
LE BRAVE ET LA BELLE (The Magnificent Matador) réalisé par Budd Boetticher, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 mai 2026 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : Maureen O’Hara, Anthony Quinn, Manuel Rojas, Richard Denning, Thomas Gomez, Lola Albright, William Ching, Eduardo Noriega…
Scénario : Charles Lang, d’après une histoire originale de Budd Boetticher
Photographie : Lucien Ballard
Musique : Raoul Kraushaar
Durée : 1h35
Date de sortie initiale : 1955
LE FILM
Toréador célèbre au Mexique, capable de surmonter sa peur en dépit du mauvais pressentiment d’un grave accident, Luis Santos accepte de suivre le débutant Rafael Reyes pour ses premiers pas dans l’arène. Le secret de sa prémonition, Luis Santos le garde cependant pour lui. Il est de plus en plus attiré par Karen Harrison, une riche américaine, qui paraît fascinée par cet homme qui met sa vie en danger pour le plus grand bonheur de ses aficionados, depuis qu’elle l’a remarqué à Madrid en train de terrasser un impressionnant taureau. Malgré cette passion dévorante, le jour de la corrida, celui de tous les dangers arrive et avec lui son lot de révélations.

C’est par amitié pour Anthony Quinn, que Budd Boetticher (1916-2001) écrit Le Brave et la Belle –The Magnificent Matador, voyant qu’en dépit de ses deux Oscars (ceux du meilleur acteur dans un second rôle pour Viva Zapata! et La Vie passionnée de Vincent van Gogh) le comédien peinait à trouver un rôle digne de ce nom et était même quelque peu oublié par les studios. S’il se voit imposer le titre The Magnificent Matador (qu’il jugeait lamentable) par la Twentieth Century-Fox, Budd Boetticher était fier de ce film qui sortait alors Anthony Quinn – avec lequel il avait déjà tourné à trois reprises – de ses personnages habituels, dans lesquels le monde du cinéma semblait vouloir l’enfermer. Ainsi, après La Cité sous la mer –City Beneath the Sea, L’Expédition du Fort King –Seminole et À l’est de Sumatra –East of Sumatra, Anthony Quinn accède au haut de l’affiche grâce à Budd Boetticher (les deux hommes se connaissaient depuis le tournage d’Arènes sanglantes – Blood and Sand – 1941 de Rouben Mamoulian, sur lequel le second était conseiller sur la corrida), quasiment au même moment que La Strada de Federico Fellini. Après avoir triomphé dans les seconds rôles, l’acteur devient une star internationale. Dans Le Brave et la Belle, il dévoile une nouvelle facette de son jeu, une sensibilité qu’on lui a rarement demandée d’exprimer, des fêlures, des larmes aussi. Son face-à-face avec la magnifique Maureen O’Hara subjugue et on se prend rapidement d’affection pour ces deux êtres solitaires, auxquels il ne manque pourtant rien ou pas grand-chose pour être heureux, qui n’auraient sans doute jamais dû se rencontrer car ne faisant pas partie du même monde, mais que le destin va pourtant réunir. Et c’est superbe.











































