Test DVD / Voir le jour, réalisé par Marion Laine

VOIR LE JOUR réalisé par Marion Laine, disponible en DVD le 1er décembre 2020 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Aure Atika, Sandrine Bonnaire, Kenza Fortas, Elsa Madeleine, Brigitte Roüan, Sarah Stern, Lucie Fagedet, Nadège Beausson-Diagne, Stéphane Debac, Claire Dumas, Alice Botté…

Scénario : Marion Laine, d’après le roman Chambre 2 de Julie Bonnie

Photographie : Brice Pancot

Musique : Béatrice Thiriet

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Jeanne travaille comme auxiliaire dans une maternité de Marseille. Nuit et jour, Jeanne et ses collègues se battent pour défendre les mères et leurs bébés face au manque d’effectif et à la pression permanente de leur direction. Jeanne vit avec Zoé, sa fille de 18 ans, qu’elle élève seule. Lorsqu’un drame survient à la maternité et que Zoé part étudier à Paris, le passé secret de Jeanne resurgit soudain et la pousse à affirmer ses choix de vie.

Tout d’abord comédienne, vue dans quelques séries made in TF1 (Navarro, Julie Lescaut, Les Cordier, juge et flic), Marion Laine passe à la mise en scène et après quelques courts livre son premier long-métrage en 2008, Un coeur simple. Dans cette adaptation de la nouvelle homonyme de Gustave Flaubert publiée en 1877 dans le recueil Trois Contes, la réalisatrice dirigeait Sandrine Bonnaire, Marina Foïs et Noémie Lvovsky. Avec son deuxième film, A coeur ouvert, Marion Laine décevait avec sa transposition du second roman de Mathias Enard, Remonter l’Orénoque, publié en 2005, un film guère réussi en dépit de la réunion de deux beaux comédiens, Juliette Binoche et Édgar Ramírez, et ce en raison d’un scénario mal écrit et caricatural, une mise en scène jamais convaincante, des scènes souvent ridicules et une interprétation trop « excessive ». La cinéaste rectifie enfin le tir avec Voir le jour, sans aucun doute son plus beau film à ce jour, pour lequel elle retrouve Sandrine Bonnaire une troisième fois après le téléfilm Ce soir-là et les jours d’après qui traitait des attentats de novembre 2015.

Continuer la lecture de « Test DVD / Voir le jour, réalisé par Marion Laine »

Test Blu-ray / Les Parfums, réalisé par Grégory Magne

LES PARFUMS réalisé par Grégory Magne, disponible en DVD et Blu-ray le 3 novembre 2020 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern, Sergi López, Zelie Rixhon, Pauline Moulène, Sacha Bourdo, Eva Chico…

Scénario : Grégory Magne

Photographie : Thomas Rames

Musique : Gaëtan Roussel

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Mademoiselle Walberg, impérieuse et asociale, est un nez qui a eu son heure de gloire autrefois, Guillaume Favre un chauffeur de maître au bout du rouleau : lorsque la première fait appel aux services du second par l’intermédiaire de l’agence qui l’emploie, tout semble mal parti entre les deux. Pourtant…

En 2012, sort un tout petit film charmant et très attachant, qui passe malheureusement complètement inaperçu, L’Air de rien, coécrit et coréalisé par Grégory Magne et Stéphane Viard. Dans ce premier long-métrage, comme dans un monde parallèle à la Jean-Philippe, les deux réalisateurs imaginaient un Michel Delpech qui aurait arrêté la chanson au top de sa popularité à la fin des années 70, qui se retrouverait criblé de dettes et tenu de trouver une issue avec les huissiers. Et pourquoi pas un retour sur scène ? Pour cela, les deux metteurs en scène s’étaient attachés les services du chanteur populaire, dont le charisme à l’écran se révélait indéniable, dont le naturel et le talent avaient déjà pu être appréciés devant la caméra dans Les Bien-aimés de Christophe Honoré. Mais ce qui se détachait de ce film, c’était sa sincérité, sa tendresse, sa douce mélancolie et l’on y découvrait surtout un brillant comédien, Grégory Montel. Huit ans après L’Air de rien, les deux Grégory se retrouvent pour Les Parfums, brillante comédie-dramatique, leur deuxième association et le premier film réalisé en solo pour Grégory Magne. Si certains s’en souviendront comme étant l’un des premiers films proposés après le premier confinement (il aura d’ailleurs réussi à attirer plus de 250.000 spectateurs durant cette délicate période), Les Parfums est avant tout un merveilleux film dont on retrouve la grande sensibilité du cinéaste, dans lequel Grégory Montel (la série Dix pour cent) crève l’écran une fois de plus et tient la dragée haute à l’excellente Emmanuelle Devos. Un vrai petit bijou.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Parfums, réalisé par Grégory Magne »

Test DVD / Revenir, réalisé par Jessica Palud

REVENIR réalisé par Jessica Palud, disponible en DVD le 7 juillet 2020 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Niels Schneider, Adèle Exarchopoulos, Roman Coustère Hachez, Patrick d’Assumçao, Hélène Vincent, Franck Falise, Jonathan Couzinié, Catherine Salée…

Scénario : Jessica Palud, Philippe Lioret, Diastème d’après le roman L’Amour sans le faire de Serge Joncour

Photographie : Victor Seguin

Musique : Mathilda Cabezas, Augustin Charnet

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

C’est la ferme où Thomas est né. C’est sa famille. Son frère, qui ne reviendra plus, sa mère, qui est en train de l’imiter, et son père, avec qui rien n’a jamais été possible. Il retrouve tout ce qu’il a fui il y a 12 ans. Mais aujourd’hui il y a Alex, son neveu de six ans, et Mona, sa mère incandescente.

Librement adapté du roman L’Amour sans le faire de Serge Joncour, Revenir est le second long métrage de Jessica Palud, sept ans après Les Yeux fermés. Fille du réalisateur Hervé Palud (Les Frères Pétard, Un indien dans la ville, non nous ne parlerons pas de Mookie) et ancienne assistante réalisatrice auprès de Bernardo Bertolucci (InnocentsThe Dreamers), Sofia Coppola (Marie-Antoinette), Philippe Lioret (Je vais bien, ne t’en fais pas, Welcome, Toutes nos envies) et Diastème (Le Bruit des gens autour), Jessica Palud s’est octroyé la plume de ces deux derniers, pour s’approprier cette histoire familiale intimiste, pudique et délicate. Lauréat du prix du meilleur scénario dans la section Orizzonti à la Mostra de Venise, Revenir est un deuxième film qui vaut essentiellement pour l’intense interprétation de Niels Schneider, toujours à fleur de peau, mais dont le scénario pâtit d’une absence d’intérêt et qui donne l’agaçante impression de vu et revu dans le cinéma d’auteur français. Quelques qualités, mais aussi de nombreux défauts.

Continuer la lecture de « Test DVD / Revenir, réalisé par Jessica Palud »

Test Blu-ray / Portrait de la jeune fille en feu, réalisé par Céline Sciamma

PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU réalisé par Céline Sciamma, disponible en DVD et Blu-ray le 18 février 2020 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Adèle Haenel, Noémie Merlant, Luàna Bajrami, Valeria Golino, Christel Baras, Armande Boulanger, Guy Delamarche, Clément Bouyssou…

Scénario : Céline Sciamma

Photographie : Claire Mathon

Musique : Jean-Baptiste de Laubier, Arthur Simonini

Durée : 2h01

Année de sortie : 2019

LE FILM

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Depuis Bande de filles en 2014, qui avait quelque peu déçu surtout après l’immense réussite du superbe Tomboy (2011), Céline Sciamma a remporté en 2017 le César de la meilleure adaptation pour le long métrage d’animation Ma vie de Courgette de Claude Barras, puis écrit Quand on a 17 ans d’André Téchiné. On attendait de pied ferme son grand retour derrière la caméra et le moins que l’on puisse dire, c’est que notre patience est largement récompensée avec le sublime Portrait de la jeune fille en feu, indéniablement son plus grand film et même son premier chef d’oeuvre. Lauréate du Prix du scénario au Festival de Cannes en 2019, Céline Sciamma aurait pu remporter la Palme d’or pour ce film, ou voir ses deux comédiennes principales, Adèle Haenel et Noémie Merlant, être récompensées par le Prix d’interprétation. Merveilleusement photographié, divinement écrit, passionnant, sensuel, Portrait de la jeune fille en feu est un drame doublé d’une histoire d’amour au rythme languissant, qui foudroie le coeur et ravit les sens. Assurément le plus grand film français de l’année 2019.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Portrait de la jeune fille en feu, réalisé par Céline Sciamma »

Test DVD / Un beau voyou, réalisé par Lucas Bernard

UN BEAU VOYOU réalisé par Lucas Bernard, disponible en DVD le 7 mai 2019 chez Pyramide Vidéo

Acteurs : Charles Berling, Swann Arlaud, Jennifer Decker, Jean-Quentin Châtelain, Erick Deshors, Anne Loiret, Pierre Aussedas, Marina Moncade, Victor Pontecorvo…

Scénario : Lucas Bernard

Photographie : Alexandre Léglise

Musique : Christophe Danvin

Durée : 1h40

Année de sortie : 2019

LE FILM

Le commissaire Beffrois attend la retraite avec un enthousiasme mitigé quand un vol de tableau retient son attention. Est-ce l’élégance du procédé ? L’audace du délit ? La beauté de l’œuvre volée ? Beffrois se lance à la recherche d’un voleur atypique, véritable courant d’air, acrobate à ses heures.

Ancien assistant opérateur de Tonie Marshall sur France Boutique, de Coline Serreau sur Saint-Jacques… La Mecque, également directeur de la photographie et écrivain (Les Lacets rouges, FDS Seuil), Lucas Bernard signe Un beau voyou, son premier long métrage. Très belle réussite et prometteur, ce film doux-amer, difficile à classer, joue avec les genres et les ruptures de tons pour mieux surprendre les spectateurs qui pourraient se prendre au jeu concocté par le réalisateur. Le trio vedette Charles Berling, Swann Arlaud et Jennifer Decker sont excellents, formidablement dirigés et prennent visiblement beaucoup de plaisir à se donner la réplique.

Précédemment scénariste et metteur en scène d’un très bon court-métrage intitulé La Place du mort (2014) avec Christian Benedetti et Anne Loiret, Lucas Bernard passe donc le cap du « grand format » avec Un beau voyou. Comme souvent dans un premier long métrage, moult sujets sont abordés. Le cinéaste trouve le bon équilibre et croise à la fois le départ d’un flic à la retraite, une histoire d’amour, le récit d’un vol de tableaux, le portrait d’un trentenaire trouble et ambigu, le deuil, la filiation. Là où la plupart se seraient perdus en chemin en privilégiant un sujet plutôt que l’autre, tout en délaissant la plupart des bases posées ici et là en début de film, Lucas Bernard imbrique et entrecroise les personnages, les sensibilités et les destinées.

Volontairement « old school » dixit le réalisateur, le personnage de François Albagnac, dit Bertrand ou Antoine, incarné par Swann Arlaud qui venait alors de recevoir le César tellement mérité pour Petit paysan d’Hubert Charuel, est un voleur qui renvoie au «Chat » interprété part Cary Grant dans La Main au collet d’Alfred Hitchcock, sans complice, se faufilant par les toits. Son « adversaire » est un commissaire qui se prépare à fêter son départ à la retraite, qui arbore des chemises fleuries, avec un sourire cynique constamment collé au visage. Veuf, sa femme lui a laissé deux garçons dans la trentaine, ainsi que certaines connaissances pointues en matière d’art. En ayant « marre des délits qui sentent la misère », Beffrois, merveilleusement incarné par Charles Berling au jeu toujours aussi frais, souhaiterait finir sa carrière sur un beau coup. Et s’il mettait la main sur le voleur de tableaux avant d’aller tailler ses rosiers ?

Un beau voyou est un film lumineux, vraisemblablement tourné en plein été, avec des couleurs vives et une clarté omniprésente. Pourtant, les portraits dressés des protagonistes sont plutôt sombres. Beffrois tente de se remettre de la mort de son épouse et de réapprendre à communiquer avec ses deux fils, tandis que Bertrand, sans véritable domicile fixe (ses parents ne savent d’ailleurs même pas où il habite), passe d’arnaque en arnaque en usurpant l’identité de certains quidams, tout en se transformant en voleur félin la nuit où les toits de Paris (très bien filmés d’ailleurs, notamment lors d’une poursuite à la Peur sur la ville) deviennent son domaine. La rencontre avec Justine va bouleverser quelque peu son quotidien.

Ce que l’on apprécie dans Un beau voyou c’est d’abord les comédiens, dont le jeu et les parcours diffèrent, mais qui pourtant s’assemblent royalement pour donner au film une identité propre et inattendue. Charles Berling bouffe l’écran et compose une vraie figure de flic qui a visiblement connu toutes les arnaques dans son commissariat du XVIIIe arrondissement, un peu à la Philippe Noiret dans Les Ripoux. La scène d’ouverture où il offre « un jus » au jeune voleur pris en flagrant délit dans son propre appartement installe d’emblée le personnage. Immédiatement attachant, Beffrois se révèle par strates et sa dernière scène est absolument jubilatoire. Swann Arlaud est également admirable dans la peau du « Beau voyou » instable et roublard. La trop rare à l’écran Jennifer Decker de la Comédie Française, est à se damner et son regard ardent vole toutes les scènes où elle apparaît.

Comédie-dramatique policière à la fois sensuelle, romanesque et fantaisiste, bref inclassable, très attachante et dynamique, Un beau voyou est une des très belles surprises de l’année 2019 dont on retient d’ores et déjà le nom de son auteur, Lucas Bernard.

LE DVD

Le test du DVD d’Un beau voyou, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Nous ne manquons jamais de saluer un éditeur quand il décide de proposer des courts-métrages en guise de supplément. C’est le cas ici avec tout d’abord l’excellent film La Place du mort (21’), réalisé par Lucas Bernard en 2014. Georges (Christian Benedetti), juge de province, percute et tue un homme assis sur une route de campagne. Ne semblant pas bouleversé par sa mésaventure, il arrive à l’heure au tribunal. Mais une inconnue, Carole Favourier (Anne Loiret) se glisse dans la salle d’audience et le regarde rendre justice.

Egalement présent, l’essai intitulé La Part disponible (2013, 7’) dans lequel Lucas Bernard se penche sur l’héritage familial à travers une collection d’anciennes cartes postales. Un montage troublant sur le temps qui passe («mais surtout qui s’accélère » dit le narrateur) constitué d’images Super 8, de photographies, de bobines, de cassettes…

Emergence est une fabrique pour le cinéma et la fiction créée en 1998. Sa vocation est de soutenir la jeune création et de révéler des talents. Chaque année, les réalisateurs sélectionnés tournent deux scènes de leur scénario avec les acteurs et les équipes techniques du long métrage en développement. En 2015, Lucas Bernard a participé à Emergence, dans le cadre de la préparation d’Un beau voyou, alors que le film s’intitulait encore Une histoire de l’art (8’). Nous retrouvons Jennifer Decker et Swann Arlaud, dans une scène finalement non retenue pour le film, mais qui est évoquée lors du repas. Il s’agit du moment où le père de Justine la surprend au lit avec Bertrand.

Ne manquez pas les essais costumes des comédiens (9’30), très beaux, durant lesquels les protagonistes regardent la caméra et récitent visiblement une tirade de leur choix.

Enfin, deux scènes coupées viennent compléter cette section (6’). La première montre la confrontation entre Beffrois et le mari victime du vol, qui vient comme par enchantement de retrouver sa toile dérobée. La seconde, beaucoup plus émouvante, montre la confrontation entre Beffrois et ses deux fils, dans un café, où la mort de la mère-épouse est enfin abordée.

L’Image et le son

Point d’édition HD pour Un beau voyou, mais le DVD proposé par Pyramide Vidéo est tout point lumineux. Les couleurs sont vives, le piqué constant, les contrastes fermes. Aucun problème constaté, les gros plans regorgent de détails et les scènes nocturnes sont également élégantes.

Bien qu’elle soit essentiellement musicale, la spatialisation instaure un réel confort acoustique. Par ailleurs, les quelques effets glanés ici et là sur les enceintes arrière permettent de plonger le spectateur dans une atmosphère probante. Sans surprise, le caisson de basses n’intervient pas dans cette histoire, ou seulement lors de la scène de la poursuite sur les toits. Les voix demeurent solidement plantées sur la centrale, la balance frontale étant quant à elle riche et savamment équilibrée. Une option Stéréo est également au programme, ainsi qu’une piste Audiodescription et les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.


Crédits images : © Pyramide Distribution / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Amanda, réalisé par Mikhaël Hers

AMANDA réalisé par Mikhaël Hers, disponible en DVD chez Pyramide Vidéo le 2 avril 2019

Acteurs : Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin, Ophélia Kolb, Marianne Basler, Jonathan Cohen, Nabiha Akkari, Greta Scacchi…

Scénario : Mikhaël Hers, Maud Ameline

Photographie : Sébastien Buchmann

Musique : Anton Sanko

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

Mikhaël Hers. Si ce nom ne vous dit rien, il s’agit pourtant d’un de nos plus précieux cinéastes. Né en 1975, le réalisateur fait ses débuts derrière la caméra en 2006 avec Charell, moyen-métrage magnifiquement interprété par Jean-Michel Fête et Marc Barbé, librement adapté d’un des chapitres du roman De si braves garçons de Patrick Modiano. Mikhaël Hers y abordait déjà quelques-uns de ses thèmes de prédilection avec la rencontre de deux anciens amis d’enfance, que les hasards de la vie avaient fini par éloigner. Au détour des rues désertes d’un quartier perdu, les nuits se succèdent, faisant alors ressurgir le spectre d’un passé lointain. Charell posait les bases d’un univers singulier, mettant en valeur un Paris by night et la nostalgie d’une amitié aujourd’hui oubliée ou lointaine. Présenté à Cannes en 2006 dans le cadre de la Semaine Internationale de la Critique, ce surprenant coup d’essai allait être rapidement suivi de Primrose Hill. L’action se situait à l’Ouest de Paris, dans une petite ville de banlieue bordée par la Seine, où quatre amis d’adolescence se retrouvaient pour tenter d’enregistrer les maquettes de nouvelles chansons. Ce deuxième moyen-métrage sera en réalité la première esquisse de son premier long métrage, Memory Lane. Une fois de plus, la ville de Paris est aperçue des collines de la banlieue ouest, l’hiver est rude, une personne a visiblement disparu et sert de narratrice. Le groupe déambule sans but réel, les protagonistes parlent de tout et de rien (en apparence), une nostalgie est déjà palpable chez ces jeunes de 25 ans, tiraillés entre les adolescents qu’ils étaient quand ils se sont connus, et les adultes qu’ils sont devenus malgré eux.

En 2009, Mikhaël Hers réalise le sublime Montparnasse, véritable typhon d’émotions, qui se déroule une nuit dans le quartier de Montparnasse à Paris avec pour décor le néon des boulevards, quelques rues désertées, une galerie marchande, un jardin endormi, le parvis de la tour. Portrait de trois jeunes femmes de 25 ans, le film prend la forme du film à sketchs, tout en respectant une unité de lieu et de temps. Avec une rare sensibilité qui renverse complètement le spectateur dès la première partie, Montparnasse clôt une trilogie débutée avec Charell mettant en relief des conversations nocturnes, des retrouvailles, une disparition et la douleur qu’elle engendre, les désillusions post-adolescentes, le mal-être, le souvenir d’une jeunesse récemment envolée, l’angoisse existentielle. Sorti sur les écrans en août 2010, Memory Lane était un vrai coup de maître, confirmé en 2015 par Ce sentiment de l’été. Nous voilà donc rendu à Amanda, le troisième long métrage du cinéaste. Et c’est toujours aussi merveilleux. Avec délicatesse, sobriété et élégance, Amanda impose une fois plus son auteur, mais aussi son comédien, Vincent Lacoste, probablement l’acteur le plus passionnant de l’année 2018.

Il incarne ici David, vingt-quatre ans, un jeune homme qui cumule les petits boulots et profite de la vie, tout en écartant les décisions importantes d’une vie. Mais, un jour, il apprend la mort de sa sœur aînée et se retrouve à devoir s’occuper de sa petite nièce de sept ans, Amanda.

Pour le cinéaste et producteur Luc Moullet, Mikhaël Hers se rapproche de cinéastes tels que John Ford ou Agnès Varda (paix à son âme), quant à son rapport à l’espace. Depuis Ce sentiment de l’été, le réalisateur, qui avait pour habitude de se servir du cadre de la banlieue Ouest de Paris pour décor, avec notamment la terrasse du Parc de Saint-Cloud, a élargi son champ d’action. Après Berlin, Paris et New York dans son précédent long métrage, Mikhaël Hers revient à Paris (11e, 12e, 19e et 20e arrondissements) dans Amanda et s’en va faire également un tour à Londres, dans les parcs situés en banlieue. Dans Amanda, le travail sur la lumière estivale est toujours aussi important, tout comme les conversations en apparence anodines. A l’instar de Ce sentiment de l’été, Amanda traite du deuil après une disparition injuste et inattendue. Dans son troisième long métrage, le cinéaste prend pour toile de fond les attaques terroristes, en imaginant un attentat dans le bois de Vincennes, durant lequel Sandrine, la sœur du personnage principal, mais aussi Léna, sa nouvelle petite-amie sont victimes de ces attaques. Si la seconde (superbe Stacy Martin) parvient à s’en sortir, la première (délicate Ophélia Kolb) décède des suites de ses blessures. David (Vincent Lacoste, sublime), doit alors prendre en charge la fille de Sandrine, Amanda, sept ans, avec tous les bouleversements que cela entraîne chez ce jeune homme de 24 ans, mais aussi chez cette petite fille.

Nul autre que Mikhaël Hers est à ce point capable de capturer le Paris contemporain. Avec sa patine argentique et ses couleurs fanées, Amanda montre une capitale fragilisée par les attentats, comme si ses habitants marchaient sans cesse sur un fil. Plus ancré dans le présent et le quotidien que ses précédents films, Amanda foudroie le coeur à chaque instant et rappelle parfois le somptueux Ponette (1996) de Jacques Doillon. On s’attache immédiatement aux personnages, dont la jeune Isaure Multrier, étonnante, spontanée et très prometteuse dans le rôle-titre. Bouleversant, et pourtant solaire, optimiste et sans aucun misérabilisme, Amanda fait partie de ces films qui ont la grâce, qui restent dans la tête et dont les personnages reviennent fréquemment en mémoire avec l’envie de savoir ce qu’ils sont devenus.

LE DVD

Le test du DVD d’Amanda, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

A l’instar des suppléments de Ce sentiment de l’été, l’interactivité présente sur le DVD d’Amanda se résume à peu de choses.

On appréciera la vidéo du casting d’Isaure Multrier (7’30), où la petite de 9 ans fait déjà preuve d’une étonnante maturité. Ce module montre également la première fois où Isaure donne la réplique à Vincent Lacoste.

La musique a toujours tenu une place importante dans l’oeuvre de Mikhaël Hers. L’éditeur propose d’écouter la bande-originale signée Anton Sanko, ainsi qu’un titre inédit de Jarvis Cocker, Elvis has left the building (23’30).

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces, dont celle du Festival International du film de Bordeaux, réalisée par Mikhaël Hers pour l’édition 2016.

L’Image et le son

Amanda bénéficie d’un transfert suffisamment propre et clair, correspondant à la découverte du film dans les salles. Visiblement filmé avec les éclairages naturels, la colorimétrie se révèle volontairement terne voire parfois délavée, et le manque de définition est aussi aléatoire qu’inhérent aux conditions des prises de vue. Les contrastes sont soit trop appuyés soit trop légers, les visages manquent de précision, tout comme le piqué trop émoussé. Les volontés artistiques du réalisateur, avec un grain plus ou moins appuyé, sont donc bien restituées…

S’il ne fait pas d’esbroufe inutile, le mixage Dolby Digital 5.1 demeure néanmoins timide sur les latérales. Cela est d’autant plus dommage que la musique est assez présente dans Amanda et qu’on pouvait s’attendre à une spatialisation agréable. Si les surround déçoivent même pour ce qui concerne le rendu des ambiances naturelles, les frontales sont en revanche dynamiques, les dialogues sont solidement posés sur la centrale. Pour des conditions de visionnage parfaites, optez néanmoins pour la stéréo, beaucoup plus fluide et homogène que son homologue 5.1 avec une balance gauche-droite ardente et un rendu musical actif. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Nord-Ouest Films / Pyramide Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr




Test DVD / Le Dossier Mona Lina, réalisé par Eran Riklis

LE DOSSIER MONA LINA (Shelter) réalisé par Eran Riklis, disponible en DVD le 7 novembre 2018 chez Pyramide Vidéo

Acteurs : Golshifteh Farahani, Neta Riskin, Yehuda Almagor, Doraid Liddawi, David Hamade, August Wittgenstein, Mark Waschke, Haluk Bilginer…

Scénario : Eran Riklis d’après la nouvelle The Link de Shulamith Hareven

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Mona, libanaise, est soupçonnée par le Hezbollah d’être une informatrice des services secrets israéliens. Craignant qu’elle soit démasquée, le Mossad l’exfiltre vers l’Allemagne et lui fait changer de visage. Pendant deux semaines, le temps de se remettre de son opération, ils la cachent dans un appartement à Hambourg. Naomi, agent du Mossad, est chargée de lui tenir compagnie et de la protéger. Mais le Hezbollah est à la poursuite de Mona et la planque ne s’avère pas aussi sûre que prévu…

Révélé en 2004 avec La Fiancée syrienne, le scénariste, producteur et réalisateur israélien Eran Riklis confirme la force et la singularité de son cinéma avec Shelter, titre international du Dossier Mona Lina. Film de femmes, huis clos, quasi-théâtral dans son dispositif, le dernier opus du cinéaste qui nous avait tant émus avec le magnifique Les Citronniers en 2008 vaut surtout pour le remarquable et intense face à face entre deux grandes comédiennes, Golshifteh Farahani et Neta Riskin. En dehors de cela, Le Dossier Mona Lina pèche par son scénario somme toute classique et finalement peu marquant, mais l’immense qualité de l’interprétation et la rigueur de la mise en scène l’emportent haut la main.

Lauréat d’un Ophir en 2010, équivalent des César français pour le cinéma israélien, pour son film Le Voyage du directeur des ressources humaines, Eran Riklis a souvent été porté et inspiré par les personnages féminins. Le Dossier Mona Lina confronte deux femmes, une ex-espionne au service d’Israël, une agente du Mossad chargée de sa protection. Deux mondes différents, deux cultures, deux parcours. Enfermées dans un appartement en Allemagne, Mona et son ange-gardien Naomi vont tisser des liens dans un environnement chaotique de guerre et d’incompréhension.

Le Dossier Mona Lina est un vrai film d’espionnage, mais on est ici beaucoup plus proche de l’univers de John le Carré que de James Bond. A part un ou deux règlements de comptes, le film repose sur les dialogues, sur la suspicion, le doute, l’échec également. Rien n’est gagné d’avance, la peur est omniprésente malgré tous les moyens mis en œuvre pour protéger la personne en danger. Golshifteh Farahani, visage recouvert de bandages, laisse pourtant transparaître la fatigue et l’angoisse de son personnage. Ses yeux en amande soulignés de cernes foudroient une fois de plus, faisant d’elle l’une des comédiennes les plus précieuses du moment. Néanmoins et une fois n’est pas coutume, elle se fait voler la vedette par Neta Riskin, actrice israélienne vue dans Une histoire d’amour et de ténèbres de Natalie Portman, véritable révélation du film. Son personnage à fleur de peau se révèle bien plus attachant que Mona, à mesure qu’elle se révèle par strates auprès de cette dernière.

Prisonnier de ses partis pris, Eran Riklis parvient tout de même à rendre ses protagonistes intéressants, en jouant sur les apparences et selon lui qui « oscillent en permanence entre confiance et défiance, honnêteté et duperie, loyauté et trahison ». La relation trouble entre Mona et Naomi insuffle au film son rythme, sa force et son énergie. Tout ce qui entoure les deux femmes apparaît finalement secondaire, malgré un dernier acte en extérieur plus animé et qui réintroduit l’intrigue au coeur même du domaine qu’il abordait dans son introduction.

Eran Riklis aime le thriller et les films à suspense, ses précédents longs métrages en témoignaient déjà, et le réalisateur aborde ici frontalement le genre qui a toujours coulé dans les veines de ses œuvres passées, même si cela est moins organique que l’iranien Asghar Farhadi. Le Dossier Mona Lina n’est certes pas le plus grand film de son auteur, et sous ses allures froides voire glacées s’avère l’un de ses plus accessibles.

LE DVD

Le test du DVD du Dossier Mona Lina, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Aux côtés d’un lot de bandes-annonces, l’éditeur joint un making of (23’), composé d’images classiques de tournage et d’interviews de l’équipe. La parole est monopolisée par le réalisateur, tandis que Golshifteh Farahani s’exprime visiblement sur Skype. Les intentions, les partis pris, les thèmes et la psychologie des personnages sont abordés de façon posée et très instructive.

L’Image et le son

Pyramide Vidéo nous a concocté un très beau master du Dossier Mona Lina. La colorimétrie est habilement restituée, la clarté est de mise, le cadre large bien exploité. On excuse de sensibles pertes de la définition sur certains plans, dénaturant quelque peu le piqué, puisque la copie demeure solide et permet de revoir le film d’Eran Riklis dans d’excellentes qualités techniques.

Le confort acoustique est largement assuré grâce aux mixages français et multilingue Dolby Digital 5.1. Les dialogues sont solidement plantés sur la centrale et la balance frontale est fluide et limpide. Les plages de silence sont impressionnantes, les ambiances naturelles ne sont pas oubliées (voir la scène où Naomi entend tous les bruits environnants, les sirènes, le métro, la circulation) et les effets annexes sont délicats mais bien présents. Les deux pistes Stéréo sont également de fort bon acabit et contenteront largement ceux qui ne seraient pas équipés sur les enceintes latérales. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Pyramide DistributionCaptures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / La Fête est finie, réalisé par Marie Garel-Weiss

LA FÊTE EST FINIE réalisé par Marie Garel-Weiss, disponible en DVD le 21 août 2018 chez Pyramide Vidéo

Acteurs : Zita Hanrot, Clémence Boisnard, Marie Denarnaud, Christine Citti, Pascal Rénéric, Michel Muller, Inès Fehner, Noémie Rosset…

Scénario : Marie Garel-Weiss, Salvatore Lista

Photographie : Samuel Lahu

Musique : Pierre Allio, Ferdinand Berville

Durée : 1h29

Année de sortie : 2018

LE FILM

L’histoire d’une renaissance, celle de Céleste et Sihem. Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, elles vont sceller une amitié indestructible. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Le vrai combat commence alors, celui de l’abstinence et de la liberté, celui vers la vie.

La Fête est finie est le premier long métrage de Marie Garel-Weiss, scénariste de talent à qui l’on doit les histoires d’Atomik Circus – Le retour de James Bataille (2004), Propriété interdite (2011), Goal of the Dead (2014) et Alone (2015), quatre films de genre particulièrement ambitieux et qui se démarquent dans le panorama cinématographique français. Après deux courts-métrages, La vie de garçon (2003) et Progéniture (2006), Marie Garel-Weiss passe le cap du «grand format » avec un projet très personnel, puisque constitué d’éléments autobiographiques. La Fête est finie est un film qu’elle a porté jusqu’au bout, dans lequel elle plonge ses deux magnifiques actrices principales, Zita Hanrot et Clémence Boisnard, dans un centre de désintoxication. Les règles de fonctionnement y sont évidemment très strictes, le sevrage très difficile et les deux jeunes femmes se serrent les coudes dans cette épreuve. Mais cette alchimie, cette fusion peut être aussi néfaste que la dépendance qui les a amenées à se rencontrer. La Fête est finie révèle une nouvelle cinéaste à suivre de près, animée par une rage qui enflamme l’écran.

Marie Garel-Weiss a connu la vie dans un centre d’aide et de prévention des toxico-dépendances, les thérapies de groupe, l’identification entre patients, l’entraide. De son propre aveu, ce séjour forcé l’a même sauvé à un moment très critique de sa vie. Avec sa mise en scène heurtée caméra à l’épaule et souvent très proche des comédiennes principales, La Fête est finie est parfois très proche du documentaire. Le spectateur s’attache très vite à ces deux âmes perdues, Sihem et Céleste. La première est incarnée par Zita Hanrot, merveilleuse révélation (et César du Meilleur espoir) de Fatima de Philippe Faucon, vue depuis dans le génial K.O. de Fabrice Gaubert. Sa partenaire, Clémence Boisnard, repérée au cours d’un casting sauvage en boîte de nuit explose littéralement ici. La jeune femme, magnétique, avait déjà fait quelques apparitions au cinéma dans Gare du Nord de Claire Simon et dans Django d’Etienne Comar. Son charisme, son naturel, sa force et son talent laissent pantois.

