Test Blu-ray / Tous les dieux du ciel, réalisé par Quarxx

TOUS LES DIEUX DU CIEL réalisé par Quarxx, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD le 18 février 2020 chez Extralucid Films.

Acteurs : Jean-Luc Couchard, Melanie Gaydos, Thierry Frémont, Zélie Rixhon, Albert Delpy, Loïc Houdré, Xavier Mussel, Chryssa Florou…

Scénario : Quarxx

Photographie : Antoine Carpentier

Musique : Kevin Simon

Durée : 1h42

Année de sortie : 2018

LE FILM

Simon, trentenaire, travaille à l’usine et vit reclus dans une ferme décrépite. C’est un homme solitaire, en charge de sa sœur Estelle, lourdement handicapée à la suite d’un jeu qui a mal tourné dans leur enfance. Malgré ses remords et l’agressivité du monde environnant, Simon garde au plus profond de sa chair le secret espoir de sauver sa sœur en la libérant de la pesanteur terrestre. Et si leur salut venait des cieux ?

Quarxx. Retenez-bien ce nom car vous risquez d’en entendre parler ces prochaines années. C’est ce qu’on se dit après avoir visionné Tous les dieux du ciel, le premier long-métrage d’Alexandre Claudin (qui se dissimule derrière cet étrange pseudo), version « étendue » de son court-métrage Un ciel bleu presque parfait. Ayant du mal à trouver les financements pour son long-métrage, Quarxx décide de tourner ce qui correspond à un tiers de son scénario, pour en tirer un court-métrage de 36 minutes, en espérant que celui-ci soit remarqué, afin d’obtenir le budget nécessaire pour aller au bout de son projet initial. Bien lui en a pris, car Un ciel bleu presque parfait a été un triomphe partout où le film a été projeté, de Sundance à Hollywood, en passant par Paris, Columbus, San Diego, Montréal, Clermont-Ferrand…Récompensé à de multiples reprises pour son film, Quarxx a réussi son pari et a pu obtenir les fonds nécessaires pour mettre en scène son premier long-métrage. Il en résulte un vrai coup de maître, une œuvre coup de poing, terrifiante et dérangeante qui nous serre les entrailles durant 1h35, qui nous effraie certes à plusieurs reprises en jouant sur la notion de l’horreur au quotidien, mais surtout qui n’oublie jamais l’émotion. C’est d’ailleurs sur ce dernier point où l’on ne s’attendait pas à être littéralement cueilli, car Tous les dieux du ciel a beau avoir l’apparence d’un (superbe) film fantastique et d’épouvante, le film de Quarxx est avant tout un vrai drame familial et psychologique, un conte macabre magistralement interprété par Jean-Luc Couchard et l’incroyable Melanie Gaydos.

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Test Blu-ray / À des millions de kilomètres de la Terre, réalisé par Nathan Juran

A DES MILLIONS DE KILOMÈTRES DE LA TERRE (20 Million Miles to Earth) réalisé par Nahan Juran, disponible uniquement en coffret Blu-ray ou DVD Ray Harryhausen – Coffret n° 3 : Le Monstre vient de la mer + Les Soucoupes volantes attaquent + À des millions de kilomètres de la terre le 15 octobre 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : William Hopper, Joan Taylor, Frank Puglia, John Zaremba, Thomas Browne Henry, Tito Vuolo…

Scénario : Christopher Knopf & Robert Creighton Williams, d’après une histoire originale de Charlotte Knight

Photographie : Irving Lippman & Carlo Ventimiglia

Musique : Mischa Bakaleinikoff

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Une fusée américaine s’écrase au large de la Sicile. Des pécheurs parviennent à sauver deux astronautes qui se trouvaient à son bord avant que l’aéronef ne coule dans la Méditerranée. Quelques heures plus tard, un petit garçon du village découvre un tube sur une plage, tube contenant un étrange objet visqueux. En fait, le vaisseau spatial revient d’un voyage sur la planète Vénus et cette “chose” est un cocon extraterrestre !

