Test Blu-ray / 24 heures d’un américain à Paris, réalisé par José Bénazéraf

24 HEURES D’UN AMÉRICAIN À PARIS réalisé par José Bénazéraf, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 11 mars 2026 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Dick Randall, Jessica Rubicon, Cosette Blanche, Agnetta Angelwall, Bonne Campbell, Nancy Holloway, Chantal Delor, Claudine Hogleneel…

Scénario : José Bénazéraf

Photographie : Alain Derobe

Musique : Louiguy

Durée : 1h16

Date de diffusion initiale : 1964

LE FILM

John Smith, homme d’affaires américain myope et maladroit, passe vingt-quatre heures à Paris avec l’intention de dilapider l’héritage laissé par son père dans les plaisirs de la capitale. Entre cabarets, concours de beauté et rencontres ratées, son humour lourd et sa gaucherie ne lui apportent que désillusions. Ivre et désabusé, il termine pourtant la nuit auprès d’une femme élégante, sans savoir que cette mystérieuse rencontre repose sur un profond malentendu.

Aaaaah José Bénazéraf (1922-2012), c’est tout un poème. Réalisateur, scénariste et producteur, parfois distributeur de ses propres longs-métrages quand personne ne les voulait, le bougre pouvait se targuer d’être complètement autodidacte quand il décide de se lancer dans le cinéma. Il connaît son premier succès après avoir acheté les droits de la chanson Les Lavandières du Portugal, grand succès populaire lui rappelant ses racines, sa mère étant portugaise. José Bénazéraf s’accorde avec Pathé pour produire « l’adaptation » du tube de l’année 1955, qui sera mise en scène par Pierre Gaspard-Huit. Résultat des courses, le film attire près de trois millions de spectateurs en 1957. Sa carrière dans le septième art est lancée. Il se retrouve au milieu de la Nouvelle vague, partage son quotidien avec le producteur Georges de Beauregard, fait une apparition dans À bout de souffle (il est même représenté dans Nouvelle vague de Richard Linklater) et prête sa Thunderbird à cette occasion, le véhicule volé par le personnage de Jean-Paul Belmondo. C’est en 1963 qu’il passe lui-même derrière la caméra avec L’Éternité pour tous, dans lequel il joue déjà avec la censure en raison de la présence hot de la sublime Sylvia Sorrente, qui marque sa passion pour les belles femmes et la représentation de la sexualité à l’écran. La même année, il signe 24 heures d’un Américain ou 24 heures d’un Américain à Paris, connu aussi sous le titre Paris Erotika ou Paris Ooh-lala !, dans lequel il mélange les partis-pris de ses deux précédents opus, un exercice de style qui rappelle les polars, le tout saupoudré d’érotisme. En fait, 24 heures d’un Américain à Paris est quasi-expérimental, puisque l’intrigue est réduite au minimum et propose essentiellement une succession de numéros dénudés filmés aux Folies-Pigalle et au Crazy Horse Saloon. Il ne faut donc pas s’attendre à une histoire proprement dite, mais plutôt à un prétexte pour se rincer l’oeil et affoler les hormones durant 75 minutes montre en main. De ce point de vue-là, c’est réussi et l’ensemble demeure en plus un témoignage unique sur le Paris interlope des sixties.

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Test Blu-ray / La Guerre des prix, réalisé par Anthony Dechaux

LA GUERRE DES PRIX réalisé par Anthony Dechaux, disponible en DVD et Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison, Jonas Bloquet, Aurélia Petit, Yannick Choirat, Camille Moutawakil, Catherine Vinatier, Grégoire Oestermann, Chad Chenouga…

Scénario : Anthony Dechaux, Maël Piriou, Benjamin Charbit & Mathilde Belin

Photographie : Pierre Dejon

Musique : Benjamin Grossman

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Audrey, fille d’agriculteurs et cheffe de rayon dans un hypermarché en province, se retrouve propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière bio et locale. Alors qu’elle fait équipe avec un négociateur aux méthodes redoutables, Audrey va devoir se battre pour faire exister ses convictions au sein d’un système impitoyable. L’envers du décor de la grande distribution.

Devant La Guerre des prix, on ne peut s’empêcher de penser qu’il serait peut-être temps de décerner un César de la meilleure actrice à Ana Girardot. Elle en a fait du chemin cette comédienne apparue en 2010 dans l’excellent Simon Werner a disparu… de Fabrice Gobert et qui compte depuis près d’une trentaine de longs-métrages à actif. S’il lui manque assurément un grand succès au box-office, quand bien même elle avait participé au biopic Cloclo de Florent-Emilio Siri en 2012 (ça remonte déjà), la comédienne a toujours été impressionnante, parfaite, juste, dans tous les registres. C’est encore le cas dans La Guerre des prix, remarquable premier long-métrage de l’acteur et donc nouveau réalisateur Anthony Dechaux, dans lequel elle est quasiment de toutes les scènes, pour ne pas dire de tous les plans, où son immense talent et sa beauté incomparable enflamment l’écran. On pourrait placer La Guerre des prix entre Au nom de la terre d’Edouard Bergeon, Petit paysan d’Hubert Charuel et La Terre des hommes de Naël Marandin. Et la réussite est totale. Le film est mené comme un thriller et le metteur en scène parvient à captiver les spectateurs en évitant le jargon hermétique qui aurait pu en laisser plus d’un sur le carreau. On est littéralement happé du début à la fin dans cette spirale infernale qui fait partie d’un quotidien que nous ignorons, et qui pourtant régit plus ou moins notre vie de tous les jours, avec des « requins-tueurs » qui décident ce qu’on doit manger ou non. Effrayant, fascinant et implacable !

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Test Blu-ray / La Maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet

LA MAISON DES FEMMES réalisé par Mélisa Godet, disponible en DVD & Blu-ray le 8 juillet 2026 chez Pathé.

Acteurs : Karin Viard, Lætitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Pierre Deladonchamps, Juliette Armanet, Jean-Charles Clichet, Laurent Stocker, Aure Atika, Jeanne Rosa, Amandine Dewasmes, Marie Matheron…

Scénario : Mélisa Godet & Catherine Paillé

Photographie : Fabien Faure

Musique : Audrey Ismaël

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner dans leur reconstruction les femmes victimes de violences. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

Que voilà un premier long-métrage prometteur ! À l’origine de ce film, il y a un témoignage diffusé à la radio en 2016, celui de la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem, qui venait de créer La Maison des Femmes à Saint Denis, structure associative venant en aide aux femmes victimes de violences physiques et sexuelles. Mélisa Godet n’a jamais oublié cette intervention. Venue de l’INA, puis chargée de développement au sein des Productions du Trésor, elle devient coscénariste (Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal), puis signe enfin son premier film comme metteuse en scène, sobrement et tout simplement intitulé La Maison des femmes. Véritable film choral, la jeune réalisatrice s’entoure de magnifiques comédiennes, Karin Viard (la soixantaine épanouie), Lætitia Dosch (éblouissante), Eye Haïdara (radieuse), Oulaya Amamra (lumineuse), Juliette Armanet (poignante) et Aure Atika (impériale), pour ne citer que les plus célèbres, sans oublier les actrices incarnant les victimes et les trois acteurs principaux, Pierre Deladonchamps, Jean-Charles Clichet et Laurent Stocker, qui ne sont pas oubliés dans ce typhon où toute la distribution est logée à la même enseigne. Humaniste, sans jamais tomber dans le pathos ou le tire-larmes gratuit, d’utilité publique, réalisé avec autant de force que de pudeur, La Maison des femmes est un drame solaire, une batterie chargée à bloc d’optimisme, mené à cent à l’heure, bouleversant, mais aussi drôle, où le spectateur rit avec les personnages pour décompresser entre deux récits poignants de femmes meurtries dans leur corps, dans leur chair, dans leur âme. Si l’on pense forcément et indubitablement au somptueux Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry, avec lequel il détient de nombreux points communs, La Maison des femmes demeure l’un des plus beaux films français de l’année 2026.

