Test Blu-ray / Chanson douce, réalisé par Lucie Borleteau

CHANSON DOUCE réalisé par Lucie Borleteau, disponible en DVD et Blu-ray le 1er avril 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz, Assya Da Silva, Noëlle Renaude, Rehab Mehal…

Scénario : Lucie Borleteau et Jérémie Elkaïm, d’après le roman Chanson douce de Leïla Slimani

Photographie : Alexis Kavyrchine

Musique : Pierre Desprats

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Paul et Myriam ont deux enfants en bas âge. Ils engagent Louise, une nounou expérimentée, pour que Myriam puisse reprendre le travail. Louise se montre dévouée, consciencieuse, volontaire, au point que sa présence occupe une place centrale dans la famille. Mais très vite les réactions de Louise deviennent inquiétantes.

Avec son premier long métrage en tant que réalisatrice, Fidelio, l’odyssée d’Alice (2014), la comédienne Lucie Borleteau, vue dans La Fille du 14 juillet d’Antonin Peretjatko, offrait un rôle en or à la divine Ariane Labed. Après quelques formidables courts-métrages, Lucie Borleteau imposait d’emblée une immense sensibilité qui transparaissait déjà dans Les Voeux en 2008, le premier moyen-métrage de la cinéaste, fable magique et sensuelle, librement adaptée du Nom sur le bout de la langue de Pascal Quignard. Après la série Cannabis, création pour Arte, Lucie Borleteau signe son deuxième long-métrage et passe la vitesse supérieure avec Chanson douce, adaptée du roman éponyme et best-seller de Leïla Slimani, Prix Goncourt en 2016. Un véritable défi relevé haut la main, que la réalisatrice a écrit avec Jérémie Elkaïm (qui fait une apparition dans le film) et qui offre à Karin Viard l’un de ses rôles les plus difficiles, celui d’un croquemitaine en apparence bien sous tous rapports. La comédienne n’est sûrement pas passée loin de son quatrième César (elle détient celui de la meilleure actrice pour Haut les coeurs ! de Sólveig Anspach et ceux du meilleur second rôle pour Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc et Les Chatouilles d’Andréa Bescond et Éric Métayer) avec ce personnage pervers et dangereux, qui empoisonne progressivement l’existence d’une famille, en s’en prenant à leurs deux enfants. Le regard à la fois perdu et où semblent brûler les flammes de l’enfer de l’actrice est de ceux que le spectateur n’est pas prêt d’oublier.

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Test Blu-ray / The Lodge, réalisé par Severin Fiala & Veronika Franz

THE LODGE réalisé par Severin Fiala & Veronika Franz, disponible en DVD et Blu-ray le 15 juillet 2020 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Riley Keough, Lola Reid, Jaeden Martell, Lia McHugh, Richard Armitage, Alicia Silverstone, Katelyn Wells…

Scénario : Sergio Casci, Veronika Franz, Severin Fiala

Photographie : Thimios Bakatakis

Musique : Danny Bensi, Saunder Jurriaans

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Peu avant Noël, un frère et sa sœur sont envoyés dans un chalet isolé en montagne avec leur nouvelle belle-mère au passé inquiétant. Entre les enfants et la jeune femme s’installe un climat de suspicion réciproque. Un matin, tous trois découvrent le chalet totalement vidé : plus de nourriture, de téléphone, de vêtements. Bloqués par la neige au milieu de nulle part, ils vont être le jouet de forces obscures.

Le duo Veronika Franz/Severin Fiala s’était fait remarquer en 2014 avec leur premier long-métrage intitulé Goodnight Mommy, qui mélangeait drame et horreur. Le film racontait l’histoire de deux jumeaux de dix ans qui attendent le retour de leur mère dans une maison de campagne perdue au milieu des champs et des bois. Lorsqu’elle refait son apparition, son visage est bandé suite à une opération de chirurgie esthétique. Les enfants mettent alors en doute son identité. Veronika et Serverin Fiala reviennent avec un nouveau film The Lodge, co-produit par la Hammer Film Productions, célèbre société britannique connue pour ses longs-métrages fantastiques, d’horreur et d’aventures, qui a connu une notoriété dans les années 50 et 60 avec la saga des Dracula.

