Test Blu-ray / Shelter, réalisé par Ric Roman Waugh

SHELTER réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD & Blu-ray le 19 juin 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Jason Statham, Bodhi Rae Breathnach, Michael Shaeffer, Anna Crilly, Bill Nighy, Harriet Walter, Eugenia Caruso, Celine Buckens…

Scénario : Ward Parry

Photographie : Martin Ahlgren

Musique : David Buckley

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Mason vit isolé sur une île écossaise. Après avoir sauvé une jeune fille de l’océan lors d’une terrible tempête, il déclenche une série d’événements qui provoquent une violente attaque dans son refuge…

Il court et distribue encore des mandales le sieur Statham, quand bien même la soixantaine se rapproche de plus en plus pour le comédien britannique ! Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il enchaîne les tournages, mais aussi les succès commerciaux (A Working Man, The Beekeeper, En eaux (très) troubles,Un homme en colère) qui lui permettent de rester dans le « secteur ». Dans Shelter, le bougre prouve qu’il en a encore sérieusement sous le capot (et cela sans se forcer, un comble), mais que prendre de la bouteille lui a sied à merveille. Très charismatique avec sa tronche burinée surmontée d’une barbe poivre et sel, ce qui lui donne un petit air de Philippe Etchebest et fait penser à un épisode dégénéré de Cauchemar en cuisine, Jason Statham trouve l’un de ses meilleurs rôles dans Shelter. On doit cet opus au solide Ric Roman Waugh (en remplacement de l’islandais Baltasar Kormákur, prévu au préalable derrière la caméra), ancien cascadeur de renom (sur Invasion Los Angeles, L’Arme fatale 2, Tango & Cash, Total Recall, Last Action Hero), passé à la mise en scène dans les années 2000 et qui a connu quelques hits au box-office, souvent liés à son complice Gerard Butler (Greenland – Le Dernier refuge, La Chute du Président). La même année que la déconvenue de Greenland : Migration, le réalisateur livrait pour Prime Video le Shelter en question. Parallèlement à la saga Fast & Furious et Expendables (celle-là, il semblerait qu’elle soit enfin terminée), Jason Statham continue toujours de tracer sa route avec un voire deux films par an. Shelter est un très bon cru, un divertissement bad-ass qui a la classe, qui se la pète comme il faut (parce qu’il peut se le permettre aussi), brillamment mis en scène par un Ric Roman Waugh beaucoup plus inspiré que sur la suite (et fin) des aventures de Butler contre les météorites, prenant comme à la bonne époque des films d’action des années 90. On en redemande !

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Test Blu-ray / Hold-up, réalisé par Alexandre Arcady

HOLD-UP, réalisé par Alexandre Arcady, disponible en Blu-ray le 3 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Kim Cattrall, Guy Marchand, Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Jean-Claude de Goros, Tex Konig, Raymond Aquilon…

Scénario : Alexandre Arcady, Daniel Saint-Hamont & Francis Veber, d’après le roman Quick Change de Jay Cronley

Photographie : Richard Ciupka

Musique : Serge Franklin

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Afin de dévaliser une grande banque à Montréal, un voleur professionnel décide de se déguiser en clown. Grâce à deux complices à l’intérieur de la banque, il réussit son coup. Pourtant, alors qu’il croyait que le plus dur était fait, les ennuis vont s’amonceler.

Au début des années 1980, le succès est toujours au rendez-vous pour Jean-Paul Belmondo. Le Guignolo (2,9 millions d’entrées), Le Professionnel (5,2 millions), L’As des as (5,5 millions), Le Marginal (4,9 millions), Les Morfalous (3,6 millions) et Joyeuses Pâques (3,4 millions) confirment encore l’engouement des spectateurs pour Bebel. En 1985, le comédien rompt son association avec René Chateau au moment du tournage de Joyeuses Pâques. C’est un nouveau départ pour la star du cinéma français. C’est là que déboule le scénario de Hold-up, adaptation du roman Quick Change (publié en français sous le titre La Java des loquedus en 1982) de Jay Cronley, co-écrit par Alexandre Arcady et Daniel Saint-Hamont, qui avaient signé Le Grand Pardon (1981) et Le Grand Carnaval (1983). Belmondo se voit proposer Hold-up par Alexandre Mnouchkine, mais l’acteur demande de nombreuses modifications, trouvant que son personnage disparaît quelque peu dans la deuxième partie. C’est là que Francis Veber, qui sort du triomphe de La Chèvre, débarque, remanie le scénario, ajoute quelques mots d’auteur, ainsi qu’une nouvelle dynamique à l’ensemble. Cela n’était pas arrivé depuis 1977 avec L’Animal de Claude Zidi, Jean-Paul Belmondo se voit diriger pour la première fois par un autre metteur en scène que Georges Lautner, Henri Verneuil, Jacques Deray et Gérard Oury qui l’ont tous fait tourner précédemment à plusieurs reprises. Résultat des courses, Hold-up est une comédie policière et d’action rudement menée, dépaysante avec son décor canadien, la présence de la divine Kim Cattrall, tout juste sortie du carton planétaire de Police Academy de Hugh Wilson et avant Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du MandarinBig Trouble in Little China de John Carpenter. L’auteur de ces mots conserve une immense affection pour Hold-up, l’un des films avec Belmondo qui a sûrement tourné le plus dans le magnétoscope quand il était gamin. Aujourd’hui encore, le plus grand succès au box-office d’Alexandre Arcady demeure un savoureux divertissement dans lequel Bebel semble prendre beaucoup de plaisir à se déguiser, à donner la réplique à Guy Marchand, à jouer le gentleman braqueur avec sa belle partenaire canadienne et à s’adonner à quelques cascades, qui seront d’ailleurs parmi les dernières de son illustre carrière.

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Test 4K UHD / Greenland 2 – Migration, réalisé par Ric Roman Waugh

GREENLAND 2 – MIGRATION (Greenland 2: Migration) réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 15 mai 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis, Sophie Thompson, Amber Rose Revah, Rachael Evelyn, Tommie Earl Jenkins, William Abadie…

Scénario : Mitchell LaFortune & Chris Sparling

Photographie : Martin Ahlgren

Musique : David Buckley

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

5 ans après qu’un astéroïde ait frappé la Terre, les survivants essayent de continuer à vivre. La famille Garrity est dans un bunker souterrain de l’armée, au Groenland, avec une centaine d’autres personnes. Mais suite à un tremblement de terre qui détruit le bunker, ils sont contraints de fuir et décident de rejoindre le cratère Clark, au sud de la France qui offrirait un environnement naturel propice à un nouveau départ pour l’humanité…

Franchement, on ne s’attendait pas à se retrouver devant une suite de Greenland – Le Dernier refuge, qui était pour nous le blockbuster de cette fâcheuse année 2020, dans lequel Gerard Butler (qui remplaçait alors Chris Evans) livrait une solide performance et trouvait incontestablement ici l’un de ses plus beaux rôles. Privé d’une sortie dans les salles aux États-Unis en raison de la pandémie, Greenland – Le Dernier refuge avait remporté pas loin de 35 millions de dollars grâce à la VOD sur le marché américain, tandis que le reste du monde pouvait l’accueillir dans les cinémas, où il allait réaliser un score très honorable et ce en dépit des restrictions, pass-sanitaires et autres autorisations à remplir. La France était d’ailleurs le pays où le film avait été le mieux accueilli avec pas loin de 600.000 entrées. Cinq ans plus tard, le metteur en scène Ric Roman Waugh, Gerard Butler et Morena Baccarin remettent le couvert avec Greenland 2 – Migration, qui apparemment avait été annoncé dès 2021. Avec un budget bien plus conséquent que pour le premier volet (on parle ici de 90 millions de dollars, hors frais promotionnels), le film s’est planté partout où il est passé, ne récoltant en tout et pour tout que 45 millions de dollars dans le monde…Pour faire simple et direct, Greenland 2 – Migration n’arrive pas à la cheville du premier épisode et s’avère complètement anecdotique. Néanmoins, le film existe, les acteurs sont une fois de plus très bien, la réalisation est propre, les effets visuels réussis…mais les enjeux sont cette fois totalement réduits à un simple road-movie durant lequel il ne se passe pas grand-chose. Ça passe, mais limite. Bien, mais pas top, comme la moyenne de Patrick Humphrey Tiburce Bialès à l’école de police.

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Test Blu-ray / Zoulou, réalisé par Cy Endfield

ZOULOU (Zulu) réalisé par Cy Endfield, disponible en Édition limitée 2 Blu-ray + Livret le 3 juin 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Caine, Stanley Baker, Jack Hawkins, Ulla Jacobsson, James Booth, Patrick Magee, Nigel Green, Ivor Emmanuel…

Scénario : Cy Endfield, d’après un article de John Prebble

Photographie : Stephen Dade

Musique : John Barry

Durée : 2h18

Année de sortie : 1964

LE FILM

En janvier 1879, au Natal en Afrique du Sud, une petite garnison établie près d’une mission, commandée par les lieutenants John Chard et Broomhead, est attaquée par quelque quatre mille zoulous entrés en guerre contre l’oppresseur britannique. Après deux jours de bataille, alors que tout semblait perdu, les zoulous se retirent et rendent hommage à la vaillance de leurs ennemis.

En Angleterre, c’est un film culte, du genre à être diffusé à la télévision chaque année durant les fêtes de Noël. Zoulou ou Zulu en version originale, est considéré comme étant le chef d’oeuvre entre le réalisateur Cyril R. Endfield (1914-1995), plus communément appelé Cy Endfield, et le comédien Stanley Baker (1928-1976). Pour leur cinquième et avant-dernière collaboration, le second devient producteur et les deux associés cofondent la société Diamond Films. Zoulou est une œuvre pour laquelle les deux hommes se sont battus et ont tout fait pour que leur rêve puisse devenir réalité. Cy Endfield fut entre autres inspiré pour réaliser le film après avoir lu un article de John Prebble sur la bataille de Rorke’s Drift. C’est lui qui soumet le sujet à Stanley Baker, connaissant le souhait de ce dernier de passer à la production. Endfield et Prebble rédigèrent un scénario que Baker montra à Joseph E. Levine pendant le tournage de Sodome et Gomorrhe (1962) en Italie. Levine accepta de financer le film, produit par la société de Baker, Diamond Films. Le film fut tourné en Super Technirama 70 et distribué par Paramount Pictures dans tous les pays, à l’exception des États-Unis, où il fut distribué par Embassy Pictures. Et c’est un triomphe international. Si à sa sortie Zoulou est surtout le film de Cy Endfield et de Stanley Baker, il est surtout aujourd’hui reconnu comme étant le film qui a révélé Michael Caine aux yeux du monde. Tout juste âgé de trente ans, le comédien britannique enchaînait les apparitions au cinéma, la plupart du temps non créditées, ainsi qu’au théâtre. Zoulou allait changer définitivement sa vie et sa carrière, puisque suite à ce « big hit », l’acteur allait enchaîner immédiatement avec Ipcress, danger immédiat The Ipcress File de Sidney J. Furie, dans lequel il endossait pour la première fois le costume d’Harry Palmer, puis Alfie le dragueur Alfie de Lewis Gilbert. L’alchimie à l’écran entre Stanley Baker et Michael Caine participe à la grande réussite de Zoulou, qui s’apparente à un huis clos à ciel ouvert, comme une relecture d’Alamo de John Wayne, sorti quelques années auparavant. Un drame de guerre touchant au western qui a su toucher le public international et dont l’aura ne s’est jamais éteinte aux yeux des cinéphiles. Et la composition mythique de John Barry de rentrer dans toutes les mémoires.

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Test 4K UHD / Traqué, réalisé par William Friedkin

TRAQUÉ (The Hunted) réalisé par William Friedkin, disponible en DVD & Combo 4K Ultra HD + Blu-ray le 21 avril 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Tommy Lee Jones, Benicio Del Toro, Connie Nielsen, Leslie Stefanson, John Finn, José Zúñiga, Ron Canada, Mark Pellegrino…

Scénario : David Griffiths, Peter Griffiths & Art Monterastelli

Photographie : Caleb Deschanel

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2003

LE FILM

L.T. Bonham, un ex-entraîneur des forces spéciales, vit retiré dans les forêts de l’Oregon. Lorsqu’un agent du FBI vient lui demander de l’aide sur une affaire de meurtres perpétrés sur des chasseurs dans la forêt de l’Oregon, il accepte de se rendre sur les lieux du crime. L.T. a l’intuition que ces assassinats ne peuvent avoir été commis que par un seul homme : Aaron Hallam, un de ses anciens élèves, le meilleur. S’engage bientôt un redoutable jeu du chat et de la souris.

Au début des années 2000, tout va bien pour le réalisateur William Friedkin (1935-2023). Après la grande déconvenue de Jade (1995) au box-office (10 millions de dollars de recettes, pour un budget 5 fois supérieur), le cinéaste se refait une santé avec L’Enfer du devoir Rules of engagement. Ce grand succès est rapidement suivi par celui de la ressortie de L’Exorciste dans sa version intégrale. William Friedkin revient rapidement derrière la caméra pour Traqué The Hunted, conçu pour le compte de la Paramount Pictures, studio alors tenu par Sherry Lansing, première femme à diriger un studio Hollywoodien et qui n’est autre que l’épouse du metteur en scène. Belle production de 55 millions de dollars, Traqué n’emballe pas le public et le film connaît un échec relatif avec seulement 34 millions de billets verts amassés sur le sol de l’Oncle Sam et à peine onze millions dans le reste du monde. The Hunted sera le dernier film de studio de William Friedkin. Longtemps considéré comme un sous-Rambo, Traqué est pourtant un formidable opus de l’auteur de French Connection, du Convoi de la peur Sorcerer, de La ChasseCruising et de Police fédérale, Los AngelesTo Live and Die in L.A.. S’il n’aura jamais l’aura de ces monuments, The Hunted est un sacré tour de force et démontrait une fois de plus que William Friedkin en avait encore sacrément sous le capot à l’aube de ses soixante printemps.

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Test Blu-ray / Insaisissables 3, réalisé par Ruben Fleischer

INSAISISSABLES 3 (Now You See Me: Now You Don’t) réalisé par Ruben Fleischer, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 17 mars 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Justice Smith, Dominic Sessa, Ariana Greenblatt, Rosamund Pike…

Scénario : Seth Grahame-Smith, Michael Lesslie & Rhett Reese

Photographie : George Richmond

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Les « Cavaliers » sont de retour, lancés sur la piste du Diamant Cœur, un joyau dont la vente permettrait de blanchir l’argent du crime international. L’actuelle propriétaire, Veronica Vanderberg, ne veut pas s’en séparer, mais les magiciens n’ont pas dit leurs derniers mots. Tours de passe-passe, poursuites et faux-semblants rythment une chasse au trésor qui embarque les spectateurs de la France à l’Arabie saoudite.

À la sortie d’Insaisissables 2 il y a déjà dix ans, on écrivait « Les producteurs auraient dû savoir qu’il ne faut jamais demander à un magicien de refaire deux fois le même tour sous peine de découvrir le truc ». Cette suite avait par ailleurs connu un échec commercial aux États-Unis en récoltant un peu plus de 60 millions de dollars, soit deux fois moins que le premier, tandis que le film devait bien fonctionner dans le reste du monde avec notamment 2 millions d’entrées chez nous. Avant même la sortie du second, un troisième volet était déjà annoncé. Mais devant les chiffres décevant au box-office US, sa mise en route restait suspendue. On pensait le projet purement et simplement enterré définitivement. C’était sans connaître la machine hollywoodienne…Ainsi, Insaisissables 3 ou Now You See Me : Now You Don’t est arrivé dans les salles en 2025, signant le retour de tous les Cavaliers issus des deux premiers opus, y compris Isla Fisher, qui avait momentanément laissé sa place à Lizzy Caplan pour cause de maternité. Cette fois, le réchauffé s’installe dès la toute première scène et plus rien, ou presque, ne fonctionne à l’écran. Exit Louis Leterrier (hélas…) et Jon M. Chu (occupé avec ses deux opus de Wicked), place à Ruben Fleischer, ce qui sur le papier n’était pas une si mauvaise idée. Réalisateur prometteur avec son premier long-métrage, Bienvenue à Zombieland en 2009, qui s’est rapidement vautré dans la fange (Gangster Squad, Venom, Uncharted), malgré un espoir finalement déçu avec Retour à Zombieland (2019), Ruben Fleischer connaît bien une certaine partie du casting et laissait envisager un divertissement cool et pourquoi pas légèrement rétro. Il en résulte au contraire un film pesant et has-been, où même les véritables numéros de magie sont du niveau de Garcimore, quand il faisait exprès de les rater. La question qui se pose constamment est où est passé le budget de près de cent millions de dollars ? Dans le cachet des acteurs ?? Insaisissables n’appelait pas forcément de suite. Il y en a eu une, et déjà le scénario et la mise en scène allaient à contresens de ce que Louis Leterrier avait installé. On espérait que les inepties du précédent (à l’instar de l’utilisation des images de synthèse pour représenter les illusions) allaient être réparées et que l’équipe avait appris de ses erreurs pointées du doigt par la critique, mais aussi par celles et ceux qui avaient adoré le premier. Il n’en est rien. Pire que tout, le casting, en commençant par l’équipe originale, semble ne plus y croire du tout. Le comble, c’est que cette fois encore la fin ouverte qui convoque un des acteurs du premier (difficile de ne pas deviner qui) laisse entendre qu’un quatrième opus serait en préparation…Mais c’était encore anticiper la réception des spectateurs, puisque quand bien même Insaisissables 2 n’avait pas connu le même engouement que le premier, le film avait tout de même remporté la bagatelle de 330 millions de dollars, notamment grâce au marché Chinois. Ce troisième épisode a su amasser 222 millions de billets verts, tandis que les entrées en France ont cette fois encore été divisées par deux. On verra bien, ou plutôt si l’on tient compte du titre du dernier épisode en version originale, on ne verra plus rien.

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Test Blu-ray / The Shadow’s Edge, réalisé par Larry Yang

THE SHADOW’S EDGE (Bu Feng Zhui Ying) réalisé par Larry Yang, disponible en DVD & Blu-ray le 7 avril 2026 chez AB Vidéo.

Acteurs : Jackie Chan, Zhang Zifeng, Tony Leung Ka Fai, CiSha, Wen Junhui, Zhou Zhengjie, Wang Ziyi, Lang Yueting…

Scénario : Larry Yang

Photographie : Qian Tiantian

Musique : Nicolas Errèra

Durée : 2h22

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Un mystérieux mafieux et ses 7 fils adoptifs manipulent et ridiculisent la police en piratant le système de surveillance ultramoderne de la ville, dans le but de récupérer une fortune en crypto-monnaie. La police devenue impuissante doit faire appel à un ancien expert qui va s’associer avec une jeune policière à laquelle il est lié par un secret qu’elle ignore. Une partie d’échec commence alors, où les cerveaux et la loyauté seront mis à l’épreuve.

Avec The Shadow’s Edge, Jackie Chan ne s’attendait sûrement pas à connaître le plus grand succès de sa carrière depuis dix ans (Kung Fu Yoga de Stanley Tong). Deux ans après Ride On, dans lequel le comédien incarnait un ancien cascadeur vieillissant, rôle forcément très méta, il retrouve le réalisateur Larry Yang (né en 1981) pour un thriller high-tech, dans l’ère du temps, où la vieille garde aux méthodes dépassées se confronte à l’intelligence artificielle. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la légende en a encore sacrément sous le capot. S’il a désormais dépassé la barre des 70 ans, Jackie Chan n’est visiblement pas prêt à prendre sa retraite, même si le début du film tend à nous faire croire le contraire. D’ailleurs, ça part mal. Les premières vingt minutes, par son montage épileptique, ferait passer Michael Bay pour Belà Tarr. On ne pige quasiment rien à ce qui se déroule à l’écran avec un plan par seconde, des effets stroboscopiques, du jargon incompréhensible, une multitude de personnages, de l’IA, des poursuites, des numéros de quick-change à la Arturo Brachetti, des sauts en parachute tournés sur fond vert, un braquage…un gloubi-boulga indigeste et l’on se dit qu’on va finir à l’hosto dans pas longtemps si les 140 minutes du film se déroulent ainsi. Heureusement, il n’en est rien. Car une fois cette longue intro passée, The Shadow’s Edge met la pédale douce et prend enfin le temps d’installer les protagonistes. Jackie Chan n’apparaît qu’au bout d’une demi-heure et dans la peau d’un type qui promène une multitude de chiens. Mais il s’agit bien sûr d’une partie cachée de l’iceberg, car le sieur Chan va évidemment donner du pied, du poing et surtout merveilleusement interprété ce rôle de « dinosaure » quelque peu dépassé par le monde contemporain. Son personnage va être recruté un peu à la Steven Seagal dans Terrain miné. Comme lui, Wong est un « professeur », auquel l’armée fait appel pour entraîner les troupes quand elle monte une opération qui ne doit pas échouer, le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur un feu de camp, qui largué au Pôle Nord, sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dent débarquerait le lendemain après-midi au bord de ta piscine avec un sourire jusqu’aux oreilles et les poches bourrées de yuans. Ce type là est un professionnel. Il fallait bien ça pour mettre Jackie Chan en valeur et celui-ci ne déçoit pas. The Shadow’s Edge vaut aussi largement le déplacement pour sa confrontation – la troisième de leur carrière après Island of Fire (1990) et The Myth (2005) – avec une autre star emblématique, Tony Leung Ka-fai, un poil plus jeune que son partenaire, mais de pas grand-chose, qui crève l’écran dans le rôle de Fu Lung-sang dit « The Shadow », celui sur lequel les autorités tentent de mettre le grappin. On ne s’ennuie pas une seconde devant ce grand spectacle et ce malgré un rythme en dents de scie et qui aurait bien mérité d’être élagué d’une bonne demi-heure. Rien que pour le combat final entre les deux mythes, The Shadow’s Edge vaut le coup d’oeil.

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Test DVD / Armor, réalisé par Justin Routt

ARMOR réalisé par Justin Routt, disponible en DVD le 17 février 2026 chez AB Vidéo.

Acteurs : Jason Patric, Sylvester Stallone, Josh Wiggins, Dash Mihok, Blake Shields, Joshua David Whites, Jeff Chase, Martin Bats Bradford…

Scénario : Cory Todd Hughes & Adrian Speckert

Photographie : Cale Finot

Musique : Yagmur Kaplan

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un père et son fils travaillent comme agents de sécurité pour une entreprise de fourgons blindés. Ils croisent alors une équipe de voleurs sur un pont. Ils se retrouvent piégés et vont devoir élaborer un plan pour s’échapper et assurer leur survie.

Il y a un an, apparaissait la bande-annonce d’Armor, en version française. Enfin « version » c’est vite dit. Car cela devait s’accompagner d’un scandale lié à la création de la voix de feu Alain Dorval (décédé en février 2024) en intelligence artificielle, procédé réalisé sans le consentement de sa fille Aurore Bergé, qui avait cependant autorisé quelques tests, non destinés à être exploités de la sorte. Un résultat catastrophique, robotique et évidemment flippant. Mais il s’agissait d’un essai seulement et Armor a bel et bien été doublé par de vrais comédiens, Michel Vigné remplaçant le légendaire Alain Dorval à la barre, ce qu’il avait déjà fait pour Haute sécurité Lock Up. Nous en revenons à Armor, une série B d’action (à la limite du Z) qui aurait coûté 11 millions de dollars…On ne sait où est passé le budget, à moins que Sly ait tout raflé en ne laissant que des clopinettes pour le reste, y compris pour la deuxième tête d’affiche Jason Patric. L’action se déroule essentiellement sur un pont, avec d’un côté Sylvester Stallone figé à cause du botox et du travail conséquent d’un taxidermiste, qui fait équipe avec une bande de bras cassés, et de l’autre Jason Patric et Josh Wiggins (vu dans Franky de Keith Berhman). On n’attendait rien de cet Armor et même si le film est rejeté de partout (pour être poli), on a bien envie de défendre ce petit film qui ne vaut pas grand-chose, mais qui fonctionne si l’on est un tant soit peu indulgent. Les scènes agitées sont étonnamment limitées, mais on ne s’ennuie pas (vraiment) pour autant. C’est juste qu’il s’agit d’une petite récréation pour Sly entre deux saisons de Tulsa King, après le bide monumental d’Expend4bles et la voix de King Shark dans The Suicide Squad. Il ne manque pas de projets notre Sly à l’aube de ses 80 printemps et on le suivrait même dans le fond de sa filmographie. C’est sans doute le cas ici avec Armor, mais le film de Justin Routt, tourné en à peine dix jours, vaut bien mieux que les trois-quarts des Williseries que ce cher Bruce avait tourné dans les années 2020 avant de raccrocher pour cause de maladie. Stallone rend sûrement service en reprenant la pétoire et en acceptant de camper le (pas trop) méchant de l’histoire face à un Jason Patric toujours aussi fade et que l’âge n’a pas aidé à prendre en charisme. Ni en talent d’ailleurs. Mais en l’état on rit pas mal malgré tout, au point d’en avoir mal aux côtes d’Armor.

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Test 4K UHD / 2019 après la chute de New York, réalisé par Sergio Martino

2019 APRÈS LA CHUTE DE NEW YORK (2019 – Dopo la caduta di New York) réalisé par Sergio Martino, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray chez Pulse Vidéo.

Acteurs : Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Anna Kanakis, Romano Puppo, Paolo Maria Scalondro, Luigi D’Ecclesia, Edmund Purdom, Serge Feuillard…

Scénario : Ernesto Gastaldi, Sergio Martino & Gabriel Rossini

Photographie : Giancarlo Ferrando

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h35

Année de sortie : 1983

LE FILM

La troisième guerre mondiale a eu lieu. Le souffle de l’atome a ravagé la planète Terre et l’humanité devenue stérile, n’a plus d’avenir. Un aventurier nommé Parsifal va pénétrer dans un New York dévasté pour un y trouver la dernière femme en état de procréer. Mais dans les ruines de la mégapole, les dangers sont nombreux et la mission ne sera pas de tout repos.

Nous sommes en 2019 à New York. Mais avant cela, d’autres dystopies avaient prévu un autre futur. 2019, c’est aussi l’année durant laquelle se déroule Akira de Katsuhiro Ōtomo (1988), The Island (2005) de Michael Bay et Blade Runner (1984) de Ridley Scott. 2019 après la chute de New York doit beaucoup (euphémisme) à la trilogie Mad Max de George Miller, en particulier le deuxième opus et bien sûr à New-York 1997Escape from New York de John Carpenter, avec une petite touche de Star Wars. C’est de l’autre côté des Alpes que ce caro Sergio Martino – sous le pseudo de Martin Dolman – décide de se lancer dans la science-fiction, en surfant sur la vague post-nuke, mais en faisant en sorte que rien ne laisse transparaître que le film a été en grande partie réalisé en Italie. 2019 – Dopo la caduta di New York est un nanar pur et dur, pour lequel les spectateurs ont toujours eu une grande affection, parce que le réalisateur croit en ce qu’il fait et que cela participe mine de rien à sa réussite. Car le spectacle est assuré et si l’on rit plus de raison, quand bien même le metteur en scène était loin de se douter de ce genre de réaction en le faisant, cela ne se fait jamais avec mépris.2019 après la chute de New York est emballé par Sergio Martino, qui depuis le début des années 1980 s’adonne principalement à la comédie, voire à la comédie-érotique aux titres qui vendent du rêve (Les Zizis baladeurs, Sucre, Miel et Piment, Spaghetti a mezzanotte, Croissants à la crème…). 2019 – Dopo la caduta di New York pioche donc par ci par là, comme le cinéma d’exploitation “spaghetti” l’a toujours fait sans vergogne et ceci très souvent pour notre plus grand plaisir. Sergio Martino est malin, il ne laisse aucun répit aux spectateurs pour se rendre compte de la supercherie du scénario. Cependant, son film date de 1983 et annonce étrangement, toutes proportions gardées bien sûr, Les Fils de l’homme de P.D. James, écrit en 1992, dans lequel, dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, une femme parvenait à tomber enceinte, un fait qui ne s’est pas produit depuis une vingtaine d’années, devenant ainsi par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Dans cette histoire aussi, un homme se voyait chargé de sa protection. Avouez qu’il y a de quoi se poser des questions tout de même ! Raison de plus pour se refaire une bonne soirée bière-pizza devant ce divertissement haut de gamme !

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Test Blu-ray / Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1, réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanaka

Les Origines de Zatoïchi – Le Bandit aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Masseur aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Secret, La Légende de Zatoïchi – Un nouveau voyage, La Légende de Zatoïchi – Le Fugitif (Shiranui kengyo + Zatoichi monogatari + Zoku Zatoichi monogatari + Shin Zatoichi monogatari + Zatoichi kyojo-tabi – 不知火検校 + 座頭市物語 + 続・座頭市物語 + 新・座頭市物語 + 座頭市兇状旅) réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanak, disponibles en Blu-ray – Édition collector limitée le 18février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Shintaro Katsu, Tamao Nakamura, Mieko Kondo, Masayo Banri, Ryuzo Shimada, Hajime Mitamura, Yaeko Mizutani, Tomisaburo Wakayama, Mikiko Tsubouchi, Seizaburo Kawazu, Fujio Suga, Miwa Takada…

Scénario : Minoru Inuzuka & Seiji Hoshikawa

Photographie : Soichi Aisaka, Chikashi Makiura & Shozo Honda

Musique : Ichiro Saito & Akira Ifukube

Durée : 1h31, 1h16, 1h12, 1h31, 1h26

Date de sortie initiale : 1960, 1962, 1963

LES FILMS

À peine foule-t-il pour la première fois le sol poussiéreux d’une petite ville lacustre, que le masseur aveugle répondant au nom de Zatoichi, errant dans le Japon gangrené de l’ère Edo, doit d’emblée faire face aux tricheries, aux féminicides et aux guerres de gangs. Mais ses ennuis ne font que commencer : poursuivi par des ennemis toujours plus nombreux à chaque étape de son voyage, il deviendra malgré lui le bras armé d’une justice qui se fait fort de protéger les faibles contre les daimyos indignes, les yakuzas sans honneur et les samurais sans gloire.

Sans doute, par convention, devrait-on d’abord présenter le personnage à ceux qui ne le connaissent pas encore. Puis les premiers cinéastes qui ont traduit ses hauts faits en images. Rendre compte de leurs principes esthétiques. Et puis, à un moment donné, se fendre d’une formule type : « L’évocation de Zatoichi ne saurait être complète sans revenir sur son interprète à l’écran, Katsu Shintarō », et cetera. Sauf c’est bel et bien par Katsu qu’il faut commencer ! Dans une épopée cinématographique qui nous a offert, en une grosse dizaine d’années, le même nombre de films que James Bond depuis soixante-cinq ans, celui qui en incarna le héros tragique et débonnaire du début à la fin ne saurait être relégué aux à-côtés. D’autant que Katsu, loin de se cantonner à son interprétation, finira par en assurer lui-même la production à partir du vingtième opus (suite au déclin de la Daiei) et même la réalisation par deux fois, obtenant peu à peu une mainmise sur le personnage qu’il convoitait peut-être depuis toujours. Issu d’une famille de théâtre kabuki, également musicien, Katsu fut autant une calamité à gérer sur le plan humain (ses problèmes d’alcoolisme et de drogue qui retardèrent certaines productions ; son insistance à combattre avec de vrais sabres lors de scènes aux chorégraphies périlleuses…) qu’une véritable bénédiction pour la série B japonaise de son temps : sa présence physique, sa voix, son charisme, sans compter cette démarche expérimentale qui le fit aussi bien produire la saga Baby Cart que celle, plus déviante encore, de Hanzo The Razor… Autant de choses à porter au crédit de sa contribution au chambara des années 1960-70. Et si Zatoichi est devenu une telle institution auprès des fans de genre, c’est d’abord du fait de la gestuelle, de la diction, de l’abattage passionné de Katsu Shintarō : le cinéma populaire nous fait redevenir des enfants et, de fait, l’incarnation du héros prime sur toute autre chose. Tournée de 1962 à 1973, flanquée d’une « odyssée finale » en 1989, la légende de Zatoichi ne pourra que continuer de séduire irrésistiblement le jeune public, génération après génération.

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