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Test Blu-ray / Christy, réalisé par David Michôd

CHRISTY réalisé par David Michôd, disponible en DVD & Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever, Katy O’Brian, Ethan Embry, Coleman Pedigo, Jess Gabor, Chad Coleman…

Scénario : Mirrah Foulkes & David Michôd

Photographie : Germain McMicking

Musique : Antony Partos

Durée : 2h15

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Au début des années 90, Christy Martin se découvre par hasard un talent pour la boxe. Elle accède rapidement au titre de championne du monde et domine le circuit pendant près d’une décennie. Mais entre un mari violent et une mère castratrice, son combat le plus difficile sera celui de l’affirmation de son homosexualité…

Non seulement Sydney Sweeney est probablement l’actrice la plus sexy aujourd’hui, mais elle se permet surtout d’être avant tout une excellente comédienne doublée d’une productrice ambitieuse. Avec les deux cartons successifs de Tout sauf toi (220 millions de dollars de recettes, 600.000 entrées en France) et de La Femme de ménage The Housemaid (près de 400 millions de dollars amassés dans le monde, 4,5 millions de spectateurs dans nos contrées), elle sait comment mener sa barque, y compris à la télévision (Euphoria). Mais c’était sans compter aussi le cinéma moins « grand public », à l’instar du remarquable Immaculée Immaculate de Michael Mohan, qui a ravi les amateurs de frissons. Christie, qu’elle coproduit également, appartient à la seconde catégorie. Sydney Sweeney se glisse dans la peau de Christy Martin aka The Coal Miner’s Daughter (la fille du mineur de charbon), figure légendaire de la boxe professionnelle, qui a officié sur le ring entre la fin des années 1980 et le début des années 2010. Christy est donc un biopic, une histoire vraie, celle d’une sportive débarquée de nulle part, qui s’est emparée du titre WBC féminin des super mi-moyens en 2009. C’est une Sydney Sweeney métamorphosée, dissimulant son regard bleu laser sous des lentilles sombres, le cheveu filasse et décoloré, la peau grasse, qui a pris du poids et du muscle, afin de coller à son modèle, autant avec les gants aux poings que dans son morne quotidien où elle subissait la violence de son compagnon et entraîneur. Classique dans son déroulé, Christy est pourtant un formidable spectacle doublé d’un drame psychologique souvent éprouvant, où la violence va crescendo, jusqu’à l’explosion finale, inattendue, qui met particulièrement mal à l’aise et laisse un goût de fer dans la bouche. Brillamment interprété par la star qui a de bon gènes, mais aussi par l’extraordinaire Ben Foster (le meilleur acteur de sa génération), monstrueux en mentor-bourreau sadique, Christy s’est soldé par un échec aussi cuisant qu’injustifié, l’un des plus gros de l’année 2025 avec à peine 2,5 millions de billets verts recueillis dans le monde, pour une mise de départ de 15 millions de dollars. Il est plus que conseillé de lui donner enfin la chance qu’il mérite.

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Test DVD / Coutures, réalisé par Alice Winocour

COUTURES réalisé par Alice Winocour, disponible en DVD le 24 juin 2026 chez Pathé.

Acteurs : Angelina Jolie, Anyier Anei, Ella Rumpf, Louis Garrel, Vincent Lindon, Garance Marillier, Grégoire Colin, Aurore Clément, Nicolas Avinée, Finnegan Oldfield…

Scénario : Alice Winocour & Jean-Stéphane Bron

Photographie : André Chemetoff

Musique : Filip Leyman & Anna von Hausswolff

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

À Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine, apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.

C’est peu dire qu’on attendait avec impatience le cinquième long-métrage d’Alice Winocour, réalisatrice qui avait jusqu’à présent effectué un sans-faute depuis Augustine (2012), un des plus surprenants premiers longs-métrages depuis vingt ans, l’étonnant Maryland (2015), le chef d’oeuvre Proxima (2019, le plus beau rôle d’Eva Green) et le bouleversant Revoir Paris (2022), qui a valu à Virginie Efira le César de la meilleure actrice. Depuis l’annonce de la présence de la star américaine Angelina Jolie comme premier rôle dans Coutures, tous les regards étaient tournés vers le nouveau film de la cinéaste, qui disposait alors d’un budget confortable de près de 12 millions d’euros. Malheureusement, le résultat est loin d’être au niveau des espérances. Certes, on comprend où Alice Winocour veut en venir avec ce récit dispersé et patchwork. En ciblant trois femmes arrivées chacune à un tournant de leur existence, l’une à même pas vingt ans, l’autre à trente et la dernière à 40 ans (quand bien même Angelina Jolie a déjà passé la barre du demi-siècle, mais cela ne se voit pas), l’auteure a tout simplement voulu raconter une part d’elle-même. Quand elle hésitait entre une carrière artistique ou juridique (elle avait fait des études de droit), puis quand elle oscillait entre l’écriture et la mise en scène (avant de se lancer finalement derrière la caméra à 36 ans), puis…C’est là qu’on arrive au sujet de la maladie, qui demeure obscur, mais on sait qu’Alice Winocour a connu un drame, un cancer sans doute, qui a comme qui dirait redistribué les cartes. Et The Show Must Go On. Le problème, c’est que l’histoire de Coutures ne tient pas en raison de personnages pour la plupart inintéressants, qui déambulent dans des décors peu reluisants et surtout dans un univers aussi artificiel qu’antipathique, celui de la mode. Qui plus est, on ne voit pas assez Angelina Jolie (même si investie, jusqu’à coproduire le film) à notre goût et l’attente est bien trop longue entre deux scènes où elle apparaît. C’est donc une étonnante et inattendue première sortie de piste pour l’une des plus grandes réalisatrices françaises d’aujourd’hui. Chacun a le droit à l’erreur évidemment et il est certain qu’Alice Winocour rectifiera le tir au prochain rendez-vous.

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Test DVD / Diamanti, réalisé par Ferzan Özpetek

DIAMANTI réalisé par Ferzan Özpetek, disponible en DVD le 2 juin 2026 chez Destiny Films.

Acteurs : Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Vanessa Scalera, Sara Bosi, Loredana Cannata, Geppi Cucciari, Anna Ferzetti, Aurora Giovinazzo, Nicole Grimaudo, Milena Mancini, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak, Mara Venier, Giselda Volodi, Milena Vukotic, Stefano Accorsi…

Scénario : Elisa Casseri, Carlotta Corradi & Ferzan Özpetek

Photographie : Gian Filippo Corticelli

Musique : Giuliano Taviani & Carmelo Travia

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 1970, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent…

Né à Istanbul en 1959, mais arrivé en Italie quand il avait une dizaine d’années, Ferzan Özpetek est devenu l’un des réalisateurs transalpins les plus célèbres en son pays et l’un de ceux dont les oeuvres s’exportent le mieux dans le monde. Quelques-uns de ses opus ont été exploités en France, parmi les plus connus La Fenêtre d’en face La finestra di fronte (2003, David di Donatello du meilleur film), Saturno contro (2007), Le Premier qui l’a dit Mine vaganti (2010, son plus grand succès chez nous) et Magnifica presenza (2012). Plus discrets dans les salles hexagonales depuis une quinzaine d’années, les films de Ferzan Özpetek ont toujours eu les faveurs du public en Italie (2,5 millions d’entrées pour La Fenêtre d’en face, 1,5 million pour Saturno Contro, 1,4 million pour Le Premier qui l’a dit…) et son dernier en date, Diamanti est devenu le second triomphe de sa carrière avec plus de deux millions de spectateurs, un phénomène qui a su trouver le chemin des cinémas français. Pour son quinzième film, le cinéaste convoque certaines actrices avec lesquelles il avait déjà collaboré, Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Loredana Cannata, Nicole Grimaudo, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak et Milena Vukotic, pour une ode à la femme, un hommage à leur courage, à leur force, à leur détermination, à leur beauté, à leur grâce. Film choral, Diamanti embarque le public dans un tourbillon d’émotions (on en ressort en miettes), étourdit les sens avec une mise en scène sans cesse en mouvement, une caméra qui capture chaque regard embué, les gestes esquissés. Il se dégage une hyper-sensibilité de Diamanti, assurément un sommet dans l’oeuvre de son auteur.

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Test Blu-ray / Les Monstres de la préhistoire, réalisé par Junji Kurata

LES MONSTRES DE LA PRÉHISTOIRE (Kyoryu kaicho no densetsu) réalisés par Junji Kurata, disponible en Blu-ray le 16 juin 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Tsunehiko Watase, Shotaro Hayashi, David Freedman, Nobiko Sawa, Tomoko Kiyoshima, Fuyukichi Maki, Maureen Peacock, Catherine Laub…

Scénario : Masaru Igami, Isao Matsumoto & Ichiro Otsu

Photographie : Shigeru Akatsuka & Sakuji Shiomi

Musique : Masao Yagi

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Suite à la récente activité volcanique du Mont Fuji, des dinosaures se réveillent d’un long sommeil et sèment la terreur près d’un lac peuplé de nombreux touristes.

Attention, ceci n’est pas une histoire vraie. En revanche, contrairement à ce que l’on pourrait penser en lisant le résumé, Les Monstres de la préhistoire (ou Kyoryu kaicho no densetsu en version originale, ça fait toujours intello de sortir ça) n’est pas un nanar. C’est parfois limite, mais ça passe, parce que la mise en scène est on ne peut plus inspirée et qu’il y a d’ailleurs d’autres bons voire excellents points qui évitent au film d’être catalogué ainsi. Été 1975, Les Dents de la mer Jaws débarque sur les écrans et c’est un tsunami international. Le blockbuster est né, l’engouement pour les films de monstres est palpable et le cinéma japonais, comme le cinéma italien, souhaite s’emparer de ce phénomène pour l’arranger à la sauce soja. C’est peu dire que Les Monstres de la préhistoire détonne par son ton singulier, curieux, puisque pensé comme un film pour le jeune public, on y découvre quelques plans sanglants assez gratinés, des membres arrachés par ci, des troncs dépourvus de jambes par là, le tout saupoudré d’une musique jazz fusion- folk-disco peu ragoûtante et de chansons qui recouvrent littéralement l’action. Autant dire que la surprise est de taille. Le spectacle est contre toute attente au rendez-vous, d’autant plus que l’intérêt et l’action vont crescendo. Alors, on ne boude pas son plaisir.

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Test Blu-ray / Mort de rire, réalisé par Álex de la Iglesia

MORT DE RIRE (Muertos de risa) réalisé par Álex de la Iglesia, disponible en Blu-ray le 24 juin 2026 chez Extralucid Films.

Acteurs : Santiago Segura, El Gran Wyoming, Álex Angulo, Carla Hidalgo, Eduardo Gómez, Jesús Bonilla, José María Íñigo, Uri Geller…

Scénario : Jorge Guerricaechevarría & Álex de la Iglesia

Photographie : Flavio Martínez Labiano

Musique : Roque Baños

Durée : 1h51

Année de sortie : 1999

LE FILM

Nino et Bruno, duo comique adulé, connaissent une ascension fulgurante. Mais plus leur succès grandit, plus la rivalité et la haine s’installent entre eux.

Voilà un résumé rapide, sec, sans fioriture. Et pourtant, là-dessus, Álex de la Iglesia signe l’un de ses films les plus riches, sans doute l’un de ses plus attachants et parallèlement l’un de ses plus politiques. Car à travers le destin et le portrait dressé de ses deux personnages principaux, le réalisateur, alors âgé de près de 35 ans et qui a déjà trois longs-métrages à son actif, livre une radiographie impitoyable de son pays qui porte encore les stigmates des quarante années de franquisme. On se remet difficilement d’un régime dictatorial et malgré la transition démocratique, l’humiliation de l’autre, les relations dominants-dominés et la violence semblent être les seuls moyens « d’expression » et l’unique mode de vie que connaissent les individus. Dans la filmographie du cinéaste, Mort de rire Muertos de risa arrive deux ans après Perdita Durango, l’un des opus les plus dérangeants, brutaux (le film avait été interdit aux moins de 16 ans en France) et extrêmes du metteur en scène, qui n’avait pas rencontré le succès espéré. Suite à cette parenthèse à vocation internationale, Álex de la Iglesia revient en sa terre natale, parle de sa patrie, des siens, ce qu’il a toujours fait le mieux et ce qui lui correspond le plus. Mort de rire est une comédie explosive, adjectif souvent lié à l’univers de son auteur, menée à cent à l’heure, de la première à la dernière seconde. On en ressort lessivé, mais revigoré, heureux, euphorique, aussi bien rassasié au niveau des tripes que de l’esprit. Du grand, du très grand Álex de la Iglesia.

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Test Blu-ray / L’Homme invisible apparaît & L’Homme invisible contre la mouche humaine, réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama

L’HOMME INVISIBLE APPARAÎT / L’HOMME INVISIBLE CONTRE LA MOUCHE HUMAINE (Tomei ningen arawaru + Tomei ningen to hae otoko) réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama, disponibles en Blu-ray le 16 juin 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Chizuru Kitagawa, Daijiro Natsukawa, Mitsusaburô Ramon, Ryunosuke Tsukigata, Kichijiro Ueda, Yoshiro Kitahara, Ryûji Shinagawa, Joji Tsurumi, Yoshihiro Hamaguchi, Bontaro Miake, Takiko Mizunoe, Shosaku Sugiyama, Kanji Koshiba, Junko Kano, Ikuko Mori, Shozo Nanbu…

Scénario : Hajime Takaiwa & Nobuo Adachi

Photographie : Hiroshi Murai & Hideo Ishimoto

Musique : Goro Nishi & Tokujiro Okubo

Durée : 1h22 & 1h36

Date de sortie initiale : 1949 & 1957

LES FILMS

Le professeur Nakazato doit départager ses deux meilleurs étudiants, qui travaillent tous deux sur le phénomène de l’invisibilité. Il déclare que celui qui réussira à rendre un objet invisible gagnera le duel. La rivalité entre les deux scientifiques, tous deux amoureux de la fille du professeur, augmente. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le professeur travaille en secret depuis plus de dix ans sur l’invisibilité et qu’il a réussi à créer un sérum qui fonctionne. Il en fait la démonstration au président de la faculté, monsieur Kawabe. Celui-ci voit dans l’utilisation du sérum un moyen de commettre des méfaits et de voler de précieux bijoux. Il kidnappe le professeur, ainsi que l’un des scientifiques. Peu de temps après, une bijouterie reçoit la visite d’un homme portant des bandages sur le visage, qui essaye d’obtenir un précieux collier de diamants. Face au menace d’appeler la police de la part du directeur de la joaillerie, l’homme retire ses bandages, qui ne laissent rien apparaître en dessous ! L’homme invisible vient de faire son apparition. Le police mène l’enquête quand le second scientifique va tenter d’aider la fille du professeur à retrouver son père disparu…

Le capitaine de police Wakabayashi doit faire face à une multiplication de meurtres étranges, car aucun témoin n’a vu l’agresseur. Seul un bourdonnement de mouche semble avoir été entendu juste avant que le meurtrier frappe ses victimes d’un coup de poignard dans le dos. Sans aucun indice, l’enquête piétine. Les investigations de Wakabayashi l’amène à découvrir que certaines victimes avaient un point commun : elles ont toutes été à l’armée au même endroit et il semblerait que des expériences militaires avaient lieu à l’époque, visant à pouvoir réduire la taille d’un humain à celle d’une mouche. Wakabayashi se demande si ces meurtres ont également un point commun avec les expériences menées par le docteur Hawakaya sur un rayon pouvant rendre invisible des objets…

En 1933 aux États-Unis, L’Homme invisible The Invisible Man, adaptation du roman écrit par H. G. Wells en 1897 réalisée par James Whale est un événement doublé d’un triomphe mondial. Il faut néanmoins attente sept ans pour que parvienne la suite directe sur les écrans, mise en scène par Joe May, Le Retour de l’Homme invisibleThe Invisible Man Returns. Ce second opus de la franchise Universal Monsters – Invisible Man s’avère tout à fait digne du premier et saura relancer une saga qui comptera au final cinq films, six si l’on compte l’épisode parodique avec Abbott et Costello, Deux nigauds contre l’homme invisible, réalisé au début des années 1950. Mais c’était sans compter les ersatz et autres copies à travers le monde. C’est là qu’intervient L’Homme invisible apparaît, considéré comme le premier film de science-fiction japonais, sorti en 1949 et produit par la Daiei, dans l’espoir de divertir un public qui en a bien besoin après la Seconde Guerre mondiale (les américains sont d’ailleurs encore présents) et pourquoi pas au passage, élargir l’audience du cinéma nippon à travers la planète (même si finalement ce ne sera pas le cas). On doit ce petit bijou à Nobuo Adachi, dont il s’agit de la première mise en scène solo, épaulé ici par le maître des effets spéciaux Eiji Tsuburaya, co-créateur de Godzilla et d’Ultraman. S’il n’atteint pas la virtuosité du chef d’oeuvre de James Whale et même de sa merveilleuse première suite, L’Homme invisible apparaît n’a pas à rougir de la comparaison et s’en sort miraculeusement encore bien aujourd’hui, tant le film demeure divertissant. Certes, cet opus japonais est moins sombre que ses modèles américains, mais il n’en reste pas moins que l’aventure est au rendez-vous du début à la fin et que les effets visuels conservent encore un charme fou. Malgré le succès rencontré par cet Homme Invisible japonais, la Daiei attendra l’année 1957 pour offrir une (fausse) suite au public, L’homme invisible contre la mouche humaine, emballée cette fois par Mitsuo Murayama, qui cependant n’arrive pas à la cheville du précédent, qui n’a pas non plus la même ambition, en dehors de celle de remplir à nouveau les salles, quitte pour cela à lorgner sur la série B et le film d’exploitation.

