Test Blu-ray / Les Carrefours de la ville, réalisé par Rouben Mamoulian

LES CARREFOURS DE LA VILLE (City Streets) réalisé par Rouben Mamoulian, disponible en combo Blu-ray/DVD le 10 décembre 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Gary Cooper, Sylvia Sidney, Paul Lukas, William “Stage” Boyd, Wynne Gibson, Guy Kibbee, Stanley Fields, Betty Sinclair, Robert Homans, Barbara Leonard…

Scénario : Oliver H.P. Garrett, Max Marcin d’après une histoire originale et une nouvelle de Dashiell Hammett

Photographie : Lee Garmes

Musique : Karl Hajos, Ralph Rainger

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 1931

LE FILM

Les États-Unis, durant la Prohibition. Afin de développer son trafic d’alcool, le gangster Maskal n’hésite pas à tuer pour s’approprier de nouvelles brasseries. Il est épaulé par Pop Cooley, son fidèle et redoutable homme de main. Nan, la fille de Cooley, est amoureuse du Kid, qui travaille dans un stand de tir forain. Elle aimerait qu’il rejoigne le gang, mais il s’y refuse. Jusqu’au jour où Nan est emprisonnée…

Pour les cinéphiles, Rouben Mamoulian (1897-1987) reste célèbre pour avoir été débarqué du plateau de Laura (1944) par Otto Preminger en raison de « divergences artistiques », puis de celui du gargantuesque Cléopâtre pour être finalement remplacé par Joseph L. Mankiewicz. Heureusement, l’histoire retiendra aussi et surtout le formidable Docteur Jekyll et Mr. Hyde (1931) avec Fredrich March, l’une, si ce n’est la meilleure adaptation d’une œuvre de Robert Louis Stevenson. Sans oublier Le Signe de Zorro (1940) avec Tyrone Power ! Mais aujourd’hui, nous parlerons des Carrefours de la villeCity Streets (1931), le second long métrage de Rouben Mamoulian. Un film-noir comme on les aime avec une plastique élégante, des costumes bien coupés, des chapeaux bien ajustés, de beaux acteurs noyés dans les volutes de cigarettes et bien évidemment une petite intrigue bien menée, ici resserrée sur 80 minutes. Enfin, Les Carrefours de la ville vaut également pour ses deux têtes d’affiche, non des moindres, Gary Cooper et Sylvia Sidney.

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Test Blu-ray / Fanatic, réalisé par Silvio Narizzano

FANATIC réalisé par Silvio Narizzano, disponible en Édition Blu-ray + DVD + Livret le 3 décembre 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Tallulah Bankhead, Stefanie Powers, Peter Vaughan, Maurice Kaufmann, Yootha Joyce, Donald Sutherland, Gwendolyn Watts, Robert Dorning, Philip Gilbert…

Scénario : Richard Matheson d’après le roman Nightmare d’Anne Blaisdell

Photographie : Arthur Ibbetson

Musique : Wilfred Josephs

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Patricia Carroll, une jeune américaine, vient en Angleterre pour se marier avec Alan Glentower, mais avant de retrouver ce dernier elle décide d’aller rendre visite à la mère de son ancien fiancé décédé, Stephen Trefoile. Madame Trefoile vit dans un château isolé et délabré avec son domestique excentrique, sa servante malveillante et son jardinier simple d’esprit. Madame Trefoile se révèle fanatique religieuse et enferme dans son château Patricia afin de la purifier…

Après Maniac et Paranoïaque, voici Fanatic, réalisé en 1965 par un certain Silvio Narizzano (1927-2011). Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais ce cinéaste a connu son heure de gloire en 1966 avec le film Georgy Girl, avec James Mason et Alan Bates, comédie nommée dans quatre catégories aux Oscar et aux BAFTA, récompensée aux Golden Globes pour l’interprétation de Lynn Redgrave. Mais pour l’heure, Fanatic marque ses débuts au cinéma après avoir fait ses classes à la télévision. Si Fanatic est quelque peu oublié dans l’immense liste des productions de la Hammer Films, il n’en demeure pas moins intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord pour son scénario écrit par Richard Matheson (Je suis une légende, L’Homme qui rétrécit) d’après un roman d’Anne Blaisdell. Un quasi-huis clos anxiogène teinté d’humour très noir. Ensuite, Fanatic confie l’un des deux rôles principaux à la comédienne Tallulah Bankhead, grande tragédienne, célèbre pour ses frasques et ses sautes d’humeur imbibées d’alcool sur les plateaux. Elle est ici la grande attraction du film, le monstre terrifiant. Durant cette période, la Hammer va livrer quelques comédies sombres à la frontière du film d’épouvante en prenant des personnages de femmes âgées comme élément central du récit. A l’instar de Bette Davis dans Confession à un cadavreThe Nanny (1965) de Seth Holt et The Anniversary (1967) de Roy Ward Baker, Tallulah Bankhead livre une prestation hors-normes face à la jeune Stefanie Powers, qui deviendra célèbre grâce à la série culte Pour l’amour du risque (1979-1984) dans laquelle elle incarnera Jennifer Hart, justicière milliardaire aux côtés de Robert Wagner. Ce petit thriller très drôle au demeurant, marque également l’une des premières apparitions au cinéma du comédien Donald Sutherland. Raison de plus pour accueillir les bras ouverts cet excellent opus de la Hammer.

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Test Blu-ray / Les Assassins de l’ordre, réalisé par Marcel Carné

LES ASSASSINS DE L’ORDRE réalisé par Marcel Carné, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 14 mars 2018 chez LCJ Editions

Acteurs : Jacques Brel, Catherine Rouvel, Paola Pitagora, Roland Lesaffre, Boby Lapointe, Jean-Roger Caussimon, Michel Lonsdale, François Cadet, Serge Sauvion, Charles Denner, Jacques Legras…

Scénario : Marcel Carné, Paul Andréota d’après le roman de Jean Laborde

Photographie : Jean Badal

Musique : Pierre Henry , Michel Colombier

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Bernard Level, juge dans une petite ville de province, se voit confier l’instruction d’une affaire délicate. Un homme soupçonné d’un délit mineur est décédé au commissariat, à l’issue de son interrogatoire par le commissaire et deux de ses inspecteurs. Au terme de son instruction Level finit par inculper les policiers. Dès cet instant, toutes sortes de pressions sont exercées sur lui.

« Vous voulez un loup qui bêle avec les moutons… »

Pour les cinéphiles du monde entier, le cinéma de Marcel Carné (1906-1996) se résume souvent aux films cosignés avec Jacques Prévert, de Jenny (1936) aux Portes de la nuit (1946), en passant bien évidemment par Drôle de drame (1937), Le Quai des brumes (1938), Le Jour se lève (1939), Les Visiteurs du soir (1942) et Les Enfants du paradis (1945). Par la suite, l’oeuvre du réalisateur est comme qui dirait passée plus inaperçue, malgré d’incontestables réussites, Juliette ou la clé des songes (1950), Thérèse Raquin (1953), Les Tricheurs (1958), Trois chambres à Manhattan (1965) et Les Jeunes Loups (1968). Mais le film qui se démarque et qui prouve à quel point Marcel Carné en avait encore sous le capot reste indéniablement Les Assassins de l’ordre (1971). Avec ce drame-policier, le cinéaste aborde la question des brutalités policières, sujet brûlant après mai 68, qui demeure malheureusement toujours d’actualité. Bien décidé à montrer qu’il n’était pas prêt à raccrocher les gants et qu’il pouvait traiter des sujets de société, Marcel Carné signe une œuvre magistrale, passionnante, qui sous couvert de divertissement populaire s’adresse à ses concitoyens et ouvre le débat sur une question délicate, sensible, universelle et intemporelle.

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Test Blu-ray / Les Chemins de Katmandou, réalisé par André Cayatte

LES CHEMINS DE KATMANDOU réalisé par André Cayatte, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 25 avril 2018 chez LCJ Editions

Acteurs : Serge Gainsbourg, Pascale Audret, Jane Birkin, Elsa Martinelli, Arlene Dahl, Renaud Verley…

Scénario : André Cayatte, René Barjavel

Photographie : Andréas Winding

Musique : Serge Gainsbourg

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Déçu par Mai 68, Olivier part pour les Indes réclamer à son père une pension de divorce jamais versée. Là-bas, il rencontre Jane, une jeune hippie droguée qu’il décide de « sauver ». Mais la découverte de la malhonnêteté de son père et la mort de Jane vont provoquer chez lui une prise de conscience qui donnera un nouveau sens à sa vie.