À des millions de kilomètres de la Terre 20 Million Miles to Earth est la première collaboration entre Ray Harryhausen et le cinéaste Nathan Juran (1907-2002). L’ancien chef décorateur oscarisé pour Qu’elle était verte ma valléeHow Green Was My Valley de John Ford se spécialise tout d’abord dans le thriller (Le Mystère du château noirThe Black Castle, La Tueuse de Las Vegas, Piège double), le western (Gunsmoke, Quand la poudre parle, Qui est le traître ?, La Rivière sanglante), avant que sa carrière bifurque vers le fantastique. 1957 est une grande année pour lui puisque quelques mois seulement séparent la sortie de trois de ses films, qui deviendront des fleurons du genre : La Chose surgit des ténèbresThe Deadly Mantis, dans lequel une mante religieuse géante, qui après avoir été libérée d’un iceberg brisé, attaque New York et Washington, puis À des millions de kilomètres de la Terre20 Million Miles to Earth, avec sa créature vénusienne qui sème la panique dans les rues de Rome, puis enfin – sous le nom de Nathan Hertz – Le Cerveau de la planète Arous (The Brain from Planet Arous) et son extraterrestre nommé Gor, qui souhaite asservir la Terre. S’ils sont signés Fred Knoth dans La Chose surgit des ténèbres, qui avait travaillé sur L’Homme qui rétrécit de Jack Arnold, les effets spéciaux d’À des millions de kilomètres de la Terre sont créés par le maître en la matière, Ray Harryhausen, qui à cette occasion imagine l’une de ses créatures les plus célèbres et que ses aficionados connaissent sous le nom d’Ymir, inspiré par un géant provenant de la mythologie nordique. Entre Les Soucoupes volantes attaquent et Le Septième Voyage de Sinbad, le concepteur et créateur d’effets visuels donne vie à Ymir, un être arraché à son sol natal par une équipe d’astronautes et de militaires américains, alors qu’il n’était même pas né. L’ombre du King Kong de Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack plane certainement sur 20 Million Miles to Earth, mais le récit parvient à s’en démarquer et à trouver une identité propre, imputable à l’efficacité de la mise en scène de Nathan Juran et au génie de Ray Harryhausen qui met au monde l’un de ses monstres les plus empathiques. C’est ce qu’on appelle un chef d’oeuvre de la série B.

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Test Blu-ray / Le Monstre vient de la mer, réalisé par Robert Gordon

LE MONSTRE VIENT DE L’ESPACE (It Came from Beneath the Sea) réalisé par Robert Gordon, disponible uniquement dans le coffret Blu-ray Ray Harryhausen – Coffret n° 3 : Le Monstre vient de la mer + Les Soucoupes volantes attaquent + À des millions de kilomètres de la terre le 15 octobre 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis, Ian Keith, Dean Maddox Jr., Chuck Griffiths, Harry Lauter, Richard W. Peterson…

Scénario : George Worthing Yates & Harold Jacob Smith

Photographie : Henry Freulich

Musique : Mischa Bakaleinikoff

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Découverte dans les grands fonds par un sous-marin chargé de torpilles nucléaires, une pieuvre géante sort de son territoire de chasse pour faire route vers San Francisco. Si l’armée tente de l’arrêter, la créature atteint bientôt la ville…

En 1955, le créateur des effets spéciaux Ray Harryhausen rencontre le producteur Charles H. Schneer. L’entente est immédiate entre les deux hommes, qui décident de s’associer. Leur collaboration durera un quart de siècle. Avec Sam Katzman, célèbre et prolifique producteur spécialisé dans les films à très petit budget, ils se lancent dans leur premier projet, qui deviendra Le Monstre vient de la merIt Came from Beneath the Sea, inspiré par le succès du Monstre des temps perdusThe Beast from 20,000 Fathoms d’Eugène Lourié, sorti deux ans auparavant et pour lequel Ray Harryhausen s’était chargé de l’animation image par image de la Bête. Pour leur coup d’essai, l’artiste participe au scénario, même s’il n’est pas crédité, et créé bien évidemment la pieuvre gigantesque qui effraie les marins, avant de faire une entrée très remarquée au pied du Golden Gate de San Francisco. Si effectivement la thématique du film, projeté en double programme avec Le Tueur au cerveau atomiqueCreature with the Atom Brain d’Edward L. Cahn, se rapproche de celle du Monstre des temps perdus, Le Monstre vient de la mer pâtit aujourd’hui d’un cruel manque de rythme, d’une mise en scène plate et figée de l’inconnu Robert Gordon (1913-1990), d’une photo et d’une musique passe-partout, ainsi que d’une direction d’acteurs aux abonnés absents. Seules les diverses apparitions de la créature valent le déplacement, mais celles-ci s’avèrent bien trop sporadiques, surtout durant la première heure. Le dernier acte est plus animé et permet d’apprécier la beauté de l’animation, mais il est déjà trop tard et en dépit de sa courte durée (à peine 80 minutes), on s’ennuie beaucoup…

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Test Blu-ray / The Room, réalisé par Christian Volckman

THE ROOM réalisé par Christian Volckman, disponible en DVD et Blu-ray le 15 octobre 2020 chez Condor Entertainment.

Acteurs : Olga Kurylenko, Kevin Janssens, Joshua Wilson, John Flanders, Francis Chapman, Vince Drews, Marianne Bourg, Oscar Lesage…

Scénario : Christian Volckman, Eric Forestier, Gaia Guasti, Vincent Ravalec

Photographie : Reynald Capurro

Musique : Raf Keunen

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Kate et Matt quittent la ville pour s’installer à la campagne dans une grande maison isolée et délabrée. Peu après leur déménagement, ils découvrent une chambre qui a le pouvoir d’exaucer tous leurs désirs…

Il aura fallu attendre 14 ans pour que Christian Volckman fasse son retour au cinéma, de longues années après son premier long métrage, l’ambitieux film d’animation Renaissance, réalisé en motion-capture, un projet qui lui aura demandé près de sept ans de travail et qui s’était malheureusement soldé par un échec commercial important (240.000 entrées pour un budget de 14 millions d’euros). Egalement animateur et peintre, Christian Volckman délaisse la science-fiction et le N&B, pour son deuxième film, The Room. Cette fois, le réalisateur s’attaque au genre fantastique mâtiné d’horreur et livre un petit coup de maître, très élégamment mis en scène et dans lequel on retrouve constamment son sens du cadre. S’il n’a jamais lâché la caméra (on lui doit quelques clips vidéos pour ChineseMan, Zaz, Alma, General Elektriks), on est heureux de le voir revenir au grand écran, surtout avec une œuvre aussi originale et maîtrisée, solidement interprétée par la divine Olga Kurylenko.

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Test Blu-ray / Death Warmed Up, réalisé par David Blyth

DEATH WARMED UP réalisé par David Blyth, disponible en combo DVD/Blu-ray le 5 août 2020 chez Extralucid Films.

Acteurs : Michael Hurst, Margaret Umbers, William Upjohn, Norelle Scott, David Letch, Geoff Snell, Gary Day, Bruno Lawrence, Ian Watkin, David Weatherley, Tina Grenville…

Scénario : Michael Heath

Photographie : James Bartle

Musique : Mark Nicholas

Durée : 1h20

Année de sortie : 1984

LE FILM

Michael Tucker a été programmé par le chirurgien en génétique Archer Howell pour assassiner ses parents. Suite au massacre, il est incarcéré dans un asile psychiatrique. Des années plus tard, Michael et ses amis voyagent sur une île isolée sur laquelle Howell mène des expérimentations sur des humains pour les transformer en des machines à tuer. Michael doit se venger d’Howell pour le meurtre de ses parents mais aussi l’arrêter pour le bien de l’humanité.

Il existe un cinéma d’épouvante dans tous les pays du monde, ou presque. Souvenez-vous de Dracula au Pakistan (Khwaja Sarfraz, 1967) dont nous vous parlions il y a quelques mois ! Même chose en Nouvelle-Zélande ! Il n’y a pas que Martin Campbell, Peter Jackson, Geoff Murphy, Andrew Niccol, Lee Tamahori et Taika Waititi qui ont su démarquer dans ce pays d’Océanie, il y a aussi le dénommé David Blyth, né en 1956 à Auckland, qui reste l’un des fondateurs du cinéma d’horreur néo-zélandais, avec notamment son troisième long-métrage, Death Warmed Up, qui sort en 1984. Si le film se voit aujourd’hui comme une série B/Z, on ne pourra pas reprocher au réalisateur d’y mettre tout et n’importe quoi, avec une générosité de tous les instants et surtout de repousser les limites avec une noirceur franchement inattendue, surtout dans le traitement de ses personnages. Définitivement le genre de film qui devait s’arracher en VHS (René Chateau Vidéo présente…) dans les vidéoclubs avec sa jaquette au visuel forcément très attractif, Death Warmed Up fait toujours son petit effet 35 ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / La Reine du mal, réalisé par Oliver Stone

LA REINE DU MAL (Seizure !) réalisé par Oliver Stone, disponible en combo DVD/Blu-ray le 19 août 2020 chez Extralucid Films.

Acteurs : Jonathan Frid, Martine Beswick, Joseph Sirola, Christina Pickles, Hervé Villechaize, Anne Meacham, Roger De Koven, Troy Donahue, Mary Woronov, Richard Cox…

Scénario : Oliver Stone, Edward Mann

Photographie : Roger Racine

Musique : Lee Gagnon

Durée : 1h31

Année de sortie : 1974

LE FILM

L’écrivain Edmund Blackstone voit son pire cauchemar prendre vie lorsque les membres de sa famille et ses amis sont tués un à un par la Reine du mal et ses serviteurs, un nain nommé Spider et un géant à la force surhumaine appelé Jackal. Est-ce un mauvais rêve ou la réalité ?

S’il y a bien un début pour tout le monde, nous étions loin d’imaginer Oliver Stone aux commandes d’un film d’épouvante pour son premier long-métrage, La Reine du mal, étonnamment plus connu par les cinéphiles français sous son titre original, Seizure !. Agé de 28 ans, le réalisateur issu d’une famille juive franco-américaine, entame d’abord des études à Yale où il a d’ailleurs pour un camarade un certain George W. Bush. Puis, suite aux refus successifs de nombreux éditeurs concernant un de ses manuscrits, Oliver Stone décide de s’engager dans l’armée et part au Viêt Nam en 1967, près de la frontière cambodgienne. De retour au pays, il reprend les cours et se tourne vers le cinéma en intégrant l’université de New York, où il a pour professeur Martin Scorsese. C’est ce dernier qui l’encourage à s’inspirer de son expérience personnelle sur le front pour le coucher sur papier. En 1971, il réalise son film de fin d’année, Last Year in Viet Nam, un court-métrage forcément influencé par son vécu. Trois ans plus tard, Oliver Stone a l’opportunité de mettre en scène son premier long-métrage, La Reine du mal, qui sera entièrement tourné au Québec. Rétrospectivement, il est difficile d’y reconnaître la griffe, l’âme et l’univers de celui qui écrira Midnight Express d’Alan Parker en 1978 et réalisera des œuvres aussi variées comme Salvador (1986), Platoon (1986), Wall Street (1987), JFK (1991), Tueurs nés (1994) et bien d’autres qui composeront l’une des filmographies les plus éclectiques et explosives du cinéma américain. Seizure ! étant une première œuvre, Oliver Stone y met beaucoup de choses, trop sans doute, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que La Reine du mal est un film complètement barré, survolté, étrange et complexe, qui joue avec les genres, tout en annonçant quelque part La Part des ténèbres qui sera écrit par Stephen King en 1989 et qui sera d’ailleurs adapté par George A. Romero en 1992. C’est donc un film bordélique, mais ô combien intéressant.

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Test 4K UHD / Beetlejuice, réalisé par Tim Burton

BEETLEJUICE réalisé par Tim Burton, disponible en Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Goodies le 16 septembre 2020 chez Warner Bros. Entertainment France.

Acteurs : Michael Keaton, Alec Baldwin, Geena Davis, Winona Ryder, Catherine O’Hara, Jeffrey Jones, Glenn Shadix, Annie McEnroe…

Scénario : Michael McDowell, Warren Skaaren, Tim Burton

Photographie : Thomas E. Ackerman

Musique : Danny Elfman

Durée : 1h32

Année de sortie : 1988

LE FILM

Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l’autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu’au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C’est alors qu’ils font appel à un “bio-exorciste” freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice.

Pee-Wee Big Adventure ayant été un grand succès critique et commercial en 1985, la carrière cinématographique de Tim Burton est lancée. Toutefois, le réalisateur ne trouve pas de scénario qui lui donnerait envie de retourner derrière la caméra. De toute façon, il est occupé à travailler sur le scénario de Batman, même si Warner tarde à lancer cette grande entreprise. Il tombe alors sur le scénario de Beetlejuice écrit par Michael McDowell, déjà l’auteur de The Jar, segment de l’émission Alfred Hitchcock présente, déjà mis en scène par Tim Burton. Ce dernier se reconnaît totalement dans l’humour noir et y voit l’occasion de se lâcher totalement à travers ce conte macabre, qui aurait été d’abord refusé par Wes Craven. Son second long métrage est lancé, même si le réalisateur reprendra l’histoire qu’il trouve cependant trop horrifique et même sanglante. Michael McDowell et le coscénariste Larry Wilson se retirent du projet pour divergences artistiques. Warren Skaaren et Tim Burton reprennent définitivement le récit dans lequel ils injectent l’humour burlesque qui manquait. Le cinéaste se voit confier un budget confortable de 15 millions de dollars, dont un est dévolu uniquement aux effets spéciaux. Pour le rôle-titre, Michael Keaton, vu au cinéma dans Les Croque-morts en folie (1982) de Ron Howard et Johnny le dangereux (1984) d’Amy Heckerling, est choisi. Avec Beetlejuice, le comédien explosera aux yeux du monde entier. C’est le coup de maître de Tim Burton, doublé d’un triomphe au box-office (il remporte cinq fois sa mise rien que sur le sol américain) et d’une récompense aux Oscars en recevant la statuette dédiée aux maquillages. Immense comédie fantastique, Beetlejuice est un des premiers grands piliers de la filmographie de Tim Burton, un chef d’oeuvre absolu, culte, poétique, hilarant, effrayant, coloré, funèbre, fourmillant d’idées visuelles et dramatiques, compilant les séquences anthologiques comme des perles sur un collier. On continue ?