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Test Blu-ray / Maigret et le mort amoureux, réalisé par Pascal Bonitzer

MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX réalisé par Pascal Bonitzer, disponible en DVD & Blu-ray le 7 juillet 2026 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot, Irène Jacob, Dominique Reymond, Laurent Poitrenaux, Micha Lescot, Julia Faure…

Scénario : Pascal Bonitzer, d’après le roman Maigret les vieillards de Georges Simenon

Photographie : Pierre Milon

Musique : Alexei Aigui

Durée : 1h16

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…

Tiens, revoilà Maigret au cinéma ! Première chose, si vous désirez en savoir plus sur les différentes incarnations du célèbre commissaire, sur le petit comme sur le grand écran, reportez-vous à notre article consacré à l’excellent Maigret de Patrice Leconte sorti en 2022. On vous laisse un peu de temps. Ça y est ? Très bien, on peut désormais se pencher sur Maigret et le mort amoureux, adaptation du roman Maigret et les vieillards de Georges Simenon (est-il utile de le préciser ?), publié en 1960. C’est Pascal Bonitzer, qui à l’aube de ses 80 printemps a mis les bouchées doubles en sortant pas moins de trois films en l’espace de deux années, Le Tableau volé, Maigret et le mort amoureux et Victor comme tout le monde (sur lequel nous reviendrons prochainement). Soyons honnêtes, il n’y a rien de véritablement cinématographique dans cette nouvelle proposition du légendaire commissaire et ce dixième long-métrage de Pascal Bonitzer s’apparente, comme c’était déjà le cas pour Le Tableau volé, à un téléfilm de grand luxe, le faste provenant essentiellement pour ne pas dire uniquement, de sa distribution. Rien à redire sur ce point. Si on l’imaginait mal dans l’imperméable aux épaules larges de son personnage, Denis Podalydès, qui retrouve le cinéaste plus d’un quart de siècle après Rien sur Robert, s’en tire à merveille, quand bien même celui-ci est obligé de revêtir le vêtement en question, le chapeau et la pipe, codes ô combien reconnaissables, histoire de bien rappeler qu’il incarne le mythe en question. Mais comme dans tous les romans ou presque de Simenon, ce sont les personnages satellites qui importent peut-être plus que l’atome central autour duquel ils gravitent. Pascal Bonitzer soigne une fois de plus son casting, chaque comédien ayant du grain à moudre, beaucoup de répliques (le film est très bavard, peut-être trop d’ailleurs), au second comme au troisième plan. Aussi, la grande Anne Alvaro (Boléro, Le Goût des autres) se taille la part du lion et fait jeu égal avec son partenaire. Jolie présence d’Irène Jacob dans le rôle de madame Maigret. Les aficionados de Simenon retrouveront cette petite musique, ce ton implacable, cette ironie mordante, les non-dits, l’attente, le faux rythme qui font des enquêtes de Maigret ce qu’elles sont et pourquoi celles-ci ont connu un triomphe dans le monde entier. Dommage que la mise en scène, qui se contente souvent de simples champs-contrechamps, ne parvienne pas à dynamiser une histoire somme toute intéressante, mais qui paraît bien plus longue que ses 72 minutes !

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