Test Blu-ray / Kull le conquérant, réalisé par John Nicolella

KULL LE CONQUÉRANT (Kull the Conqueror) réalisé par John Nicolella, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 19 août 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Kevin Sorbo, Tia Carrere, Thomas Ian Griffith, Litefoot, Roy Brocksmith, Harvey Fierstein, Karina Lombard, Edward Tudor-Pole…

Scénario : Charles Edward Pogue, d’après les personnages de Robert E. Howard

Photographie : Rodney Charters

Musique : Joel Goldsmith

Durée : 1h32

Année de sortie : 1997

LE FILM

Kull est un bon roi. Sa droiture et sa vaillance incomparables l’ont porté sur le trône et il est aimé de son peuple. Seulement quelques nobles corrompus lui vouent une haine féroce et sont bien décidés à l’éliminer. C’est alors que, malgré les tendres sentiments qu’il porte à l’esclave Zareta, il cède à la séduction de la belle Akivasha, une sorcière maléfique que ses ennemis ont ressuscitée pour le tuer au cours de sa nuit de noces.

Bon…Si vous cherchez à retrouver l’univers de Robert Ervin Howard au cinéma, allez voir ailleurs. Mais ce serait dommage de vous priver d’un aussi bon nanar d’heroic fantasy que ce Kull le conquérant, réalisé par un certain John Nicolella, décédé en 1998, soit un an après la sortie de son ultime long-métrage. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il y a une relation de cause à effet (le crabe serait la raison de son départ anticipé), mais toujours est-il que le metteur en scène âgé de 52 ans signait ici une nouvelle référence du genre, mais sûrement pas dans le sens où il l’attendait. Car Kull le conquérant est un mauvais film sympathique comme on dit, où tout part en sucette pour notre plus grand plaisir de spectateur déviant, à commencer par l’interprétation de Kevin Sorbo dans le rôle-titre, sur qui le film a quasiment été monté suite au refus d’Arnold Schwarzenneger de reprendre le rôle de Conan dans un troisième opus intitulé Conan le Conquérant. Quelque peu embarrassé par son mètre 92, de long comme d’épaules, le comédien, qui aura incarné Hercule dans quelques téléfilms aux côtés d’un Anthony Quinn à bout de souffle, dans Xena, la guerrière et dans sa propre série, paraît bien plus préoccupé par son brushing que par son jeu. Déambulant dans des décors en carton-pâte passés à la gouache brillante, ce cher Kevin ne cesse de prendre la pose, tout en plissant des yeux, comme s’il était constamment en train de réfléchir à la meilleure routine à adopter pour conserver son postiche le plus soyeux possible. Face à lui, Tia Carrere, trois ans après True Lies de James Cameron et juste avant la série Sydney Fox, l’aventurière, tente de faire bonne figure dans le rôle d’Akivasha, la reine sorcière d’Acheron, qui va donner du fil à retordre (et décoiffer) notre héros, qui nous fait rudement penser à celui de l’inénarrable La Revanche de Samson, avec le légendaire Paul Hays-Marshall, autre mètre étalon de la série Z. Produit par Raffaella De Laurentiis fille du grand Dino De Laurentiis, qui quinze ans plus tôt était à la barre de Conan le Barbare et Conan le Destructeur, aussi librement des récits de Robert E. Howard – une affaire de famille donc- Kull le conquérant, roi d’Atlantis, se rapproche plutôt de Kalidor, la légende du talisman Red Sonja (1985) de Richard Fleischer et s’avère un film d’aventures certes raté et manquant cruellement de moyens, mais ô combien divertissant.

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Test DVD / Le Prince des chats, réalisé par Ota Koval

LE PRINCE DES CHATS (Kocicí princ) réalisé par Ota Koval, disponible en DVD le 2 mars 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Pavel Hachle, Zaneta Fuchsová, Winfried Glatzeder, Jana Andrsová-Vectomová, Vlastimil Hasek, Bohumil Vávra, Alena Kreuzmannová, Jana Andresíková…

Scénario : Ota Hofman & Ota Koval

Photographie : Andrej Barla

Musique : Lubos Sluka

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

En Bohême, une famille doit emménager dans un vieux château, les parents devant y travailler. Les enfants Raduk et Teresa explorent les longs couloirs avec leur petit chat, en évitant le ténébreux Albert, le maître des lieux qui n’aime pas les chats. Ce dernier blessant leur chatte, les enfants trouvent un passage derrière un tableau, qui les conduira dans un pays merveilleux, duquel ils devront ramener l’élixir de vie, après avoir affronté maints dangers.

Le Prince des chatsKocicí princ est un conte de fées tchécoslovaco-est-allemand, réalisé par Ota Koval, sorti sur les écrans en 1979. Ici, point d’adaptation d’un élément tiré des Mille et Une Nuits, des écrits des frères Grimm, d’Andersen ou de Charles Perrault, puisqu’il s’agit d’une histoire complètement originale coécrite par le cinéaste et l’écrivain Ota Hofman, tous les deux étant spécialisés dans les récits dédiés aux enfants et aux jeunes adultes. Tourné dans de magnifiques décors naturels (Tierpark Berlin, ou dans les environs de Dresde et de Prague) ou reconstitués dans les studios Barrandov de Prague, Le Prince des chats est une sorte d’Histoire dans finThe NeverEnding Story avant l’heure, puisque l’intrigue transforme nos deux très jeunes protagonistes, en héros d’aventures qui devront mener une quête teintée de magie, pour pouvoir rentrer chez eux et sauver celle pour qui ils vont risquer leur existence, leur chatte. Film très court, ramassé sur 78 minutes, Le Prince des chats conserve un charme vintage indéniable, même si l’on ne peut s’empêcher de penser que certains animaux ont été malmené sur le plateau, à l’instar de ce chat tout simplement balancé dans les airs durant le générique, sur lequel les cartons se figent et le montrent effrayé. Évidemment, cela ne va sûrement pas aussi loin que le tournage cruel des Aventures de Chatran, film japonais, remanié aux Etats-Unis, où plusieurs dizaines de félins avaient semblent-ils été sacrifiés, mais il est évident que les chats vus dans le film ont été « forcés » dans quelques scènes. Heureusement, ces séquences sont plutôt limitées et le reste du temps, le spectacle est joliment assuré et bourré d’imagination.

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Test DVD / L’Histoire du Petit Muck, réalisé par Wolfgang Staudte

L’HISTOIRE DU PETIT MUCK (Die Geschichte vom kleinen Muck) réalisé par Wolfgang Staudte, disponible en DVD le 2 mars 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Thomas Schmidt, Johannes Maus, Friedrich Richter, Trude Hesterberg, Alwin Lippisch, Silja Lesny, Heinz Kammer, Gerhard Hänsel…

Scénario : Peter Podehl & Wolfgang Staudte, d’après le conte de Wilhelm Hauff

Photographie : Robert Baberske

Musique : Ernst Roters

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

Pour faire cesser les moqueries d’enfants turbulents, le vieux potier bossu Muck leur raconte son histoire : orphelin très jeune, Muck partit dans le désert à la recherche du marchand de bonheur. Séquestré par une sorcière, il parvint à lui échapper, emportant au passage un bâton magique et une paire de babouches enchantées. Il s’en alla alors tenter sa chance à la cour du sultan.

Vous n’aviez jamais entendu parler de L’Histoire du Petit Muck ? Nous non plus. Pourtant, sachez que Die Geschichte vom kleinen Muck a fait autant d’entrées dans les salles de la République démocratique allemande que Le Petit Monde de don Camillo (1952) ou que La Grande illusion (1947) de Jean Renoir en France, soit près de 13 millions de spectateurs, pour une population qui en comptait 16 millions. Il restera le plus grand succès de l’histoire du cinéma de la RDA. C’est dire le succès colossal, le triomphe, le phénomène de ce Petit Muck complètement inconnu au bataillon dans nos contrées. Le film est l’adaptation du conte de fées éponyme de l’écrivain et poète Wilhelm Hauff, que l’on trouve dans un recueil intitulé Die KarawaneLa caravane, publié en 1825, qui avait déjà fait l’objet de plusieurs transpositions au cinéma et ce dès 1921 (Der kleine Muk, par Wilhelm Prager), puis en 1938 à travers un court-métrage d’animation soviétique (Malenkiy Muk par Olga Khodatayeva), et enfin en 1944 avec Der kleine Muck de Franz Fiedler. Et l’on arrive au film qui nous intéresse aujourd’hui, un blockbuster de l’époque qui bénéficiait alors d’un budget conséquent (le plus gros jamais alloué à un film par le studio), où l’argent se voit à l’écran du début à la fin. Rempli de couleurs et d’effets spéciaux (par ailleurs très réussis et au charme fou), L’Histoire du Petit Muck est un vrai spectacle pour les petits et les autres.