Auteur d’immenses succès populaires et critiques comme Le Passage du Rhin, Nous sommes tous des assassins, Le Miroir à deux faces, Marcel Truc alias André Cayatte (1909-1989), ancien avocat au Barreau de Toulouse, vient de connaître un nouveau triomphe au box-office avec Les Risques de métier, qui attire 3,5 millions de spectateurs en décembre 1967. Quelques mois après, mai 68 explose, les pavés sont lancés, les étudiants affrontent les C.R.S. et Charles de Gaulle démissionne en avril 1969. Préoccupé par les sujets de société, André Cayatte rencontre des jeunes d’à peine 20 ans et apprend que certains et certaines se sont littéralement perdus sur les chemins empruntés pour fuir la société qu’ils rejetaient en bloc. Notamment celles et ceux qui ont décidé de tout plaquer pour partir à Katmandou, qui se sont ensuite retrouvés sans un sou, démunis, incapables de prévenir un proche et qui ont trouvé refuge dans la drogue et la prostitution. C’est cette « face cachée » de mai 68 qui intéresse le réalisateur. En résulte une œuvre singulière au sein d’une filmographie très « française », mais finalement pas si éloignée des thèmes de prédilection d’un cinéaste et auteur avant tout humaniste. Les Chemins de Katmandou est une étonnante découverte, qui réunit entre autres Serge Gainsbourg et Jane Birkin juste après leur rencontre sur Slogan de Pierre Grimblat.

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Test Blu-ray / Cartouche, réalisé par Philippe de Broca

CARTOUCHE réalisé par Philippe de Broca, disponible en combo Blu-ray/DVD le 6 novembre 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale, Jess Hahn, Marcel Dalio, Jean Rochefort, Philippe Lemaire, Noël Roquevert, Odile Versois, Paul Préboist…

Scénario : Marcel Boulanger, Philippe de Broca, Charles Spaak

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Révolté par la tyrannie de Malichot, le chef de la truanderie, un jeune et habile voleur nommé Dominique brave son autorité. Il sauve sa vie en s’engageant, sous le nom de Cartouche, dans l’armée, où il se lie d’amitié avec La Taupe et La Douceur. Mais les aléas de la gloire militaire conviennent mal au trio qui déserte après s’être emparé de la solde du régiment. Revenu au repaire de Malichot en compagnie d’une charmante bohémienne appelée Vénus, Dominique distribue son butin aux truands qui aussitôt l’acceptent comme chef…

Amuse-toi, ça empêche de mourir !

A la sortie de Cartouche en mars 1962, Jean-Paul Belmondo n’a que 28 ans. Depuis son explosion dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard deux ans auparavant, le jeune comédien aura enchaîné près d’une quinzaine de longs métrages et non des moindres, avec des réalisateurs aussi illustres que Henri Verneuil (La Française et l’Amour), Vittorio De Sica (La Ciociara), Alberto Lattuada (La Novice), Mauro Bolognini (Le Mauvais chemin La Viaccia) et Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre, Le Doulos). Belmondo n’est pas encore Bebel, mais va le devenir avec Cartouche, dans lequel il incarne pour la première fois à l’écran un personnage haut en couleur, charmeur, aussi à l’aise à cheval qu’à l’escrime, tout en cramponnant la taille de sa ravissante partenaire. Cette mutation, on la doit à Philippe de Broca (1933-2004). S’il doit annuler son projet d’adaptation des Trois Mousquetaires (avec Sophia Loren en Milady) en raison du projet similaire et déjà en production du réalisateur Bernard Borderie avec Gérard Barray, le cinéaste obtient l’accord du producteur Alexandre Mnouchkine pour transposer une histoire moins célèbre, celle de Louis Dominique Garthausen (1693-1721), dit Cartouche, brigand et chef de bande ayant sévi dans les rues de Paris, durant la Régence de Philippe d’Orléans. Philippe de Broca se sent alors plus libre et peut enfin montrer ce qu’il a sous le capot avec ce quatrième long métrage. Merveilleusement mis en scène, d’une suprême élégance, drôle, captivant et bouleversant, Cartouche est et demeure l’une des références absolues du film d’aventures hexagonal.

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Test Blu-ray / Marche à l’ombre, réalisé par Michel Blanc

MARCHE À L’OMBRE réalisé par Michel Blanc, disponible en Blu-ray le 10 septembre 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Gérard Lanvin, Michel Blanc, Sophie Duez, Katrine Boorman, Mimi Félixine, Béatrice Camurat, Pierre Forget, Maka Kotto, Jean-François Dérec, Bernard Farcy, François Berléand…

Scénario : Michel Blanc, Patrick Dewolf

Photographie : Eduardo Serra

Musique : Jacques Delaporte, Xalam, Téléphone, Renaud

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

De retour de Grèce, deux amis inséparables François et Denis débarquent à Marseille. Pour tenter de réussir, ils montent à Paris, mais les illusions de la capitale s’envolent bien vite. Ils sont bientôt contraints de faire la manche à l’entrée des cinémas où François rencontre Mathilde dont il va tomber amoureux. A partir de là, ils vont vivre dans les couloirs du métro parisien avec attaque de loubards, affaire de vêtements et de montres volées, descente de CRS dans le squat où ils habitent…

« J’ai du mal à parler parce que j’ai les dents qui poussent ! »

Depuis le triomphe inattendu des Bronzés en 1978, le comédien Michel Blanc et le cinéaste Patrice Leconte ont enchaîné les collaborations et les succès. Si l’on ajoute le nombre d’entrées de ce film, à celles des Bronzés font du ski (1979), Viens chez moi, j’habite chez une copine (1980), Ma femme s’appelle reviens (1981) et Circulez y a rien à voir (1983), l’association Blanc/Leconte aura attiré près de 9 millions de français dans les salles. Quand sur le tournage de leur dernier film Michel Blanc indique à Patrice Leconte avoir une nouvelle idée pour leur prochain opus, le réalisateur refuse en lui disant qu’il devrait la mettre en scène lui-même. Un pari pour le comédien qui n’avait jamais encore réalisé. Michel Blanc se lance alors dans l’aventure de son premier long métrage. Bien lui a pris, puisque Marche à l’ombre fera un carton au box-office en octobre 1984 avec plus de six millions d’entrées, ce qui le place sur la première marche du podium cette année-là devant Les Ripoux de Claude Zidi (5,9 millions d’entrées) et Indiana Jones et le temple maudit de Steven Spielberg (5,7 millions). Un succès qui ne s’est jamais démenti et qui s’accompagnera constamment de records d’audience à la télévision. Une comédie culte.

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Test Blu-ray / La Valse de l’empereur, réalisé par Billy Wilder

LA VALSE DE L’EMPEREUR (The Emperor Waltz) réalisé par Billy Wilder, disponible en DVD et Blu-ray le 19 novembre 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Bing Crosby, Joan Fontaine, Roland Culver, Lucile Watson, Richard Haydn, Harold Vermilyea, Sig Ruman, Julia Dean, Bert Prival…

Scénario : Charles Brackett, Billy Wilder

Photographie : George Barnes

Musique : Victor Young

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Virgil Smith, voyageur de commerce, parcourt les routes d’Autriche en compagnie de son chien Buttons. Il espère y vendre des phonographes, et aimerait compter l’Empereur François-Joseph parmi ses clients. Le hasard met sur son chemin la comtesse Johanna von Stulzenberg, dont le caniche mord Buttons. Smith exige des excuses, qui lui sont refusées…

La Valse de l’empereurThe Emperor Waltz est comme qui dirait le vilain petit canard dans la filmographie de Billy Wilder. Renié par le réalisateur et son coscénariste Charles Brackett, le film apparaît après Death Mills, documentaire sur la découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en 1945, où la famille de Billy Wilder a été exterminée, et Le Poison, drame psychologique prenant et difficile, réaliste et viscéral sur l’alcoolisme, sorti la même année. Comme s’il avait cherché malgré lui à s’échapper dans un univers diamétralement opposé, on le retrouve aux manettes d’une comédie-musicale qui prend la forme d’une opérette viennoise. Enorme meringue aux couleurs étincelantes (le premier film en couleur du réalisateur), La Valse de l’empereur a beau être parfois marqué par quelques touches ironiques et cyniques emblématiques de son auteur, il n’en demeure pas moins franchement anecdotique dans la carrière du maître. Mais le spectacle est bel et bien assuré.

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Test Blu-ray / Black journal, réalisé par Mauro Bolognini

BLACK JOURNAL (Gran bollito) réalisé par Mauro Bolognini, disponible en DVD et Blu-ray le 19 novembre 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Shelley Winters, Max von Sydow, Renato Pozzetto, Alberto Lionello, Laura Antonelli, Mario Scaccia, Franco Branciaroli, Milena Vukotic…

Scénario : Sergio Amidei, Nicola Badalucco

Photographie : Armando Nannuzzi

Musique : Enzo Jannacci

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Italie, 1938. Lea, une femme du Sud de l’Italie émigrée au Nord, voue un amour excessif à son fils unique, Michele. Elle offre toutes les apparences d’une femme affable, invitant ses voisines à prendre le thé, leur vendant un savon qu’elle fabrique elle-même et qui rend la peau très douce. Mais, derrière cette façade respectable se cache un terrible secret.

En 2019 et malgré plus de trente longs-métrages réalisés en quarante ans de carrière, Mauro Bolognini (1922-2001) ne possède pas la même aura, le même standing, la même reconnaissance que ses illustres confrères, Federico Fellini, Luchino Visconti, Dino Risi, Roberto Rossellini, Luigi Comencini et consorts. Après avoir entrepris des études d’architecture, Mauro Bolognini décide finalement de se lancer dans le cinéma et intègre le célèbre Centro sperimentale di cinematografia de Rome. Dès la fin des années 1940, il devient l’assistant de Luigi Zampa sur une demi-douzaine de films (Les Années difficiles, Les Coupables), ainsi que des français Yves Allégret (Nez de cuir) et Jean Delannoy (La Minute de vérité). En 1953, il signe son premier long métrage, Une fille formidableCi troviamo in galleria, dans lequel Sophia Loren, alors âgée de 19 ans, trouve l’un de ses premiers rôles. Le cinéaste fait ses classes dans cette comédie-musicale dynamique et charmante. Mauro Bolognini le reniera malgré tout par la suite. Au rythme d’un film par an, le réalisateur livre un nouveau long métrage. La rencontre avec Pier Paolo Pasolini sera déterminante. 1959, les deux hommes collaborent sur Les Garçons, inspiré du propre roman de l’écrivain. Ce véritable bijou où la virtuosité du réalisateur s’allie à merveille au superbe scénario de Pier Paolo Pasolini (pas encore réalisateur), annonce déjà les thèmes qui seront alors récurrents dans le cinéma de ce dernier : le récit d’un échec, le désespoir des jeunes gens, la femme réduit à un objet sexuel. Soutenu par une splendide photo, par la jeunesse énergique et la beauté du casting, Les Garçons est empreint d’une inéluctabilité et d’une rare mélancolie que l’on retrouvera encore plus exacerbées dans le chef d’oeuvre Le Bel Antonio, collaboration suivante du duo.

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Test Blu-ray / La Ferme de la terreur, réalisé par Wes Craven

LA FERME DE LA TERREUR (Deadly Blessing) réalisé par Wes Craven, disponible en DVD et combo Blu-ray/DVD le 12novembre 2019 chez Elephant Films

Acteurs : Maren Jensen, Sharon Stone, Susan Buckner, Jeff East, Colleen Riley, Douglas Barr, Lisa Hartman, Lois Nettleton, Ernest Borgnine…

Scénario : Glenn M. Benest, Matthew Barr, Wes Craven

Photographie : Robert C. Jessup

Musique : James Horner

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1981

LE FILM

Après avoir perdu son mari dans des conditions très étranges, Martha Schmidt voit les phénomènes inexpliqués se multiplier autour d’elle. C’est à ce moment qu’elle découvre qu’une communauté religieuse, les Hittites, vit près de chez elle. Ils rejettent le monde moderne, voyant la technologie comme l’œuvre du diable…

Au début des années 1980, Wes Craven (1939-2015) compte déjà son actif La Dernière Maison sur la gaucheThe Last House on the Left (1972) et La Colline a des yeuxThe Hills Have Eyes (1977). Après un détour par la télévision avec L’Été de la peurStranger in Our House, diffusé à partir de 1978 sur CBS et NBC, succès qui sera finalement exploité dans les salles européennes, le réalisateur revient par la case cinéma avec La Ferme de la terreurDeadly Blessing. Projet initié par les mêmes producteurs que L’Été de la peur, ce nouvel opus agit comme la plupart des autres films de son auteur, à savoir comme un conte d’épouvante narré au coin du feu devant quelques spectateurs amateurs d’émotions fortes. S’il n’atteint pas la réussite de ses films précédents, Deadly Blessing n’en comporte pas moins son lot de scènes très efficaces et vaut surtout aujourd’hui pour sa mise en scène, ainsi que pour l’une des premières apparitions au cinéma de Sharon Stone après avoir joué les jolies silhouettes dans Stardust Memories de Woody Allen et Les Uns et les Autres de Claude Lelouch. Entrez donc, nous allons vous faire visiter cette petite ferme sympathique…

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Test Blu-ray / Le Bateau d’Emile, réalisé par Denys de La Patellière

LE BATEAU D’EMILE réalisé par Denys de La Patellière, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 14 octobre 2019 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Lino Ventura, Annie Girardot, Michel Simon, Pierre Brasseur, Jacques Monod, Édith Scob, Roger Dutoit, Joëlle Bernard, Roger Pelletier, Etienne Bierry, André Certes, Jean Solar, Pierre Vielhescaze, Guy Humbert, Marcel Bernier, Yves Gabrielli, Jean-Louis Tristan…

Scénario : Denys de La Patellière, Albert Valentin, Michel Audiard d’après une nouvelle de Georges Simenon

Photographie : Robert Juillard

Musique : Jean Prodromidès

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

De retour à La Rochelle, le débauché Charles-Edmond Larmentiel se venge de sa famille d’armateurs en léguant sa fortune à son fils Emile Bouet. François Larmentiel, le frère de Charles-Edmond, furieux de voir le capital familial entre les mains de celui qu’il considère comme un étranger, propose un arrangement à Emile. Celui-ci ne tarde pas à deviner les réelles intentions de François.

La glace conserve, mais les tropiques vous laissent le choix entre la cirrhose et la vérole ; je me suis offert les deux !

Auparavant assistant du réalisateur Maurice Labro, Denys de La Patellière (1921-2013) signe son premier long métrage Les Aristocrates en 1955, adapté du roman éponyme de Michel de Saint Pierre paru en 1954. Coup d’essai, coup de maître. Le réalisateur y racontait la fin d’une ère, d’un monde à part entière. Celle d’une aristocratie incarnée par un père de famille, veuf, qui a voulu transmettre à ses enfants les traditions qui lui ont été inculquées dès son plus jeune âge. Seulement voilà, la société a changé, le langage également. Comment cette famille peut-elle dans ce cas-là espérer communiquer alors qu’ils ne se comprennent plus ? La Seconde Guerre mondiale est encore présente dans la tête des enfants, quasiment tous adultes à présent, à l’exception de deux frères jumeaux turbulents, et chacun souhaite se libérer du carcan qui leur a été imposé. C’est ce que représente le personnage incarné par Michel Simon dans Le Bateau d’Emile, dixième film de Denys de La Patellière, réalisé en 1962. Dans cette adaptation d’une nouvelle de Georges Simenon publiée en 1945, le cinéaste s’en prend violemment à la grande bourgeoisie française, devenue une parodie, une caricature sans plus aucun fondement ni de raison d’être. Suite au triomphe du merveilleux Un taxi pour Tobrouk (près de cinq millions d’entrées), le réalisateur fait à nouveau appel à Lino Ventura et lui offre un rôle délicat, sensible et à fleur de peau, qui se démarque dans la filmographie du comédien. Il apparaît dans le récit comme le pion manipulé par « ceux de la haute », autrement dit les nantis qui règnent depuis trois générations sur le monde de la pêche, dont le PDG est incarné par l’immense Pierre Brasseur. Egalement interprété par Annie Girardot et Edith Scob, Le Bateau d’Emile est une fable cynique, douce-amère et virulente, méconnue, avec des dialogues très en verve et percutants de Michel Audiard.

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