Test Blu-ray / La Belle de Rome, réalisé par Luigi Comencini

LA BELLE DE ROME (La Bella di Roma) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 28 avril 2026 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Alberto Sordi, Silvana Pampanini, Paolo Stoppa, Luisella Beghi, Betty Foa, Sergio Tofano, Bice Valori, Lina Volonghi…

Scénario : Edoardo Anton, Luigi Comencini, Ettore Maria Margadonna, Massimo Patrizi & Edoardo Anton

Photographie : Arturo Gallea

Musique : Nino Rota

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

À Rome. Mario, jeune boxeur impulsif, est envoyé en prison après une altercation avec un agent de police. Sa fiancée, la belle Nannina, se retrouve seule, livrée aux assiduités de deux prétendants. Oreste, son employeur, un veuf, n’hésite pas à la demander en mariage en lui promettant une vie de princesse. Gracco, son voisin, un tapissier dévot, la convoite avec une gourmandise qui n’a d’égale que la rigidité de ses principes…

Après les deux cartons successifs de Pain, Amour et Fantaisie Pane, amore e fantasia (1953) et Pain, Amour et Jalousie Pane, amore e gelosia (1954), avec respectivement 10,6 et 10,4 millions d’entrées en Italie, Luigi Comencini (1916-2007) laisse à Dino Risi le soin de réaliser le troisième volet Pain, amour, ainsi soit-ilPane, amore e… (1955), qui d’ailleurs ne connaîtra pas le même engouement, malgré ses 7,7 millions de spectateurs. Le cinéaste continue pourtant dans cette veine dite du néoréalisme rose, qui s’éloigne de la vision noire d’un Voleur de bicyclette ou d’un Umberto D., mais qui sous couvert de la comédie, continue de traiter de sujets sociaux et de la situation de son pays après la Seconde Guerre mondiale. Les réalisateurs se réinventent, espèrent attirer un public plus large avec ce genre plus populaire, sans pour autant renier leur engagement politique et mettre de côté leur critique de la société. Avant que la comédie dite “à l’italienne” explose véritablement avec Le Pigeon – I Soliti Ignoti (1958) de Mario Monicelli, Luigi Comencini enchaîne avec La Belle de Rome La Bella di Roma, véhicule de star pour Silvana Pampanini (1925-2016), Miss Italie 1946, qui devait incarner la beauté italienne et ce juste avant Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Très demandée par les cinéastes depuis la fin des années 1940 (Camillo Mastrocinque, Mario Mattoli, Carmine Gallone, Giorgio Ferroni, Pietro Germi, Luigi Zampa…), elle collabore pour la première fois avec Luigi Comencini dans La Traite des blanchesLa Tratta delle bianche (1952), bijou noir à redécouvrir sur le trafic de femmes. Trois ans plus tard, le réalisateur et la comédienne se retrouvent pour un film plus léger, La Belle de Rome. Mais sous ses allures de comédie, Luigi Comencini aborde cette fois encore des thèmes sérieux, comme le chômage, le travail des femmes, la réussite et l’ascension sociale, mais aussi l’hypocrisie de la religion et donc des croyants, l’infidélité…Tout cela condensé en 95 minutes, dans les magnifiques petites rues de Rome. La Belle de Rome n’est pas un incontournable de la carrière éclectique et prolifique de son auteur, les dialogues très abondants peuvent souvent fatiguer et l’ensemble manque sans doute d’originalité dans sa mise en scène, mais le film pose certaines bases sur lesquelles Luigi Comencini bâtira ses plus grands films à venir.

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Test Blu-ray / Casanova, un adolescent à Venise, réalisé par Luigi Comencini

CASANOVA, UN ADOLESCENT À VENISE (Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova, veneziano) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray+DVD le 22 octobre 2024 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Leonard Whiting, Maria Grazia Buccella, Lionel Stander, Raoul Grassilli, Wilfrid Brambell, Tina Aumont, Mario Scaccia, Silvia Dionisio…

Scénario : Luigi Comencini & Suso Cecchi D’Amico, d’après les mémoires de Giacomo Casanova

Photographie : Aiace Parolin

Musique : Fiorenzo Carpi

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Le jeune Giacomo Casanova passe son enfance à Venise entre sa grand-mère et une mère volage. Envoyé en pension à Padoue, il fait la connaissance du père Don Gozzi, qui sera à l’origine de sa carrière ecclésiastique. Devenu adulte, Casanova revient à Venise où il décide d’abandonner la soutane et de suivre les élégants et mensongers chemins du libertinage…

Les prouesses amoureuses et les innombrables conquêtes du violoniste, écrivain, diplomate et bibliothécaire Giacomo Casanova ont largement influencé les cinéastes, notamment italiens. S’inspirant des cinq premiers chapitres des mémoires du plus célèbre séducteur (éditées en 12 volumes !), Luigi Comencini (1916-2007) en retrace l’enfance et l’adolescence dans Casanova, un adolescent à Venise Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova, veneziano. Auteur et metteur en scène moraliste, Comencini profite de ce portrait pour en fait représenter et révéler les moeurs, les coutumes, le comportement, la structure sociale, les rapports de classes, l’indifférence du pouvoir par rapport à la pauvreté de la société vénitienne du 18ème siècle au moment où la puissance aristocratique commence à décliner. Le réalisateur s’attarde sur les plus petits détails de la vie quotidienne, l’hygiène, la sous-alimentation des plus démunis, tout en suivant son personnage principal partagé entre une vocation religieuse… et les chemins du libertinage. Ironique et passionnant, magnifiquement photographié et mis en scène, truffé de références picturales, Casanova, un adolescent à Venise demeure l’une des plus grandes réussites de Luigi Comencini, que l’on peut d’ailleurs intelligemment compléter par un autre chef-d’oeuvre consacré au libertin transalpin, Le Casanova de Fellini.

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Test Blu-ray / Séduite et abandonnée, réalisé par Pietro Germi

SÉDUITE ET ABANDONNÉE (Sedotta e abbandonata) réalisé par Pietro Germi, disponible en Combo Blu-ray+DVD le 26septembre 2023 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Stefania Sandrelli, Saro Urzì, Aldo Puglisi, Lando Buzzanca, Lola Braccini, Leopoldo Trieste, Umberto Spadaro, Paola Biggio…

Scénario : Agenore Incrocci, Furio Scarpelli, Pietro Germi & Luciano Vincenzoni

Photographie : Aiace Parolin

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h58 (version intégrale)

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Peppino habite une petite ville de Sicile. Fiancé à Mathilde Ascalone, il abuse de Agnese, la soeur de Mathilde. Lorsque le père, Vincenzo Ascalone, apprend le déshonneur de sa fille qui maintenant attend un enfant de Peppino, il enferme la fautive et espère convaincre le coupable de réparer son erreur.

Pietro Germi (1914-1974), comédien, réalisateur, producteur et scénariste plusieurs fois récompensé pour ses oeuvres dans les festivals du monde entier (dont l’Oscar du meilleur scénario pour Divorce à l’italienne) est aujourd’hui bien trop souvent oublié quand on évoque l’âge d’or du cinéma italien. Malgré une timidité maladive, Pietro Germi a toujours défendu un cinéma engagé et usait de son art comme d’un vecteur pour contester certaines moeurs de la société, tout en désirant avant tout divertir les spectateurs dans le drame ou dans la comédie. Après Divorce à l’italienne, que l’on peut voir comme le premier volet d’un diptyque consacré à la famille et au mariage en Sicile, c’est encore une fois la Sicile que Germi a choisi pour cible en décrivant les comportements archaïques dont il critique les moeurs – morales bien sûr, mais aussi sexuelles – de plus en plus sévèrement. Sur un scénario corrosif signé Luciano Vincenzoni et de l’éternel tandem Age & Scarpelli, à l’aide un montage dynamique, de répliques cinglantes, d’un humour grinçant et de merveilleux comédiens, Séduite et abandonnée perce les tares d’une population hypocrite, en mettant en avant une aberration de la société sicilienne : le mariage réparateur.

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Test Blu-ray / La Femme Flic, réalisé par Yves Boisset

LA FEMME FLIC réalisé par Yves Boisset, disponible en DVD & Blu-ray le 19 septembre 2023 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Miou-Miou, Jean-Marc Thibault, Leny Escudero, Jean-Pierre Kalfon, François Simon, Alex Lacast, Niels Arestrup, Henri Garcin, Philippe Caubère…

Scénario : Yves Boisset & Claude Veillot

Photographie : Jacques Loiseleux

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Parce que son sens du devoir dérange, l’inspecteur Corinne Levasseur se voit reléguée aux travaux administratifs dans une petite ville du Nord. Mais elle est bientôt chargée d’enquêter sur une affaire de prostitution enfantine… Son action met sa vie en danger…

Après le César de la Meilleure actrice obtenu pour sa prestation dans La Dérobade de Daniel Duval, triomphe qui aura attiré près de 2,8 millions de spectateurs dans les salles, la carrière de Miou-Miou prend un nouveau virage. Mais avant d’être récompensée par la précieuse compression, un autre long-métrage venait de confirmer l’aura de la comédienne auprès du public, La Femme Flic, sorti en janvier 1980, qui lui aussi remportera un franc succès avec 1,8 millions d’entrées. Le douzième long-métrage d’Yves Boisset restera l’un des plus connus du réalisateur, mais aussi l’un des plus emblématiques de l’actrice. Sur un scénario implacable coécrit par le cinéaste et son complice Claude Veillot (Ronde de nuit, Le Choc, Espion lève-toi, Le Vieux fusil, Un Condé), La Femme Flic est l’un des premiers films à se focaliser, comme son titre l’indique, sur une inspectrice de police, genre alors peu représenté dans ce métier, du moins à ce niveau hiérarchique, la gent féminine étant la plupart du temps reléguée au rang de secrétaire. Miou-Miou, dans un rôle imaginé pour Isabelle Huppert, finalement retenue par Michael Cimino et La Porte du paradis, est superbe en jeune policière de 28 ans, dont la vocation va être brisée par ceux, haut placés, qui voient d’un mauvais œil son investissement et le fait qu’elle vienne fouiner là où cela dérange. Plus de quarante ans après sa sortie, La Femme Flic demeure douloureusement d’actualité dans le sujet qu’il traite et beaucoup d’images, de scènes, de regards s’impriment de façon indélébile dans la mémoire des cinéphiles.

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Test DVD / Algunas Bestias, réalisé par Jorge Riquelme Serrano

ALGUNAS BESTIAS réalisé par Jorge Riquelme Serrano, disponible en DVD le 7 octobre 2022 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Paulina Garcia, Alfredo Castro, Consuelo Carreño, Gaston Salgado, Millaray Lobos, Andrew Bargsted, Nicolás Zárate…

Scénario : Jorge Riquelme Serrano & Nicolás Diodovich

Photographie : Eduardo Bunster

Musique : Carlos Cabezas

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Dolores et Antonio, couple de nantis, sont invités sur une île reculée par leur fille Ana, son mari Alejandro et leurs deux adolescents pour concrétiser un projet financier. Les plans tournent court quand ils se retrouvent abandonnés par le gardien de l’île. Désormais sans moyen de communication, les membres de la famille tentent de survivre dans un climat hostile, la tension s’installe et libère de sombres démons…

En tant que spectateurs européens, nous n’avons sans doute pas tous les codes pour déchiffrer totalement Algunas Bestias, deuxième long-métrage de Jorge Riquelme Serrano, très largement diffusé dans les festivals et récompensé entre autres au Havana Film Festival, ainsi qu’au San Sebastián International Film Festival. Pensé comme “un miroir, un portrait de la société chilienne. C’est un film douloureux, naturaliste et urgent, qui s’attache à faire réfléchir le public, d’une manière franche et douloureuse” comme le décrit le réalisateur lui-même, Algunas Bestias s’inspire de L’Ange exterminateur, oeuvre matricielle de toute la filmographie de Luis Buñuel, référence ultime du huis clos dans lequel le cinéaste espagnol naturalisé mexicain s’attaquait à l’un de ses thèmes de prédilection, la bourgeoisie, figée et hypocrite, qui devenait prisonnière de son propre système. Dans Algunas Bestias, la classe aisée est aussi repliée sur elle-même et cette caste va alors perdre le contrôle et le vernis de la bienséance commencer à s’écailler. Dans une unité de lieu, de temps et d’action, comme qui dirait le chaînon manquant entre Théorème de Pier Paolo Pasolini et Festen de Thomas Vinterberg, Jorge Riquelme Serrano observe ses personnages avec l’oeil d’un entomologiste, dilate le temps pour créer une atmosphère lourde et troublante, joue avec les attentes, jusqu’au final très difficile, à ne pas mettre devant tous les yeux. Si l’on ne sait pas trop quoi en penser sur le coup, Algunas Bestias reste en tête, s’enfouit dans la mémoire, la triture, lui fait mal, certaines scènes revenant sans cesse nous hanter. Un cinéaste est né.

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Test Blu-ray / L’Été en pente douce, réalisé par Gérard Krawczyk

L’ÉTÉ EN PENTE DOUCE réalisé par Gérard Krawczyk, disponible en DVD et Blu-ray le 10 juin 2022 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Jacques Villeret, Jean-Pierre Bacri, Pauline Lafont, Guy Marchand, Jean Bouise, Jean-Paul Lilienfeld, Jacques Mathou, Dominique Besnehard, Claude Chabrol…

Scénario : Gérard Krawczyk & Jean-Paul Lilienfeld, d’après le roman de Pierre Pelot

Photographie : Michel Cénet

Musique : Roland Vincent

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

En échange d’un lapin cédé à son voisin, Fane reçoit Lilas, brave fille innocente et sensuelle, avec laquelle il décide de partir, tout plaquer pour rejoindre la maison familiale, dans le sud de la France, où il retrouve son frère, Momo. Il débarque le jour de l’enterrement de sa mère. La tenue légère de la pulpeuse Lilas ne manque pas de choquer les bigotes du village. Les problèmes commencent…

Pour la plupart, Gérard Krawczyk (né en 1953) est le réalisateur de Taxi 2, 3 et 4, sans savoir qu’il a aussi signé une grande partie du premier, en remplaçant Gérard Pirès, hospitalisé suite à un accident d’équitation. Certains évoqueront Wasabi, le remake de Fanfan la Tulipe ou même celui de L’Auberge rouge, son dernier opus en date et c’était déjà il y a quinze ans. Son premier film, Je hais les acteurs, exercice de style, misait sur la réunion d’une pléiade de comédiens de renom, Patrick Floersheim, Michel Galabru, Dominique Lavanant, Jean Poiret, Bernard Blier, Michel Blanc, Jean-François Stévenin et même une apparition de Gérard Depardieu. Mais son coup d’éclat est et restera L’Été en pente douce, d’après un roman de Pierre Pelot. Inclassable, nourri de référence au western (jusque dans la splendide composition de Roland Vincent, musicien complice de Paul Vecchiali) et au film noir (deux genres souvent très liés), comédie de mœurs teintée d’érotisme, ce deuxième long-métrage en met plein la vue, emmène vers l’inattendu, fait preuve de virtuosité à chaque scène, à chaque plan et repose bien évidemment sur un casting quatre étoiles sur lequel trône la merveilleuse et sculpturale Pauline Lafont, dans le rôle de sa vie, qui fut malheureusement interrompue en raison d’un accident de randonnée qui surviendra l’année suivante. Elle avait alors seulement 25 ans. L’Été en pente douce est comme qui dirait un poème dédié à la comédienne, qui crève, non, qui enflamme l’écran et les sens des spectateurs, comme ceux des hommes qu’elle croise dans le film (qui n’a pas pris une ride), à commencer par les immenses Jean-Pierre Bacri (fabuleux dans un rôle que devait camper Coluche) et Jacques Villeret. Indémodable, inoubliable.

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Test Blu-ray / Au coeur de la nuit, réalisé par Alberto Cavalcanti, Charles Crichton, Robert Hamer & Basil Dearden

AU COEUR DE LA NUIT (Dead of Night) réalisé par Alberto Cavalcanti, Charles Crichton, Robert Hamer & Basil Dearden, disponible en Combo Blu-ray+DVD le 8 mars 2022 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Michael Redgrave, Googie Withers, Mervyn Johns, Basil Radford, Naunton Wayne, Sally Ann Howes, Rowland Culver, Frederick Valk…

Scénario : John Baines & Angus Mac Phail, d’après des histoires originales de H.G. Wells, E.F. Benson, John Baines & Angus Mac Phail

Musique : Georges Auric

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1945

LE FILM

Walter Craig se rend chez Eliott Foley, pour discuter des aménagements de son cottage. Arrivé sur place, il découvre avec stupeur et une sensation de déjà-vu que le cottage comme ses occupants du week-end sont ceux-là mêmes qui hantent ses nuits de façon récurrente…

Difficile de résumer Au coeur de la nuit Dead of Night…film à sketches ? Anthologie ? Assurément, mais aussi œuvre matricielle, fondatrice du cinéma horrifique, comédie noire, drame fantastique. Opus mythique des légendaires studios Ealing, habituellement axés sur les films humoristiques, on y dénombre pas moins de quatre réalisateurs à la barre, Alberto Cavalcanti (Je suis un fugitif), Charles Crichton (Un poisson nommé Wanda, De l’or en barres, Hue and Cry), Basil Dearden (Khartoum) et Robert Hamer (School for Scoundrels, Noblesse oblige), qui se sont unis pour livrer ce chef d’oeuvre absolu d’un genre encore rarement abordé, voire quasiment inédit dans le cinéma britannique, bien avant l’avènement de la Hammer et celui de l’Amicus. Le film se compose de cinq récits, reliés entre eux par des transitions. Le « sketch de liaison » (Linking Narrative) est réalisé par Basil Dearden, d’après une histoire de E. F. Benson. Le film commence par l’arrivée de l’architecte Walter Craig (Mervyn Johns) dans un cottage anglais sur l’invitation du propriétaire de celui-ci, Elliot Foley, qui souhaiterait faire des travaux d’aménagement. Plusieurs personnes se trouvent réunies dans la maison et Craig, en entrant, a l’étrange sensation de les avoir déjà vues ensemble dans un rêve récurrent mais dont il ne se souvient que de façon diffuse. Au grand étonnement des invités, il fait allusion à certains incidents avant même qu’ils ne surviennent dans la maison. Un psychanalyste, présent parmi les invités, reste sceptique. Quatre parmi les personnes présentes se mettent alors à tour de rôle à raconter une histoire étrange dont elles ont fait l’expérience ou dont on leur a parlé. Un cinquième récit sera raconté par le psychanalyste lui-même.

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Test DVD / Fantozzi, réalisé par Luciano Salce

FANTOZZI réalisé par Luciano Salce, disponible en DVD le 28 septembre 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Paolo Villaggio, Anna Mazzamauro, Gigi Reder, Giuseppe Anatrelli, Umberto D’Orsi, Liù Bosisio, Bernardino Emanuelli, Plinio Fernando…

Scénario : Leonardo Benvenuti, Piero De Bernardi & Paolo Villaggio, d’après les romans de Paolo Villaggio

Photographie : Erico Menczer

Musique : Franco Bixio, Fabio Frizzi & Vince Tempera

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Fantozzi est un employé de bureau basique et stoïque. Il est en proie à un monde de difficultés qu’il ne surmonte jamais malgré tous ses efforts.

Vous ne le connaissez sûrement pas puisqu’il n’a jamais su ou pu passer le tunnel du Mont-Blanc pour arriver en France, mais Fantozzi est un des personnages comiques italiens les plus populaires dans son pays, créé et interprété par Paolo Villaggio (1932-2017), qui apparaîtra dans une dizaine de longs-métrages, de 1975 à 1999, dont le succès ne s’est jamais démenti. Petit comptable sans histoire, marié à une femme laide et père d’une fille qui l’est encore plus, Fantozzi, Ugo de son prénom, a tout d’abord été un héros de la littérature. Devant le triomphe rencontré par ses livres inspirés par son expérience de comptable dans le monde de l’entreprise, Paolo Villaggio s’est très vite fait courtiser par divers producteurs, qui souhaitaient adapter son univers. N’ayons pas peur des mots, Fantozzi premier du nom est un capolavoro, immensément culte de l’autre côté des Alpes, qui enchaîne les gags visuels et sonores, ainsi que les répliques dingues, comme des perles sur un collier, sans aucun temps mort, mais entraînant des éclats de rire en permanence. Il aura fallu attendre plus de 45 ans pour que l’Hexagone découvre ce clown incroyable – « le plus grand de sa génération » dira de lui Roberto Begnini, son partenaire dans La Voce della Luna de Federico Fellini – et nous ne sommes pas prêts de l’oublier.

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Test Blu-ray / La Passante du Sans-Souci, réalisé par Jacques Rouffio

LA PASSANTE DU SANS-SOUCI réalisé par Jacques Rouffio, disponible en DVD et Blu-ray le 11 mai 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Romy Schneider, Michel Piccoli, Helmut Griem, Dominique Labourier, Gérard Klein, Mathieu Carrière, Jacques Martin, Wendelin Werner……

Scénario : Jacques Rouffio & Jacques Kirsner, d’après le roman de Joseph Kessel

Photographie : Jean Penzer

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Paris 1981. Lors d’une audience, Max Baumstein, président respecté d’une organisation humanitaire, abat froidement l’ambassadeur du Paraguay, Federico Logo. Il se constitue prisonnier et commence à expliquer la raison de son geste à sa jeune compagne, Lina, qui ignore tout de son passé.

Dans La Passante du Sans-Souci, son soixantième et ultime film, il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les rapports douloureux que Romy Schneider entretient à l’écran avec le jeune Wendelin Werner et la tragédie que venait de vivre la comédienne, des suites de la mort accidentelle de son fils David en juillet 1981, survenue juste après son divorce avec Daniel Biasini. Très librement adaptée par Jacques Rouffio, l’œuvre de Joseph Kessel publiée en 1936 (et donc ouvertement antifasciste) s’en trouve étonnamment et intelligemment prolongée en projetant le personnage de Max cinquante ans après les évènements narrés dans le livre. La comédienne y apparaît fatiguée, bouleversante et déchirante. Ses larmes et ses regards expriment une douleur incommensurable et non feinte, dont le cinéaste s’empare avec délicatesse au profit de l’histoire « commandée » par la comédienne elle-même, suite à sa découverte du roman qui lui rappelait sa propre enfance placée sous le signe du IIIe Reich et d’une mère alors proche d’Adolf Hitler. Le tournage sera interrompu à plusieurs reprises (Romy Schneider se casse le pied, puis doit se faire retirer un rein en raison d’une tumeur), mais l’actrice retrouve un semblant d’espoir suite à sa rencontre avec Laurent Pétain et s’investit corps et âme dans La Passante du Sans-Souci où elle tient d’ailleurs deux rôles. Dommage que les décors pèchent par manque de réalisme et que le rythme ait une fâcheuse tendance à faiblir dans la deuxième partie en raison d’une scène de procès trop classique, mais l’interprétation exemplaire, avec également Michel Piccoli au générique, secoue sans peine le spectateur.

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Test Blu-ray / Où est la liberté…?, réalisé par Roberto Rossellini

OÙ EST LA LIBERTÉ…? (Dov’è la libertà…?) réalisé par Roberto Rossellini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 10 mars 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Totò, Vera Molnar, Nyta Dover, Franca Faldini, Giacomo Rondinella, Leopoldo Trieste, Fernando Milani, Vincenzo Talarico…

Scénario : Vitaliano Brancati, Ennio Flaiano, Antonio Pietrangeli, Roberto Rossellini & Vincenzo Talarico

Photographie : Aldo Tonti & Tonino Delli Colli

Musique : Renzo Rossellini

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Le barbier Salvatore Lojacono sort de prison après avoir purgé une peine de vingt ans pour crime passionnel. Il rentre chez lui à Rome, mais ne reconnaît plus ni sa famille ni ses voisins : il ne rencontre autour de lui qu’égoïsme et hypocrisie. Après plusieurs mésaventures, il ne voit plus qu’une issue, se faire condamner pour retourner en prison et retrouver la tranquillité.

À la fois précurseur du néoréalisme italien avec sa Trilogie Fasciste (Le Navire blanc, Un pilote revient et L’Homme à la croix) et figure majeure de ce mouvement cinématographique (Rome, ville ouverte, Païsa et Allemagne année zéro), Roberto Rossellini (1906-1977) est un des réalisateurs les plus en vue à la fin des années 1940. 1950 est un tournant dans sa carrière et par ailleurs dans sa vie, puisqu’il rencontre Ingrid Bergman, qui lui donnera trois enfants et avec laquelle il tournera cinq longs-métrages, de Stromboli à Jeanne au bûcher (1954). Quand on évoque Roberto Rossellini, s’il y a bien un genre auquel on ne pense pas c’est bien la comédie. Pourtant, il existe deux films dissimulés chaque fois entre deux « monuments ». Si le premier intitulé La Machine à tuer les méchants – La Macchina ammazzacattivi (1952) est quelque peu oublié, le second, coincé entre Europe 51 et Voyage en Italie est Où est la liberté…? – Dov’è la libertà…? (1954). C’est le metteur en scène qui en a l’idée, qu’il confie ensuite à ses scénaristes Vitaliano Brancati (Don Cesare di Bazan de Riccardo Freda et auteur du Bel Antonio), Ennio Flaiano (Le Cheik Blanc et La Dolce Vita de Federico Fellini), Antonio Pietrangeli (Les Amants diaboliques de Luchino Visconti) et Vincenzo Talarico (Moi, moi, moi et les autres d’Alessandro Blasetti). Écrit spécialement pour le mythique Totò (1898-1967), Où est la liberté…? apparaît étrangement comme une œuvre hybride, et pour cause…Emballé par son sujet au début du tournage, Roberto Rossellini s’en désintéresse progressivement. S’il maîtrise parfaitement l’humour ou le côté décalé de certaines situations, ce qui a déjà pu être constaté dans quelques-uns de ses films précédents, le cinéaste lorgnait en réalité sur son opus suivant, Voyage en Italie. Après trois mois de prises de vues, le tournage est arrêté et ne reprendra qu’un an plus tard sous la direction de Mario Monicelli, alors en charge de la seconde équipe et qui avait déjà dirigé Totò avec Steno, dans Totò cherche un appartement (1949), Gendarmes et voleurs (1951), Totò e il re di Roma (1951) et Totò et les femmes (1952). Rétrospectivement, il est plus aisé d’attribuer les scènes de pure comédie à Mario Monicelli, autrement dit tout ce qui est lié au procès, et celles réalisées par Roberto Rossellini, qui s’inscrivent encore et toujours dans le néoréalisme, qui montrent le personnage Totò redécouvrir la ville après plus de vingt années d’emprisonnement. Il en résulte un film en demi-teinte, qui souffre d’un manque de rythme certain, mais qui demeure une vraie curiosité, aussi bien dans la filmographie de Roberto Rossellini, que dans celle de l’une des plus grandes stars du cinéma italien de tous les temps.

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