Marie Garel-Weiss agrippe immédiatement le spectateur en montrant Céleste, 19 ans, paumée, visiblement en manque, cherchant du fric partout dans la rue en demandant aux passants et aux automobilistes. Un accident la conduit alors devant un médecin, interprété par un étonnant Michel Muller. On apprend que Céleste se drogue et boit depuis l’âge de 14 ans. Alcool, shit, colle sniffée, benzodiazépines, tout y passe. Elle débarque dans un centre de désintoxication où elle rencontre Sihem, de sept ans son aînée. Loin des clichés sur la dépendance, Marie Garel-Weiss nous dresse le portrait de ces deux solitudes qui se confrontent, s’observent, se rapprochent, pour finalement arriver à un point où elles ne pourront plus se passer l’une de l’autre, comme une nouvelle drogue. Jusqu’à ce qu’un médecin leur indique qu’elles risquent de rechuter si elles restent ensemble. La vie « peinée » des anges en quelque sorte et non pas rêvée comme le film d’Erick Zonca auquel on peut évidemment penser avec ce fiévreux binôme.

La Fête est finie est la résultante de tempéraments et de talents, qui additionnés forment un magma de tension et d’émotions qui emportent et remuent le spectateur du début à la fin, en évitant tout pathos et misérabilisme, porté par un espoir et un optimisme qui font du bien dans le cinéma hexagonal. Un vibrant hymne à la vie très justement récompensé par le Prix du Public et le Double-Prix d’interprétation féminine au Festival de St Jean de Luz 2017.

LE DVD

Le test du DVD de La Fête est finie, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

La réalisatrice Marie Garel-Weiss est tout d’abord seule en piste afin d’évoquer son parcours, la genèse, l’écriture du scénario, le casting et les conditions de tournage de La Fête est finie (11’). L’intéressée indique que ce film a été conçu dans un besoin vital, un projet qu’elle a voulu absolument réaliser elle-même, d’autant plus que l’histoire s’inspire en grande partie de sa propre histoire. L’itinéraire des deux personnages est analysé. La cinéaste évoque également quelques-unes de ses références, comme Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg, Moi, Christiane F. ..13 ans, droguée et prostituée d’Eli Udel et Requiem for a Dream de Darren Aronofsky.

Pour le second entretien, la réalisatrice est rejointe par ses deux comédiennes principales Clémence Boisnard et Zita Hanrot (12’). Les actrices expliquent comment se sont déroulés leurs essais, reviennent sur leur collaboration avec Marie Garel-Weiss et comment elles ont abordé leur personnage.

L’interactivité se clôt sur une dizaine de scènes coupées (10’30). Certaines de ces séquences (non mixées et non étalonnées) sont très belles, notamment une scène d’adieux déchirante entre Céleste et sa mère.

L’Image et le son

Le master renvoie aux conditions de tournage et au budget limité. La caméra colle aux actrices avec un style parfois heurté, les flous ne sont donc pas rares, le piqué forcément aléatoire, tout comme la définition dans son ensemble. Les couleurs sont froides, les contrastes corrects, même si les scènes sombres et nocturnes manquent cruellement de détails.

Autant prévenir d’emblée que ce n’est pas avec La Fête est finie que vous pourrez faire une petite démonstration acoustique. Le mixage Dolby Digital 5.1 apparaît donc anecdotique, d’autant plus que la spatialisation manque d’envergure avec peu d’ambiances naturelles et d’effets annexes. L’ensemble se concentre essentiellement sur la scène frontale. Si les dialogues sont clairs et nets, n’hésitez pas à opter directement pour la piste Stéréo, dynamique, riche et nettement suffisante pour un film de cet acabit. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Pyramide Distribution / Pyramide Vidéo Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Petit paysan, réalisé par Hubert Charuel

PETIT PAYSAN réalisé par Hubert Charuel, disponible en DVD et Blu-ray chez Pyramide Vidéo le 9 janvier 2018

Avec :  Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Isabelle Candelier, Bouli Lanners, Valentin Lespinasse, Clément Bresson…

Scénario : Claude Le Pape, Hubert Charuel

Photographie : Sébastien Goepfert

Musique : Myd

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

On ne l’avait pas vu arriver, et pourtant Petit paysan est l’un des meilleurs films de 2017. Venu tout droit de la Haute-Marne, le réalisateur Hubert Charuel, né en 1985, est fils d’agriculteurs. Il grandit entouré d’animaux et travaille dans le secteur de l’élevage laitier, avant de s’orienter vers des études de cinéma. Ses excellents courts-métrages, Diagonale du vide (2011), son film de fin d’études et K-nada (2015), primé au Festival Premiers Plans d’Angers, montrent son attachement pour sa région et traite des rêves des jeunes de sa génération, tandis que son troisième court-métrage Fox-Terrier (2016), dévoile plutôt son amour pour le cinéma de genre puisqu’il s’agit d’un vrai petit thriller rural se déroulant dans le milieu de la chasse. Pour son premier long métrage Petit paysan, Hubert Charuel condense tous ces éléments pour livrer un intense et grand drame teinté de polar, magnifiquement interprété.

A 35 ans, Pierre, paysan, gère seul un troupeau de vaches laitières dans l’ancienne ferme de ses parents. Un jour, il sollicite sa sœur, vétérinaire, pour obtenir son avis sur une vache dont le comportement lui semble anormal. Est-ce le début inquiétant d’une série ? Ou bien, comme lui dit sans hésitation sa sœur, la vache n’a-t-elle absolument rien d’anormal ? A l’heure où des troupeaux entiers sont abattus en raison de la maladie belge, la FHD (fièvre hémorragique dorsale), il se rend compte que la vache auscultée commence à suer du sang. Malgré son attachement et même son amour pour la bête, Pierre, voulant sauver le reste du troupeau, décide de la tuer durant la nuit, puis l’enterre en y mettant le feu. Mais quelques jours après une autre vache présente les mêmes symptômes. Pierre entre alors dans une spirale infernale.

