Test Blu-ray / Canicule, réalisé par Yves Boisset

CANICULE réalisé par Yves Boisset, disponible en combo Blu-ray+DVD le 31 juillet 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Victor Lanoux, Lee Marvin, Miou-Miou, Jean Carmet, David Bennent, Bernadette Lafont, Grace De Capitani, Henri Guibet, Jean-Pierre Kalfon…

Scénario : Jean Herman, Michel Audiard, Dominique Roulet, Serge Korber et Yves Boisset d’après un roman de Jean Vautrin

Photographie : Jean Boffety

Musique : Francis Lai

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Suite au hold-up manqué d’une banque d’Orléans, Jimmy Cobb, un gangster américain vieillissant, s’enfuit avec le magot et trouve refuge dans une ferme de la Beauce. Là, une bande de culs terreux vont lui mener la vie dure.

En 1983, Yves Boisset réalise Le Prix du danger, film prophétique sur les dérives de la télévision, qui s’inspire d’une nouvelle de l’écrivain de science-fiction américain Robert Sheckley (1928-2005) publiée en 1958. Fable et satire sociale du devenir de l’humanité, cette dystopie centrée sur une chasse à l’homme autorisée, télévisée et favorisée par les autorités, demeure un modèle français du genre. Un beau succès dans les salles avec 1,4 million de spectateurs. Le cinéaste avait ensuite prévu d’aborder le commerce des armes dans un projet intitulé Barracuda, que devait interpréter Jean-Paul Belmondo. Après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, Yves Boisset doit revoir sa copie et le film tombe à l’eau. Michel Audiard lui propose alors de reprendre le flambeau de son adaptation de Canicule, d’après le roman homonyme de Jean Vautrin, pseudonyme de Jean Herman, après la défection de Serge Korber, dont le travail parallèle dans le domaine pornographique était mal perçu. Bien lui en a pris, car Canicule est devenu l’un des films les plus populaires d’Yves Boisset. Passionné par le cinéma américain, en particulier le film noir, le cinéaste s’approprie le genre qu’il affectionne, qu’il malaxe et pétrit, pour le déverser dans la campagne française en utilisant un ingrédient inattendu et miraculeux, à savoir la présence de Lee Marvin en tête d’affiche. Ou comment le film « redneck » débarque en pleine Beauce !

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Test DVD / Gentlemen cambrioleurs, réalisé par James Marsh

GENTLEMEN CAMBRIOLEURS (King of Thieves) réalisé par James Marsh, disponible en DVD le 31 juillet 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Michael Caine, Jim Broadbent, Michael Gambon, Charlie Cox, Francesca Annis, Ray Winstone, Tom Courtenay, Paul Whitehouse…

Scénario : Joe Penhall d’après un article de Mark Seal

Photographie : Danny Cohen

Musique : Benjamin Wallfisch

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Célèbre voleur dans sa jeunesse, Brian Reader, veuf âgé de 77 ans, réunit une bande de criminels marginaux sexagénaires pour fomenter un cambriolage sans précédent à la salle des coffres de la société Hatton Garden Safe Deposit (HGSD). Se faisant passer pour des réparateurs, ils pénètrent le dépôt, neutralisent les alarmes et se mettent à percer un trou dans le mur de la chambre forte. Deux jours plus tard, ils parviennent à s’échapper avec un butin évalué à plus de 200 millions de livres en bijoux et espèces. L’enquête démarre, et au fur et à mesure des révélations sur les détails du crime, public et médias britanniques sont captivés, et l’investigation est suivie avec fièvre dans le monde entier.

Né en 1963, James Marsh est un réalisateur capable du meilleur (Shadow Dancer, Le Funambule, exceptionnel documentaire sur Philippe Petit, récompensé par un Oscar) comme du pire (The King). Mais la plupart du temps, si ses longs métrages sont certes bien faits et documentés, ils inspirent également l’ennui en raison d’un manque d’âme et d’audace, à l’instar d’Une merveilleuse histoire du tempsTheory of Everything, biopic sur Stephen Hawking qui a valu l’Oscar du meilleur acteur à Eddie Redmayne, ou bien encore Le Jour de mon retour, évocation des dernières semaines de Donald Crowhurst, homme d’affaires anglais, inventeur d’un radiocompas, passionné de voile en navigateur amateur, porté disparu durant la course autour du monde Sunday Times Golden Globe Race. Son nouvel opus Gentlemen cambrioleurs King of Thieves ne déroge malheureusement pas à la règle. L’essentiel de cette comédie-policière inspirée par une histoire vraie survenue en 2015 (le plus gros casse de toute l’histoire judiciaire britannique) repose essentiellement sur son casting exceptionnel de vieux briscards où trône l’impérial Michael Caine qui domine ses compagnons du haut de ses 85 ans et qui récidive dans le genre , immédiatement après le Braquage à l’ancienneGoing in Style de Zach Braff.

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Test Blu-ray / Backtrace, réalisé par Brian A. Miller

BACKTRACE réalisé par Brian A. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 1er août 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Sylvester Stallone, Ryan Guzman, Matthew Modine, Colin Egglesfield, Christopher McDonald, Meadow Williams, Swen Temmel, Jenna Willis…

Scénario : Mike Mapples

Photographie : Peter Holland

Musique : Mike Burns

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

L’unique survivant d’un groupe de voleurs à main armée sort d’un établissement de haute sécurité. Durant son séjour, un médicament expérimental lui a été administré.

Sly aïe aïe…
Par le même réalisateur que Représaille.
Quand Bruce Willis et Sylvester se talonnent.

Coucou ! Revoilà Brian A. Miller ! Juste après Représaille, le réalisateur aura enchaîné directement avec Backtrace, son nouveau thriller, avec pas moins de Sylvester Stallone et Matthew Modine en haut de l’affiche. Du programme télé du moins, car comme les précédents longs métrages de Brian A. Miller, Backtrace n’a aucune autre prétention que d’aider ses acteurs à payer quelques arriérés d’impôts et les chaînes de la TNT à combler un trou entre 21h15 et 22h45. Car en dépit d’un prologue enthousiasmant, Backtrace s’enlise immédiatement après et ne parvient jamais à éveiller l’intérêt des (télé)spectateurs. On passe alors les 90 autres minutes à se demander comment de tels comédiens peuvent accepter de participer à ce genre d’inepties.

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Test Blu-ray / Représaille, réalisé par Brian A. Miller

REPRÉSAILLE (Reprisal) réalisé par Brian A. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 1er août 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Bruce Willis, Frank Grillo, Johnathon Schaech, Olivia Culpo, Natali Yura, Uncle Murda, Natalia Sophie Butler, Tyler Jon Olson…

Scénario : Bryce Hammons

Photographie : Peter Holland

Musique : Sonya Belousova, Giona Ostinelli

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Un vétéran souffrant de troubles post-traumatiques doit traquer des criminels et sauver son enfant malade.

Brian A. Miller est le metteur en scène de séries B aux titres évocateurs, Crossfire (2010, avec Chris Klein, vous vous rappelez ?), House of the Rising Sun (aka The Redemption en « VF », 2011, avec Dave Bautista), et le sympatoche The Prince (2014) avec Jason Patric, John Cusack et Bruce Willis. Ce dernier est d’ailleurs fidèle à Brian A. Miller, et ce en dépit de leurs mauvais films en commun, puisque l’ami Bruce et le réalisateur tourneront également Vice (2015) et ont déjà emballé 10 Minutes Gone alors en post-production à l’heure où j’écris ces lignes. ReprésailleReprisal se place entre Vice et 10 Minutes Gones et Bruce Willis y effectue encore une perform…, non, une participation, essentiellement le cul vissé sur sa chaise. A l’instar de ses apparitions dans les derniers et malheureux First Kill de Steven C. Miller (un autre spécialiste des DTV fauchés) et Acts of Violence de Brett Donowho, le comédien semble avoir tourné toutes ses scènes dans la même journée, en changeant juste de chemise, le regard perdu (sûrement pour y lire ses répliques inscrites sur des cartons hors-champ), les spots de tournage se reflétant sur son crâne lavé à l’éponge. Le reste du temps, on suit son confrère Frank Grillo, mal rasé et la voix cassée, qui peine à convaincre.

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Test Blu-ray / La Mafia fait la loi, réalisé par Damiano Damiani

LA MAFIA FAIT LA LOI (Il Giorno della civetta) réalisé par Damiano Damiani, disponible en combo Blu-ray/DVD le 26 juin 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Claudia Cardinale, Franco Nero, Lee J. Cobb, Tano Cimarosa, Nehemiah Persoff, Ennio Balbo, Ugo D’Alessio, Fred Coplan…

Scénario : Ugo Pirro, Damiano Damiani d’après le roman de Leonardo Sciascia

Photographie : Tonino Delli Colli

Musique : Giovanni Fusco

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

À peine arrivé dans une petite ville de Sicile, le capitaine Bellodi est chargé de mener une enquête sur l’assassinat d’un entrepreneur local en froid avec la mafia. Seule une femme, témoin du meurtre, est susceptible de l’aider.

Du silence et des ombres.

C’est dans le virage d’une route de campagne sicilienne, que le film s’ouvre. C’est quasiment un décor et une situation de western. Un lieu fort, bercé par le chant des cigales. En bord de chaussée, une présence se cache entre les arbres et les champs de chicorée, un fusil de chasse à la main. Pas de cheval à l’horizon de cette route sinueuse, sinon un camion transportant des sacs de ciment. Deux coups de feu sont tirés, le véhicule s’arrête dans la montée puis recule, agonise en dansant, avant de s’emboutir dans le talus. On voit un homme en tomber, blessé, il réussit à courir jusqu’au pont faisant la liaison entre la route montante et celle descendante, puis appelle à l’aide avant d’être abattu de deux coups de feu supplémentaires. Aux alentours, rien ou presque : Y a-t-il des yeux dans la vieille ferme en pierres, érigée sur la colline rocailleuse qui surplombe ce virage de la mort ? Il y a dans cette ouverture tout, sur un mode silencieux, de ce que sera La Mafia fait la loi – Il Giorno della civeta : Une science du cadre, un superbe sens de l’espace, une violence tranchante, le tout accompagné d’une lumière et d’une empreinte musicale déjà moins brutale, plus hétéroclite.

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Test 4K-UHD / Sang froid, réalisé par Hans Petter Moland

SANG FROID (Cold Pursuit) réalisé par Hans Petter Moland, disponible le 27 juin 2019 en DVD, Blu-ray et 4K-UHD chez Studiocanal

Acteurs : Liam Neeson, Tom Bateman, Tom Jackson, Emmy Rossum, Laura Dern, John Doman, Domenick Lombardozzi, Julia Jones…

Scénario : Frank Baldwin d’après une histoire originale de Kim Fupz Aakeson et le film Refroidis de Hans Petter Moland

Photographie : Philip Øgaard

Musique : George Fenton

Durée : 1h59

Année de sortie : 2019

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Test Blu-ray / La Soupe aux choux, réalisé par Jean Girault

LA SOUPE AUX CHOUX réalisé par Jean Girault, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 1er juillet 2014 chez Studiocanal

Acteurs : Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Claude Gensac, Henri Genès, Christine Dejoux, Marco Perrin…

Scénario : Louis de Funès, Jean Halain d’après le roman de René Fallet

Photographie : Edmond Richard

Musique : Raymond Lefebvre

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1981

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Test Blu-ray / Johnny English contre-attaque, réalisé par David Kerr

JOHNNY ENGLISH CONTRE-ATTAQUE (Johnny English Strikes Again) réalisé par David Kerr, disponible en DVD et Blu-ray le 13 février 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Rowan Atkinson, Emma Thompson, Olga Kurylenko, Ben Miller, Jake Lacy, David Mumeni, Adam James, Irena Tyshyna…

Scénario : Neal Purvis, Robert Wade

Photographie : Florian Hoffmeister

Musique : Howard Goodall

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Lorsqu’un pirate informatique révèle le nom et la couverture de tous leurs agents infiltrés, les Services secrets britanniques n’ont pas d’autre choix que de rappeler le seul agent capable de les aider à débusquer le criminel : Johnny English, retraité du MI7, et désormais simple enseignant.