Nous découvrons Richard, un essayiste reconnu comme spécialiste des groupes religieux extrémistes. Il souhaite divorcer de sa femme, Laura, avec qui il a un fils et une fille. Mais celle-ci refuse catégoriquement. Alors qu’elle est face à un verre de vin rouge, elle décide, par désespoir, de se donner la mort. Le début du film avait une ambiance calme jusqu’à cette scène du suicide. Cinq secondes à peine se sont écoulé au moment où elle sort le pistolet jusqu’au tir. Ce geste soudain donne une claque au spectateur et annonce un film passionnant…

Malheureusement, ce ne sera pas tout à fait le cas. Six mois après ce drame, le père annonce à ses enfants qu’il est amoureux de Grace, dont on apprendra par la suite qu’elle est la survivante d’une secte religieuse étrange. Il ajoute qu’il souhaiterait partir en vacances de Noël avec toute la famille dans un chalet à la montagne. D’abord réticents, les enfants finissent par céder. Mais arrivés sur place, une tempête de neige contraint le père à partir pour le travail. C’est à ce moment que le film nous présente une petite incohérence. Qui laisserait ses enfants en compagnie d’une femme ayant des problèmes psychologiques non négligeables ?

The Lodge ne parvient pas à surprendre les spectateurs en reprenant des ingrédients utilisés et réutilisés dans le genre film d’horreur. On y trouve une scène de douche apparemment devenue indispensable à insérer depuis Psychose d’Alfred Hitchcock. The Lodge fait un petit clin d’œil à un chef d’œuvre du cinéma d’horreur, The Thing de John Carpenter, qui est diffusé, dans une scène, à la télévision. Nous retrouvons d’ailleurs quelques éléments similaires avec ce film comme la neige et le huis-clos. Nous pouvons supposer qu’il s’agit d’une influence, mais cette façon de l’assumer est assez banale. Le personnage de Grace pense saigner du nez alors que pas du tout, un effet anxiogène ordinaire. Des images d’une maison en miniature s’insèrent de temps en temps dans le récit donnent une autre impression de déjà vu. La musique est stridente comme tout film d’horreur. Parfois, même la réalisation manque d’originalité : pourquoi lorsqu’un personnage met un cachet d’aspirine dans un verre d’eau, faut-il toujours qu’il y ait un gros plan sur la dissolution ?

Malgré tout, nous pouvons apprécier le décor de ce chalet immense perdu en pleine montagne avec un extérieur enneigé magnifique. Le rythme du film est assez lent, avec des longs plans pour mieux planter le décor. Ce choix n’apporte cependant aucune intensité dramatique. Les dialogues peu nombreux laissent place à une musique apportant une atmosphère étrange. L’image est très soignée avec une photographie bien travaillée. Le film est servi par une belle distribution : Riley Keough que l’on a pu voir au cinéma dans Mad Max: Fury Road ou dans la série The Girlfiend Experience, le jeune Jaeden Martell qui a joué dans Ça et dans le chapitre suivant, Richard Armitage connu pour être Thorin dans la trilogie The Hobbit ou encore Lia McHugh et Alicia Silverstone.

Mais l’ambiance est loin d’être angoissante comme ce qu’un film d’horreur devrait nous offrir. Contrairement à la promotion qu’a bénéficié The Lodge, il ressemble plutôt à un thriller psychologique sur fond de huis-clos. Lorsque qu’un matin, l’électricité, l’eau et le chauffage sont coupés pour une raison inconnue, le film frôle également le fantastique. La disparition d’objets et le fait que le frigidaire soit vide, de façon inexplicable, peuvent faire penser à l’apparition d’un phénomène paranormal.

Malheureusement, le retournement de situation est prévisible, malgré les fausses pistes disséminées durant tout le film. Il faut attendre les dix dernières minutes pour découvrir une fin surprenante. Lors de votre prochain rendez-vous dominical à la messe, vous n’entendez plus jamais « Plus près de toi, mon Dieu » de la même façon après avoir découvert The Lodge. Ce film ne révolutionne pas le genre du film d’horreur, les amateurs trouveront tout de même de quoi se divertir tandis que les plus novices seront peut-être séduits. Shining de Stanley Kubrick n’est pas encore détrôné.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray du film The Lodge est disponible chez Metropolitan Vidéo. Le visuel de la jaquette reprend une des affiches avec l’actrice Riley Keough dont le visage, dans la pénombre, est éclairé par une lumière en forme de croix chrétienne. Le menu est animé par des extraits du film et sonorisé par la bande originale amenant une ambiance oppressante.

Cette édition ne comporte aucun bonus, pas même une bande-annonce.

L’image et le son

L’image en haute définition est sublime. Dans un film d’horreur, il arrive très fréquemment qu’il y ait des scènes sombres se déroulant dans la nuit. Sur un écran de télévision, le rendu n’est pas toujours aussi bon qu’au cinéma. Cependant, cette édition permet d’apprécier pleinement ces scènes, le spectateur peut voir parfaitement dans la pénombre. Il peut également profiter des merveilleux décors naturels des montages enneigées.

Le son proposé en DTS-HD 5.1 permet une bonne écoute et de plonger pleinement dans l’ambiance sonore du film. Dans le cinéma d’horreur, parfois, nous devons devenir l’ingénieur du son avec la télécommande à la main, pour baisser le volume sonore lorsque la musique s’intensifie dans certaines scènes inquiétantes ou de le remonter lors des séquences plus silencieuses. Ce n’est pas le cas ici, le son reste à une puissance égale. Le film est disponible en version française ou en version originale dans une qualité égale. Le doublage français est plutôt réussi. Les sous-titres en français non imposés sont disponibles sous deux versions : l’une pour l’intégralité des dialogues et l’autre pour traduire les écrits anglais et la traduction des films visibles en langue anglaise à la télévision.

Crédits images : © Metropolitan Filmexport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr / Critique du film et chronique du Blu-ray réalisées par Jérémy Joly

Test DVD / La Voleuse, réalisé par Jean Chapot

LA VOLEUSE réalisé par Jean Chapot, disponible en DVD le 29 mai 2020 chez Doriane Films.

Acteurs : Romy Schneider, Michel Piccoli, Hans Christian Blech, Sonja Schwarz, Mario Huth…

Scénario : Jean Chapot, Marguerite Duras

Photographie : Jean Penzer

Musique : Antoine Duhamel

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Julia avoue à son mari qu’elle a un fils de six ans. L’enfant n’était qu’un nourrisson lorsqu’elle l’a confié à un couple à qui elle veut, coûte que coûte, le reprendre aujourd’hui. Un drame se noue, opposant au père nourricier cette mère prête à tout pour se délivrer de ses remords et de sa folie.

Quelques années avant de former un couple magnifique devant la caméra de Claude Sautet dans Les Choses de la vie en 1970, Romy Schneider et Michel Piccoli partageaient déjà l’affiche d’un film aujourd’hui un peu oublié : La Voleuse. Il s’agit du premier long-métrage du réalisateur Jean Chapot qui ne mettra en scène qu’un second film, Les Granges brûlées, dont le tournage chaotique l’éloignera définitivement du cinéma. Jean Chapot poursuivra sa carrière principalement en tant que scénariste et metteur en scène pour la télévision.

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Test Blu-ray / Nightfall (Poursuites dans la nuit), réalisé par Jacques Tourneur

POURSUITE DANS LA NUIT (Nightfall) réalisé par Jacques Tourneur, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 19 août 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Aldo Ray, Brian Keith, Anne Bancroft, Jocelyn Brando, James Gregory, Frank Albertson, Rudy Bond, Steve Carruthers…

Scénario : Stirling Silliphant d’après le roman de David Goodis

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Duning

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1956

LE FILM

James Vanning est un homme simple et tranquille. Mais l’argent d’un casse a disparu et deux malfrats extrêmement dangereux pensent qu’il est en sa possession. Vanning devient un homme en fuite, traqué par ces malfrats, filé par l’enquêteur de la compagnie d’assurance. Marie Gardner, un mannequin qu’il rencontre par hasard, s’embarque bientôt avec lui dans cette aventure qui les emmènera dans les montagnes enneigées du Wyoming…

Dans les années 1950, les studios hollywoodiens évoluent et les cinéastes sont de plus en plus nombreux à produire leurs propres films. Metteur en scène depuis les années 30, Jacques Thomas alias Jacques Tourneur (1904-1977) ne se considère pas comme un homme d’affaires mais comme un artisan, un menuisier plus précisément, et n’a que faire de ces maisons de production qui fleurissent un peu partout en Californie. A la recherche d’un projet susceptible de l’intéresser, il se voit proposer l’adaptation d’un roman de David Goodis, Nightfall ou Convicted, ou bien encore The Dark Chase, publié en 1950 en France sous le titre La nuit tombe, sur un scénario de Stirling Silliphant (Dans la chaleur de la nuit, Les Flics ne dorment pas la nuit, La Tour infernale) qui dormait depuis dix ans dans les tiroirs de la Columbia. Si la grande époque du film noir est révolue, Jacques Tourneur, après avoir signé quelques westerns, y voit de quoi innover et décide de remplacer le noir par le blanc immaculé des neiges du Wyoming, partis pris qui inspireront probablement les frères Coen pour l’exceptionnel Fargo (1996). La même année que Rendez-vous avec la peurNight of the Demon, Jacques Tourneur signe donc Nightfall. Et c’est magnifique.

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Test Blu-ray / 10 jours sans maman, réalisé par Ludovic Bernard

10 JOURS SANS MAMAN réalisé par Ludovic Bernard, disponible en DVD et Blu-ray le 24 juin 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David, Alexis Michalik, Héléna Noguerra, Ilan Debrabant, Swann Joulin, Violette Guillon, Evan Paturel, Loïc Lacoua, Rodolphe Borgniet…

Scénario : Ludovic Bernard, Mathieu Oullion

Photographie : Vincent Richard

Musique : Harry Allouche

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Antoine, DRH d’une grande enseigne de bricolage, est en passe de devenir le numéro 1 de sa boîte. C’est le moment que choisit sa femme, Isabelle, pour faire une pause et prendre l’air quelques jours pour s’occuper d’elle. Antoine se retrouve alors seul à devoir gérer la maison et leurs quatre enfants. Il est vite dépassé par les événements ! 10 jours sans maman qui risquent bien de faire capoter sa nomination.

En 2017, à quelques mois d’intervalle, le réalisateur Ludovic Bernard a connu les deux extrêmes. Son premier long métrage, L’Ascension, a été porté par une critique positive, en plus du Grand Prix et du Prix du Jury au Festival de l’Alpe D’Huez, ainsi qu’un bouche-à-oreille très bon, au point de dépasser la barre convoitée du million d’entrées, et ce sans nom véritablement connu au générique à part celui d’Alice Belaïdi. Au début de l’été, son second film sort déjà sur les écrans, Mission Pays Basque. Critique globalement négative de la part de la presse, à peine 150.000 spectateurs au final et film par ailleurs rapidement retiré des salles début juillet. Il revient au cinéma en 2018 avec Sur le bout des doigts, un changement de cap puisqu’ouvertement dramatique. Le film cumule presque 400.000 entrées et se voit récompenser dans quelques festivals et une nomination aux César. En 2020, quelques semaines avant le confinement, la nouvelle comédie de Ludovic Bernard sort sur 10 jours sans maman. Porté par Franck Dubosc, ce remake du film argentin Mamá se fue de viaje d’Ariel Winograd, sorti en 2017 et inédit en France, parvient à attirer 1,2 million de français dans les salles, soit le deuxième plus gros succès français de l’année derrière le million et demi d’entrées de Ducobu 3 et à l’heure actuelle le septième plus grand succès de 2020 derrière L’Appel de la forêt avec Harrison Ford et devant Birds of Prey et la fabuleuse histoire de Harley Quinn avec Margot Robbie. 10 jours sans maman est une jolie surprise. Non seulement Franck Dubosc y est excellent, prendre de la bouteille lui va bien comme on avait déjà pu le constater dans Tout le monde debout, son premier (et prometteur) long métrage en tant que réalisateur, mais le film ne se vautre pas dans la gaudriole gratuite. Tous les comédiens y sont très bien dirigés, le rythme soutenu, les beaux sentiments sont certes présents, mais jamais mielleux et on passe un bon moment durant 1h40.

