Test DVD / Un monde plus grand, réalisé par Fabienne Berthaud

UN MONDE PLUS GRAND réalisé par Fabienne Berthaud, disponible en DVD le 19 mars 2020 chez France Télévisions Distribution.

Acteurs : Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam, Ludivine Sagnier, Arieh Worthalter…

Scénario : Fabienne Berthaud, Claire Barre d’après le livre de Corine Sombrun “Mon initiation chez les Chamanes

Photographie : Nathalie Durand

Musique : Valentin Hadjadj

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Corine, technicienne du son, aimait follement Paul, pianiste et violoncelliste. Mais ce dernier vient de mourir. Dévastée par la peine, elle accepte de partir travailler en Mongolie, où elle rencontre Oyun, une chamane. Lorsque Corine entre en transe au cours d’une cérémonie, Oyun ne peut qu’en faire le constat : cette étrangère a le don d’aller à la rencontre des esprits…

C’est une histoire vraie digne d’un film fantastique. Un monde plus grand est l’adaptation du livre autobiographique Mon initiation chez les chamanes de Corine Sombrun. Née en 1961, l’ethno-musicienne est devenue l’une des plus grandes spécialistes françaises du chamanisme mongol, puisque formée à la transe par des chamanes de Mongolie. En 2001, au cours d’un reportage sur les traditions chamaniques au nord de la Mongolie, Corine Sombrun se laisse envahir par le son d’un tambour utilisé par Balgir, un chamane, et plonge dans un état de transe incontrôlable. A son réveil, Balgir lui apprend que sa réaction prouve qu’elle est elle-même chamane et qu’elle doit impérativement être initiée. Vivant un deuil douloureux, Corine accepte. Sa vie va alors changer. Réalisé par Fabienne Berthaud, Un monde plus grand est une véritable expérience sensorielle, portée Cécile de France, exceptionnelle, qui crève l’écran une fois de plus.

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Test DVD / La Clepsydre, réalisé par Wojciech J. Has

LA CLEPSYDRE (Sanatorium pod klepsydra) réalisé par Wojciech J. Has, disponible en DVD depuis le 6 novembre 2019 chez Malavida Films.

Acteurs : Jan Nowicki, Tadeusz Kondrat, Irena Orska, Halina Kowalska, Gustaw Holoubek, Mieczyslaw Voit, Bozena Adamek…

Scénario : Wojciech J. Has d’après la nouvelle de Bruno Schulz “Santorium pod Klepsydra

Photographie : Witold Sobocinski

Musique : Jerzy Maksymiuk

Durée : 2h

Année de sortie : 1973

LE FILM

Jozef vient rendre visite à son père dans un étrange sanatorium. Peu à peu, il se perd dans le bâtiment, il s’égare dans ses souvenirs, ses rêves d’enfants, son passé et ses fantasmes.

Quelle œuvre étrange, énigmatique, déroutante, insondable, riche, déconcertante, visuellement époustouflante et impénétrable que La ClepsydreSanatorium pod Klepsydrą, réalisée par Wojciech J. Has (1925-2000) et adaptation de deux nouvelles de Bruno Schulz, éditées en France sous le titre Le Sanatorium au croque-mort et Les Boutiques de cannelle. Il serait impossible, ou plutôt impensable de tenter de décortiquer ce film tellement dingue, qui s’apparente à un rêve éveillé, ou un cauchemar c’est selon, qui prend l’apparence d’un récit initiatique, où un homme revivrait certains moments de son passé, tout en se perdant dans son imagination et en mélangeant à la fois les faits réels avec quelques mirages et hallucinations. Prix du jury au Festival de Cannes en 1973.

Jozef vient voir son père en traitement dans un sanatorium, mais l’établissement médical que Jozef découvre est un vaste palais lugubre, rongé par la vermine et tapissé de toiles d’araignées où le temps et l’espace sont comme pris dans un vertigineux tourbillon. Le Dr. Gotard lui explique que le temps y a été comme retardé. Ne comprenant rien à ce discours, Jozef s’aventure dans la vaste demeure et voit apparaître son double…

Dès la première image, le spectateur entre dans un monde où l’artificialité est omniprésente, comme un décor de cinéma exagéré, aux couleurs appuyées ou au contraire désaturées. Ce qui frappe également d’emblée, c’est la richesse des costumes, des accessoires, des décors. Et dire que nous n’en sommes qu’à la première séquence, celle où l’audience découvre le protagoniste, Jozef, qu’il suivra dans ses aventures, dans son examen de conscience, dans sa quête de lui-même. La Clepsydre, électrochoc cinématographique sorti en 1973, est peut-être le film somme – qui aura nécessité cinq ans de préparation – de la carrière de Wojciech J. Has, auteur prolifique et metteur en scène polonais du Noeud coulant (1958), Chambre commune (1960), Adieu jeunesse (1961), L’Or de mes rêves (1962), Le Manuscrit trouvé à Saragosse (1965) ou La Poupée (1968) pour ne citer que ses œuvres antérieures. Profondément individualiste, Wojciech J. Has restera à part et éloigné du cinéma de ses compatriotes et confrères plus célèbres, Krzysztof Kieślowski, Andrzej Wajda, Roman Polanski et Jerzy Skolimowski. En évitant volontairement l’engagement politique, il ne s’exprimera d’ailleurs jamais sur ce sujet en public, Wojciech J. Has souhaite privilégier la portée universelle de ses films, tout en se rapprochant du courant surréaliste. La Clepsydre est emblématique de ces partis pris oniriques et intentions, même si encore une fois le film demeure abstrait, opaque.

Les spectateurs y découvriront, sentiront, comprendront ce qu’ils pourront. Aux côtés du personnage principal, la liberté leur est donnée de continuer à avancer ou non dans ce labyrinthe de la pensée et dédale de la vie. Les rencontres étranges se font et de défont. Parfois, pour passer d’un tableau à l’autre, le passage est difficile à trouver. Il faut pour cela ramper sous un lit, au bout duquel on atterrit directement dans une rue très animée. Si La Clepsydre conserve et conservera probablement pour toujours ses secrets, on peut simultanément admirer chaque plan, chaque scène, chaque personnage, chaque situation.

Les couleurs disparates – magnifique photographie de Witold Sobocinski chef opérateur de Pirates et Frantic de Roman Polanski – baignent les personnages croisés par Jozef, qui à aucun moment ne semble s’étonner des situations absurdes, kafkaïennes et inouïes dans lesquelles il se retrouve plongé. Pourtant, en raison de l’étrange sanatorium, où le temps retarde d’un certain intervalle sur le présent, Jozef active les alternatives du passé. Il s’en dégage une poésie de chaque instant, même si indescriptible ou même impossible à analyser réellement, comme dans un film de Federico Fellini, Andreï Tarkovski ou David Lynch. Chaque spectateur au vécu différent, verra La Clepsydre différemment.

Wojciech J. Has use du cinéma comme d’une séance d’hypnose. On en ressort étourdi, les sens engourdis, en ne comprenant pas vraiment ce qu’on vient de voir, mais en étant certain d’avoir assisté à un tour de prestidigitation cinématographique unique et une expérience sensorielle que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

LE DVD

Cela fait près de quinze ans que Malavida Films prend soin des œuvres de Wojciech J. Has, dont le catalogue comprend l’intégrale de ses films en DVD. Déjà édité en 2005, La Clepsydre est proposée ici en version restaurée par Malavida. Le disque repose dans un très élégant boîtier Digipack à deux volets. Le menu principal est très légèrement animé et musical.

Aucun supplément en vidéo n’est présenté ici. En revanche, ruez-vous sur le livret de 12 pages inclus dans le Digipack, qui contient une fabuleuse analyse de La Clepsydre par Frédéric Mercier, publiée en 2012 sur le site DVDClassik, ainsi qu’un extrait de Cinéma et imaginaire baroque, d’Emmanuel Plasseraud (Septentrion presses universitaires-2007).

L’Image et le son

Superbe master restauré proposé par Malavida. La Clepsydre aurait même mérité d’être présenté en Haute-Définition. Toujours est-il que cette édition standard en met souvent plein la vue. La stabilité est de mise sur les deux heures du long métrage, ainsi que la propreté de l’image, la clarté est éloquente, la densité des contrastes impressionne et surtout, la colorimétrie ne cesse de flatter les rétines avec des teintes bigarrées à souhait.

La piste Stéréo offre au spectateur un confort acoustique certain, qui respecte les partis pris originaux. L’écoute est plutôt dynamique, claire et profite beaucoup aux envolées musicales de Jerzy Maksymiuk.

Crédits images : © Malavida Films / Kadr. 2018 / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Après moi le bonheur, réalisé par Nicolas Cuche

APRÈS MOI LE BONHEUR réalisé par Nicolas Cuche, disponible en DVD depuis le 23 janvier 2019 chez LCJ Editions

Acteurs : Alexandra Lamy, Michaël Abiteboul, Julia Piaton, Zabou Breitman, Thierry Frémont, Jean-Michel Tinivelli, Cécile Rebboah, Nicolas Jouhet…

Scénario : Claire LeMaréchal, Cristina Arellano d’après le livre de Marie-Laure Picat “Le Courage d’une mère“.

Photographie : Pierre-Yves Bastard

Musique : Christophe Lapinta

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2016

LE TÉLÉFILM

Lorsque Marie-Laure, mère de quatre jeunes enfants, apprend brutalement que le cancer qui la ronge ne lui laisse que quelques mois à vivre, elle ne songe plus qu’au bonheur de ses enfants et à leur avenir. Bien décidée à ce qu’ils grandissent ensemble dans une même famille, elle se heurte à la rigidité des services sociaux qui lui opposent une fin de non-recevoir. Révoltée, Marie-Laure ne s’avoue pas vaincue. Grâce à l’aide de ses proches et des médias, elle mène un combat acharné pour le droit à décider du sort de ses enfants après sa mort, en choisissant elle-même la famille d’accueil.

Après moi le bonheur est un téléfilm diffusé pour la première fois sur TF1 en mars 2016. Un gros carton d’audience qui a attiré près de 7 millions de téléspectateurs. Un succès très largement mérité. Si le sujet pouvait tout d’abord faire craindre une approche pathos destinée à faire pleurer dans les chaumières, il n’en est rien. Certes, il y a des chances que le spectateur ne puisse retenir ses larmes dans la dernière partie, mais Après moi le bonheur est un drame d’une extrême délicatesse, à fleur de peau et rempli de force, digne du véritable combat mené par Marie-Laure Picat avant sa mort. Alexandra Lamy est exceptionnelle et trouve probablement ici l’un des rôles de sa vie. Son interprétation est à l’image de la mise en scène de Nicolas Cuche, élégante et très sensible.

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Test DVD / Supergirl – Saison 4

SUPERGIRL – SAISON 4, disponible en DVD et Blu-ray  le 26 février 2020 chez Warner Bros.

Acteurs : Melissa Benoist, Mehcad Brooks, Chyler Leigh, David Harewood, Katie McGrath, Jesse Rath, Nicole Maines, Sam Witwer…

Musique : Blake Neely

Durée : 22 épisodes de 40 minutes

Date de sortie initiale : 2018-2019

LA SAISON 4

Après le départ de Superman pour Argo, Kara a désormais la lourde tâche de protéger la Terre. Et ce d’autant que les extraterrestres réfugiés sur la planète bleue se sentent menacés par la haine qui monte à leur encontre chez les humains.

Qui l’eût cru ? Bien que sympathique, la série Supergirl a toujours officié en tant qu’outsider dans le Arrowverse. La surprise est donc de taille avec cette quatrième et excellente saison, qui peut se targuer de surpasser la septième saison d’Arrow, la cinquième de Flash et la quatrième de Legends of Tomorrow, même si cette dernière était également bien fun. C’est en matière de qualité d’écriture, de mise en scène, d’intérêt, d’action et d’interprétation que cette saison 4 tire son épingle du jeu avec cette fois une dramaturgie qui parvient à s’étendre sans problème sur 22 épisodes. Melissa Benoist est beaucoup plus sobre, moins midinette et néanmoins toujours aussi charmante et sexy. Ses partenaires ne sont pas oubliés. Loin d’être de simples sidekicks, tous les personnages ont quelque chose à défendre et le font bien. L’arc narratif le plus intéressant de cette saison est celui de Lena Luthor, interprétée par Katie McGrath, dont la psychologie est cette fois plus fouillée, à tel point qu’elle devient l’une des principales protagonistes de cette saison. Les spoilers ont fusé depuis plus d’un an, ces épisodes restent marqués par l’apparition de deux méchants, Ben Lockwood alias Agent Liberty, suintant et complexe à souhait, campé par Sam Witwer (Davis Bloome/Doomsday de la série Smallville), mais aussi le légendaire Lex Luthor qui fait son apparition dans la deuxième partie de la saison. La Warner Bros. et la production aimant les clins d’oeil aux anciens films DC. Comics, c’est cette fois Jon Cryer qui interprète l’ancien adversaire de Superman. Chose amusante, le comédien avait autrefois incarné le neveu de Lex Luthor dans le nanar intergalactique Superman 4 : Le Face-à-face (1987) de Sidney J. Furie. Si Supergirl s’était toujours démarqué en abordant le droit à la différence, le racisme et l’homophobie, la série atteint ici un apogée inattendu, dont la maturité étonne d’épisode en épisode, sans aucun temps mort. Un parfait équilibre entre action et réflexion.

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Test DVD / Le Gladiateur magnifique, réalisé par Alfonso Brescia

LE GLADIATEUR MAGNIFIQUE (Il Magnifico gladiatore) réalisé par Alfonso Brescia, disponible en DVD le 31 mai 2020 chez Artus Films.

Acteurs : Mark Forest, Marilù Tolo, Paolo Gozlino, Jolanda Modio, Franco Cobianchi, Oreste Lionello, Nazzareno Zamperla, Fedele Gentile, Giulio Tomei…

Scénario : Alfonso Brescia

Photographie : Pier Ludovico Pavoni

Musique : Nella Nannuzzi

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Hercule sauve Velida, la fille de l’empereur Gallien, des Romains, en tombant amoureux. Mais elle est promise à Juddo, le chef des Prétoriens, qui convoite le trône. Il tente de parvenir à ses fins en faisant remplacer Gallien par un sosie à ses ordres. Hercule va découvrir le stratagème et lancer une révolte contre le despote.

De sa longue filmographie, les cinéphiles et cinéphages ont surtout retenu du cinéaste Alfonso Brescia (1930-2001) ses opus aux titres explicites du genre La Vie sexuelle de Don Juan (1971), Les Amazones, filles pour l’amour et pour la guerre (1973) et Supermen contre les amazones (1974). Capable du meilleur comme du pire, le réalisateur italien, également connu sous le nom de Al Bradley, aura abordé le péplum, le western, le film fantastique, l’érotique et le polar urbain. Néanmoins, Le Gladiateur magnifiqueIl Magnifico gladiatore (1964), son second long métrage pour lequel il signe d’ailleurs le scénario, est assurément l’un de ses meilleurs. Mené tambour battant, cet excellent péplum demeure un savoureux spectacle bourré de rebondissements, de héros valeureux, de salopards suintants et de généreux affrontements.

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Test DVD / Sirocco, réalisé par Curtis Bernhardt

SIROCCO réalisé par Curtis Bernhardt, disponible en DVD le 6 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Humphrey Bogart, Märta Torén, Lee J. Cobb, Everett Sloane, Gerald Mohr, Zero Mostel, Nick Dennis, Onslow Stevens…

Scénario : A.I. Bezzerides, Hans Jacoby d’après le roman “Le Coup de grâce” de Joseph Kessel

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Antheil

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Syrie, 1925. La révolte gronde contre l’occupant français dont les soldats sont régulièrement pris pour cible par les rebelles de l’émir Hassan. Bon pour les affaires d’Harry Smith, un américain cynique qui prospère dans le trafic d’armes. Si le colonel Feroud, chef du contre-espionnage, envisage de signer une trêve plutôt que de basculer dans la répression, ses efforts sont remis en question par un attentat…

Au début des années 1950, Humphrey Bogart est au sommet de sa carrière. Le comédien vient d’enchaîner coup sur coup Le Trésor de la Sierra Madre et Key Largo de John Huston, puis Les Ruelles du malheur et Le Violent de Nicholas Ray. Depuis 1942, le succès de Casablanca a entraîné moult ersatz en plaçant souvent un anti-héros américain dans un pays « exotique » dirons-nous, prêt à se sacrifier pour la bonne cause et la plupart du temps pour la femme qu’il aime. Sirocco de Curtis Bernhardt (1899-1981), qui avait déjà collaboré avec Humphrey Bogart sur La Mort n’était pas au rendez-vousConflict en 1945, ne déroge pas à à la règle, mais vaut qu’on s’y intéresse à plus d’un titre et notamment parce que le film est interprété par Bogey, impeccable dans le rôle du mystérieux Harry Smith, sans son galurin vissé sur la tête, mais avec son trench-coat fermé sous un soleil ardent.

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Test DVD / Le Cavalier traqué, réalisé par André De Toth

LE CAVALIER TRAQUÉ (Riding Shotgun) réalisé par André De Toth, disponible en DVD depuis le 7 février 2019 chez LCJ Editions

Acteurs : Randolph Scott, Wayne Morris, Joan Weldon, Joe Sawyer, James Millican, Charles Bronson, James Bell, Fritz Feld, Richard Garrick…

Scénario : Thomas W. Blackburn d’après une histoire de Kenneth Perkins

Photographie : Bert Glennon

Musique : David Buttolph

Durée : 1h12

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Larry Delong est chargé de protéger les diligences des hors-la-loi qui cherchent à intercepter les convois. Lors d’une mission, il est confronté au bandit de grand chemin Dan Marady et laissé pour mort. Il comprend néanmoins que le vol de la diligence servira de diversion pour attirer le shérif de la ville voisine et ses adjoints afin de braquer facilement le casino. Delong arrive en ville pour prévenir les habitants mais au lieu d’être écouté, il est considéré comme un complice de Marady.

D’origine austro-hongroise, André De Toth (1912-2002) est un réalisateur, scénariste et producteur qui demeure encore très chéri par les cinéphiles. Indépendant des grands studios hollywoodiens, pour lesquels il travaillera toutefois volontiers à plusieurs reprises, le cinéaste dirigera les plus grands comme Gary Cooper (La Mission du commandant Lex), Robert Ryan (La Chevauchée des bannis), Kirk Douglas (La Rivière de nos amours), Veronica Lake (Femme de feu), Barbara Stanwyck (L’Orchidée Blanche) et Richard Widmark (La Furie des Tropiques). Mais la plus grande collaboration de sa carrière reste celle entamée en 1951 avec Randolph Scott (1898-1987) pour Le Cavalier de la mortMan in the Saddle. Les deux hommes se retrouveront à cinq autres reprises (et autres westerns), Les Conquérants de Carson CityCarson City (1952), Les Massacreurs du KansasThe Stranger Wore a Gun (1953), La Trahison du capitaine PorterThunder Over the Plains (1953), Le Cavalier traquéRiding Shotgun (1954) et Terreur à l’OuestThe Bounty Hunter (1954).

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Test DVD / Boeing Boeing, réalisé par John Rich

BOEING BOEING réalisé par John Rich, disponible en DVD depuis le 3 avril 2020 chez LCJ Editions

Acteurs : Tony Curtis, Jerry Lewis, Dany Saval, Christiane Schmidtmer, Suzanna Leigh, Thelma Ritter, Lomax Study…

Scénario : Edward Anhalt d’après la pièce de Marc Camoletti

Photographie : Lucien Ballard

Musique : Neal Hefti

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Bernard est un jeune séducteur qui partage sa vie avec trois hôtesses de l’air. Grâce aux différents horaires des jeunes femmes, il gère facilement ses trois relations. Mais c’était sans compter sur les progrès de l’aéronautique qui réduisent la durée des vols et qui risquent donc de perturber la routine bien installée de ce cher Bernard. Non seulement ça, un ancien collègue, et surtout rival, Robert Reed, débarque de Berlin pour affaires et s’incruste chez lui.

Ecrite par le français Marc Camoletti (1923-2003), la pièce de théâtre Boeing-Boeing a très rapidement connu un succès foudroyant dès sa création en 1960. Non seulement ce vaudeville construit en trois actes explosera tous les records à la Comédie Caumartin, mais aussi au-delà des frontières avec plus de 18.000 représentations à ce jour à l’international, ce qui fait de Boeing-Boeing la pièce française la plus jouée dans le monde entier. Il n’en fallait pas plus pour qu’Hollywood s’intéresse à ce phénomène. Produit par la Paramount, Boeing Boeing version cinématographique (sans trait d’union dans le titre), respecte le texte et la structure originale, tout en l’agrémentant de quelques sorties dans les rues parisiennes, histoire de laisser aux spectateurs le temps de reprendre leur souffle. Car même si certaines séquences se déroulent à Orly, dans le bureau de Bernard Lawrence ou dans son quartier du XVIe arrondissement près du métro Victor Hugo, le réalisateur John Rich ne peut évidemment pas dissimuler l’essence théâtrale du matériau de base. L’action est donc principalement confinée au sein d’un grand appartement. Boeing Boeing est un véritable festival de portes qui claquent, où Tony Curtis et Jerry Lewis, typhons humains, livrent une prestation dévastatrice aux côtés des ravissantes Dany Saval (oui oui, madame Michel Drucker), Suzanna Leigh et Christiane Schmidtmer. Sans oublier la grande Thelma Ritter (Fenêtre sur cour, Les Désaxés), qui vole la vedette à chaque apparition dans le rôle de la servante Bertha. Boeing Boeing est un feu d’artifice pour les zygomatiques et sa mécanique demeure implacable.

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Test DVD / Hercule contre Rome, réalisé par Piero Pierotti

HERCULE CONTRE ROME (Ercole contro Roma) réalisé par Piero Pierotti, disponible en DVD le 7 avril 2020 chez Artus Films

Acteurs : Sergio Ciani, Wandisa Guida, Livio Lorenzon, Daniele Vargas, Andrea Aureli, Dina De Santis, Carlo Tamberlani, Tullio Altamura…

Scénario : Arpad DeRiso, Arpad DeRiso, Piero Pierotti, Giovanni Scolaro

Photographie : Augusto Tiezzi

Musique : Angelo Francesco Lavagnino

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Rome, Filippo Afro fait assassiner l’empereur Gordiano pour prendre sa place. De passage, Hercule parvient à sauver sa fille, Ulpia, mais tous deux sont capturés par les hommes de l’usurpateur. Ayant une dette envers Hercule, Quinto Traiano, le gouverneur de Pannonie, lance une armée sur Rome.

Tiens, un péplum transalpin de 1964 ! Hercule contre RomeErcole contro Roma n’a rien de révolutionnaire et a du mal à se distinguer du tout-venant, mais conserve un charme suranné, surtout grâce à « l’interprétation » (notez bien l’usage des guillemets) de l’improbable Alan Steel, de son vrai nom Sergio Ciani (1931-2015). Comme un Gilles Lellouche rital dopé aux stéroïdes ou un Burt Reynolds qui aurait abusé d’anabolisants, ce dernier a bien du mal à faire bouger sa carcasse quand il combat ses adversaires et heureusement que la musique est là pour donner un peu d’entrain à ses actes héroïques. Il n’empêche que cet opus reste un bon divertissement, produit à la chaîne certes, mais qui enchaîne les scènes de bagarres sur un rythme assez bien mené.

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Test DVD / L’Ange noir, réalisé par Roy William Neill

L’ANGE NOIR (Black Angel) réalisé par Roy William Neill, disponible en DVD le 17 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Dan Duryea, June Vincent, Peter Lorre, Broderick Crawford, Constance Dowling, Wallace Ford, Hobart Cavanaugh, Freddie Steele…

Scénario : Roy Chanslor d’après le roman de Cornell Woolrich

Photographie : Paul Ivano

Musique : Frank Skinner

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1946

LE FILM

Los Angeles. Kirk Bennett découvre Marvis Marlowe, sa maîtresse, morte. Il est arrêté, jugé et condamné à mort. Sa femme, Catherine, décidée à le sauver, mène son enquête avec Martin Blair, l’ancien mari de Marvis. Ils soupçonnent Marko, le patron d’un cabaret, mais ce dernier a un alibi.

De son vrai nom Roland de Gostrie, Roy William Neill (1887-1946) n’est sans doute pas le réalisateur américain le plus connu de sa génération et pourtant les cinéphiles connaissent une (petite) partie de son œuvre prolifique (plus de cent films à son actif), puisque cet artisan du cinéma hollywoodien aura mis en scène près d’une douzaine d’opus consacrés au personnage de Sherlock Holmes, interprété par Basil Rathbone. De 1943 avec Sherlock Holmes et l’Arme secrèteSherlock Holmes and the Secret Weapon à Sherlock Holmes et la ClefDressed To Kill (1946), ce sera donc trois aventures du célèbre détective privé de Baker Street filmées tous les quatre ans qui feront le bonheur des spectateurs. Pour l’heure, L’Ange noir Black Angel, tourné la même année que Dressed To Kill, est le dernier long métrage de Roy William Neill, qui meurt soudainement à l’aube de ses soixante ans. Ce film noir vaut toujours le coup aujourd’hui pour l’interprétation du grand Dan Duryea (1907-1968), qui mérite largement d’être réhabilité et reconsidéré par les cinéphiles, qui ont souvent tendance à oublier l’intensité du jeu de celui qui aura pourtant tourné avec les plus grands. William Wyler, Howard Hawks, Fritz Lang, Anthony Mann, George Sherman, Robert Siodmak, Robert Aldrich, Douglas Sirk, ont entre autres profité et su mettre en valeur son immense talent. Le comédien qui était alors considéré comme l’un des plus grands salauds du cinéma dans les années 1940-50, trouve dans L’Ange noir un rôle tragique, à fleur de peau, loin de sa violence habituelle. Et il y est une fois de plus magnifique.

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