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Test 4K Ultra-HD / Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, réalisé par Michel Lemoine

LES WEEK-ENDS MALÉFIQUES DU COMTE ZAROFF réalisé par Michel Lemoine, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Michel Lemoine, Nathalie Zeiger, Howard Vernon, Joëlle Coeur, Martine Azencot, Stéphane Lorry, Robert de Laroche, Sophie Grynholc…

Scénario : Michel Lemoine

Photographie : Philippe Théaudière

Musique : Guy Bonnet

Durée : 1h25

Année de sortie : 1974

LE FILM

D’apparence affable, Boris Zaroff est un homme d’affaires passablement tourmenté, héritier d’une lignée d’aristocrates décadents. Zaroff vit dans le domaine ancestral en compagnie de son fidèle majordome, Karl. Lié par un pacte, le serviteur joue les rabatteurs pour son maître, ramenant de magnifiques jeunes femmes au château. Celles-ci seront bientôt les victimes des pulsions sadiques de Zaroff, en proie à de terribles visions où il se voit tourmenté par le fantôme d’une femme qui fut autrefois la maîtresse de son père. Seuls ses jeux pervers l’empêchent de plonger définitivement dans la folie… Jusqu’à quand ?

Comédien et réalisateur, Michel Lemoine (1922-2013) s’est distingué dans les années 1970-1980 avec des films aux titres évocateurs tels que Les Chiennes / Le Manoir aux louves, Viens, je suis chaude, Cuissardes, Les Confidences érotiques d’un lit trop accueillant, Langues profondes, Alice… tu glisses, Prenez moi !, Ardeurs perverses, L’été les petites culottes s’envolent, Slips fendus et porte-jarretelles. Un beau programme quoi. Passionné par le cinéma de genre, il est d’ailleurs apparu devant les caméras de Duccio Tessari (Una voglia da morire, 1964), Mario Bava (Arizona Bill, 1964), Antonio Margheriti (I criminali della galassia et I diafanoidi vengono da Marte, sortis en 1966), Sergio Sollima (Agent 3S3, massacre au soleil, 1965) et Jesús Franco (Les Yeux verts du diable, 1968), Michel Lemoine se distingue dans le genre érotique. José Bénazéraf (1922-2012) sera d’ailleurs un catalyseur dans sa carrière puisqu’il le dirigera dans L’Éternité pour nous / Le Cri de la chair (1962), Le Concerto de la peur / La Drogue du vice (1963) et Joe Caligula (1966). Il se décide à passer lui-même derrière la caméra. Pour son premier coup d’essai, Comme il est court le temps d’aimer (1970), il n’est pas crédité à la mise en scène, au même titre que son confrère Jean-François Davy, et le film sera signé Pier A. Caminnecci. En revanche, Les Désaxées (1972) est officiellement sa première réalisation, largement inspirée de sa propre vie, film dans lequel il donne la réplique à son épouse Janine Reynaud. Après s’être fait la main (et quelques nanas à l’écran), Michel Lemoine peut enfin mettre en route le film fantastique qu’il avait longtemps imaginé, Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, connu sous le titre Sept filles pour un sadique, et Seven Women for Satan pour son exploitation internationale. Tourné entre Les Petites Saintes y touchent, également connu sous le titre Jeunes filles en extase (1974) et Tire pas sur mon collant (1978), l’érotisme possède une place prépondérante dans cette série B tournée en 13 jours avec un budget dérisoire, mais l’ensemble se tient car irrigué par un amour contagieux pour l’épouvante avec quelques scènes bien gratinées où le sang coule sur les poitrines des belles donzelles, toujours prêtes à tomber sous le charme de ce mystérieux Boris Zaroff.

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Test 4K-UHD / Jumanji : Next Level, réalisé par Jake Kasdan

JUMANJI : NEXT LEVEL réalisé par Jake Kasdan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K-UHD le 27 mai 2020 chez Sony Pictures.

Acteurs : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Jack Black, Karen Gillan, Danny DeVito, Danny Glover, Ashley Scott, Awkwafina, Rhys Darby, Nick Jonas, Rory McCann…

Scénario : Jake Kasdan, Jeff Pinkner, Scott Rosenberg

Photographie : Gyula Pados

Musique : Henry Jackman

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

L’équipe est de retour mais le jeu a changé. Alors qu’ils retournent dans Jumanji pour secourir l’un des leurs, ils découvrent un monde totalement inattendu. Des déserts arides aux montagnes enneigées, les joueurs vont devoir braver des espaces inconnus et inexplorés, afin de sortir du jeu le plus dangereux du monde.

Il fallait s’y attendre après quasiment un milliard de dollars amassés au box-office, le triomphe inattendu de Jumanji : Bienvenue dans la jungle a immédiatement engrangé une suite, soit un Jumanji 3, intitulé cette fois et logiquement Jumanji : Next Level. Même réalisateur à la barre, Jake Kasdan, les mêmes stars en tête d’affiche, Dwayne – The Rock – Johnson, Jack Black, Kevin Hart et Karen Gillan, auxquels se joignent les vétérans Danny De Vito et Danny Glover, ainsi que la rappeuse, actrice et animatrice de télévision, l’excellente Awkwafina. Sans oublier le jeune casting, quelques personnages et avatars déjà vus dans le précédent volet, et voilà c’est reparti pour un tour ! Si le début laisse perplexe et fait surtout peur en raison de redites, parfois à la réplique près, avec Jumanji : Bienvenue dans la jungle, Jake Kasdan et ses scénaristes passent ensuite la vitesse supérieure et Jumanji : Next Level parvient à trouver un ton suffisamment original, tout en prolongeant l’histoire narrée précédemment. Avec son budget plus conséquent, près de cinquante millions de dollars ont été mis en plus dans la balance par rapport à Bienvenue dans la jungle, l’univers de Jumanji s’agrandit, se peuple de nouvelles et de multiples bestioles en tout genre, les décors se développent, les séquences d’action sont encore plus invraisemblables (mais vous êtes dans un jeu vidéo, ne l’oubliez pas), l’humour y est encore plus présent et les comédiens s’éclatent avec une joie absolument contagieuse. Jumanji : Next Level est donc un énorme divertissement, pour les petits et les grands, réussi haut la main.

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Test DVD / In Fabric, réalisé par Peter Strickland

IN FABRIC réalisé par Peter Strickland, disponible en DVD le 17 mars 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Sidse Babett Knudsen, Marianne Jean-Baptiste, Julian Barratt, Steve Oram, Jaygann Ayeh, Zsolt Páll, Richard Bremmer, Deborah Griffin, Gwendoline Christie…

Scénario : Peter Strickland

Photographie : Ari Wegner

Musique : Cavern of Anti-Matter

Durée : 1h54

Année de sortie : 2018

LE FILM

La boutique de prêt-à-porter Dentley & Soper’s, son petit personnel versé dans les cérémonies occultes, ses commerciaux aux sourires carnassiers. Sa robe rouge, superbe, et aussi maudite qu’une maison bâtie sur un cimetière indien. De corps en corps, le morceau de tissu torture ses différent(e)s propriétaires avec un certain raffinement dans la cruauté.

Franchement, on ne sait pas ce que Peter Strickland fume en cachette, mais c’est de la bonne ! Avec In Fabric, son quatrième long métrage, le réalisateur et scénariste britannique repousse les limites de son dispositif, quitte à décontenancer de nombreux spectateurs, tout en comblant l’attente de celles et ceux qui le suivent depuis ses débuts. Après Katalin Varga (2009), primé au Festival de Berlin, Berberian Sound Studio (2012), primé à Locarno, et The Duke of Burgundy, film uniquement composé d’actrices, Peter Strickland (né en 1973) continue sur sa lancée et In Fabric témoigne une fois de plus de la singularité de son cinéma marqué par de nombreuses références au genre horrifique, en particulier le giallo. Et c’est une grande réussite.

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