Test Blu-ray / Une libellule pour chaque mort, réalisé par León Klimovsky

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT (Una libélula para cada muerto) réalisé par León Klimovsky, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 21 mars 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Paul Naschy, Erika Blanc, Ángel Aranda, María Kosty, Ricardo Merino, Susana Mayo, Eduardo Calvo, Ramón Centenero…

Scénario : Ricardo Muñoz Suay, d’après une histoire originale de Paul Naschy

Photographie : Miguel Fernández Mila

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Dans les bas-fonds de Milan, une série de meurtres est perpétrée au sein des prostituées, dealers, et homosexuels. Le tueur, qui semble investi d’une mission purificatrice, laisse, en signature, une libellule sur chacune de ses victimes. L’inspecteur Scaporella est diligenté pour mener l’enquête, aidé par sa fiancée Silvana.

À la sortie en HD de La Furie des vampiresLa Noche de Walpurgis (1971), nous évoquions surtout la carrière de Jacinto Molina, plus connu sous le pseudonyme de Paul Naschy (1934-2009). Celle d’Une libellule pour chaque mortUna libélula para cada muerto (1975) nous permet de parler du réalisateur de ces deux longs-métrages, l’argentin León Klimovsky (1906-1996), metteur en scène de quelques westerns (Le Colt du révérend avec Guy Madison, Quelques dollars pour Django avec Anthony Steffen), qui collaborera surtout à huit reprises avec Paul Naschy. Les deux hommes n’étaient pas avares de compliments quand ils s’exprimaient sur leur travail en commun, quand bien même le comédien regrettait que León Klimovsky n’accordait jamais assez de prises. Par son titre relativement explicite, Une libellule pour chaque mort est bel et bien un giallo, qui surfe allègrement sur les opus de Dario Argento et consorts. En situant l’action à Milan, bien que de nombreuses scènes aient été tournées à Madrid, Paul Naschy et León Klimovsky espèrent capturer cette atmosphère propre au film de genre italien et y parviennent de temps en temps. Mais ce thriller pâtit de l’interprétation paresseuse de sa tête d’affiche, qui prend l’air grognon durant 85 minutes, fume cigare sur cigare, écrase son gobelet en plastique après avoir ingurgité son café, souffle comme un bœuf pour montrer qu’il est stressé…Autrement dit, Paul Naschy peine à se montrer convaincant dans Une libellule pour chaque mort. Certes, celui-ci n’a jamais été le meilleur acteur du monde, mais le voir essayer de composer un nouveau type de personnage, loin de ceux qui l’ont rendu célèbre dans le cinéma d’épouvante, a quelque chose d’attendrissant, d’amusant et donc d’attachant. On ne boude pas son plaisir devant Una libélula para cada muerto, car l’ensemble tient malgré tout grâce au bon boulot du cinéaste. Récréatif, à défaut d’être marquant.

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Test DVD / La Petite cuisine de Mehdi, réalisé par Amine Adjina

LA PETITE CUISINE DE MEHDI réalisé par Amine Adjina, disponible en DVD le 7 avril 2026 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Younès Boucif, Clara Bretheau, Hiam Abbass, Gustave Kervern, Malika Zerrouki, Birane Ba, Lou-Adriana Bouziouane, Laurent Stocker…

Scénario : Amine Adjina

Photographie : Sébastien Goepfert

Musique : Amine Bouhafa

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Mehdi, cuisinier au restaurant Baratin, et Léa, serveuse dans ce même établissement, sont collègues et amants. Ils vivent ensemble et songent à prendre ensemble la succession du patron bientôt à la retraite. Les parents de Léa sont prêts à leur donner un coup de main,. Léa voudrait rencontrer Fatima la mère de Mehdi. Ce dernier, paniquant à l’idée de la réaction de sa mère à la découverte de la fiancée qu’il lui avait cachée demande à son amie Souhila de feindre d’être sa mère.

Comme le nom du restaurant où officie le personnage principal l’indique, Mehdi va se retrouver dans une spirale infernale de mensonges, histoire selon lui d’arrondir les angles. La Petite Cuisine de Mehdi est donc celle qui symbolise le beau métier de ce jeune homme arrivé à un carrefour de son existence (partagée entre deux cultures, deux identités), mais aussi ce qu’il trafique, avec les ingrédients mis à portée de main, pour faire en sorte que sa vie personnelle ne soit pas trop impactée par la tournure des événements. Ce premier long-métrage écrit et réalisé par Amine Adjina, qui a aussi été comédien, s’avère très attachant, non seulement par sa simplicité, mais aussi par sa fraîcheur et l’excellence de sa distribution. Celle-ci est portée par Younès Boucif, comédien qui petit à petit fait son trou dans le cinéma français et que l’on avait déjà vu dans Les Magnétiques de Vincent Maël Cardona, la série Drôle sur Netflix, le superbe Le Ravissement d’Iris Kaltenbäck et même aux côtés de Laura Dern et de Liam Hemsworth dans la comédie romantique Lonely Planet de Susannah Grant. Il est ici en haut de l’affiche et porte merveilleusement bien cette comédie douce et amère très prometteuse menée sans aucun temps mort et marquée par de belles répliques qui fusent. Une belle surprise.

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Test DVD / Gérald le conquérant, réalisé par Fabrice Éboué

GÉRALD LE CONQUÉRANT réalisé par Fabrice Éboué, disponible en DVD depuis le 10 avril 2026 chez Wild Side Video.

Acteurs : Fabrice Eboué, Logan Lefèbvre, Alexandra Roth, Jean-François Cayrey, Gaëtan Cotigny, Franck Dubosc, Joaquim Fossi, Vincent Solignac…

Scénario : Fabrice Éboué & Thomas Gaudin

Photographie : Vincent Richard

Musique : Guillaume Roussel

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Gérald est fier de sa région, la Normandie de Guillaume le conquérant, qui peut se vanter d’avoir, les plus belles pommes, le livarot, les falaises d’Étretat et les vaches. Normande bien sûr, sans comparaison avec la limousine ou la Holstein. Pour rendre à sa Normandie les honneurs qui lui sont dus, Gérald rêve de bâtir un immense parc d’attraction identitaire. Pour ce faire, il cherche désespérément du soutien auprès de qui veut bien l’entendre…

Heureusement qu’on l’a Fabrice Éboué ! Car il est peut-être le seul en activité en France à s’en prendre à tout le monde et dans Gérald le conquérant, personne n’est épargné et surtout pas les deux extrêmes. Peu aidé par son affiche, cette troisième mise en scène en solo de l’humoriste est pour le moins passée inaperçue. À peine 77.000 spectateurs se seront déplacés dans les salles pour aller à la rencontre de ce fameux Gérald, de son beau-fils Albéric et de sa femme Madeleine. Si l’on devait vous donner un conseil, précipitez-vous sur cette comédie qui prend la forme d’un faux documentaire qui rappelle l’émission Strip-Tease et musclez vos zygomatiques, car ceux-ci vont être mis à rude épreuve. Le personnage merveilleusement incarné par Fabrice Éboué lui-même fait penser à un cousin éloigné de Bernie Noël, l’ami des hyènes interprété (et réalisé) par Albert Dupontel. Sauf que notre Gérald en question n’est pas le copain du mammifère carnivore en question, ni même des taupes (qu’il chasse de son jardin avec son fusil de chasse), ni même celui de ses congénères si ceux-ci ne sont pas normands. Enchaînement ininterrompu de scènes et de punchlines qui ont tout pour devenir cultes, Gérald le conquérant fait partie de ce lot de comédies aussi déjantées que furieusement intelligentes comme Problemos d’Éric Judor.

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Test DVD / Toujours possible, réalisé par Jacques Ouaniche

TOUJOURS POSSIBLE réalisé par Jacques Ouaniche, disponible en DVD le 22 avril 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Nadia Farès, Amanda Lear, Patrick Ridremont, Jean-Baptiste Maunier, Christophe Dechavanne, Anne Bouvier, Roddy Julienne, Noemie Bernstein…

Scénario : Jacques Ouaniche, d’après le film Miss Sixty de Sigrid Hoerner

Photographie : Benjamin Rufi

Musique : Randy Kerber

Durée : 1h26

Année de sortie : 2025

LE FILM

À 55 ans, Gaby, biologiste, perd son job et gagne une idée folle : avoir un enfant. Avec sa mère fantasque et un fichier de donneurs, elle traque le sperme parfait, tandis que Pierre, 56 ans, tente de rajeunir à tout prix pour séduire. Mais l’amour pourrait bien prouver que tout reste toujours possible.

Jacques Ouaniche est avant tout un producteur reconnu (Dobermann de Jan Kounen, L’Esquive d’Abdellatif Kechiche, Trois petites filles de Jean-Loup Hubert), auteur (la série Maison Close) et réalisateur (Victor Young Perez). Toujours possible, son dernier film en date est le remake de Miss Sixty, comédie allemande mise en scène par Sigrid Hoerner, sortie en 2014. L’histoire retiendra surtout qu’il s’agit malheureusement de l’ultime long-métrage avec Nadia Farès, disparue tragiquement en avril 2026. Si elle n’était pas la plus grande comédienne, elle était toujours lumineuse, charismatique, attachante et naturelle. Découvrir Toujours possible après sa mort brutale est forcément très émouvant, d’autant plus qu’elle y est très attachante et avait l’air de s’amuser beaucoup avec ses partenaires. Certes, Toujours possible fait parfois penser à un soap, un téléfilm de luxe et la mise en route est quelques peu laborieuse, mais le charme agit malgré tout et on se laisse prendre par cette comédie-romantique (dont on connaît déjà la fin, on ne va pas se mentir) menée sur un rythme soutenu et qui comporte quelques bons numéros d’acteurs complices.

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Test Blu-ray / Romance, réalisé par Catherine Breillat

ROMANCE réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Caroline Ducey, Sagamore Stévenin, François Berléand, Rocco Siffredi, Reza Habuhossein, Ashley Wanninger, Emma Colberti, Fabien de Jomaron…

Scénario : Catherine Breillat

Photographie : Giorgos Arvanitis

Musique : Raphäel Tidas & DJ Valentin

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1999

LE FILM

Une jeune femme, Marie, vit avec son compagnon, Paul, une relation frustrante sur les plans émotionnel et sexuel. Elle a une relation sexuelle avec Paolo, un homme rencontré dans un bar. Son désir d’apaiser sa frustration la conduit ensuite à une série de relations, souvent éphémères, jusqu’à entamer un rapport sadomasochiste avec un homme plus âgé.

Avec Romance, Catherine Breillat connaît son plus grand succès public avec près de 350.000 entrées. Aujourd’hui pourtant, le film s’avère l’un des plus critiqués, pour ne pas dire rejetés de la part des spectateurs. Si ce sixième long-métrage de la cinéaste a surtout bénéficié d’un phénomène de curiosité, qui a poussé les spectateurs à découvrir cet opus dans les salles, il est dur de nos jours d’émettre un bon avis, d’autant plus que celui-ci se trouve entaché par la déclaration en 2024 de son actrice principale, Caroline Ducey (par ailleurs très bien), qui accuse la réalisatrice (qui l’a aussi dirigée dans l’excellent Une vieille maîtresse) d’avoir organisé un viol sur le tournage et de l’avoir manipulée. Catherine Breillat a démenti les propos de la comédienne, qui affirmait que son actrice avait été prévenue que les scènes de sexe ne seraient pas simulées. Si l’on reste concentré sur le film proprement dit, difficile de ne pas rire devant Romance avec ses dialogues pompeux que l’on penserait élaborés en intelligence artificielle (les répliques sont idéales pour une partie de Kamoulox entre amis), le jeu embarrassé de Rocco Siffredi, qui se demande quels propos il est en train dé-bite-r, sans oublier les apparitions de François Berléand, dont le personnage entreprend d’éduquer Marie au bondage. La chair est souvent triste chez Catherine Breillat, exposée comme des morceaux barbaque sur l’étalage d’un boucher-charcutier, dans le but d’essayer de comprendre pourquoi on en fait tout un foin, pourquoi c’est bon, pourquoi « on ne pense qu’à ça ». Rétrospectivement, Romance est une fausse route pour son auteure, qui se perd ici dans tous les clichés, dans ses névroses personnelles, au point que ce drame psychologique mute involontairement en comédie…

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Test Blu-ray / Papa est en voyage d’affaires, réalisé par Emir Kusturica

PAPA EST EN VOYAGE D’AFFAIRES (Otac na sluzbenom putu) réalisé par Emir Kusturica, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 15 décembre 2025 chez Malavida Films.

Acteurs : Miki Manojlovic, Mira Furlan, Mustafa Nadarevic, Moreno D’e Bartolli, Amer Kapetanovic, Mirjana Karanovic, Predrag Lakovic, Pavle Vuisic…

Scénario : Abdulah Sidran & Emir Kusturica

Photographie : Vilko Filac

Musique : Zoran Simjanovic

Durée : 2h16

Date de sortie initiale: 1985

LE FILM

Sarajevo. Juin 1950, peu après la rupture Tito-Staline qui crée des tensions dans la société yougoslave. Mesa, un mari volage, mais attaché à sa famille et amoureux de sa femme Sena, est dénoncé pour une plaisanterie par une maîtresse délaissée et envoyé par son propre beau-frère en camp de travail. Pour les protéger, sa femme Sena dit à leurs enfants que Papa est en voyage d’affaires. À défaut de retour, une visite sur « son lieu de travail » est bientôt possible…

Aux côtés de Francis Ford Coppola (Apocalypse Now et Conversation secrète), Bille August (Pelle le Conquérant et Les Meilleures intentions), Shohei Imamura (La Ballade de Narayama et L’Anguille), les frères Dardenne (Rosetta et L’Enfant), Michael Haneke (La Pianiste et Le Ruban Blanc), Ken Loach (Le Vent se lève et Moi, Daniel Blake) et Ruben Östlund (The Square et Sans filtre), Emir Kusturica, fait partie de ces réalisateurs récompensés à deux reprises par la convoitée Palme d’Or. Dix ans avant Underground, le réalisateur yougoslave, alors âgé de 30 ans, devait être consacré pour la première fois pour Papa est en voyage d’affaires, alors que concourraient face à lui Birdy d’Alan Parker, Le Baiser de la femme araignée d’Héctor Babenco, Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood, Adieu Bonaparte de Youssef Chahine, Une nuit de réflexion de Nicolas Roeg, sans compter la présence de Jean-Luc Godard, Ted Kotcheff, Mario Monicelli, Dino Risi, Peter Bogdanovich, Paul Schrader, Claude Chabrol, André Téchiné…du beau monde quoi. Papa est en voyage d’affaires n’est que le second long-métrage du metteur en scène, sorti quatre ans après son premier coup d’essai, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, lauréat du Lion d’or de la première œuvre à la Mostra de Venise en 1981, doublé du Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique. Autant dire qu’Emir Kusturica a toujours été porté par la critique et habitué des prix. Il y a comme un parfum de cinéma italien dans Papa est en voyage d’affaires, avec cette radiographie d’une famille perdue dans la Yougoslavie communiste des années 1950, après la rupture avec l’URSS. Indéniablement, il nous manque certains codes, certaines références, culturelles, sociales, politiques, pour apprécier encore aujourd’hui pleinement ce film qui pourtant fait toujours le bonheur de la critique, surtout française, et des cinéphiles les plus pointus. S’il n’est évidemment pas déplaisant dans toute sa première partie, l’intérêt du film s’émousse dès que le père quitte son « lieu de travail ». Demeurent les acteurs, tous formidables et une belle reconstitution, mais on ne peut nier que l’ennui s’installe assez souvent, d’autant plus que le rythme est très lent. Papa est en voyage d’affaires reste une curiosité quand on se penche sur les films « palmés », mais se révèle trop hermétique sur de nombreux aspects.

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Test Blu-ray / La Ragazza, réalisé par Luigi Comencini

LA RAGAZZA (La Ragazza di Bube) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 28 avril 2026 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Claudia Cardinale, George Chakiris, Marc Michel, Dany París, Monique Vita, Carla Calò, Emilio Esposito…

Scénario : Luigi Comencini & Marcello Fondato, d’après le roman de Carlo Cassola

Photographie : Gianni Di Venanzo

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

En 1945, en Toscane, Mara fait la connaissance de Bube, un partisan qui vient rendre visite à son père. Ils tombent amoureux et se fiancent mais ne peuvent se voir qu’épisodiquement. Bube qui a tué un brigadier et son fils est contraint de s’enfuir à l’étranger. Le temps passe et Mara rencontre Stefano qui un jour lui demande de l’épouser. Elle hésite puis apprend que Bube vient d’être expulsé de son pays d’accueil et arrêté à la frontière.

Placé entre l’exceptionnel Le CommissaireIl Commissario et plusieurs films à sketches (Pour trois nuits d’amour, Ma femme et Les Poupées), La Ragazza ou La Ragazza du Bube en version originale, rend compte du caractère à la fois romantique et engagé du réalisateur Luigi Comencini (1916-2007). Si l’on devait rapprocher ce film d’un autre opus du cinéaste, ce serait indéniablement Un vrai crime d’amourDelitto d’amore (1974), plus méconnu certes, mais qui contient pour ainsi dire les mêmes éléments. La Ragazza est ni plus ni moins l’un des plus beaux, l’un des plus grands, l’un des films plus personnels de Luigi Comencini. Le réalisateur découvre le roman éponyme de Carlo Cassola, prix Strega en 1960 et en tombe littéralement amoureux, au point d’en acheter lui-même les droits. Forcément éloigné de ses comédies habituelles, y compris de ses « études de moeurs » qui l’ont rendu célèbre (les deux premiers volets de Pain, Amour, Maris en liberté, Les Surprises de l’amour, À cheval sur le tigre), le metteur en scène a également souvent montré un côté sombre, voire désespéré de l’âme humaine (La Traite des blanches), quitte à mélanger humour et gravité pour que le message « passe » auprès du public, comme un autre de ses chefs d’oeuvre, La Grande pagailleTutti a casa (1960). Mais avec La Ragazza, coécrit avec Marcello Fondato (Histoire d’aimer, Attention on va s’fâcher…, Les Complexés) il désire aborder pleinement et au premier degré une histoire d’amour teintée de politique et donc liée à l’Histoire de son pays au moment de la Libération. Raison pour laquelle les financiers ont été quelque peu frileux et ont dans un premier temps rejeté le projet de Luigi Comencini, qui réussira tout de même à monter financièrement son film grâce à Franco Cristaldi. Le producteur de Mario Monicelli (Un héros de notre temps, Le Pigeon, Les Camarades), Luchino Visconti (Nuits blanches), Francesco Rosi (Le Défi, Salvatore Giuliano) permet au maestro de concrétiser La Ragazza, qui connaîtra un immense succès dans le monde entier, avec notamment près de cinq millions d’entrées en Italie et offre à Claudia Cardinale l’un des rôles les plus emblématiques de son illustre carrière. Capolavoro.

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Test Blu-ray / Le Criminel aux abois – Nowhere to Go, réalisé par Seth Holt & Basil Dearden

LE CRIMINEL AUX ABOIS (Nowhere to Go), réalisé par Seth Holt & Basil Dearden, disponible en combo Blu-ray/DVD le 29 avril 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : George Nader, Maggie Smith, Bernard Lee, Geoffrey Keen, Bessie Love, Harry H. Corbett, Andree Melly, Michael Collins…

Scénario : Donald MacKenzie, d’après son roman

Photographie : Paul Beeson

Musique : Dizzy Reece

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Paul Gregory s’apprête à voler à Harriet Jefferson, la précieuse collection de pièces anciennes et rares de son mari défunt. Par une suite de malentendus, Gregory finit par se croire « doublé » par quelqu’un qu’il croyait son allié. Le temps qu’il réalise son erreur, il est trop tard.

Quand on s’intéresse à Nowhere to Go, plus connu en France sous son titre Le Criminel aux abois, on constate que deux réalisateurs sont crédités. Il y a tout d’abord l’éminent Basil Dearden (1911-1971), sur lequel nous sommes déjà revenus à l’occasion de nos articles consacrés à Khartoum, Au coeur de la nuit, Un si noble tueurThe Gentle Gunman et The Ship that Died of Shame. Le second metteur en scène à la barre est Seth Holt (1923-1971), habituellement monteur (De l’or en barre, Tortillard pour Tietfield, La Loterie de l’amour et La Bataille des sexes) qui signera le formidable Hurler de peurTaste of Fear (1961), thriller dramatico-psychologique, ainsi Confession à un cadavre The Nanny (1965), tous les deux pour le compte de la Hammer. Si Seth Holt est cité en premier, il y a fort à parier que Le Criminel aux abois doit plus au second, dont l’efficacité et la virtuosité, qui ont souvent été prouvées, sont ici évidentes à plusieurs reprises. C’est le cas pour l’incroyable séquence d’ouverture, celle de l’évasion de prison, cinq minutes sans aucun dialogue (ou presque, juste quelques bribes avec les matons), une vraie leçon de cadrage, de montage, de rythme. Si la suite du film n’aura pas la même puissance, il n’en reste pas moins que Nowhere to Go demeure un superbe exercice de style, qui oscille entre le film de casse et de cavale, et qui marque aussi la première apparition au cinéma d’une des plus grandes comédiennes britanniques, Maggie Smith.

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Test Blu-ray / Le Tueur frappe trois fois, réalisé par Massimo Dallamano

LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS (La Morte non ha sesso) réalisé par Massimo Dallamano, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 15 mai 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : John Mills, Luciana Paluzzi, Robert Hoffmann, Renate Kasché, Carlo Hintermann, Tullio Altamura, Enzo Fiermonte, Loris Bazzocchi…

Scénario : Giuseppe Belli, Vittoriano Petrilli, Massimo Dallamano & Audrey Nohra

Photographie : Angelo Lotti

Musique : Giovanni Fusco & Gianfranco Reverberi

Durée : 1h25

Année de sortie : 1968

LE FILM

L’inspecteur Franz Bulon dirige la brigade des stupéfiants de la police de Hambourg. Il soupçonne sa femme, Lisa, une ex-voleuse, de poursuivre ses activités criminelles. Incapable de la confondre, il propose un échange à Max Lindt, un tueur à gages qu’il vient d’arrêter. Contre sa remise en liberté, il doit supprimer Lisa.

Celles et ceux qui voudraient, à juste titre, en savoir plus sur le réalisateur Massimo Dallamano (1917-1976) et ancien chef opérateur (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus) pourront se rediriger vers nos articles consacrés à Vénus en fourrure Venere in pelicciaLe Malizie di Venere (1969), Section de chocQuelli della calibro 38 (1976) et Mais…qu’avez-vous fait à Solange ?Cosa avete fatto a Solange? (1972). Le film qui nous intéresse s’intitule Le Tueur frappe trois foisLa Morte non ha sesso et n’est que le second long-métrage du cinéaste, mis en scène un an après son premier coup d’essai Bandidos. Si on le classe aujourd’hui dans le genre giallo, Le Tueur frappe trois fois appartient surtout au Krimi, mais reprend il est vrai certains codes déjà installés dans Six femmes pour l’assassinSei donne per l’assassino (1964) de Mario Bava. Ainsi, la même année que La Mort a pondu un œufLa Morte ha fatto l’uovo de Giulio Questi, Le Sadique de la treizième heureNude… si muore d’Antonio Margheriti, mais deux ans avant l’avènement de L’Oiseau au plumage de cristal L’Uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento, Massimo Dallamano se concentrait sur un tueur vêtu d’un imper, tenant dans sa main gantée une arme blanche dont la lame est destinée à être enfoncée dans la chair de victimes déterminées. L’intrigue est un rien poussive, mais cet opus vaut le coup d’oeil pour son trio vedette Luciana Paluzzi, Robert Hoffman et John Mills, et s’avère étonnamment plus convaincant dans sa partie dramatique que policière, qui quant à elle tend à s’essouffler.

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Test Blu-ray / Ace Ventura en Afrique, réalisé par Steve Oedekerk

ACE VENTURA EN AFRIQUE (Ace Ventura: When Nature Calls) réalisé par Steve Oedekerk, disponible en Blu-ray le 6 mai 2026 chez ESC Films.

Acteurs : Jim Carrey, Ian McNeice, Simon Callow, Maynard Eziashi, Bob Gunton, Sophie Okonedo, Tommy Davidson, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Danny Daniels, Bruce Spence…

Scénario : Steve Oedekerk

Photographie : Donald E. Thorin

Musique : Robert Folk

Durée : 1h34

Année de sortie : 1995

LE FILM

Quand il apprend qu’une chauve-souris blanche et sacrée, Shikaka, a disparu au coeur de l’Afrique, Ace Ventura abandonne sa retraite himalayenne pour retrouver le petit animal. Deux tribus, les Wachati et les Wachootoo, vénérant l’animal, se rejettent la responsabilité de sa disparition.

Après sa mise sur orbite suite aux trois succès successifs d’Ace Ventura, détective pour chiens et chats, The Mask et Dumb & Dumber, Jim Carrey rejoint le casting de Batman Forever, où le tournage avec son partenaire Tommy Lee Jones se passe très mal. Cela n’empêche pas le film de cartonner, de se placer à la quatrième place du box-office de l’année, entre Apollo 13 de Ron Howard et Pocahontas des studios Disney. Jim Carrey accepte de reprendre le rôle d’Ace Ventura et que cette nouvelle aventure, dont l’action se déroule en Afrique (le tournage se déroulera au Canada, au Texas et en Caroline du Sud), soit écrite et mise en scène par Steve Oedekerk, scénariste et producteur (Le Professeur foldingue, Docteur Patch), qui signera au passage l’excellent et malheureusement méconnu Rien à perdreNothing to Lose (1997), avec Tim Robbins et Martin Lawrence. On ne reprend pas là où le premier s’était arrêté. D’ailleurs, point de Courteney Cox au générique. L’ouverture en haute montagne donne le ton, avec une parodie de la scène inaugurale de Cliffhanger : Traque au sommet de Renny Harlin, durant laquelle notre détective animalier s’en va sauver un raton laveur. Action qui ne se passe pas comme prévu (bonjour le trauma pour les jeunes spectateurs) et qui conduit ce bon vieux Ace à se retirer dans une lamaserie au Tibet. Là-dessus, ses talents sont à nouveau demandés. Ace Ventura part en Nibia (pays imaginaire d’Afrique), afin de mettre la main sur une chauve-souris blanche sacrée disparue, Shickaka, avant qu’un conflit n’éclate entre les tribus Wachati et Wachootoo. Tout est évidemment prétexte pour mettre Jim Carrey en valeur, ce que Steve Oedekerk fait on ne peut mieux, au point que cette suite parvient à surpasser le premier opus et s’avère sans doute encore plus culte auprès des spectateurs, qui lui feront un triomphe dans les salles, alors que la critique, comme c’est étonnant, était catastrophique. Chikakaaaaa !!!!

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