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Test Blu-ray / Quelqu’un derrière la porte, réalisé par Nicolas Gessner

QUELQU’UN DERRIÈRE LA PORTE réalisé par Nicolas Gessner, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 8 juillet 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Charles Bronson, Anthony Perkins, Jill Ireland, Henri Garcin, Adriano Magistretti, Agathe Natanson, Viviane Everly, André Penvern…

Scénario : Jacques Robert, Marc Behm, Nicolas Gessner d’après le roman de Jacques Robert

Photographie : Pierre Lhomme

Musique : Georges Garvarentz

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Un chirurgien de grande renommée spécialisé dans le cerveau accueille chez lui un homme amnésique, recherché pour viol. Il veut en faire l’instrument qui le vengera de sa femme infidèle.

Quelqu’un derrière la porte n’est assurément pas le film le plus connu de la carrière européenne de Charles Bronson. Pourtant, ce drame psychologique qui flirte avec le thriller est probablement celui où le comédien a le plus d’éléments dramatiques à défendre, ainsi que les dialogues les plus abondants de toute sa filmographie réunie. Réalisé par le méconnu Nicolas Gessner, Quelqu’un derrière la porte est un quasi-huis clos très prenant, singulier et tordu, qui repose également sur l’interprétation morbide du grand Anthony Perkins. A connaître absolument.

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Test Blu-ray / Mes meilleurs copains, réalisé par Jean-Marie Poiré

MES MEILLEURS COPAINS réalisé par Jean-Marie Poiré, disponible en Blu-ray le 27 mai 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Gérard Lanvin, Christian Clavier, Jean-Pierre Bacri, Philippe Khorsand, Louise Portal, Jean-Pierre Darroussin, Marie-Anne Chazel, Elisabeth Margoni, Jacques François…

Scénario : Jean-Marie Poiré, Christian Clavier

Photographie : Claude Agostini

Musique : Michel Goguelat

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1989

LE FILM

Cinq copains, la quarantaine, se retrouvent le temps d’un week-end pour le passage en France de Bernadette, une vedette de rock qu’ils ont aimée autrefois. C’est l’occasion de régler quelques vieux comptes…

Y’a des souvenirs qui ruinent l’ambiance…”

C’est un film complètement à part dans la carrière de l’illustre Jean-Marie Poiré (né en 1945), réalisateur de moult succès et triomphes de la comédie française comme Les Visiteurs (1993), Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 (1998), Les Anges gardiens (1995), Papy fait de la résistance (1983), Les Hommes préfèrent les grosses (1981), L’Opération Corned-Beef (1990), Le Père Noël est une ordure (1982) et bien d’autres, soit près de 45 millions d’entrées en une quinzaine de longs métrages. Pourtant, coincé entre Twist again à Moscou (1986) et L’Opération Corned-Beef, se cache un petit film (en apparence) intitulé Mes meilleurs copains. Passé inaperçu à sa sortie en mars 1989, cette comédie-dramatique et mélancolique n’aura attiré que 358.000 spectateurs, ce qui en fait aujourd’hui le score le plus bas réalisé pour un film de Jean-Marie Poiré. Si Mes meilleurs copains a sûrement décontenancé par la nostalgie qui s’en dégage, ce superbe long métrage a acquis depuis une vraie notoriété et demeure très prisé par de très nombreux cinéphiles qui en ont fait un film culte.

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Test Blu-ray / Orca, réalisé par Michael Anderson

ORCA réalisé par Michael Anderson, disponible en Blu-ray le 27 mai 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Richard Harris, Charlotte Rampling, Will Sampson, Bo Derek, Keenan Wynn, Robert Carradine, Scott Walker, Peter Hooten…

Scénario : Luciano Vincenzoni, Sergio Donati

Photographie : J. Barry Herron, Ted Moore

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Rachel Bedford, biologiste, se consacre à la protection du monde sous-marin. Le Capitaine Nolan veut attraper un épaulard pour toucher de l’argent. Malgré les protestations de Rachel qui le met en garde, il blesse une femelle orque. Le compagnon de l’animal n’aura de cesse de se venger de lui, et le poursuivra impitoyablement, provoquant la mort de plusieurs personnes.

Le réalisateur britannique Michael Anderson (1920-2018), solide technicien, demeure célèbre pour Tour du monde en quatre-vingts joursAround the World in Eighty Days et de 1984, adaptés de Jules Verne et de George Orwell, tous deux réalisés en 1956, mais aussi L’Âge de cristalLogan’s Run (1976) et Chroniques martiennesThe Martian Chronicles, minidsérie créée en 1980. Orca (1977) reste son film le plus diffusé à la télévision française. Grand succès dans l’Hexagone avec près d’1,5 million d’entrées, Orca a toujours été chéri par les spectateurs et connaît depuis quelques années un regain de reconnaissance de la part de la critique. Porté par le couple Richard Harris, animal sauvage qui cache ses blessures, et Charlotte Rampling, beauté féline et insaisissable qui foudroie par son regard électrique, Orca est un vrai classique du cinéma d’aventure doublé d’un drame passionnel dont le troisième sommet du triangle n’est autre qu’un épaulard prêt à tout pour venger la mort de celle qu’il aimait.

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Test Blu-ray / Trauma Center, réalisé par Matt Eskandari

TRAUMA CENTER réalisé par Matt Eskandari, disponible en DVD et Blu-ray le 5 août 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Bruce Willis, Nicky Whelan, Steve Guttenberg, Texas Battle, Lynn Gilmartin, Tito Ortiz, Tyler Jon Olson, Heather Johansen…

Scénario : Matt Eskandari

Photographie : Bryan Koss

Musique : Nima Fakhrara

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

À San Juan, sur l’île de Porto Rico, Madison Taylor est blessée lorsqu’elle se retrouve sous les tirs croisés de Pierce et Tull, deux policiers corrompus. Steve Wakes est chargé d’assurer sa protection car elle est la seule témoin d’un double meurtre. Une nuit de tous les dangers débute…

Ceux qui auront lu notre chronique de 10 Minutes Gone savent que Bruce Willis aura probablement emballé ses scènes en un samedi après-midi. A peine sorti du décor quasi-unique dans lequel il venait d’être filmé, l’ami Bruce s’envolait pour Porto Rico, histoire d’aller se détendre pour le reste du week-end. Comme le monde est bien fait, un metteur en scène du nom de Matt Eskandari était dans le coin pour y tourner son nouveau film Trauma Center. Comme il n’avait rien d’autre à faire le dimanche matin (vous rigolez mais sa présence sur le plateau duré seulement deux jours), Bruce Willis est allé rejoindre la petite équipe de tournage, histoire d’emballer quelques scènes dans une ruelle crasseuse, avant que les prises de vues s’effectuent dans un couloir d’hôpital, probablement fermé pour raisons sanitaires, mais qui paraît flambant neuf après quelques coups de pinceaux et un extincteur posé au mur comme élément de décor. Vous l’aurez compris, Trauma Center, diffusé sur la TNT sous le titre Etat de choc, est un énième Direct-to-video de l’ami Bruce, dans lequel il fait une apparition en pointillés, dans le même costume. Réduit au rang de guest-star de luxe, le comédien ne prend même plus la peine d’être crédible une seconde, débite ses dialogues ineptes, la plupart du temps au téléphone portable (son plus fidèle partenaire depuis des années), en laissant cette fois la première place à Nicky Whelan, qui si elle s’en sort pas trop mal (tout en prenant la pose c’est vrai), pâtit d’un rôle inexistant. D’ailleurs c’est un peu le cas de toute cette production. Des éclairages en passant par les décors, les rebondissements, les enjeux, le montage, la mise en scène, tout semble en état de coma. Alors si vous souhaitez tenter l’expérience, à savoir quel effet ça fait d’avoir son encéphalogramme plat, Trauma Center est fait pour vous. Mais est-ce bien raisonnable ?

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Test Blu-ray / 10 Minutes Gone, réalisé par Brian A. Miller

10 MINUTES GONE réalisé par Brian A. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 10 juin 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Bruce Willis, Michael Chiklis, Meadow Williams, Kyle Schmid, Texas Battle, Lydia Hull, Swen Temmel, John D. Hickman…

Scénario : Kelvin Mao, Jeff Jingle

Photographie : Peter Holland

Musique : Bob Mori, Michael Trent

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Frank, un truand notoire, prépare le braquage d’une banque avec son frère Joe et quelques complices. Au moment où ils s’apprêtent à sortir de la banque, l’alarme se déclenche et les policiers se trouvent rapidement sur les lieux. En prenant la fuite, Frank est assommé. Lorsqu’il reprend connaissance, dix minutes se sont écoulées. Le cadavre de son frère gît sur le sol. Il tente de comprendre ce qu’il s’est passé durant ce laps de temps.

Ne t’inquiète pas Michael, la cantine est bonne, c’est déjà ça !

Tiens, Brian A. Miller est de retour ! Ce nom ne vous dit rien ? Vous n’êtes pas attentifs…Brian A. Miller est le metteur en scène de séries B aux titres évocateurs, Crossfire (2010, avec Chris Klein, vous vous rappelez ?), House of the Rising Sun (aka The Redemption en « VF », 2011, avec Dave Bautista), le navrant (euphémisme) Backtrace (2018) avec Sylvester Stallone et ses implants capillaires, mais aussi le sympatoche The Prince (2014) avec Jason Patric, John Cusack et Bruce Willis. Ce dernier est fidèle à Brian A. Miller, et ce en dépit de leurs mauvais films en commun, puisque l’ami Bruce et le réalisateur tourneront également Vice (2015) et Représaille (2018). A peine avions-nous eu le temps de peaufiner notre chronique de ce dernier, que les deux compères avaient déjà emballé 10 Minutes Gone ! En fait, on suppose que la mise en route d’un de leurs films se passe comme ça au téléphone : « Salut Bruce, c’est Brian ! » « Salut. » « Dis-moi tu aurais une journée de libre pour un tournage à Cincinatti ? » « Ouais, c’est un peu calme en ce moment, mais je suis bien reposé, j’ai même dormi durant les prises de vue de Glass, mais ça ne se voit pas trop. » « Ah bah justement j’ai un truc à te proposer. On a trouvé un étage vide dans un building désaffecté de la ville qu’on pourrait aménager avec quelques chaises et une pauvre table. Ça pourrait faire le bureau de ton personnage. On a aussi un costard trois-pièces à te faire porter. On ne l’a qu’en un seul exemplaire par contre, faudra faire gaffe de ne pas le tâcher, mais comme de toute façon tu ne quitteras pas ce décor de la journée et que tu réciteras tous tes dialogues au téléphone, cela ne devrait pas poser de soucis ! » « Ça me tente bien dis-donc ! On signe où ? J’en suis ! » « Parfait ! Rendez-vous samedi entre 9h et 16h, on devrait pouvoir enquiller toutes tes scènes avant le goûter. Michael Chiklis s’occupera du reste et il nous coûtera aussi cher que toi en shampooing ». Autant vous dire que si vous espérez revoir Bruce Willis en pleine action, passez votre chemin, car il ne fout absolument rien dans 10 Minutes Gone, à part plisser les yeux et pincer la bouche durant ses apparitions dispersées en pointillés durant 90 minutes.

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