Test Blu-ray / 10 Minutes Gone, réalisé par Brian A. Miller

10 MINUTES GONE réalisé par Brian A. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 10 juin 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Bruce Willis, Michael Chiklis, Meadow Williams, Kyle Schmid, Texas Battle, Lydia Hull, Swen Temmel, John D. Hickman…

Scénario : Kelvin Mao, Jeff Jingle

Photographie : Peter Holland

Musique : Bob Mori, Michael Trent

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Frank, un truand notoire, prépare le braquage d’une banque avec son frère Joe et quelques complices. Au moment où ils s’apprêtent à sortir de la banque, l’alarme se déclenche et les policiers se trouvent rapidement sur les lieux. En prenant la fuite, Frank est assommé. Lorsqu’il reprend connaissance, dix minutes se sont écoulées. Le cadavre de son frère gît sur le sol. Il tente de comprendre ce qu’il s’est passé durant ce laps de temps.

Ne t’inquiète pas Michael, la cantine est bonne, c’est déjà ça !

Tiens, Brian A. Miller est de retour ! Ce nom ne vous dit rien ? Vous n’êtes pas attentifs…Brian A. Miller est le metteur en scène de séries B aux titres évocateurs, Crossfire (2010, avec Chris Klein, vous vous rappelez ?), House of the Rising Sun (aka The Redemption en « VF », 2011, avec Dave Bautista), le navrant (euphémisme) Backtrace (2018) avec Sylvester Stallone et ses implants capillaires, mais aussi le sympatoche The Prince (2014) avec Jason Patric, John Cusack et Bruce Willis. Ce dernier est fidèle à Brian A. Miller, et ce en dépit de leurs mauvais films en commun, puisque l’ami Bruce et le réalisateur tourneront également Vice (2015) et Représaille (2018). A peine avions-nous eu le temps de peaufiner notre chronique de ce dernier, que les deux compères avaient déjà emballé 10 Minutes Gone ! En fait, on suppose que la mise en route d’un de leurs films se passe comme ça au téléphone : « Salut Bruce, c’est Brian ! » « Salut. » « Dis-moi tu aurais une journée de libre pour un tournage à Cincinatti ? » « Ouais, c’est un peu calme en ce moment, mais je suis bien reposé, j’ai même dormi durant les prises de vue de Glass, mais ça ne se voit pas trop. » « Ah bah justement j’ai un truc à te proposer. On a trouvé un étage vide dans un building désaffecté de la ville qu’on pourrait aménager avec quelques chaises et une pauvre table. Ça pourrait faire le bureau de ton personnage. On a aussi un costard trois-pièces à te faire porter. On ne l’a qu’en un seul exemplaire par contre, faudra faire gaffe de ne pas le tâcher, mais comme de toute façon tu ne quitteras pas ce décor de la journée et que tu réciteras tous tes dialogues au téléphone, cela ne devrait pas poser de soucis ! » « Ça me tente bien dis-donc ! On signe où ? J’en suis ! » « Parfait ! Rendez-vous samedi entre 9h et 16h, on devrait pouvoir enquiller toutes tes scènes avant le goûter. Michael Chiklis s’occupera du reste et il nous coûtera aussi cher que toi en shampooing ». Autant vous dire que si vous espérez revoir Bruce Willis en pleine action, passez votre chemin, car il ne fout absolument rien dans 10 Minutes Gone, à part plisser les yeux et pincer la bouche durant ses apparitions dispersées en pointillés durant 90 minutes.

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Test Blu-ray / La Bataille pour Anzio, réalisé par Edward Dmytryk

LA BATAILLE POUR ANZIO (ANZIO !) réalisé par Edward Dmytryk, disponible en DVD et Blu-ray le 15 juillet 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Robert Mitchum, Peter Falk, Robert Ryan, Earl Holliman, Mark Damon, Arthur Kennedy, Reni Santoni, Joseph Walsh…

Scénario : Harry A.L. Craig, Frank De Felitta, Duilio Coletti, Giuseppe Mangione d’après le roman Anzio de Wynford Vaughan-Thomas

Photographie : Giuseppe Rotunno

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Le 22 juin 1944, à Anzio, en Italie, 35 000 soldats des forces alliées débarquent de 253 navires de guerre dans le but de marcher triomphalement sur Rome. Ces soldats, américains et anglais, ont pour mission de stopper l’armée allemande menée par le Général Kesselring. Parmi eux, le caporal Dick Ennis, un correspondant de guerre cynique et désabusé, et sept de ses compagnons vont subir les conséquences des erreurs tactiques et stratégiques du responsable de l’opération, le général Leslly. Sa passivité va, en effet, permettre à Kesselring de réorganiser sa défense, et même de contre-attaquer victorieusement, menant les troupes alliées au bord de la catastrophe…

Parler du cinéaste Edward Dmytryk (1908-1999) est toujours un immense plaisir. Nous l’avons déjà fait, mais nous allons le refaire. Edward Dmytryk, sympathisant de la gauche politique américaine, adhérant au parti communiste américain, figure parmi les célèbres Dix d’Hollywood. Convoqué par la Commission des Activités Anti-Américaines, il est condamné à six mois de prison, 500 dollars d’amende, puis s’exile en Grande-Bretagne à la fin des années 1940. Il revient peu de temps après aux USA, purge sa peine de prison et à l’instar d’Elia Kazan dénonce finalement certains acteurs, réalisateurs et scénaristes afin de s’affranchir des soupçons qui pèsent sur lui. C’est un scandale, sa carrière ne s’en remettra jamais totalement. Néanmoins, le cinéaste n’aura jamais arrêté de tourner jusqu’à la fin des années 1970. Edward Dmytryk c’est pêle-mêle L’Homme à l’affûtThe Sniper (1952), La Lance brisée – Broken Lance (1954), Ouragan sur le CaineThe Caine Mutiny (1954), Le Bal des mauditsThe Young Lions (1958),L’Homme aux colts d’orWarlock (1959), La Rue chaude – Walk on the Wild Side (1962), Alvarez Kelly (1966) et bien d’autres ! S’il avait déjà la moitié de sa carrière derrière lui avec près de 25 longs métrages au compteur, Edward Dmytryk signera ses plus belles et ses plus grandes œuvres dans les années 1950. La Bataille pour Anzio, ou simplement Anzio (son titre international), ou bien encore Lo Sbarco di Anzio puisqu’il s’agit d’une coproduction italo-américaine à laquelle le cinéaste transalpin Duilio Coletti participera et sera d’ailleurs mentionné comme co-réalisateur aux côtés d’Edward Dmytryk, vaut essentiellement aujourd’hui pour son casting qui réunit Robert Mitchum, Peter Falk, Robert Ryan, Earl Holliman, ainsi que la figure reconnaissable des acteurs du cru, Giancarlo Giannini et Venantino Venantini. Comme très souvent, Dino De Laurentiis donne tous les moyens nécessaires pour créer sur grand écran un divertissement colossal, pris en charge cette fois par un metteur en scène qui n’a plus rien à prouver et qui signe une œuvre propre, sans fioritures, formidablement interprétée, pas indispensable certes, mais qui a su conserver un charme indiscutable.

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Test Blu-ray / Comme un oiseau sur la branche, réalisé par John Badham

COMME UN OISEAU SUR LE BRANCHE (Bird on a Wire) réalisé par John Badham, disponible en DVD et Blu-ray le 8 juillet 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Mel Gibson, Goldie Hawn, David Carradine, Bill Duke, Stephen Tobolowsky, Joan Severance, Harry Caesar, Jeff Corey, Alex Bruhanski, John Pyper-Ferguson, Clyde Kusatsu…

Scénario : David Seltzer, Louis Venosta, Eric Lerner

Photographie : Robert Primes

Musique : Hans Zimmer

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

15 ans plus tôt, Rick Jarmin a témoigné contre deux agents fédéraux corrompus. Depuis, il vit sous une fausse identité. Mais il croise par hasard Marianne Graves, son amour de jeunesse, qui le reconnaît. Au même moment, les agents qu’il a fait condamner retrouvent sa trace. Désormais, Rick et Marianne ne sont plus en sécurité.

Comme un oiseau sur la brancheBird on a Wire (1990) n’est sans doute pas le long métrage le plus célèbre avec Mel Gibson, mais il a pourtant su conserver de très nombreux aficionados, qui en ont fait un vrai film culte, notamment en raison du tandem formé avec la formidable Goldie Hawn. Véritablement explosive, la comédienne, trop rare au cinéma, trouve ici un de ses meilleurs rôles, dans lequel elle laisse libre cours à sa fantaisie et à son talent comique, avec une spontanéité renversante doublée d’une évidente sensualité. Le duo fait des étincelles dans cette comédie d’aventures et d’action menée à cent à l’heure, qui en dépit d’un final bien trop étiré, demeure aussi jubilatoire que foncièrement divertissante trente ans après sa sortie.

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Test DVD / 5 est le numéro parfait, réalisé par Igort

5 EST LE NUMÉRO PARFAIT (5 è il numero perfetto) réalisé par Igort, disponible en DVD et Blu-ray le 17 juin 2020 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Toni Servillo, Valeria Golino, Carlo Buccirosso, Iaia Forte, Giovanni Ludeno, Lorenzo Lancellotti, Vincenzo Nemolato, Manuela Lamanna…

Scénario : Igort d’après son roman graphique

Photographie : Nicolai Brüel

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Peppino Lo Cicero, ex-tueur à gages de la Camorra est fier de son fils qui gravit les échelons du crime organisé. Mais quand celui-ci est froidement tué dans un guet-apens, il reprend du service accompagné de son ami Toto le boucher. Leur quête de vérité va déclencher une spirale de vengeances et de trahisons dans les clans mafieux du Naples des années 70.

Le projet d’adaptation cinématographique du roman graphique 5 est le numéro parfait – 5 è il numero perfetto, de l’auteur de bande dessinée italien Igort, de son vrai nom Igor Tuveri, remonte à plus de quinze ans. Sortie en 2002 chez Casterman, cette œuvre publiée dans 20 pays, traduite dans 15 langues et récompensée par de nombreux prix internationaux, a immédiatement conquis le public et la critique. Plusieurs producteurs venus du monde entier ont alors tenté d’en acquérir les droits, tandis que les cinéastes se bousculaient pour transposer cet univers sur le grand écran. Finalement, Igort décide de franchir le pas pour adapter lui-même son propre univers au cinéma. 5 est le numéro parfait sort des sentiers battus dans le cinéma italien, plus habitué aux comédies ou aux drames ou thrillers historiques. Si l’on pense forcément à Sin City (2005) de Frank Miller et Robert Rodriguez et à Dick Tracy (1990) de Warren Beatty, le film trouve son ton, reste évidemment modeste, mais Igort fait preuve d’un sens du cadre, bien plus que du rythme c’est vrai, et peut surtout compter sur l’intense interprétation du plus grand comédien de sa génération, l’immense Toni Servillo, qui porte le film sur ses épaules.

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Test DVD / Primal, réalisé par Nick Powell

PRIMAL réalisé par Nick Powell, disponible en DVD le 29 juillet 2020 chez AB Vidéo.

Acteurs : Nicolas Cage, Famke Janssen, Kevin Durand, Michael Imperioli, LaMonica Garrett, Tommy Walker, Rey Hernandez, John Lewis…

Scénario : Richard Leder

Photographie : Vern Nobles Jr.

Musique : Guillaume Roussel

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Frank Walsh, chasseur pour les zoos fait une traversée avec plusieurs de ses “prises”, parmi lesquelles un jaguar blanc très rare. Lorsqu’un assassin politique s’échappe de sa cabine et relâche les animaux captifs, c’est la panique à bord ! Frank doit désormais sauver l’équipage de ces dangereuses créatures et du criminel.

En 2014, sortait CroisadesOutcast, réalisé par Nick Powell, avec Nicolas Cage et l’inénarrable Hayden Christensen. Un film d’aventures et d’action franchement pas déplaisant, mauvais ou douteux, beaucoup mieux par exemple que Le Dernier des Templiers, mais qui s’avérait au final dépassé et déjà-vu. Cinq ans plus tard, le comédien et le réalisateur remettent le couvert avec Primal. Retour dans les années 1990 avec ce long métrage filmé à Porto Rico, qui oscille entre Piège en haute mer (1992) d’Andrew Davis et Anaconda, le prédateur (1997) de Luis Llosa. Si le film est maladroitement vendu sur l’affrontement entre Nicolas Cage et un jaguar blanc, Primal est avant tout une chasse à l’homme entre un groupe de soldats et un terroriste en passe d’être jugé pour crime contre l’humanité, où notre ami Nicky, qui interprète ici un chasseur indépendant spécialisé dans les animaux sauvages, s’interpose puisque l’accusé n’a rien trouvé de mieux à faire que libérer quelques-unes de ses proies en se faisant la malle. On est tout d’abord quelque peu frustré puisque nous ne verrons quasiment jamais Nicolas Cage affronter son jaguar blanc durant 1h30, puis on se laisse prendre finalement au jeu de ce quasi-huis clos dont l’intrigue se déroule essentiellement à bord d’un cargo pourri, où les personnages se cherchent, se trouvent, se bastonnent, tirent dans tous les sens ou se battent au couteau, tandis que les serpents, les singes aux dents aiguisés et le jaguar (en images de synthèse, dans la veine du Prédateur de Dick Maas) investissent les cabines, les couloirs et la cuisine du rafiot. Très en forme, Nicolas Cage – avec son arc et ses sarbacanes – a l’air de s’amuser dans ce rôle de mec bourru, qui balance des vannes cigare au bec et qui comme d’habitude se donne à fond dans une entreprise pourtant ultra-modeste et limitée. Est-il nécessaire de préciser que le film ne vaut que pour lui ?

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Test DVD / Kill Chain, réalisé par Ken Sanzel

KILL CHAIN réalisé par Ken Sanzel, disponible en DVD le 3 juin 2020 chez AB Vidéo.

Acteurs : Nicolas Cage, Ryan Kwanten, Enrico Colantoni, Anabelle Acosta, Alimi Ballard, Angie Cepeda, Jon Mack, Eddie Martinez…

Scénario : Ken Sanzel

Photographie : Manuel Castañeda

Musique : Mario Grigorov

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Une fusillade entre snipers provoque un enchaînement d’événements inattendus. La nuit sera longue et les corps tombent les uns après les autres. Entre trahisons, vengeance et quête de rédemption, le destin de chacun se retrouve irrémédiablement bouleversé.

Il est difficile de situer le tournage de Kill Chain dans la carrière de Nicolas Cage, du moins entre 2018 et 2019. Le seul repère demeure la barbe du comédien, qui a sûrement tourné le film qui nous intéresse aujourd’hui en même temps que Mandy de Panos Cosmatos, The Watcher de Tim Hunter, Between Worlds de Maria Pulera et Primal de Nick Powell, même si Code 211 de York Shackleton, Froide vengeance de Shawn Ku, Running with the Devil de Jason Cabell et Color Out of Space de Richard Stanley s’immiscent dans cette liste et dans lesquels Nicolas Cage est pourtant glabre. Certes l’acteur est probablement celui qui tourne le plus depuis des années, mais sa barbe ne peut pas pousser en une seule journée tout de même ! Après cette réflexion philosophique qui ne manquera pas de tarauder l’esprit des étudiants en cinéma américains dans un demi-siècle quand ils se pencheront sur les cas les plus énigmatiques du septième art, revenons à Kill Chain, mis en boite en août 2018 par le réalisateur Ken Sanzel, ancien scénariste du petit film culte d’Antoine Fuqua, Un tueur pour cibleThe Replacement Killers, avec Mira Sorvino et Chow Yun-Fat. Cet ancien soldat et officier de police passe derrière la caméra en 1998 avec son premier long métrage Scar City. Il se consacre essentiellement à la télévision en créant la série Numb3ers, dont il met en scène quelques épisodes. En 2015, Ken Sanzel revient au cinéma avec Blunt Force Trauma, petit film sympathique où Mickey Rourke et Freida Pinto interprètent des champions de duels au pistolet. On comprend ce qui a pu attirer Nicolas Cage dans cette petite production qu’est Kill Chain, une rapidité d’exécution, une présence réduite à l’écran (il n’apparaît que 45 minutes dans le film), une longue séquence dans laquelle il se démarque et un aspect néo-noir qu’il affectionne tout particulièrement depuis toujours. Soyons honnêtes, Kill Chain pâtit des 45 premières minutes (hors introduction où il apparaît brièvement) durant lesquels le comédien laisse le champ libre à ses camarades de jeu, avant de revenir à mi-temps jusqu’à la fin du film.

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Test 4K-UHD / Jumanji : Next Level, réalisé par Jake Kasdan

JUMANJI : NEXT LEVEL réalisé par Jake Kasdan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K-UHD le 27 mai 2020 chez Sony Pictures.

Acteurs : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Jack Black, Karen Gillan, Danny DeVito, Danny Glover, Ashley Scott, Awkwafina, Rhys Darby, Nick Jonas, Rory McCann…

Scénario : Jake Kasdan, Jeff Pinkner, Scott Rosenberg

Photographie : Gyula Pados

Musique : Henry Jackman

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

L’équipe est de retour mais le jeu a changé. Alors qu’ils retournent dans Jumanji pour secourir l’un des leurs, ils découvrent un monde totalement inattendu. Des déserts arides aux montagnes enneigées, les joueurs vont devoir braver des espaces inconnus et inexplorés, afin de sortir du jeu le plus dangereux du monde.

Il fallait s’y attendre après quasiment un milliard de dollars amassés au box-office, le triomphe inattendu de Jumanji : Bienvenue dans la jungle a immédiatement engrangé une suite, soit un Jumanji 3, intitulé cette fois et logiquement Jumanji : Next Level. Même réalisateur à la barre, Jake Kasdan, les mêmes stars en tête d’affiche, Dwayne – The Rock – Johnson, Jack Black, Kevin Hart et Karen Gillan, auxquels se joignent les vétérans Danny De Vito et Danny Glover, ainsi que la rappeuse, actrice et animatrice de télévision, l’excellente Awkwafina. Sans oublier le jeune casting, quelques personnages et avatars déjà vus dans le précédent volet, et voilà c’est reparti pour un tour ! Si le début laisse perplexe et fait surtout peur en raison de redites, parfois à la réplique près, avec Jumanji : Bienvenue dans la jungle, Jake Kasdan et ses scénaristes passent ensuite la vitesse supérieure et Jumanji : Next Level parvient à trouver un ton suffisamment original, tout en prolongeant l’histoire narrée précédemment. Avec son budget plus conséquent, près de cinquante millions de dollars ont été mis en plus dans la balance par rapport à Bienvenue dans la jungle, l’univers de Jumanji s’agrandit, se peuple de nouvelles et de multiples bestioles en tout genre, les décors se développent, les séquences d’action sont encore plus invraisemblables (mais vous êtes dans un jeu vidéo, ne l’oubliez pas), l’humour y est encore plus présent et les comédiens s’éclatent avec une joie absolument contagieuse. Jumanji : Next Level est donc un énorme divertissement, pour les petits et les grands, réussi haut la main.