Etait-ce bien raisonnable ? Il semblerait que tous les sept ans, Rowan Atkinson ait décidé de renfiler le smoking de l’agent Johnny English. Après deux films Mr Bean (près de 500 millions de dollars cumulés) et deux Johnny English (320 millions récoltés), la tentation était grande pour le comédien qui cartonne à la télévision depuis 2016 dans la peau du commissaire Jules Maigret. Certes, cela fait plaisir de revoir sa trogne sur le grand écran, mais ses grimaces sont directement reprises des anciens épisodes de la série Mr Bean des années 1990, tout comme les gags et quiproquos qui n’ont pour ainsi dire pas changé. A l’instar de son personnage d’agent secret mis à la retraite, Johnny English contre-attaque est un film complètement démodé aujourd’hui. On est d’ailleurs plus mal à l’aise qu’hilare…

Cette nouvelle aventure démarre lorsqu’une cyber-attaque révèle l’identité de tous les agents britanniques sous couverture. Johnny English devient alors le dernier espoir des services secrets. Rappelé de sa retraite, il plonge tête la première dans sa mission : découvrir qui est le génie du piratage qui se cache derrière ces attaques. Avec ses méthodes obsolètes Johnny English doit relever les défis de la technologie moderne pour assurer la réussite de sa mission.

« Il ne craint rien, il n’a peur de rien, il ne comprend rien «  scandait l’affiche française de Johnny English en 2003. Rowan Atkinson persiste et signe dans le rôle de l’agent le plus débile des services secrets britanniques, pour le pire et pas vraiment pour le meilleur. C’est même ce qui s’appelle tirer sur la corde, même si celle-ci est déjà bien entamée et ne tient plus que sur quelques fibres. Johnny English contre-attaque n’est pas le seul exemple dans le même genre. Mais quand on voit au générique le nom d’un réalisateur totalement inconnu, David Kerr, qui signe son premier long métrage après avoir oeuvré pendant vingt ans à la télévision (Inside No. 9), un budget divisé par deux par rapport à celui alloué au second volet, une durée moindre, un méchant falot (Jake Lacy), un thème musical qui tourne en boucle, on est en droit de se poser quelques questions sur la légitimité de cette entreprise. Comme pour Les Vacances de Mr Bean, Johnny English débarque dans le sud de la France pour accomplir sa mission, avec l’aide de son fidèle comparse Bough (Ben Miller). On connaît la suite, du moins la suite de la suite.

Rowan Atkinson n’est pas un débutant et sait ce que les spectateurs attendent de lui. Le problème, c’est qu’il n’a jamais su renouveler sa panoplie de comique, comme lors de la scène de danse endiablée ou de l’endormissement impromptu. Sur un postulat de départ qui tient sur un papier OCB, les séquences s’enchaînent à la va-comme-je-te-pousse, sans rythme, avec un je-m’en-foutisme, laissant au spectateur le choix de rire, de sourire, ou d’écarquiller les yeux devant des situations plutôt embarrassantes. Pourtant, âgé de 63 ans, Rowan Atkinson affiche une forme olympique et seule son énergie parvient à donner un semblant d’intérêt à ce troisième volet qui racle les fonds de tiroir. Même le charme de la sublime Olga Kurylenko – ancienne Bond Girl dans l’immonde Quantum of Solace – semble éteint et n’agit pas, c’est dire si le navire prend l’eau. Les très nombreux clins d’oeil à James Bond sont amusants, mais le scénario en abuse, jusqu’à reprendre certains décors vus GoldenEye et Casino Royale. Dans tout ce gloubi-boulga, la merveilleuse Emma Thompson surnage, mais c’est normal à force de mouliner constamment des bras. Quant à la mise en scène, elle se contente d’« enregistrer » ce qui se passe.

C’est embêtant, car moult gags auraient franchement pu donner quelque chose de très drôles, comme la scène de la réalité virtuelle, qui est de loin la meilleure du film, mais qui reste malheureusement bien trop sage. Malgré tout, cette dernière (?) mission de Johnny English, rejeton de l’Inspecteur Clouseau, Austin Powers et de Frank Drebin, a encore une fois remporté un très gros succès avec 160 millions de dollars de recette pour un budget de 25 millions. Preuve indiscutable de l’affection des spectateurs pour Rowan Atkinson.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Johnny English contre-attaque, disponible chez Studiocanal, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et muet.

Aucun supplément sur cette édition.

L’Image et le son

L’éditeur livre un master HD de haute volée, lumineux, détaillé, formidablement contrasté et au piqué vif. Si la définition n’est toutefois pas optimale avec des scènes sombres un peu trop douces, force est de constater le soin apporté au transfert. Le cadre large bénéficie d’un beau traitement de faveur, les détails abondent sur les gros plans et les séquences extérieures diurnes, la colorimétrie est bigarrée et la compression AVC consolide l’ensemble.

Les versions française et originale disponibles en DTS-HD Master Audio 5.1 se révèlent autant explosives et immersives dès le générique d’ouverture. La musique omniprésente du compositeur Howard Goodall, complice de Rowan Atkinson depuis La Vipère noire (1983), est constamment spatialisée, le caisson de basses est régulièrement sollicité sur les séquences d’action, les voix sont solidement plantées sur la centrale et la balance frontale demeure percutante tout du long. N’oublions pas les effets latéraux multiples sur les latérales. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Studiocanal / Universal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Le Grand bain, réalisé par Gilles Lellouche

LE GRAND BAIN réalisé par Gilles Lellouche, disponible en DVD et Blu-ray le 27 février 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira, Leïla Bekhti, Marina Foïs, Philippe Katerine, Félix Moati, Alban Ivanov, Jonathan Zaccaï, Mélanie Doutey, Erika Sainte, Claire Nadeau…

Scénario : Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini

Photographie : Laurent Tangy

Musique : Jon Brion

Durée : 2h02 (version cinéma) / 2h12 (version longue)

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

Quatorze ans après le génial Narco, qu’il avait co-réalisé avec Tristan Aurouet en 2004, Gilles Lellouche signe son premier long métrage en solo avec Le Grand bain. Depuis ce premier coup d’essai, le comédien/metteur en scène/scénariste a mûri et son cinéma s’en ressent. Vrai et grand coup de coeur de l’année 2018, Le Grand bain concilie l’humour et l’émotion de façon inattendue et dresse le portrait de quelques paumés, désenchantés, à qui la vie n’a pas fait de cadeaux, qui n’en espèrent d’ailleurs plus rien, jusqu’à ce qu’ils trouvent enfin un but et surtout une oreille attentive à laquelle se livrer, pour enfin retrouver le goût de vivre et l’estime de soi. Enfin, Le Grand bain c’est aussi et surtout un casting quatre étoiles, de magnifiques comédiens, merveilleusement dirigés, investis, en parfaite osmose, que Gilles Lellouche parvient comme qui dirait à rebooter en les présentant sans fard et avec une rare tendresse.

Huit hommes de diverses générations « cabossés » par la vie (dépression, échec professionnel ou familial…) vont reprendre goût à la vie en s’investissant dans leur équipe de natation synchronisée. En prévision des championnats du monde organisés en Norvège, ils sont pris en charge par deux coaches ex-championnes, Delphine, ancienne alcoolique, et Amanda, une sportive paraplégique.

Non, ce n’est pas un film de « potes » comme pouvait l’être Les Petits mouchoirs. Le Grand bain ne paraît jamais « forcé » et les acteurs retrouvent une authenticité qu’ils avaient pour la plupart pu perdre au fil des années. En s’inspirant du cinéma social britannique (The Full Monty entre autres), Gilles Lellouche leur offre un rôle en or, tout en restant lui-même derrière la caméra. A cette occasion, il retrouve Guillaume Canet (ici Laurent, directeur d’une aciérie), Benoît Poelvoorde (Marcus, directeur d’un magasin de piscines) et Mélanie Doutey. Si cette dernière fait plutôt une participation, le premier montre à quel point il peut être bon quand il est bien dirigé, tandis que le second est comme d’habitude immense, capable d’un humour dévastateur et d’une sensibilité à fleur de peau. Les autres membres de l’équipe ne déméritent évidemment pas avec rien de moins que Mathieu Amalric alias Bertrand (chômeur puis vendeur de meubles), Jean-Hugues Anglade (Simon, musicien raté), Philippe Katerine (Thierry, manutentionnaire de la piscine), Alban Ivanov (Basile, trentenaire sans ambition), Balasingham Thamilchelvan (le mystérieux Avanish qui ne parle pas un mot de français) et Félix Moati (John, infirmier, qui viendra renforcer la troupe). Ça c’est pour le groupe sportif. Ils sont coachés par Delphine (Virginie Efira, fragile comme du cristal) et Amanda (Leïla Bekhti, explosive en entraîneuse sadique), qui vont les encourager et les mener jusqu’à la compétition internationale.

Le réalisateur convoque et mélange tout ce beau monde, d’horizons et d’écoles divers, sans oublier les personnages satellites excellemment campés par Marina Foïs, Claire Nadeau, Jonathan Zaccaï et bien d’autres. Le Grand bain est à ce jour le projet le plus personnel de Gilles Lellouche, un film qu’il portait depuis plusieurs années, porté par une envie de parler d’individus renfermés sur eux-mêmes, qui se redécouvrent en intégrant et en étant accepté par un groupe au sein duquel la parole va progressivement se libérer. En toute honnêteté, on ne s’attendait pas à être cueilli de la sorte. Rien ne paraît exagéré ou poussif, tout y est chaleureux, sans pathos, sensible et mélancolique, très attachant. Loin des poncifs du cinéma bobo à la morale bien pensante, Le Grand bain mixe et rassemble les classes sociales, sans distinction, sans jugement, mais avec une certaine poésie. Outre la ribambelle de grands acteurs, Gilles Lellouche fait souvent preuve de virtuosité et soigne chacun de ses plans, sans tomber dans la gratuité et dans le seul but d’épater la galerie. La mise en scène, la photographie de Laurent Tangy et la géniale bande originale signée Jon Brion agrémentée de tube 80’s (Tears For Fears, Phil Collins, Imagination) emportent immédiatement l’adhésion.

Le Grand bain agit donc comme une véritable potion magique où tous les ingrédients se marient à merveille, pour le plus grand bonheur des spectateurs qui l’ont largement plébiscité puisque le film aura attiré près de 4,5 millions de spectateurs. Un succès populaire qui devrait être suivi par quelques César à la prochaine grande fête du cinéma, puisque Le Grand bain est nommé dans dix catégories : meilleurs film, réalisateur, acteur dans un second rôle (Jean-Hugues Anglade et Philippe Katerine), actrice dans un second rôle (Leïla Bekhti et Virginie Efira), scénario original, photographie, montage et son.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray du Grand bain, disponible chez Studiocanal, a été réalisé à partir d’un check-disc. Cette édition comprend deux disques. Le menu principal du premier Blu-ray est animé et musical, celui du second est fixe et musical. Les suppléments se trouvent sur le premier disques, tandis que le deuxième propose la version longue du Grand bain (2h12).

Si vous avez aimé voire adoré Le Grand bain, précipitez-vous sur le making of (35’) qui fait comme qui dirait office de film dans le film, dans le sens où les comédiens apprennent à se connaître véritablement durant leur entraînement qui aura duré sept mois, à raison d’une ou deux fois par semaine. Le tout chapeauté par Julie Fabre, ancienne entraîneuse de l’équipe de France de natation synchronisée olympique. Les acteurs se confient face caméra sur ce défi physique, qu’ils ont tous brillamment relevé. Gilles Lellouche revient quant à lui sur son « bébé », qu’il a porté durant quelques années avant de pouvoir enfin le concrétiser. A l’instar des personnages du Grand bain, tous les comédiens deviennent complices dans l’effort, dans leurs progressions et dans leurs motivations, et c’est aussi beau que dans le film. Mention spéciale au passage de la cryothérapie, où chacun passe à tour de rôle dans une pièce à -10 degrés, puis une autre à -60 degrés, pour finir à -110 degrés !

En plus d’une galerie de photos, l’éditeur joint une version longue du Grand bain, qui comprend notamment quelques scènes en plus avec Marcus, le personnage incarné par Benoît Poelvoorde, ainsi qu’une très belle scène entre Mathieu Amalric et Marina Foïs.

L’Image et le son

Les contrastes sont riches, la luminosité est omniprésente, les scènes nocturnes sont logées à la même enseigne et le relief est probant. Les visages sont détaillés à souhait, tout comme les décors, la colorimétrie est froide et hivernale, le piqué joliment aiguisé (surtout sur les scènes en extérieur), le relief est indéniable et la photo élégante du chef opérateur Laurent Tangy (Radiostars, La French, HHhH) trouve en Blu-ray un écrin idéal.

Un seul choix disponible, une piste DTS-HD Master Audio 5.1 créant d’entrée de jeu une large et puissante spatialisation musicale. La balance frontales-latérales est très dynamique, les voix solidement plantées sur la centrale. Toutes les enceintes sont mises à contribution, certains effets naturels tirent leur épingle du jeu. Les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant sont disponibles, tout comme une piste Audiodescription pour les spectateurs aveugles et malvoyants.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Le Monde est à toi, réalisé par Romain Gavras

LE MONDE EST À TOI réalisé par Romain Gavras, disponible en DVD et Blu-ray le 19 décembre 2018 chez Studiocanal

Acteurs : Karim Leklou, Isabelle Adjani, Vincent Cassel, Oulaya Amamra, Gabby Rose, Sam Spruell, Mounir Amamra, Mahamadou Saengare…

Scénario : Romain Gavras, Karim Boukercha, Noé Debré

Photographie : André Chémétoff

Musique : SebastiAn, Jamie XX

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel des bâtonnets glacés Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclat quand il apprend que Dany, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage : Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêle, rien ne va se passer comme prévu !

Huit ans après son premier long métrage Notre jour viendra, Romain Gavras (né en 1981) est de retour derrière la caméra avec Le Monde est à toi. Gros délire comico-policier porté par un casting de luxe, ce second essai est franchement revigorant et fait du bien au cinéma français. Sous ses airs de ne pas se prendre au sérieux, Le Monde est à toi est pourtant un vrai film pop excellemment mis en scène, à la photographie chiadée, trouvant le parfait équilibre entre l’humour, l’action, la violence et l’émotion. Enfin, c’est aussi et surtout la révélation d’un comédien sur lequel il faudra désormais compter, Karim Leklou.

François – de son vrai prénom Fares – est un dealer repenti du « 9.3 ». Il rêve de monter un business légal en lançant une franchise de Mister Freeze au Maroc. Pour cela, il compte sur la somme d’argent qu’il a planquée chez sa mère Danny, joueuse invétérée, spécialisée dans le vol de bijoux en grands magasins. Quand il découvre que cette dernière a dilapidé ses économies, il n’a d’autre choix que d’accepter le go fast en Espagne que lui propose le nouveau boss de la cité. Mais c’était sans compter sur la sortie de prison d’Henri, son ex-beau-père, la mafia anglaise qui règne sur la Costa del Sol, le retour de Nadia son ex-petite amie et de sa mère qui a décidé de « l’aider » pour ce qui l’espère être son dernier coup…!

Cela fait beaucoup pour un seul film, mais Romain Gavras s’en sort haut la main et avec une élégance insoupçonnée. Le cofondateur en 1995 du collectif Kourtrajmé avec Kim Chapiron, qui s’est fait connaître avec ses clips musicaux qui suscitaient systématiquement la controverse pour leur violence extrême (Stress de Justice ou Born Free de M.I.A), rend hommage aux films des frères Coen, tout en conservant une âme bien française. Cela se fait notamment grâce à la bande originale décalée qui mixe à la fois Michel Sardou et Booba, Laurent Voulzy et PNL, Daniel Balavoine et Jul. Il y en a pour tous les goûts ! D’ailleurs, Romain Gavras met tout le cinéma qu’il affectionne dans son deuxième long métrage.

Ce mélange fonctionne également grâce à des interprètes géniaux. Karim Leklou donc, que l’on avait déjà aperçu dans les sublimes Suzanne et Réparer les vivants de Katell Quillévéré et qui s’impose du début à la fin avec talent et charisme, tout en apportant une vraie mélancolie à son personnage. Il n’a pas à rougir face aux deux stars qui l’entourent. Vincent Cassel est formidable dans le rôle d’Henri, quinquagénaire paumé, regard bas et triste (les lentilles marron font leur effet), qui sort de douze ans de taule, qui devient obsédé par les Illuminati et qui replonge malgré-lui dans quelques combines pour pouvoir s’en sortir, mais aussi et surtout « pour rendre service ». Le comédien prouve une fois de plus à quel point il peut être bon et même génial quand il est bien dirigé, mais aussi quand il ne porte pas le poids d’un film sur ses épaules. Mais celle qui vole toutes ses scènes à chaque apparition est la grande Isabelle Adjani, sensationnelle en mère juive excentrique, étouffante, prête à tout pour protéger son rejeton de près de 40 ans. Si elle l’avait déjà prouvé dans sa carrière, l’immense comédienne démontre une fois de plus son talent comique dévastateur. Ce rôle pourrait bien lui valoir le sixième César de sa carrière, le premier en tant que meilleure actrice dans un second rôle. François Damiens et Philippe Katerine font également une petite participation frappadingue, tandis que le reste du casting fait la part belle à la jeune génération avec notamment l’excellente Oulaya Amamra, révélation de Divines de Houda Benyamina. Ceux qui ont l’oeil remarqueront également le réalisateur John Landis au détour d’un plan dans le restaurant.

Tout ce beau petit monde, ces écoles diverses et variées donnent son originalité au film de Romain Gavras. Tragi-comique, polar, drame social, film de gangsters tourné entre le 93 et Benidorm, Le Monde est à toi ne cesse de jouer avec les genres en se focalisant sur des délinquants et autres voyous qui essayent de se la jouer Scarface et Ocean’s Eleven, en calquant de façon absurde leurs actions et leurs motivations à partir des images, des codes, des mythes et des clichés véhiculés par le cinéma. C’est cette opposition entre le fantasme et la réalité – François voudrait juste se sortir de la panade de façon légale – qui se confrontent constamment qui font du Monde est à toi une grande réussite, qui a su embarquer près de 350.000 spectateurs dans son sillage après avoir fait fureur sur la Croisette en 2018 à la Quinzaine des réalisateurs.

LE BLU-RAY

Le DVD et le Blu-ray du Monde est à toi sont disponibles chez Studiocanal. Le visuel de la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, reprend celui de l’affiche du film. Le menu principal est sobre, animé et musical.

Aucune supplément sur cette édition.

L’Image et le son

L’éditeur livre un master HD resplendissant ! Le relief est sans cesse appréciable, le piqué est vif et acéré, les détails foisonnent sur le cadre large, les noirs sont denses, les couleurs explosives, les contrastes léchés et chaque source de lumière se révèle éclatante. Ajoutez à cela un piqué acéré comme un scalpel, des séquences nocturnes aussi élégantes que les scènes diurnes ainsi qu’une profondeur de champ fascinante et vous obtenez un feu d’artifice pour les mirettes !

Un seul choix disponible, une piste DTS-HD Master Audio 5.1 créant d’entrée de jeu une large et puissante spatialisation. La bande originale s’en donne à coeur joie, tout comme les séquences agitées (l’assaut sur le cargo, le karaoké) mettent à mal votre installation avec de très bonnes basses et une balance frontale-latérale explosive. Toutes les enceintes sont mises à contribution, certains effets sont particulièrement saisissants, les effets naturels sont légion. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont disponibles, tout comme une piste Audiodescription pour les spectateurs aveugles et malvoyants.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr