Test DVD / The Yacht, réalisé par Declan Whiteboom

THE YACHT (Stowaway) réalisé par Declan Whiteboom, disponible en DVD le 14 décembre 2022 chez AB Vidéo.

Acteurs : Ruby Rose, Frank Grillo, Patrick Schwarzenegger, Luis Da Silva Jr., Emma Maddock, Major Dodge, Scotty Bohnen, Danny Bohnen…

Scénario : Ian Hayden

Photographie : Giles Dunning

Musique : BC Smith

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Bella a eu une adolescence dissipée et n’a plus aucune nouvelle de son père, dont elle reproche l’absence. Au décès de celui-ci, elle reçoit un superbe yacht en héritage, qui vaut une fortune. Malgré les consignes administratives, elle s’y installe clandestinement le soir-même avec un garçon qu’elle a dragué dans un bar. En pleine nuit, le yacht démarre avec à son bord trois voleurs. Bella doit les affronter afin de survivre.

Voilà près de dix ans que l’australienne Ruby Rose promène ses airs de dure à cuire et ses tatouages à la télévision (Orange is the New Black, la première saison de Batwoman) et bien sûr au cinéma dans quelques suites diverses et variées, Resident Evil : Chapitre final, xXx : Reactivated, John Wick 2, Pitch Perfect 3…Depuis peu, elle commence à apparaître dans des produits destinés au marché de la vidéo, à l’instar de Vanquish de George Gallo et The Doorman de Ryûhei Kitamura dont nous avons déjà parlé et qui à au moins le mérite de ne pas tromper le spectateur sur la qualité du spectacle proposé. À ces deux titres nous ajouterons désormais The Yacht, titre « français » de Stowaway (à vos souhaits…), emballé par un certain Declan Whitebloom, un type venu du clip musical et qui depuis vingt piges aura collaboré avec Lindsay Lohan, The Jonas Brothers, Taylor Swift, One Direction, Hilary Duff, James Blunt…Entre deux de ces vidéos, il se lance dans le court-métrage et signe Blackbird en 2015, puis The Rua : Without You l’année suivante. Son premier long-métrage, The Yacht (nous l’appellerons donc ainsi) est une série B, que certains qualifieront sûrement même de série Z, mais nous n’irons pas jusque-là, cette petite production remplissant facilement le cahier des charges pour celles et ceux qui n’attendront pas plus d’être divertis durant 90 minutes, avant de retourner vaquer à leurs occupations en ayant complètement oublié ce qu’ils venaient de voir.

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Test Blu-ray / American Siege, réalisé par Edward Drake

AMERICAN SIEGE réalisé par Edward Drake, disponible en DVD et Blu-ray le 16 novembre 2022 chez AB Vidéo.

Acteurs : Bruce Willis, Rob Gough, Anna Hindman, Trevor Gretzky, Cullen G. Chambers, Timothy V. Murphy, Johann Urb, Johnny Messner…

Scénario : Corey Large & Edward Drake

Photographie : Laffrey Witbrod

Musique : Scott Curie

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Ben Watts est shérif d’une petite ville aisée du sud de la Géorgie. Quand trois criminels prennent en otage le médecin local, il est appelé pour régler la situation avant l’arrivée du FBI. Alors que le maire fait pression sur lui pour qu’il lance un assaut rapidement, Ben découvre que le docteur est en fait au centre d’un complot qui entoure la ville…

Si l’on regarde la filmographie mise à jour de Bruce Willis, histoire de voir quand celui-ci a pu emballer American Siege, on constate que ce dernier est la troisième « collaboration » entre le comédien et le « réalisateur » Edward Drake, précédemment responsable de Cosmic Sin, Apex, et qui aura signé depuis (ou commis, c’est selon) Gasoline Alley, ainsi qu’une trilogie sur le Detective Knight, toujours interprété par qui vous savez. Également le scénariste du lénifiant Anti-Life, Edward Drake, parfois crédité sous le nom d’Edward John Drake (parce qu’il se prend peut-être pour John Ford), livre un de ses opus les plus statiques avec American Siege donc, durant lequel l’ami Bruce ne fait rien, mais alors absolument RIEN pendant 1h30, à part écouter ce qui se passe autour de lui, les yeux plissés, les lèvres boudeuses à la Madame de Fontenay, auxquels s’ajoute cette fois un double menton annonciateur des 70 piges (il a encore un peu de temps ceci dit, étant né en 1955). Car dans ce « thriller » bas de gamme, Bruce est comme qui dirait l’idiot du village, placé à un poste qui arrange en fait le maire, qui peut s’adonner à quelques magouilles sans risquer d’avoir des soucis avec la loi. À l’instar de Sylvester Stallone dans le légendaire Copland de James Mangold, le personnage de Bruce Willis est sans cesse rabaissé, jusqu’à ce qu’il prenne enfin son destin en main, prenne la pétoire et décide d’aller régler des comptes. Le problème, c’est que le shérif Ben Watts n’est pas intéressant une seconde, n’aspire aucune empathie et que le retournement (qui n’en est pas un certes) intervient trois ou quatre minutes avant la fin. Durant les 80 minutes déjà passées, et qui peuvent paraître très longues, il faut se farcir des dialogues ineptes (mais rigolos) qui paraissent avoir été pioché au hasard, tant les répliques ne se répondent pas, un jeu d’acteurs pas folichon et une absence d’enjeux assez remarquable. Nous retrouverons encore Bruce Willis dans les bacs en 2023, avec en premier lieu Detective Knight : Rogue du même Edward Drake. En toute logique, nous serons évidemment là pour vous en parler.

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Test Blu-ray / Deadlock, réalisé par Jared Cohn

DEADLOCK réalisé par Jared Cohn, disponible en DVD et Blu-ray le 12 octobre 2022 chez AB Vidéo.

Acteurs : Bruce Willis, Patrick Muldoon, Matthew Marsden, Michael DeVorzon, Stephen Cyrus Sepher, Ava Paloma, Kelcey Rose Weimer, Chris Cleveland…

Scénario : Cam Cannon & Jared Cohn

Photographie : Brandon Cox

Musique : Yagmur Kaplan

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un ancien militaire travaillant dans une centrale électrique de Géorgie doit entrer en action pour éviter un désastre lorsqu’un groupe de soldats rebelles prend le contrôle de la centrale et prend les employés en otage.

Une fois n’est pas coutume, nous ne reprendrons pas le « feuilleton Bruce Willis » habituel, étant donné que Deadlock sort du lot, toutes proportions gardées, le comédien ayant un peu plus à défendre (il apparaît d’ailleurs tout le long, un exploit) que dans ses méfaits récents commis en DTV. S’il semble fatigué, cela sied finalement à son personnage de vieux briscard. En fait, il faut voir Deadlock comme si Bruce Willis interprétait cette fois le rôle de Hans Gruber dans Piège de cristal, dans cette relecture fauchée – et sans véritable imagination – de Die Hard tournée dans une centrale hydroélectrique abandonnée. Il y a deux films dans Deadlock, le premier, celui qui nous intéresse le plus, est porté par Bruce Willis, que l’on a rarement vu aussi froid et violent à l’écran, même s’il ne décolle pas le cul de son siège (une manie dans ses quinze derniers opus), mais qui surprend en flinguant des types à bout portant, en appuyant plusieurs fois sur la gâchette, histoire d’être certain que sa victime est passée de vie à trépas, tandis que le sang en images de synthèse éclabousse tout autour de lui. Le second, plus anecdotique, est centré sur Mack, joué par Patrick Muldoon, un ancien des forces spéciales (bah tiens…), un ranger d’élite de l’armée à la retraite qui se trouvait évidemment sur les lieux de la prise d’otages (il soudait des câbles…) et qui va bien sûr mettre à profit ses compétences particulières acquises au cours d’une longue carrière (air connu), qui vont faire de lui un cauchemar pour Bruce et ses sbires. De ce côté-là, ça ne fonctionne pas, puisque Mack dégomme les mecs un par un, sans jamais se forcer (certains le voient apparaître, mais ne tirent pas immédiatement, par politesse peut-être), ne semble jamais mis en danger et traverse tout le décor sans vraiment se planquer, en attendant que les mercenaires viennent à lui. Deadlock est-il un bon film ? Non. Un divertissement honorable ? Sans doute, car on ne voit pas le temps passer, Bruce Willis paraît plus « jouer » que d’habitude (il n’est pourtant pas réputé dans ce domaine), les mauvais points deviennent sympathiques et l’ensemble n’est pas déshonorant comparé aux ultimes Williseries déversées en VOD ou dans les bacs.

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Test DVD / Killing Field, réalisé par James Cullen Bressack

KILLING FIELD (Survive the Game) réalisé par James Cullen Bressack, disponible en DVD le 3 août 2022 chez Studiocanal.

Acteurs : Chad Michael Murray, Bruce Willis, Swen Temmel, Michael Sirow, Kate Katzman, Zack Ward, Donna D’Errico, Canyon Prince, Sarah Roemer, Sean Kanan…

Scénario : Ross Peacock

Photographie : Bryan Koss

Musique : Tim Jones

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un homme voit sa tranquillité bouleversée par l’arrivée d’un flic et de dangereux criminels.

Voilà voilà, c’est le pitch de Killing Field, aka Surviving the Game dans certaines contrées, énième DTV interchangeable de Bruce Willis et accessoirement l’une de ses ultimes prestations. Reprenons où nous en étions après Out of Death. Alors qu’il avait dit qu’on ne l’y reprendrait plus, l’ami Bruce allait quitter Porto Rico, quand une équipe de tournage l’alpague, tandis que celui-ci commençait à préparer son déménagement à Betton dans la métropole de Rennes en Ille-et-Vilaine (vous pouvez vérifier, c’est authentique). S’excusant auprès des Déménageurs Bretons avec lesquels il était au téléphone, Bruce demande déjà au réalisateur James Cullen Bressack de se calmer, puis de lui en dire un peu plus sur ce qu’il désire lui faire faire durant l’heure qui lui reste avant son vol. « C’est pas compliqué, vous serez assis à l’arrière d’une bagnole entre deux sbires à la mine patibulaire, vous vous tiendrez le bas du ventre où votre personnage a reçu une balle. Vous direz des trucs du genre « Fuck you ! » ou « Pauvres cons ! » vous voyez, en plissant suffisamment les yeux, votre visage et même, soyons fous, tout votre crâne histoire de montrer que vous êtes toujours bad-ass malgré votre bastos dans le bide » « Ouais, je l’ai déjà fait pas mal de fois ces dernières années, ça devrait le faire. Autre chose ? » « S’il nous reste une demi-heure vous serez ligoté sur une chaise où vous regarderez vos tortionnaires que vous insulterez à nouveau, « Abrutis ! », « Faquins ! », que sais-je encore ? Vous avez carte blanche. Ah oui, il faudra aussi un plan de vous avec un flingue quand vous rentrerez dans une grange et un autre pour la fin du film où vous ferez semblant d’avoir participé à l’action. Mais ça c’est juste si vous avez le temps et si vous n’aviez pas envisagé de passer au duty-free ! ». « Bon, ok, je prends un million. Il faut que je pense à ma retraite et les palets bretons aussi ont subi l’inflation… » « Ok alors, on tourne ! ». Vous l’aurez compris, ou pas, Bruce Willis ne fait que de la figuration dans Killing Field, opus d’action sans aucune imagination, dont la véritable tête d’affiche est Chad Michael Murray, connu pour son rôle de Lucas Scott dans la série télévisée Les Frères Scott et l’excellent House of Wax La Maison de cire de Jaume Collet-Serra, qui s’en sort « pas trop mal », mais qui n’a malheureusement rien à défendre. Toutefois, Killing Field reste un film rigolo dans le sens où rien ne fonctionne et s’avère donc irrésistible à de nombreuses reprises, surtout lors des affrontements divers et variés, extrêmement mal filmés et au montage moisi. Réservé uniquement aux amateurs.

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Test Blu-ray / Savage Dawn, réalisé par Simon Nuchtern

L’AUBE SAUVAGE (Savage Dawn) réalisé par Simon Nuchtern, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : George Kennedy, Richard Lynch, Karen Black, Claudia Udy, Lance Henriksen, Lewis Van Bergen, William Forsythe, Leo Gordon, Michael Sharrett, Kevin Thompson…

Scénario : Bill Milling

Photographie : Gerald Feld

Musique : Pino Donaggio

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Un gang de vicieux motards s’empare d’une petite ville en Arizona. Un vétéran de la guerre du Vietnam de passage dans la ville et quelques locaux avec rien à perdre vont partir en guerre contre l’impitoyable chef du gang…

Savage Dawn ou L’Aube sauvage, est un film qui sent le musc, la poussière, la sueur et le scrotum. Le genre d’opus à la fin duquel on se renifle les doigts. Amis de la poésie bonjour, il sera question aujourd’hui du dernier long-métrage réalisé par un certain Simon Nuchtern, touche à tout qui a commencé sa carrière comme directeur de la photographie et cameraman sur The Sensualist (1966), fleuron devenu invisible de la sexploitation, avant de devenir metteur en scène, scénariste et son propre producteur. S’il se fera plus discret dans le monde du cinéma par la suite, il signe donc son dernier ouvrage en 1985, Savage Dawn, tourné durant l’été 1984 dans le désert californien, sur un scénario de Bill Milling, complice du réalisateur. L’Aube sauvage est un vrai film d’exploitation qui surfe allègrement sur l’atmosphère poudreuse et « testostéronée » de Mad Max 2 : Le Défi, avec un Lance Henriksen bien agité, silhouette de phasme sec et musclé, qui paraît agité du bocal (c’est un ancien du Vietnam), qui utilise ses poings et ses pieds comme de sulfateuses quand la veuve et l’orphelin se trouvent malmenés par de méchants motards qui n’ont pas inventé l’eau tiède ni la machine à cintrer les bananes. Savage Dawn est un spectacle disons-le tout de go absolument génial, mené sans temps mort, formidablement interprété par un casting de qualité et surtout qui a de la gueule. On en redemande et ça tombe bien, puisqu’il est désormais disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

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Test Blu-ray / Tu fais pas le poids, shérif !, réalisé par Hal Needham

TU FAIS PAS LE POIDS, SHÉRIF ! (Smokey and the Bandit II) réalisé par Hal Needham, disponible en DVD et Blu-ray, depuis le 17 février 2022 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Burt Reynolds, Sally Field, Jerry Reed, Paul Williams, Pat McCormick, Dom DeLuise, David Huddleston…

Scénario : Jerry Belson & Brock Wates, d’après une histoire originale de Hal Needham, Michael Kane & Robert L. Levy

Photographie : Michael C. Butler

Musique : Snuff Garrett

Durée : 1h41

Date de sortie initiale: 1980

LE FILM

Au Texas, Big Enos brigue le poste de gouverneur. Cependant, John Conn, son adversaire, n’a pas l’intention de se laisser distancer. Pour ridiculiser son rival, Big Enos imagine un plan diabolique. Il s’agit de convaincre Bandit de convoyer une femelle éléphant enceinte, jusqu’à la convention républicaine de Miami et ce, pour un salaire de 400.000 dollars.

Quand vous êtes le seul film à avoir su concurrencer Star Wars en 1977, forcément l’idée de faire une suite vous trotte dans la tête ! Un peu plus de trois ans après le premier opus, déboule sur les écrans américains Tu fais pas le poids, shérif !, ou tout simplement Smokey and the Bandit II en version originale. On prend les mêmes et on recommence devant et derrière la caméra, autrement dit Hal Needham à réalisation, Burt Reynolds, Sally Field, Jackie Gleason, Paul Williams, Pat McCormick et Mike Henry au casting. Mais le résultat n’est pas à la hauteur des espérances, on déchante même très rapidement devant la paresse d’un scénario qui se contente de reprendre des éléments du volet précédent, sans aucune imagination. Là où Cours après moi, shérif ! parvenait à maintenir l’attention durant 90 minutes, pied au plancher, dans une course-poursuite quasi-ininterrompue, Tu fais pas le poids, shérif ! ne cesse de caler, d’avancer par à-coups, sans jamais retrouver la magie du film original. Si tout le monde semble être heureux de se réunir (même si Burt Reynolds avouera qu’Universal l’a poussé à le faire pour des raisons purement lucratives), les spectateurs risquent de trouver le temps long de leur côté, ce qui avait déjà été le cas en 1980, puisque les résultats au box-office n’auront pas été aussi « enthousiasmants », avec 66 millions de dollars de recette, soit près de 230 millions de dollars aujourd’hui. Un énorme succès tout de même, mais celles et ceux qui s’attendaient à découvrir une nouvelle comédie d’action, seront sans doute déçus en se retrouvant plutôt face à Burt Reynolds en prise avec…un éléphant…Quelques bons moments, mais rien de véritablement marquant.

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Test Blu-ray / Cours après moi, shérif !, réalisé par Hal Needham

COURS APRÈS MOI, SHÉRIF ! (Smokey and the Bandit) réalisé par Hal Needham, disponible en DVD et Blu-ray, depuis le 19 janvier 2022 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Burt Reynolds, Sally Field, Jack Reed, Mike Henry, Paul Williams, Pat McCormick, Alfie Wise, George Reynolds…

Scénario : James Lee Barrett, Charles Shyer & Alan Mandel, d’après une histoire originale de Hal Needham & Robert L. Levy

Photographie : Bobby Byrne

Musique : Bill Justis & Jerry Reed

Durée : 1h36

Date de sortie initiale: 1977

LE FILM

Surnommé le Bandit, le routier Bo Darville relève le défi que lui fixe le millionnaire Enos Burdette : transporter, sous quarante-huit heures, 400 caisses de bière entre le Texas et la Géorgie. Une activité illégale, considérée comme de la contrebande. Son ami Snowman à la manœuvre dans la cabine du semi-remorque chargé à bloc, Darville ouvre la route au volant de sa Pontiac survitaminée. Le plan se déroule sans incident jusqu’à ce qu’il tombe sur une jeune mariée en fuite qu’il décide d’aider. Une rencontre qui va générer de nombreux problèmes, le shérif Buford T. Justice n’appréciant guère de voir son fils soudainement plaqué par sa fiancée le jour de ses noces.

Quand Cours après moi, shérif ! Smokey and the Bandit est sur le point de débouler au cinéma, la renommée de Burt Reynolds est telle que la Fox décide d’avancer la sortie de Star Wars de deux jours, pensant qu’il ne fera qu’une bouchée de cette aventure intergalactique sur laquelle personne ne mise, encore moins le studio. Découvert dans Navajo Joe (1966) de Sergio Corbucci, le comédien devient une star internationale trois ans plus tard grâce au triomphe de DélivranceDeliverance de John Boorman. Il incarnera désormais le charme macho et velu à l’américaine, la moustache fringante, l’oeil rieur et passera d’un univers à l’autre, chez Woody Allen (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander), Joseph Sargent (Les Bootleggers White Lightning), Richard C. Sarafian (Le Fantôme de Cat Dancing The Man Who Loved Cat Dancing), Robert Aldrich (Plein la gueule The Longest Yard et La Cité des dangers Hustle), Peter Bogdanovich (Enfin l’amourAt Long Last Love et Nickelodeon) et bien d’autres. Tout le monde s’arrache ce bloc de virilité d’1m80. 1977, nous voici rendus à Cours après moi, shérif ! qui est donc le plus grand succès commercial de l’illustre carrière de Burt Reynolds, ayant rapporté près de 130 millions de dollars à sa sortie, soit l’équivalent d’un demi-milliard de dollars d’aujourd’hui (rien que sur le sol américain)…Cela laisse rêveur, surtout quand on sait que le budget global n’était que de quatre millions. Bref, on imagine encore mal le phénomène Burt Reynolds et de cet opus, qui allait engendrer deux suites au cinéma (Tu fais pas le poids, shérif ! et Cours après moi, shérif ! 3) et quatre téléfilms jusqu’en 1994, et inspirer la série Shérif, fais-moi peur The Dukes of Hazzard dès 1979. Culte on vous dit !

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Test Blu-ray / Riposte armée, réalisé par John Stockwell

RIPOSTE ARMÉE (Armed Response) réalisé par John Stockwell, disponible en DVD et Blu-ray, depuis le 17 février 2022 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Wesley Snipes, Anne Heche, Dave Annable, Colby Lopez, Kyle Clements, Morgan Roberts, Eyas Younis, Mo Gallini…

Scénario : Matt Savelloni

Photographie : Matthew Irving

Musique : Elia Cmiral

Durée : 1h30

Date de sortie initiale: 2017

LE FILM

Aucun signe de vie n’émane du Temple, une prison militaire destinée aux détenus les plus dangereux et contrôlée via un système d’intelligence artificielle. Les militaires chargés de garder les lieux ayant tous disparu, l’état-major envoie sur place une unité d’élite.

Looooooooool !

Ça ne suffit pas comme argument ? Alors je vais essayer de vous en dire un peu plus sur Riposte armée (ptdr…) ou Armed Response (ça fait tout de suite plus sérieux en version originale), réalisé en 2017 par John Stockwell (né en 1961). Vous le connaissez sûrement. En tant qu’acteur tout d’abord. C’est lui qui interprète Dennis Guilder dans Christine de John Carpenter (le meilleur ami d’Arnie, ça vous revient ?), mais aussi Cougar dans Top Gun de Tony Scott (cette fois ça y est, vous l’avez). Mais ce dernier a ensuite bifurqué derrière la caméra au début des années 2000, en devenant l’expert des films situés sous les palmiers, sous lesquels déambulent de belles nanas en bikini, accompagnées de mâles aux tablettes de chocolat saillantes, en direction de la plage azur. Des titres ? Blue Crush (2002) avec Kate Bosworth et Michelle Rodriguez, Bleu d’enfer Into the Blue (2005) avec Jessica Alba et Paul Walker, Dark Tide (2012) avec Halle Berry et Olivier Martinez. Depuis les années 2010, le réalisateur s’est tourné vers les séries B d’action, à l’instar de l’épuisant Out of Control (ou In the Blood en VO, allez comprendre pourquoi) avec une Gina Carano qui s’endort sur son menton carré entre deux scènes de baston, ou du nanardesque Kickboxer : Vengeance (2016) avec Dave Bautista, Alain Moussi et JCVD. Notre chez Johnny s’est fait une spécialité du film à budget (très) limité, filmé dans quelques décors abandonnés légèrement retapés (mais pas trop), chichement éclairés et au casting composé d’anciennes stars ou vedettes sur le retour. C’est exactement le cas pour Riposte armée, qui oscille entre la navet pur et dur, et le nanar fatigué, où Wesley Snipes apparaît tellement transparent qu’on en vient à se demander s’il ne s’agit pas d’un hologramme, et où Anne Heche (c’est qui ça déjà ?) a constamment l’oeil visé à son flingue et l’autre sur sa feuille d’impôts dont elle venue payer un arriéré. Car Riposte armée est un produit complètement insignifiant, inodore, incolore, invisible, qui vous engourdit le cerveau pendant 90 interminables minutes (un montage aux pâquerettes), durant lesquelles il ne se passe absolument rien et qui en même temps fascine par sa vacuité et sa démonstration pour illustrer un scénario inepte. À vous de voir, si l’envie vous en dit…

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Test Blu-ray / Harley Davidson et l’homme aux santiags, réalisé par Simon Wincer

HARLEY DAVIDSON ET L’HOMME AUX SANTIAGS (Harley Davidson and the Marlboro Man) réalisé par Simon Wincer, disponible en DVD et Blu-ray, depuis le 6 octobre 2021 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Mickey Rourke, Don Johnson, Chelsea Field, Daniel Baldwin, Giancarlo Esposito, Vanessa L. Williams, Robert Ginty, Tia Carrere…

Scénario : Don Michael Paul

Photographie : David Eggby

Musique : Basil Poledouris

Durée : 1h38

Date de sortie initiale: 1991

LE FILM

Afin d’éviter le perte définitive du bar d’un vieil ami, une bande de marginaux décident de braquer un convoi censé contenir une somme d’argent en liquide. Mais l’unique cargaison est en fait une nouvelle drogue, qui fait fureur auprès des jeunes. Les trafiquants vont alors tout tenter pour récupérer leur précieuse marchandise…

Oh le beau petit film culte que voilà ! Diffusé de multiples fois à la télévision, sur M6 surtout, Harley Davidson et l’Homme aux santiags ou Harley Davidson and the Marlboro Man en version originale est réalisé par l’australien Simon Wincer (né en 1973). Ce dernier reste évidemment connu des cinéphiles pour le formidable Harlequin, qui l’a fait connaître à l’international et ouvert les portes d’Hollywood. On lui doit moult séries B comme D.A.R.Y.L. (1985) avec Barret Oliver (entre L’Histoire sans fin et Cocoon), Sauvez Willy Free Willy (1993), succès surprise qui allait engendrer trois suites et une série d’animation, sans oublier le trépidant Le Fantôme du Bengale The Phantom. Sorti en 1991, Harley Davidson et l’Homme aux santiags est comme qui dirait une relecture du western et du film de biker, ou tout simplement d’Easy Rider de Dennis Hopper, où nos deux protagonistes, même s’ils en ont sacrément sous le capot, se rendent bien compte qu’ils sont devenus « trop vieux pour ces conneries » et qu’ils n’ont plus leur place dans ce monde en cette année 1996, ce qui donne d’ailleurs au film, sorti en 1991, un côté anticipation. Bourré d’humour et d’action, ce buddy-movie qui sent la clope et le musc, repose sur les épaules carrées de Mickey Rourke et Don Johnson, parfaits d’alchimie, crevant l’écran de leur charisme, qui s’amusent constamment à se donner la réplique. Trente ans après, Harley Davidson et l’Homme aux santiags reste une valeur sûre et un divertissement de haute volée.

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Test Blu-ray / Doom, réalisé par Andrzej Bartkowiak

DOOM réalisé par Andrzej Bartkowiak, disponible en Blu-ray depuis le 16 février 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Dwayne Johnson, Karl Urban, Rosamund Pike, Deobia Oparei, Ben Daniels, Razaaq Adoti, Richard Brake…

Scénario : Dave Callaham & Wesley Strick, d’après le jeu vidéo Doom

Photographie : Tony Pierce-Roberts

Musique : Clint Mansell

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 2005

LE FILM

Une chose terrible est arrivée à la station de recherche scientifique Olduvai, basée sur la planète Mars. Toutes les expériences se sont arrêtées, la communication ne passe plus. Les derniers messages reçus sont pour le moins angoissants. Le niveau 5 de quarantaine est déclaré et les seules personnes auxquelles l’accès est autorisé sont les membres du commando des Rapid Response Tactical Squad (RRTS). Mais sont-ils face à n’importe quel ennemi ? Les scientifiques de cette station de la planète rouge ont malencontreusement ouvert une porte dans laquelle se sont engouffrées toutes les créatures de l’enfer. Une armée de créatures de cauchemars d’origine inconnue est tapie derrière chaque recoin des innombrables pièces et couloirs de la base, tuant les quelques rares humains encore présents…

Autant le dire tout de suite, l’auteur de ces mots ne connaît absolument rien de la série de jeux vidéo Doom, dont il s’agit ici d’une « tentative » d’adaptation, la première d’ailleurs, puisqu’on trouve également un Doom : Annihilation sorti en 2019. À la barre de ce Doom de 2005, on découvre le polonais Andrzej Bartkowiak (né en 1950), essentiellement connu pour son travail comme directeur de la photographie, chez Sidney Lumet (Le Prince de New York, Piège mortel, Le Verdict, À la recherche de Garbo et bien d’autres, excusez du peu…), James L. Brooks (Tendres Passions), John Huston (L’Honneur des Prizzi), Ivan Reitman (Jumeaux), Joel Schumacher (Chute libre), Jan de Bont (Speed)…puis, on ne sait pas pourquoi ni comment, le bougre passe derrière la caméra en 2000. « Et là, c’est le drame » comme on dit. En effet, celui-ci enchaînera quelques films agités improbables, Roméo doit mourir Romeo Must Die, avec Jet Li (qui surfait sur le triomphe de L’Arme fatale 4) et Aaliyah, Hors limites Exit Wounds (2001) avec Steven Seagal (son dernier succès au cinéma), petit polar urbain aux scènes d’action gentiment abracadabrantes, En sursis – Cradle 2 the Grave (2003), où il retrouvait Jet Li et DMX…ce qui nous amène à Doom, pour lequel il se voit confier le budget coquet de 65 millions de dollars. Cette production tchéco-anglo-germano-américaine (avec à sa tête Lorenzo di Bonaventura, Transformers, G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, The Ryan Initiative, Deepwater) est aujourd’hui considérée, probablement à juste titre, comme étant l’une des transpositions les plus pitoyables d’un jeu vidéo. Même pas amusant, ou si peu, Doom n’est pas un nanar, mais un navet pur et dur, dans lequel l’ancien étudiant de la prestigieuse de l’École de cinéma de Łódź (oui oui, comme Krzysztof Kieślowski, Roman Polanski, Jerzy Skolimowski et Andrzej Wajda) donne le pire de lui-même avec une mise en scène inexistante, une photo hideuse et une distribution où les acteurs rivalisent de froncements de sourcils. Jamais rigolo, juste léthargique.

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