Test 4K UHD / Obsession fatale, réalisé par Jonathan Kaplan

OBSESSION FATALE (Unlawful Entry) réalisé par Jonathan Kaplan, disponible en Combo Blu-ray + 4K le 1er septembre 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Ray Liotta, Kurt Russel, Madeline Stowe, Roger E. Mosley, Ken Lerner, Carmen Argenziano, Andy Romano, Deborah Offner…

Scénario : Lewis Colick

Photographie : Jamie Anderson

Musique : James Horner

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

À Los Angeles, la vie de Michael et Karen bascule lorsqu’un cambrioleur s’introduit chez eux. Traumatisés, ils trouvent un soutien providentiel et amical auprès de l’agent Pete Davis. Mais derrière cet uniforme rassurant se cache une personnalité trouble…

On ne se lassera jamais de (re)découvrir les thrillers américains des années 1990. À l’heure de Fenêtre sur Pacifique – Pacific Heights de John Schlesinger, La Main sur le berceau – The Hand That Rocks the Cradle de Curtis Hanson, J.F. partagerait appartement – Single White Female de Barbet Schroeder, Les Nerfs à vif – Cape Fear de Martin Scorsese, Les Nuits avec mon ennemi – Sleeping with the Enemy, Malice de Harold Becker, pour ne citer que ceux-là, Obsession fatale – Unlawful Entry tire son épingle du jeu. On doit ce petit bijou du thriller domestique et psychologique à Jonathan Kaplan (1947-2025), réalisateur prolifique aussi bien au cinéma qu’à la télévision, passé à la postérité avec Les Accusés – The Accused (1998), qui a valu à Jodie Foster son premier Oscar de la meilleure actrice. S’il se consacrera essentiellement à la petite lucarne par la suite (on lui doit moult épisodes produits et réalisés d’Urgences, de New York, unité spéciale, de FBI : Portés disparus), le cinéaste livre assurément l’un de ses meilleurs longs-métrages avec Obsession fatale. Le film repose sur un scénario malin écrit par Lewis Colick (La Nuit du jugement de Stephen Hopkins, Les Fantômes du passé de Rob Reiner, Ciel d’octobre de Joe Johnston), qui renvoie parfois au mythique The Prowler – Le Rôdeur (1951), chef d’oeuvre de Joseph Losey, écrit par le non moins légendaire Dalton Trumbo. Dans Obsession fatale, nous retrouvons plus ou moins un point de départ similaire, mais aussi les thèmes subversifs, dont l’autorité policière corrompue et la masculinité contrariée. Si Le Rôdeur traitait de l’impuissance, Obsession fatale montre un mari amoureux de sa femme, sensible, qui ne correspond pas au modèle macho habituel. C’est là que débarque un mâle alpha, merveilleusement incarné par le regretté Ray Liotta, alors entre Les Affranchis – Goodfellas de Martin Scorsese et Absolom 2022 – No Escape de Martin Campbell. Unlawful Entry joue habilement avec l’ambiguïté du personnage féminin, là aussi formidablement interprété par la sublime Madeleine Stowe, qui semble à la fois fascinée et repoussée par l’agent Pete Davis, visiblement un roc à qui rien ne fait peur et qui s’avère disponible nuit et jour pour défendre la veuve et l’orphelin. La veuve surtout. Plus de trente ans après sa sortie, Obsession fatale demeure un parfait représentant du genre, une valeur sûre, un divertissement prenant qui n’a rien perdu de son charme.

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Test Blu-ray / Cadavres à la pelle, réalisé par John Landis

CADAVRES À LA PELLE (Burke and Hare) réalisé par John Landis, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fisher, Tom Wilkinson, Michael Smiley, Stuart McQuarrie, Jessica Hynes, Christopher Lee, Gabrielle Downey…

Scénario : Piers Ashworth & Nick Moorcroft

Photographie : John Mathieson

Musique : Joby Talbot

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2010

LE FILM

Au XIXe siècle, William Burke et William Hare sont deux amis qui tentent de survivre de leurs arnaques à Édimbourg. Par hasard, ils s’aperçoivent qu’un cadavre frais peut rapporter beaucoup d’argent : Édimbourg est à cette époque le haut lieu de la médecine européenne. Les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections pour faire avancer leur science. Appâtés par cette forte demande, Burke et Hare vont alors provoquer des « accidents » pour obtenir de plus en plus de cadavres frais.

Si l’on regarde attentivement la filmographie de John Landis, Le Flic de Beverly Hills 3 – Beverly Hills Cop 3 est son dernier succès au box-office, même si celui-ci est tout de même considéré comme un échec avec « seulement » 120 millions de dollars de recettes, là où les deux précédents avaient franchi la barre des 300 millions. « Après, c’est le drame » comme on dit. Les Stupides – The Stupids sort en 1996 et passe totalement inaperçu, Blues Brothers 2000 rentabilise à peine son budget de 32 millions de dollars et Susan a un plan vide carrément les salles en 1999. John Landis se tourne alors vers la télévision, emballe quelques épisodes pour les séries Les Maîtres de l’horreur – Masters of Horror et Psych : Enquêteur malgré lui, tout en faisant quelques apparitions devant la caméra de ses confrères et amis (Sam Raimi, Costa-Gavras, Santiago Segura). Il faudra attendre 2010 pour que le réalisateur revienne au cinéma. Ce sera avec Cadavres à la pelle – Burke and Hare, inspiré par l’histoire vraie de William Burke et William Hare, deux irlandais qui s’étaient mis en tête de gagner leur vie en vendant des cadavres (plus d’une quinzaine) à un docteur de renom Robert Knox, médecin légiste, qui étudiait l’anatomie humaine et réalisait des dissections devant ses élèves de l’Edinburgh Medical College. Un marché lucratif qui a duré une année, avant que la justice s’en mêle et découvre que les personnes disparues avaient été assassinées par les deux individus. Précédé d’une réputation désastreuse, Cadavres à la pelle est pourtant une récréation hautement jouissive, interprétée par des acteurs géniaux et animée par un humour macabre qui fait du bien. Le tout transpire également d’un amour incommensurable pour le cinéma, du muet aux classiques de l’horreur et du gothique. Assurément à (re)découvrir.

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Test du Blu-ray / Troubles, réalisé par Wolfgang Petersen

TROUBLES (Shattered) réalisé par Wolfgang Petersen, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Tom Berenger, Bob Hoskins, Greta Scacchi, Joanne Whalley, Corbin Bernsen, Debi A. Monahan, Bert Rosario, Jedda Jones…

Scénario : Wolfgang Petersen, d’après le roman de Richard Neely, The Plastic Nightmare

Photographie : László Kovács

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Dan Merrick est victime d’un grave accident de voiture lors d’une sortie de route dans une région montagneuse près de San Francisco. Rescapé, l’impact provoque des lésions cérébrales, ce qui entraîne l’amnésie totale de Dan. Après avoir subi une intervention chirurgicale pour réparer son visage défiguré par l’accident, Merrick tente progressivement de se réinsérer dans sa vie sociale, en reprenant le poste qu’il occupait et en étant aidé par son épouse Judith qui est très avenante pour lui faire retrouver un maximum de souvenirs. De sombres flashbacks lui surviennent spontanément et le dirigent vers un secret que presque tous ses proches tentent de lui cacher. De nombreux faits troublants l’incitent à mener l’enquête sur sa vie précédant l’accident.

Quand on évoque le réalisateur allemand Wolfgang Petersen (1941-2022), beaucoup de cinéphiles pensent immédiatement à sa carrière américaine, marquée par de nombreux hits au box-office, Dans la ligne de mire – In the Line of Fire (1993), Alerte ! – Outbreak (1995), Air Force One (1997), En pleine tempête – The Perfect Storm (2000) et Troie – Troy (2004, son plus grand succès dans le monde avec près d’un demi-milliard de dollars de recettes). Mais bien avant ces cartons successifs, Wolfgang Petersen s’était déjà fait un nom. La première consécration viendra dès son quatrième long-métrage, Le Bateau – Das Boot (1981), qui amasse près de cent millions de dollars (convertissez en deutsche marks). Il obtient de ce fait les commandes du mythique L’Histoire sans fin – Die unendliche Geschichte (1984), ou The NeverEnding Story, titre de la chanson composée par Giorgio Moroder et chantée par Limahl, grosse production de près de 30 millions de dollars, soit le film le plus cher jamais encore produit en Allemagne. Là encore, carton mondial, y compris outre-Atlantique, où Hollywood commence à se dire que le réalisateur, à l’instar d’un Paul Verhoeven, en a sérieusement sous le capot. 1985, en raison de mécontentements de la production, Wolfgang Petersen remplace au pied levé son confrère Richard Loncraine pour le tournage d’Enemy – Enemy Mine, film de science-fiction porté par Dennis Quaid, alors que Terry Gilliam et David Lynch avaient été envisagés. Cela permet au cinéaste d’avoir un vrai premier pied dans la Mecque du cinéma. C’est là qu’apparaît Troubles – Shattered, d’après le roman Cauchemar sous plastique de Richard Neely, projet personnel qu’il écrit seul qu’il parvient à mener du début à la fin et à faire distribuer par la MGM. Brillant exercice de style, dans lequel Wolfgang Petersen déclare tout son amour au cinéma d’Alfred Hitchcock, Troubles s’inscrit dans la veine des polars du style Sang chaud pour meurtre de sang-froid, À double tranchant, Malice, Présumé Innocent…Ou quand le thriller psychologique commençait à flirter avec l’érotisme, mais n’y plongeait pas encore tout à fait. Cela viendra pourtant peu de temps après avec Basic Instinct, Harcèlement, The Last Seduction…En dépit de son twist final qui se devine à mi-parcours, Troubles, qui rappelle aussi étrangement l’excellent Diaboliquement vôtre (1967) de Julien Duvivier, demeure un parfait représentant du genre, rempli de fausses pistes et de manipulations, magistralement mis en scène et interprété par le trio vedette Tom Berenger, Greta Scacchi et Bob Hopskins.

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Test Blu-ray / Amour Apocalypse, réalisé par Anne Émond

AMOUR APOCALYPSE (Peak Everything) réalisé par Anne Émond, disponible en DVD & Blu-ray le 5 mai 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup, Gilles Renaud, Élizabeth Mageren, Leona Son, Eric K. Boulianne, Jude Beny…

Scénario : Anne Émond

Photographie : Olivier Gossot

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Propriétaire d’un chenil, Adam, quarante-cinq ans, est éco-anxieux. Via la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. Cette rencontre inattendue dérègle tout : la terre tremble, les cœurs explosent… c’est l’amour !

Tiens, si on allait faire un petit tour du côté du Canada, au Québéc et pourquoi pas même en Ontario ? C’est ce que nous propose la réalisatrice et scénariste Anne Émond (née en 1982), auteure de nombreux courts-métrages et dont il s’agit ici du sixième long, qui nous parvient en France, après avoir été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025. Lauréat du Grand Prix au Festival du Film de Cabourg, proposé dans de nombreux autres festivals (en Argentine, en Pologne…), Amour Apocalypse nous dévoile l’hypersensibilité d’une cinéaste, qui s’inspire d’une dépression qui lui est tombée dessus durant le confinement de 2020, plus précisément une éco-anxiété. De là est né le personnage d’Adam, 45 piges, en pleine détresse émotionnelle, mentale et physique, persuadé que le monde est au bord du chaos. En fait, Adam, qui déclare ouvertement être profondément triste, sans pour autant savoir pourquoi, est à un carrefour de son existence. Il va consulter une psy, qui s’amuse à décrypter son prénom (« Anxieux Déprimé Atypique Médication ? », avant de remplacer le D par « Dépressif »), sans pour autant lui donner les clés pour aller mieux. Mais il repart avec beaucoup de médicaments, des anxiolytiques, des somnifères, des anti-dépresseurs…et finalement ce qui lui fait le plus de bien semble être la luminothérapie…Cela tombe bien, car sa lampe défaillante va, ironie du sort, éclairer son existence, quand il va entrer en contact avec le service client…Amour Apocalypse ou Peak Everything est une comédie existentielle qui mute en romance inattendue, qui offre à ses deux formidables têtes d’affiche, le québécois Patrick Himon (qu’on a pu voir dans Le Fils de Jean de Philippe Lioret) et la trop rare Piper Perabo (révélée il y a 25 ans dans Coyote Girls – Coyote Ugly de David McNally), de très beaux rôles, les deux comédiens étant parfaits d’alchimie et de complicité. Une jolie découverte que l’univers de cette metteuse en scène !

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Test 4K UHD / Traqué, réalisé par William Friedkin

TRAQUÉ (The Hunted) réalisé par William Friedkin, disponible en DVD & Combo 4K Ultra HD + Blu-ray le 21 avril 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Tommy Lee Jones, Benicio Del Toro, Connie Nielsen, Leslie Stefanson, John Finn, José Zúñiga, Ron Canada, Mark Pellegrino…

Scénario : David Griffiths, Peter Griffiths & Art Monterastelli

Photographie : Caleb Deschanel

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2003

LE FILM

L.T. Bonham, un ex-entraîneur des forces spéciales, vit retiré dans les forêts de l’Oregon. Lorsqu’un agent du FBI vient lui demander de l’aide sur une affaire de meurtres perpétrés sur des chasseurs dans la forêt de l’Oregon, il accepte de se rendre sur les lieux du crime. L.T. a l’intuition que ces assassinats ne peuvent avoir été commis que par un seul homme : Aaron Hallam, un de ses anciens élèves, le meilleur. S’engage bientôt un redoutable jeu du chat et de la souris.

Au début des années 2000, tout va bien pour le réalisateur William Friedkin (1935-2023). Après la grande déconvenue de Jade (1995) au box-office (10 millions de dollars de recettes, pour un budget 5 fois supérieur), le cinéaste se refait une santé avec L’Enfer du devoir –Rules of engagement. Ce grand succès est rapidement suivi par celui de la ressortie de L’Exorciste dans sa version intégrale. William Friedkin revient rapidement derrière la caméra pour Traqué –The Hunted, conçu pour le compte de la Paramount Pictures, studio alors tenu par Sherry Lansing, première femme à diriger un studio Hollywoodien et qui n’est autre que l’épouse du metteur en scène. Belle production de 55 millions de dollars, Traqué n’emballe pas le public et le film connaît un échec relatif avec seulement 34 millions de billets verts amassés sur le sol de l’Oncle Sam et à peine onze millions dans le reste du monde. The Hunted sera le dernier film de studio de William Friedkin. Longtemps considéré comme un sous-Rambo, Traqué est pourtant un formidable opus de l’auteur de French Connection, du Convoi de la peur –Sorcerer, de La Chasse – Cruising et de Police fédérale, Los Angeles – To Live and Die in L.A.. S’il n’aura jamais l’aura de ces monuments, The Hunted est un sacré tour de force et démontrait une fois de plus que William Friedkin en avait encore sacrément sous le capot à l’aube de ses soixante printemps.

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Test DVD / À l’intérieur, réalisé par Vasilis Katsoupis

À L’INTÉRIEUR (Inside) réalisé par Vasilis Katsoupis, disponible en DVD & Blu-ray le 5 mars 2024 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Willem Dafoe, Gene Bervoets, Eliza Stuyck, Andrew Blumenthal, Vincent Eaton, Daniel White, Josia Krug, Cornelia Buch…

Scénario : Ben Hopkins, d’après une histoire originale de Vasilis Katsoupis

Photographie : Steve Annis

Musique : Frederik Van de Moortel

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Nemo, cambrioleur chevronné, se retrouve piégé dans un luxueux appartement new-yorkais. Essentiellement décoré d’œuvres d’art, il va devoir faire preuve de créativité et de ténacité pour survivre et tenter de s’échapper…

S’il y a bien une chose sur laquelle critiques et cinéphiles ont toujours été d’accord, c’est sur le fait qu’aussi bien dans ses bons que dans ses mauvais films, Willem Dafoe, comme un certain Nicolas Cage d’ailleurs, a toujours (ou presque) été impeccable, pour ne pas dire parfait. Plus de quarante ans de carrière, une incroyable filmographie qui compile les collaborations avec Kathryn Bigelow, Tony Scott, Walter Hill, William Friedkin, Oliver Stone, Martin Scorsese, Alan Parker, David Lynch, John Waters, Paul Schrader, Wim Wenders, Abel Ferrara, David Cronenberg, Sam Raimi, Wes Anderson, Lars von Trier, Spike Lee, Werner Herzog, on en oublie évidemment, mais il s’agit indéniablement d’un des C.V. les plus dingues du cinéma contemporain. Pourtant, à l’aube de ses 70 ans, Willem Dafoe n’a pas été souvent en haut de l’affiche, ce qui ne l’a jamais empêché de briller et de voler la vedette à chaque apparition. Autant dire que nous sommes ravis de découvrir À l’intérieur – Inside, dans lequel il tient effectivement le rôle principal, mais où il est aussi et surtout quasi-seul à l’écran pendant 1h40, de toutes les scènes, de tous les plans. Ce second long-métrage du réalisateur grec Vasilis Katsoupis, venu de la publicité et des clips musicaux, est une ode à Willem Dafoe, à son immense talent, à sa gueule ahurissante, à son aura, à son magnétisme, à son corps aussi. Si ce huis clos, qui se permet une « respiration » au cours d’un rêve, un cauchemar, ou une hallucination du personnage principal plutôt, connaît quelques pertes de vitesse dans sa dernière partie, on est on ne peut plus emballé par Inside, survival pur et dur, mais aussi dissection du mythe Dafoe. À l’intérieur, à découvrir.

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Test DVD / Amants super-héroïques, réalisé par Paolo Genovese

AMANTS SUPER-HÉROÏQUES (Supereroi) réalisé par Paolo Genovese, disponible en DVD le 6 décembre 2022 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Alessandro Borghi, Jasmine Trinca, Vinicio Marchioni, Greta Scarano, Angelica Leo, Linda Caridi, Gwendolyn Gourvenec, Elena Sofia Ricci…

Scénario : Paolo Genovese, Rolando Ravello & Paolo Costella

Photographie : Fabrizio Lucci

Musique : Maurizio Filardo

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

L’histoire d’un couple : Anna, une dessinatrice à la personnalité impulsive et anticonformiste, et Marco, un professeur de physique convaincu que tout est régi par une formule mathématique. Une comédie sentimentale sur les couples et l’effet du temps qui passe sur leurs relations, posant une question simple mais profonde : quels superpouvoirs faut-il avoir pour s’aimer toute une vie ?

Depuis plus de vingt ans, règne un astre sur le cinéma italien du nom de Jasmine Trinca. Dès sa première apparition dans La Chambre du fils – La Stanza del figlio (Palme d’or du festival de Cannes de Nanni Moretti en 2001), suivi de près de Nos meilleures années – La meglio gioventù de Marco Tullio Giordana, la comédienne née en 1981 n’a eu de cesse d’illuminer l’écran dès qu’elle y apparaît. Tour à tour chez Michele Placido (Romanzo Criminale, Le Rêve italien), Bertrand Bonello (L’Apollonide : Souvenirs de la maison close, Saint Laurent), Valeria Golino (Miele, Euforia), les frères Taviani (Contes italiens), Kim Rossi Stuart (Tommaso) et bien d’autres, il se passe ce petit truc indéfinissable qui rend Jasmine Trinca indispensable. Dans Amants super-héroïques – Supereroi de Paolo Genovese, elle allie cette fois de plus la grâce, le talent et la beauté, subjugue quand elle sourit, bouleverse en un regard, le spectateur également s’amourachant de son accent romain parfaitement reconnaissable. S’il n’est pas dénué de défauts, souvent liés au cinéma transalpin, Amants super-héroïques joue à fond la carte de la comédie-dramatique sentimentale chère à nos amis de la Botte avec ce que cela peut entraîner de poncifs, mais c’est aussi et surtout ce qui fait son attrait inaltérable. Et là-dessus, Supereroi n’en manque sûrement pas.

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Test 4K UHD / Sexe, Mensonges et Vidéo, réalisé par Steven Soderbergh

SEXE, MENSONGES ET VIDÉO (Sex, Lies, and Videotape) réalisé par Steven Soderbergh, disponible en Édition Collector DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD + Blu-ray le 15 février 2022 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : James Spader, Andie MacDowell, Peter Gallagher, Laura San Giacomo, Ron Vawter, Steven Brill, Alexandra Root, Earl T. Taylor, David Foil…

Scénario : Steven Soderbergh

Photographie : Walt Lloyd

Musique : Cliff Martinez

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1989

LE FILM

Graham Dalton a un étrange secret : il collectionne en cassettes vidéo des témoignages de femmes qui lui confient leur vie sexuelle. De retour dans sa ville natale après une longue absence, il retrouve un ancien ami qui a “réussi” et sa femme. L’arrivée de Graham va perturber le couple et les évènements vont prendre une tournure inattendue…

En 1989, Steven Soderbergh a 26 ans et de son propre aveu ne croit pas trop au potentiel de son premier long-métrage, Sexe, Mensonges et Vidéo – Sex, Lies and Videotape, mis à part le fait que ce film – destiné premièrement à la VHS – pourrait lui servir pour, éventuellement, trouver un boulot dans le monde du cinéma, en ajoutant au passage une ligne à son C.V. Résultat des courses, la Palme d’or au Festival de Cannes (il est alors le plus jeune cinéaste à recevoir cette distinction après Louis Malle), le Prix d’interprétation masculine pour James Spader, le Prix FIPRESCI, quatre Film Independent Spirit Awards, trois nominations aux Golden Globes, deux aux BAFTA et une aux Oscars, sans oublier le Prix du public à Sundance. Sexe, Mensonges et Vidéo est une révolution dans le cinéma indépendant américain et devient l’un des films les plus rentables, puisque produit pour 1,2 million de dollars, 25 millions de billets verts sont recueillis, tandis que près d’1,5 million de spectateurs se ruent dans les salles françaises en octobre 1989. Près de 35 ans après sa sortie, que reste-t-il de Sexe, Mensonges et Vidéo ? Un drame doux-amer, qui dissimule une ironie mordante sous son vernis glacé, qui place le spectateur comme témoin « privilégié » du quotidien d’une femme et de son époux en crise, et de la présence des deux éléments perturbateurs, qui vont faire exploser, ou imploser c’est selon, ce couple qui a à la fois perdu le dialogue, mais aussi l’alchimie physique, si elle a existé un jour. Étrangement, Sexe, Mensonges et Vidéo à peu vieilli, si ce n’est au niveau des coupes de cheveux bien sûr, et prendre de la bouteille lui a même fait beaucoup de bien. Le génie d’un des cinéastes les plus intéressants, éclectiques et prolifiques de la fin du XXè siècle, et même du début du XXIè siècle en fait, éclate littéralement et revenir à la source de sa carrière est chaque fois toujours plus revigorant.

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Test Blu-ray / À la rencontre de Forrester, réalisé par Gus Van Sant

À LA RENCONTRE DE FORRESTER (Finding Forrester) réalisé par Gus Van Sant, disponible en DVD et Blu-ray le 2 novembre 2021 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Sean Connery, F. Murray Abraham, Anna Paquin, Busta Rhymes, April Grace, Rob Brown…

Scénario : Mike Rich

Photographie : Harris Savides

Musique : Bill Frisell

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2000

LE FILM

A seize ans, Jamal Wallace, un prodige du basket-ball, entre par effraction dans un appartement que les rumeurs disent habité par un ermite. Ayant entendu un bruit, il prend ses jambes à son cou et en oublie son sac à dos avec ses livres dedans. L’ermite le lui rend. Mais Jamal constate que les textes qu’il a écrits ont été corrigés et commentés. Celui-ci, intrigué, part à la rencontre du vieil homme, qui s’avère être William Forrester, un célèbre écrivain qui a disparu après la publication de son premier roman. Ce romancier solitaire et asocial a découvert chez Jamal un don pour l’écriture et accepte de lui enseigner en privé l’art de la plume. Au cours de ces leçons particulières, une amitié s’installe entre eux. Jamal se découvre une passion pour la littérature, mais il est bientôt amené à choisir entre poursuivre sa carrière de basketteur et se consacrer pleinement à l’écriture.

Quand il tourne son huitième long-métrage À la rencontre de Forrester – Finding Forrester, Gus Van Sant a déjà près de cinquante ans. Il est le réalisateur acclamé de My Own Private Idaho (1991), avec River Phoenix et Keanu Reeves, il a connu le succès avec Prête à tout – To Die For (1995), sa première œuvre de commande qui vaudra le Golden Globe à Nicole Kidman, suivi d’un triomphe international avec Will Hunting – Good Will Hunting (1997), qui emballe à la fois la critique et le public, remporte deux Oscars, celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Robin Williams et celui du meilleur scénario original pour Ben Affleck et Matt Damon. En 1998, le cinéaste est libre de faire ce qui lui plaît…mais contre toute attente il jette son dévolu sur un remake de Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock, projet qu’il convoitait depuis une bonne dizaine d’années. Ce décalque, quasiment plan par plan et en couleur du film original, que certains jugeront inutile, d’autres expérimental, s’accompagne de critiques très mitigées (euphémisme), de nominations aux Razzie Awards et le budget n’est pas rentabilisé. Après cet essai personnel qui avait quand même coûté plus de vingt millions de dollars, Gus Van Sant accepte un retour au cinéma dit commercial. Ce sera donc À la rencontre de Forrester, d’après un scénario de Mike Rich, que l’on peut voir comme un film-miroir à Will Hunting, tant les similitudes y sont frappantes. Plus de vingt ans après sa sortie, cet opus vaut essentiellement pour l’élégance de sa mise en scène, ainsi que pour la force et la douceur qui se dégage du tandem principal, l’inconnu Rob Brown, qui faisait ici ses débuts très prometteurs devant la caméra, et bien évidemment l’immense Sean Connery, également coproducteur ici, dans son avant-dernière apparition sur le grand écran, sublime dans un rôle inspiré par J.D. Salinger. Mention aussi à F. Murray Abraham, qui retrouvait alors son partenaire du Nom de la rose, dans lequel il incarnait l’inquisiteur médiéval Bernard Gui, adversaire du moine Guillaume de Baskerville interprété par l’acteur écossais. Leur confrontation finale est l’un des grands atouts de Finding Forrester.

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Test Blu-ray / The Shadow, réalisé par Russell Mulcahy

THE SHADOW réalisé par Russell Mulcahy, disponible en DVD et Blu-ray le 5 octobre 2021 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Alec Baldwin, John Lone, Penelope Ann Miller, Peter Boyle, Ian McKellen, Tim Curry, Jonathan Winters, Sab Shimono…

Scénario : David Koepp, d’après les romans de Walter B. Gibson

Photographie : Stephen H. Burum

Musique : Jerry Goldsmith

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1994

LE FILM

Autrefois criminel violent et sanguinaire semant la terreur au Tibet, Lamont Cranston, désormais repenti, a appris à maîtriser sa part d’ombre pour vaincre le mal et protéger New York des malfaiteurs grâce à ses nombreux pouvoirs. Sous le nom de The Shadow, il se bat toutes les nuits contre le crime pour faire régner l’ordre et la justice sur la ville. Mais le quotidien du héros légendaire est perturbé lorsque son ennemi juré Shiwan Khan, doté des mêmes pouvoirs, refait surface en menaçant de tout détruire à l’aide d’une bombe atomique. L’affrontement est inévitable…

Peu connu en France, The Shadow est pourtant la principale inspiration de Bob Kane pour Batman en 1939. Créé par Walter B. Gibson sous le pseudo de Maxwell Grant au début des années 1930, juste après la crise de 1929, ce personnage devient le héros de près de 300 romans et nouvelles pulps durant près de vingt ans, ainsi que le protagoniste d’un célèbre feuilleton radiophonique avec la voix d’Orson Welles, de comics, d’un feuilleton télévisé et de sept films produits par la Columbia. The Shadow a pratiquement disparu de la circulation pendant près d’un demi-siècle, quand il réapparaît soudainement dans le paysage cinématographique hollywoodien en 1994. Au début des années 1990, le triomphe international du Batman de Tim Burton donne quelques idées aux réalisateurs et producteurs qui vont suivre ce nouvel engouement, à l’instar de Sam Raimi avec Darkman, Albert Pyun avec Captain America, ainsi que la trilogie Tortues Ninja. Deux films se distinguent en 1990-1991, Dick Tracy de Warren Beatty et The Rocketeer de Joe Johnston, d’après l’œuvre de Dave Stevens, qui proposaient déjà un retour aux années 1930-40 et jouaient sur une ambiance et un décor vintage. The Shadow est comme qui dirait une synthèse de ces deux précédents longs-métrages et parvient à s’en distinguer à travers la mise en scène inspirée de l’excellent Russell Mulcahy (Razorback, Highlander), qui sortait de L’Affaire Karen McCoy – The Real McCoy, dans lequel il dirigeait Kim Basinger. Dans The Shadow, il collabore cette fois avec l’époux de cette dernière, Alec Baldwin, qui enchaînait alors les tournages de Malice de Harold Becker et Guet-apens – The Getway de Roger Donaldson, juste avant d’enfiler le costume crasseux de sueur de Dave Robicheaux dans le génial Vengeance froide – Heaven’s Prisoners de Phil Joanou. L’acteur s’impose sans mal dans le rôle-titre et campe un parfait justicier ambigu, luttant contre ses propres démons, lancé sur le chemin de la rédemption en traquant la racaille de New York. Doté d’un budget plutôt confortable de 40 millions de dollars, The Shadow n’a connu qu’un succès relatif à sa sortie durant l’été 1994. Malheureusement pour lui, la concurrence était rude, Le Roi Lion, Forrest Gump, True Lies, The Mask, Speed, Danger immédiat n’ayant fait qu’une bouchée de ce film que personne n’attendait vraiment. Pourtant, The Shadow est une œuvre de qualité, très soignée sur la forme avec de superbes décors, des costumes très élégants, un casting solide également composé de la divine Penelope Ann Miller, Ian McKellen, Peter Boyle, John Lone et Tim Curry, sans oublier la magistrale partition de Jerry Goldsmith. Les années ont passé, The Shadow a su trouver son public et birn que certains effets spéciaux aient pris un gros coup de vieux, le charme serial opère.

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