Test Blu-ray / Cours privé, réalisé par Pierre Granier-Deferre

COURS PRIVÉ réalisé par Pierre Granier-Deferre, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 19 janvier 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Elizabeth Bourgine, Michel Aumont, Xavier Deluc, Sylvia Zerbib, Emmanuelle Seigner, Lucienne Hamon, Pierre Vernier, Rosine Rochette, Guillaume de Tonquédec, Sandrine Kiberlain…

Scénario : Jean-Marc Roberts, Pierre Granier-Deferre & Christopher Frank

Photographie : Robert Fraisse

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Jeanne Kern est enseignante dans un cours privé mixte. Elle est jeune, jolie et le sait. Tout le monde est attiré par elle; des élèves aux professeurs jusqu’au directeur, Monsieur Ketti. Un jour, une lettre anonyme parvient sur le bureau de Ketti, mettant en cause Jeanne d’une manière on ne peut plus claire, par des allusions précises sur son anatomie intime et l’usage qu’elle en fait. Les lettres se succèdent et bientôt, ce sont des photos qui inondent l’établissement. Tout le monde en reçoit: le directeur, les professeurs, les parents. Elles représentent une « soirée spéciale » au cours de laquelle de très jeunes personnes font l’amour…

Si on l’a souvent vue à la télévision, notamment dans Meurtres au paradis depuis une dizaine d’années, la divine Élizabeth Bourgine, Prix Romy-Schneider en 1985, a su marquer moult spectateurs dans Vive la sociale ! (1983) de Gérard Mordillat (nommée pour le César du meilleur espoir féminin), mais surtout dans La Septième Cible (1984) de Claude Pinoteau (nommée de nouveau, mais au César de la meilleure actrice dans un second rôle), où elle incarnait la fille de Lino Ventura et sans doute encore plus dans Cours privé de Pierre Granier-Deferre. Sorti sur les écrans français en novembre 1986, ce dernier reste tout d’abord célèbre pour son affiche d’exploitation qui avait fait couler beaucoup d’encre, celle où la comédienne apparaît de trois-quarts dos, quasi-nue, seulement vêtue d’un serre-taille rouge. Un visuel sulfureux et excitant qui avait évidemment de quoi titiller la curiosité du public. Alors que Jean de Florette venait de cartonner, que Manon des sources se profilait, que Top Gun remplissait les salles et Cobra avec Stallone le tiroir-caisse de la Warner, Cours privé parvenait à attirer près de 600.000 curieux. Réalisateur d’immenses succès populaires tels que La Horse, Adieu poulet, La Veuve Couderc, Le Chat, Le Train, Une femme à sa fenêtre, Le Toubib, Pierre Granier-Deferre démarre les années 1980 en dirigeant encore et toujours les plus grands du cinéma hexagonal, de Michel Piccoli (Une étrange affaire) à Philippe Noiret (L’Étoile du Nord, L’Ami de Vincent) en passant par Jean-Louis Trintignant (L’Homme aux yeux d’argent). Dans Cours privé, le cinéaste donne pour ainsi dire le rôle de sa vie à son actrice principale, Élizabeth Bourgine, quasiment de toutes les scènes, de tous les plans, avec laquelle il collaborera encore deux fois par la suite, dans Noyade interdite (1987) et La Couleur du vent (1988). Hypnotique, troublant, Cours privé annonce, et ce bien avant l’avènement des réseaux sociaux, comment une personne peut devenir la cible de rumeurs et d’accusations, ici une jeune enseignante sexy, qui détonne dans son environnement professionnel. Quelques problèmes de rythme, mais le film demeure aussi efficace que mémorable.

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Test Blu-ray / 99 femmes, réalisé par Jess Franco

99 femmes (Der heiße Tod) réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 17 mai 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Maria Schell, Herbert Lom, Mercedes McCambridge, Luciana Paluzzi, Maria Rohm, Rosalba Neri, Elisa Montés, Valentina Godoy…

Scénario : Jess Franco, Carlo Fadda, Milo G. Cuccia, Peter Welbeck & Javier Péres Grober

Photographie : Manuel Merino

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Des jeunes femmes sont envoyées au pénitencier Castillo de la muerte, au milieu du Pacifique, dirigé de main de fer par la directrice Diaz, qui n’hésite pas à abuser sexuellement des prisonnières. Marie, le numéro 99, est sa proie favorite. Mais devant la série de morts inexpliquées au sein de l’île, le gouvernement diligente une enquête. La jeune inspectrice Léonie est chargée de faire un rapport.

1969 est certes l’année érotique comme le chantaient Serge Gainsbourg et Jane Birkin, mais aussi celle où Jess Franco livrait quelques-uns de ses meilleurs crus comme Sumuru, la cité sans hommes, Le Trône de feu The Bloody Judge, tandis que certains pays pouvaient déjà découvrir Justine ou les Infortunes de la vertu. Un autre opus tourné à cette période sort également du lot, Les Brûlantes ou L’Amour dans les prisons de femmes (agrémenté d’inserts pornographiques en France), 99 Mujeres ou tout simplement 99 femmes pour l’exploitation vidéo-DVD du film, son premier long-métrage catégorisé Women In Prison. Le réalisateur espagnol y reviendra souvent, avec Des femmes pour le bloc 9 Frauen für Zellenblock 9 ou bien encore Quartier de femmes Los amantes de la isla del diablo. Pour ses débuts dans ce sous-genre du cinéma Bis, Jess Franco s’en sort formidablement et l’on suit avec autant de plaisir déviant qu’un réel intérêt cinéphile ces prisonnières qui subissent des sévices dégradants et qui décident à un moment donné de se rebeller, dans l’espoir de se sortir de leurs conditions. Évidemment, 99 femmes repose sur un casting essentiellement féminin composé de magnifiques créatures, Maria Schell (Le Trône de feu, Le Diable par la queue, Nuits blanches, Gervaise, La Ruée vers l’ouest), Maria Rohm (Venus in Furs, Justine ou les infortunes de la vertu, Les Inassouvies, L’Appel de la forêt), Elisa Montes (Django, ne prie pas, Texas Adios), Luciana Paluzzi (Opération Tonnerre, Le Vice et la vertu) et surtout Rosalba Neri. Cette dernière, comme elle l’avait précédemment fait dans Pas de roses pour O.S.S. 117 d’André Hunebelle, Furie au Missouri d’Alfonso Brescia, Opération Re Mida (Lucky l’intrépide) de Jess Franco, Hercule contre les vampires de Mario Bava, et le fera encore par la suite dans Les Vierges de la pleine lune de Luigi Batzella et A la recherche du plaisir de Silvio Amadio, crève l’écran de sa beauté animale et Jess Franco l’a bien compris en la mettant en valeur à chaque apparition. On ne s’en lasse pas.

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Test Blu-ray / Draguse ou la manoir infernal, réalisé par Patrice Rhomm

DRAGUSE OU LE MANOIR INFERNAL réalisé par Patrice Rhomm, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Monica Swinn, Olivier Mathot, Claudine Beccarie, Sylvia Bourdon, Erika Cool, Gilbert Servien, Danièle Nègre, Martine Fléty…

Scénario : Patrice Rhomm & Eric de Winter

Photographie : Johan Vincent

Musique : Albert Assayag & Jean Fenol

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Spécialiste du roman historique, David Leger, un écrivain dont les tirages baissent, se voit contraint d’accepter de rédiger un best seller érotique. Il voit se matérialiser chaque nuit toutes les perversions lubriques dont son cerveau devient la proie. Des créatures diaboliques et perverses sont les héroïnes de ses fantasmes et lui ouvrent les portes de l’enfer.

