Test Blu-ray / Monella – Lola la frivole, réalisé par Tinto Brass

MONELLA – LOLA LA FRIVOLE (Monella) réalisé par Tinto Brass, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 16 janvier 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Anna Ammirati, Patrick Mower, Max Parodi, Susanna Martinková, Antonio Salines, Francesca Nunzi, Vittorio Attene, Laura Trotter…

Scénario : Tinto Brass, Barbara Alberti & Anna Cipriani

Photographie : Massimo Di Venanzo

Musique : Pino Donaggio

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1998

LE FILM

Dans les années 1950, dans la campagne du Nord italien, Lola est sur le point de se marier avec Masetto. Lola, toujours vierge, a hâte de faire l’amour, entre autres pour être sûre que Masetto est l’homme qu’il lui faut mais ce dernier préfère qu’elle reste vierge jusqu’au mariage. Lola a bien l’intention de le faire changer d’avis et met tout en oeuvre pour cela.

On ne sait pas si la publicité pour l’huile d’olive Puget aura inspiré quelques plans iconiques de Monella – Lola frivole, mais toujours est-il que Tinto Brass (né en 1933) multiplie dans cet opus les gros plans sur les fesses magnifiques de sa comédienne, dévoilées par un coup de vent qui soulève la jupe de la délicieuse donzelle. Bon, ça c’était pour le prologue. Monella – la frivole est évidemment un nouveau portrait de femme moderne dressé par le maître italien et expert dans ce domaine, son héroïne rejoignant ainsi Teresa (dans La Clé), Miranda et Paprika. Nous sommes à la fin des années 1990 et le cinéaste continue envers et contre tous de s’adonner à l’érotisme et à sa représentation graphique à l’écran. Pour cela, il peut encore une fois compter sur le plein investissement de la superbe Anna Ammirati, âgée seulement de 18 ans au moment du tournage, qui n’était apparue que dans quelques épisodes d’une obscure série télévisée et qui fait ici ses premiers pas au cinéma. Et pour une introduction on peut dire que l’actrice est servie par Tinto Brass, qui ouvre d’ailleurs le film (et le clôt) dans la peau d’un chef d’orchestre et qui donne le la de cette symphonie du désir. Celui-ci va alors filmer son actrice sous tous les angles (s’il avait pu immiscer sa caméra plus profondément, on imagine qu’il ne se serait pas gêné), la met constamment en valeur (le bougre sait y faire pour exciter le spectateur), recréer une époque qu’il a lui-même connue et durant laquelle il a brûlé sa propre jeunesse, pour au final livrer la radiographie de son pays après la Seconde Guerre mondiale, doublée de celle d’une jeune femme à l’aube de son existence, de son éveil sexuel (la masturbation sur fond de Be Bop a Lula…) et de son émancipation. Une réussite.

La jolie Lola, affriolante et acidulée, sait bien l’effet qu’elle produit sur les hommes et les femmes de son village natal. Insouciante et délurée, elle provoque les uns et irrite les autres par son charme d’adolescente aux rondeurs élastiques. Mais Lola, indifférente au pouvoir qu’elle exerce sur la gent masculine, ne s’intéresse qu’aux fantasmes que sa bicyclette lui procure. Enfourchant son engin, Lola pédale à perdre haleine, s’inventant des histoires impudiques et sensuelles. Et dans ses rêves les plus fous, nul interdit qui ne tienne…Mais Lola est fiancée avec Masetto, le fils du boulanger. Malheureusement, celui-ci est un peu vieux jeu. Il est convaincu qu’ils doivent demeurer vierges jusqu’à leur mariage. Bien sûr, la charmante Lola n’est pas de cet avis. Elle a beau multiplier les entreprises de séduction, Masetto résiste ! Elle se tourne donc vers André, un homme plus âgé et séduisant, possédant une solide expérience des aventures érotiques. Ses récits enflamment l’imagination de Lola qui commence à penser qu’il serait peut-être un bien meilleur amant que le jeune Masetto.

« Voilà un beau brin de fille ! » disent les hommes, « quelle vulgarité » répliquent les femmes au passage de Lola pédalant en danseuse sur son vélo, se retournant hilare en voyant l’effet qu’elle provoque sur les passants, tout en montrant son p’tit cul orné d’une culotte en dentelle. Cette belle des champs qui baguenaude dans les pâturages et slalome entre les bouses, ne laisse personne indifférent, y compris les jeunes ecclésiastiques, qui découvrent le vélo de Lola et se mettent à humer la selle encore trempée sur laquelle elle a pris beaucoup de plaisir. Voilà ce qu’on peut appeler une présentation en fanfare ! Tinto Brass a beau enchaîner les plans, que certains jugeront gratuits (et ils n’auraient pas tout à fait tort certes) sur l’entrecuisse de Lola, en mettant toujours en relief sa toison fournie, Monella – Lola frivole n’est pas juste une succession de séquences où le public est invité à se rincer l’oeil. C’est aussi et surtout une réflexion sur le voyeurisme (de ce point de vue, tout le monde est rassasié), ainsi que sur la recherche du plaisir, qui se double d’une ambiguïté quant aux origines de Lola, qui semble attirée par une homme d’âge mûr, qui pourrait être son père, au sens propre comme au figuré.

C’est là qu’interviennent sa mère Zaira, interprétée par Serena Grandi (Anthropophagous et surtout rôle-titre de Miranda) et André (Patrick Mower, vu dans Les Vierges de Satan, Les Crocs de Satan et depuis 25 ans dans la série Emmerdale Farm), dont Lola serait (peut-être) le fruit d’une union éphémère. Souvent filmés dans des décors dépouillés et brumeux qui font penser à un songe, comme s’il s’agissait de Tinto Brass lui-même qui se rappelle sa jeunesse, Monella – Lola la frivole est donc bien plus intelligent qu’il n’y paraît et reste bien longtemps en tête, pour les charmes affriolants et sulfureux d’Anna Ammirati (qui a depuis fait une très belle carrière, aussi bien au cinéma qu’à la télévision), mais aussi pour le mystère et la liberté qui se dégagent de cette œuvre méconnue et pourtant représentative du talent de son auteur et metteur en scène.

LE BLU-RAY

Quelques mois après Miranda et La Clé, Sidonis Calysta revient à Tinto Brass avec Salon Kitty et Monella – Lola la frivole en Haute-Définition ! Ou Haute-Définifion c’est selon. À noter que l’éditeur a d’ores et déjà annoncé la sortie prochaine de Fallo ! et Transgression au mois de mai, également en Blu-ray. En l’état, le film qui nous intéresse aujourd’hui est disponible en Combo Blu-ray + DVD, ainsi qu’en édition Standard. Le film de Tinto Brass avait déjà connu plusieurs sorties en DVD, chez Grenadine en 2006, Tiffany en 2009, puis chez Bach Films depuis 2012. Le menu principal est animé et musical.

Outre la bande-annonce (en anglais), l’éditeur fournit également une présentation de Monella – Lola la frivole par Jean-François Rauger (16’). Ce dernier semble ramer un peu pour trouver quelques arguments, mais s’en sort remarquablement bien comme à son habitude. Il replace ainsi le film de Tinto Brass dans la carrière du cinéaste, met en relief le caractère « érotique, hédoniste et solaire » de cet opus, indique que Monella a été coécrit par Carla Cipriani, la femme de Tinto Brass et évoque surtout le casting, dont le choix d’Anna Ammirati pour le rôle principal.

L’Image et le son

L’élévation HD pour Monella – Lola la frivole est frappante. Ce Blu-ray en met plein les yeux dès les premiers plans. La restauration est étincelante, les contrastes d’une indéniable densité, la copie est propre et lumineuse. Les détails étonnent souvent par leur précision, les gros plans (nombreux) sont détaillés à souhait, les couleurs retrouvent un éclat inespéré, le relief des séquences diurnes est inédit et le piqué demeure acéré du début à la fin. Un superbe lifting.

Monella – Lola la frivole est proposé en français et en italien. La première piste dispose d’un doublage plutôt réussi, même si misant aussi trop souvent sur le report des voix au détriment des effets annexes. Au jeu des comparaisons, la version italienne s’en sort mieux. Fluide et dynamique, propre, elle instaure un bon confort acoustique. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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