Test Blu-ray / L’Ambassadeur, réalisé par J. Lee Thompson

CHANTAGE EN ISRAËL : L’AMBASSADEUR (The Ambassador) réalisé par J. Lee Thompson, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 1er mars 2022 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Robert Mitchum, Ellen Burstyn, Rock Hudson, Fabio Testi, Donald Pleasence, Chelli Goldenberg, Michal Bat-Adam, Ori Levy.…

Scénario : Ronald M. Cohen & Max Jack, d’après le roman Fifty-Two Pickup d’Elmore Leonard

Photographie : Adam Greenberg

Musique : Dov Seltzer

Durée : 1h32

Date de sortie initiale: 1984

LE FILM

Années 80. Avec l’aide de son conseiller, un ambassadeur américain en Israël tente d’instaurer la paix en Palestine au moyen de méthodes non conventionnelles alors que sa femme entame une liaison avec un responsable de l’OLP. Ses efforts sont contrariés à chaque étape. Tentative d’assassinat, chantages se multiplient. Les intérêts en cause deviennent des enjeux majeurs.

Plus fort que Chuck Norris, Robert Mitchum à la Cannon est capable de résoudre le conflit israélo-palestinien. Ouais. A 67 ans, le comédien se fait rare sur les écrans au début des années 1980. Après Nightkill de Ted Post, dans lequel il donne la réplique à la superbe Jaclyn Smith, puis That Championship Season de Jason Miller, où il est très bien entouré (Bruce Dern, Stacy Keach, Martin Sheen et Paul Sorvino sont de la partie), « Mitch » signe avec la Cannon et tient le haut de l’affiche d’un thriller politique, d’espionnage et d’action intitulé Chantage en Israël – The Ambassador, ou L’Ambassadeur. L’introduction donne le ton sur le caractère « sérieux » de l’entreprise. « Le Moyen-Orient est un baril de poudre prêt à exploser. Un assemblage de conflits religieux et de factions politiques. Le PLO, l’Organisation de Libération de la Palestine a juré de ne jamais reconnaître le droit à l’existence d’Israël et de se battre jusqu’à la création d’un pays pour les palestiniens. Le PLO voudrait parlementer. Un groupe dissident, Saïka, le groupe terroriste le plus violent répand la terreur en Israël et dans les pays arabes, afin d’empêcher tout rapprochement et pourparler de paix. En Israël, deux courants opposés. Les modérés, prêts à négocier avec le PLO, et les extrémistes de l’ultra-droite qui refuse l’idée d’un État palestinien. Le Mossad est l’agence de renseignement du gouvernement d’Israël. Au milieu de ce conflit, un homme, L’Ambassadeur ! ». Ça va chauffer ! Et Robert Mitchum a beau avoir du mal à marcher parfois, rien ne l’arrêtera, même pas l’infidélité de son épouse (Ellen Burstyn, qui nous gratifie d’un superbe topless à plus de 50 ans) dont certains essayent pourtant de tirer profit. Il est comme ça Bob avec sa petite bedaine gonflée de whisky et ses yeux de Droopy, toujours furieusement charismatique, nonchalant et le rictus moqueur ! Réalisé par J. Lee Thompson, L’Ambassadeur ressemble à un long épisode de série TV, dont la naïveté est confondante et tire le film vers la comédie involontaire, mais qui n’en demeure pas moins extrêmement divertissante. Enfin, il s’agit aussi et surtout de l’ultime apparition au cinéma du grand Rock Hudson, 58 ans (et qui en avait encore sacrément sous le capot), déjà malade du SIDA, qui allait l’emporter l’année suivante.

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Test Blu-ray / Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, réalisé par Jess Franco

DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP À FLEURS (Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo) réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lina Romay, Nadine Pascal, Olivier Mathot, Joëlle Le Quément, Mel Rodrigo, Claude Boisson, Albino Graziani, Susan Hemingway, Muriel Montossé…

Scénario : Jess Franco & Evelyne Scott

Photographie : Gérard Brisseau

Musique : Daniel White

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Une traite de blanches est organisée pour de riches clients. Le sénateur Connoly propose la mission à Cécile et Brigitte en échange de leur libération de prison. Sous de faux noms, elles se font engager dans un cabaret pour débuter leurs investigations.

Nous avons déjà parlé à maintes reprises de Jesús Franco Manera (1930-2013), alias Jess Franco, à travers nos articles sur Opération Re Mida (Lucky l’intrépide), Les Possédées du diable, Le Journal intime d’une nymphomane et La Fille de Dracula. Le réalisateur entre de plain-pied dans les années 1980 avec Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, qui sort juste après Le Sadique de Notre-Dame (L’Éventreur de Notre-Dame, Exorcismes et messes noires ou Sexorcismes) et qui s’avère le premier de ses sept opus qui sortiront la même année, avec Eugenie (Historia de una perversión), Mondo cannibale, Terreur cannibale, Chasseur de l’enfer, Vaya luna de miel et Symphonie érotique. Désormais âgé de cinquante ans, Jess Franco est loin de vouloir raccrocher les gants et fait d’ailleurs du bon ouvrage avec cet Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo, ou bien encore Two Female Spies with Flowered Panties, ou enfin Opal of Fire: Sex Merchants, ce dernier titre faisant référence à la bague sertie d’une pierre d’opale qui hypnotise celle qui aura le malheur de la fixer. Comme souvent chez le metteur en scène, c’est un fourre-tout (ou un fourre-nanas, c’est selon), qui part dans tous les sens, mais avec une vision unique, où les séquences les plus gênantes laissent place à des scènes visuellement chiadées et même élégantes, le tout saupoudré d’humour et d’un érotisme omniprésent, où le charme de Lina Romay crève l’écran du début à la fin.

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Test Blu-ray / Un cri dans l’ombre, réalisé par John Guillermin

UN CRI DANS L’OMBRE (House of Cards) réalisé par John Guillermin, disponible en DVD et combo Blu-ray + DVD le 6 juillet 2021 chez Elephant Films.

Acteurs : George Peppard, Inger Stevens, Orson Welles, Keith Michell, Perrette Pradier, Geneviève Cluny, Maxine Audley, Ralph Michael…

Scénario : Harriet Frank Jr. & Irving Ravetch, d’après le roman de Stanley Ellin

Photographie : Piero Portalupi

Musique : Francis Lai

Durée : 1h45

Date de sortie initiale: 1968

LE FILM

Reno Davis, un jeune et fringuant américain vivant à Paris, est engagé pour être le tuteur d’un jeune garçon, dont le père général est mort durant la guerre d’Algérie. Il découvre rapidement un clan très étrange, rongé par les secrets. Quand le jeune garçon est enlevé, Davis est immédiatement suspecté. Il va découvrir que dans l’entourage de la famille figurent des personnes peu recommandables…

A la fin des années 1960, John Guillermin (1925-2015) n’est pas encore le réalisateur britannique de grosses machines hollywoodiennes comme La Tour infernale The Towering Inferno (1975) et King Kong (1977), mais compte déjà assurément dans l’industrie cinématographique. En 1966, il entame une collaboration avec le comédien George Peppard (1928-1994), qui va alors s’étendre sur trois longs-métrages, Le Crépuscule des aigles The Blue Max (1966), Syndicat du meurtre P.J. (1968) et le film qui nous intéresse aujourd’hui, Un cri dans l’ombre House of Cards (1968). Ce dernier est un étrange film d’espionnage qui surfe évidemment sur le triomphe rencontré par les aventures de James Bond au cinéma, et qui entraînait moult ersatz dans son sillage, en donnant naissance au genre dit de l’Eurospy. Si le personnage incarné par George Peppard n’est pas un espion au service de sa Majesté ou de l’oncle Sam, il devient malgré lui l’homme à abattre, celui qui en sait trop et qui fera tout pour faire tomber une mystérieuse organisation qui prépare la résurrection d’un régime politique nationaliste et totalitaire, rien que ça. Filmé entre Paris et Rome, Un cri dans l’ombre, ou Duel dans l’ombre, second titre français connu, vaut à la fois pour la qualité de son interprétation, pour celle de son histoire bien brodée et surtout pour celle de la mise en scène de John Guillermin, aussi élégante qu’inspirée. Une vraie petite découverte !

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Test Blu-ray / Contre une poignée de diamants, réalisé par Don Siegel

CONTRE UNE POIGNÉE DE DIAMANTS (The Black Windmill) réalisé par Don Siegel, disponible en DVD et combo Blu-ray + DVD le 6 juillet 2021 chez Elephant Films.

Acteurs : Michael Caine, Donald Pleasence, Delphine Seyrig, Clive Revill, John Vernon, Joss Ackland, Janet Suzman, Catherine Schell…

Scénario : Leigh Vance, d’après le roman Sept jours pour un meurtre – Seven Days to a Killing de Clive Egleton

Photographie : Ousama Rawi

Musique : Roy Budd

Durée : 1h46

Date de sortie initiale: 1974

LE FILM

Tarrant, un agent du contre-espionnage britannique, est injustement accusé d’avoir orchestré l’enlèvement de son fils afin de s’approprier la rançon : un stock de diamants conservé par les services secrets anglais.

En 1971, à tout juste 60 ans et après 25 longs-métrages réalisés depuis 1946, Don Siegel (1912-1991) obtient enfin l’indépendance tant convoitée par les cinéastes, grâce au triomphe international de L’Inspecteur Harry Dirty Harry. Il amorce alors le fin de sa carrière, puisqu’il ne mettra en scène que sept autres films, avant de quitter le monde du cinéma en 1982 avec La Flambeuse de Las Vegas Jinxed, avec Bette Midler. Mais pour l’heure, Contre une poignée de diamants The Black Windmill, considéré comme un opus mineur de la filmographie de Don Siegel, reste intéressant à plus d’un titre. Réalisé un an après Tuez Charley Varrick ! Charley Varrick, rollercoaster cinématographique et Rolls-Royce de la série B, œuvre riche, captivante et intelligente qui s’est malheureusement soldée par un bide commercial, ce film d’espionnage mené par Michael Caine est comme son précédent film, une véritable leçon de mise en scène, de montage (ici signé Antony Gibbs), de cadrage et de rythme. S’il n’a sans doute pas la magie de Charley Varrick, Contre une poignée de diamants n’en demeure pas moins passionnant, s’amuse à citer James Bond à travers quelques références, au cours d’une séquence rappelant la visite de 007 au département Q, y compris par la présence au casting de Donald Pleasence qui avait incarné Ernst Stavro Blofeld dans l’épisode On ne vit que deux fois You Only Live Twice de Lewis Gilbert, mais aussi explicitement au cours d’un lapsus amusant. Mais si l’humour est certes présent, The Black Windmill est avant tout un vrai polar, marqué par une violence sèche et emblématique du cinéma de Don Siegel, ainsi que par une vision pessimiste de la nature humaine. Le redécouvrir en 2021 est donc très largement conseillé aux cinéphiles.

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Test DVD / Devilman le diabolique, réalisé par Paolo Bianchini

DEVILMAN LE DIABOLIQUE (Devilman Story) réalisé par Paolo Bianchini, disponible en DVD le 1er juin 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Guy Madison, Luisa Baratto, Diana Lorys, Luciano Pigozzi, Valentino Macchi, Bill Vanders, Giovanni Cianfriglia…

Scénario : Paolo Bianchini & Max Caret

Photographie : Aldo Greci

Musique : Patrick Leguy

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Venus à Rome pour un congrès scientifique, le chirurgien Becker est enlevé sous les yeux de sa fille. Celle-ci, aidée par le journaliste Mike, part à sa recherche. Ils vont arriver en Afrique, au sein d’une forteresse commandée par le terrible Devilman, qui va tenter une substitution de cerveau sur Becker.

Même s’il a énormément tourné auprès de cinéastes de renom tels que Edward Dmytryk (Jusqu’à la fin des temps), John Cromwell (Depuis ton départ), William Castle (L’Archange de Brooklyn), Phil Karlson (On ne joue pas avec le crime), Anthony Mann (La Charge des Tuniques Bleues), Guy Madison (1922-1996) reste avant tout pour les cinéphiles experts en la matière, un acteur lié à la série B. On peut citer par exemple Le Shérif d’El Solito, western dense, complexe, passionnant, au suspense bien mené par George Sherman, Le Rocher du diable, très bon drame de guerre et western réalisé par William Cameron Menzies, ou bien encore The Beast of Hollow Mountain d’Edward Nassour et Ismael Rodríguez, dans lequel le comédien interprète un cowboy qui doit faire face à…un dinosaure ! Guy Madison faisait partie de ces acteurs que l’on aimait retrouver de film en film, qui n’étaient pas forcément les plus célèbres, tel le génial John Payne, mais pour lesquels l’empathie était souvent immédiate, dont le charisme fonctionnait naturellement et dont le talent parvenait à faire accepter les incohérences d’un scénario. C’est encore le cas pour Devilman le diabolique alias Devilman Story en version originale ou bien encore The Devil’s Man, divertissement tout droit sorti de l’imagination du réalisateur italien Paolo Bianchini, sous le nom de Paul Maxwell. A la fois film d’aventures, d’espionnage et de science-fiction, Devilman le diabolique a sans cesse le cul entre deux chaises, mais parvient tout de même à trouver un ton finalement assez unique, puisqu’il fait penser à l’adaptation d’un fumetti qui n’existe pas, tout en surfant allègrement sur le triomphe international des James Bond. Mélange de film BD et d’Eurospy, Devilman le diabolique conserve ce charme rétro qui nous plaît tant.

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Test DVD / Des fleurs pour un espion, réalisé par Umberto Lenzi

DES FLEURS POUR UN ESPION (Le Spie amano i fiori) réalisé par Umberto Lenzi, disponible en DVD le 2 février 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Roger Browne, Emma Danieli, Daniele Vargas, Yôko Tani, Marino Masé, Sal Borgese, Fernando Cebrián, Pilar Clemens, Tullio Altamura…

Scénario : Umberto Lenzi

Photographie : Augusto Tiezzi

Musique : Angelo Francesco Lavagnino, Armando Trovajoli

Durée : 1h30

Année de sortie : 1966

LE FILM

Une arme secrète capable de neutraliser tout courant électrique dans un large rayon, l’Electroscomètre, a été volé. Les Services Spéciaux britanniques mettent leur meilleur agent sur la piste : Martin Stevens. A Genève, il va rencontrer la belle journaliste Geneviève qui se propose de l’aider. Les deux s’envolent donc pour Athènes suite à un mystérieux message codé : « Les roses bleues sont arrivées ce matin. »

J’ai déjà longuement parlé du réalisateur Umberto Lenzi (1931-2017) à travers mes articles sur Le Cynique, l’Infâme et le Violent, Chats rouges dans un labyrinthe de verre, Le Couteau de glace et Spasmo. Alors pour en savoir plus sur ce réalisateur mythique, que j’affectionne tout particulièrement, vous savez ce qui vous reste à faire. C’est un plaisir de découvrir l’un de ses « premiers » films, l’usage des guillemets est indispensable dans le sens où Des fleurs pour un espionLe Spie amano i fiori était déjà son seizième long-métrage, dans une carrière qui compte pas loin de 70 films et téléfilms, certains réalisés sous divers pseudonymes, Humphrey Humbert, Humphrey Longan, Hank Milestone, Humphrey Milestone, Harry Kirkpatrick et Bob Collins. Dans la première partie de sa filmographie, ce bon vieux Umberto se fait remarquer avec ses films d’aventures, Mary la rousse, femme pirateLe Avventure di Mary Read (1961), Le Triomphe de Robin des BoisIl Trionfo di Robin Hood (1962), L’Invincible Cavalier noirL’Invincibile cavaliere mascherato (1963), Sandokan, le tigre de Borneo Sandokan, la tigre di Mompracem (1964), Le Temple de l’éléphant blancSandok, il Maciste della giungla (1964), Les Pirates de MalaisieI Pirati della Malesia (1964), sans oublier quelques péplums comme Hercule contre les mercenairesL’Ultimo Gladiatore (1964), quand ce n’est pas un mélange des deux (Maciste contre ZorroZorro contro Maciste, 1963). Le début des années 1960 marque l’envolée directe du réalisateur, qui comme ses confrères regarde ce qui fonctionne au cinéma à l’étranger et le genre qui a le vent en poupe. En 1962, le triomphe inattendu de James Bond 007 contre Dr NoDr. No, rapidement suivi de celui de Bons baisers de RussieFrom Russia with Love, jusqu’au phénomène mondial de Goldfinger (1963), entraînent une James Bond Mania qui donne quelques idées aux producteurs peu scrupuleux, autrement dit surfer sur cette déferlante et proposer aux spectateurs des ersatz de l’agent 007. L’Italie est bien sûr au coeur de ce qu’on appellera désormais le genre de l’Euro Spy. Umberto Lenzi prend le train en marche, on peut même dire qu’il en est l’un des principaux cheminots et livre son premier Euro Spy, Suspense au Caire pour A008 A 008, operazione Sterminio (1965), rapidement suivi la même année de Super 7 appelle le SphinxSuperseven chiama Cairo. Et comme le cinéaste a de la suite dans les idées, il décide d’enchaîner avec Des fleurs pour un espion, dans lequel le comédien américain Roger Browne reprend son rôle de Martin Stevens, aka Super 7, super agent au service de sa Majesté, lancé une fois de plus dans une mission périlleuse. Et le résultat est à la hauteur de l’attente, Le Spie amano i fiori est un opus ultra-divertissant et un digne représentant de l’Euro Spy !

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Test DVD / Opération Re Mida (Lucky l’intrépide), réalisé par Jess Franco

OPÉRATION RE MIDA – LUCKY L’INTRÉPIDE (Lucky, el intrépido) réalisé par Jess Franco, disponible en DVD le 2 février 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Ray Danton, Barbara Bold, Dante Posani, Dieter Eppler, María Luisa Ponte, Rosalba Neri, Beba Loncar, Teresa Gimpera…

Scénario : José Luis Martínez Mollá, Julio Buchs, Remigio Del Grosso & Jess Franco

Photographie : Fulvio Testi

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h26

Année de sortie : 1967

LE FILM

Une organisation criminelle dirigée par Goldglasses inonde le monde de faux billets. Alors qu’il se trouve à une soirée costumée, l’agent Lucky Mulligan est contacté par la société secrète Archange qui lui demande de mener l’enquête. Epaulé par la plantureuse Michèle, Lucky va remonter la piste et se rendre en Albanie pour neutraliser le réseau.

En visionnant cette incroyable série B qu’est Opération Re Mida (Lucky l’intrépide) – Lucky, el intrépido, on se rend compte à quel point Mike Myers n’a rien inventé pour sa trilogie Austin Powers et surtout que la parodie d’espionnage existait déjà dans les années 1960. S’il s’inspire ouvertement de la saga James Bond, dont le succès international battait son plein depuis cinq ans, Opération Re Mida (Lucky l’intrépide), sorti la même année qu’On ne vit que deux foisYou Only Live Twice, cinquième opus de la franchise 007 interprété par Sean Connery, ne peut évidemment pas rivaliser avec l’agent secret le plus célèbre au service de sa Majesté, et d’ailleurs ne prétend pas pouvoir lui arriver à la cheville, mais s’avère un divertissement tout aussi réussi. Quand il entame Lucky, el intrépido, l’ancien assistant d’Orson Welles sur Falstaff, Jesús Franco Manera dit Jess Franco (1930-2013) en est déjà à près d’une quinzaine de films réalisés en un peu plus de dix ans, passant sans complexe de la comédie (Tenemos 18 años, Certains l’aiment noire) au film d’horreur (L’Horrible docteur Orloff, son premier succès, Le Sadique Baron Von Klaus, Le Diabolique docteur Z, Les Maîtresses du Docteur Jekyll, Dans les griffes du maniaque), sans oublier le western (Le Jaguar). Toujours à l’affût des nouvelles modes et des goûts des spectateurs, ce bon vieux Jess décide de prendre le train en marche du courant cinématographique connu sous le nom de l’Euro Spy, où lers ersatz du personnage créé par Ian Fleming fleurissaient un peu partout à travers des coproductions entremêlant diverses nationalités, permettant ainsi aux personnages d’agents secrets venus des quatre coins du monde de se rendre dans plusieurs pays au fil de leurs enquêtes respectives. Ainsi, Jess Franco, qui avait déjà tâté du polar avec Agent 077, opération JamaïqueLa Muerte silba un blues (1964), entrait de plain-pied dans cette branche du cinéma Bis avec deux opus interprétés par Eddie Constantine, Cartes du tableCartas boca arriba (coécrit avec Jean-Claude Carrière) et Ça barde chez les mignonnesResidencia para espia, tous deux réalisés en 1966. Ou comment allier espionnage et humour, tout en jouant sur le côté carte postale et celui décontracté de son personnage principal. Après trois films mis en scène en 1966, Jess Franco enchaîne directement avec le film qui nous intéresse aujourd’hui, Opération Re Mida, immense spectacle, hilarant, mais aussi génialement mis en scène, mené sur un rythme effréné, sans aucun temps mort, bourré d’imagination et de rebondissements.

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Test Blu-ray / Les Yeux bandés, réalisé par Philip Dunne

LES YEUX BANDÉS (Blindfold) réalisé par Philip Dunne, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 8 décembre 2020 chez Elephant Films.

Acteurs : Rock Hudson, Claudia Cardinale, Jack Warden, Guy Stockwell, Brad Dexter, Anne Seymour, Alejandro Rey, Hari Rhodes…

Scénario : Philip Dunne & W.H. Menger, d’après le roman Blindfold de Lucille Fletcher

Photographie : Joseph MacDonald

Musique : Lalo Schifrin

Durée : 1h42

Année de sortie : 1966

LE FILM

Un éminent psychiatre, le Dr. Snow, suit un scientifique qui souffre de troubles émotionnels. Tous les deux sont kidnappés par une organisation secrète qui cherche à s’accaparer le fruit des recherches du savant.

Si le nom de Philip Dunne (1908-1992) vous dit quelque chose, c’est sûrement pour les films dont il est l’auteur, Le Dernier des MohicansThe Last of the Mohicans (1936) de George B. Seitz, Suez (1938) d’Allan Dwan, Johnny Apollo (1940) de Henry Hathaway, le splendide Qu’elle était verte ma valléeHow Green Was My Valley (1941) de John Ford, le fantastique L’Aventure de madame MuirThe Ghost and Mrs. Muir (1947), La Flibustière des AntillesAnne of the Indies (1951) et Le GauchoWay of a Gaucho (1952) de Jacques Tourneur, et La TuniqueThe Robe (1953) de Henry Koster. Celui-ci passe aussi derrière la caméra en 1955 avec Prince of Players, interprété par Richard Burton. Il réalisera ainsi une dizaine de longs-métrages, dont le plus célèbre demeure assurément 10, rue FrederickTen North Frederick (1958) avec Gary Cooper. Les Yeux bandés Blindfold, qu’il écrit et met en scène en 1965 est son dernier film. Pour cet ultime baroud d’honneur, le cinéaste et son coscénariste W.H. Menger s’inspirent d’un roman de Lucille Fletcher paru en 1960. Philip Dunne en tire une comédie d’espionnage, teinté de film d’aventure et d’action, le tout mâtiné d’une romance entre les deux protagonistes, incarnés par le couple glamour Rock Hudson et Claudia Cardinale. En dépit d’un rythme poussif et d’une intrigue quelque peu tarabiscotée, l’ensemble se suit sans déplaisir, surtout grâce à ses deux stars internationales qui rivalisent de charme et de sensualité.

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Test DVD / Secret People, réalisé par Thorold Dickinson

SECRET PEOPLE (The Secret People) réalisé par Thorold Dickinson, disponible en DVD le 29 juin 2020 chez Doriane Films.

Acteurs : Valentina Cortese, Serge Reggiani, Charles Goldner, Audrey Hepburn, Angela Fouldes, Megs Jenkins, Irene Worth, Reginald Tate…

Scénario : Thorold Dickinson, Wolfgang Wilhelm, Christianna Brand

Photographie : Gordon Dines

Musique : Roberto Gerhard

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Dans les années 1930, Maria et Nora, deux jeunes filles d’Europe centrale, sont contraintes de quitter leur pays pour se réfugier à Londres, loin de la menace dictatoriale qui a coûté la vie à leur père. Sept ans plus tard, Maria retrouve, au hasard des rues de Paris, son premier amour. S’ensuit alors une quête périlleuse de justice, qui compromettra les deux jeunes soeurs…

Secret People. Voici un film oublié des cinéphiles et qui aurait pu l’être probablement définitivement s’il n’y avait pas eu la présence au générique d’une des plus grandes stars de tous les temps et future icône de la mode, la mythique Audrey Hepburn. Ancienne danseuse classique, elle nous fait d’ailleurs quelques belles démonstrations dans Secret People où elle incarne une ballerine, la magnifique Audrey décide finalement de se lancer dans la comédie et fait ses classes au théâtre en 1948. Au début des années 1950, âgée de vingt ans, elle rencontre le succès à Broadway avec la pièce Gigi dans laquelle elle tient le rôle-titre, qui lui avait été confiée par Colette, alors l’auteur du roman homonyme dont il s’agissait de l’adaptation. Les petits rôles au cinéma arrivent, mais Audrey Hepburn se contente surtout de silhouettes en arrière-plan du style « l’hôtesse de l’air », « la réceptionniste d’hôtel », « la vendeuse de cigarettes ». Puis la comédienne se rapproche petit à petit de la caméra dans Histoire de jeunes femmesYoung Wives’ Tale (1951) de Henry Cass et De l’or en barreThe Lavender Hill Mob (1951) de Charles Crichton. La même année que ces deux films, Audrey Hepburn peut enfin camper un personnage de premier plan dans Secret People (ou The Secret People en version originale) réalisé par le britannique Thorold Dickinson (1903-1984). Malgré la présence à ses côtés de Serge Reggiani et de Valentina Cortese (Les Bas-fonds de Frisco, La Comtesse aux pieds nus, Femmes entre elles, Barrabas), nous n’avons souvent d’yeux que pour cette jeune actrice qui du haut de ses 24 ans allait crever l’écran l’année suivante dans Vacances romainesRoman Holiday de William Wyler.

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Test Blu-ray / F comme Flint, réalisé par Gordon Douglas

F COMME FLINT (In Like Flint) réalisé par Gordon Douglas, disponible en DVD et Blu-ray le 28 janvier 2020 chez BQHL Editions

Acteurs : James Coburn, Lee J. Cobb, Jean Hale, Andrew Duggan, Anna Lee, Hanna Landy, Totty Ames, Steve Ihnat…

Scénario : Hal Fimberg

Photographie : William H. Daniels

Musique : Jerry Goldsmith

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Le super espion Flint découvre que le président des États-Unis a été remplacé par un acteur. Celui-ci aurait été engagé par un groupe de femmes qui veulent conquérir le monde au moyen de lavages de cerveau dispensés par leurs salons de coiffure.

Flint, c’est James Coburn (1928-2002), qui avait commencé sa carrière au cinéma quelques années auparavant et traîné sa grande carcasse chez Budd Boetticher (La Chevauchée de la vengeance), John Sturges (Les Sept Mercenaires, La Grande évasion), Don Siegel (L’Enfer est pour les héros), Stanley Donen (Charade), William Conrad (L’Homme de Galveston) et Sam Peckinpah (Major Dundee). En 1966, Notre homme FlintOur man Flint lui offre le haut de l’affiche et le moins que l’on puisse dire, c’est que le comédien âgé de 38 ans est servi comme un prince avec cette parodie de film d’espionnage, en particulier des James Bond qui envahissaient les salles de cinéma depuis quatre ans. Formidable divertissement, Notre homme Flint, énorme succès commercial entraîne forcément une suite l’année suivante, F comme Flint – In Like Flint, réalisé cette fois par Gordon Douglas (1907-1993), qui succède ainsi à Daniel Mann. Si le premier volet était et demeure d’ailleurs une grande comédie policière qui jouait avec les codes en vigueur, en regorgeant de gadgets absurdes en tous genres (en fait quasiment tous contenus dans un briquet, qui donne aussi du feu !), de belles poupées déshabillées, de couleurs flashy et de décors psychédéliques, cette suite ne fait pas autant d’étincelles et pâtit d’un scénario plus classique. Derek Flint semble avoir perdu son mojo, même si certaines séquences restent jubilatoires. Si Notre homme Flint avait pris inévitablement quelques rides, le second épisode a encore plus mal vieilli et croule sous les clichés sexistes qui en feraient criser plus d’un aujourd’hui (on ne sait pas si le film est ouvertement misogyne ou non), ou plus d’une surtout, bien que toute cette entreprise soit avait tout placée sous le signe de la gaudriole. De ce point de vue, F comme Flint reste un divertissement très sympathique.

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