Test Blu-ray / Les Espions, réalisé par Henri-Georges Clouzot

LES ESPIONS réalisé par Henri-Georges Clouzot, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Curd Jürgens, Peter Ustinov, O.E. Hasse, Sam Jaffe, Paul Carpenter, Véra Clouzot, Martita Hunt, Gerard Séty, Gabrielle Dorziat, Louis Seigner, Pierre Larquey, Sacha Pitoeff, Fernand Sardou, Patrick Dewaere…

Scénario : Henri-Georges Clouzot, Jérôme Géronimi d’après le roman Le Vertige de minuit d’Egon Hostovsky

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Auric

Durée : 2h01

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Le docteur Malic, en proie à quelques problèmes avec l’alcool, dirige une petite clinique psychiatrique. Quand un militaire américain, le colonel Howard, lui propose d’héberger un homme mystérieux monnayant une forte somme, le docteur accepte sans rechigner. Cependant, au lieu d’un pensionnaire en plus, il s’aperçoit que sa clinique devient le repaire d’un groupe d’espions qui prend la place de son personnel habituel.

En dépit du Prix Spécial du Jury décerné à l’unanimité au Festival de Cannes, Le Mystère Picasso s’est soldé par un échec commercial retentissant à sa sortie. Bien décidé à se refaire une santé au box-office, Henri-Georges Clouzot jette son dévolu sur le roman d’Egon Hostovsky, Le Vertige de minuit, qu’il adapte avec Jérôme Géronimi, avec lequel il avait déjà travaillé sur Le Salaire de la peur (1953) et Les Diaboliques (1955). Ce récit d’espionnage lui permet d’évoquer la suspicion, le mystère et la paranoïa, en poussant son dispositif cinématographique à son paroxysme, qui s’apparenterait aujourd’hui à un roman-graphique, impression renforcée par la sublime photographie de Christian Matras (Madame de…, Lola Montès). Merveilleusement mis en scène, Les Espions est un film complètement dingue, qui prend plaisir à paumer les spectateurs, pour mieux les emmener sur un terrain inconnu, celui de la folie qui gangrène son personnage principal, pourtant lui-même directeur d’un asile privé, qui perd progressivement ses repères jusqu’à se demander s’il n’est pas lui-même devenu fou. Chef d’oeuvre totalement méconnu dans l’oeuvre d’Henri-Georges Clouzot, film rare, Les Espions foudroie par sa modernité et sa schizophrénie n’a d’ailleurs jamais été autant d’actualité.

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Test Blu-ray / Des pissenlits par la racine, réalisé par Georges Lautner

DES PISSENLITS PAR LA RACINE réalisé par Georges Lautner, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Louis de Funes, Michel Serrault, Mireille Darc, Maurice Biraud, Francis Blanche, Venantino Venantini, Darry Cowl, Hubert Deschamps, Raymond Meunier, Gianni Musy, Guy Grosso, Philippe Castelli…

Scénario : Clarence Weff, Georges Lautner, Albert Kantof, d’après le roman Y avait un macchabée de Clarence Weff

Photographie : Maurice Fellous

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Un mauvais garçon vient de trépasser. Ceux qui l’avaient rendu à une vie meilleure, le cachèrent dans une contrebasse. Quand on apprit, dans le “milieu” que le truand possédait le ticket gagnant 100 millions au tiercé, et que ce ticket se trouvait dans la veste du “macchabée”, donc dans la contrebasse, ce fut le début d’une sacrée course au trésor…

Sans être un hôte abusif, j’aimerais savoir à qui est ce cadavre ?”.

A l’automne 1963, alors qu’il est en plein montage des Tontons flingueurs, Georges Lautner a déjà deux autres films sur le feu, dont le troisième et dernier volet de la trilogie du Monocle, qu’il se prépare à tourner à Hong Kong. Mais avant cela, il décide d’entamer les prises de vue d’une nouvelle comédie, Des pissenlits par la racine, l’adaptation du roman Y’avait un macchabée de Clarence Weff, pseudonyme d’Alexandre Valletti, coécrite par ce dernier avec le cinéaste lui-même, le tout supervisé par Michel Audiard et très largement inspiré du scénario de Three Strangers (1946) de Jean Negulesco, écrit par John Huston, avec Sydney Greenstreet et Peter Lorre. Tourné dans la précipitation en 10 jours, ce petit film permettait ainsi à Georges Lautner de “se couvrir” au cas où Les Tontons flingueurs se planterait au box-office. Rétrospectivement, Des pissenlits par la racine est une récréation pour le réalisateur et vaut essentiellement pour son casting quatre étoiles digne d’un Expendables à la française puisque Michel Serrault, Maurice Biraud, Mireille Darc, Louis de Funès, Francis Blanche, Venantino Venantini, Darry Cowl et Guy Grosso s’y donnent la (formidable) réplique, dans un délire complètement assumé et où l’humour noir très anglo-saxon coule à flots. Une vraie friandise acidulée comme le grand Georges Lautner en avait le secret.