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Test Blu-ray / Trilogie Majin : Majin, Le Retour de Majin, Le Combat final de Majin, réalisés par Kimiyoshi Yasuda, Kenji Misumi & Kazuo Mori

MAJIN, LE RETOUR DE MAJIN, LE COMBAT FINAL DE MAJIN (Daimajin, Daimajin ikaru, Daimajin gyakushū) réalisés par Kimiyoshi Yasuda, Kenji Misumi et Kazuo Mori, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Miwa Takada, Yoshihiko Aoyama, Jun Fujimaki, Ryūtarō Gomi, Kōjirō Hongō, Shiho Fujimura, Tarō Marui, Takashi Kanda, Riki Hashimoto, Hideki Ninomiya, Shinji Hori, Masahide Iizuka…

Scénario : Tetsurō Yoshida

Photographie : Fujio Morita

Musique : Akira Ifukube

Durée : 1h24 / 1h19 / 1h27

Année de sortie : 1966

LA TRILOGIE

Les trois longs métrages de la série Daimajin (dans l’ordre : Majin, Le Retour de Majin, Le Combat final de Majin) furent tournés simultanément durant l’année 1966. Cette trilogie, affiliée aux genres Kaiju Eiga (films de monstres géants, dont Godzilla demeure le précurseur) et Jidai Geki (en rapport avec l’histoire du Japon médiéval, et notamment le chanbara – film de sabre), développe une thématique commune en fil conducteur. Ainsi, dans chacun de ces films, Daimajin, un géant de pierre, vient aider des villageois opprimés par un seigneur tyrannique. Sorte d’équivalence au Golem issu de la mythologie juive, Daimajin (traduction littérale : « Grand Démon ») est une divinité de pierre endormie, ne se réveillant que pour porter secours au peuple et châtier l’oppresseur. Et ce dernier, qu’il soit chambellan ou monarque, peut alors trembler, car la vengeance de Daimajin n’a aucune limite !

Ou quand la Daiei, société de production cinématographique japonaise fondée en janvier 1942, décide de mélanger les genres, le film historique et le film fantastique, tout en surfant sur le grand succès rencontré par Gamera, réalisé par Noriaki Yuasa et sorti en 1965. Ainsi naît Majin, de Kimiyoshi Yasuda (1911-1983), bien connu des cinéphiles pour avoir mis en scène six des vingt-six films de la série Zatoichi interprétée par Shintarō Katsu. Ici, point de monstre préhistorique ressemblant à une tortue, mais une statue de pierre avoisinant les dix mètres de haut ! En avril 1966, le triomphe de Majin est suivi de deux suites, en fait tournées en même temps, Le Retour de Majin de Kenji Misumi et Le Combat final de Majin de Kazuo Mori, qui sortent respectivement en août 1966 et en décembre 1966. Chaque opus de cette trilogie reprend peu ou prou la même trame (les trois films ont été écrits par Tetsurō Yoshida), mais transposée chaque fois dans une atmosphère différente. Aujourd’hui, revoir les trois épisodes à la suite s’apparente à un récit composé de trois chapitres qui se reflètent et se complètent tout en même temps. Produits par Masaichi Nagata (président de la Daiei), tournés dans de magnifiques décors, naturels ou reconstitués en studio, Majin, Le Retour de Majin et Le Combat final de Majin sont de véritables merveilles cinématographiques, pleines de magie, d’aventures, de combats au sabre, de belles valeurs et de bons sentiments.

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Test Blu-ray / Les Mutinés du Téméraire, réalisé par Lewis Gilbert

LES MUTINÉS DU TÉMÉRAIRE (H.M.S. Defiant) réalisé par Lewis Gilbert, disponible en DVD et Blu-ray le 2 juin 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Alec Guinness, Dirk Bogarde, Maurice Denham, Nigel Stock, Richard Carpenter, Peter Gill, David Robinson, Robin Stewart…

Scénario : Nigel Kneale, Edmund H. North d’après le roman de Frank Tilsley

Photographie : Christopher Challis

Musique : Clifton Parker

Durée : 1h41

Année de sortie : 1962

LE FILM

En 1797, pendant les guerres napoléoniennes, l’équipage du Téméraire, un navire anglais voguant en Méditerranée, se révolte, indigné par la cruauté du second, le lieutenant Paget, et, malgré les tentatives d’apaisement, se rend hors-la-loi.

