Test DVD / Fantozzi, réalisé par Luciano Salce

FANTOZZI réalisé par Luciano Salce, disponible en DVD le 28 septembre 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Paolo Villaggio, Anna Mazzamauro, Gigi Reder, Giuseppe Anatrelli, Umberto D’Orsi, Liù Bosisio, Bernardino Emanuelli, Plinio Fernando…

Scénario : Leonardo Benvenuti, Piero De Bernardi & Paolo Villaggio, d’après les romans de Paolo Villaggio

Photographie : Erico Menczer

Musique : Franco Bixio, Fabio Frizzi & Vince Tempera

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Fantozzi est un employé de bureau basique et stoïque. Il est en proie à un monde de difficultés qu’il ne surmonte jamais malgré tous ses efforts.

Vous ne le connaissez sûrement pas puisqu’il n’a jamais su ou pu passer le tunnel du Mont-Blanc pour arriver en France, mais Fantozzi est un des personnages comiques italiens les plus populaires dans son pays, créé et interprété par Paolo Villaggio (1932-2017), qui apparaîtra dans une dizaine de longs-métrages, de 1975 à 1999, dont le succès ne s’est jamais démenti. Petit comptable sans histoire, marié à une femme laide et père d’une fille qui l’est encore plus, Fantozzi, Ugo de son prénom, a tout d’abord été un héros de la littérature. Devant le triomphe rencontré par ses livres inspirés par son expérience de comptable dans le monde de l’entreprise, Paolo Villaggio s’est très vite fait courtiser par divers producteurs, qui souhaitaient adapter son univers. N’ayons pas peur des mots, Fantozzi premier du nom est un capolavoro, immensément culte de l’autre côté des Alpes, qui enchaîne les gags visuels et sonores, ainsi que les répliques dingues, comme des perles sur un collier, sans aucun temps mort, mais entraînant des éclats de rire en permanence. Il aura fallu attendre plus de 45 ans pour que l’Hexagone découvre ce clown incroyable – « le plus grand de sa génération » dira de lui Roberto Begnini, son partenaire dans La Voce della Luna de Federico Fellini – et nous ne sommes pas prêts de l’oublier.

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Test Blu-ray / La Passante du Sans-Souci, réalisé par Jacques Rouffio

LA PASSANTE DU SANS-SOUCI réalisé par Jacques Rouffio, disponible en DVD et Blu-ray le 11 mai 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Romy Schneider, Michel Piccoli, Helmut Griem, Dominique Labourier, Gérard Klein, Mathieu Carrière, Jacques Martin, Wendelin Werner……

Scénario : Jacques Rouffio & Jacques Kirsner, d’après le roman de Joseph Kessel

Photographie : Jean Penzer

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Paris 1981. Lors d’une audience, Max Baumstein, président respecté d’une organisation humanitaire, abat froidement l’ambassadeur du Paraguay, Federico Logo. Il se constitue prisonnier et commence à expliquer la raison de son geste à sa jeune compagne, Lina, qui ignore tout de son passé.

Dans La Passante du Sans-Souci, son soixantième et ultime film, il est difficile de ne pas faire le parallèle entre les rapports douloureux que Romy Schneider entretient à l’écran avec le jeune Wendelin Werner et la tragédie que venait de vivre la comédienne, des suites de la mort accidentelle de son fils David en juillet 1981, survenue juste après son divorce avec Daniel Biasini. Très librement adaptée par Jacques Rouffio, l’œuvre de Joseph Kessel publiée en 1936 (et donc ouvertement antifasciste) s’en trouve étonnamment et intelligemment prolongée en projetant le personnage de Max cinquante ans après les évènements narrés dans le livre. La comédienne y apparaît fatiguée, bouleversante et déchirante. Ses larmes et ses regards expriment une douleur incommensurable et non feinte, dont le cinéaste s’empare avec délicatesse au profit de l’histoire « commandée » par la comédienne elle-même, suite à sa découverte du roman qui lui rappelait sa propre enfance placée sous le signe du IIIe Reich et d’une mère alors proche d’Adolf Hitler. Le tournage sera interrompu à plusieurs reprises (Romy Schneider se casse le pied, puis doit se faire retirer un rein en raison d’une tumeur), mais l’actrice retrouve un semblant d’espoir suite à sa rencontre avec Laurent Pétain et s’investit corps et âme dans La Passante du Sans-Souci où elle tient d’ailleurs deux rôles. Dommage que les décors pèchent par manque de réalisme et que le rythme ait une fâcheuse tendance à faiblir dans la deuxième partie en raison d’une scène de procès trop classique, mais l’interprétation exemplaire, avec également Michel Piccoli au générique, secoue sans peine le spectateur.

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Test Blu-ray / Où est la liberté…?, réalisé par Roberto Rossellini

OÙ EST LA LIBERTÉ…? (Dov’è la libertà…?) réalisé par Roberto Rossellini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 10 mars 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Totò, Vera Molnar, Nyta Dover, Franca Faldini, Giacomo Rondinella, Leopoldo Trieste, Fernando Milani, Vincenzo Talarico…

Scénario : Vitaliano Brancati, Ennio Flaiano, Antonio Pietrangeli, Roberto Rossellini & Vincenzo Talarico

Photographie : Aldo Tonti & Tonino Delli Colli

Musique : Renzo Rossellini

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Le barbier Salvatore Lojacono sort de prison après avoir purgé une peine de vingt ans pour crime passionnel. Il rentre chez lui à Rome, mais ne reconnaît plus ni sa famille ni ses voisins : il ne rencontre autour de lui qu’égoïsme et hypocrisie. Après plusieurs mésaventures, il ne voit plus qu’une issue, se faire condamner pour retourner en prison et retrouver la tranquillité.

À la fois précurseur du néoréalisme italien avec sa Trilogie Fasciste (Le Navire blanc, Un pilote revient et L’Homme à la croix) et figure majeure de ce mouvement cinématographique (Rome, ville ouverte, Païsa et Allemagne année zéro), Roberto Rossellini (1906-1977) est un des réalisateurs les plus en vue à la fin des années 1940. 1950 est un tournant dans sa carrière et par ailleurs dans sa vie, puisqu’il rencontre Ingrid Bergman, qui lui donnera trois enfants et avec laquelle il tournera cinq longs-métrages, de Stromboli à Jeanne au bûcher (1954). Quand on évoque Roberto Rossellini, s’il y a bien un genre auquel on ne pense pas c’est bien la comédie. Pourtant, il existe deux films dissimulés chaque fois entre deux « monuments ». Si le premier intitulé La Machine à tuer les méchants – La Macchina ammazzacattivi (1952) est quelque peu oublié, le second, coincé entre Europe 51 et Voyage en Italie est Où est la liberté…? – Dov’è la libertà…? (1954). C’est le metteur en scène qui en a l’idée, qu’il confie ensuite à ses scénaristes Vitaliano Brancati (Don Cesare di Bazan de Riccardo Freda et auteur du Bel Antonio), Ennio Flaiano (Le Cheik Blanc et La Dolce Vita de Federico Fellini), Antonio Pietrangeli (Les Amants diaboliques de Luchino Visconti) et Vincenzo Talarico (Moi, moi, moi et les autres d’Alessandro Blasetti). Écrit spécialement pour le mythique Totò (1898-1967), Où est la liberté…? apparaît étrangement comme une œuvre hybride, et pour cause…Emballé par son sujet au début du tournage, Roberto Rossellini s’en désintéresse progressivement. S’il maîtrise parfaitement l’humour ou le côté décalé de certaines situations, ce qui a déjà pu être constaté dans quelques-uns de ses films précédents, le cinéaste lorgnait en réalité sur son opus suivant, Voyage en Italie. Après trois mois de prises de vues, le tournage est arrêté et ne reprendra qu’un an plus tard sous la direction de Mario Monicelli, alors en charge de la seconde équipe et qui avait déjà dirigé Totò avec Steno, dans Totò cherche un appartement (1949), Gendarmes et voleurs (1951), Totò e il re di Roma (1951) et Totò et les femmes (1952). Rétrospectivement, il est plus aisé d’attribuer les scènes de pure comédie à Mario Monicelli, autrement dit tout ce qui est lié au procès, et celles réalisées par Roberto Rossellini, qui s’inscrivent encore et toujours dans le néoréalisme, qui montrent le personnage Totò redécouvrir la ville après plus de vingt années d’emprisonnement. Il en résulte un film en demi-teinte, qui souffre d’un manque de rythme certain, mais qui demeure une vraie curiosité, aussi bien dans la filmographie de Roberto Rossellini, que dans celle de l’une des plus grandes stars du cinéma italien de tous les temps.

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Test Blu-ray / Europe 51, réalisé par Roberto Rossellini

EUROPE 51 (Europa ’51) réalisé par Roberto Rossellini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 10 mars 2021 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Ingrid Bergman, Alexander Knox, Ettore Giannini, Giulietta Masina, Teresa Pellati, Marcella Rovena, Tina Perna, Sandro Franchina…

Scénario : Roberto Rossellini, Sandro De Feo, Mario Pannunzio, Ivo Perilli & Brunello Rondi

Photographie : Aldo Tonti

Musique : Renzo Rossellini

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Une jeune femme riche et futile est bouleversée par le suicide de son enfant, dont elle se sent responsable. Son drame personnel lui fait découvrir la misère et les souffrances des autres, à qui elle se dévouera désormais.

Alors qu’il vit la période de sa vie la plus mouvementée (divorce difficile, attente d’un enfant), Roberto Rossellini signe en 1950 son film le plus paisible, Les 11 Fioretti de François d’Assise – Francesco, giullare di Dio, qui délivre un véritable message de paix, d’amour et d’entraide tout en repoussant les limites du néoréalisme en mettant en scène de véritables moines franciscains. Lorsqu’il évoque Les 11 Fioretti de François d’Assise, Martin Scorsese déclare « Je n’ai jamais vu de film qui lui soit vraiment comparable et je ne m’attends pas à en voir un de toute ma vie », tandis que François Truffaut disait qu’il s’agissait du « plus beau film du monde ». Inspiré de courts récits évoquant les nombreux épisodes de la vie de François d’Assise (les « fioretti »), le film de Roberto Rossellini renouvelle le néoréalisme et laisse une grande place à la vie quotidienne de ces moines refusant tout matérialisme et profitant du plus beau cadeau accordé par Dieu : la vie et l’aide aux plus démunis en leur enseignant que la souffrance mène à la plénitude et à la joie. Tout miracle est donc banni du film de Roberto Rossellini qui préfère montrer des hommes bâtissant leur petite chapelle de leurs mains, priant, venant en aide aux pauvres, mangeant ou marchant avec allégresse dans la campagne environnante, le tout ponctué avec humour et poésie. Dans le film, François est un homme comme les autres, qui se démarque à peine du reste de ses fidèles. Les personnages effleurent la terre et semblent peu soumis aux lois de la gravité mais demeurent des hommes « terrestres » prêchant l’Evangile. Oeuvre de l’innocence et de l’épure, ce film est un tournant dans l’oeuvre et dans l’existence de son auteur, puisque dans un climat personnel quelque peu chaotique, le cinéaste va réaliser son film le plus apaisé et le plus fantaisiste de toute sa carrière. C’est de ce film que découlera tout simplement Europe 51 – Europa ’51, la seconde de ses cinq collaborations avec celle qui partage désormais sa vie, Ingrid Bergman. Deux ans après Stromboli – Stromboli terra di Dio et deux ans avant Voyage en Italie – Viaggio in Italia, la trilogie dite de la « solitude », Roberto Rossellini et la comédienne présentent une radiographie implacable de l’Italie post-Deuxième Guerre mondiale, doublée du portrait d’une femme bourgeoise qui décide de changer de vie après le suicide de son fils. Si Europe 51 n’est sans doute pas le film le plus célèbre de son auteur, du moins celui auquel on pense d’emblée en évoquant sa grande filmographie, il demeure en revanche l’un des plus riches, aussi bien sur le fond que sur la forme et s’avère peut-être le chef d’oeuvre caché de Roberto Rossellini.

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Test Blu-ray / Les Horreurs de Frankenstein, réalisé par Jimmy Sangster

LES HORREURS DE FRANKENSTEIN (The Horror of Frankenstein) réalisé par Jimmy Sangster, uniquement disponible dans le coffret Hammer – Tome 2 – 1970-1976 Sex & Blood – Édition Limitée Numérotée – Blu-ray + DVD, depuis le 30 novembre 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Ralph Bates, Kate O’Mara, Veronica Carlson, Dennis Price, Jon Finch, Bernard Archard, Graham James, David Prowse…

Scénario : Jeremy Burnham & Jimmy Sangster, d’après les personnages de Mary Shelley

Photographie : Moray Grant

Musique : Malcolm Williamson

Durée : 1h35

Date de sortie initiale: 1970

LE FILM

Après avoir sciemment provoqué la mort de son père, Victor Frankenstein, jeune homme manipulateur et séducteur, reprend le flambeau et se livre à son tour à quelques expériences macabres. Il engage un pilleur de tombes pour lui fournir les matériaux nécessaires à son travail…

En 1957, les productions Hammer Film sortent sur grand écran Frankenstein s’est échappé – The Curse of Frankenstein, premier opus d’une saga cinématographique à succès réalisé par Terence Fischer. Peter Cushing interprète le Baron Victor Frankenstein face à Christopher Lee dans le rôle du monstre. En 1970, un nouveau film intitulé Les Horreurs de Frankenstein – The Horrors of Frankenstein voit le jour après quatre autres suites. Ce film se démarque de la saga. Cette fois-ci, le baron Frankenstein n’est plus joué par l’éternel Peter Cushing et Terence Fischer n’est pas derrière la caméra.

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Test Blu-ray / Les Cicatrices de Dracula, réalisé par Roy Ward Baker

LES CICATRICES DE DRACULA (Scars of Dracula) réalisé par Roy Ward Baker, uniquement disponible dans le coffret Hammer – Tome 2 – 1970-1976 Sex & Blood – Édition Limitée Numérotée – Blu-ray + DVD, depuis le 30 novembre 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Christopher Lee, Dennis Waterman, Jenny Hanley, Christopher Matthews, Patrick Troughton, Michael Ripper, Michael Gwynn, Wendy Hamilton…

Scénario : John Elder, d’après le roman de Bram Stocker

Photographie : Moray Grant

Musique : James Bernard

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Une petite fille est découverte morte avec deux marques de crocs sur le cou. Les fermiers de Kleinenberg reconnaissent l’auteur du crime: le sinistre comte Dracula. Ils décident d’agir immédiatement et marchent sur son château pour y mettre le feu. Mais tuer Dracula, prince des Ténèbres, n’est pas une tâche aisée. Bientôt, le comte reprend ses mauvais tours…

A la fin des années 50, la société Hammer Film Productions produit des longs-métrages mettant en tête d’affiche des monstres effrayants tel que Frankenstein. Un autre personnage fait également son apparition en 1958 : le comte Dracula avec un premier film intitulé Le Cauchemar de Dracula, réalisé par Terence Fischer et avec Christopher Lee dans le rôle-titre. Ce long-métrage est un succès et plusieurs films reprenant l’univers de ce vampire créé par Bram Stoker voient le jour. En 1970, Roy Ward Baker (The Anniversary, Dr Jekyll et Sister Hyde) est choisi par la Hammer pour réaliser le sixième film sur Dracula : Les Cicatrices de Dracula – Scars of Dracula. Christopher Lee y endosse pour la cinquième fois la cape du comte. Les années 70 sont une période difficile pour la Hammer qui mise sur un personnage mythique du cinéma et qui a participé à la renommée de leur société afin de renouer avec le succès.

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Test Blu-ray / Dr Jekyll et Sister Hyde, réalisé par Roy Ward Baker

DR JEKYLL ET SISTER HYDE (Dr. Jekyll & Sister Hyde) réalisé par Roy Ward Baker, uniquement disponible dans le coffret Hammer – Tome 2 – 1970-1976 Sex & Blood – Édition Limitée Numérotée – Blu-ray + DVD, depuis le 30 novembre 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Ralph Bates, Martine Beswick, Gerald Sim, Lewis Fiander, Susan Brodrick, Dorothy Alison, Neil Wilson, Ivor Dean…

Scénario : Brian Clemens, d’après le roman de Robert Louis Stevenson

Photographie : Norman Warwick

Musique : David Whitaker

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Londres, époque victorienne. Le Dr Jekyll tente de créer un élixir d’immortalité en utilisant des hormones féminines prélevées sur des cadavres frais. Mais dès qu’il boit le sérum, Jekyll se transforme en une femme aussi séduisante que démoniaque, Mrs. Hyde…

Le film le plus connu de Roy Ward Baker (1916-2010) est Atlantique latitude 41°A Night to Remember, qui a remporté le Golden Globe du meilleur film étranger de langue anglaise en 1959. Par la suite, il réalise de nombreux films d’horreur comme Les Monstres de l’espace Quatermass and the Pit (1967), The Anniversary (1968), The Vampire Lovers (1970) ou Les Cicatrices de Dracula – Scars of Dracula (1970), produits par la Hammer. Il s’essaye également au drame avec Le Cavalier noir – The Singer Not the Song en 1961. Pour la télévision, il réalise plusieurs épisodes des séries Chapeau melon et bottes de cuir et Amicalement vôtre.

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Test DVD / Dario Argento : Soupirs dans un corridor lointain, réalisé par Jean-Baptiste Thoret

DARIO ARGENTO – SOUPIRS DANS UN CORRIDOR LOINTAIN réalisé par Jean-Baptiste Thoret, disponible en DVD le 15 septembre 2020 chez Tamasa Diffusion.

Avec : Dario Argento

Image : Laurent Brunet

Musique : Jean-Baptiste Thoret

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Vingt ans séparent les deux parties de ce film portrait consacré à Dario Argento. Tourné à Turin puis à Rome entre 2000 et 2019, Soupirs dans un corridor lointain cale son pas sur l’un des cinéastes les plus marquants de ces quarante dernières années. Ses obsessions, son travail, ses souvenirs, ses hantises, son rapport à la ville éternelle, les blessures de l’Histoire italienne, et puis le temps qui passe…

Né en 1940, Dario Argento est un réalisateur italien devenu aujourd’hui incontournable pour les cinéphiles. Il s’est spécialisé au début de sa carrière dans le giallo, un genre qui mélange le cinéma policier, l’horreur et l’érotisme. Durant la période la plus riche de sa carrière, les années 1970-80, il entame sa fameuse « Trilogie des Enfers » avec Suspiria (1977), Inferno (1980) et qu’il achève en 2007 avec La Troisième mère La Terza madre. Il est aussi connu pour ses films d’horreur tels que Ténèbres – Tenebre (1982), Les Frissons de l’angoisseProfondo rosso (1975) ou encore Phenomena (1985).

Jean-Baptiste Thoret est un historien et critique de cinéma. Il s’est spécialisé dans le mouvement du Nouvel Hollywood et dans le cinéma italien des années 70. Il est l’auteur de plus d’une dizaine d’ouvrages sur le cinéma. Son documentaire commence par un extrait de film réalisé par Dario Argento, où Jean-Baptiste Thoret nous fait prendre conscience de son esthétisme et de son style singulier. Il n’y a aucun doute, le critique est un expert du cinéma du maître italien qu’il analyse depuis plusieurs décennies. Ses propos sont remplis d’admiration, c’est un défenseur de la première heure de ses films.

Dans la première moitié du documentaire, il s’agit d’un remontage d’images datant de 2000, où Jean-Baptiste Thoret avait pu assister au tournage du film Le Sang des innocents – Non ho sonno. Durant l’interview, Dario Argento parle de sa relation avec le cinéma et de ses débuts en tant que critique. Par la suite, il dévient scénariste notamment pour le film Il était une fois dans l’Ouest (1969) de Sergio Leone, une expérience qui le poussera à se lancer dans la mise en scène. D’ailleurs, Dario Argento se confie sur sa vision du métier de réalisateur et de l’importance de la narration. Les interviews sont entrecoupées par des images du tournage où l’on peut voir le cinéaste qui tente difficilement de faire comprendre à son équipe ce qu’il souhaite. Il semble complètement habité par son film, sur le plateau, rien d’autre que la réalisation ne compte.

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Test DVD / L’Attentat, réalisé par Yves Boisset

L’ATTENTAT réalisé par Yves Boisset, disponible en DVD le 22 septembre 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Jean-Louis Trintignant, Michel Piccoli, Jean Seberg, Gian Maria Volonté, Michel Bouquet, Bruno Cremer, Daniel Ivernel, Philippe Noiret, François Périer, Roy Scheider, Jacques François, Jean Bouise…

Scénario : Ben Barzman & Basilio Franchina

Photographie : Ricardo Aronovich

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h58

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Sadiel, un opposant politique réfugié en Suisse, représente une menace pour le colonel Kassar, ministre de l’intérieur d’un pays d’Afrique du Nord. Kassar décide de le supprimer et recourt aux services secrets français. Sadiel est exécuté mais l’affaire s’ébruite…

Dans le cinéma français des années 1970, deux cinéastes ont réussi à rendre fascinant le monde complexe de la politique à travers des thrillers palpitants. Le premier est Costa-Gavras à qui l’on doit notamment Z (1969) et L’Aveu (1970). Le second est Yves Boisset, qui n’hésite pas à aborder un sujet sensible, avec le film L’Attentat quitte à parfois défier la censure.

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Test Blu-ray / Les Adolescentes, réalisé par Alberto Lattuada

LES ADOLESCENTES (I Dolci inganni) réalisé par Alberto Lattuada, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 20 octobre 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Catherine Spaak, Jean Sorel, Christian Marquand, Juanita Faust, Marilù Tolo, Milly, Antonella Erspamer, Giovanna Pignatelli…

Scénario : Alberto Lattuada, Francesco Ghedini, Claude Brulé

Photographie : Gábor Pogány

Musique : Piero Piccioni

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Jeune fille de bonne famille, Francesca, dix-sept ans, découvre son attirance pour Enrico, un architecte de vingt ans plus âgé qu’elle. Une attirance qui va hanter cette journée d’été au cours de laquelle elle va décider de ne pas résister à l’appel de la vie adulte. Au risque de subir une désillusion…

Deuxième film que le cinéaste Alberto Lattuada (1914-2005) consacre aux jeunes filles, Les AdolescentesI Dolci inganni sort en Italie en octobre 1960, accompagné d’un petit parfum de scandale, aussi bien de la part de la censure démocrate-chrétienne que des spectateurs. En effet, le film, dont le titre original – beaucoup plus évocateur – signifie « les douces déceptions », dresse le portrait d’une jeune fille/femme de 17 ans, qui découvre le désir et la sexualité, avec une rare frontalité pour l’époque. Dès l’extraordinaire introduction filmée en plan-séquence, Alberto Lattuada capte l’attention du spectateur. Celle que l’on va suivre toute une journée, se réveille en plein milieu de la nuit, visiblement sous le choc de ce dont elle vient de rêver. Un cauchemar ? Non. Parcourue de frissons, se caressant ou plutôt frôlant doucement ses très belles jambes et sa poitrine que l’on devine derrière la mince étoffe de sa chemise de nuit, Francesca ne sait pas ce qui lui arrive. L’éveil des sens n’a probablement jamais été aussi intense et explicite au cinéma en 1960, surtout concernant un personnage aussi jeune. Cette adolescente, c’est la sublime et fascinante Catherine Spaak, qui faisait ici ses débuts au cinéma, la même année que Le Trou de Jacques Becker. De tous les plans, la comédienne et fille du scénariste Charles Spaak (collaborateur de Jean Grémillon, Georges Lacombe, Julien Duvivier, Jacques Feyder, Marcel L’Herbier et bien d’autres), crève l’écran du haut de ses 15 ans et représente toutes les jeunes filles de son âge dans ce merveilleux drame passionnel et psychologique, prolongement naturel de Guendalina sorti trois ans auparavant, dans lequel Alberto Lattuada narrait une première passion amoureuse. Avec une sensualité encore plus appuyée, une délicatesse de tous les instants et une mise en scène qui effleure le visage et la peau de son héroïne, Les Adolescentes est une des autres réussites majeures de son auteur.

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