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Test Blu-ray / La Vengeance de Siegfried, réalisé par Harald Reinl

LA VENGEANCE DE SIEGFRIED (Die Nibelungen) réalisé par Harald Reinl, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 5 janvier 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Uwe Beyer, Karin Dor, Rolf Henniger, Siegfried Wischnewski, Maria Marlow, Hans von Borsody, Terence Hill, Herbert Lom, Fred Williams, Dieter Eppler…

Scénario : Harald G. Petersson, Harald Reinl & Ladislas Fodor

Photographie : Ernst W. Kalinke

Musique : Rolf A. Wilhelm

Durée : 2h42

Année de sortie : 1966

LE FILM

Terminant son initiation chez le nain Mime, Siegfried se forge une épée, et va tuer le dragon Fafnir, se baignant alors dans son sang pour acquérir l’invincibilité. Mais une feuille de frêne se colle sur son dos, lui laissant une partie vulnérable. Il se rend ensuite à la cour des Nibelungen, chez le roi Gunther, où il va tomber amoureux de la belle Krimhilde, la sœur du roi. Ce dernier devant repousser une attaque des Saxons, Siegfried va lui prêter main forte. Ses exploits l’amèneront au statut immortel de héros.

Certains cinéphiles pointus connaissent le diptyque de Fritz Lang réalisé en 1924, La Mort de Siegfried, suivi de La Vengeance de Kriemhilde, inspiré par le mythe allemand des Nibelungen. Une fresque de six heures qui demeure la grande référence sur le sujet. Néanmoins, dans les années 1960, le cinéma allemand décide de revenir à cette légende, la légendaire Chanson des Nibelungen, épopée médiévale composée au XIIIe siècle, narrant entre autres la construction de l’Allemagne. Sur une durée de près de trois heures, pensé en deux actes bien distincts, La Vengeance de Siegfried Die Nibelungen est pour ainsi dire un véritable blockbuster, magistralement réalisé par Harald Reinl (1908-1986), réalisateur mythique, prolifique et éclectique (tous les genres et sous-genres sont représentés dans sa filmographie), passé à la postérité avec Le Retour du docteur MabuseIm Stahlnetz des Dr. Mabuse (1961) et L’Invisible docteur MabuseDie unsichtbaren Krallen des Dr. Mabuse (1962), ainsi que la célèbre série des Winnetou avec Pierre Brice dont il réalisera cinq épisodes, y compris les trois premiers qui populariseront la franchise qui sera constituée au final de douze longs-métrages, une série et un téléfilm. Également l’un des fondateurs du Krimi, autrement dit du polar allemand qui commençait à fleurir dans les salles, Harald Reinl se voit confier cette énorme coproduction germano-yougo-hispano-islandaise, La Vengeance de Siegfried, Première partie : La Mort de Siegfried – Die Nibelungen, Teil 1: Siegfried et La Vengeance de Siegfried, Deuxième partie : La Vengeance de Kriemhild – Die Nibelungen, Teil 2: Kriemhilds Rache. Immense spectacle, bourré de magie, de combats, d’émotions, de conspirations, La Vengeance de Siegfried n’a pas pris de rides et reste toujours aussi efficace et très beau à regarder.

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Test Blu-ray / Trilogie Majin : Majin, Le Retour de Majin, Le Combat final de Majin, réalisés par Kimiyoshi Yasuda, Kenji Misumi & Kazuo Mori

MAJIN, LE RETOUR DE MAJIN, LE COMBAT FINAL DE MAJIN (Daimajin, Daimajin ikaru, Daimajin gyakushū) réalisés par Kimiyoshi Yasuda, Kenji Misumi et Kazuo Mori, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Miwa Takada, Yoshihiko Aoyama, Jun Fujimaki, Ryūtarō Gomi, Kōjirō Hongō, Shiho Fujimura, Tarō Marui, Takashi Kanda, Riki Hashimoto, Hideki Ninomiya, Shinji Hori, Masahide Iizuka…

Scénario : Tetsurō Yoshida

Photographie : Fujio Morita

Musique : Akira Ifukube

Durée : 1h24 / 1h19 / 1h27

Année de sortie : 1966

LA TRILOGIE

Les trois longs métrages de la série Daimajin (dans l’ordre : Majin, Le Retour de Majin, Le Combat final de Majin) furent tournés simultanément durant l’année 1966. Cette trilogie, affiliée aux genres Kaiju Eiga (films de monstres géants, dont Godzilla demeure le précurseur) et Jidai Geki (en rapport avec l’histoire du Japon médiéval, et notamment le chanbara – film de sabre), développe une thématique commune en fil conducteur. Ainsi, dans chacun de ces films, Daimajin, un géant de pierre, vient aider des villageois opprimés par un seigneur tyrannique. Sorte d’équivalence au Golem issu de la mythologie juive, Daimajin (traduction littérale : « Grand Démon ») est une divinité de pierre endormie, ne se réveillant que pour porter secours au peuple et châtier l’oppresseur. Et ce dernier, qu’il soit chambellan ou monarque, peut alors trembler, car la vengeance de Daimajin n’a aucune limite !

Ou quand la Daiei, société de production cinématographique japonaise fondée en janvier 1942, décide de mélanger les genres, le film historique et le film fantastique, tout en surfant sur le grand succès rencontré par Gamera, réalisé par Noriaki Yuasa et sorti en 1965. Ainsi naît Majin, de Kimiyoshi Yasuda (1911-1983), bien connu des cinéphiles pour avoir mis en scène six des vingt-six films de la série Zatoichi interprétée par Shintarō Katsu. Ici, point de monstre préhistorique ressemblant à une tortue, mais une statue de pierre avoisinant les dix mètres de haut ! En avril 1966, le triomphe de Majin est suivi de deux suites, en fait tournées en même temps, Le Retour de Majin de Kenji Misumi et Le Combat final de Majin de Kazuo Mori, qui sortent respectivement en août 1966 et en décembre 1966. Chaque opus de cette trilogie reprend peu ou prou la même trame (les trois films ont été écrits par Tetsurō Yoshida), mais transposée chaque fois dans une atmosphère différente. Aujourd’hui, revoir les trois épisodes à la suite s’apparente à un récit composé de trois chapitres qui se reflètent et se complètent tout en même temps. Produits par Masaichi Nagata (président de la Daiei), tournés dans de magnifiques décors, naturels ou reconstitués en studio, Majin, Le Retour de Majin et Le Combat final de Majin sont de véritables merveilles cinématographiques, pleines de magie, d’aventures, de combats au sabre, de belles valeurs et de bons sentiments.

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Test Blu-ray / Krull, réalisé par Peter Yates

KRULL réalisé par Peter Yates, disponible en Édition Digibook Collector, Combo Blu-ray + DVD + Livret le 19 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Ken Marshall, Lysette Anthony, Freddie Jones, Francesca Annis, Liam Neeson, Alun Armstrong, David Battley, Bernard Bresslaw, John Welsh, Graham McGrath, Robbie Coltrane…

Scénario : Stanford Sherman

Photographie : Peter Suschitzky

Musique : James Horner

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Les épousailles de Colwyn, fils du roi Turold et de Lyssa, fille du roi Eirig, prévues pour réunir les deux royaumes, ne sont pas du goût de la Bête, cachée dans la Forteresse Noire qui fait enlever la belle. Mais son fiancé, aidé du cyclope et de toute une bande de rebelles, délivrera sa bien-aimée.

Soyez les bienvenus sur la planète Krull ! S’il n’a obtenu qu’un succès très modéré dans les salles à sa sortie en 1983, on peut d’ailleurs parler d’échec commercial, Krull est devenu depuis un vrai film culte auprès des amateurs de science-fiction et d’heroic fantasy. A juste titre d’ailleurs, car ce long métrage réalisé par Peter Yates regorge de rebondissements en tous genres, de personnages sympathiques et brillamment interprétés, de décors somptueux, bref, Krull est un formidable film d’aventures pour toute la famille et n’a de cesse d’être redécouvert.

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Test Blu-ray / Hercule contre les vampires, réalisé par Mario Bava

HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (Ercole al centro della Terra) réalisé par Mario Bava, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Reg Park, Christopher Lee, Leonora Ruffo, George Ardisson, Franco Giacobini, Ida Galli, Marisa Belli, Mino Doro, Rosalba Neri, Raf Baldassarre…

Scénario : Sandro Continenza, Franco Prosperi, Duccio Tessari, Mario Bava

Photographie : Mario Bava

Musique : Armando Trovajoli

Durée : 1h22

Année de sortie : 1961

LE FILM

Afin de s’emparer du trône d’Œchalie, Lyco envoûte la belle Déjanire pour ensuite la sacrifier aux forces des ténèbres. Voulant sauver sa fiancée, Hercule consulte l’oracle Sybille, qui l’invite à aller chercher une pierre magique au royaume d’Hadès. Mais pour s’y rendre, il devra d’abord ramener une pomme des jardins des Hespérides. Avec l’aide de Thésée et de Télémaque, le héros part à l’aventure.

Quand il réalise et coécrit Hercule contre les vampires avec Sandro Continenza, Franco Prosperi et Duccio Tessari, Mario Bava n’a qu’un seul long métrage à son actif en tant que réalisateur, Le Masque du démon (1960). Officiellement du moins, car le cinéaste, bien que non crédité, a également co-réalisé Les Vampires (1957) et Caltiki, le monstre immortel (1959) aux côtés de Riccardo Freda, Le Danger vient de l’espace (1958) de Paolo Heusch et Hercule et la Reine de Lydie (1959) de Pietro Francisci. Après avoir fait ses classes en tant que directeur de la photographie, puis dans le domaine du documentaire, Mario Bava commence donc par « rendre service » aux cinéastes qui l’emploient. Fils d’un sculpteur, il a hérité du don de son père pour modeler la matière mise à sa disposition. Ancien élève des Beaux-Arts, fasciné par les plus grands peintres, Mario Bava use de son talent en tant que chef opérateur pour Roberto Rossellini, Dino Risi et même pour Raoul Walsh sur Esther et le roi (1960). Même si Hercule contre les vampiresErcole al centro della terra (1961) mentionne souvent Franco Prosperi à la mise en scène, il s’agit bel et bien d’un film de Mario Bava, dans lequel son fascinant univers pictural explose une fois de plus.

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Test Blu-ray / Le Conte du tsar Saltan, réalisé par Alexandre Ptouchko

LE CONTE DU TSAR SALTAN (Skazka o tsare Saltane – Сказка о царе Салтане) réalisé par Aleksandr Ptushko, disponible le 7 janvier 2020 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Vladimir Andreyev, Larisa Golubkina, Oleg Vidov, Kseniya Ryabinkina, Nikolai Barmin, Yakov Belenkiy, Nina Belyayeva, Boris Bityukov…

Scénario : Igor Gelein, Aleksandr Ptushko

Photographie : Igor Gelein, Valentin Zakharov

Musique : Gavriil Popov

Durée : 1h22

Année de sortie : 1967

LE FILM

Le tsar Saltan choisit son épouse parmi trois sœurs. Tandis que la cadette devient tsarine, les deux aînées, pleines de jalousie, font tout pour lui nuire. Alors que le tsar est parti guerroyer, la tsarine met au monde le prince Gvidon. Avec l’aide du traître conseiller, les deux sœurs parviennent à se débarrasser de la mère et du fils en les jetant à la mer dans un tonneau. Naufragé sur l’île de Bouïane, le prince grandit à une vitesse déconcertante. Un jour, il sauve un cygne des griffes d’un aigle. Le cygne est en fait une princesse victime d’un sort, et va l’aider à faire justice.

Quelle merveille ! Le Conte du tsar Saltan est l’adaptation du long conte écrit en vers, rythmés et rimés par Alexandre Pouchkine en 1931, réalisée par Alexandre Ptouchko (1900-1973) et sortie en 1967. Le cinéaste soviétique, également scénariste, producteur, dessinateur, sculpteur, marionnettiste, directeur artistique, peintre, créateur d’effets spéciaux et directeur de la photographie, ancien journaliste, décorateur de théâtre et acteur, signait ici son avant-dernier film. Le spécialiste russe de l’animation met tout son talent dans ce film d’aventures immensément poétique, remplit de magie, de couleurs, de féerie et de charme. Celui que l’on surnommait le Walt Disney soviétique, ce qui était aussi injuste que réducteur, lauréat du Lion d’Argent au Festival de Venise pour Le Tour du monde de Sadko (1953) créé une fois de plus un univers unique à l’écran.

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Test Blu-ray / Le Continent oublié, réalisé par Kevin Connor

LE CONTINENT OUBLIÉ (The People That Time Forgot) réalisé par Kevin Connor, disponible en DVD et Blu-ray le 20 août 2019 chez Rimini Editions

Acteurs : Patrick Wayne, Sarah Douglas, Thorley Walters, Dana Gillespie, Shane Rimmer, Doug McClure…

Scénario : Patrick Tilley d’après le roman d’Edgar Rice Burroughs

Photographie : Alan Hume

Musique : John Scott

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

1917. Le major Ben McBride réunit un petit groupe d’aventuriers pour partir à la recherche de l’un de ses collègues, disparu dans une région inexplorée du globe. Contraints de se poser en catastrophe après l’attaque de leur avion par un ptérodactyle, les membres de l’expédition découvrent un monde étrange, peuplé d’hommes préhistoriques et de dinosaures.

Le Continent oubliéThe People That Time Forgot est à la fois la suite du Sixième ContinentThe Land That Time Forgot sorti en 1975, mais également le troisième long métrage du cinéaste britannique Kevin Connor (né en 1937), adapté des écrits d’Edgar Rice Burroughs (1850-1950), le créateur de Tarzan, l’homme-singe. Après Le Continent oublié, première aventure de la trilogie du Cycle de Caspak, et Centre terre, septième continentAt the Earth’s Core (1976), premier volet du Cycle de Pellucidar, Kevin Connor souhaitait transposer le Cycle de Mars, connu pour son héros John Carter. Mais faute de budget, le réalisateur décide finalement de donner suite au Cycle de Caspak. Le Continent oublié est donc la suite directe du Sixième Continent et convoque la même équipe, à savoir le cinéaste Kevin Connor, le comédien Doug McClure (Le Virginien), le directeur de la photographie Alan Hume (Rien que pour vos yeux, Supergirl, Runaway Train) et le chef décorateur Maurice Carter.

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Test Blu-ray / Jason et les Argonautes, réalisé par Don Chaffey

JASON ET LES ARGONAUTES (Jason and the Argonauts) réalisé par Don Chaffey, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 18 février 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Todd Armstrong, Nancy Kovack, Gary Raymond, Laurence Naismith, Niall MacGinnis, Michael Gwynn, Douglas Wilmer, Jack Gwillim, Honor Blackman…

Scénario : Jan Read, Beverley Cross

Photographie : Wilkie Cooper

Musique : Bernard Herrmann

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Pour reconquérir le royaume dont son demi-frère a usurpé le trône, Jason se lance dans la quête de la Toison d’Or. A bord de l’Argos dans lequel embarquent les meilleurs marins et guerriers, il met le cap sur une terre lointaine et dangereuse d’accès. S’il bénéficie de l’aide de certains dieux de l’Olympe, d’autres, par contre, dressent devant lui des créatures et monstres qui défient l’imagination : des squelettes encore très vivants, un titan de bronze, des harpies, un dragon a sept têtes…

Certains films traversent les décennies sans perdre leur magie originelle. C’est le cas du mythique Jason et les ArgonautesJason et les Argonautes, librement inspiré par le poème épique les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes, chef d’oeuvre absolu et encore aujourd’hui considéré comme la matrice du cinéma heroic fantasy, d’aventure et du péplum. Merveille visuelle, immense divertissement souligné par la partition du maître Bernard Herrmann, le film réalisé par Don Chaffey en 1963 a su conserver sa poésie grâce aux extraordinaires effets visuels du maître Ray Harryhausen, qui ont non seulement frappé les esprits des spectateurs du monde entier sur plusieurs générations, mais aussi influencé les plus grands cinéastes de la deuxième partie du XXe siècle. Vous avez dit culte ?

Dans la Grèce antique, pour reconquérir le royaume de son père Éson usurpé par son demi-frère Pélias, Jason doit rapporter à ce dernier la fabuleuse Toison d’or, dépouille sacrée d’un bélier, réputée pour apporter la paix et la prospérité, qui se trouve en lointaine Colchide. Il s’embarque à bord du navire de guerre Argo avec toute une équipe de héros, les Argonautes. À la fois aidés et contrariés par des dieux et déesses rivaux, ils vont être confrontés aux éléments déchaînés et à des créatures plus monstrueuses les unes que les autres : le colosse Talos, les deux horripilantes Harpies, les rochers broyeurs Symplégades, une hydre (un horrible dragon à sept têtes) ainsi qu’à une armée vindicative de terribles et agiles squelettes. Mais Jason va connaître l’enchantement amoureux sous les traits de Médée, vaincre les obstacles et rapporter la Toison d’or.

Près de soixante ans après sa sortie, Jason et les Argonautes n’a pour ainsi dire pas pris une ride. Premièrement, la mise en scène du britannique Don Chaffey (1917-1990) n’a rien d’académique et surprend même souvent avec ses partis pris, notamment une caméra à l’épaule qui saisit l’instant et la stupeur, l’effroi et l’action, sur les séquences où Jason et ses compagnons affrontent les créatures qui leur barrent le chemin. S’il a beaucoup tourné pour la télévision (Destination Danger, Le Prisonnier), on doit également à Don Channey La Reine des Vikings et Un million d’années avant J.C. (aaaah Raquel Welch…) réalisés pour le compte de la Hammer Films, l’atypique western Charley le borgne (avec Richard Roundtree et Roy Thinnes), mais aussi le superbe long métrage Disney Peter et Elliott le dragon, avant de terminer sa longue et prolifique carrière sur le méconnu et pourtant très réussi C.H.O.M.P.S. pour Hannah et Barbera. Si Jason et les Argonautes est entré dans l’Histoire du cinéma, cela n’est pas dû uniquement qu’au travail (de titan) de Ray Harryhausen et il est toujours bon de rappeler la virtuosité de la mise en scène de Don Chaffey.

Hollywood s’empare de la mythologie et invite les spectateurs à s’embarquer pour la Thessalie et au-delà des mers. L’intrépide Jason est interprété par le comédien Todd Armstrong, vu précédemment dans La Rue chaudeWalk on the Wild Side d’Edward Dmytryk. Il trouve ici le rôle de sa vie et campe un héros valeureux et bronzé à souhait. Celle qui se démarque une fois de plus est la mythique Honor Blackman, ici Héra, plus connue pour son personnage de Cathy Gale dans la série Chapeau melon et bottes de cuir et qui allait incarner l’une des James Bond Girls les plus connues de la saga James Bond, Pussy Galore dans Goldfinger de Guy Hamilton. Mais les personnages qui se distinguent encore plus sont bel et bien toutes les créatures imaginées, conçues et animées par l’immense Ray Harryhausen avec son célèbre procédé « Dynarama ».

Comme pour le mythe d’Hercule (personnage également présent aux côtés du héros), Jason doit affronter plusieurs épreuves pour accéder à l’objet convoité. Ray Harryhausen, également producteur aux côtés de Charles H. Schneer, s’est surpassé pour concocter des créatures devenues mythiques et qui n’ont de cesse d’inspirer encore et toujours les magiciens des effets spéciaux contemporains. Du colosse de bronze Talos dont les déplacements s’accompagnent d’un grincement de ferraille, en passant par les immondes (mais magnifiques) Harpies, une créature à têtes multiples, jusqu’au final anthologique où Jason et ses hommes affrontent au sabre une armée de 7 squelettes. Cette dernière séquence de trois minutes aura nécessité quatre mois de travail. L’animation en volume (ou stop-motion) est d’une fluidité remarquable, magnifique, et renvoie aussi bien au rêve qu’à l’imaginaire, avec une grâce de tous les instants. Jason et les Argonautes est inépuisable, intemporel, universel.

LE BLU-RAY

L’attente a été longue, interminable même pour les grands fans de Jason et les Argonautes, dont la seule et unique édition en DVD remonte à 1999 chez Sony Pictures. Vingt ans plus tard, le chef d’oeuvre de Don Chaffey et de Ray Harryhausen est enfin ressuscité par Sidonis Calysta. A cette occasion, Alain Carradore et son équipe ont concocté une édition Collector Blu-ray + DVD + Livre de 152 pages sur Ray Harryhausen par Marc Toullec ! Le menu principal de l’édition HD est animé et musical.

On commence par le supplément le plus conséquent de cette édition, à savoir l’incroyable documentaire réalisé en 2011 par Gilles Penso et produit par Alexandre Poncet, Ray Harryhausen – Le Titan des effets spéciaux (93’). Disponible chez Rimini depuis décembre 2013 en édition collector (que nous vous conseillons fortement), ce film exceptionnel, qui a nécessité plus de 4 ans de travail, rend hommage à ce géant du 7ème art, spécialiste des effets spéciaux. Il rassemble des images d’archives rarissimes, des interviews de Ray Harryhausen (conduites en 2004), de nombreux extraits, des images de tournage, des essais tournés en vidéo pour des projets finalement avortés ainsi que des témoignages des plus grands noms du cinéma actuel : Steven Spielberg, James Cameron, Peter Jackson, Tim Burton, Terry Guilliam, Guillermo Del Toro, et bien d’autres encore John Landis, Joe Dante, Nick Park, Phil Tippett, Vincenzo Natali, Dennis Muren, John Lasseter et bien d’autres. Un documentaire à compléter avec Le Complexe de Frankenstein, co-réalisé par Gilles Penso et Alexandre Poncet, disponible chez Carlotta Films.

Les plus téméraires s’aventureront vers la prestation de Michel Eloy (35’), rédacteur en chef du site PEPLVM – IMAGES DE L’ANTIQUITE, passionné par l’Antiquité gréco-romaine. Erudit, spécialisé dans l’étude de l’image au cinéma et dans la bande dessinée de l’antiquité, Michel Eloy propose une longue présentation des mythes, parfois difficile d’accès, mais qui n’en reste pas moins fort intéressante et instructive.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce et des spots TV.

L’Image et le son

Voilà qui fait plaisir ! En effet, ce nouveau master restauré HD de Jason et les Argonautes comblera tous les espoirs du fan de base. Le grain est là, la texture argentique se ressent à chaque plan. La propreté est irréprochable, c’est superbe sur les séquences diurnes avec une clarté insoupçonnée et un relief des textures et des matières jusqu’alors inédit. La définition sur les tous les plans à effets spéciaux est évidemment plus chaotique. Mais c’est un choix, afin de préserver la nature originale de l’image composite, en respectant les partis pris et donc les défauts que cela comporte avec des fourmillements, une palette chromatique délavée, un piqué émoussé, une perte des détails et des contours parfois approximatifs. Retoucher à ces séquences aurait entraîné la furie des puristes. Le Blu-ray de Jason et les Argonautes ne déçoit pas, jamais, puisque nous n’avons jamais vu le film ainsi. D’autant que le reste du temps, les contrastes affichent une densité remarquable avec des noirs impeccables et les couleurs comme le bleu du ciel et de la mer sont souvent resplendissantes.

On commence par la piste anglaise proposée en DTS-HD Master Audio 5.1. Cette option permet de mettre en valeur les combats de Jason et de ses compagnons contre les créatures diverses et variées, en appuyant les basses, tout en créant une spatialisation élégante. Les ambiances naturelles comme l’eau, le craquement du bois et le vent se font ressentir sur les latérales, tout en laissant une large place à la partition de Bernard Herrmann. Toutefois, la version originale mono 2.0. conviendra largement et offre un confort acoustique solide et dynamique. Aucun souffle à déplorer. Les sous-titres français sont imposés et le changement de langue verrouillé à la volée. La piste française est également de fort bon acabit.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr