Test DVD / Vivaldi et moi, réalisé par Damiano Michieletto

VIVALDI ET MOI réalisé par Damiano Michieletto, disponible en DVD et Blu-ray le 1er septembre 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia Sacchi, Andrea Pennacchi, Valentina Bellè, Stefano Accorsi, Hildegard De Stefano, Miko Jarry…

Scénario : Ludovica Rampoldi & Damiano Michieletto, d’après le roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa

Photographie : Daria D’Antonio

Musique : Fabio Massimo Capogrosso

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Au début du XVIIIe siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cecilia, vingt ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.

Nous ne sommes pas spécialistes et donc nous ne vous ferons pas croire que nous connaissons l’histoire d’Antonio Vivaldi sur le bout des doigts, pour situer dans sa vie le récit du film qui nous intéresse aujourd’hui. Vivaldi et moi ou Primavera en version originale, le titre italien faisant évidemment référence à l’une des Quatre Saisons, est le premier long-métrage de Damiano Michieletto, célèbre metteur en scène italien (né en 1975), né à Venise comme Vivaldi, éminence dans le monde de l’opéra, dont les créations ont été jouées dans les plus grandes salles du monde entier. On le retrouve à la barre de ce Vivaldi et moi, qui a connu un très beau succès des deux côtés des Alpes. Il s’agit ici de l’évocation d’un épisode spécifique de l’existence du légendaire compositeur, alors à l’aube de ses 40 ans, qui revient dans sa ville natale, après que, comme l’indique une réplique « les choses n’aient pas tourné à son avantage ». Aux abois, alors qu’aucune cour ne veut de lui, Vivaldi débarque à l’hospice Della Pietà, où son talent est chichement récompensé pour apprendre la musique à de jeunes orphelines. Sur une reconstitution sobre et réaliste, le réalisateur livre un film passionnant sur l’amour, la fièvre, la nécessité de jouer, de créer, de composer. Excellemment interprété par Tecla Insolia, récompensée par le David di Donatello en 2025 pour L’Art de la joie – L’Arte della gioia de Valeria Golino, et Michele Riondino, connu pour avoir campé la version « jeune » du commissaire Montalbano, Vivaldi et moi est une véritable expérience sensorielle, froide et austère en apparence, mais dont l’émotion et les sentiments des personnages explosent au moment des représentations musicales, durant lesquelles ceux-ci peuvent enfin s’exprimer et ouvrir leur coeur. Un très beau film.

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Test DVD / L’Arnaqueuse, réalisé par Wilfried Méance

L’ARNAQUEUSE réalisé par Wilfried Méance, disponible en DVD le 11 septembre 2026 chez Wild Side Video.

Acteurs : Fadily Camara, Josiane Balasko, Jean-Pascal Zadi, Tiphaine Daviot, Denis Mpunga, Pablo Pauly, Bertrand Usclat, Amaury de Crayencour…

Scénario : Stéphane Landowski, Michaël Souhaité & Jean-Pascal Zadi

Photographie : Stéphen Méance

Musique : Sylvain Goldberg & Guy Waku

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Fanny, tout juste enceinte, se voit mal élever son futur enfant dans l’appartement de son père, chez qui elle habite avec son compagnon Virgil. Elle veut un appartement à eux, et plutôt à Paris que dans leur banlieue. Elle croit avoir trouvé la bonne affaire lorsqu’elle visite l’appartement proposé en viager par Mme Masséna.

Bon…On est bon public hein, on a même défendu depuis dix ans, depuis plus de vingt ans en réalité – si l’on compte les années Allociné et DVDfr – des bouses innommables devant lesquelles on parvenait à tirer des éléments que certains, la plupart sans doute, rejetaient en blocs. C’est le jeu et c’est pour cela que c’est amusant. Mais quand on se retrouve devant une « comédie » comme L’Arnaqueuse, que dire…Alors si, peut-être, il y a Josiane Balasko, aujourd’hui âgée de 76 ans. En fait, à l’instar de ce que nous disions sur Christian Clavier sur notre critique de Cocorico 2, la comédienne s’en est toujours tirée, y compris sur ses plus mauvais films. Néanmoins, si celle-ci a moins de choses à se faire pardonner que son ancien comparse du Splendid, quand elle se retrouve sur une production inexcusable, injustifiable et (osons le dire) insoutenable, Josiane Balasko ne fait pas les choses à moitié et L’Arnaqueuse est assurément un des pires opus de son illustre carrière. Nous l’avons déjà dit, mais quand une affiche est estampillée « Festival de l’Alpe d’Huez », l’un des pires festivals sur le marché, on sait que l’on va se retrouver quasi-systématiquement (il existe des exceptions) devant une série Z et que ce sceau n’est destiné qu’à essayer d’attirer l’oeil du chaland qui se retrouve un cinéma et qui n’aurait peut-être pas encore décidé ce qu’il allait voir. L’Arnaqueuse a été pensé pour placer en haut de l’affiche l’humoriste Fadily Camara, repérée par, on vous le donne en mille, le Jamel Comedy Club bien sûr. C’était il y a une dizaine d’années et depuis Fadily Camara a fait son premier stand-up (diffusé sur Netflix, une première pour une standuppeuse française), est apparue à la télévision (Mytho, HF, En place) puis logiquement au cinéma (Selfie, Tout simplement noir, Les Méchants, Pas de vagues, Le Grand déplacement)…Un dénominateur commun récurrent ? Jean-Pascal Zadi, qui joue également dans L’Arnaqueuse et qui interprète ici le compagnon de Fadily Camara. On ne sait pas si l’acteur porte la poisse aux réalisateurs avec lesquels il collabore, mais toujours est-il que L’Arnaqueuse s’est mangé un gros bide à sa sortie fin avril 2026 et n’aura attiré (péniblement) que 81.000 spectateurs. Un échec on peut dire mérité tant nous nous trouvons dans le fond, le double-fond du panier même de la comédie, cette fameuse partie du cabas qui cumule les restes des légumes du marché, qu’on ne voit pas, mais dont l’odeur pique les narines. Fuyez pauvres fous.

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Test DVD / Une fille en or, réalisé par Jean-Luc Gaget

UNE FILLE EN OR réalisé par Jean-Luc Gaget, disponible en DVD le 7 août 2026 chez Nour Films.

Acteurs : Pauline Clément, Arthur Dupont, Émilie Caen, Loïc Legendre, Quentin Dolmaire, Karin Viard, Bruno Podalydès, Jean-Noël Brouté…

Scénario : Raphaële Moussafir & Jean-Luc Gaget

Photographie : Mathilde Cathelin

Musique : Frédéric Norel

Durée : 1h22

Année de sortie : 2026

LE FILM

Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée. Bercée par les illusions d’une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n’impressionne. Elle se dit alors qu’il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ? ».

Jean-Luc Gaget (né en 1958) est un couteau Suisse. Scénariste, dialoguiste, romancier, monteur, acteur et réalisateur, il écrit pour les autres, de Fabien Onteniente (Tom est tout seul) à Blandine Lenoir (Aurore, Zouzou), mais surtout pour la cinéaste Sólveig Anspach, disparue en 2015. L’ombre de cette dernière (à qui le film est d’ailleurs dédié), avec laquelle il avait signé Back Soon, Queen of Montreuil, Louise Michel (pour la télévision), L’Effet aquatique (César du Meilleur scénario original) et le magnifique Lulu femme nue, plane sur Une fille en or, dans lequel on retrouve toute la folie et la fantaisie de Jean-Luc Gaget, qui repasse à son tour derrière la caméra. Petite bulle de savon, légère et pétillante, Une fille en or ne révolutionne certes pas la comédie française, mais s’inscrit dans un burlesque qui n’est pas sans rappeler les premières œuvres de Pierre Richard, à l’instar du Distrait ou Les Malheurs d’Alfred. Un aspect quasi-anachronique qui possède un charme fou, comme celui de ses deux interprètes principaux, avec tout d’abord la merveilleuse Pauline Clément, qui après ses apparitions remarquées dans Le Sens de la fête de Nakache & Toledano et Heureux gagnants de Maxime Govar, accède enfin en haut de l’affiche ici, comme dernièrement avec le triomphe de De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. C’est aussi le cas pour le trop rare (au cinéma du moins) Arthur Dupont (Bus Palladium, Normandie nue, Grand froid, la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie), parfait dans la peau du type psychorigide et bourré de tocs, personnage auquel il apporte une ambiguïté et donc une humanité qui le rendent très attachant. Si vous en avez l’occasion, assistez à la rencontre inattendue entre Paul et Clémence durant cette petite récréation de 80 minutes.

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Test DVD / Le Cri des gardes, réalisé par Claire Denis

LE CRI DES GARDES réalisé par Claire Denis, disponible en DVD le 19 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce, Tom Blyth…

Scénario : Claire Denis, Suzanne Lindon & Andrew Litvack, d’après la pièce de théâtre de Bernard-Marie Koltès

Photographie : Éric Gautier

Musique : Tindersticks

Durée : 1h45

Année de sortie : 2026

LE FILM

Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux Blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier.

Après le Nicaragua dans Stars at Noon, Claire Denis revient en Afrique, continent où elle a passé les douze premières années de sa vie et où elle a déjà tourné, au Cameroun pour son premier long-métrage Chocolat (1988) et White Material (2009). Cette fois, direction le Sénégal où elle adapte – avec Suzanne Lindon et Andrew Litvack – la pièce de théâtre Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès (1948-1989), écrite en 1979, que la réalisatrice avait découvert en 1983 à l’occasion de sa transposition au théâtre des Amandiers de Nanterre par Patrice Chéreau. Subjuguée par cette pièce interprétée à l’époque par Michel Piccoli, Myriam Boyer et Philippe Léotard, Claire Denis avait toujours pensé l’adapter elle-même au cinéma, suite à une promesse faite au dramaturge avant d’être emporté par le sida. Il aura donc fallu attendre plus de quarante ans pour que ce projet se concrétise et pour cela elle retrouve Isaach de Bankolé pour la quatrième fois, acteur qu’elle avait d’ailleurs découvert en 1987 dans la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton du même Bernard-Marie Koltès. La boucle est ainsi bouclée quelque part. Le Cri des gardes est un véritable western, avec comme lieu principal un chantier entouré de grillage qui ferait office de poste fortifié, où les deux personnages principaux, que l’on peut voir comme le cowboy et l’Indien, se font face à l’entrée du camp, où le dialogue s’installe (ou essaye de le faire), où les tensions s’exacerbent. Chez Claire Denis, la nuit est reine, révèle tout, les peurs, l’innommable, l’obscurité ne saurait dissimuler le mensonge. Séparé par une grille qui tranche dans le ciel d’encre, Alboury (Isaach de Bankolé) et Horn (Matt Dillon), prennent place comme s’ils se trouvaient dans un confessionnal à ciel ouvert, ou alors est-ce au purgatoire ? Dans une unité de lieu, de temps et d’action, Claire Denis installe un malaise qui va crescendo, jusqu’à la révélation, pour aller vers l’espoir de rédemption, l’absolution peut-être. Claire Denis brouille les pistes, ici imprégnées de terre rouge, navigue entre différents genres, mais plonge encore ses protagonistes, déracinés pour la plupart, plantés dans une culture qu’ils ne comprennent pas et qui reprend ses droits. À près de 80 ans, Claire Denis affiche une envie folle de cinéma et Le Cri des gardes s’impose comme une nouvelle réussite à son palmarès.

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Test DVD / La Barrière, réalisé par Jerzy Skolimowski

LA BARRIÈRE (Bariera) réalisé par Jerzy Skolimowski, disponible en DVD le 2 septembre 2026 chez Malavida Films.

Acteurs : Joanna Szczerbic, Jan Nowicki, Tadeusz Lomnicki, Maria Malicka, Zdzislaw Maklakiewicz, Ryszard Pietruski, Bogdan Baer, Henryk Bak…

Scénario : Jerzy Skolimowski

Photographie : Jan Laskowski

Musique : Krzysztof Komeda

Durée : 1h17

Date de sortie initiale: 1966

LE FILM

Sur un coup de tête, un jeune homme laisse tout tomber pour partir à la conquête du monde. Le choc des générations dans la Pologne des années 60, au travers des méandres capricieux des amours d’une jeune conductrice de tramway et d’un étudiant en rupture d’université.

Vous aurez beau lire le résumé ci-dessus, rien ne vous prépare à La Barrière – Bariera, troisième long-métrage du mythique Jerzy Skolimowski (né en 1938). Après le succès rencontré par ses deux précédents opus, Signe particulier : néant (1964) et Walkover (1965), le cinéaste polonais enchaîne très vite avec une nouvelle histoire surréaliste, impossible à raconter, destinée à un public investi, mais surtout véritable cadeau aux cinéphiles. Expérience de septième art à part entière, La Barrière fait perdre tous ses repères au spectateur, qui, s’il est un minimum impliqué et prêt à s’en remettre totalement au cinéaste, sera constamment surpris, décontenancé, comme s’il était tombé au beau milieu d’un cyclone dévastateur. En 78 minutes montre en main, Jerzy Skolimowski dresse le portrait d’une jeunesse paumée, tiraillée entre la liberté et le fait d’accepter de se mettre dans le rang. Dès la première séquence, les personnages sont étrangement cadrés, comme s’ils ne voulaient pas se glisser dans le moule qui leur est destiné, et s’adonnent encore à quelques jeux futiles pour savoir qui remportera la timbale, autrement dit une grosse tirelire en forme de cochon. Pourtant, le premier plan montre qu’ils ont tous les mains liées dans le dos, comme si leur destin leur était imposé et qu’ils devaient avancer, se jeter dans le vide, même s’ils ne l’ont pas voulu ainsi. Néanmoins, notre héros, dont on ne saura jamais le nom et que l’on appellera donc « le jeune homme », en a décidé autrement. Il va explorer « le monde », autrement la ville, aller de rencontre en rencontre, histoire de profiter du peu de jeunesse qui lui reste à vivre.

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Test DVD / Sukkwan Island, réalisé par Vladimir de Fontenay

SUKKWAN ISLAND réalisé par Vladimir de Fontenay, disponible en DVD le 20 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti, Ruaridh Mollica, Tuppence Middleton, Maria Arlén Larsen…

Scénario : Vladimir de Fontenay, d’après le roman de David Vann

Photographie : Amine Berrada

Musique : Jeremy Villecourt & Florent Chronie-De Maria

Durée : 1h50

Année de sortie : 2026

LE FILM

Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve.

En fait, le film de Vladimir de Fontenay est la seconde adaptation du roman de David Yann, Sukkwan Island, publié en France en 2010, transposé en roman graphique cinq ans plus tard par Ugo Bienvenu. Il aura fallu attendre 2026 pour que la version cinématographique du Prix Médicis étranger 2010 débarque sur les écrans. Le réalisateur, déjà remarqué en 2018 avec son premier long-métrage Mobile Homes (3 ans après avoir co-mis en scène Memoria avec Nina Ljeti), dans lequel il dirigeait Imogen Poots et Callum Turner, s’empare du livre et se l’approprie en évoquant à nouveau la question de la parentalité. Là où son personnage principal féminin hésitait entre être libre et être responsable en acceptant sa condition de mère, Sukkwan Island, dont le roman original était dédié au père de l’auteur, qui avait mis fin à ses jours à l’âge de 40 ans, se penche sur la paternité. Après plus de trois ans de recherches, Vladimir de Fontenay et son équipe se sont envolés au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire, pour y isoler ses deux comédiens principaux, merveilleusement incarnés par Swann Arlaud et Woody Norman, où les personnages apprennent à se connaître dans des conditions extrêmes, au milieu de nulle part. À la fois récit autobiographique et projection fantasmée de « ce qui aurait pu se passer si… », l’histoire originale de Sukkwan Island permet au cinéaste d’approfondir certains thèmes personnels, tout en démontrant sa virtuosité technique, son film étant d’une beauté de tous les instants. Largement plébiscité dans de nombreux festivals internationaux, y compris aux États-Unis (Sundance, San Francisco), Sukkwan Island, intégralement tourné en anglais (à quelques exceptions près), confirme le grand talent de Vladimir de Fontenay, qui détient désormais les clés pour se retrouver à la barre d’une production hollywoodienne. On mise sur lui.

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Test DVD / Ceux qui comptent, réalisé par Jean-Baptiste Leonetti

CEUX QUI COMPTENT, réalisé par Jean-Baptiste Leonetti, disponible en DVD le 7 août 2026 chez UGC.

Acteurs : Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labeque, Frans Boyer, Alexis Rosenstiehl, Melissa Izquierdo, Alma Ngoc, Kevin Marvinio, Anne-Lise Zanidache…

Scénario : Jean-Baptiste Leonetti

Photographie : David Nissen

Musique : Fred Avril & Pierre Lottin

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Rose élève seule ses trois enfants dans son hôtel restaurant qu’ils sont obligés de squatter parce que la banque l’a saisi. Pour nourrir sa famille, elle doit voler dans les supermarchés. Le jour où elle se fait prendre, elle est secourue par Jean, un solitaire désabusé qui vit en ermite dans sa camionnette. Il ne pensait pas que ce geste de compassion allait chambouler son existence tranquille, car Rose a encore besoin de lui pour se faire passer pour son mari aux yeux des services sociaux…

Remarqué en 2011 avec son ambitieux premier long-métrage, Carré Blanc, inspiré de l’univers de George Orwell, Jean-Baptiste Leonetti avait été tout de suite repéré par Hollywood. Cela lui a valu d’être dépêché outre-Atlantique pour diriger rien de moins que Michael Douglas dans Hors de portée – Beyond the Reach, adaptation de la nouvelle Deathwatch de Robb White. Après, dix ans ont passé, durant lesquels le réalisateur avait plus ou moins disparu. Le premier sursaut pour le cinéma arrive en 2023 avec le court-métrage Tondex 2000, récompensé plus d’une vingtaine de fois dans divers festivals. 2026, retour au long-métrage avec Ceux qui comptent, pour lequel s’octroie le talent de Sandrine Kiberlain et celui de Pierre Lottin, comédie dramatique qu’il écrit et met en scène donc. Étonnant de le retrouver aux manettes d’un tel film, qui s’apparente à une première œuvre, comme si Jean-Baptiste Leonetti souhaitait retrouver la fraîcheur de ses débuts, ou tout du moins repartir sur de nouvelles bases. Ceux qui comptent ne révolutionne sans doute rien, mais repose sur l’alchimie de ses deux acteurs principaux, eux-mêmes solidement épaulés par les trois jeunes acteurs qui campent les enfants de la première. Nous retiendrons d’ailleurs la prestation d’Alexis Rosenstiehl, grande découverte de Juste une illusion du duo Nakache & Toledano, que l’on devrait revoir et qui semble destiné à une belle carrière. Même chose en ce qui concerne Louise Labèque, qui a déjà une filmographie plus conséquente (Roulez jeunesse, Zombi Child, Coma, En thérapie, Toni en famille), assurément l’un des espoirs de demain. Tout ce beau petit monde semble prendre beaucoup de plaisir à se renvoyer la (belle) réplique et Ceux qui comptent fait partie de ces jolis films qui n’en finissent pas de trotter en tête bien après la projection.

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Test DVD / Cocorico 2, réalisé par Julien Hervé

COCORICO 2 réalisé par Julien Hervé, disponible en DVD & Blu-ray le 6 août 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christian Clavier, Didier Bourdon, Sylvie Testud, Marianne Denicourt, Julien Pestel, Patrick Préjean, Albert Goldberg, Hamed Souna, Chloé Coulloud, Renaud Calvet…

Scénario : Julien Hervé

Photographie : Emmanuel Soyer

Musique : Matei Bratescot

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Le calvaire n’est pas fini pour Frédéric Bouvier-Sauvage et Gérard Martin, qui vont à nouveau découvrir des secrets à propos de leurs origines, bouleversant ce qu’ils croyaient savoir sur leur famille. Leurs réactions un brin excessives et mélodramatiques ne sont pas de tout repos pour leurs épouses respectives, ainsi que pour leurs enfants dont la préparation du mariage entre dans la dernière ligne droite…

Contre toute attente, Cocorico avait su réunir près de deux millions de spectateurs à sa sortie en février 2024, confortant encore et toujours la place privilégiée de Christian Clavier au box-office, qui connaissait alors son plus gros succès depuis la trilogie Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?. Même chose pour Didier Bourdon, qui était quelque peu à la peine depuis Les 3 frères, le retour, qui d’ailleurs n’avait pas convaincu, et qui connaissait enfin un vrai hit, deux mois après l’autre gros carton, celui de Chasse gardée. C’est peu dire que nous n’attendions pas du tout une suite…quand bien même la fin de Cocorico laissait envisager un nouveau rebondissement, juste avant le générique de fin. Le réalisateur et scénariste Julien Hervé, auteur (ou responsable, c’est selon) des quatre derniers opus des Tuche et l’un des coupables (cette fois, pas d’excuse) d’Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu de Guillaume Canet reprend donc là où on avait laissé ses personnages, Frédéric Bouvier-Sauvage (Christian Clavier) et sa femme Catherine (Marianne Denicourt), Gérard Martin (Didier Bourdon) et sa femme Nicole (Sylvie Testud), sans oublier Alice (Chloé Coulloud), la fille des premiers, et François (Julien Pestel), le fils des seconds. Les présentations ayant été faites dans Cocorico, cette suite marche étonnamment mieux, comme si toute l’équipe était plus détendue, notamment le tandem principal, qui semblait se renifler en permanence. Qui plus est, Cocorico 2 s’avère moins étouffant que le précédent, dont la première partie se déroulait quasi-intégralement dans la demeure des Bouvier-Sauvage. Les personnages sont plus dynamiques, les décors plus variés et l’alchimie entre Didier Bourdon et Christian Clavier plus évidente. Attention, cette séquelle reste tout de même bien pépère et certains risquent de criser encore une fois sur l’attention portée à ce qu’on pourrait appeler l’identité française, surtout lors d’une scène qui célèbre la gastronomie bien de chez nous et les divers alcools ambrés de notre vieux pays, mais ça passe grâce à l’abattage des deux comédiens principaux.

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Test DVD / Plus forts que le diable, réalisé par Graham Guit

PLUS FORTS QUE LE DIABLE réalisé par Graham Guit, disponible en DVD le 20 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Melvil Poupaud, Asia Argento, Marine Vacth, Nahuel Pérez Biscayart, Raïka Hazanavicius, Julie Chen, Harpo Guit, Alexandra Celestin…

Scénario : Graham Guit

Photographie : Sylvestre Vannoorenberghe

Musique : Samuel Potin

Durée : 1h21

Année de sortie : 2026

LE FILM

Valentin, un homme paumé et fauché, retrouve son fils Joseph après vingt ans d’absence et le précipite, lui et sa femme Alice, dans un chaos total. Avec JP, Mila et Gigi, le diable n’a qu’à bien se tenir…

Celui-là on ne l’avait pas vu venir ! Cela faisait 18 ans que nous n’avions plus de nouvelles du réalisateur Graham Guit. Non pas qu’il nous avait manqué, sa filmographie ressemble bougrement à un casier judiciaire, mais on se demande toujours où et comment certains artistes peuvent disparaître toutes ces années. À son actif, quatre longs-métrages, qui ont tous connu un échec cinglant, Le Ciel est à nous (son plus grand « succès », 120.000 entrées en 1997), Les Kidnappeurs (1998, 56.000 entrées), Le Pacte du silence (2003, 58.000 entrées) et Hello Goodbye (2008, 64.000 entrées). Le voilà de retour avec Plus forts que le diable…enfin, retour c’est vite dit, puisque ce cinquième film n’aura engrangé en tout et pour tout qu’environ 700 entrées. Oui, vous avez bien lu. Pourtant, franchement, Plus forts que le diable est sans doute le meilleur opus du cinéaste. Pour cette comédie bien sanglante et décomplexée, Graham Guit retrouve Melvil Poupaud, avec lequel il avait déjà collaboré sur ses deux premiers films. C’est peu dire que l’acteur s’éclate dans ce rôle de paumé magnifique, loin de ses personnages dramatiques qu’il a souvent enchaîné, comme dans les années 2020, chez François Ozon, Carine Tardieu, Arnaud Desplechin, Mia Hansen-Løve, Lucie Borleteau, Valérie Donzelli…Avec sa moustache crasseuse et sa tronche à la Gérard Blanc (mais ça c’est une autre histoire) mâtiné de Philippe Bruneau (la bacchante de la bande à Stéphane Collaro), loque humaine en jogging des années 1990, cerveau grillé par quelques substances illicites, il trône de façon impériale sur une distribution où tout le monde s’en donne aussi à coeur joie. Récréatif, régressif, très violent, méchamment drôle !

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Test DVD / Chers parents, réalisé par Emmanuel Patron

CHERS PARENTS réalisé par Emmanuel Patron, disponible en DVD le 7 juillet 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : André Dussollier, Miou-Miou, Arnaud Ducret, Pauline Clément, Thomas Solivérès…

Scénario : Emmanuel Patron & Armelle Patron, d’après leur pièce de théâtre

Photographie : Antoine Monod

Musique : Romain Trouillet

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Pierre, Louise et Jules arrivent ensemble en panique dans un joli petit mas, résidence de leurs parents. Il faut dire que ceux-ci leur ont demandé de venir d’urgence. Mais au-lieu de leur annoncer une mauvaise nouvelle, ceux-ci leurs indiquent qu’ils vont partir s’installer au Cambodge, où ils comptent ouvrir un orphelinat. Ceci avant de leur révéler, en partie sous la contrainte, qu’ils ont en fait gagné à la loterie…

Ce n’est pas un cas isolé, Chers parents est l’adaptation d’une pièce de théâtre, ici du même nom, créée en novembre 2021 au Théâtre de Paris, qui a été vue par près d’un demi-million de spectateurs sur près de 1000 représentations. Et ça se voit, car n’y allons pas par quatre chemins, le film réalisé par Emmanuel Patron, également scénariste et acteur (aperçu dans moult séries et téléfilms), n’est qu’une banale succession ininterrompue de champs-contrechamps, le tout platement photographié par le talentueux Antoine Monod (Patients, Ma vie en l’air, Le premier jour du reste de ta vie). Nous sommes pourtant au cinéma, mais Emmanuel Patron se contente de reprendre sa pièce originale, sans jamais tenter d’y insuffler un rythme, en raison d’un montage terriblement paresseux, à tel point que l’on parvient à s’ennuyer dès la première séquence, celle où les trois frères et sœurs débarquent chez leurs parents. On faisait confiance au casting, en particulier à André Dussollier et Pauline Clément, qui tirent souvent leur épingle du jeu dans les films de médiocre qualité (il y en a dans leurs carrières respectives), mais ce n’est jamais le cas dans Chers parents. À la rigueur, c’est Arnaud Ducret qui surnage dans ce marasme, en gros bourrin de droite, qui écrase volontiers, au sens propre comme au figuré, ses cadets, mais cela ne suffit pas. La faute à l’écriture des personnages, tous foncièrement antipathiques et donc jamais attachants, ce qui n’aide jamais à s’intéresser à ce qui peut leur arriver. Étrangement, le public a répondu présent, puisque Chers parents a frôlé la barre du million d’entrées. Nous sommes habituellement « bon public », mais là il y a indéniablement quelque chose qui nous échappe.

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