Quand on évoque le nom de Lewis Gilbert (1920-2018), les cinéphiles pensent immédiatement à ses opus de la saga James Bond, On ne vit que deux foisYou Only Live Twice (1967), L’Espion qui m’aimaitThe Spy Who Loved Me (1977) et Moonraker (1979). En fait, avant d’en venir à l’agent 007, le réalisateur britannique avait déjà plus de vingt ans de carrière derrière lui et près de 25 longs métrages à son actif, ainsi que divers documentaires. Citons pêle-mêle Vainqueur du cielReach for the Sky (BAFTA du meilleur film britannique en 1957), Visa pour Hong KongFerry to Hong Kong (1959) avec Curd Jürgens et Orson Welles, ou bien le très célèbre Coulez le Bismarck !Sink the Bismarck ! (1960) avec Kenneth More. Avant On ne vit que deux fois, Lewis Gilbert avait aussi mis en scène le formidable H.M.S. Defiant, également connu sous le titre de Damn the Defiant !, soit Les Mutinés du Téméraire dans nos contrées. Adapté du roman Mutiny de Frank Tilsley, ce grand film d’aventures témoigne du solide bagage technique du réalisateur, ce qui l’a sûrement aidé plus tard pour qu’Harry Saltzman et Albert R. Broccoli décident de lui confier les trois budgets pharaoniques des épisodes de James Bond susmentionnés. Filmé comme un véritable huis clos tendu du début à la fin, Les Mutinés du Téméraire est aussi l’occasion d’admirer la confrontation de deux monstres sacrés du cinéma britannique, Alec Guinness et Dirk Bogarde, exceptionnels.

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Test Blu-ray / Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express, réalisé par Herbert Ross

SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L’ORIENT-EXPRESS (The Seven-Per-Cent Solution) réalisé par Herbert Ross, disponible en DVD et Blu-ray le 28 janvier 2020 chez BQHL Editions

Acteurs : Nicol Williamson, Robert Duvall, Alan Arkin, Vanessa Redgrave, Laurence Olivier, Joel Grey…

Scénario : Nicholas Meyer, d’après son roman

Photographie : Oswald Morris

Musique : John Addison

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Inquiet de la dépendance à la cocaïne dont souffre son ami, le docteur Watson emmène Sherlock Holmes à Vienne où il doit rencontrer le docteur Freud qui va tenter de le soigner, et en même temps, essayer de résoudre un mystérieux kidnapping…

Contrairement à ce que l’on pourrait évidemment penser, Sherlock Holmes attaque l’Orient-ExpressThe Seven-Per-Cent Solution n’est pas l’adaptation d’un des écrits de Sir Arthur Conan Doyle, mais celle du roman éponyme de Nicholas Meyer, qui signe également le scénario, qui reprenait les célèbres personnages de Sherlock Holmes, du Dr John H. Watson et même du professeur James Moriarty, dans un pastiche inattendu. Succès foudroyant, best-seller resté plus de quarante semaines dans le top, The Seven-Per-Cent Solution a donc rapidement connu les honneurs d’une transposition au cinéma. Formidable film d’aventures, mais aussi enquête policière, drame psychologique et toujours teinté d’humour, Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express apparaît presque comme étant une Ligue des Gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisque cette histoire fait se rencontrer le célèbre détective du 221B Baker Street et Sigmund Freud. Ce dernier va non seulement aider Sherlock Holmes à se sortir de la spirale infernale de la cocaïne dans laquelle il se perd depuis de très nombreuses années, mais aussi l’épauler et même participer à mettre la main sur un kidnappeur. Tout cela, avec l’aide précieuse du Dr Watson, qui a d’ailleurs organisé cette confrontation, dans le but d’aider son meilleur ami. Si son titre français est bien trompeur, puisque jamais le célèbre train n’apparaît dans le film, Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express est un grand spectacle, riche, dense, parfois ambigu, merveilleusement interprété et mis en scène. Une belle découverte.

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