Né en 1931, Patrice Rondard alias Patrice Rhomm, démarre sa carrière de façon « soft » en écrivant le scénario de Banco à Bangkok pour OSS 117 (1964) d’André Hunebelle. A la fin des années 1960, attiré par le genre, il écrit l’histoire de l’excellent Au service du diable (1971) de Jean Brismée. Le cinéma érotique et pornographique explose au cinéma. Sous le nom de Patrice Rhomm, Mark Stern, Mike Starr ou d’Homer Bingo, Patrice Rondard s’engouffre dans la brèche (amis de la poésie…) et passe derrière la caméra pour L’Archisexe (1975). Suivront les légendaires La Grande extase (1976), avec l’incroyable Marie-Christine Guennec et Elsa Fräulein SS (1977), le second restant l’un des fleurons de la nazisploitation d’Eurociné avec Malisa Longo. Mais juste avant, le sieur Rhomm signait son deuxième long-métrage, Draguse ou le manoir infernal. Euh euh euh euh, comment dire eeeeeeeuh… (Tout chez moi l’habite, Richard Gotainer), comment parler de cet opus pour ainsi dire inclassable, qui contient son lot de scènes érotiques, voire pornographiques, qui convoque divers éléments fantastiques, une petite touche de nazisploitation (on y baise en uniforme SS, en respectant le rythme imposé par le pas de l’oie, devant une croix gammée, en écoutant un chant nazi) et même un soupçon de film à sketches et de documentaire…Draguse ou le manoir infernal est un Objet Filmique Non Identifié, qui parvient à contenter les hormones des bouffeurs de péloches déviantes et ceux qui recherchent ce petit truc en plus, en l’occurrence ici un témoignage, non seulement sur un Paris révolu, mais aussi sur le cinéma d’exploitation avec quelques belles images sur les sex-shops et surtout sur les cinémas spécialisés et leurs affiches aux titres explicites (L’Hôtesse de Copenhague, Les Affamées du mâle, Les Hôtesses du lit, Le Jouisseur, La Partouze, Certaines chattes n’aiment pas le mou, Les Perverties du plaisir, La Nuit de la grande chaleur, Viol de nuit, La Foire au sexe, Emilienne…), dont plus rien ne subsiste aujourd’hui dans la capitale.

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Test Blu-ray / Justine ou les infortunes de la vertu, réalisé par Jess Franco

JUSTINE OU LES INFORTUNES DE LA VERTU (Marquis de Sade: Justine) réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 17 mai 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Klaus Kinski, Romina Power, Maria Rohm, Rosemary Dexter, Carmen de Lirio, Akim Tamiroff, Gustavo Re, Mercedes McCambridge, Jack Palance…

Scénario : Harry Alan Towers, Arpad DeRiso & Erich Kronte, d’après le roman du Marquis de Sade

Photographie : Manuel Merino

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h59

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Le marquis de Sade évoque des souvenirs. Il raconte l’histoire de deux soeurs, Juliette et Justine, chassées par leurs parents. Juliette, la sage, semble poursuivie par la malchance. Justine va de l’avant, sans scrupule, et rencontre ainsi des personnes fort intéressantes. Juliette se retrouve comme pensionnaire chez une certaine madame de Buisson, qui dirige une maison close. Justine refuse de tomber entre les mains de cette mère maquerelle et prend la fuite. C’est alors qu’elle croise le chemin de monsieur de Harpin, un vieillard ignoble, qui veut profiter de la détresse de la jeune femme pour servir ses propres desseins…

Ce qui est difficile dans la filmographie éclectique et prolifique de Jess Franco (plus de 200 films…), c’est de s’y retrouver avec les différents titres attribués à un seul long-métrage. Ainsi, Justine ou les infortunes de la vertu, est aussi connu sous l’appellation Marquis de Sade: Justine, Les Deux beautés, Justine de Sade, ou bien encore Justine and Juliet, et même Deadly Sanctuary. Nous en resterons à Justine ou les infortunes de la vertu, titre d’exploitation du film qui nous intéresse aujourd’hui, sorti sur les écrans hexagonaux en mars 1970 et un an plus tôt en Italie. L’ami Jess tourne à la suite Les Brûlantes 99 femmes, Sumuru, la cité sans hommes, Le Château de Fu Manchu. On ne saurait être plus diversifié. Sur un scénario de Harry Alan Towers (Black Venus de Claude Mulot, Le Cirque de la peur de John Llewellyn Moxey, et par ailleurs producteur), Arpad DeRiso (Le Lion de Saint Marc et Le Tigre des mers de Luigi Capuano) et Erich Kronte, le cinéaste adapte pour la première fois le Marquis de Sade (ici son ouvrage rédigé à la Bastille en 1787, publié de son vivant en 1791), auquel il reviendra à plusieurs reprises, en 1970 avec Les Inassouvies (librement inspiré de La Philosophie dans le boudoir), trois ans plus tard avec Eugénie de Sade (d’après Eugénie de Franval), puis avec Plaisir à trois en 1974. Une obsession qui irriguera moult opus du réalisateur par la suite. Mais pour l’heure, il bénéficie d’un budget solide pour Justine ou les infortunes de la vertu. S’il n’est clairement pas le meilleur Franco, le film parvient encore à être divertissant et souvent plaisant, surtout dans ses délires que l’on pourrait volontiers qualifier de nawak, à l’instar de la prestation de Jack Palance (la même année que Che! de Richard Fleischer), perdu dans ses pensées, complètement en roue libre, vraisemblablement en totale improvisation. Au-delà de ça, le casting est aussi très attractif, avec un Klaus Kinski illuminé (pléonasme) dans la peau du Marquis de Sade (toutes ses scènes ont été visiblement emballées en une seule journée), un petit coucou d’Howard Vernon, sans oublier de superbes comédiennes (Romina Power, Maria Rohm, Rosemary Dexter, Carmen de Lirio, Sylva Koscina, Rosalba Neri), toujours très bien mises en valeur par le metteur en scène. Un bon cru.

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Test Blu-ray / Les Nuits brûlantes de Linda, réalisé par Jess Franco

LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Alice Arno, Lina Romay, Verónica Llimerá, Paul Muller, Monica Swinn, James Harris, Catherine Lafferière, Angelo Bassi…

Scénario : Jess Franco & Nicole Guettard

Photographie : Gérard Brisseau

Musique : Daniel White

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Marie-France trouve un emploi comme nurse dans une famille française et puritaine résidant en Grèce, les Radek. Le père a assassiné autrefois son épouse adultère et vit dans le remords. A ses côtés, sa fille Linda, paralytique, et Olivia, sa nièce nymphomane. Et enfin, Abdul, l’homme à tout faire simple d’esprit. Les frustrations de la famille vont être chamboulées par l’arrivée de Marie-France…

Retour en arrière, il en est où l’ami Jess Franco en cette bonne année 1975 ? Tout va pour le mieux pour le réalisateur de 45 ans. Ce sera même un bon cru puisqu’il sortira sur les écrans plus d’une demi-douzaine de longs-métrages (oui oui, imaginez la cata si Christopher Nolan en faisant autant, ah vous avez peur hein), Les Gloutonnes (aka Les Exploits érotiques de Maciste dans l’Atlantide ou Maciste et les Gloutonnes), Les Chatouilleuses (ou Les Nonnes en folie), Exorcisme (Exorcisme et messes noires, L’Éventreur de Notre-Dame ou Expériences sexuelles au château des jouisseuses), sa version hardcore Sexorcismes, La Comtesse perverse (Les Croqueuses) et Les Nuits brûlantes de Linda, même si tourné deux ans auparavant, entre Le Journal intime d’une nymphomane et Le Miroir obscène. Ce dernier, également connu sous le titre Mais qui donc a violé Linda ? n’est pas le meilleur du cinéaste évidemment et s’avère même noyé dans la masse colossale de ses 200 mises en scène, mais comme toujours il y a du bon à prendre dans cet opus rapide de 75 minutes, notamment la présence de la sublime Lina Romay, alors âgée de 20 ans, qui en était encore au début de sa carrière et qui vole la vedette à ses partenaires, la rigide Alice Arno (L’Arrière-train sifflera 3 fois et Règlements de femmes à OQ Corral de Jean-Marie Pallardy) et Monica Swinn (Les Gardiennes du pénitencier d’Alain Deruelle, Train spécial pour Hitler d’Alain Payet, Draguse ou le manoir infernal de Patrice Rhomm). Si l’on devine immédiatement le pseudo-twist final, passer 1h15 en compagnie d’actrices aussi délicieuses et généreuses n’est pas ce qu’on peut qualifier de plus déplaisant, d’autant plus que Jess Franco et sa coscénariste Nicole Guettard (Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, Célestine, bonne à tout faire, Les Possédées du diable) les plongent dans une histoire sordide teintée d’inceste. Bref, le metteur en scène ne prend pas forcément les spectateurs par la main pour ensuite les caresser dans le sens du poil (bien fourni), ce qui montre bien l’ambition jamais démentie de Jess Franco.

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Test Blu-ray / Shining Sex, réalisé par Jess Franco

SHINING SEX réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lina Romay, Evelyne Scott, Monica Swinn, Olivier Mathot, Pierre Taylou, Claude Boisson, Raymond Hardy, Simon Berger…

Scénario : Daniel Lesoeur & Pierre-Claude Garnier, d’après une histoire originale de Jess Franco

Photographie : Gérard Brisseau

Musique : Daniel White

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Une danseuse de cabaret est manipulée par un couple d’extra-terrestres qui empoisonnent son sexe et la transforment en prédatrice d’hommes.

Oui oui, vous avez bien lu le pitch de Shining Sex aka La Fille au sexe brillant, l’un des huit films tournés par Jess Franco, sous le nom de Dan L. Simon, en cette bonne année 1976 ! Le cinéaste pose ses bagages à La Grande-Motte, un nom de ville qui sied habituellement à ses magnifiques actrices, pour y tourner deux films avec le même casting, dans les mêmes décors. Outre Shining Sex, ce cher Jesús Franco Manera en profitera pour emballer Midnight Party, aka Lady Porno, aka aussi La Partouze de minuit. Production Eurociné tournée en une dizaine de jours, La Fille au sexe brillant est peut-être l’un des opus les plus expérimentaux de son auteur. Tendant à l’abstraction, limite pornographique, Shining Sex compile les séquences de coït ou saphiques, les gros plans sur les organes génitaux féminins, les zooms incessants qui collent au rythme de la respiration saccadée de plaisir de ses personnages, le tout dans des décors dépouillés et sur une intrigue resserrée. Ce qui est complètement dingue avec Shining Sex, c’est que ce long-métrage dure 101 minutes, qui s’apparentent parfois à une séance d’hypnose pour le spectateur. Si certains rejetteront le « concept », tant sur le fond que sur la forme, et que d’autres se marreront sûrement, les autres, les plus pointus, trouveront de belles qualités stylistiques à ce qu’on peut indéniablement qualifier de bel objet de cinéma, où la muse de Jess Franco, Lina Romay, est filmée sous tous les angles.

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Test Blu-ray / Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, réalisé par Jess Franco

DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP À FLEURS (Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo) réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lina Romay, Nadine Pascal, Olivier Mathot, Joëlle Le Quément, Mel Rodrigo, Claude Boisson, Albino Graziani, Susan Hemingway, Muriel Montossé…

Scénario : Jess Franco & Evelyne Scott

Photographie : Gérard Brisseau

Musique : Daniel White

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Une traite de blanches est organisée pour de riches clients. Le sénateur Connoly propose la mission à Cécile et Brigitte en échange de leur libération de prison. Sous de faux noms, elles se font engager dans un cabaret pour débuter leurs investigations.

Nous avons déjà parlé à maintes reprises de Jesús Franco Manera (1930-2013), alias Jess Franco, à travers nos articles sur Opération Re Mida (Lucky l’intrépide), Les Possédées du diable, Le Journal intime d’une nymphomane et La Fille de Dracula. Le réalisateur entre de plain-pied dans les années 1980 avec Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, qui sort juste après Le Sadique de Notre-Dame (L’Éventreur de Notre-Dame, Exorcismes et messes noires ou Sexorcismes) et qui s’avère le premier de ses sept opus qui sortiront la même année, avec Eugenie (Historia de una perversión), Mondo cannibale, Terreur cannibale, Chasseur de l’enfer, Vaya luna de miel et Symphonie érotique. Désormais âgé de cinquante ans, Jess Franco est loin de vouloir raccrocher les gants et fait d’ailleurs du bon ouvrage avec cet Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo, ou bien encore Two Female Spies with Flowered Panties, ou enfin Opal of Fire: Sex Merchants, ce dernier titre faisant référence à la bague sertie d’une pierre d’opale qui hypnotise celle qui aura le malheur de la fixer. Comme souvent chez le metteur en scène, c’est un fourre-tout (ou un fourre-nanas, c’est selon), qui part dans tous les sens, mais avec une vision unique, où les séquences les plus gênantes laissent place à des scènes visuellement chiadées et même élégantes, le tout saupoudré d’humour et d’un érotisme omniprésent, où le charme de Lina Romay crève l’écran du début à la fin.

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Test Blu-ray / Faut pas jouer avec les vierges – Zenabel, réalisé par Ruggero Deodato

FAUT PAS JOUER AVEC LES VIERGES (Zenabel) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Lucretia Love, John Ireland, Lionel Stander, Nicola Mauro Parenti, Fiorenzo Fiorentini, Elisa Mainardi, Luigi Leoni, Ignazio Leone…

Scénario : Gino Capone, Ruggero Deodato & Antonio Racioppi

Photographie : Roberto Reale

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Une jeune femme nommée Zenabel découvre que son père a été un riche Espagnol tué par l’impitoyable don Alonso qui lui a volé son titre de noblesse. Elle décide alors de réunir ses amis pour réclamer son titre et combattre l’imposteur.

Zenabel – Davanti a lei tremavano tutti gli uomini ou plus connu en France sous le titre Faut pas jouer avec les vierges, est le sixième long-métrage réalisé par Ruggero Deodato (né en 1939). Agé de 29 ans, le jeune homme affichait alors un palmarès impressionnant en tant qu’assistant-réalisateur auprès de Roberto Rossellini, Sergio Corbucci, Antonio Margheriti, Riccardo Freda et Mauro Bolognini. Un C.V. spectaculaire qui a permis à Ruggero Deodato de passer lui-même derrière la caméra pour Gungala, la panthère nue Gungala la pantera nuda, en remplacement de Romano Ferrara. Utilisant à cette époque le pseudo de Roger Rockfeller, Ruggero Deodato fait preuve d’un réel savoir-faire derrière la caméra pour Zenabel, comme il le fera pour ses six longs-métrages mis en scène en l’espace d’à peine deux ans, dont Phénoménal et le trésor de Toutânkhamon Fenomenal e il tesoro di Tutankamen. Si l’on devait résumer Zenabel en un mot, ce serait bordélique. Mais n’y voyez rien de péjoratif, bien au contraire, car l’oeuvre de Ruggero Deodato transpire d’amour pour le cinéma et le divertissement populaire. Si « tous les hommes tremblaient devant elle » comme l’indique le sous-titre original, les spectateurs se laisseront volontiers embarquer aux côtés de cette héroïne aux cheveux flamboyants, interprétée par Lucretia Love (L’Assassin a réservé 9 fauteuils de Giuseppe Bennati, Les Amazones font l’amour et la guerre d’Alfonson Brescia), bad-ass, sexy et qui en fait voir de toutes les couleurs à la gent masculine.

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Test Blu-ray / Baba Yaga, réalisé par Corrado Farina

BABA YAGA réalisé par Corrado Farina, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Carroll Baker, George Eastman, Isabelle De Funès, Ely Galleani, Daniela Balzaretti, Mario Mattia Giorgetti, Sergio Masieri, Angela Covello…

Scénario : Corrado Farina, d’après la bande dessinée de Guido Crepax

Photographie : Aiace Parolin

Musique : Piero Umiliani

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Alors qu’elle rentre seule d’une soirée, la photographe de mode Valentina fait la connaissance d’une femme mystérieuse prénommée Baba Yaga. Peu de temps après, Valentina semble comme envoûtée par l’image de Baba Yaga et des évènements curieux se produisent autour d’elle. La jeune femme a des visions, la réalité semble irréelle…

Vous ne connaissiez pas le réalisateur Corrado Farina ? Sérieusement ?? Vraiment ??? Moi non plus. De son vrai nom Corrado Giovanni Giuseppe Maria Farina (1939-2016), ce réalisateur et scénariste aura signé essentiellement des documentaires, une poignée de courts-métrages et deux longs-métrages. Deux ans après Hanno cambiato faccia, interprété par le légendaire Adolfo Celi, Corrado Farina remet le couvert avec Baba Yaga, adaptation cinématographique de la bande dessinée Valentina et Baba Yaga, de Guido Crepax (1933-2003). Cette jeune et gracieuse photographe professionnelle indépendante (au physique inspiré par Louise Brooks) est interprétée par une certaine Isabelle de Funès (née en 1944), actrice, chanteuse et mannequin pour Vogue, qui n’est autre que la nièce de Louis de Funès. Peu connue, celle-ci n’est apparue au cinéma qu’à trois reprises, dans Ces messieurs de la gâchette (1970) de Raoul André, aux côtés de Francis Blanche, Jean Poiret et Michel Serrault, Raphaël ou le Débauché (1971) de Michel Deville, avec Françoise Fabian, Maurice Ronet et Brigitte Fossey, et enfin Baba Yaga, qui restera son rôle le plus célèbre. Agée d’à peine 30 ans, Isabelle de Funès est l’une des innombrables curiosités de cet opus qui flirte avec le genre fantastique et qui s’avère au final un kaléidoscope de couleurs, doublé d’un patchwork d’images souvent hallucinantes. On y retrouve un peu des Lèvres rouges de Harry Kumel, aussi bien dans le fond que dans la forme, tandis que Corrado Farina y met un peu tout ce qui l’anime à ce moment précis de sa vie, l’amour de la bande dessinée bien sûr, mais aussi du Godard et du Cartier-Bresson, qui sont d’ailleurs cités au détour d’une réplique. Il est certain que de nombreux spectateurs se sentiront quelque peu paumés au milieu de tout ce fourmillement d’images et d’idées, surtout que le rythme est sans doute un peu trop lent, mais celles et ceux qui se laisseront porter par ces partis-pris apprécieront ce voyage singulier et inattendu.

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Test Blu-ray / Benedetta, réalisé par Paul Verhoeven

BENEDETTA réalisé par Paul Verhoeven, disponible en DVD et Blu-ray le 17 novembre 2021 chez Pathé.

Acteurs : Virginie Efira, Charlotte Rampling, Daphne Patakia, Lambert Wilson, Olivier Rabourdin, Louise Chevillotte, Hervé Pierre, Clotilde Courau…

Scénario : David Birke & Paul Verhoeven, d’après le livre de Judith C. Brown

Photographie : Jeanne Lapoirie

Musique : Anne Dudley

Durée : 2h11

Année de sortie : 2021

LE FILM

Au XVIIe siècle, alors que la peste se propage en Italie, la très jeune Benedetta Carlini rejoint le couvent de Pescia, en Toscane. Dès son plus jeune âge, Benedetta est capable de faire des miracles et sa présence au sein de sa nouvelle communauté va changer bien des choses dans la vie des sœurs.

Revoilà Paulo, notre hollandais préféré, l’un des réalisateurs les plus fous de l’histoire du cinéma. On attendait de pied ferme (et pas queue) son dernier film en date Benedetta, depuis son affiche teaser révélée à Cannes, où une religieuse, incarnée par Virginie Efira, était vêtue d’un voile qui dévoilait un sein généreux. Repoussé plusieurs fois en raison de cette satanée pandémie et de problèmes de santé du réalisateur, Benedetta a pu enfin connaître une sortie sur les écrans. Heureusement d’ailleurs, car il y a plus d’audace durant ces deux heures que dans tous les films français réunis sortant une même année. N’y allons pas par quatre chemins, si Benedetta n’a peut-être pas l’impact des œuvres précédentes de Paul Verhoeven, cette production belgo-néerlando-française est une grosse claque qu’on aimerait se prendre bien plus souvent dans la tronche. Évidemment provocateur, parfois kitsch (tout ce qui concerne ce cher Jésus, sujet de fascination du cinéaste), totalement assumé, drôle (on pense même à Novices libertines de Bruno Mattei, fleuron de la nunsploitation), avec même quelques petites touches scatos, mystérieux, sensuel, sexuel, réflectif et intelligent, Benedetta ne laisse pas indifférent et, encore mieux, ne fera jamais l’unanimité. Avec ce seizième long-métrage, le metteur en scène prouve qu’à plus de 80 ans, son cinéma reste éternellement jeune, car rebelle, tout en offrant sûrement à Virginie Efira l’un des rôles de sa vie et dont le personnage rejoint naturellement la « faune féminine verhoevenienne » aux côtés de Katie Tippel, Fientje, Agnes, Catherine Tramell, Nomi Malone et bien d’autres.

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