Test Blu-ray / Les Traqués de l’an 2000, réalisé par Brian Trenchard-Smith

LES TRAQUÉS DE L’AN 2000 (Turkey Shoot) réalisé Brian Trenchard-Smith, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 26 mai 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Steve Railsback, Olivia Hussey, Michael Craig, Carmen Duncan, Noel Ferrier, Lynda Stoner, Roger Ward, Michael Petrovitch…

Scénario : Jon George & Neill D. Hicks, d’après une histoire originale de George Schenk, Robert Williams & David Lawrence

Photographie : John R. McLean

Musique : Brian May

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Une société totalitaire, dans un futur proche. Des citoyens considérés comme déviants sont capturés et enfermés dans un camp de réhabilitation. Brimades et tortures sont au rendez-vous mais le directeur du camp pousse le sadisme jusqu’à une chasse à l’homme des plus sanglantes.

Le 15 juin 1983, en France, débarquait sur nos écrans Turkey Shoot (bien plus pertinent que le titre français Les Traqués de l’an 2000), alors que Mad Max 2 : Le Défi était sorti deux ans auparavant. On est au coeur de la période la plus prolifique de l’Ozploitation et le film de Brian Trenchard-Smith (Le Gang des BMX, Leprechaun 3) mélange aventures dystopiques et récit horrifique. C’est une sorte de remake des Chasses du Comte ZaroffThe Most Dangerous Game (1932) rétrofuturiste, avec des réminiscences du Pont de la Rivière KwaïThe Bridge on the River Kwai (1957) et de Furyo (1983). En dépit des drastiques restrictions budgétaires de dernière minute, la mise en scène est sans grand éclat certes, mais bien troussée. Des restrictions d’argent et donc forcément de temps. Et dans cette urgence, on sent parfois une direction d’acteurs à l’arrache. Mais au-delà de son aspect ultra violent et parfois kitsch, Les Traqués de l’an 2000 se réapproprie les thématiques de l’abus de pouvoir, de la liberté et de l’asservissement de manière très efficace et avec un rythme toujours maintenu dans une satire politique un brin vieillotte sous certains aspects, mais anxiogène et terrifiante (d’ailleurs, le directeur du camp se nomme… Thatcher !). Mais la cerise sur le gâteau est très certainement ses nombreuses trouvailles visuelles et les ondes de comédie noire qui traversent le récit (comme la présence d’un catcheur-loup garou chopé dans une foire au freaks, la femme qui monte et charge un fusil les yeux bandés le plus vite possible) ou les touches gores que ne renieraient pas Lucio Fulci et Mario Bava.

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Test Blu-ray / 355, réalisé par Simon Kinberg

355 (The 355) réalisé par Simon Kinberg, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 25 mai 2022 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Jessica Chastain, Penélope Cruz, Bingbing Fan, Diane Kruger, Lupita Nyong’o, Édgar Ramírez, Sebastian Stan, Jason Flemyng…

Scénario : Theresa Rebeck & Simon Kinberg

Photographie : Tim Maurice-Jones

Musique : Junkie XL

Durée 2h03

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Une arme technologique capable de prendre le contrôle de réseaux informatiques tombe entre de mauvaises mains. Les agences de renseignements du monde entier envoient leurs agentes les plus redoutables là où l’arme destructrice a été localisée : à Paris. Leur mission : empêcher des organisations terroristes ou gouvernementales de s’en emparer pour déclencher un conflit mondial. Les espionnes vont devoir choisir entre se combattre ou s’allier contre une terrible organisation mondiale aux funestes desseins…

Pas de bol décidément pour Simon Kinberg, qui après le méchant bide de X-Men: Dark Phoenix, qui était pourtant bien mieux que X-Men: Apocalypse et même le surestimé (pour ne pas dire ronflant) X-Men: Days of Future Past, vient de connaître un nouvel échec commercial au cinéma avec son second long-métrage en tant que réalisateur, 355 The 355. Alors qu’il dirigeait Jessica Chastain sur Dark Phoenix, cette dernière lui a directement proposé de mettre en scène un thriller d’espionnage qu’elle désirait produire et interpréter auprès d’autres comédiennes, comme un Mission Impossible au féminin qui se déroulerait aux quatre coins du monde. Produit pour 75 millions de dollars (hors budget promotionnel), 355 n’aura même pas franchi la barre des 15 millions de dollars de recette aux Etats-Unis et n’aura réussi à engranger que 7 millions de billets verts à l’international. Un four colossal, le premier de 2022 d’ailleurs, dont l’affiche était prometteuse. Dommage car 355 (il faudra attendre la fin du film pour avoir l’explication de ce titre étrange) est un divertissement qui ne se prend pas au sérieux, complètement improbable (surtout quand nos héroïnes se bastonnent, courent et sautent avec leurs talons), mais gentiment bad-ass et violemment sexy, dans lequel Jessica Chastain, Diane Kruger (remplaçant au pied levé Marion Cotillard), Lupita Nyong’o, Penélope Cruz et Fan Bingbing rivalisent de charme et prennent un plaisir évident à se donner la réplique. C’est chouette, rondement mené, pas forcément bien emballé (les scènes d’action au montage incompréhensible), mais sans temps mort et on déconnecte son cerveau comme il se doit.

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Test Blu-ray / Le Cid, réalisé par Anthony Mann

LE CID (El Cid) réalisé Anthony Mann, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 16 février 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Charlton Heston, Sophia Loren, Raf Vallone, Geneviève Page, John Fraser, Gary Raymond, Hurd Hatfield, Massimo Serato…

Scénario : Philip Yordan, Fredric M. Frank & Ben Barzman

Photographie : Robert Krasker

Musique : Miklós Rózsa

Durée : 3h

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

L’Espagne est presque entièrement aux mains des Maures du sultan Ben Youssouf. Seuls les petits royaumes d’Aragon et de Léon résistent encore. Don Rodrigue, jeune chevalier castillan, multiplie les exploits, au point que ses ennemis eux-mêmes l’appellent le Cid, le seigneur. Pour avoir fait grâce à des princes arabes vaincus, Rodrigue est accusé de trahison par le père de sa bien-aimée, don Gormaz. Au cours du duel les opposant, Rodrigue blesse à mort don Gormaz, qui fait jurer à sa fille Chimène qu’elle le vengera. Partagée entre son amour pour Rodrigue et sa promesse, Chimène choisit de tenir parole…

En l’espace de dix ans, Charlton Heston aura interprété à l’écran le président Andrew Jackson (Le Général invincible d’Henry Levin), par ailleurs à deux reprises (Les Boucaniers d’Anthony Quinn), Buffalo Bill (Le Triomphe de Buffalo Bill de Jerry Hopper), l’explorateur William Clark (Horizons lointains de Rudolph Maté) et Moïse (Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille). Si l’on ajoute à tous ces rôles celui de Judah Ben-Hur, le comédien est devenu le spécialiste des personnages « bigger than life ». Charlton Heston est incontestablement l’une des plus grandes stars du cinéma et débarque dans les années 1960 avec Le Cid El Cid d’Anthony Mann, superproduction internationale dans laquelle il incarne Rodrigo Díaz de Vivar, dit El Cid Campeador ou simplement El Cid, chevalier mercenaire chrétien, héros de la Reconquista. Si ce dernier est évidemment peu connu en dehors des frontières espagnoles, l’occasion était trop belle pour le producteur Samuel Bronston (John Paul Jones, maître des mers de John Farrow, Le Roi des rois de Nicholas Ray), qui s’empare de ce mythe national pour mettre en route un spectacle cinématographique qui a pour vocation de concurrencer Hollywood, par l’intermédiaire de son studio installé en terre ibérique. Alors qu’il vient de réaliser les scènes du camp d’esclaves en Libye, Anthony Mann est viré du tournage de Spartacus par Kirk Douglas lui-même, producteur en plus de tenir le haut de l’affiche, qui lui reproche son manque de poigne. Samuel Bronston lui confie les rênes du Cid, de son budget conséquent et de son casting quatre étoiles, composé également de Sophia Loren, Raf Vallone, Geneviève Page et John Fraser. Considéré par maître Scorsese comme étant l’un des plus grands films épiques jamais réalisés, Le Cid est assurément l’un des longs-métrages les plus impressionnants que vous aurez l’opportunité de voir dans votre vie de cinéphile.

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Test 4K UHD / Perdita Durango, réalisé par Álex de la Iglesia

PERDITA DURANGO réalisé par Álex de la Iglesia, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 22 novembre 2021 chez Extralucid Films.

Acteurs : Rosie Perez, Javier Bardem, Harley Cross, Aimee Graham, James Gandolfini, Screamin’ Jay Hawkins, Carlos Bardem, Demián Bichir…

Scénario : Barry Gifford, David Trueba, Álex de la Iglesia & Jorge Guerricaechevarria, d’après le roman de Barry Gifford

Photographie : Flavio Martínez Labiano

Musique : Simon Boswell

Durée : 2h10

Année de sortie : 1997

LE FILM

Perdita Durango, une femme solitaire venu au Mexique répandre les cendres de sa soeur, rencontre l’étrange Roméo Dolorosa un tueur sans scrupule adepte de magie noire vaudou. Les deux protagonistes deviennent amants Dans leur périple de sexe et violence ils kidnappent un jeune couple américain en vacances au Mexique. Toujours sur un mauvais coup, Dolorosa se voit confier le transport d’un camion rempli de fœtus pour le compte de la mafia. Mais la route menant jusqu’à Las Vegas sera parsemée de policiers, d’assassins, de journalistes et par les parents des jeunes gens enlevés…

Quasiment deux ans jour pour jour après Le Jour de la bête, Álex de la Iglesia livrait son troisième long-métrage, Perdita Durango, nouvelle bombe cinématographique comme lui seul en a le secret, même si le réalisateur reprenait ici un projet destiné auparavant à son compatriote Bigas Luna. Le film devait à la base réunir Javier Bardem, Madonna et Dennis Hopper, puis dans un deuxième temps Victoria Abril, Johnny Depp et Ray Liotta. Finalement, après la reprise en main par Álex de la Iglesia, Javier Bardem est confirmé, mais le rôle-titre est confié à la torride Rosie Perez, d’origine portoricaine, découverte en 1989 dans Do the Right Thing de Spike Lee, vue ensuite en 1991 dans Night on Earth de Jim Jarmusch, et surtout en 1992 dans Les Blancs ne savent pas sauter White Men Can’t Jump de Ron Shelton, dans lequel elle interprète la petite amie explosive et caliente de Woody Harrelson. Dans Perdita Durango, elle trouve l’un des rôles de sa vie et signe une prestation flippante, qui n’a rien à envier à celle de son partenaire, qui repousse les limites une fois de plus. Álex de la Iglesia embarque son audience dans les aventures mouvementées et violentes de ces « tueurs nés latinos », dans un environnement qui rappelle beaucoup celui de U Turn – Ici commence l’enfer d’Oliver Stone, pourtant sorti en même temps, le même mois, la même année. Particulièrement dérangeant, Perdita Durango n’est certainement pas un film « aimable », le cinéaste s’amusant à pousser les spectateurs dans ses retranchements, son empathie pour des personnages non seulement outranciers, mais aussi criminels et agressifs. C’est une expérience à part entière, pas forcément réussie du début à la fin, comme la plupart des œuvres du metteur en scène qui comme d’habitude a cette fâcheuse tendance à s’éparpiller, mais force est de constater que Perdita Durango n’a absolument rien perdu de sa force et de son aura un quart de siècle après sa sortie.

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Test Blu-ray / Le Pirate des Caraïbes, réalisé par James Goldstone

LE PIRATE DES CARAÏBES (Swashbuckler) réalisé par James Goldstone, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 janvier 2022 chez Rimini Editions

Acteurs : Robert Shaw, James Earl Jones, Peter Boyle, Geneviève Bujold, Beau Bridges, Geoffrey Holder, Avery Schreiber, Tom Clancy, Anjelica Huston…

Scénario : Jeffrey Bloom

Photographie : Philip H. Lathrop

Musique : John Addison

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Mer des Caraïbes, 18ème siècle. Le boucanier Red Ned Lynch et Jane Barnet, une fougueuse jeune femme issue de la noblesse maniant très bien l’épée, joignent leur force pour protéger la Jamaïque du joug d’un cruel tyran…

Du réalisateur James Goldstone (1931-1999), on connaissait surtout l’excellent Virages Winning (1969) avec Paul Newman, drame sportif qui combinait à la fois la crise d’un couple nouvellement marié et l’effervescence du milieu de la course automobile, ainsi que Le Toboggan de la mort (1977), référence du film catastrophe et thriller atypique, puisque le récit se situait essentiellement dans une fête foraine. Sa filmographie recèle décidément des surprises, puisque nous découvrons aujourd’hui Le Pirate des Caraïbes Swashbukler, sorti en 1976, alors que la mode bifurquait tranquillement, mais sûrement vers le genre fantastique, avec notamment l’imminence de Star Wars. Ce film d’aventure complètement anachronique s’avère pourtant un remarquable divertissement, plein de fougue, de charme et de rebondissements, magistralement interprété par le britannique Robert Shaw, qui allait malheureusement disparaître deux ans plus tard à l’âge de 51 ans, des suites d’une attaque cardiaque. Entre Les Dents de la mer Jaws de Steven Spielberg et La Rose et la FlècheRobin and Marian de Richard Lester, dans lequel il arborera l’étoile du shérif de Nottingham, le comédien, monstre de charisme, crève l’écran en digne successeur du Corsaire rouge, autrefois interprété par Burt Lancaster dans le film du même nom de Robert Siodmak. Près de trente ans avant la saga Pirates of the Caribbean, initiée par Gore Verbinski en 2003, Le Pirate des Caraïbes offrait aux spectateurs un fabuleux voyage au temps des flibustiers au sourire carnassier ! Un vrai coup de coeur.

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Test DVD / Vanquish, réalisé par George Gallo

VANQUISH réalisé par George Gallo, disponible en DVD le 24 novembre 2021 chez AB Vidéo.

Acteurs : Ruby Rose, Morgan Freeman, Patrick Muldoon, Nick Vallalonga, Julie Lott, Hannah Stocking, Miles Doleac…

Scénario : George Gallo & Samuel Bartlett

Photographie : Anastas N. Michos

Musique : Aldo Shllaku

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Victoria, ancienne transporteuse pour un baron de la drogue russe, essaye de mettre sa vie de criminelle de coté et d’élever sa fille convenablement. Malheureusement, un ancien commissaire de police ripou kidnappe sa fille pour la contraindre à l’aider à doubler ses anciens partenaires. Elle a une nuit pour s’exécuter avant qu’il ne soit trop tard…

Tiens, revoilà Ruby Rose dans un film d’action ! Écumant les suites au cinéma, Resident Evil : Chapitre final, xXx: Reactivated, John Wick 2 et Pitch Perfect 3 (cherchez l’erreur), la comédienne n’aura eu de cesse de promener son charisme atypique et bad-ass de film en film, ainsi qu’à la télévision où elle aura entre autres interprété Kate Kane / Batwoman durant une saison dans la série éponyme du ArrowVerse. Cependant, Ruby Rose semble avoir du mal à trouver des rôles « consistants ». Après le ronflant En eaux troubles The Meg de Jon Turteltaub, elle aura tenu le haut de l’affiche pour la première fois dans The Doorman, une toute petite série B réalisée par le japonais Ryûhei Kitamura, metteur en scène des acclamés Heat After Dark (1996), Down to Hell (1997) et The Midnight Meat Train. Si ce Die Hard de chez Wish passait le temps et se montrait efficace dans son genre, c’est une autre paire de manches pour Vanquish, réalisé par George Gallo. Né en 1956, ce dernier demeure connu pour avoir écrit Mafia Salad Wise Guys (1986) de Brian De Palma, Midnight Run (1988) de Matin Brest, Bad Boys (1995) de Michael Bay et emballé une comédie très sympa avec Nicolas Cage, Descente à Paradise Trapped in Paradise (1994). Seulement voilà, George Gallo n’a jamais su évoluer et très vite ses films et scénarios sont devenus has-been et navrants, à l’instar de Mon voisin le tueur 2 The Whole Ten Yards de Howard Deutch (peut-être une des pires suites de tous les temps), Nom de Code : Le Nettoyeur Code Name: The Cleaner de Les Mayfield et Mon espion préféré My Mom’s New Boyfriend. Il y a deux ans, il signait le pathétique The Poison Rose, DTV hideux avec John Tavolta, Brendan Fraser et Morgan Fraser. En 2020, il parvient à réunir un casting de fou pour Arnaque à Hollywood The Comeback Trail, dans lequel il dirige Robert De Niro, Tommy Lee Jones, Zach Braff, Emile Hirsch et cette fois encore Morgan Freeman. Avec ce dernier, c’est une affaire qui marche, car ils se retrouvent pour Vanquish, tourné dans le Mississippi après le premier confinement. On y retrouve les mêmes tares que pour The Poison Rose, un montage aux pâquerettes, des effets de style miteux, une photographie au rabais, une réalisation inexistante et une direction d’acteurs aux fraises. D’ailleurs, Morgan Freeman les sucre dans Vanquish, dans lequel il ne fait absolument rien, à part s’endormir dans son fauteuil roulant, tout en débitant ses dialogues ineptes à sa partenaire. A la fois série B et série Z, un BZ quoi, Vanquish est donc parfait pour faire la sieste.

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Test Blu-ray / Faut pas jouer avec les vierges – Zenabel, réalisé par Ruggero Deodato

FAUT PAS JOUER AVEC LES VIERGES (Zenabel) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Lucretia Love, John Ireland, Lionel Stander, Nicola Mauro Parenti, Fiorenzo Fiorentini, Elisa Mainardi, Luigi Leoni, Ignazio Leone…

Scénario : Gino Capone, Ruggero Deodato & Antonio Racioppi

Photographie : Roberto Reale

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Une jeune femme nommée Zenabel découvre que son père a été un riche Espagnol tué par l’impitoyable don Alonso qui lui a volé son titre de noblesse. Elle décide alors de réunir ses amis pour réclamer son titre et combattre l’imposteur.

Zenabel – Davanti a lei tremavano tutti gli uomini ou plus connu en France sous le titre Faut pas jouer avec les vierges, est le sixième long-métrage réalisé par Ruggero Deodato (né en 1939). Agé de 29 ans, le jeune homme affichait alors un palmarès impressionnant en tant qu’assistant-réalisateur auprès de Roberto Rossellini, Sergio Corbucci, Antonio Margheriti, Riccardo Freda et Mauro Bolognini. Un C.V. spectaculaire qui a permis à Ruggero Deodato de passer lui-même derrière la caméra pour Gungala, la panthère nue Gungala la pantera nuda, en remplacement de Romano Ferrara. Utilisant à cette époque le pseudo de Roger Rockfeller, Ruggero Deodato fait preuve d’un réel savoir-faire derrière la caméra pour Zenabel, comme il le fera pour ses six longs-métrages mis en scène en l’espace d’à peine deux ans, dont Phénoménal et le trésor de Toutânkhamon Fenomenal e il tesoro di Tutankamen. Si l’on devait résumer Zenabel en un mot, ce serait bordélique. Mais n’y voyez rien de péjoratif, bien au contraire, car l’oeuvre de Ruggero Deodato transpire d’amour pour le cinéma et le divertissement populaire. Si « tous les hommes tremblaient devant elle » comme l’indique le sous-titre original, les spectateurs se laisseront volontiers embarquer aux côtés de cette héroïne aux cheveux flamboyants, interprétée par Lucretia Love (L’Assassin a réservé 9 fauteuils de Giuseppe Bennati, Les Amazones font l’amour et la guerre d’Alfonson Brescia), bad-ass, sexy et qui en fait voir de toutes les couleurs à la gent masculine.

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Test DVD / Le Livre Noir, réalisé par Anthony Mann

LE LIVRE NOIR (The Black Book) réalisé par Anthony Mann, disponible en DVD le 7 décembre 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Robert Cummings, Richard Basehart, Richard Hart, Arlene Dahl, Arnold Moss, Norman Lloyd…

Scénario : Aeneas MacKenzie & Philip Yordan

Photographie : John Alton

Musique : Sol Kaplan

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

A Paris, en 1794, cinq ans après la Révolution française, le règne de la Terreur est instauré. Robespierre use de toutes les ficelles pour éradiquer ses rivaux et conserver les grâces de la Convention. Il consigne, dans un petit livre noir, les noms de ses ennemis, prochaines victimes de la cruauté révolutionnaire. Mais ce livre noir disparaît. Afin de confondre Robespierre et le destituer, Charles d’Aubigny est chargé de le retrouver, par tous les moyens…

Sur Homepopcorn.fr, nous avons déjà longuement parlé d’Anthony Mann, de sa virtuosité, de sa légende, de son éclectisme, de La Charge des Tuniques Bleues, en passant par Les Affameurs, Je suis un aventurier, Marché de brutes et La Brigade du suicide. Le film que nous évoquerons aujourd’hui s’intitule Le Livre Noir The Black Book et se situe entre Raw Deal et La Porte du diable Devil’s Doorway. A la fin des années 1940, le réalisateur se spécialise dans le film noir à petit budget, avec parfois quelques ingrédients issus du documentaire afin de renforcer le réalisme de l’histoire, à l’instar d’Il marchait dans la nuit He Walked by Night sorti en 1948. Le Livre Noir se démarque, car il s’agit d’un drame historique et d’aventures en costume, mais aussi un thriller d’espionnage, le tout teinté d’humour noir. Deux choses concernant ce film. Premièrement, si vous souhaitez faire connaître la période de la Terreur à l’une de vos connaissances ou à l’un de vos bambins, ne lui montrez surtout pas Le Livre Noir, qui arrange à sa sauce cette période spécifique de la Révolution française, avec moult anachronismes et rencontres improbables de personnages historiques. Deuxièmement, si vous cherchez un super divertissement, magistralement mis en scène, interprété et photographié, ponctué de poursuites en calèche, de bagarres, de faux-semblants, de trahisons, de suspense alors précipitez-vous sur The Black Book, aussi connu sous le titre Reign of Terror, merveilleux spectacle qui en met plein la vue, mené sans aucun temps mort, sans un pet de gras durant 85 minutes, une vraie leçon de cinéma et de montage. Le génie d’Anthony Mann explose à chaque plan pour le plus grand bonheur de ses très nombreux aficionados, qui se laisseront facilement emporter par le souffle de ce méconnu Livre Noir.

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Test Blu-ray / Willy’s Wonderland, réalisé par Kevin Lewis

WILLY’S WONDERLAND réalisé par Kevin Lewis, disponible en DVD et Blu-ray le 2 novembre 2021 chez Program Store.

Acteurs : Nicolas Cage, Emily Tosta, Beth Grant, Ric Reitz, Chris Warner, Kai Kadlec, Caylee Cowan, Jonathan Mercedes…

Scénario : G.O. Parsons

Photographie : David Newbert

Musique : Émoi

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un mystérieux vagabond accepte un travail de concierge dans un parc d’attractions pour enfants abandonné, appelé Willy’s Wonderland. Il va découvrir qu’il est pris au piège et qu’il a été désigné comme sacrifice humain pour d’étranges créatures. Le parc se transforme alors en cauchemar vivant peuplé d’animatroniques possédés par des démons…

Ceux qui nous lisent savent à quel point nous vouons un culte à Nicolas Cage. Ces dernières années, nous avons passé en revue USS Indianapolis de Mario Van Peebles, Dog Eat Dog de Paul Schrader, Vengeance de Johnny Martin, Arsenal de Steven C. Miller, Usurpation de Jonathan Baker, Code 211 de York Alec Shackleton, Grand Isle, piège mortel de Stephen S. Campanelli, Froide vengeance de Shawn Ku, Running with the Devil de Jason Cabell, Kill Chain de Ken Sanzel, Primal de Nick Powell et Jiu Jitsu de Dimitri Logothetis. Il ne chôme pas le Nicky et nous donne toujours de quoi nous sustenter. Et croyez-le ou non, la plupart de ces DTV sont très recommandables, le comédien rappelant qu’on peut encore compter sur lui et qu’il s’investira totalement même dans les productions les plus fauchées ou improbables. C’est ce qu’on appelle le génie. Revoyez Army of One de Larry Charles, Mandy de Panos Cosmatos et Color Out of Space de Richard Stanley, ses prestations y sont complètement hallucinantes. Alors que Pig de Michael Sarnoski, porté par des critiques élogieuses, est actuellement dans les salles et que Prisoners of the Ghostland de Sion Sono se fait attendre en France, Nicolas Cage se retrouve cette fois enfermé dans un parc d’attractions quelque peu délabré et y affronte les mascottes du parc qui ont décidé de prendre vie et la mauvaise idée de s’en prendre à lui. Tenant grâce à des boissons énergétiques Punch Pop qu’il prend à heure fixe, notre héros, que rien ni personne ne semble impressionner, va passer une folle nuit et ce pour notre plus grand plaisir. Willy’s Wonderland est un savoureux divertissement, un poil redondant certes, mais ô combien jouissif, dans lequel notre Nicky Cage est «iconisé » à chaque instant. Cela faisait d’ailleurs bien longtemps que ce dernier n’avait pas été aussi bien filmé et l’on sent constamment l’amour que lui porte le réalisateur Kevin Lewis. Bref, vous cherchez un gros délire assumé, un mélange d’horreur liant le sang et l’huile et d’humour frappadingue ? Alors précipitez-vous sur Willy’s Wonderland, chaînon manquant entre Jeu d’enfant – Child’s Play et La Nuit au musée – Night at the Museum !

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Test Blu-ray / Les 55 jours de Pékin, réalisé par Nicholas Ray

LES 55 JOURS DE PÉKIN (55 Days at Peking) réalisé par Nicholas Ray, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 20 octobre 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Charlton Heston, Ava Gardner, David Niven, Flora Robson, John Ireland, Harry Andrews, Leo Genn, Robert Helpmann…

Scénario : Philip Yordan & Bernard Gordon

Photographie : Jack Hildyard

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 2h36

Année de sortie : 1963

LE FILM

Pékin, 1900. La révolte des Boxers prend de l’ampleur et les autorités chinoises sont divisées : le général Jung-Lu presse l’impératrice Tzu-Hsi d’arrêter les fanatiques, tandis que le prince Tuan lui conseille de les aider à chasser les étrangers. Face à la menace de conflit, les délégations étrangères regroupées au sein du Quartier des légations organisent leur défense. Le major Matt Lewis arrive à Pékin à la tête d’un détachement chargé de protéger l’ambassade américaine. Il y rencontre la baronne Natacha Ivanoff et l’ambassadeur britannique, Sir Arthur Robertson. Le 20 juin, le siège du quartier des ambassades commence. Il durera 55 jours…

Charlton Heston, Ava Gardner, David Niven, dirigés par Nicholas Ray. Une affiche de rêve. Celle des 55 jours de Pékin55 Days at Peking, superproduction de l’année 1963, intégralement supervisée par le grand manitou Samuel Bronston (1908-1994), déjà aux commandes du Cid d’Anthony Mann et du Roi des rois King of Kings, mis en scène par Nicholas Ray (1911-1979), qui relatait librement des épisodes de la vie de Jésus-Christ dans le contexte de la Judée en révolte sous l’occupation romaine. Entièrement monté dans le but de concurrencer la télévision installée dans tous les foyers et pour attirer à nouveau les spectateurs dans les salles, Les 55 jours de Pékin est un gigantesque spectacle, qui en met plein les yeux avec ses décors, costumes et accessoires foudroyants de beauté, ses milliers de figurants, ses scènes de batailles homériques. 1963 marque la fin d’un genre, la même année que le Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz, tout un symbole, qui à l’instar de 55 Days at Peking avait connu un tournage titanesque et rocambolesque, marqué par quelques caprices de stars, de multiples reconstructions de décors, sans parler de la crise cardiaque qui allait immobiliser Nicholas Ray, obligé d’être remplacé par Andrew Marton et Guy Green. Quasiment soixante ans après sa sortie, ce véritable blockbuster demeure un vrai monument cinématographique, qui parvient à passionner les spectateurs avec un sujet pourtant délicat, car pour ainsi dire inconnu en dehors des frontières chinoises, qui emporte son audience dans un tourbillon d’images inoubliables. Une évasion, un voyage, un divertissement cinq étoiles, une fresque merveilleuse, un très grand classique inaltérable.

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