Test Blu-ray / The Stuff, réalisé par Larry Cohen

THE STUFF réalisé par Larry Cohen, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 7 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino, Danny Aiello, Patrick O’Neal, James Dixon…

Scénario : Larry Cohen

Photographie : Paul Glickman

Musique : Anthony Guefen

Durée : 1h29

Année de sortie : 1985

LE FILM

Un nouveau produit fait fureur dans les familles américaines : The Stuff, une sorte de yaourt dont le succès touche tout le pays. Mais cette substance, à l’origine inconnue, provoque chez ceux qui la consomment une violente addiction. Un enquêteur, mandaté par des industriels de l’alimentation, va tenter d’en savoir plus.

Il a toujours eu le nez creux ce cher Larry Cohen (1936-2019), mais pour avoir eu l’idée de certains de ses films, il faut croire que cet organe avait aspiré quelques substances illicites. C’est le cas pour The Stuff, sans doute l’un de ses opus les plus funs, les plus drôles, mais aussi les plus inspirés, percutants et avant tout divertissants. Ce douzième long-métrage, treizième si l’on tient compte du téléfilm See China and Die (1981) prend place dans sa carrière après le formidable Special Effects, film absolument étourdissant doublé d’une parabole passionnante sur la création et le cinéma. Cette fois, Larry Cohen s’en prend à la société de consommation, aux grands groupes industriels qui vendent (facilement) de la m*rde en boîte à la population, en leur disant que cela a le goût de la rose, sous prétexte que le packaging de ce qu’ils sont en train d’ingurgiter en a la couleur. En s’inspirant, volontairement ou non, du Blob (ou Danger planétaire en version française), sorti en 1958, dans lequel un extraterrestre géant et gluant semait la terreur dans une petite ville de Pennsylvanie, Larry Cohen parvient à se démarquer très rapidement de cette référence en emmenant le spectateur autre part. Grand spectacle réalisé avec un budget dérisoire, un peu à la Roger Corman, d’ailleurs le film sera distribué par la New World Pictures, fondée par ce dernier, The Stuff est une comédie d’horreur et fantastique qui donne le sourire du début à la fin. Mais il fait aussi sacrément réfléchir sur la façon dont les grands groupes industriels décomplexés vendent ce qu’ils savent être du poison aux consommateurs, qui répondront toujours présents pour acheter ce qu’on leur dit d’acheter, même si cela leur pourrit les entrailles et la cervelle. Un vrai petit chef d’oeuvre qui n’a pas volé son statut culte.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / The Stuff, réalisé par Larry Cohen »

Test Blu-ray / Colossal, réalisé par Nacho Vigalondo

COLOSSAL réalisé par Nacho Vigalondo, disponible en Blu-ray & DVD le 8 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell, Tim Blake Nelson, Dan Stevens, Hannah Cheramy, Nathan Ellison…

Scénario : Nacho Vigalondo

Photographie : Eric Kress

Musique : Bear McCreary

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Gloria est une jeune new-yorkaise sans histoire. Mais lorsqu’elle perd son travail et que son fiancé la quitte, elle est forcée de retourner dans sa ville natale où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Au même moment, à Séoul, une créature gigantesque détruit la ville, Gloria découvre que ses actes sont étrangement connectés à cette créature. Tout devient hors de contrôle, et Gloria va devoir comprendre comment sa petite existence peut avoir un effet si colossal à l’autre bout du monde…

Depuis sa sortie expédiée, pour ne pas dire bâclée, Colossal est devenu un film culte pour de nombreux spectateurs. Doté d’un budget d’une quinzaine de millions de dollars, le quatrième long-métrage du réalisateur espagnol Nacho Vigalondo (né en 1977) est arrivé devant les yeux du public par d’autres intermédiaires que les écrans de cinéma, en Blu-ray et DVD chez TF1 Studio, ou en E-Cinéma. Nommé en 2005 à l’Oscar du court-métrage pour 7:35 de la mañana, le cinéaste se fait très vite remarquer avec son coup d’essai, Timecrimes (2007), film fantastique qui reprend le thème du voyage dans le temps et ses paradoxes. Sa particularité ? Celle de traiter deux thèmes, ou plutôt deux genres en un seul opus. S’ensuivent Extraterrestre (2010), une histoire d’amour sur fond d’invasion alien, Open Windows (2014) avec Elijah Wood et une certaine Sasha Grey (nous ferons une recherche plus tard pour en savoir plus sur elle), puis c’est là que débarque Colossal, avec rien de moins qu’Anne Hathaway, alors entre le succès du Nouveau stagiaire de Nancy Meyers et le triomphe d’Ocean’s 8 de Gary Ross. Difficile à promouvoir ou à appréhender, cette comédie-dramatique fantastique semble encore aujourd’hui avoir le cul entre deux chaises et vaut surtout pour son caractère inclassable, que l’on pourrait présenter comme un “cousin” de Quelques minutes après minuit A Monster Calls de Juan Antonio Bayona, sorti étonnamment la même année et avec lequel Colossal possède quelques étonnants points communs. Mais ce dernier ne possède pas la virtuosité du premier et s’avère même maladroit dans sa mise en scène, ainsi que dans sa direction d’acteurs, avec Anne Hathaway qui paraît perdue, au point d’en faire souvent trop. Cela n’empêche pas Colossal d’être sympathique et attachant dans son côté nawak.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Colossal, réalisé par Nacho Vigalondo »

Test Blu-ray / Les Monstres de la préhistoire, réalisé par Junji Kurata

LES MONSTRES DE LA PRÉHISTOIRE (Kyoryu kaicho no densetsu) réalisés par Junji Kurata, disponible en Blu-ray le 16 juin 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Tsunehiko Watase, Shotaro Hayashi, David Freedman, Nobiko Sawa, Tomoko Kiyoshima, Fuyukichi Maki, Maureen Peacock, Catherine Laub…

Scénario : Masaru Igami, Isao Matsumoto & Ichiro Otsu

Photographie : Shigeru Akatsuka & Sakuji Shiomi

Musique : Masao Yagi

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Suite à la récente activité volcanique du Mont Fuji, des dinosaures se réveillent d’un long sommeil et sèment la terreur près d’un lac peuplé de nombreux touristes.

Attention, ceci n’est pas une histoire vraie. En revanche, contrairement à ce que l’on pourrait penser en lisant le résumé, Les Monstres de la préhistoire (ou Kyoryu kaicho no densetsu en version originale, ça fait toujours intello de sortir ça) n’est pas un nanar. C’est parfois limite, mais ça passe, parce que la mise en scène est on ne peut plus inspirée et qu’il y a d’ailleurs d’autres bons voire excellents points qui évitent au film d’être catalogué ainsi. Été 1975, Les Dents de la mer Jaws débarque sur les écrans et c’est un tsunami international. Le blockbuster est né, l’engouement pour les films de monstres est palpable et le cinéma japonais, comme le cinéma italien, souhaite s’emparer de ce phénomène pour l’arranger à la sauce soja. C’est peu dire que Les Monstres de la préhistoire détonne par son ton singulier, curieux, puisque pensé comme un film pour le jeune public, on y découvre quelques plans sanglants assez gratinés, des membres arrachés par ci, des troncs dépourvus de jambes par là, le tout saupoudré d’une musique jazz fusion- folk-disco peu ragoûtante et de chansons qui recouvrent littéralement l’action. Autant dire que la surprise est de taille. Le spectacle est contre toute attente au rendez-vous, d’autant plus que l’intérêt et l’action vont crescendo. Alors, on ne boude pas son plaisir.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Monstres de la préhistoire, réalisé par Junji Kurata »

Test Blu-ray / L’Homme invisible apparaît & L’Homme invisible contre la mouche humaine, réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama

L’HOMME INVISIBLE APPARAÎT / L’HOMME INVISIBLE CONTRE LA MOUCHE HUMAINE (Tomei ningen arawaru + Tomei ningen to hae otoko) réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama, disponibles en Blu-ray le 16 juin 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Chizuru Kitagawa, Daijiro Natsukawa, Mitsusaburô Ramon, Ryunosuke Tsukigata, Kichijiro Ueda, Yoshiro Kitahara, Ryûji Shinagawa, Joji Tsurumi, Yoshihiro Hamaguchi, Bontaro Miake, Takiko Mizunoe, Shosaku Sugiyama, Kanji Koshiba, Junko Kano, Ikuko Mori, Shozo Nanbu…

Scénario : Hajime Takaiwa & Nobuo Adachi

Photographie : Hiroshi Murai & Hideo Ishimoto

Musique : Goro Nishi & Tokujiro Okubo

Durée : 1h22 & 1h36

Date de sortie initiale : 1949 & 1957

LES FILMS

Le professeur Nakazato doit départager ses deux meilleurs étudiants, qui travaillent tous deux sur le phénomène de l’invisibilité. Il déclare que celui qui réussira à rendre un objet invisible gagnera le duel. La rivalité entre les deux scientifiques, tous deux amoureux de la fille du professeur, augmente. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le professeur travaille en secret depuis plus de dix ans sur l’invisibilité et qu’il a réussi à créer un sérum qui fonctionne. Il en fait la démonstration au président de la faculté, monsieur Kawabe. Celui-ci voit dans l’utilisation du sérum un moyen de commettre des méfaits et de voler de précieux bijoux. Il kidnappe le professeur, ainsi que l’un des scientifiques. Peu de temps après, une bijouterie reçoit la visite d’un homme portant des bandages sur le visage, qui essaye d’obtenir un précieux collier de diamants. Face au menace d’appeler la police de la part du directeur de la joaillerie, l’homme retire ses bandages, qui ne laissent rien apparaître en dessous ! L’homme invisible vient de faire son apparition. Le police mène l’enquête quand le second scientifique va tenter d’aider la fille du professeur à retrouver son père disparu…

Le capitaine de police Wakabayashi doit faire face à une multiplication de meurtres étranges, car aucun témoin n’a vu l’agresseur. Seul un bourdonnement de mouche semble avoir été entendu juste avant que le meurtrier frappe ses victimes d’un coup de poignard dans le dos. Sans aucun indice, l’enquête piétine. Les investigations de Wakabayashi l’amène à découvrir que certaines victimes avaient un point commun : elles ont toutes été à l’armée au même endroit et il semblerait que des expériences militaires avaient lieu à l’époque, visant à pouvoir réduire la taille d’un humain à celle d’une mouche. Wakabayashi se demande si ces meurtres ont également un point commun avec les expériences menées par le docteur Hawakaya sur un rayon pouvant rendre invisible des objets…

En 1933 aux États-Unis, L’Homme invisible The Invisible Man, adaptation du roman écrit par H. G. Wells en 1897 réalisée par James Whale est un événement doublé d’un triomphe mondial. Il faut néanmoins attente sept ans pour que parvienne la suite directe sur les écrans, mise en scène par Joe May, Le Retour de l’Homme invisibleThe Invisible Man Returns. Ce second opus de la franchise Universal Monsters – Invisible Man s’avère tout à fait digne du premier et saura relancer une saga qui comptera au final cinq films, six si l’on compte l’épisode parodique avec Abbott et Costello, Deux nigauds contre l’homme invisible, réalisé au début des années 1950. Mais c’était sans compter les ersatz et autres copies à travers le monde. C’est là qu’intervient L’Homme invisible apparaît, considéré comme le premier film de science-fiction japonais, sorti en 1949 et produit par la Daiei, dans l’espoir de divertir un public qui en a bien besoin après la Seconde Guerre mondiale (les américains sont d’ailleurs encore présents) et pourquoi pas au passage, élargir l’audience du cinéma nippon à travers la planète (même si finalement ce ne sera pas le cas). On doit ce petit bijou à Nobuo Adachi, dont il s’agit de la première mise en scène solo, épaulé ici par le maître des effets spéciaux Eiji Tsuburaya, co-créateur de Godzilla et d’Ultraman. S’il n’atteint pas la virtuosité du chef d’oeuvre de James Whale et même de sa merveilleuse première suite, L’Homme invisible apparaît n’a pas à rougir de la comparaison et s’en sort miraculeusement encore bien aujourd’hui, tant le film demeure divertissant. Certes, cet opus japonais est moins sombre que ses modèles américains, mais il n’en reste pas moins que l’aventure est au rendez-vous du début à la fin et que les effets visuels conservent encore un charme fou. Malgré le succès rencontré par cet Homme Invisible japonais, la Daiei attendra l’année 1957 pour offrir une (fausse) suite au public, L’homme invisible contre la mouche humaine, emballée cette fois par Mitsuo Murayama, qui cependant n’arrive pas à la cheville du précédent, qui n’a pas non plus la même ambition, en dehors de celle de remplir à nouveau les salles, quitte pour cela à lorgner sur la série B et le film d’exploitation.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / L’Homme invisible apparaît & L’Homme invisible contre la mouche humaine, réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama »

Test Blu-ray / Konga, réalisé par John Lemont

KONGA, réalisé par John Lemont, disponible en combo Blu-ray/DVD le 24 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Michael Gough, Margo Johns, Jess Conrad, Claire Gordon, Austin Trevor, Jack Watson, George Pastell, Vanda Godsell…

Scénario : Aben Kandel & Herman Cohen

Photographie : Desmond Dickinson

Musique : Gerard Schurmann

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Le Docteur Charles Decker revient à Londres après avoir disparu pendant un an dans la jungle. Il ramène avec lui un petit chimpanzé nommé Konga et un mystérieux sérum. Decker décide d’utiliser Konga pour éliminer ses adversaires.

Fort du succès du précédent film britannique de Herman Cohen, Crimes au musée des horreurs Horrors of the Black Museum (1959) — qui mettait également en vedette Michael Gough —, le producteur Nat Cohen, de la société Anglo-Amalgamated, demande à ce dernier de produire un nouveau film d’exploitation. Admirateur de longue date de King Kong (1933) réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, Herman Cohen envisage alors un film mettant en scène un singe géant et tourné en couleurs. En raison du succès rencontré par Cohen avec I Was a Teenage Werewolf (1957), AIP adopte le titre de travail I Was a Teenage Gorilla. Ils sont allés la chercher loin celle-ci. Herman Cohen verse 25 000 dollars à RKO Pictures, rien que pour acquérir les droits d’exploitation du nom « Kong ». Mais il n’était pas au bout de ses peines. Konga allait nécessiter, en raison de ses nombreux effets spéciaux, pas moins de 18 mois de production. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers longs métrages de monstres géants tournés en couleurs (procédé Eastmancolor) et les scènes les plus marquantes demeurent celles où le gorille géant déambule dans les rues de Londres, le tournage ayant eu lieu avec l’accord de la police, en plein milieu de la nuit, afin de profiter des rues désertes. Mais c’était sans compter sur les riverains, réveillés et donc mécontents des bruits de fusillades. Konga est perçu par beaucoup comme un nanar. Ce qui est faux, car le film vaut pour l’excellente interprétation du légendaire Michael Gough. Si ce nom ne vous dit rien, vous connaissez sûrement ce comédien malgré tout, qui interprétait le majordome de Bruce Wayne dans les deux Batman de Tim Burton et dans les deux autres de Joel Schumacher. Longtemps comparé à Vincent Price, il livre une solide prestation dans Konga et impressionne en savant fou suintant de prétention, qui se prend pour Dieu, persuadé d’avoir trouvé le chaînon manquant entre la vie végétale et le monde animal. Évidemment, le docteur Decker sera dépassé par les événements et sa créature lui échappera des mains…avant de terminer littéralement dans la sienne. Série B, parfois à la frontière du Z, mais suffisamment intelligente pour ne pas y sombrer, ce que beaucoup de productions du même acabit n’auraient pas réussi à faire, Konga reste un spectacle sympathique, qui en dépit d’un certain ventre mou à mi-parcours, se révèle être un divertissement au charme indéniable.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Konga, réalisé par John Lemont »

Test Blu-ray / Les Titans, réalisé par Duccio Tessari

LES TITANS (Arrivano i titani) réalisé par Duccio Tessari, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 16 juin 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Antonella Lualdi, Pedro Armendáriz, Jacqueline Sassard, Giuliano Gemma, Serge Nubret, Gérard Séty, Tanya Lopert, Ingrid Schoeller…

Scénario : Ennio De Concini & Duccio Tessari

Photographie : Alfio Contini

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h51

Année de sortie : 1962

LE FILM

Dans la Grèce antique, Cadmus, roi de Crête, se fait proclamer dieu et bannit toute autre forme de religion. Il provoque la colère de Zeus, qui décide de le punir en armant Kryos, le chef des titans : Zeus lui promet que ses frères, enfermés aux Enfers, seront libérés s’il mène à bien sa tâche.

Le scénariste Duccio (de son vrai prénom Amadeo) Tessari (1926-1994) a toujours eu cette volonté d’apporter un vent de fraîcheur, une originalité, un autre ton aux genres qu’il abordait. Après avoir oeuvré pour quelques illustres réalisateurs, Sergio Leone, Vittorio Cottafavi, Sergio Corbucci, Riccardo Freda et Mario Bava, il passe lui-même derrière la caméra en 1962 pour Les Titans Arrivano i titani, péplum riche en action, en aventure et même en humour. L’auteur des Derniers Jours de Pompéi, de Messaline, de Carthage en flamme, mais aussi de La Vengeance d’Hercule, de La Reine des Amazone, de La Révolte des esclaves, sans oublier Maciste contro il vampiro, Romulus et Rémus, Le Colosse de Rhodes et Hercule contre les vampires, connaît cet univers sur le bout des doigts et peut donc laisser libre cours à sa fantaisie, tout en respectant le grand spectacle sur l’Antiquité. Merveilleux divertissement, mené à cent à l’heure, magnifiquement photographié par Alfio Contini (Il Giovedi, Le Terroriste, Le Fanfaron), proposant mille idées excellemment exploitées et porté par un sensationnel Giuliano Gemma (pléonasme), Les Titans demeure un immense divertissement, qui reste chéri par les cinéphiles/ages et qui a su se transmettre de génération en génération, y compris en France où le film parvient à attirer à sa sortie près d’1,9 millions de spectateurs, damnant ainsi le pion à Barrabas de Richard Fleischer et Sodome et Gomorrhe de Robert Aldrich.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Titans, réalisé par Duccio Tessari »

Test 4K UHD / Mister Frost, réalisé par Philippe Setbon

MISTER FROST réalisé par Philippe Setbon, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition limitée chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Jeff Goldblum, Alan Bates, Kathy Baker, Jean-Pierre Cassel, Daniel Gélin, François Négret, Maxime Leroux, Vincent Schiavelli, Roland Giraud, Catherine Allégret, Mike Marshall, Henri Serre…

Scénario : Philippe Setbon & Brad Lynch

Photographie : Dominique Brenguier

Musique : Steve Levine

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Mais qui est Mr Frost ? Arrêté par Felix Detweiler dans son manoir de Brighton, dans le jardin duquel il a enterré 24 victimes dont il a filmé les séances de torture, Mr Frost n’a aucune existence légale et reste une énigme pour les autorités. Trois mois après son arrestation, il se mure dans le silence. Après deux ans à passer d’un établissement à l’autre dans toute l’Europe, il quitte son mutisme, à son arrivée à l’hôpital St Clare, pour annoncer qu’il ne parlera qu’au Dr Sarah Day. Au cours de leurs séances, irrité du fait que la science ait remplacé la foi, il lui révèle être Satan en personne et l’intime à croire en lui.

Jeff Goldblum qui donne la réplique à Roland Giraud dans une coproduction franco-britannique…Non ce n’est pas un Kamoulox, mais bel et bien Mister Frost, le second long-métrage réalisé par Philippe Setbon (né en 1947), trois ans après Cross. Le scénariste des Fauves de Jean-Louis Daniel, de Parole de flic de José Pinheiro de Détective de Jean-Luc Godard, de Lune de Miel de Matrick Jamain et de Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni a démontré qu’il en avait suffisamment sous le capot pour s’adonner à la mise en scène. Cross n’avait peut-être pas rencontré le succès espéré (à peine 200.000 entrées), mais Philippe Setbon avait prouvé qu’il connaissait et comprenait la série B, ainsi que le genre. Avec Mister Frost, il passe la vitesse supérieure et parvient même à engager Jeff Goldblum, qui depuis le triomphe de La Mouche The Fly de David Cronenberg n’avait pas vraiment su rebondir. Ainsi, bien avant Jurassic Park et Independence Day, le comédien américain déployait son mètre 94 et imposait son incroyable tronche dans l’Hexagone, où il campe le diable, ou tout du moins un type qui déclare l’être. Si l’ensemble n’est pas totalement convaincant, on ne peut que saluer cet essai de concilier à la fois le thriller et le fantastique, d’autant plus que la réalisation est élégante du début à la fin et la photographie de Dominique Brenguier (Ave Maria de Jacques Richard, Bleu comme l’enfer d’Yves Boisset) un ravissement de tous les instants. Très rarement diffusé à la télévision, comme sur M6 en deuxième voire en troisième partie de soirée, Mister Frost mérite assurément d’être redécouvert, d’autant plus que beaucoup de cinéphiles considèrent qu’il s’agit d’un des plus grands rôles de Jeff Goldblum, si ce n’est son meilleur.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Mister Frost, réalisé par Philippe Setbon »

Test 4K UHD / The Monster Squad, réalisé par Fred Dekker

THE MONSTER SQUAD réalisé par Fred Dekker, disponible en Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 17 décembre 2025 chez Extralucid Films.

Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Mary Ellen Trainor, Carl Thibault, Tom Woodruff Jr., Michael Reid MacKay, Jack Gwillim…

Scénario : Fred Dekker & Shane Black

Photographie : Bradford May

Musique : Bruce Broughton

Durée : 1h22

Année de sortie : 1987

LE FILM

Échouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaine d’années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s’entoure d’une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…

Mais…mais…d’où sort ce film ? Comment un tel divertissement a-t-il pu passer sous les radars en 1987 ?? Pourquoi n’avions-nous jamais entendu parler de The Monster Squad quand nous étions gamins dans les années 1980-90 ??? Deuxième long-métrage du réalisateur Fred Dekker (né en 1959), The Monster Squad est un merveilleux divertissement à réhabiliter, mais surtout à faire connaître, à prêter, à offrir, à diffuser dans le plus large réseau possible. Alors qu’il tournait son premier film, Extra Sangsues Night of the Creeps, le metteur en scène préparait déjà son second opus coécrit avec son pote de fac Shane Black, qui la même année signait aussi les scénarios de L’Arme fatale Lethal Weapon de Richard Donner et de Predator de John McTiernan. Ainsi, après sa formidable comédie fantastique et teenage movie d’horreur qui réunissait tout son amour pour le cinéma de genre, autrement dit en jouant avec des aliens, des zombies humains et animaux, un serial killer, ainsi que des adolescents victimes de leurs hormones et de leur sébum, Fred Dekker rend hommage aux Universal Monsters ou à l’Universal Horror, films d’épouvante sortis entre le début des années 1920 et celui des sixties. En fait, The Monster Squad, produit par Peter Hyams et Rob Cohen, est un Avengers ou une Ligue des gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisqu’on y retrouve réunis Dracula, la créature de Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou et l’Étrange Créature du lac noir. Certes, manquent à l’appel L’Homme invisible et le Fantôme de l’Opéra, mais nous ne ferons pas la fine bouche, car le résultat est fantastique, un magistral spectacle pour toute la famille. En prenant plusieurs gamins comme personnages principaux, Fred Dekker surfe évidemment sur la vague Amblin représentée à l’époque par E.T., l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies et Le Secret de la pyramide, avec une touche d’Explorers de Joe Dante (qui lorgnait déjà sur Amblin), mais sans plagier, sans singer, avec un style qui lui est propre et surtout en offrant à sa remarquable distribution de quasi-inconnus (et qui le resteront) de jubilatoires moments de comédie face à des personnages mythiques qui eux sont exploités au premier degré, avec par exemple Dracula traitant une petite fille de cinq ans de « Bitch ! ». D’où un décalage opéré avec virtuosité du début à la fin. Un immense plaisir.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / The Monster Squad, réalisé par Fred Dekker »

Test Blu-ray / Exit 8, réalisé par Genki Kawamura

EXIT 8 réalisé par Genki Kawamura, disponible en DVD & Blu-ray le 4 février 2026 chez ARP Sélection.

Avec : Kazunari Ninomiya, Yamato Kōchi, Naru Asanuma, Kotone Hanase, Nana Komatsu…

Scénario : Kotake Create, Genki Kawamura & Hirase Kentaro, d’après le jeu vidéo Exit 8

Photographie : Keisuke Imamura

Musique : Shōhei Amimori & Yasutaka Nakata

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il faut traquer les anomalies. S’il en voit une, il fait demi-tour. S’il n’en voit aucune, il continue. S’il se trompe, il est renvoyé à son point de départ. Parviendra-t-il à sortir de ce couloir sans fin ?

Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2025, Exit 8 est l’adaptation d’un jeu vidéo éponyme sorti en 2023 et qui reprend le même principe d’une personne piégée dans une station de métro, cherchant désespérément la sortie. Réalisé par Genki Kawamura (né en 1979), également producteur (Le Garçon et la bête, Your Name, Les Enfants du temps) et scénariste reconnu, remarqué avec son premier long-métrage (N’oublie pas les fleurs), Exit 8 s’empare de quelques codes issus du jeu vidéo, à l’instar de plans-séquences filmés en caméra subjective (toute l’introduction), peu d’interaction avec l’environnement, des changements du personnage principal. Ce qui a de quoi décontenancer lorsque le public est peu habitué à ce genre de narration. Toutefois, Exit 8 happe d’emblée le spectateur avec la présentation originale du personnage principal et l’exposition du décor, quasi-unique, dans lequel se déroulera l’intrigue. L’auteur de ces mots allait écrire « l’action », mais il n’y en a pas vraiment dans Exit 8, qui joue plutôt sur l’attente et l’angoisse qui en découle. Solide directeur d’acteurs comme il l’avait démontré dans son précédent film, Genki Kawamura aborde frontalement le genre fantastique teinté d’horreur, même si Exit 8 est aussi et avant tout un film dramatique, dans lequel un homme se retrouve à un carrefour de sa vie, au sens propre comme au figuré. L’allégorie et la métaphore sont reines dans cette seconde œuvre redoutablement anxiogène et immersive. Si quelques digressions s’avèrent peu utiles à la compréhension, et qui finissent d’ailleurs par alourdir le propos, Exit 8 est un sacré tour de force, une réelle expérience de cinéma, qui n’en finit jamais de retourner le ciboulot. Une grande réussite.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Exit 8, réalisé par Genki Kawamura »

Test Blu-ray / Le Monstre attaque, réalisé par Ciro Ippolito

LE MONSTRE ATTAQUE (Alien 2 – Sulla Terra) réalisé par Ciro Ippolito, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Belinda Mayne, Mark Bodin, Roberto Barrese, Benedetta Fantoli, Michele Soavi, Valeria Perilli, Danilo Micheli, Claudio Falanga…

Scénario : Ciro Ippolito

Photographie : Silvio Fraschetti

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Tandis que toutes les radios et télés de San Diego commentent la mystérieuse disparition de deux astronautes lors de leur retour sur Terre, et que d’étranges pierres bleues font leur apparition sur la côte Est, Thelma Joyce s’apprête à une nouvelle exploration souterraine avec son équipe de six spéléologues. Parmi ceux-ci, Burt ramasse un de ces jolis cailloux qu’il offre à sa collègue Jill. Bientôt, les spéléologues s’enfoncent sous terre, hors de portée du monde, loin d’imaginer que la pierre renferme une entité qui les contaminera l’un après l’autre…

Du réalisateur Ciro Ippolito (né en 1947), on connaissait surtout son boulot comme scénariste et de producteur (l’excellent Les Contrebandiers de Santa Lucia I contrabbandieri di Santa Lucia, d’Alfonso Brescia), mais moins son œuvre comme metteur en scène. C’est effectivement lui que l’on retrouve derrière le pseudonyme de Sam Cromwell, exportation oblige, et donc à la barre du Monstre attaque (même si le tournage a été commencé par Biagio Proietti, parti au bout de deux semaines), sorti de façon opportuniste sous le titre Alien 2 sulla Terra. Le film se présente comme une « séquelle » d’Alien, le huitième passager de Ridley Scott, triomphe de l’année précédente. En bon italien qui se respecte dans le monde du cinéma, Ciro Ippolito a immédiatement voulu s’engouffrer dans la brèche et profiter de l’engouement des spectateurs pour la science-fiction. Autant dire que Le Monstre attaque ne joue pas du tout dans la même catégorie que son modèle, reste un outsider mal élevé (car zieutant honteusement sur la copie de son voisin), mais n’en reste pas moins attachant dans ses innombrables défauts. Toutefois, dire que le film est raté serait également mentir, car cet Alien 2 sulla Terra comporte aussi quelques points forts, notamment ses superbes décors naturels, capturés dans les Pouilles, où ont été trouvées les grottes de Castellana, lieu d’action principal de l’intrigue. Résultat des courses, malgré les tentatives de la Fox et des producteurs (dont Walter Hill) d’empêcher sa distribution en menaçant Ciro Ippolito d’attaques en justice (restées sans suite), Le Monstre attaque a connu son petit succès dans le circuit du cinéma Bis, en devenant même un petit film culte. De là à déclarer comme certains qu’il s’agit d’une matrice – à sa façon – d’un autre désormais classique comme The Descent de Neil Marshall, il y a un pas que nous ne franchirons pas et préférons même reculer pour rire tout bas. En l’état, cette production horrifique remplit son contrat et on ne s’ennuie pas devant cette boucherie qui se déroule à 400 mètres de profondeur. Dans le gouffre, personne ne vous entendra rire.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Le Monstre attaque, réalisé par Ciro Ippolito »