Test 4K UHD / The Monster Squad, réalisé par Fred Dekker

THE MONSTER SQUAD réalisé par Fred Dekker, disponible en Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 17 décembre 2025 chez Extralucid Films.

Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Mary Ellen Trainor, Carl Thibault, Tom Woodruff Jr., Michael Reid MacKay, Jack Gwillim…

Scénario : Fred Dekker & Shane Black

Photographie : Bradford May

Musique : Bruce Broughton

Durée : 1h22

Année de sortie : 1987

LE FILM

Échouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaine d’années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s’entoure d’une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…

Mais…mais…d’où sort ce film ? Comment un tel divertissement a-t-il pu passer sous les radars en 1987 ?? Pourquoi n’avions-nous jamais entendu parler de The Monster Squad quand nous étions gamins dans les années 1980-90 ??? Deuxième long-métrage du réalisateur Fred Dekker (né en 1959), The Monster Squad est un merveilleux divertissement à réhabiliter, mais surtout à faire connaître, à prêter, à offrir, à diffuser dans le plus large réseau possible. Alors qu’il tournait son premier film, Extra Sangsues Night of the Creeps, le metteur en scène préparait déjà son second opus coécrit avec son pote de fac Shane Black, qui la même année signait aussi les scénarios de L’Arme fatale Lethal Weapon de Richard Donner et de Predator de John McTiernan. Ainsi, après sa formidable comédie fantastique et teenage movie d’horreur qui réunissait tout son amour pour le cinéma de genre, autrement dit en jouant avec des aliens, des zombies humains et animaux, un serial killer, ainsi que des adolescents victimes de leurs hormones et de leur sébum, Fred Dekker rend hommage aux Universal Monsters ou à l’Universal Horror, films d’épouvante sortis entre le début des années 1920 et celui des sixties. En fait, The Monster Squad, produit par Peter Hyams et Rob Cohen, est un Avengers ou une Ligue des gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisqu’on y retrouve réunis Dracula, la créature de Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou et l’Étrange Créature du lac noir. Certes, manquent à l’appel L’Homme invisible et le Fantôme de l’Opéra, mais nous ne ferons pas la fine bouche, car le résultat est fantastique, un magistral spectacle pour toute la famille. En prenant plusieurs gamins comme personnages principaux, Fred Dekker surfe évidemment sur la vague Amblin représentée à l’époque par E.T., l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies et Le Secret de la pyramide, avec une touche d’Explorers de Joe Dante (qui lorgnait déjà sur Amblin), mais sans plagier, sans singer, avec un style qui lui est propre et surtout en offrant à sa remarquable distribution de quasi-inconnus (et qui le resteront) de jubilatoires moments de comédie face à des personnages mythiques qui eux sont exploités au premier degré, avec par exemple Dracula traitant une petite fille de cinq ans de « Bitch ! ». D’où un décalage opéré avec virtuosité du début à la fin. Un immense plaisir.

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Test 4K UHD / Gamera – Les Années Showa – Partie 1

GAMERA / GAMERA CONTRE BARUGON / GAMERA CONTRE GYAOS (Daikaiju Gamera – Daikaiju ketto: Gamera tai Barugon – Daikaiju kuchusen: Gamera tai Gyaosu) réalisés par Noriaki Yuasa & Shigeo Tanaka, disponibles en Blu-ray & 4K Ultra HD – Coffret collector limité le 25 février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Junichiro Yamashita, Yoshiro Uchida, Michiko Sugata, Yoshiro Kitahara, Jun Hamamura, Kenji Oyama, Kojiro Hongo, Kyoko Enami, Yuzo Hayakawa, Takuya Fujioka, Koji Fujiyama, Sho Natsuki, Ichiro Sugai, Kichijiro Ueda, Reiko Kasahara, Naoyuki Abe, Taro Marui, Yukitaro Hotaru, Yoshiro Kitahara, Sho Natsuki…

Scénario : Niisan Takahashi

Photographie : Nobuo Munekawa, Michio Takahashi & Akira Uehara

Musique : Tadashi Yamauchi & Chuji Kinoshita

Durée : 1h21, 1h40 & 1h27

Date de sortie initiale : 1965, 1966 & 1967

LES FILMS

Gamera – Daikaijū Gamera (1965) : Des avions militaires russes chargés de bombes nucléaires s’écrasent au Pôle Nord. L’explosion atomique réveille Gamera, un monstre préhistorique ressemblant à une tortue qui se nourrit de chaleur et commence à attaquer les villes pour se recharger. L’armée tente désespérément de trouver une solution pour en venir à bout.

Gamera contre Barugon Daikaijū kettō: Gamera tai Barugon (1966) : Une petite île dans le sud du Pacifique. Quatre aventuriers trouvent une opale. L’un seul survit aux dangers de la jungle et ramène la pierre précieuse au Japon. Bientôt, les scientifiques découvriront qu’il s’agit en fait d’un oeuf de lézard. Soumis aux radiations, le petit animal se transforme en monstre géant. Surnommé « Barugon », il émet une raie de lumière destructrice et attaque le pays. Gamera, un autre géant qui s’est échappé de sa prison spatiale, revient sur Terre afin d’aider les humains dans leur combat…

Gamera contre Gyaos Daikaijū kūchūsen: Gamera tai Gyaosu (1967) : Une éruption volcanique réveille un monstre ailé assoiffé de sang nommé Gyaos. Alors que tous les plans de l’armée – qui utilisaient la lumière du soleil comme arme pour détruire la bête – tombent à l’eau, Gamera tente une fois de plus de défendre le Japon.

Gamera, ou la réponse de la Daiei à la Toho. Depuis 1954, Godzilla ou Gojira pour les intimes, déferle sur les écrans. Monstre expiatoire, icône populaire, symbole du trauma collectif japonais dix ans après les bombes qui ont ravagé Nagasaki et Hiroshima, Godzilla marque l’émergence d’un genre à lui tout seul, le Kaigu eiga, «  le cinéma de monstre  », qui allait engendrer près de trente suites dans lesquelles Godzilla sera confronté à Mothra, Hedora, Gigan, Megalon, Mecanik Monster, Biollante, King Ghidorag, Mechagodzilla, Space Mechagodzilla, Destroyah, Megaguirius. Pacific Rim de Guillermo Del Toro et Cloverfield de Matt Reeves lui doivent tout. Dix ans plus tard, la Daiei décide de s’y coller également. Doté d’un budget moyen, Gamera, largement inspiré par le film Le Monstre des temps perdusThe Beast from 20,000 Fathoms d’Eugène Lourié (1953), connaîtra un succès sans précédent. Dernier Kaiju eiga à avoir été tourné en N&B, ceci afin d’économiser au maximum, cette première aventure mettant en scène la tortue de 60 mètres de haut, sera surtout un triomphe auprès du jeune public, l’un des personnages principaux étant justement un enfant (souvent plus malin que les scientifiques et les militaires), pensant que le monstre est son animal devenu gigantesque, après avoir été exposé à des radiations. Un mythe est né aussi et Gamera engendrera une douzaine de suites jusqu’en 2006, ainsi qu’une série animée en 2023 et un jeu vidéo sur Super Nintendo dans les années 1990. Chacun des trois premiers opus, Gamera, Gamera contre Barugon (ou Les Monstres attaquent) et Gamera contre Gyas, rend compte de l’évolution des studios, des goûts des spectateurs, mais aussi des questions sociales qui animent le Japon d’alors. Si le troisième est souvent loué pour la réussite de l’adversaire de Gamera, Gyas donc, le second volet qui voit affronter la tortue géante à Barugon est sans doute le plus réussi du lot. Néanmoins, cette superproduction ne connaîtra pas le même succès que le premier film, ayant même du mal à rentabiliser sa mise de départ. Les productions suivantes seront indéniablement plus modestes, mais n’en restent pas moins divertissantes. En l’état, découvrir les trois premiers épisodes de la franchise Gamera est un vrai plaisir, surtout dans leur version entièrement restaurée 4K, qui donnent un nouvel éclat à ces divertissements rétros et au charme désuet.

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Test 4K UHD / Le Dernier Monde cannibale, réalisé par Ruggero Deodato

LE DERNIER MONDE CANNIBALE (Ultimo mondo cannibale) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Digibook 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Massimo Foschi, Me Me Lai, Ivan Rassimov, Sheik Razak Shikur, Judy Rosly…

Scénario : Renzo Genta, Tito Carpi & Gianfranco Clerici

Photographie : Marcello Masciocchi

Musique : Ubaldo Continiello

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Sur l’île de Mindanao, en 1975, trois hommes et une femme échouent en avion. Attaqués par les indigènes, deux d’entre eux sont tués. Rowland et Harper s’enfuient. Le premier disparaît dans les rapides, le second est fait prisonnier par une tribu d’anthropophages.

Il y a eu plusieurs étapes dans le cinéma d’épouvante faisant la part belle à l’anthropophagie. On peut remonter à 1963, année de la sortie d’Orgie sanglanteBlood Feast de Herschell Gordon Lewis (premier film gore de l’histoire), puis l’on passe directement à 1972 avec Au pays de l’exorcismeIl paese del sesso selvaggio, réalisé par Umberto Lenzi. Alors que ce dernier aurait dû enchaîner avec Le Dernier Monde cannibaleUltimo mondo cannibale, le producteur Giorgio Carlo Rossi (Qui l’a vue mourir ?), qui souhaitait collaborer de nouveau avec le cinéaste, décide finalement de passer les manettes à un metteur en scène moins gourmand en matière de lires, à savoir Ruggero Deodato. Celui-ci venait de signer le poliziottesco Deux Flics à abattre Uomini si nasce poliziotti si muore, et accepte de s’envoler pour la Malaisie, puis pour les Philippines, pour un tournage qui ne sera assurément pas de tout repos. Le Dernier Monde cannibale s’impose comme l’un des films d’épouvante cannibales italiens les plus réussis, une référence qui ne s’est jamais démentie, qui a su marquer les spectateurs du monde entier, mais aussi les réalisateurs, qui l’ont très souvent mentionné. Pour ce qui sera le premier opus de sa Trilogie Cannibale, qui sera suivi de Cannibal Holocaust (1980) et d’Amazonia, La Jungle Blanche – Inferno in diretta (1985), Ruggero Deodato joue avec le rythme et l’attente de son public, avant de lui offrir ce qu’il est venu chercher (à savoir un bon barbecue improvisé) dans le quasi-dernier acte de son film. Mais avant cela, Ultimo mondo cannibale agit comme une séance d’hypnose (toutes les scènes dans la caverne sont à tomber de beauté) et repose sur le jeu littéralement habité de Massimo Foschi (Holocaust 2000), présent dans toutes les scènes et qui passe presque les trois quarts du récit nu comme un ver. Si ça c’est pas se donner tout entier à son art tout de même…

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Test 4K UHD / Bambi – La Vengeance, réalisé par Dan Allen

BAMBI: LA VENGEANCE (Bambi: The Reckoning) réalisé par Dan Allen, disponible en DVD & 4K Ultra HD + Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Roxanne McKee, Samira Mighty, Nicola Wright, Tom Mulheron, Catherine Adams, Russell Geoffrey Banks, Joseph Greenwood, Alex Cooke…

Scénario : Rhys Warrington, d’après le roman de Felix Salten

Photographie : Vince Knight

Musique : Greg Birkumshaw

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Après avoir vu sa mère tuée par un chasseur alors qu’il n’était qu’un faon, Bambi, un jeune cerf, perd sa compagne Faline, renversée par un camion qui transportait des déchets radioactifs. Lorsqu’il boit l’eau de la rivière, contaminé par les déchets toxiques, Bambi se transforme en une créature puissante, déterminée à se venger. Peu de temps après, Xana et son fils Benji prennent un taxi pour rejoindre le reste de leur famille pour Thanksgiving. Le véhicule est sauvagement attaqué par Bambi. Trois chasseurs se lancent alors dans la traque du grand cerf…

« Quand rien n’est pire de mourir de la peur de mourir de la mort… Quand la mort de mourir de la peur de mourir fait plus peur de périr de la mort de pourrir… de la mort… ». Réplique tirée des Dents de la mouche IV, mythique sketch des Inconnus, qui pourrait sortir tout droit de Bambi : The Recknoning ou tout simplement chez nous Bambi : La Vengeance. Il est là le nouvel opus provenant de l’univers Twisted Childhood (le TCU pour faire vite, ce qui ressemble à un virus), parfois baptisé aussi Bambi : Le Jugement, adaptation horrifique (« lol » comme disent les jeunes vieux) du roman de Felix Salten, Bambi, une vie dans les bois. Rien à voir évidemment avec le classique de Disney sorti en 1942, qui néanmoins avait réussi à traumatiser plusieurs générations de spectateurs en raison de la scène où Bambi perd sa maman… Bambi : La Vengeance intègre logiquement la franchise TCU et rejoint ainsi Winnie-the-Pooh : Blood and Honey, qui malgré des critiques très négatives avait remporté un beau succès (près de 8 millions de dollars de recette pour un budget de seulement 100.000 dollars), récolté cinq Golden Raspberry Awards (oui, bon) et donné naissance à une suite Winnie-the-Pooh: Blood and Honey 2 (qui a connu le même engouement commercial). Mais la Jagged Edge Productions et ITN Studios n’allaient pas en rester là, puisque Peter Pan’s Neverland Nightmare devait lui aussi ruer dans les brancards en 2025, tandis que Bambi préparait doucement, mais sûrement sa vengeance contre les humains qui ont tué sa môman. Et comme les épisodes précédents, Bambi : La Vengeance propose une variation monstrueuse du personnage original, qui devient un mutant sombre et meurtrier, en raison de produits toxiques déversés dans la nature. N’y allons pas par quatre chemins, nous sommes ici à mi-chemin entre le navet de compétition et le nanar anachronique, qui oscille entre la série B et la série Z, qui endort plus qu’elle ne divertit, une série BZ pour résumer. At the secours.

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Test 4K UHD / Danger : Diabolik!, réalisé par Mario Bava

DANGER: DIABOLIK! (Diabolik) réalisé par Mario Bava, disponible en Digibook 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Claudio Gora, Mario Donen, Renzo Palmer, Caterina Boratto…

Scénario : Dino Maiuri, Brian Degas, Tudor Gates & Mario Bava, d’après le personnage et les personnages créés par Angela Giussani et Luciana Giussani

Photographie : Antonio Rinaldi

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Convaincu d’avoir piégé le super criminel Diabolik, l’inspecteur Ginko tombe de haut en se rendant à l’évidence que son pire ennemi l’a, une fois de plus, roulé dans la farine. Diabolik récupère non seulement le butin, mais le ridiculise, lui et son ministre de l’Intérieur. Forts de leur succès, Diabolik et sa complice, Eva Kant, fomentent un nouveau coup d’éclat : le vol des émeraudes d’une milliardaire. Devinant les intentions du couple, Ginko prépare sa revanche, contraignant Valmont, le chef du syndicat du crime, à lui livrer celui qu’il traque depuis si longtemps…

Danger : Diabolik !, ou tout simplement Diabolik en version originale, est l’adaptation du légendaire fumetti italien du même nom, créé au début des années 1960 par les sœurs milanaises Angela et Luciana Giussani. À la barre, rien de moins que Mario Bava, qui après s’être un peu reposé des suites des quatre tournages successifs de Les Dollars du Nebraska Ringo del Nebraska, Duel au couteau I Coltelli del vendicatore, Opération PeurOperazione paura et le frappadingue L’Espion qui venait du surgelé Le Spie vengono dal semifreddo, obtient le plus gros budget de son éminente carrière pour Danger : Diabolik !, produit par le nabab Dino De Laurentiis. Féru de bandes-dessinées, Mario Bava s’en donne à coeur joie et livre un véritable fumetti-live, quand bien même il est obligé de revoir ses ambitions à la baisse, en raison du producteur, qui le freine dans sa représentation de la violence, par crainte de voir la censure s’en mêler et de voir son public restreint. Ce qui laissera un souvenir amer au cinéaste, qui parvient pourtant à terminer le tournage en avance et donc à faire faire des économies à ce cher Dino. Mario Bava passera le reste de sa carrière à se dire peu satisfait du résultat final. Nous spectateurs le prenons pour ce qu’il est, à savoir un immense divertissement pop et acidulé, une comédie d’espionnage cartoonesque qui ne se prend jamais au sérieux, un magnifique objet de cinéma aux couleurs étincelantes (un festival pour les rétines), parcouru d’un érotisme soft, blindé d’action (cela ne s’arrête pas une seconde), de poursuites, de punchlines et d’effets spéciaux. Les recettes dans les salles ayant été jugées décevantes (200 millions de lires investies, 65 millions de bénéfice), Danger : Diabolik !, par ailleurs accompagné de critiques négatives dans le New York Times et dans Variety, n’engendrera pas de suite (il semblerait que Mario en bava justement avec Di Laurentiis et aurait décliné la séquelle), pourtant annoncée dans le final et demeure un film unique en son genre, qui donnera lui-même naissance à moult ersatz et hommages, à l’instar de la trilogie Austin Powers L’Espion qui m’a tirée surtout – de Jay Roach et le méconnu, mais néanmoins formidable CQ de Roman Coppola. Une étape dans le parcours d’un cinéphile.

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Test 4K UHD / The Monkey, réalisé par Osgood Perkins

THE MONKEY réalisé par Osgood Perkins, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD depuis le 12 juillet 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Osgood Perkins, Sarah Levy, Laura Mennell, Christian Convery, Rohan Campbell…

Scénario : Osgood Perkins, d’après la nouvelle The Monkey de Stephen King

Photographie : Nico Aguilar

Musique : Edo Van Breemen

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…

À l’origine, Frank Darabont détenait les droits cinématographiques de la nouvelle de Stephen King intitulée The Monkey, et prévoyait de l’adapter après avoir terminé The Mist. Ce projet n’a jamais vu le jour…avant de revenir sur le devant de la scène en 2023, année où cette transposition est officiellement relancée avec Osgood Perkins (le fils d’Anthony Perkins) aux manettes, au scénario et à la mise en scène, le tout produit par James Wan sous sa bannière Atomic Monster. Une fois la grève des scénaristes passée, le tournage principal est enfin lancé début 2024. Le résultat est à la hauteur des espérances et le réalisateur de l’acclamé Longlegs livre une fois de plus un film quasi-inclassable, véritable comédie noire, fantastique et d’horreur qui confirme la singularité du cinéaste. Il est certain qu’avec son style si particulier, qui fait continuellement le yoyo entre une froideur souvent glaciale et un humour très sombre, The Monkey, qui rappelons-le avait été publié en 1985 dans le recueil Brume, et même avant cela en 1980 dans le magazine Gallery, ne plaira pas à tout le monde. Et c’est tant mieux, car comme Longlegs, The Monkey n’a rien du produit standardisé et fabriqué à la chaîne. Véritable film d’auteur, cet opus ne cesse d’étonner à chaque scène, assume pleinement sa nature de série B titillant le genre Z. Le film offre aux spectateurs de savoureux moments gores, mais toujours marqués par une ironie singulière, comme si Oz Perkins nous disait chaque fois « Je vous ai encore bien eu hein ? », et cela jusqu’à la toute dernière scène. Un vrai train-fantôme à la fois vintage et avant-gardiste.

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Test 4K UHD / La Règle du jeu, réalisé par Jean Renoir

LA RÈGLE DU JEU réalisé par Jean Renoir, disponible en Édition collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Blu-ray bonus + Livre depuis le 4 juin 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Roland Toutain, Nora Gregor, Marcel Dalio, Jean Renoir, Paulette Dubost, Mila Parély, Julien Carette, Gaston Modot…

Scénario : Jean Renoir & Carl Koch

Photographie : Jean Bachelet

Musique : Joseph Kosma

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1939

LE FILM

En 1939, à Paris et en Sologne, un aviateur amoureux d’une femme du monde, ne respecte pas la règle du jeu qui consiste à sauver les apparences dans une société où maîtres et domestiques ont la même nature, de chaque côté de la barrière des classes.

Incompris lors de sa sortie en 1939, La Règle du jeu de Jean Renoir, son 24e long-métrage, est aujourd’hui considéré comme l’un des films les plus importants de l’histoire du cinéma. Encensé par tous les réalisateurs du monde entier, Bertrand Tavernier, Peter Bogdanovich, Alain Resnais, Robert Altman, Olivier Assayas, mais aussi en particulier par François Truffaut qui lui vouait un véritable culte (« le crédo des cinéphiles de sa génération » disait-il), le chef d’oeuvre de Jean Renoir, le plus grand « drame fantaisiste » de tous les temps ne peut laisser indifférent et s’avère une étape indispensable pour tous les cinéphiles du monde entier. Dense, passionnant, remarquablement mis en scène et interprété par toute une ribambelle d’extraordinaires comédiens qui campent TOUS le rôle principal, La Règle du jeu est un film exceptionnel (dont Jean Renoir lui-même dans la peau d’Octave), magistralement photographié par Jean Bachelet (Nous, les gosses), qui comme la plupart des films de Jacques Tati est encore de nos jours passionnant à analyser, tant sur le fond que sur la forme.

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Test 4K UHD / 1984, réalisé par Michael Radford

1984 (Nineteen Eighty-Four) réalisé par Michael Radford, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret depuis le 18 décembre 2024 chez Rimini Éditions.

Acteurs : John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack, Gregor Fisher, James Walker, Andrew Wilde, David Trevena…

Scénario : Michael Radford, d’après le roman de George Orwell

Photographie : Roger Deakins

Musique : Dominic Muldowney & Eurythmics

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Manipulant et contrôlant les moindres détails de la vie de ses sujets, Big Brother est le chef spirituel d’Oceania, l’un des trois États dont la capitale est Londres. Le bureaucrate Winston Smith travaille dans l’un des départements. Mais un jour il tombe amoureux de Julia, ce qui est un crime. Tous les deux vont tenter de s’échapper, mais dans ce monde cauchemardesque divisé en trois, tout être qui se révolte est brisé.

Dans toute bibliothèque normalement constituée trône habituellement un roman, 1984 écrit par George Orwell (1903-1950), dystopie publiée en le 8 juin 1949, sans doute l’un des livres les plus commentés et analysés de tous les temps. Nul besoin de disséquer cet ouvrage, d’ailleurs, nous n’aurons pas l’outrecuidance de contredire ou de seulement affirmer que nous sommes d’accord avec les théories d’un tel ou un autre. Nous nous focaliserons ici sur l’adaptation cinématographique la plus célèbre du roman, à savoir celle réalisée par Michael Radford en…1984. Avant cette transposition, 1984 aura déjà inspiré la petite lucarne et ce dès 1954 avec un téléfilm signé Rudolph Cartier, qui fit scandale outre-Manche par sa radicalité. Deux ans plus tard, c’est sur le grand écran que 1984 fait son apparition dans le film cette fois encore éponyme mis en scène par Michael Anderson (Le Tour du monde en quatre-vingts jours, Le Secret du rapport Quiller, L’Âge de cristal, Orca), dans lequel on reconnaît Michael Redgrave et Donald Pleasence. D’autres moutures plus tard et nous voilà revenus à celle qui nous intéresse aujourd’hui. Michael Radford s’empare du livre de George Orwell et s’approprie seul le propos dense de l’écrivain, pour livrer son point de vue, sa vision, son interprétation. Et le résultat est magistral du début à la fin, immersif, anxiogène, inoubliable, sur le plan formel, ainsi que par l’interprétation virtuose de John Hurt, qui dans la peau de Winston Smith, signe l’une de ses plus grandes prestations. L’épilogue de 1984 version Radford, est de ceux qu’on n’oublie pas.

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Test 4K UHD / Vol à haut risque, réalisé par Mel Gibson

VOL À HAUT RISQUE (Flight Risk) réalisé par Mel Gibson, disponible en DVD, Blu-ray, 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook limité et 4K UHD chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Mark Wahlberg, Michelle Dockery, Topher Grace, Leah Remini, Maaz Ali, Monib Abhat, Paul Ben-Victor, Eilise Patton…

Scénario : Jared Rosenberg

Photographie : Johnny Durango

Musique : Antonio Pinto

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

L’US Marshal Madelyn Harris est chargée d’escorter Winston, criminel et informateur, jusqu’à New York pour qu’il y témoigne contre un parrain de la mafia. Pendant leur voyage dans un petit avion volant au-dessus de l’Alaska, elle se méfie rapidement du pilote, Daryl Booth, qui ne semble pas être l’homme qu’il prétend être mais bel et bien un tueur à gages psychotique et sans limite.

Pour son sixième long-métrage comme réalisateur, Mel Gibson retrouve comme qui dirait « l’intimité » de son premier, L’Homme sans visageThe Man Without a Face, dans le sens où Vol à haut risqueFlight Risk ne saurait concourir dans la même catégorie que Braveheart, La Passion du ChristThe Passion of the Christ, Apocalypto et Tu ne tueras point Hacksaw Ridge. Presque dix ans après le grand succès rencontré par ce dernier (160 millions de dollars de recette, pour 40 millions de budget), l’ami Mel (oui oui, on l’aime toujours nous) revient par la petite porte, avec une production de 25 millions, un thriller qui fleure bon ce doux parfum des années 1990, tourné dans un décor quasi-unique (la carlingue d’un avion, un Cessna Grand Caravan pour être précis), pendant trois semaines seulement, avec une poignée de comédiens. Et ça marche ! Si le box-office a fait grise mine avec à peine 50 millions de billets verts dans la caisse, Vol à haut risque est un divertissement ô combien jouissif, immersif, nawak, jubilatoire, prenant, un spectacle du samedi soir assumé du début à la fin, qui montre une fois de plus le retour en grâce de la série B.

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Test 4K UHD / La Nuit de l’épouvantail – Les Fleurs de sang, réalisé par Frank De Felitta

LA NUIT DE L’ÉPOUVANTAIL – LES FLEURS DE SANG (Dark Night of the Scarecrow) réalisé par Frank De Felitta, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD depuis le 29 mai 2025 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Charles Durning, Robert F. Lyons, Claude Earl Jones, Lane Smith, Tonya Crowe, Larry Drake, Jocelyn Brando, Tom Taylor…

Scénario : J.D. Feigelson

Photographie : Vincent A. Martinelli

Musique : Glenn Paxton

Durée : 1h37

Date de diffusion initiale: 1981

LE TÉLÉFILM

Bien qu’affligé d’un retard mental, Bubba Ritter est le plus gentil, le plus adorable des hommes. Lorsque son amie, la toute jeune Marylee, se fait attaquer par un chien de garde, il passe pour être le coupable de l’agression aux yeux d’Otis Hazelrigg, un postier jaloux et revanchard. Accompagné de trois complices, Otis tue Bubba et abandonne son cadavre dans le déguisement d’un épouvantail. Acquittés faute de preuves, les quatre tueurs sont relâchés et se croient sauvés. Erreur, car, avant de partir pour l’au-delà, l’âme de leur victime entend bien leur infliger le châtiment qu’ils méritent…

C’est l’histoire d’un téléfilm devenu culte auprès de millions de téléspectateurs à travers le monde. Il s’agit de La Nuit de l’épouvantail, aka Dark Night of the Scarecrow, aussi connu en France sous le titre Les Fleurs de sang, écrit par J.D. Feigelson. Ce dernier, qui imaginait tout d’abord son projet pour le cinéma, parvient à trouver un accord avec la chaîne CBS, sans retoucher (ou presque) à son scénario, qui restera son ouvrage le plus célèbre de sa carrière. À la mise en scène, on retrouve étonnamment Frank De Felitta, habituellement romancier et scénariste (La Bataille pour Anzio d’Edward Dmytryk), lui-même plusieurs fois adapté sur le grand écran (L’Emprise de Sidney J. Furie, Audrey Rose de Robert Wise), qui s’empare habilement de cette histoire et instaure une tension du début à la fin, aidé aussi en cela par la musique entêtante de Glenn Paxton. Remarquablement interprété, La Nuit de l’épouvantail vieillit très bien, se regarde comme on lit un bon roman de Stephen King (auquel on pense très souvent), qui détonne alors au milieu du slasher omniprésent (1981 voit s’enchaîner Halloween 2, la première suite de Vendredi 13, Meurtres à la St-Valentin, Carnage, Happy Birthday to Me…), en privilégiant la terreur psychologique, plutôt que les effusions d’hémoglobine, ici totalement absentes. Le résultat est là, La Nuit de l’épouvantail est incontestablement un chef d’oeuvre du petit écran.

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