Diplômé de la Fémis, Hubert Charuel signe un véritable coup de maître avec Petit paysan. Depuis plus de dix ans, le comédien Swann Arlaud, né en 1981 a su se faire remarquer dans des œuvres aussi variées sur Les Ames grises d’Yves Angelo (2005), Le Temps des porte-plumes (2006), Le Bel Age de Laurent Perreau (2009), Les Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris (2010), Michael Kohlhaas d’Arnaud des Pallières (2013) ou bien encore dernièrement dans Une vie de Stéphane Brizé (2016). Il obtient enfin pour la première fois le premier rôle dans Petit paysan et foudroie le spectateur par son talent, son charisme magnétique et sa force digne d’un Patrick Dewaere. A fleur de peau, le personnage se retrouve piégé par ses propres stratagèmes pour maintenir son cheptel d’une trentaine de vaches qui répondent aux doux noms de Cactus, Griotte, Verdure… Comme il le dit lui-même à sa sœur, Pierre, solitaire, ne « sait faire que ça » et sa vie n’aurait plus de sens si son troupeau devait être abattu.

Tourné dans la véritable ferme familiale à Droyes, situé entre Reims et Nancy, Petit paysan est autant un thriller paranoïaque qu’un drame psychologique. Swann Arlaud s’est minutieusement préparé pour assimiler les gestes du quotidien et les séquences où son personnage s’occupe de ses animaux sont empreints d’une dimension documentaire. A l’heure où nous ne connaissons pas encore les nominations pour la prochaine cérémonie des César, espérons que l’académie saura récompenser le comédien en le nommant dans la catégorie Meilleur acteur, pour laquelle il mérite d’ailleurs d’obtenir le Saint Graal. N’oublions pas ses partenaires, Isabelle Candelier, India Hair, Marc Barbé, Bouli Lanners et surtout Sara Giraudeau. Hubert Charuel rend hommage à sa famille, d’ailleurs ses parents et son grand-père apparaissent dans le film, à ce métier qui aurait pu être le sien, à l’investissement de ceux qui lui ont donné la vie, à leur courage et à l’investissement personnel que cela leur a coûté chaque jour.

Inspiré par la crise de la vache folle dans les années 1990, Petit paysan rend compte du lien unique entre l’exploitant agricole et son bétail, à travers un récit anxiogène bourré de tension du début à la fin, d’émotions (le vêlage filmé en temps réel !) et d’humour noir. Une des grandes révélations de 2017.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Petit paysan, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Un petit making of de 12 minutes, donne la parole au réalisateur Hubert Charuel, aux comédiens Swann Arlaud et Sara Giraudeau, ainsi qu’aux parents et au grand-père du metteur en scène, le tout illustré par des images de tournage. Hubert Charuel revient sur la genèse de son premier long métrage, ses intentions, l’écriture du scénario, les partis pris, tandis que les acteurs abordent leur préparation et la complexité des prises de vue avec les animaux, notamment la scène du vêlage qui a nécessité trois nuits blanches consécutives. La famille du réalisateur évoque le choix d’Hubert Charuel d’avoir voulu embrasser une carrière cinématographique, plutôt que d’avoir repris l’exploitation agricole.

Ne manquez pas les trois courts-métrages d’Hubert Charuel également disponibles en bonus, qui démontrent un vrai talent pour la direction d’acteur, le goût d’ancrer les histoires à la campagne, de peindre le portrait d’une jeune génération paumée au milieu de nulle part, entre rire (pour le premier film) et mélancolie (le second), sans oublier une affection pour le genre comme le montre le troisième film :

Diagonale du vide (24’ – 2011) : Laurent et Gavroche, tous deux âgés de dix-sept ans, ont deux jours pour trouver du shit pour une grosse fête. Problème, il y a eu une grosse saisie et c’est la pénurie.

K-nada (22’ – 2015) : Deux frères que tout oppose, sont paumés sur la route de leurs rêves un peu absurdes. Dans deux jours, ils doivent se rendre à Amsterdam. Greg pour un concours de DJing, Valentin pour en ramener des kilos de marijuana. Film récompensé par le Prix CCAS au Festival Premiers Plans d’Angers.

Fox-Terrier (14’ – 2016) : Daniel et Cajou, son fox-terrier à trois pattes, retrouvent Hervé à la chasse. Cajou, il a trois pattes à cause de Francis, le fils de Gilles.

L’Image et le son

Nous ne nous attendions pas un master aussi beau. Le film d’Hubert Charuel, composé essentiellement de plans larges et de gros plans sur les visages des comédiens, est magnifiquement restitué grâce à un transfert de haute volée. Le piqué est minutieux, les détails fourmillent, le cadre large est magnifique et la colorimétrie intense avec un mixe de teintes chatoyantes et de gammes froides. Les contrastes sont denses et tranchants, la clarté éloquente. Ce master de Petit paysan tient toutes ses promesses et offre des conditions optimales au spectateur pour se replonger dans l’ambiance du film.

Certes ce n’est pas avec Petit paysan que vous réaliserez une démonstration acoustique, mais tout de même ! On ne s’attendait pas à un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 aussi percutant dans son rendu des dialogues et de la musique de Myd dont certains pics donnent beaucoup de frissons. A ce moment-là, la spatialisation est ardente, le caisson de basses souligne la partition tandis que divers effets naturels savent plonger délicatement mais sûrement le spectateur dans l’atmosphère du film grâce à un usage intelligent des enceintes latérales. Même chose pour le mixage Stéréo, frontal par définition, les plages de silence sont particulièrement limpides et la balance gauche-droite savamment équilibrée. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Pyramide Distribution Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test DVD / Une vie violente, réalisé par Thierry de Peretti

UNE VIE VIOLENTE réalisé par Thierry de Peretti, disponible en DVD chez Pyramide Vidéo le 2 janvier 2018

Avec :  Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto, Marie-Pierre Nouveau, Délia Sepulcre-Nativi…

Scénario : Thierry de Peretti, Guillaume Bréaud

Photographie : Claire Mathon

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane, étudiant en sciences politiques, décide de retourner en Corse pour assister à l’enterrement de son ami d’enfance, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et à la clandestinité…

En 2013, Les Apaches sort sur les écrans. Une bombe, un coup d’essai et véritable coup de maître ! Egalement acteur – on l’a vu dans Ceux qui m’aiment prendront le train et De la guerre – et metteur en scène de théâtre, Thierry de Peretti a d’abord fait ses classes derrière la caméra avec un court-métrage impressionnant, Le Jour de ma mort (2006), et un moyen-métrage intitulé Sleepwalkers (2011). Les Apaches, son premier long métrage, s’inspirait d’un fait divers sanglant qui avait secoué la Corse. Trois jeunes sans histoire avaient tué un autre de sang-froid, par peur qu’il les dénonce aux autorités, après avoir dérobé des fusils dans une villa de Porto Vecchio. Ils s’étaient ensuite débarrassés du corps en l’enterrant dans le maquis. « Peu de films racontent la Corse d’aujourd’hui. Je voulais écrire des petites choses sur ce que les gens vivent, je trouvais que cette île avait échappé au cinéma. La Corse est un endroit compliqué, meurtri, offensé, où le tourisme de masse a généré envie et frustration », déclarait le cinéaste à la sortie des Apaches. Pour Une vie violente, son deuxième film, Thierry de Peretti se penche une fois de plus sur le rapport à la violence, la question du meurtre, de l’héritage, du désir de posséder, sur les raisons qui conduisent au nationalisme et parfois à commettre l’irréparable sous un soleil de plomb (ou dans des ruelles très sombres), non loin des plages bondées de touristes friqués.

Depuis qu’elle a été vendue par la République de Gênes à la France en 1768, la Corse a été traversée par des vagues de contestations nationalistes. Elles atteignent leur apogée avec le passage à la lutte armée en 1976. Le nationalisme parcourt et divise la société corse. Une partie de la jeunesse s’y projette. Dans les années 1990, le FLNC (Front de libération nationale corse) éclate en deux branches. C’est le début de la guerre fratricide qui plonge la Corse dans un climat de confusion politique et de violence. La grande criminalité prospère. Des mouvements dissidents apparaissent. Ces forces entraînent avec elles une nouvelle génération de jeunes Corses.

Mené par un casting de jeunes comédiens non professionnels mais excellemment dirigés, Une vie violente fait preuve une nouvelle fois de la maturité indiscutable de son auteur, avec une violence rentrée, sèche et brutale, une abondance de dialogues coups de poing qui ne cessent d’impressionner. A ce titre, c’est le personnage de Stéphane, interprété par Jean Michelangeli, inspiré par le jeune militant nationaliste Nicolas Montigny, assassiné à Bastia en 2001, qui est fascinant. Le réalisateur ne recherche pas d’empathie et le lien avec le spectateur peut se faire difficilement, d’autant plus que le récit paraît souvent hermétique. Néanmoins, la hargne qui contraste avec le désir d’apaisement, imprègne le film du début à la fin et c’est ce qui rend le film passionnant.

Ayant grandi à Porto Vecchio, Thierry de Peretti parvient à saisir la réalité de la Corse. Ce portrait choquant, âpre, sans fards d’une jeunesse prise en étau entre un archaïsme ancestral ancré dans la terre de l’Ile de Beauté et une société en pleine mutation, prend souvent à la gorge et présente le verso de l’habituelle Corse « carte postale ». Si les enjeux politiques et narratifs diffèrent par rapport au premier film et que le récit puise également sa source dans des événements réels comme l’indiquent plusieurs cartons en introduction, Une vie violente est une œuvre plus étendue, géographiquement parlant, de Paris à la Corse, mais également du point de vue cinématographique puisque le réalisateur donne plus d’ampleur à son histoire. On pense alors à certaines fresques, notamment Nos meilleures années de Marco Tullio Giordana où les histoires personnelles se retrouvent imbriquées dans la grande Histoire, où le passé contamine et hante le présent. Gomorra de Matteo Garrone (2008) n’est pas loin non plus en ce qui concerne la forme.

Drame social, thriller politique, engagé, western moderne très immersif et réaliste qui convoque même parfois la tragédie antique, Une vie violente est une des œuvres les plus percutantes et saisissantes de 2017.

LE DVD

Le test du DVD d’Une vie violente, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Cette édition comporte deux disques. Le menu principal est animé et musical sur le premier DVD, fixe et muet sur le second.

Sur la première galette, l’éditeur propose tout d’abord sept scènes coupées (16’). Probablement coupées au montage pour des raisons de rythme, ces scènes prolongent quelques discussions et débats, montrent un « dîner des chefs », Stéphane à Aix-en-Provence dans sa chambre d’étudiant, Gérard en prison, ou bien encore Stéphane qui se fait recadrer lors de son voyage en ferry.

Nous trouvons ensuite un making of conséquent de 50 minutes, constitué d’images volées sur le plateau, où le réalisateur Thierry de Peretti travaille et répète avec ses comédiens non-professionnels durant quelques ateliers qu’il a mis en place quelques mois avant le tournage. L’occasion de voir le metteur en scène aller étape par étape avec ses acteurs, parfois avec difficulté, mais sans jamais perdre patience, vers ce qu’il souhaite leur faire exprimer face à la caméra. Parfois, les images sont filmées de loin, ou carrément dans la pénombre avec un son inaudible, ce qui n’empêche pas d’apprécier ce documentaire intimiste, d’autant plus que Thierry de Peretti intervient plusieurs fois sur la genèse, les thèmes d’Une vie violente et ses intentions. Ce module se clôt sur la présentation du film aux spectateurs corses.

Le deuxième DVD comprend le documentaire intitulé Lutte jeunesse (55’). Il s’agit en réalité des essais réalisés afin de trouver le jeune comédien non-professionnel pour incarner le personnage principal d’Une vie violente. Suite à la publication d’une petite annonce qui indiquait que la production cherchait un jeune homme entre 25 et 30 ans pour un film, avec ou sans expérience, le réalisateur a dû faire son choix entre plusieurs candidats qui lui ont envoyé chacun une petite vidéo de deux minutes, dans laquelle ils indiquaient leurs motivations. Lutte jeunesse compile certaines interventions et rencontres plus longues avec Thierry de Peretti et sa directrice de casting Julie Allione. A travers ces témoignages sur leur enfance et adolescence, le portrait d’une génération se dessine. Certains vivent encore avec des images qui les ont traumatisés ou marqués, d’autres essayent de reprendre leur vie en main, d’autres encore se souviennent d’un ami ou d’un membre de leur famille qui a été assassiné. Ils donnent également leur avis sur le nationalisme, parlent de la violence, de leur attachement à la Corse, de l’importance de la langue. Un véritable prolongement à Une vie violente que nous vous conseillons fortement.

L’Image et le son

Pyramide Vidéo livre un joli master d’Une vie violente, restituant habilement la photographie élégante du film signée Claire Mathon. La chef opératrice de Rester vertical et de Mon roi privilégie les teintes chaudes et naturelles, la clarté reste de mise, le relief est agréable et les détails précis. Les contrastes sont légers, les séquences sombres sont aussi fluides et définies que les scènes diurnes, le piqué est suffisamment vif, les noirs denses et l’encodage demeure solide jusqu’à la fin malgré quelques séquences plus ternes.

Le mixage original Dolby Digital 5.1 est plutôt immersif et permet au spectateur de plonger dans le maquis. Les voix sont d’une précision sans failles sur la centrale, la balance frontale est constamment soutenue. La piste Stéréo devrait satisfaire ceux qui ne seraient pas équipés sur les enceintes arrière. Notons que l’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Pyramide Distribution /  Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr