Test Blu-ray / Les Mains dans les poches, réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson

LES MAINS DANS LES POCHES (The Lords of Flatbush) réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 décembre 2025 chez Colored Films.

Acteurs : Perry King, Sylvester Stallone, Henry Winkler, Paul Mace, Susan Blakely, Maria Smith, Renee Paris, Paul Jabara…

Scénario : Stephen Verona, Gayle Gleckler & Martin Davidson

Photographie : Joseph Mangine & Edward Lachman

Musique : Joseph Brooks

Durée : 1h24

Année de sortie : 1974

LE FILM

Des jeunes d’un quartier de Brooklyn se réunissent et forment un gang. S’ils réussissent à affronter les problèmes ensemble plus facilement, ils doivent néanmoins surmonter de nouveaux obstacles.

On a tendance à penser que Les Mains dans les poches –The Lords of Flatbush marque la première apparition au cinéma de Sylvester Stallone, le film étant vendu sous cet argument depuis longtemps. En réalité non, puisque le comédien avait fait quelques panouilles dans Bananas de Woody Allen (voir la scène dans le métro), dansait dans The Sidelong Glances of a Pigeon Kicker de John Dexter et dans Klute d’Alan J. Pakula. Mais en dehors d’autres rôles non crédités (comme dans La Descente infernale de Michael Ritchie et Lune de miel aux orties de Cy Howard), Sylvester Stallone démarre les années 1970 par The Party at Kitty and Stud’s, qui sera rebaptisé L’Étalon italien – The Italian Stallion après le triomphe de Rocky. Un film cu-culte qui était loin de laisser penser que la carrière de l’acteur allait prendre son envol quelques années plus tard. 1973, il obtient le rôle principal de Rebel – No Place to Hide de Robert Allan Schnitzer, thriller qui passe inaperçu et qui sera lui aussi réexploité au début des années 1980, dans un nouveau montage, histoire de mettre Sly encore plus en avant. On arrive alors aux Mains dans les poches, qui pour le coup est ce qu’on pourrait vraiment qualifier de vrai premier rôle dramatique pour Stallone, qui a plus à défendre dans ce film que dans tout ce qu’il avait pu faire jusqu’à présent. Coréalisé par Martin Davidson et Stephen Verona, inconnus au bataillon et qui signaient là leur premier film, The Lords of Flatbush est souvent comparé à American Graffiti de George Lucas, sorti l’année précédente, mais anticipe aussi étrangement Grease de Randal Kleiser avec sa bande de gominés, les épaules serrées dans leur blouson de cuir, la clope au bout du bec. Loin de l’expression populaire « C’était mieux avant », Les Mains dans les poches est parcouru par un vrai spleen et montre des jeunes nés durant la Seconde Guerre mondiale, qui sont pour ainsi dire incapables d’être heureux, de se contenter de ce qu’ils ont, qui se montrent impatients envers tout et tout le monde, qui multiplient les plaisirs éphémères, sans penser au lendemain, ni même à l’heure d’après. Jusqu’à ce que la réalité les rattrape petit à petit et les mette face à leurs responsabilités. The Lords of Flatbush est une chronique sur la perte de l’innocence de jeunes adultes, qui sortent à peine de l’adolescence (oui bon, les acteurs avaient entre 26 et 30 ans) et doivent faire avec le peu qu’ils ont dans la caboche. Une curiosité, mais aussi une vraie découverte que ces Mains dans les poches.

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Test 4K UHD / Le Train sifflera trois fois, réalisé par Fred Zinnemann

LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS (High Noon) réalisé par Fred Zinnemann, disponible en Combo 4K UHD + Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Gary Cooper, Grace Kelly, Thomas Mitchell, Lloyd Bridges, Katy Jurado, Lon Chaney Jr., Otto Kruger, Harry Morgan, Ian MacDonald, Lee Van Cleef…

Scénario : Carl Foreman, d’après une nouvelle de John W. Cunningham

Photographie : Floyd Crosby

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

À peine marié, le shérif Will Kane apprend que Frank Miller, un homme qu’il a fait arrêter et condamner cinq ans plus tôt, arrivera en ville par le train de midi. Déjà, trois de ses complices l’y attendent. Le sens du devoir l’emportant sur la démission qu’il avait l’intention de donner, Kane espère cependant que quelques-uns de ses concitoyens prennent les armes avec lui. Aucun ne le suit. Bien que le combat s’annonce perdu d’avance, le shérif se dresse contre les bandits.

Peut-on faire plus culte que Le Train sifflera trois fois – High Noon, l’un des rares westerns à être connu aussi bien sous son titre français qu’anglais, qui dès qu’on l’évoque fait surgir en mémoire moult images emblématiques, ainsi qu’une chanson, là encore dans la langue de Molière comme dans celle de Shakespeare ? C’est toujours impressionnant de s’attaquer à un mythe, cela peut coincer, car on a peur de trop en faire, d’oublier des éléments, de ne pas être à la hauteur…et puis finalement ce qu’il y a de mieux à faire dans ces cas-là, c’est de prendre le film comme si on le découvrait pour la première fois, en faisant abstraction de tout ce qui a pu être dit dessus, histoire de ne pas être parasité ou influencé. Le Train sifflera trois fois, qui a eu ses défenseurs, comme ses détracteurs et ce depuis sa sortie, est un tour de force dans le sens où l’(in)action se déroule en quasi-temps réel, l’intrigue se situant entre 10h30 et midi, durée durant laquelle le personnage principal erre à la recherche de soutien physique et moral, en attendant l’arrivée de quelques sbires qui pourraient bien le faire passer de vie à trépas. Masterclass, leçon de cinéma, sobre et pourtant virtuose, Le Train sifflera trois fois épate sur tous les plans et offre à John Wayne l’un des plus grands rôles de son illustre carrière, et l’on se souviendra toujours de cette scène où celui s’éloigne vers le soleil couchant avec Grace Kelly. Ah oui, c’est Gary Cooper connard.

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Test 4K UHD / Le Réveil de la Momie, réalisé par Lee Cronin

LE RÉVEIL DE LA MOMIE (Lee Cronin’s The Mummy) réalisé par Lee Cronin, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook limité le 19 août 2026 chez Warner Bros.

Acteurs : Jack Reynor, Laia Costa, May Calamawy, Veronica Falcón, Natalie Grace, Shylo Molina, Billie Roy, Hayat Kamille…

Scénario : Lee Cronin

Photographie : David Garbett

Musique : Stephen McKeon

Durée : 2h15

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Mais les retrouvailles tournent vite au cauchemar. Alors que son comportement devient de plus en plus inquiétant, sa famille se lance dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.

Alors que Brendan Fraser et Rachel Weisz sont en train de tourner La Momie 4, un autre film mettant en scène une créature aux bandelettes a fait son apparition au cinéma en 2026, Le Réveil de la Momie aka Lee Cronin’s The Mummy, du nom du réalisateur, titre original rebaptisé ainsi en raison de la mise en chantier des retrouvailles entre Rick O’Connell et Evelyn. L’irlandais, remarqué avec The Only Child – L’Enfant unique et son Evil Dead Rise (cinquième épisode de la franchise), s’est déjà fait un nom dans le domaine de l’horreur et envisage ainsi son opus de la Momie, avec beaucoup de sang et autres fluides sympathiques. On est donc loin de La Momie (1932) de Karl Freund avec Boris Karloff, de La Tombe de la Momie (1942) avec Lon Chaney Jr. et des autres films appartenant aux Universal Monsters. Le Réveil de la Momie se rapprocherait plutôt de la période Hammer Films ou de La Malédiction de la Momie – Tale of the Mummy (1998) de Russell Mulcahy, sorti un an avant le carton planétaire de La Momie – The Mummy de Stephen Sommers. Non, nous parlerons pas de Belphégor, le fantôme du Louvre (2001) de Jean-Paul Salomé, ce film n’existe pas. Une chose est sûre, c’est que Le Réveil de la Momie ne fait pas dans la gaudriole…et pourtant on ne peut pas s’empêcher de rire devant l’absurdité de certaines scènes, surtout durant la première partie, durant laquelle les agissements des personnages demeurent incompréhensibles. Après la tentative de reboot en 2017 par Alex Kurtzman avec Tom Cruise, qui s’était soldé par un échec de l’autre côté de l’Atlantique et qui avait donc tué dans l’oeuf le Dark Universe, la Momie débarque chez Blumhouse Productions, où le film a été produit pour un peu plus de vingt millions de dollars. Le succès a été au rendez-vous avec plus de 80 millions de billets verts récoltés dans le monde. Il faut tout de même s’armer de patience, la durée de 2h20 n’aidant vraiment pas et accepter énormément d’inepties pour finalement se laisser aller par ce rollercoaster amusant (involontairement la plupart du temps) qui ne lésine pas sur le gore.

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Test Blu-ray / The Surfer, réalisé Lorcan Finnegan

THE SURFER réalisé par Lorcan Finnegan, disponible en DVD et Blu-ray le 15 septembre 2026 chez The Jokers Films.

Acteurs : Nicolas Cage, Finn Little, Julian McMahon, Rahel Romahn, Michael Abercromby, Alexander Bertrand, Greg McNeill, Rory O’Keeffe…

Scénario : Thomas Martin

Photographie : Radek Ladczuk

Musique : François Tétaz

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un homme revient sur l’idyllique plage de son enfance pour faire du surf avec son fils. Leur escapade tourne au cauchemar lorsqu’un gang de surfeurs du coin leur interdit l’accès à l’océan. Humilié et menacé, le père de famille va devoir se battre pour reconquérir son territoire et l’estime de son fils. Sur cette plage à l’atmosphère étouffante, s’engage alors une lutte qui le mènera au cœur de la folie.

Nicolas Cage Forever. Depuis dix ans (et même au-delà, bien avant Homepopcorn), nous avons toujours défendu le comédien, y compris sur certains opus dans lesquels il n’y avait pas grand-chose à soutenir. Si l’on regarde attentivement la filmographie conséquente de l’acteur depuis seulement une décennie, peu de longs-métrages sont à jeter, vraiment. Ainsi, Le Casse – The Trust, USS Indianapolis, Dog Eat Dog, Army of One, Mom and Dad, Froide Vengeance, Sympathy for the Devil, Colour Out of Space, Un talent en or massif et bien d’autres valent franchement le coup d’oeil, et même plus. On assiste encore à une résurrection de l’ami Cage. Cela a été progressif : Mandy de Panos Cosmatos en 2018, Pig de Michael Sarnoski en 2021, Dream Scenario de Kristoffer Borgli en 2023, Longlegs d’Oz Pekins en 2024, sans oublier la série Spider-Noir. Avant la sortie de Madden de David O’Russell, qui s’annonce comme un véritable événement et qui pourrait lui valoir sa troisième nomination aux Oscars (après Leaving Las Vegas et Adaptation), Nicolas Cage brille à nouveau de mille feux dans The Surfer, présenté hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes 2024. Cette fois, il s’envole pour l’Australie pour y tourner le quatrième film du réalisateur irlandais Lorcan Finnegan (né en 1979), révélé en 2019 avec son deuxième long-métrage, Vivarium, qui plongeait Jesse Eisenberg et Imogen Poots dans un labyrinthe d’étranges lotissements. Une fois de plus, le cinéaste déjoue les attentes et s’amuse à faire perdre ses repères aux spectateurs, autant qu’à son personnage principal. Merveilleux objet de cinéma, The Surfer rappelle étrangement Le Plongeon – The Swimmer (1968) de Frank Perry (et aussi de Sydney Pollack), drame psychologique à la frontière du fantastique. Lorcan Finnegan dresse le portrait psychologique perturbé d’un homme qui a consacré toute sa vie et son travail à vouloir réaliser un rêve unique, comme un mirage inaccessible dans le désert. Accueilli chaleureusement lors de sa présentation hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes en 2024, The Surfer n’a malheureusement pas connu d’exploitation dans les salles françaises. Mais il est désormais disponible en DVD et Blu-ray, ainsi que sur Paramount+, et mérite toute l’attention du cinéphile.

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Test DVD / L’Arnaqueuse, réalisé par Wilfried Méance

L’ARNAQUEUSE réalisé par Wilfried Méance, disponible en DVD le 11 septembre 2026 chez Wild Side Video.

Acteurs : Fadily Camara, Josiane Balasko, Jean-Pascal Zadi, Tiphaine Daviot, Denis Mpunga, Pablo Pauly, Bertrand Usclat, Amaury de Crayencour…

Scénario : Stéphane Landowski, Michaël Souhaité & Jean-Pascal Zadi

Photographie : Stéphen Méance

Musique : Sylvain Goldberg & Guy Waku

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Fanny, tout juste enceinte, se voit mal élever son futur enfant dans l’appartement de son père, chez qui elle habite avec son compagnon Virgil. Elle veut un appartement à eux, et plutôt à Paris que dans leur banlieue. Elle croit avoir trouvé la bonne affaire lorsqu’elle visite l’appartement proposé en viager par Mme Masséna.

Bon…On est bon public hein, on a même défendu depuis dix ans, depuis plus de vingt ans en réalité – si l’on compte les années Allociné et DVDfr – des bouses innommables devant lesquelles on parvenait à tirer des éléments que certains, la plupart sans doute, rejetaient en blocs. C’est le jeu et c’est pour cela que c’est amusant. Mais quand on se retrouve devant une « comédie » comme L’Arnaqueuse, que dire…Alors si, peut-être, il y a Josiane Balasko, aujourd’hui âgée de 76 ans. En fait, à l’instar de ce que nous disions sur Christian Clavier sur notre critique de Cocorico 2, la comédienne s’en est toujours tirée, y compris sur ses plus mauvais films. Néanmoins, si celle-ci a moins de choses à se faire pardonner que son ancien comparse du Splendid, quand elle se retrouve sur une production inexcusable, injustifiable et (osons le dire) insoutenable, Josiane Balasko ne fait pas les choses à moitié et L’Arnaqueuse est assurément un des pires opus de son illustre carrière. Nous l’avons déjà dit, mais quand une affiche est estampillée « Festival de l’Alpe d’Huez », l’un des pires festivals sur le marché, on sait que l’on va se retrouver quasi-systématiquement (il existe des exceptions) devant une série Z et que ce sceau n’est destiné qu’à essayer d’attirer l’oeil du chaland qui se retrouve un cinéma et qui n’aurait peut-être pas encore décidé ce qu’il allait voir. L’Arnaqueuse a été pensé pour placer en haut de l’affiche l’humoriste Fadily Camara, repérée par, on vous le donne en mille, le Jamel Comedy Club bien sûr. C’était il y a une dizaine d’années et depuis Fadily Camara a fait son premier stand-up (diffusé sur Netflix, une première pour une standuppeuse française), est apparue à la télévision (Mytho, HF, En place) puis logiquement au cinéma (Selfie, Tout simplement noir, Les Méchants, Pas de vagues, Le Grand déplacement)…Un dénominateur commun récurrent ? Jean-Pascal Zadi, qui joue également dans L’Arnaqueuse et qui interprète ici le compagnon de Fadily Camara. On ne sait pas si l’acteur porte la poisse aux réalisateurs avec lesquels il collabore, mais toujours est-il que L’Arnaqueuse s’est mangé un gros bide à sa sortie fin avril 2026 et n’aura attiré (péniblement) que 81.000 spectateurs. Un échec on peut dire mérité tant nous nous trouvons dans le fond, le double-fond du panier même de la comédie, cette fameuse partie du cabas qui cumule les restes des légumes du marché, qu’on ne voit pas, mais dont l’odeur pique les narines. Fuyez pauvres fous.

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Test DVD / Une fille en or, réalisé par Jean-Luc Gaget

UNE FILLE EN OR réalisé par Jean-Luc Gaget, disponible en DVD le 7 août 2026 chez Nour Films.

Acteurs : Pauline Clément, Arthur Dupont, Émilie Caen, Loïc Legendre, Quentin Dolmaire, Karin Viard, Bruno Podalydès, Jean-Noël Brouté…

Scénario : Raphaële Moussafir & Jean-Luc Gaget

Photographie : Mathilde Cathelin

Musique : Frédéric Norel

Durée : 1h22

Année de sortie : 2026

LE FILM

Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée. Bercée par les illusions d’une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n’impressionne. Elle se dit alors qu’il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ? ».

Jean-Luc Gaget (né en 1958) est un couteau Suisse. Scénariste, dialoguiste, romancier, monteur, acteur et réalisateur, il écrit pour les autres, de Fabien Onteniente (Tom est tout seul) à Blandine Lenoir (Aurore, Zouzou), mais surtout pour la cinéaste Sólveig Anspach, disparue en 2015. L’ombre de cette dernière (à qui le film est d’ailleurs dédié), avec laquelle il avait signé Back Soon, Queen of Montreuil, Louise Michel (pour la télévision), L’Effet aquatique (César du Meilleur scénario original) et le magnifique Lulu femme nue, plane sur Une fille en or, dans lequel on retrouve toute la folie et la fantaisie de Jean-Luc Gaget, qui repasse à son tour derrière la caméra. Petite bulle de savon, légère et pétillante, Une fille en or ne révolutionne certes pas la comédie française, mais s’inscrit dans un burlesque qui n’est pas sans rappeler les premières œuvres de Pierre Richard, à l’instar du Distrait ou Les Malheurs d’Alfred. Un aspect quasi-anachronique qui possède un charme fou, comme celui de ses deux interprètes principaux, avec tout d’abord la merveilleuse Pauline Clément, qui après ses apparitions remarquées dans Le Sens de la fête de Nakache & Toledano et Heureux gagnants de Maxime Govar, accède enfin en haut de l’affiche ici, comme dernièrement avec le triomphe de De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. C’est aussi le cas pour le trop rare (au cinéma du moins) Arthur Dupont (Bus Palladium, Normandie nue, Grand froid, la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie), parfait dans la peau du type psychorigide et bourré de tocs, personnage auquel il apporte une ambiguïté et donc une humanité qui le rendent très attachant. Si vous en avez l’occasion, assistez à la rencontre inattendue entre Paul et Clémence durant cette petite récréation de 80 minutes.

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Test Blu-ray / La Femme de, réalisé par David Roux

LA FEMME DE réalisé par David Roux, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Jour2Fête.

Acteurs : Mélanie Thierry, Éric Caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau…

Scénario : David Roux & Gaëlle Macé, d’après le roman Son nom d’avant d’Hélène Lenoir

Photographie : Aurélien Marra

Musique : Quentin Sirjacq

Durée : 1h35

Année de sortie : 2026

LE FILM

Marianne est mariée avec Antoine, avec lequel elle a eu une fille, Laure, adolescente, et un garçon, Tim, encore petit. Dans la demeure de son beau père, qui vient d’enterrer sa femme, elle se réfugie dans les bras de son beau frère, Franck, et se garde bien de se mêler des questions de succession. Une certaine tension s’installe d’ailleurs entre son mari et l’une de ses deux belles-sœurs, Lili, qui trouve qu’Antoine décide de tout sans consulter personne. Alors qu’elle ne voulait pas s’installer dans la maison, Marianne se retrouve à s’occuper de son beau père, qui la prend pour une domestique. Et quand surgit dans leur vie un photographe qu’elle a croisé par le passé, elle va devoir faire des choix…

Nous étions sans nouvelle du réalisateur David Roux (né en 1977), dont le premier long-métrage L’Ordre des médecins nous avait particulièrement enthousiasmés en 2019. Deux bonnes nouvelles. La première c’est qu’il fait enfin son retour derrière la caméra. Quant à la seconde, La Femme de est une nouvelle réussite. Il adapte le roman d’Hélène Lenoir, Son nom d’avant et dresse le portrait d’une femme de 40 ans, qui arrive à un carrefour de son existence, qui se résume à incarner l’épouse dévouée la meilleure mère, en la ramenant le moins possible, dans une famille bourgeoise et catholique de province, dans laquelle son mari, le fils aîné, s’impose une fois de plus face à ses cadets au moment de la mort de leur mère, quand bien même leur père est encore en vie. David Roux se place dans la droite lignée de Claude Chabrol, tout comme Sébastien Marnier le faisait en 2022 avec L’Origine du mal, dans le genre drame social se déroulant dans un cadre feutré, loin de l’agitation de la grande ville. Il offre à Mélanie Thierry l’un de ses plus beaux rôles (on a l’impression de dire cela à chacun de ses films), comme dernièrement La Chambre de Mariana et La Douleur d’Emmanuel Finkiel et La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Passionné par le mélodrame hollywoodien des années 1950 comme ceux de Douglas Sirk (All I Desire, Le Secret magnifique), le cinéaste observe son personnage principal piégé dans sa cage dorée, souvent perdue au milieu d’une immense pièce, observant par la fenêtre, rêvant peut-être de s’évader, de s’envoler. Formidable objet de cinéma à disséquer sur le plan formel, magnifiquement photographié par Aurélien Marra (Un monde merveilleux), La Femme de confirme le talent d’un metteur en scène précieux, sur lequel il faudra désormais compter.

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Test DVD / Le Cri des gardes, réalisé par Claire Denis

LE CRI DES GARDES réalisé par Claire Denis, disponible en DVD le 19 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce, Tom Blyth…

Scénario : Claire Denis, Suzanne Lindon & Andrew Litvack, d’après la pièce de théâtre de Bernard-Marie Koltès

Photographie : Éric Gautier

Musique : Tindersticks

Durée : 1h45

Année de sortie : 2026

LE FILM

Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux Blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier.

Après le Nicaragua dans Stars at Noon, Claire Denis revient en Afrique, continent où elle a passé les douze premières années de sa vie et où elle a déjà tourné, au Cameroun pour son premier long-métrage Chocolat (1988) et White Material (2009). Cette fois, direction le Sénégal où elle adapte – avec Suzanne Lindon et Andrew Litvack – la pièce de théâtre Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès (1948-1989), écrite en 1979, que la réalisatrice avait découvert en 1983 à l’occasion de sa transposition au théâtre des Amandiers de Nanterre par Patrice Chéreau. Subjuguée par cette pièce interprétée à l’époque par Michel Piccoli, Myriam Boyer et Philippe Léotard, Claire Denis avait toujours pensé l’adapter elle-même au cinéma, suite à une promesse faite au dramaturge avant d’être emporté par le sida. Il aura donc fallu attendre plus de quarante ans pour que ce projet se concrétise et pour cela elle retrouve Isaach de Bankolé pour la quatrième fois, acteur qu’elle avait d’ailleurs découvert en 1987 dans la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton du même Bernard-Marie Koltès. La boucle est ainsi bouclée quelque part. Le Cri des gardes est un véritable western, avec comme lieu principal un chantier entouré de grillage qui ferait office de poste fortifié, où les deux personnages principaux, que l’on peut voir comme le cowboy et l’Indien, se font face à l’entrée du camp, où le dialogue s’installe (ou essaye de le faire), où les tensions s’exacerbent. Chez Claire Denis, la nuit est reine, révèle tout, les peurs, l’innommable, l’obscurité ne saurait dissimuler le mensonge. Séparé par une grille qui tranche dans le ciel d’encre, Alboury (Isaach de Bankolé) et Horn (Matt Dillon), prennent place comme s’ils se trouvaient dans un confessionnal à ciel ouvert, ou alors est-ce au purgatoire ? Dans une unité de lieu, de temps et d’action, Claire Denis installe un malaise qui va crescendo, jusqu’à la révélation, pour aller vers l’espoir de rédemption, l’absolution peut-être. Claire Denis brouille les pistes, ici imprégnées de terre rouge, navigue entre différents genres, mais plonge encore ses protagonistes, déracinés pour la plupart, plantés dans une culture qu’ils ne comprennent pas et qui reprend ses droits. À près de 80 ans, Claire Denis affiche une envie folle de cinéma et Le Cri des gardes s’impose comme une nouvelle réussite à son palmarès.

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Test DVD / La Barrière, réalisé par Jerzy Skolimowski

LA BARRIÈRE (Bariera) réalisé par Jerzy Skolimowski, disponible en DVD le 2 septembre 2026 chez Malavida Films.

Acteurs : Joanna Szczerbic, Jan Nowicki, Tadeusz Lomnicki, Maria Malicka, Zdzislaw Maklakiewicz, Ryszard Pietruski, Bogdan Baer, Henryk Bak…

Scénario : Jerzy Skolimowski

Photographie : Jan Laskowski

Musique : Krzysztof Komeda

Durée : 1h17

Date de sortie initiale: 1966

LE FILM

Sur un coup de tête, un jeune homme laisse tout tomber pour partir à la conquête du monde. Le choc des générations dans la Pologne des années 60, au travers des méandres capricieux des amours d’une jeune conductrice de tramway et d’un étudiant en rupture d’université.

Vous aurez beau lire le résumé ci-dessus, rien ne vous prépare à La Barrière – Bariera, troisième long-métrage du mythique Jerzy Skolimowski (né en 1938). Après le succès rencontré par ses deux précédents opus, Signe particulier : néant (1964) et Walkover (1965), le cinéaste polonais enchaîne très vite avec une nouvelle histoire surréaliste, impossible à raconter, destinée à un public investi, mais surtout véritable cadeau aux cinéphiles. Expérience de septième art à part entière, La Barrière fait perdre tous ses repères au spectateur, qui, s’il est un minimum impliqué et prêt à s’en remettre totalement au cinéaste, sera constamment surpris, décontenancé, comme s’il était tombé au beau milieu d’un cyclone dévastateur. En 78 minutes montre en main, Jerzy Skolimowski dresse le portrait d’une jeunesse paumée, tiraillée entre la liberté et le fait d’accepter de se mettre dans le rang. Dès la première séquence, les personnages sont étrangement cadrés, comme s’ils ne voulaient pas se glisser dans le moule qui leur est destiné, et s’adonnent encore à quelques jeux futiles pour savoir qui remportera la timbale, autrement dit une grosse tirelire en forme de cochon. Pourtant, le premier plan montre qu’ils ont tous les mains liées dans le dos, comme si leur destin leur était imposé et qu’ils devaient avancer, se jeter dans le vide, même s’ils ne l’ont pas voulu ainsi. Néanmoins, notre héros, dont on ne saura jamais le nom et que l’on appellera donc « le jeune homme », en a décidé autrement. Il va explorer « le monde », autrement la ville, aller de rencontre en rencontre, histoire de profiter du peu de jeunesse qui lui reste à vivre.

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Test DVD / Sukkwan Island, réalisé par Vladimir de Fontenay

SUKKWAN ISLAND réalisé par Vladimir de Fontenay, disponible en DVD le 20 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti, Ruaridh Mollica, Tuppence Middleton, Maria Arlén Larsen…

Scénario : Vladimir de Fontenay, d’après le roman de David Vann

Photographie : Amine Berrada

Musique : Jeremy Villecourt & Florent Chronie-De Maria

Durée : 1h50

Année de sortie : 2026

LE FILM

Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve.

En fait, le film de Vladimir de Fontenay est la seconde adaptation du roman de David Yann, Sukkwan Island, publié en France en 2010, transposé en roman graphique cinq ans plus tard par Ugo Bienvenu. Il aura fallu attendre 2026 pour que la version cinématographique du Prix Médicis étranger 2010 débarque sur les écrans. Le réalisateur, déjà remarqué en 2018 avec son premier long-métrage Mobile Homes (3 ans après avoir co-mis en scène Memoria avec Nina Ljeti), dans lequel il dirigeait Imogen Poots et Callum Turner, s’empare du livre et se l’approprie en évoquant à nouveau la question de la parentalité. Là où son personnage principal féminin hésitait entre être libre et être responsable en acceptant sa condition de mère, Sukkwan Island, dont le roman original était dédié au père de l’auteur, qui avait mis fin à ses jours à l’âge de 40 ans, se penche sur la paternité. Après plus de trois ans de recherches, Vladimir de Fontenay et son équipe se sont envolés au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire, pour y isoler ses deux comédiens principaux, merveilleusement incarnés par Swann Arlaud et Woody Norman, où les personnages apprennent à se connaître dans des conditions extrêmes, au milieu de nulle part. À la fois récit autobiographique et projection fantasmée de « ce qui aurait pu se passer si… », l’histoire originale de Sukkwan Island permet au cinéaste d’approfondir certains thèmes personnels, tout en démontrant sa virtuosité technique, son film étant d’une beauté de tous les instants. Largement plébiscité dans de nombreux festivals internationaux, y compris aux États-Unis (Sundance, San Francisco), Sukkwan Island, intégralement tourné en anglais (à quelques exceptions près), confirme le grand talent de Vladimir de Fontenay, qui détient désormais les clés pour se retrouver à la barre d’une production hollywoodienne. On mise sur lui.

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