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Test DVD / L’Ange noir, réalisé par Roy William Neill

L’ANGE NOIR (Black Angel) réalisé par Roy William Neill, disponible en DVD le 17 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Dan Duryea, June Vincent, Peter Lorre, Broderick Crawford, Constance Dowling, Wallace Ford, Hobart Cavanaugh, Freddie Steele…

Scénario : Roy Chanslor d’après le roman de Cornell Woolrich

Photographie : Paul Ivano

Musique : Frank Skinner

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1946

LE FILM

Los Angeles. Kirk Bennett découvre Marvis Marlowe, sa maîtresse, morte. Il est arrêté, jugé et condamné à mort. Sa femme, Catherine, décidée à le sauver, mène son enquête avec Martin Blair, l’ancien mari de Marvis. Ils soupçonnent Marko, le patron d’un cabaret, mais ce dernier a un alibi.

De son vrai nom Roland de Gostrie, Roy William Neill (1887-1946) n’est sans doute pas le réalisateur américain le plus connu de sa génération et pourtant les cinéphiles connaissent une (petite) partie de son œuvre prolifique (plus de cent films à son actif), puisque cet artisan du cinéma hollywoodien aura mis en scène près d’une douzaine d’opus consacrés au personnage de Sherlock Holmes, interprété par Basil Rathbone. De 1943 avec Sherlock Holmes et l’Arme secrèteSherlock Holmes and the Secret Weapon à Sherlock Holmes et la ClefDressed To Kill (1946), ce sera donc trois aventures du célèbre détective privé de Baker Street filmées tous les quatre ans qui feront le bonheur des spectateurs. Pour l’heure, L’Ange noir Black Angel, tourné la même année que Dressed To Kill, est le dernier long métrage de Roy William Neill, qui meurt soudainement à l’aube de ses soixante ans. Ce film noir vaut toujours le coup aujourd’hui pour l’interprétation du grand Dan Duryea (1907-1968), qui mérite largement d’être réhabilité et reconsidéré par les cinéphiles, qui ont souvent tendance à oublier l’intensité du jeu de celui qui aura pourtant tourné avec les plus grands. William Wyler, Howard Hawks, Fritz Lang, Anthony Mann, George Sherman, Robert Siodmak, Robert Aldrich, Douglas Sirk, ont entre autres profité et su mettre en valeur son immense talent. Le comédien qui était alors considéré comme l’un des plus grands salauds du cinéma dans les années 1940-50, trouve dans L’Ange noir un rôle tragique, à fleur de peau, loin de sa violence habituelle. Et il y est une fois de plus magnifique.

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Test Blu-ray / Les Magnats du pouvoir – Winter Kills, réalisé par William Richert

LES MAGNATS DU POUVOIR (Winter Kills) réalisé par William Richert, disponible en combo Blu-ray+DVD le 29 janvier 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Jeff Bridges, John Huston, Anthony Perkins, Eli Wallach, Sterling Hayden, Dorothy Malone, Tomas Milian, Belinda Bauer, Ralph Meeker, Toshirô Mifune…

Scénario : William Richert d’après le roman de Richard Condon

Photographie : Vilmos Zsigmond

Musique : Maurice Jarre

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

Nick est le demi-frère d’un président des Etats-Unis assassiné il y a plus de quinze ans. Il est plongé dans le passé, quand un homme mourant lui révèle être le véritable assassin de son frère. Le présumé coupable arrêté à l’époque par la police n’était qu’un homme de paille. Nick mène l’enquête mais sa propre vie est alors menacée…

Complètement méconnu, ou même totalement oublié par les historiens du cinéma et par les cinéphiles, Les Magnats du pouvoir, connu également sous le titre Qui a tué le président ? ou bien encore Winter Kills en version originale, est un des films les plus étranges que vous pourrez voir dans votre vie. Quasi-inclassable, comédie noire et décalée, thriller d’espionnage pur et dur, drame psychologique, on ne sait ou plutôt on ne peut jamais trancher et même longtemps après, le film ne cesse de revenir dans la tête. Réalisé par William Richert (né en 1942), à la base producteur de documentaires (Derby, A Dancer’s life), scénariste (La Loi de la pagaille), acteur occasionnel, Winter Kills est son premier long métrage en tant que réalisateur. Aussi passionnant à l’écran que pour l’histoire de son tournage catastrophique, Les Magnats du pouvoir est en fait l’aboutissement de quinze années d’enquête sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, puisque son récit condense toutes les théories du complot qui ont fleuri autour de ce drame historique. Sur un scénario foisonnant, passionnant, mais aussi ultra-complexe, William Richert livre une fabuleuse adaptation du roman de Richard Condon (auteur d’Un crime dans la tête, transposé par John Frankenheimer en 1962) dans laquelle brillent de fantastiques comédiens (et quel casting !), menés par le grand Jeff Bridges. Une découverte s’impose.

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Test Blu-ray / Le Temps du châtiment, réalisé par John Frankenheimer

LE TEMPS DU CHÂTIMENT (The Young Savages) réalisé par John Frankenheimer, disponible en DVD et Blu-ray le 18 février 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Burt Lancaster, Dina Merrill, Edward Andrews, Vivian Nathan, Shelley Winters, Larry Gates, Telly Savalas, Pilar Seurat…

Scénario : Edward Anhalt, J.P. Miller d’après un roman d’Evan Hunter

Photographie : Lionel Lindon

Musique : David Amram

Durée : 1h43

Année de sortie : 1961

LE FILM

Dans un quartier populaire d’une grande ville américaine, la guerre des gangs vient de faire une nouvelle victime : un jeune aveugle portoricain a été assassiné par trois adolescents d’origine italienne. L’opinion publique exige un châtiment exemplaire. Hank Bell, adjoint du procureur, mène l’enquête.

Le Temps du châtimentThe Young Savages (1961) est la première des cinq collaborations entre Burt Lancaster et le réalisateur John Frankenheimer (1930-2002). Cinq longs-métrages, tous tournés dans les années 1960. Suivront Le Prisonnier d’AlcatrazBirdman of Alcatraz (1962), Sept jours en maiSeven Days in May (1964), Le TrainThe Train (1964) et Les Parachustistes arriventThe Gypsy Moths (1969). Si l’entente entre les deux hommes a été particulièrement rude au début des prises de vues, Le Temps du châtiment a pourtant scellé l’une des associations les plus importantes de leurs carrières respectives. Le Temps du châtiment, second film pour le cinéma de John Frankenheimer, cinq ans après son premier coup d’essai Mon père, cet étrangerThe Young Stranger (1957), rend compte de l’aisance technique du cinéaste et de sa solide direction d’acteurs. Forcément, Burt Lancaster écrase la distribution par son charisme imposant et de son talent, mais comme à son habitude l’acteur ne tire jamais la couverture et laisse une belle place à ses partenaires, parmi lesquels Shelley Winters et Telly Savalas dans son premier rôle au cinéma. Au-delà de sa beauté plastique et de sa réalisation d’une folle modernité, Le Temps du châtiment interpelle toujours sur son étude de la délinquance juvénile. Un film coup de poing.

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Test DVD / Traquée, réalisé par Richard Wallace

TRAQUÉE (Framed) réalisé par Richard Wallace, disponible en DVD le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, Janis Carter, Barry Sullivan, Edgar Buchanan, Karen Morley, Jim Bannon, Stanley Andrews, Walter Baldwin…

Scénario : Ben Maddow d’après une histoire de John Patrick

Photographie : Burnett Guffey

Musique : Marlin Skiles

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Stephen Prince, qui est banquier, et sa maîtresse Paula Craig décident de partir en emportant 250 000 dollars. Voulant faire croire à la disparition de Stephen, ils jettent leur dévolu sur Mike Lambert, qu’ils décident de tuer pour faire passer son corps pour celui de Stephen…

Sorti en 1947, TraquéeFramed, est l’un des derniers films mis en scène par le méconnu Richard Wallace (1894-1951), ancien collaborateur de Laurel & Hardy, à qui l’on doit quelques petites pépites comme Nid d’espionsThe Fallen Sparrow (1943) avec John Garfield et Maureen O’Hara. Traquée, titre français étrange car aucune femme ne l’est dans le film, est un polar comme on les aime, un film noir typique de la Columbia, avec sa durée resserrée, son intrigue signée Ben Maddow (Quand la ville dort, Le Vent de la plaine) menée sans aucun temps mort, son casting soigné, sa succession de rebondissements de la première à la dernière scène et sa photographie très élégante.

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Test Blu-ray / Un p’tit gars de Ménilmontant, réalisé par Alain Minier

UN P’TIT GARS DE MÉNILMONTANT réalisé par Alain Minier, disponible en DVD et Blu-ray le 4 février 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Olivier Marchal, Smaïn, Catherine Marchal, Nassim Boutelis, Jeanne Savary, Hélène Bizot, Sofia Lassoued, Tom Invernizzi, Christian Mulot…

Scénario : Alain Minier

Photographie : Cyrill Renaud

Musique : Thomas Couzinier, Frédéric Kooshmanian, Philippe Mallier, Michel Ochowiak

Durée : 1h31

Année de sortie : 2013

LE FILM

Jo a passé quinze ans derrière les barreaux après un braquage qui a mal tourné. Lorsqu’il revient chez lui, les choses ont bien changé. Chez les voyous, les règles du jeu ne sont plus les mêmes. De jeunes délinquants hyper violents ont pris les commandes du quartier. L’ex-gangster doit reprendre les armes.

Depuis ses débuts devant la caméra dans Ne réveillez pas un flic qui dort de José Pinheiro en 1988, Olivier Marchal a traîné sa tronche burinée, certains diront ses couilles mais c’est un autre débat, aussi bien dans les films policiers que dans les comédies. Grand admirateur de Jean Gabin, de Lino Ventura et des autres monstres du cinéma français de l’époque, le comédien-réalisateur a souvent voulu marcher dans les pas de ses illustres modèles. Un p’tit gars de Menilmontant d’Alain Minier lui permet d’aller dans cette direction. Fidèle à lui-même, Olivier Marchal, gueule fermée, cheveux gras, blouson de cuir élimé, démarche traînante et flingue dans la poche, promène sa carcasse fatiguée dans ce petit polar classique, mais bien troussé, dans lequel il incarne un homme qui sort de prison après avoir passé 15 ans derrière les barreaux et qui retrouve son quartier complètement transformé. Celui-ci va tenter de reprendre sa place dans un monde qui ne répond plus aux mêmes règles.

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Test Blu-ray / Flic ou Voyou, réalisé par Georges Lautner

FLIC OU VOYOU réalisé par Georges Lautner, disponible en Blu-ray le 1er janvier 2020 chez Studiocanal

Acteurs :  Jean-Paul Belmondo, Michel Galabru, Marie Laforêt, Jean-François Balmer, Claude Brosset, Georges Géret, Michel Beaune, Philippe Castelli, Charles Gérard…

Scénario :  Jean Herman d’après le roman de Michel Grisolia

Photographie : Henri Decaë

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

Stanislas Borovitz est un as de la police des polices qui utilise des méthodes particulièrement expéditives pour contrer les policiers véreux. Il est envoyé à Nice pour aider le commissaire Grimaud à mettre fin aux agissements de bandes rivales, les Corses et les Auvergnats, sous les coupes respectives d’Achille Volfoni et de Théo Musart. Se faisant passer pour un voyou, il parvient à infiltrer le milieu. Stan ne tarde pas à découvrir bientôt l’identité des flics de mèche avec la pègre. Dans le même temps, il fait la connaissance d’Edmonde, une romancière délurée.

Eh, les gars ! Ces trucs là, on devrait jamais avoir à s’en servir. D’autant qu’on peut obtenir les choses autrement. J’en suis sûr. Tenez, en demandant. Pardon Messieurs, pourriez-vous ôter vos pantalons, s’il vous plaît ? J’ai dit, ôtez vos frocs ! J’aimerais voir ce que vous portez en-dessous. On dit que la soie revient à la mode.

Flic ou Voyou est la première des cinq collaborations – avant Le Guignolo, Le Professionnel, Joyeuses Pâques et L’Inconnu dans la maison – de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo. Mort d’un pourri avec Alain Delon ayant été un beau succès dans les salles en décembre 1977, Bebel approche le réalisateur. L’entente est parfaite, l’osmose immédiate et les deux hommes décident de faire leur prochain film ensemble. Souvent habitué à sortir un opus (minimum) par an, Jean-Paul Belmondo ne sera à l’affiche d’aucun film en 1978. Il revient en très grande forme avec ce Flic ou Voyou, immense succès populaire avec près de 4 millions de spectateurs dans les salles (dont un million rien que sur Paris et sa périphérie, une première pour un film avec Belmondo), ce qui le place en quatrième position des meilleures entrées de 1979 derrière, Le Gendarme et les extra-terrestres, la reprise du Livre de la jungle et Apocalypse Now. Egalement un énorme succès en Allemagne avec plus de 3 millions d’entrées, Flic ou Voyou demeure encore aujourd’hui un des films les plus chéris par les fans de l’éternel Bebel. Georges Lautner, un des meilleurs artisans que le cinéma français ait pu avoir, soigne comme toujours sa mise en scène et se repose sur un scénario jubilatoire écrit par Jean Herman, d’après le roman L’Inspecteur de la mer de Michel Grisolia, ainsi que sur des dialogues aux petits oignons concoctés par Michel Audiard. Bref, c’est un chef d’oeuvre.

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Test Blu-ray / Roubaix, une lumière, réalisé par Arnaud Desplechin

ROUBAIX, UNE LUMIÈRE réalisé par Arnaud Desplechin, disponible en DVD et Blu-ray le 3 janvier 2020 chez Le Pacte

Acteurs : Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier, Antoine Reinartz, Chloé Simoneau, Betty Cartoux, Jérémy Brunet, Stéphane Duquenoy…

Photographie : Irina Lubtchansky

Musique : Grégoire Hetzel

Durée : 1h59

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…

Si Roubaix, une lumière, le dixième long métrage d’Arnaud Desplechin a l’apparence d’un polar, c’est aussi et avant tout un drame social, le portrait d’âmes marginales et solitaires, ainsi que celui d’une ville mise sous cloche où 75 % des quartiers sont placés en zone urbaine sensible. Divinement écrit et interprété, magistralement mis en scène, Roubaix, une lumière est une chronique mélancolique sur le quotidien d’une poignée de flics, qui ravit les sens à chaque instant. Pas étonnant que le cinéaste ait pris pour modèle le merveilleux Les Flics ne dorment pas la nuitThe New Centurions (1972), qui plongeait l’audience dans l’implacable quotidien d’une unité de police de Los Angeles, notamment les patrouilles dans les rues mal famées. Redoutablement pessimiste, sombre, mais jamais désespéré ou morbide grâce au personnage incarné par le sensationnel Roschdy Zem, Roubaix, une lumière dresse le portrait de simples policiers qui se donnent corps et âme à leur métier, que certains n’ont probablement pas choisi ou d’autres qui au contraire sont nés avec cette vocation. Sur un scénario en béton coécrit avec Léa Mysius (L’Adieu à la nuit d’André Téchiné), Arnaud Desplechin ancre son intrigue, tirée d’une histoire vraie, dans un univers très réaliste, qui contraste avec la sublime photographie stylisée d’Irina Lubtchansky et ses partis-pris tout droit hérités du genre noir. Et c’est une immense réussite, qui on l’espère sera récompensée à la prochaine cérémonie des Césars. Exceptionnel et magnétique, Roschdy Zem peut largement prétendre à la compression du meilleur acteur. C’est en tout cas l’un des plus grands films de 2019.

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Test Blu-ray / I…comme Icare, réalisé par Henri Verneuil

I…COMME ICARE réalisé par Henri Verneuil, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 30 août 2017 chez LCJ Editions

Acteurs : Yves Montand, Michel Etcheverry, Roger Planchon, Jacques Denis, Pierre Vernier, Jacques Sereys…

Scénario : Henri Verneuil, Didier Decoin

Photographie : Jean-Louis Picavet

Musique : Ennio Morricone

Durée : 2h02

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

Jarry, un chef d’état, est abattu au cours d’une visite officielle, alors qu’il circulait dans une voiture décapotable, son assassin, Karl Eric Daslow, est retrouvé mort dans l’ascenseur de l’immeuble d’où il a tiré. Après une année d’investigations, l’hypothèse du tueur psychopathe et isolé semble s’imposer. Cependant, l’un des membres de la commission d’enquête, le procureur Volney, refuse de se rallier à la version officielle et décide de poursuivre seul l’enquête, avec l’aide de ses assistants. Or, au fur et à mesure que ses investigations avancent, les témoins du crime meurent tous les uns après les autres, dans de troublantes circonstances…

“Cette histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre”. Boris Vian, L’écume des jours .

Habitué à sortir un film tous les deux ans, Henri Verneuil mettra un an supplémentaire pour écrire et mettre en scène I…comme Icare, sublime thriller très largement inspiré de l’assassinat de JFK et de l’enquête qui a suivi, la célèbre Commission Warren. Carré, passionnant, froid comme l’acier, magistralement interprété par Yves Montand dans un de ses plus grands rôles et par toute une ribambelle de comédiens talentueux, I…comme Icare propose certaines pistes de réflexion, joue avec un aspect documentaire inattendu (voire l’expérience de Milgram en milieu de film) et n’oublie jamais sa dimension divertissante. Du grand art, du cinéma populaire au sens le plus noble. Du Verneuil quoi !

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