
BRITANNIA HOSPITAL réalisé par Lindsay Anderson, disponible en Blu-ray le 16 septembre 2026 chez Studiocanal.
Acteurs : Leonard Rossiter, Graham Crowden, Joan Plowright, Jill Bennett, Marsha Hunt, Malcolm McDowell, Robin Askwith, John Bett, Frank Grimes, Mark Hamill, Peter Jeffrey, Fulton Mackay, John Moffatt, Dandy Nichols, Brian Pettifer, Vivian Pickels, Marcus Powell, Barbara Hicks, Robbie Coltrane…
Scénario : Lindsay Anderson & David Sherwin
Photographie : Mike Fash
Musique : Alan Price
Durée : 1h56
Date de sortie initiale : 1982
LE FILM
Le « Britannia Hospital » fête ses 500 ans. Pour l’occasion, le centre de recherches dirigé par l’éminent professeur Millar doit être inauguré en présence de la reine-mère. Mais peu impressionné par la visite royale, le personnel exprime violemment son mécontentement quant aux conditions dans lesquelles il doit travailler. Pour éviter d’avoir à traverser une manifestation d’opposants qui protestent contre l’admission d’un dictateur africain au « Britannia Hospital », la reine se glisse à l’intérieur d’une ambulance. Mais un savant démiurge entreprend de créer un homme de toutes pièces à partir de morceaux humains découpés à la diable. Et la reine semble arriver fort à propos…

Arrêtez les machines ! Mais…bon Dieu, mais d’où sort ce film ??? Britannia Hospital, ou l’avant-dernier long-métrage de Lindsay Anderson (1923-1994), réalisateur qui fut l’un des initiateurs du Free cinema britannique, aux côtés des (plus célèbres) avec Karel Reisz (Les Guerriers de l’enfer, Isadora, Morgan) et Tony Richardson (La Charge de la Brigade légère, La Solitude du coureur de fond, Police Frontière). Il s’agit en réalité du troisième et ultime volet de la trilogie Mike Travis, incarné par Malcolm McDowell dans If… (Palme d’or lors du Festival de Cannes 1969), qui remettait en cause le système éducatif britannique, le puritanisme et l’armée, et Le Meilleur des mondes possible – O Lucky Man ! (1973), qui s’en prenait quant à lui au capitalisme, à la corruption politique, au poids de la religion. Autant dire que le metteur en scène, qui revendiquait sa nature d’anarchiste, avait des choses à dire sur son pays, et par incidence sur le reste du monde. Dans Britannia Hospital, il met les bouchées doubles, pour ne pas dire triples, ce qui lui a valu un rejet virulent de la part de la critique anglaise, et un échec commercial sans précédent sur le sol british. C’est bien simple, TOUT LE MONDE en prend pour son grade dans cette dernière aventure de Michael Travis, où un très vieil hôpital devient en fait le lieu propice pour refléter la société anglaise. Britannia Hospital, comme les œuvres précédentes du cinéaste, n’avait pas pour vocation d’être moralisatrice, même si le système de santé publique britannique est constamment dans la ligne de mire. Cette comédie très noire et pessimiste, convie la populace, y compris la Reine d’Angleterre, pour une dernière quasi-orgie, où les convives perdent le contrôle, ce qui conduira plus vite à l’apocalypse, dirigée par une intelligence artificielle créée par l’être humain lui-même. Comme les strates sociales qui s’affrontent dans Britannia Hospital, les genres cinématographiques font de même, puisque le film, comédie-dramatique satirique, passe aussi du côté de la science-fiction (le dernier acte) et même de l’horreur avec ce savant fou, merveilleusement incarné par Graham Crowden (qui sortait de Rien que pour vos yeux), relecture troublante du docteur Frankenstein, qui investit de ses pleins pouvoirs, joue avec les nouvelles technologies mises à sa disposition et finit par se prendre finalement pour une divinité capable de ramener les trépassés à la vie. Mike Travis était sûrement loin d’imaginer ce qui allait lui arriver dans Britannia Hospital, diamant noir du cinéma venu d’outre-Manche, à réhabiliter le plus vite possible.











































