la réalisatrice écrit un nouveau scénario pendant des mois…mais l’abandonne finalement au profit (ou au détriment) de ce qui sera finalement Alpha, son troisième opus, annoncé comme étant un body horror…Hélàs, cette fois encore, la cinéaste déçoit (euphémisme) et livre une œuvre ronflante, prétentieuse, pesante, interminable et glaciale, saupoudré de dialogues pauvres qui feraient passer ceux de Luc Besson pour du Modiano. Julia Ducournau est une brillante formaliste…mais il faudrait qu’elle se mette au service du scénario d’un autre, plutôt que de livrer des films vides ou plutôt qui croulent sous des métaphores, les allégories, une musique OMNIPRÉSENTE, une hystérie jamais contenue, assourdissante, tandis que le montage alambiqué, aux pâquerettes, finit ici de nous achever dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent, pour au final ne rien raconter. Mais si Julia Ducournau est satisfaite…En l’état, Alpha a bien eu du mal à dépasser la barre des 100.000 entrées, la réception a été catastrophique sur la Croisette où il était en compétition officielle, tandis que l’accueil critique et public a sans doute été le plus virulent de 2025, au même titre que Toutes pour une de Houda Benyamina.

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Test 4K UHD / The Monkey, réalisé par Osgood Perkins

THE MONKEY réalisé par Osgood Perkins, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD depuis le 12 juillet 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Osgood Perkins, Sarah Levy, Laura Mennell, Christian Convery, Rohan Campbell…

Scénario : Osgood Perkins, d’après la nouvelle The Monkey de Stephen King

Photographie : Nico Aguilar

Musique : Edo Van Breemen

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…

À l’origine, Frank Darabont détenait les droits cinématographiques de la nouvelle de Stephen King intitulée The Monkey, et prévoyait de l’adapter après avoir terminé The Mist. Ce projet n’a jamais vu le jour…avant de revenir sur le devant de la scène en 2023, année où cette transposition est officiellement relancée avec Osgood Perkins (le fils d’Anthony Perkins) aux manettes, au scénario et à la mise en scène, le tout produit par James Wan sous sa bannière Atomic Monster. Une fois la grève des scénaristes passée, le tournage principal est enfin lancé début 2024. Le résultat est à la hauteur des espérances et le réalisateur de l’acclamé Longlegs livre une fois de plus un film quasi-inclassable, véritable comédie noire, fantastique et d’horreur qui confirme la singularité du cinéaste. Il est certain qu’avec son style si particulier, qui fait continuellement le yoyo entre une froideur souvent glaciale et un humour très sombre, The Monkey, qui rappelons-le avait été publié en 1985 dans le recueil Brume, et même avant cela en 1980 dans le magazine Gallery, ne plaira pas à tout le monde. Et c’est tant mieux, car comme Longlegs, The Monkey n’a rien du produit standardisé et fabriqué à la chaîne. Véritable film d’auteur, cet opus ne cesse d’étonner à chaque scène, assume pleinement sa nature de série B titillant le genre Z. Le film offre aux spectateurs de savoureux moments gores, mais toujours marqués par une ironie singulière, comme si Oz Perkins nous disait chaque fois « Je vous ai encore bien eu hein ? », et cela jusqu’à la toute dernière scène. Un vrai train-fantôme à la fois vintage et avant-gardiste.

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