Test Blu-ray / Le Conseiller, réalisé par Alberto De Martino

LE CONSEILLER (Il consigliori) réalisé par Alberto De Martino, disponible en combo DVD/Blu-ray – vendu uniquement avec le film Napoli sapa de William Howkins – depuis le 26 mai 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Tomás Milián, Martin Balsam, Francisco Rabal, Dagmar Lassander, Perla Cristal, Carlo Tamberlani, Manuel Zarzo, John Anderson, Franco Angrisano…

Scénario : Adriano Bolzoni, Alberto De Martino, Vincenzo Flamini & Leonardo Martin

Photographie : Joe D’Amato & Rafael Pacheco

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h42

Date de sortie initiale: 1973

LE FILM

Thomas vient de quitter la Mafia pour retourner défendre Don Antonio Macaluso, le chef de la pègre de San Francisco. Son rival, Garofalo, est bien déterminé à usurper son poste et une bataille sanglante s’ensuit. Don Antonio en sort vainqueur, ce qui lui confère le contrôle des opérations de la côte ouest.

Alberto de Martino (1929-2015) a fait des études de droit. Une fois son diplôme en poche, il décide de se lancer dans le cinéma. Il devient figurant puis jeune acteur. Par la suite, il passe derrière la caméra en assistant des réalisateurs (dont Sergio Leone sur Il était une fois…la révolution) et en travaillant sur des documentaires. Son expérience l’amène à devenir scénariste et cinéaste dans les années 60. Il met en scène des longs-métrages aux genres extrêmement variés : péplum, western, épouvante, espionnage, guerre, giallo, horreur et science-fiction. Parmi les films les plus populaires de sa filmographie, nous pouvons citer par exemple Holocauste 2000 et L’AntéchristL’anticristo. En 1973, il réalise Le ConseillerIl consigliori un polar qui place la mafia italienne au centre de l’histoire.

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Test Blu-ray / Host, réalisé par Rob Savage

HOST réalisé par Rob Savage, disponible en DVD et Blu-ray le 7 juillet 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Haley Bishop, Jemma Moore, Emma Louise Webb, Radina Drandova, Caroline Ward, Alan Emrys, Patrick Ward, Edward Linard, Jinny Lofthouse, Seylan Baxter, Jack Brydon, James Swanton…

Scénario : Gemma Hurley, Rob Savage & Jed Shepherd

Durée : 0h56

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Six amis engagent un medium pour une séance de spiritisme sur Zoom pendant le confinement. Très vite, la situation dégénère quand ils réalisent qu’ils ont laissé entrer un esprit maléfique chez eux… Survivront-ils à la nuit ?

Le confinement de 2020 a donné des idées à quelques producteurs et réalisateurs, obligés de s’adapter au contexte sanitaire, pour continuer à travailler malgré tout. Certains ont profité des rues désertées pour aller y filmer un film de science-fiction surfant sur la pandémie, à l’instar du calamiteux Songbird d’Adam Mason (et produit par Michael Bay), qui plongeait ses héros dans une partie de la Californie parasitée par la Covid 23. D’autres ont préféré s’inspirer de la multiplication des réunions Zoom à travers le monde. C’est le cas de Rob Savage, réalisateur de multiples courts métrages (Salt, Healey’s House, Absence, Sit in Silence), d’un long-métrage très remarqué en 2012 (Strings, récompensé aux British Independent Film Awards) et de séries (Fear Haus, Britannia, Bite Size Horror). Le metteur en scène livre un film-gadget, qui se déroule exclusivement sur le service désormais incontournable de conférence à distance, en exploitant les vidéoconférences, les réunions en ligne, le chat et la collaboration mobile dans un film d’épouvante, qui s’inscrit dans le registre du found-footage. En gros, une dizaine de comédiens ont été filmés en gros plan, de façon peu flatteuse, la plupart du temps scotchés devant leur écran, essayant de réagir face à des phénomènes paranormaux, qui font faire bifurquer Host vers le film d’épouvante à la Paranormal Activity. Le gros plus du film, c’est pour ainsi dire sa durée, 56 minutes montre en main, pas plus, pas moins, presque comme une véritable réunion Zoom. L’exposition des personnages est certes longuette, comme bien souvent dans le genre le spectateur est obligé de se farcir une présentation successive de protagonistes peu voire pas du tout intéressants, mais Host installe progressivement son dispositif malin dans une seconde partie plutôt immersive et sympathique. S’il n’innove en rien, au moins Rob Savage aura réussi son petit pari, tirer profit de la paranoïa, des angoisses, des doutes, du mal-être et de l’étouffement ressentis par une bonne partie de la population, pour au final signer un petit film d’horreur ponctué de bons moments.

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Test Blu-ray / Shalako, réalisé par Edward Dmytryk

SHALAKO réalisé par Edward Dmytryk, disponible en Blu-ray le 1er juin 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Sean Connery, Brigitte Bardot, Stephen Boyd, Jack Hawkins, Peter van Eyck, Honor Blackman, Woody Strode, Eric Sykes…

Scénario : James Griffith, Hal Hopper & Scot Finch, d’après le roman de Louis L’Amour

Photographie : Ted Moore

Musique : Robert Farnon

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Un groupe de chasseurs européens dirigé par un baron et une comtesse pénètre dans la réserve de chasse des Apaches et se retrouve en mauvaise posture. Ce comité de notables va alors recevoir l’aide d’un ancien colonel de l’armée surnommé « Shalako »…

S’il a toujours été précédé d’une réputation de navet, autant être clair dès le début, Shalako n’en est pas un. En revanche, c’est un mauvais film, il n’y a rien à redire là-dessus. Pourtant réalisé par le grand Edward Dmytryk (1908-1999), ce western de fin de carrière (il signera encore quatre films après celui-ci) mise sur l’association à l’écran de Brigitte Bardot et de Sean Connery. Si sur le papier il y avait tout pour que le duo fasse des étincelles, on ne peut pas dire qu’il en soit de même à l’écran. Alors qu’il avait dit – momentanément – adieu au rôle de James Bond après On ne vit que deux fois You Only Live Twice, le comédien écossais commençait à chercher un point de chute pour faire oublier l’agent 007. Pour la seule et unique fois de sa carrière, il troque le Walther PPK contre le colt, arrête de se raser et enfile un costume crasseux, puis enfourche son canasson pour aller déambuler dans le désert espagnol d’Almería. Mais soyons honnêtes, s’il fait tout pour y paraître à l’aise, Sean Connery paraît se demander constamment ce qu’il fout là, semble complètement paumé et même son charisme s’avère éteint. Face à lui, Brigitte Bardot, dont on aurait pu penser que le genre serait pour elle comme une récréation, se contente d’être là, mais comme son partenaire, rien ne se dégage de sa prestation et son personnage n’est jamais attachant. Edward Dmytryk n’est pas un manchot, mais sa mise en scène ne fait aucun éclat. C’est propre, carré, mais désespérément lisse, sans attraits, y compris dans les décors naturels, pauvres et asséchés, l’écriture est paresseuse, il ne se passe quasiment rien, bref, vous pouvez aisément vous passer de ce Shalako et l’on comprend pourquoi le film a toujours été mal aimé.

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Test Blu-ray / Fatale, réalisé par Louis Malle

FATALE (Damage) réalisé par Louis Malle, disponible en Blu-ray le 1er juin 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Jeremy Irons, Juliette Binoche, Leslie Caron, Miranda Richardson, Rupert Graves, Ian Bannen, Peter Stormare, Julian Fellowes, David Thewlis…

Scénario : David Hare, d’après le roman de Josephine Hart

Photographie : Peter Biziou

Musique : Zbigniew Preisner

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

La vie de Stephen Fleming, un parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d’Etat, va être bouleversée par sa rencontre avec Anna Barton, amie de son fils, au cours d’une réception à l’ambassade de France…

On a souvent tendance à penser que Fatale Damage, est le dernier long-métrage de Louis Malle (1932-1995), ce qui est faux. Il s’agit de l’avant-dernier film du réalisateur, qui devait terminer sa carrière deux ans plus tard avec Vanya, 42e Rue Vanya on 42nd Street, interprété par Julianne Moore, qui s’avérait en réalité une représentation de la pièce Oncle Vania de Tchekhov, se déroulant dans un théâtre abandonné. Mais pour l’heure, Fatale est sans doute l’ultime grande œuvre du cinéaste, porté par un couple magnifique, Jeremy Irons et Juliette Binoche, investis corps et âme dans cette histoire que beaucoup jugeront immorale, mais qui ne laisse et ne laissera jamais les spectateurs indifférents. Au-delà de l’adultère dévastateur, Louis Malle se penche sur l’évidence entre deux êtres, sur la passion qui les consume, sans chercher à savoir ou même à comprendre ce qui l’anime. Sa caméra semble scruter l’indicible, s’attarde sur les regards, sur le temps qui s’étire (ou qui s’accélère, c’est selon le point de vue) quand deux êtres faits l’un pour l’autre se rencontrent, puis se percutent. Une certitude qu’eux-mêmes sont incapables d’expliquer et de concevoir, pour finalement se laisser porter par leurs sentiments. L’apparence tout d’abord quelque peu austère liée au personnage de Fleming, s’effrite dès le premier regard avec Anna, avant que le couple ne s’enflamme. Drame érotique, pulsionnel, encore plus que passionnel, Fatale est le vrai film-testament de Louis Malle.

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Test Blu-ray / Frances, réalisé par Graeme Clifford

FRANCES réalisé par Graeme Clifford, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 28 avril 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Jessica Lange, Sam Shepard, Kim Stanley, Bart Burns, Christopher Pennock, James Karen, Gerald S. O’Loughlin, Sarah Cunningham…

Scénario : Eric Bergren, Christopher De Vore & Nicholas Kazan

Photographie : László Kovács

Musique : John Barry

Durée : 2h20

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

À 16 ans, lycéenne à Seattle, elle remportait tous les prix ; à 23 ans, étoile montante et troublante de la scène et de l’écran, on l’admirait pour sa beauté et son talent. A 27 ans, un enchaînement d’événements insignifiants entraîne son arrestation et son internement d’office définitif dans un établissement psychiatrique.

Moins connu des cinéphiles en tant que réalisateur que pour son rôle de monteur de Ne vous retournez pas Don’t look now, de Nicolas Roeg, Graeme Clifford fait le choix du biopic pour évoquer une partie de la vie de Frances Farmer (1913-1970), actrice hollywoodienne devenue icône rebelle des années 30.Si le film plonge dans l’environnement intime de la jeune femme, aussi bien son histoire familiale qu’affective, il s’agit d’emblée de montrer son approche érudite et anticonformiste, puisque dès ses seize ans, Frances Farmer, alors élève de la West Seattle High School, fait scandale dans l’Amérique catholique de 1931 via un essai/sermon, intitulé « God dies » dans lequel la lycéenne se réclame de Nietzsche et nie l’existence de dieu.

Un coup d’éclat controversé qui lui vaut de gagner le premier prix du concours d’écriture créative, tout en étant catalogué comme la blasphématrice de Seattle. Contre l’avis de son entourage, elle découvre bientôt le théâtre russe, ce qui lui vaudra d’être qualifiée de communiste par les services de surveillance. Elle entre au théâtre dramatique de Washington et désire devenir actrice, voyageant d’abord à New York puis à Los Angeles, des planches aux studios, de Broadway à Hollywood.

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Test Blu-ray / Emmanuelle (Director’s Cut), réalisé par Just Jaeckin

EMMANUELLE – Director’s Cut réalisé par Just Jaeckin, disponible en Blu-ray le 6 janvier 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Sylvia Kristel, Alain Cuny, Marika Green, Daniel Sarky, Jeanne Colletin, Christine Boisson…

Scénario : Jean-Louis Richard, d’après le roman d’Emmanuelle Marsan

Photographie : Richard Suzuki

Musique : Pierre Bachelet

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Emmanuelle, une jeune femme aisée, rejoint son mari, un diplomate en poste à Bangkok. Le trajet l’ennuie et la belle oisive s’offre à deux passagers sans attendre l’atterrissage. L’ennui persistant, Emmanuelle use sans ménagement de la totale liberté qu’entend lui laisser son mari, soucieux d’amener sa femme à plus d’abandon. Elle fait la rencontre de deux jeunes femmes, Marie-Ange et Bee, qui l’initient aux jeux de l’amour. Emmanuelle découvre donc le goût des très jeunes filles en fleur, puis les séductions du sadisme bien tempéré avec Bee, avant de confier à l’inénarrable Mario, professeur d’érotisme réputé en Thaïlande, le soin de lui faire parcourir toute la gamme des plaisirs…

Mélodie d’amour chantait le coeur d’Emmanuelle,

Qui bat coeur à corps perdu,

Mélodie d’amour chantait le corps d’Emmanuelle,

Qui vit corps à coeur déçu… (air connu)

9 millions d’entrées dans les salles françaises (dont plus de 3 millions sur Paris intra-muros), près de 50 millions dans le reste du monde (où il aurait rapporté près de cent millions de dollars), Emmanuelle, le premier long-métrage réalisé par Just Jaeckin (Histoire d’O, Gwendoline), est un film culte, un événement, un phénomène, un monument. Film-phare et emblématique de l’érotisme chic au cinéma qui a fait de Sylvia Kristel une star internationale et une icône du jour au lendemain, Emmanuelle est resté pendant longtemps le mètre-étalon du genre, maintes fois copié, jamais ou alors très rarement égalé, donnant naissance à moult ersatz qui ont fait les beaux jours, ou les belles nuits plutôt, des troisièmes parties de soirées du dimanche sur M6. Vous voyez de quoi je parle petits coquins. Quand les adolescents préparaient une VHS de 240 minutes et enclenchaient en douce l’enregistrement, pour pouvoir le lendemain visionner en cachette Sexy Zap, la coupure publicitaire (« Chaud devant chaud ! Un jingle pub pour la 6 ! »), la première partie du téléfilm (un Zara White, un Black Emanuelle ou autres ré-jouissances), une nouvelle coupure pub (« Le Commandant et son équipage vous souhaitent un bon voyage dans cet espace publicitaire »), puis la dernière partie du spectacle. Bref, Emmanuelle premier du nom est l’adaptation du roman éponyme d’Emmanuelle Arsan, publié en 1959, qui avait déjà connu une première transposition au cinéma en 1969, en Italie plus précisément, sous le titre Moi, EmmanuelleIo, Emmanuelle, mis en scène par Cesare Canevari, réalisateur des fameux ¡Mátalo! (1970) et La Dernière orgie du IIIème Reich (1977), avec rien de mois qu’Erika Blanc dans le rôle-titre. Mais l’histoire a finalement retenu la version de Just Jaeckin, qui a su bouleverser les spectateurs du monde entier, à tel point que certains pays limitrophes n’hésitaient pas à organiser des voyages en bus dans le seul but de transporter celles et ceux qui voulaient se rendre à Paris, dans le but de voir le film, diffusé non-stop pendant plus de dix ans à l’UGC Triomphe où il était sous-titré en anglais pour ces touristes particuliers. C’est dire si Emmanuelle, au-delà du parfum de scandale qui l’a accompagné à sa sortie, a su marquer les esprits et même si pas mal d’éléments ont forcément vieilli ou s’avèrent aujourd’hui inappropriés, cette œuvre est et demeure anthologique.

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Test Blu-ray / Police, réalisé par Anne Fontaine

POLICE réalisé par Anne Fontaine, disponible en DVD et Blu-ray + DVD le 6 janvier 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Omar Sy, Virginie Efira, Grégory Gadebois, Payman Maadi, Elisa Lasowski, Anne-Pascale Clairembourg, Thierry Levaret, Emmanuel Barrouyer…

Scénario : Anne Fontaine & Claire Barre, d’après le roman d’Hugo Boris

Photographie : Yves Angelo

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Virginie, Erik et Aristide, trois flics parisiens, se voient obligés d’accepter une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Sur le chemin de l’aéroport, Virginie comprend que leur prisonnier risque la mort s’il rentre dans son pays. Face à cet insoutenable cas de conscience, elle cherche à convaincre ses collègues de le laisser s’échapper.

Sorti quelques semaines après le soutien médiatique et polémique d’Omar Sy envers la famille Traoré, Police d’Anne Fontaine a peut-être subi les représailles de l’ensemble des spectateurs qui ont accueilli froidement, voire de manière franchement glaciale, le dix-septième long-métrage de la cinéaste qui n’aura même pas franchi la barre des 200.000 entrées. Nous ne reviendrons pas sur « l’engagement » du comédien, cela le regarde, mais disons que son discours sur son désir « d’avoir une police digne d’une vraie démocratie » a peut-être porté préjudice au film qui nous intéresse aujourd’hui. Dommage, car Police, titre sobre, évidemment déjà emprunté par Maurice Pialat en 1985, est l’une des plus belles réussites de la réalisatrice, qui démarre comme une plongée dans le quotidien de trois policiers, qui se croisent, qui s’affrontent, qui se parlent, s’entendent, « cohabitent » et s’épaulent comme ils le peuvent, avant de muer en véritable huis-clos dans une voiture de fonction, avec laquelle ils se voient confier la tâche d’escorter un prisonnier tadjik jusqu’à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, où il prendra place dans un avion qui le renverra dans son pays. Tendu, Police est un drame psychologique prenant du début à la fin, formidablement interprété par son trio vedette, Omar Sy, Virginie Efira et Grégory Gadebois (son absence de l’affiche est d’ailleurs absolument scandaleuse), aux dialogues percutants et qui n’a pas peur de recourir aux silences qui en disent long sur les pensées tumultueuses des protagonistes. Séance de rattrapage obligatoire pour Police !

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Test Blu-ray / The Wicker Man, réalisé par Robin Hardy

LE DIEU D’OSIER (The Wicker Man) réalisé par Robin Hardy, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 25 novembre 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Christopher Lee, Edward Woodward, Britt Ekland, Diane Cilento, Ingrid Pitt, Lindsay Kemp, Russell Waters, Aubrey Morris…

Scénario : Anthony Shaffer, d’après le roman de David Pinner

Photographie : Harry Waxman

Musique : Paul Giovanni

Durée : Version cinéma (85 minutes) et Final Cut (94 minutes).

Date de sortie initiale : 1973 / 2013

LE FILM

Une lettre anonyme amène le sergent Neil Howie à venir enquêter dans une petite île écossaise sur la mystérieuse disparition d’une jeune fille. Le policier se heurte au silence inquiétant des habitants qui vont jusqu’à nier l’existence de la disparue. Peu à peu, le sergent Howie, découvre que la petite communauté, dirigée par l’excentrique lord Summerisle, regroupe les membres d’une secte païenne qui semble s’adonner à des cérémonies d’un autre âge.

Connu en France sous le titre Le Dieu d’osier, The Wicker Man, réalisé en 1973 par Robin Hardy est très souvent cité dans les tops divers consacrés aux meilleurs films britanniques. Et cette réputation n’est pas usurpée. Quasiment cinquante ans après sa sortie dans les salles et ce même si le montage aura subi quelques coupes drastiques par la censure qui voyait d’un mauvais œil qu’on s’attaque à la religion catholique de façon aussi virulente, The Wicker Man n’a absolument rien perdu de son efficacité. Foncièrement dérangeant et pourtant parcouru tout du long par un humour noir revigorant, sombre et pourtant lumineux, véritable film de genre et néanmoins inclassable, ce Dieu d’osier étonne, bouleverse et effraie, renverse les conventions, les défonce même, pour emmener là où le spectateur était loin de se douter. C’est une des références pour de nombreux aficionados de films d’épouvante, où aucune goutte de sang n’est d’ailleurs versée, mais aussi et surtout pour moult cinéastes qui ont tenté d’en plagier l’âme, le fond, l’atmosphère, sans jamais y parvenir, ou presque, comme l’a récemment démontré le très prometteur Ari Aster avec son incroyable Midsommar, sorti en 2019. Il existe aujourd’hui au moins trois montages de The Wicker Man, celui vu dans les salles en 1973, le Director’s Cut rafistolé avec difficultés – à partir d’une copie de travail appartenant à Roger Corman – et d’une durée prolongée de 15 minutes, ainsi que le Final Cut réalisé et exploité en 2013, sous la supervision de Robin Hardy, trois ans avant de s’éteindre et qui se disait très fier de cette dernière mouture, qui se rapprochait pour lui de la version la plus proche de ses intentions originales.

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Test Blu-ray / L’Homme pressé, réalisé par Edouard Molinaro

L’HOMME PRESSÉ réalisé par Edouard Molinaro, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 25 novembre 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Alain Delon, Mireille Darc, Michel Duchaussoy, Billy Kearns, Philippe Castelli, Marie Déa, Muriel Catala, Monica Guerritore…

Scénario : Maurice Rheims & Christopher Frank, d’après le roman de Paul Morand

Photographie : Jean Charvein & Maurice Fellous

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Pierre Nioxe est un homme doué d’un appétit illimité pour la vie et pour la beauté sous toutes ses formes. Il veut vivre dix existences en une et bousculer celle des autres pour leur faire partager cette rage d’exister à la puissance 1000. Il achète le domaine de ses rêves, y découvre un cloître roman ainsi que la fille de l’ex-propriétaire dont il tombe amoureux. Mais il n’a pas le temps d’aimer, en tout cas pas comme les autres et Hedwige n’est pas une femme comme les autres.

Le réalisateur Édouard Molinaro (1928-2013) commence sa carrière à la fin des années 50 avec des polars comme Le Dos au mur (1958) ou Un Témoin dans la ville (1959). Par la suite, il change de registre et connaît le succès avec des comédies populaires comme Oscar (1967) et Hibernatus (1969) avec Louis de Funès en tête d’affiche ou encore L’Emmerdeur (1973) avec Lino Ventura et Jacques Brel. En 1977, Édouard Molinaro réalise L’Homme pressé, une adaptation du roman de Paul Morand, mettant en scène le couple Alain Delon/Mireille Darc. Les années 1970 marquent le moment le plus prolifique de la carrière d’Alain Delon, qui n’hésitait pas à se lancer en tant que producteur sur des films abordant des sujets qui lui tenaient à cœur. C’est le cas avec L’Homme pressé, qu’il co-produit avec Raymond Danon.

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Test Blu-ray / Chanson douce, réalisé par Lucie Borleteau

CHANSON DOUCE réalisé par Lucie Borleteau, disponible en DVD et Blu-ray le 1er avril 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz, Assya Da Silva, Noëlle Renaude, Rehab Mehal…

Scénario : Lucie Borleteau et Jérémie Elkaïm, d’après le roman Chanson douce de Leïla Slimani

Photographie : Alexis Kavyrchine

Musique : Pierre Desprats

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Paul et Myriam ont deux enfants en bas âge. Ils engagent Louise, une nounou expérimentée, pour que Myriam puisse reprendre le travail. Louise se montre dévouée, consciencieuse, volontaire, au point que sa présence occupe une place centrale dans la famille. Mais très vite les réactions de Louise deviennent inquiétantes.

Avec son premier long métrage en tant que réalisatrice, Fidelio, l’odyssée d’Alice (2014), la comédienne Lucie Borleteau, vue dans La Fille du 14 juillet d’Antonin Peretjatko, offrait un rôle en or à la divine Ariane Labed. Après quelques formidables courts-métrages, Lucie Borleteau imposait d’emblée une immense sensibilité qui transparaissait déjà dans Les Voeux en 2008, le premier moyen-métrage de la cinéaste, fable magique et sensuelle, librement adaptée du Nom sur le bout de la langue de Pascal Quignard. Après la série Cannabis, création pour Arte, Lucie Borleteau signe son deuxième long-métrage et passe la vitesse supérieure avec Chanson douce, adaptée du roman éponyme et best-seller de Leïla Slimani, Prix Goncourt en 2016. Un véritable défi relevé haut la main, que la réalisatrice a écrit avec Jérémie Elkaïm (qui fait une apparition dans le film) et qui offre à Karin Viard l’un de ses rôles les plus difficiles, celui d’un croquemitaine en apparence bien sous tous rapports. La comédienne n’est sûrement pas passée loin de son quatrième César (elle détient celui de la meilleure actrice pour Haut les coeurs ! de Sólveig Anspach et ceux du meilleur second rôle pour Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc et Les Chatouilles d’Andréa Bescond et Éric Métayer) avec ce personnage pervers et dangereux, qui empoisonne progressivement l’existence d’une famille, en s’en prenant à leurs deux enfants. Le regard à la fois perdu et où semblent brûler les flammes de l’enfer de l’actrice est de ceux que le spectateur n’est pas prêt d’oublier.

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