MONSIEUR TAXI réalisé par André Hunebelle, disponible en Edition limitée Blu-ray & DVD le 25 mars 2026 chez Pathé.
Acteurs : Michel Simon, Jane Marken, Jean Brochard, Pauline Carton, Espanita Cortez, Jeanne Fusier-Gir, Claire Olivier, Nathalie Nattier…
Scénario : Jean Halain
Photographie : Paul Cotteret
Musique : Jean Marion
Durée : 1h20
Date de sortie initiale : 1952
LE FILM
Chauffeur de taxi bourru au grand cœur, Pierre Verger, surnommé Monsieur Taxi, est accompagné de son fidèle Gangster, un jeune chien malicieux. Il sillonne Paris et conduit notamment de riches étrangères. Un jour, il retrouve dans son taxi un sac contenant 300 000 francs. En tentant de retrouver la propriétaire du sac il se trouve pris pour le complice d’un vol et arrêté par la police.
André Hunebelle (1896-1985) est un cas à part dans le cinéma français. Ancien maître verrier, il décide de se reconvertir dans le cinéma à presque 45 ans. Il se lance en tant que producteur et réalisateur et signe son premier film en 1948, Métier de fous. Le succès sera immédiatement au rendez-vous. Au cours de sa carrière, qui s’étendra jusqu’à la fin des années 1970, les films du metteur en scène attireront près de 85 millions de français dans les salles. Un score inimaginable. On a tous ses plus grands hits en mémoire, Le Bossu (1959, 5,8 millions d’entrées), Les Trois Mousquetaires (1953, 5,3 millions), Le Capitan (1960, 5,2 millions), Fantômas (1964, 4,5 millions), Fantômas se déchaîne (1965, 4,2 millions)…D’autres titres sont évidemment aussi emblématique, Fantômas contre Scotland Yard, Cadet Rousselle, Le Miracle des loups…On connaît moins la première partie de sa filmographie et c’est avec plaisir que nous découvrons Monsieur Taxi, sorti en 1952 et qui avait déjà réuni près de deux millions de spectateurs. Un véhicule de star pour Michel Simon, qui parcourt les rues de Paris au volant de son vieux tacot, son fidèle chien sur les genoux, entamant facilement la conversation avec celles et ceux qui feront un petit bout de chemin avec lui. Monsieur Taxi est ni plus ni moins une chronique bon enfant sur le quotidien d’un modeste chauffeur de taxi, qui fait ce qu’il peut pour entretenir sa famille, y compris ses deux enfants, désormais en âge de se marier. C’est alors qu’un jour, son train-train est quelque peu bouleversé par la découverte d’un sac à main contenant 300.000 « balles ». Honnête et intègre, Pierre va se mettre à la recherche de sa propriétaire. Ce qui marque surtout dans Monsieur Taxi, c’est le tournage qui fait souvent honneur aux extérieurs, ce qui permet de revoir Paris au début des années 1950, alors que les trublions (pour être poli) de la Nouvelle vague fustigeaient ce « cinéma de papa » principalement confiné dans les studios. L’oeuvre d’André Hunebelle, Gilles Grangier, Alex Joffé et les autres pris en grippe par les prétentieux a pourtant nettement mieux vieilli que les expériences formelles de Godard et consorts, d’autant plus qu’ils se doublent aujourd’hui d’une dimension documentaire. Indubitablement, Monsieur Taxi n’est pas une grande comédie, mais reste un savoureux divertissement.
TRAHISONS (The Exception) réalisépar David Leveaux,disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio le 20 février 2018
Acteurs : Jai Courtney, Lily James, Christopher Plummer, Janet McTeer, Anton Lesser, Ben Daniels, Aubeline Barbieux, Martin Swabey…
Scénario : Simon Burke d’après le roman « The Kaiser’s Last Kiss » d’Alan Judd
Photographie : Romain Osin
Musique : Ilan Eshkeri
Durée : 1h47
Année de sortie : 2016
LE FILM
Au début de la Seconde Guerre mondiale, le monarque kaiser Wilhelm vit en exil depuis 1917. Avec l’objectif de repousser l’avancée nazie aux Pays-Bas, la résistance néerlandaise s’allie avec Winston Churchill pour infiltrer un agent dans le repaire du Kaiser.
Décidément, la jeune comédienne Lily James a le vent en poupe. D’ailleurs, ce n’est pas pour nous déplaire. Lady Rose MacClare de la série Downtown Abbey a su faire sa place au cinéma, au point de devenir l’une des actrices les plus convoitées du moment. Cendrillon chez Kenneth Branagh, Elizabeth Bennet dans Orgueil et Préjugés et Zombies de Burr Steers (si si, ça existe), jeune serveuse au grand coeur dans le génial Baby Driver d’Edgar Wright et tête d’affiche des Heures sombres de Joe Wright aux côtés de l’oscarisé Gary Oldman, Lily James n’a pas fini de faire parler d’elle. On la retrouve dans Trahisons – The Exception, premier long métrage du britannique David Leveaux, metteur en scène de théâtre très renommé. Pour son coup d’essai derrière la caméra, le nouveau cinéaste adapte le roman The Kaiser’s Last Kiss (2003) d’Alan Judd et se penche sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, à savoir l’exil du kaiser Guillaume II. Force est de constater que les années de théâtre ont forgé une solide direction d’acteurs chez David Leveaux, qui parvient même à tirer quelque chose d’intéressant chez le mal aimé Jai Courtney. On peut même dire que l’acteur australien trouve ici son meilleur rôle.
L’histoire se déroule au début de la Seconde Guerre mondiale et se concentre sur les dernières années de la vie de l’empereur Guillaume II qui vit en exil en Hollande. Wilhelm se retrouve bientôt sous la protection de Brandt, un jeune officier ambitieux et patriote de la Wehrmacht. Pendant ce temps, l’entourage du kaiser engage une nouvelle femme de chambre juive, Mieke, pour laquelle le capitaine prend un intérêt immédiat. Le chef de la gestapo en Hollande demande à Brandt de démasquer une taupe appartenant à la résistance qui s’est infiltrée dans l’entourage de l’empereur pour l’assassiner, alors qu’une visite de Heinrich Himmler, chef des SS, se prépare. Brandt découvre qu’il s’agit de Mieke, dont il est tombé secrètement amoureux…
Histoire d’amour (avec un soupçon d’érotisme), thriller de guerre, drame intimiste, film d’espionnage, Trahisonsest un peu tout cela à la fois. Si le rythme est lent et que quelques longueurs se font ressentir à mi-chemin, on ne pourra pas reprocher à David Leveaux de soigner ses plans et le côté romanesque de son récit. Même si la romance va trop vite en besogne et peine à convaincre comme ça au premier abord, on se laisse autant séduire par Mieke que le capitaine Stefan Brandt, auquel Jai Courtney parvient à donner suffisamment d’ambiguïté et étonnamment beaucoup d’émotions. Habituellement cantonné dans les grosses machines hollywoodiennes souvent très mauvaises comme Die Hard : Belle journée pour mourir, Divergente, Terminator Genisys et Suicide Squad, l’acteur né en 1986 est impeccable dans l’uniforme allemand, froid, droit comme un i, dont les fêlures – son personnage est revenu blessé et traumatisé d’un champ de bataille après avoir vu des dizaines de cadavres – vont se révéler au contact de Mieke. Jeune juive hollandaise qui a perdu son père et son mari à la guerre, la jeune femme a réussi à se faire engager comme bonne auprès du kaiser et agit secrètement pour la résistance, en étant en contact avec l’Angleterre.
Alors qu’il lorgnait sur le rôle de Guillaume II, roi déchu, depuis quelques années, le comédien Christopher Plummer, né en 1929, crève l’écran une fois de plus à chaque apparition. Sa femme, la princesse Hermine, est quant à elle interprétée par Janet McTerr, immense actrice shakespearienne, vue également au cinéma dans Albert Nobbs de Rodrigo Garcia. A noter également une courte mais marquante et glaçante apparition d’Eddie Marsan dans le rôle d’Heinrich Himmler.
On se laisse prendre à ce jeu d’espions. Même si le final est attendu, Trahisons ne déçoit pas et tient en grande partie grâce à son excellent casting et la rigueur de sa mise en scène.
LE BLU-RAY
Après son passage par la VOD, Trahisons est aujourd’hui disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio. L’éditeur aurait pu soigner un peu plus la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, dont le visuel se focalise essentiellement sur Jai Courtney. Lily James, de profil, est méconnaissable et ressemble à Anne Hathaway. Etrange décision de la part de TF1 qui aurait pu capitaliser sur la comédienne, qui commence à avoir une certaine renommée. Le menu principal est animé et musical.
Seul un making of (19’) est proposé comme prolongement au film. Les acteurs, le réalisateur et les producteurs interviennent à tour de rôle pour présenter l’histoire, les personnages, le casting et les partis pris. Diverses images filmées sur le plateau montrent le calme entre les prises et pendant les répétitions.
L’Image et le son
TF1 Studio prend soin de l’édition Blu-ray du film de David Leveaux. Voici donc un très beau master HD. Respectueuse des volontés artistiques originales concoctées par Romain Osin (The Jane Doe Identity), la copie de Trahisons se révèle un petit bijou technique avec des teintes à la fois froides dans les extérieurs et chatoyantes dans les pièces du manoir, le tout soutenu par un encodage AVC solide. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, les arrière-plans sont bien détaillés, le relief omniprésent et les détails souvent foisonnants.
L’éditeur a également soigné le confort acoustique et livre deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et anglais. Les effets annexes sont systématiques dans toutes les séquences en extérieur, les voix solidement exsudées par la centrale. La spatialisation musicale est luxuriante avec un net avantage pour la version originale. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée.