Test Blu-ray / The Lodge, réalisé par Severin Fiala & Veronika Franz

THE LODGE réalisé par Severin Fiala & Veronika Franz, disponible en DVD et Blu-ray le 15 juillet 2020 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Riley Keough, Lola Reid, Jaeden Martell, Lia McHugh, Richard Armitage, Alicia Silverstone, Katelyn Wells…

Scénario : Sergio Casci, Veronika Franz, Severin Fiala

Photographie : Thimios Bakatakis

Musique : Danny Bensi, Saunder Jurriaans

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Peu avant Noël, un frère et sa sœur sont envoyés dans un chalet isolé en montagne avec leur nouvelle belle-mère au passé inquiétant. Entre les enfants et la jeune femme s’installe un climat de suspicion réciproque. Un matin, tous trois découvrent le chalet totalement vidé : plus de nourriture, de téléphone, de vêtements. Bloqués par la neige au milieu de nulle part, ils vont être le jouet de forces obscures.

Le duo Veronika Franz/Severin Fiala s’était fait remarquer en 2014 avec leur premier long-métrage intitulé Goodnight Mommy, qui mélangeait drame et horreur. Le film racontait l’histoire de deux jumeaux de dix ans qui attendent le retour de leur mère dans une maison de campagne perdue au milieu des champs et des bois. Lorsqu’elle refait son apparition, son visage est bandé suite à une opération de chirurgie esthétique. Les enfants mettent alors en doute son identité. Veronika et Serverin Fiala reviennent avec un nouveau film The Lodge, co-produit par la Hammer Film Productions, célèbre société britannique connue pour ses longs-métrages fantastiques, d’horreur et d’aventures, qui a connu une notoriété dans les années 50 et 60 avec la saga des Dracula.

Nous découvrons Richard, un essayiste reconnu comme spécialiste des groupes religieux extrémistes. Il souhaite divorcer de sa femme, Laura, avec qui il a un fils et une fille. Mais celle-ci refuse catégoriquement. Alors qu’elle est face à un verre de vin rouge, elle décide, par désespoir, de se donner la mort. Le début du film avait une ambiance calme jusqu’à cette scène du suicide. Cinq secondes à peine se sont écoulé au moment où elle sort le pistolet jusqu’au tir. Ce geste soudain donne une claque au spectateur et annonce un film passionnant…

Malheureusement, ce ne sera pas tout à fait le cas. Six mois après ce drame, le père annonce à ses enfants qu’il est amoureux de Grace, dont on apprendra par la suite qu’elle est la survivante d’une secte religieuse étrange. Il ajoute qu’il souhaiterait partir en vacances de Noël avec toute la famille dans un chalet à la montagne. D’abord réticents, les enfants finissent par céder. Mais arrivés sur place, une tempête de neige contraint le père à partir pour le travail. C’est à ce moment que le film nous présente une petite incohérence. Qui laisserait ses enfants en compagnie d’une femme ayant des problèmes psychologiques non négligeables ?

The Lodge ne parvient pas à surprendre les spectateurs en reprenant des ingrédients utilisés et réutilisés dans le genre film d’horreur. On y trouve une scène de douche apparemment devenue indispensable à insérer depuis Psychose d’Alfred Hitchcock. The Lodge fait un petit clin d’œil à un chef d’œuvre du cinéma d’horreur, The Thing de John Carpenter, qui est diffusé, dans une scène, à la télévision. Nous retrouvons d’ailleurs quelques éléments similaires avec ce film comme la neige et le huis-clos. Nous pouvons supposer qu’il s’agit d’une influence, mais cette façon de l’assumer est assez banale. Le personnage de Grace pense saigner du nez alors que pas du tout, un effet anxiogène ordinaire. Des images d’une maison en miniature s’insèrent de temps en temps dans le récit donnent une autre impression de déjà vu. La musique est stridente comme tout film d’horreur. Parfois, même la réalisation manque d’originalité : pourquoi lorsqu’un personnage met un cachet d’aspirine dans un verre d’eau, faut-il toujours qu’il y ait un gros plan sur la dissolution ?

Malgré tout, nous pouvons apprécier le décor de ce chalet immense perdu en pleine montagne avec un extérieur enneigé magnifique. Le rythme du film est assez lent, avec des longs plans pour mieux planter le décor. Ce choix n’apporte cependant aucune intensité dramatique. Les dialogues peu nombreux laissent place à une musique apportant une atmosphère étrange. L’image est très soignée avec une photographie bien travaillée. Le film est servi par une belle distribution : Riley Keough que l’on a pu voir au cinéma dans Mad Max: Fury Road ou dans la série The Girlfiend Experience, le jeune Jaeden Martell qui a joué dans Ça et dans le chapitre suivant, Richard Armitage connu pour être Thorin dans la trilogie The Hobbit ou encore Lia McHugh et Alicia Silverstone.

Mais l’ambiance est loin d’être angoissante comme ce qu’un film d’horreur devrait nous offrir. Contrairement à la promotion qu’a bénéficié The Lodge, il ressemble plutôt à un thriller psychologique sur fond de huis-clos. Lorsque qu’un matin, l’électricité, l’eau et le chauffage sont coupés pour une raison inconnue, le film frôle également le fantastique. La disparition d’objets et le fait que le frigidaire soit vide, de façon inexplicable, peuvent faire penser à l’apparition d’un phénomène paranormal.

Malheureusement, le retournement de situation est prévisible, malgré les fausses pistes disséminées durant tout le film. Il faut attendre les dix dernières minutes pour découvrir une fin surprenante. Lors de votre prochain rendez-vous dominical à la messe, vous n’entendez plus jamais « Plus près de toi, mon Dieu » de la même façon après avoir découvert The Lodge. Ce film ne révolutionne pas le genre du film d’horreur, les amateurs trouveront tout de même de quoi se divertir tandis que les plus novices seront peut-être séduits. Shining de Stanley Kubrick n’est pas encore détrôné.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray du film The Lodge est disponible chez Metropolitan Vidéo. Le visuel de la jaquette reprend une des affiches avec l’actrice Riley Keough dont le visage, dans la pénombre, est éclairé par une lumière en forme de croix chrétienne. Le menu est animé par des extraits du film et sonorisé par la bande originale amenant une ambiance oppressante.

Cette édition ne comporte aucun bonus, pas même une bande-annonce.

L’image et le son

L’image en haute définition est sublime. Dans un film d’horreur, il arrive très fréquemment qu’il y ait des scènes sombres se déroulant dans la nuit. Sur un écran de télévision, le rendu n’est pas toujours aussi bon qu’au cinéma. Cependant, cette édition permet d’apprécier pleinement ces scènes, le spectateur peut voir parfaitement dans la pénombre. Il peut également profiter des merveilleux décors naturels des montages enneigées.

Le son proposé en DTS-HD 5.1 permet une bonne écoute et de plonger pleinement dans l’ambiance sonore du film. Dans le cinéma d’horreur, parfois, nous devons devenir l’ingénieur du son avec la télécommande à la main, pour baisser le volume sonore lorsque la musique s’intensifie dans certaines scènes inquiétantes ou de le remonter lors des séquences plus silencieuses. Ce n’est pas le cas ici, le son reste à une puissance égale. Le film est disponible en version française ou en version originale dans une qualité égale. Le doublage français est plutôt réussi. Les sous-titres en français non imposés sont disponibles sous deux versions : l’une pour l’intégralité des dialogues et l’autre pour traduire les écrits anglais et la traduction des films visibles en langue anglaise à la télévision.

Crédits images : © Metropolitan Filmexport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr / Critique du film et chronique du Blu-ray réalisées par Jérémy Joly

Test DVD / In Fabric, réalisé par Peter Strickland

IN FABRIC réalisé par Peter Strickland, disponible en DVD le 17 mars 2020 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Sidse Babett Knudsen, Marianne Jean-Baptiste, Julian Barratt, Steve Oram, Jaygann Ayeh, Zsolt Páll, Richard Bremmer, Deborah Griffin, Gwendoline Christie…

Scénario : Peter Strickland

Photographie : Ari Wegner

Musique : Cavern of Anti-Matter

Durée : 1h54

Année de sortie : 2018

LE FILM

La boutique de prêt-à-porter Dentley & Soper’s, son petit personnel versé dans les cérémonies occultes, ses commerciaux aux sourires carnassiers. Sa robe rouge, superbe, et aussi maudite qu’une maison bâtie sur un cimetière indien. De corps en corps, le morceau de tissu torture ses différent(e)s propriétaires avec un certain raffinement dans la cruauté.

Franchement, on ne sait pas ce que Peter Strickland fume en cachette, mais c’est de la bonne ! Avec In Fabric, son quatrième long métrage, le réalisateur et scénariste britannique repousse les limites de son dispositif, quitte à décontenancer de nombreux spectateurs, tout en comblant l’attente de celles et ceux qui le suivent depuis ses débuts. Après Katalin Varga (2009), primé au Festival de Berlin, Berberian Sound Studio (2012), primé à Locarno, et The Duke of Burgundy, film uniquement composé d’actrices, Peter Strickland (né en 1973) continue sur sa lancée et In Fabric témoigne une fois de plus de la singularité de son cinéma marqué par de nombreuses références au genre horrifique, en particulier le giallo. Et c’est une grande réussite.

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Test DVD / Lectures diaboliques, réalisé par Tibor Takács

LECTURES DIABOLIQUES (I, Madman) réalisé par Tibor Takács, disponible en DVD et Blu-ray le 8 juillet 2020 chez ESC Editions.

Acteurs : Jenny Wright, Clayton Rohner, Randall William Cook, Stephanie Hodge, Michelle Jordan, Vance Valencia, Mary Baldwin, Raf Nazario, Bob Frank, Bruce Wagner…

Scénario : David Chaskin

Photographie : Bryan England

Musique : Michael Hoenig

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Passionnée de romans d’horreur, une employée de librairie permet sans le savoir à un docteur fou, héros de ses lectures, de commettre des atrocités dans la réalité.

Tiens, d’où sort ce long métrage, Lectures diaboliques aka I, Madman ou bien encore Hardcover en Angleterre et en Europe, réalisé par un certain Tibor Takács ? Il semblerait que ce petit film fantastique soit devenu culte avec les années et compte encore de très nombreux aficionados à travers le monde. Grand Prix au Festival international du film fantastique d’Avoriaz en 1990, l’année où Jerry Schatzberg était le président du jury composé entre autres d’Yves Boisset, Wes Craven et Karel Reisz, Lectures diaboliques avait réussi à damer le pion à Appel d’urgenceMiracle Mile de Steve De Jarnatt, Embrasse-moi, vampireVampire’s Kiss de Robert Bierman, Leviathan de George Pan Cosmatos (reparti avec le Prix des effets spéciaux) ou bien encore de SimetierrePet Sematary de Mary Lambert (Prix du public). Tout cela pour dire que malgré sa popularité moins conséquente que les précédents titres, I, Madman a su conserver une aura évidente auprès des fans de genre. Classique, mais inventif comme un bon épisode des Contes de la Crypte, Lectures diaboliques demeure une bonne série B, portée par la trop rare, excellente et sexy Jenny Wright, actrice culte des Frontières de l’aubeNear Dark (1987) de Kathryn Bigelow.

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Test Blu-ray / Incubus, réalisé par John Hough

INCUBUS (The Incubus) réalisé par John Hough, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 26 juin 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : John Cassavetes, John Ireland, Kerrie Keane, Helen Hughes, Erin Noble, Duncan McIntosh, Harvey Atkin, Harry Ditson…

Scénario : George Franklin d’après le roman de Ray Russell

Photographie : Albert J. Dunk

Musique : Stanley Myers

Durée : 1h32

Année de sortie : 1981

LE FILM

Une petite ville américaine est le théâtre d’une série de meurtres et de viols d’une rare violence. Afin d’identifier le coupable, le shérif Hank Walden fait appel au docteur Jack Cordell. Or, le petit ami de la fille de Cordell est hanté par d’étranges cauchemars…et les meurtres se multiplient.

Même s’il n’a connu qu’un succès d’estime à sa sortie, Incubus, ou THE Incubus en version originale, est rapidement devenu un classique du film fantastique et d’épouvante. Le film détenait déjà de sérieux atouts dans sa manche, en l’occurrence John Cassavetes devant la caméra (et à la production, même si non mentionné à ce poste) et le réalisateur John Hough aux manettes. Le cinéaste britannique (né en 1941), à qui l’on doit de grandes réussites comme Les Sévices de Dracula – Twins of Evil (1971), La Maison des damnésThe Legend of Hell House (1973), Larry le dingue, Mary la garce Dirty Mary Crazy Larry (1974) et La Montagne ensorceléeEscape to Witch Mountain (1975) avait déjà collaboré avec le comédien sur La Cible étoilée Brass Target en 1978. Ravi de cette expérience, John Cassavetes, entre Gloria et Love Streams, revient vers John Hough pour lui proposer Incubus. Ce dernier accepte, même si le scénario, à l’origine adapté du roman de Ray Russell, change du tout au tout une semaine avant la date prévue du début des prises de vues, selon les vœux de la star du cinéma indépendant. Incubus est une œuvre qui se fera au jour le jour, sans que les acteurs soient mis au courant des changements de dernière minute, et ce jusqu’à l’ultime tour de manivelle où le casting apprend enfin qui est le fameux Incubus de l’histoire. En résulte un récit quelque peu alambiqué, pour ne pas opaque puisque de nombreux éléments resteront sans réponse, mais diaboliquement (le terme est bien choisi) mis en scène et impeccablement interprété. De la bonne came qui continue de faire son effet presque quarante ans après sa sortie et qui n’a d’ailleurs rien à envier, ce serait même le contraire, aux films de genre contemporains.

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Test Blu-ray / Opération peur, réalisé par Mario Bava

OPÉRATION PEUR (Operazione paura) réalisé par Mario Bava, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 3 juin 2020 chez ESC Editions.

Acteurs : Giacomo Rossi-Stuart, Erika Blanc, Fabienne Dali, Piero Lulli, Luciano Catenacci, Micaela Esdra, Giovanna Galletti, Giuseppe Addobbati, Franca Dominici, Mirella Pamphili…

Scénario : Romano Migliorini, Roberto Natale, Mario Bava

Photographie : Antonio Rinaldi

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Le Dr Eswai débarque dans un petit village, sur lequel a l’air de planer une terrible malédiction. Appelé par l’inspecteur Kruger, il va enquêter sur une série de meurtres ou accidents étranges. Une petite fille serait la clé de cette énigme particulièrement angoissante.

Quand il réalise et coécrit Six femmes pour l’assassin avec Giuseppe Barilla et Marcello Fondato, Mario Bava (1914-1980) a déjà une demi-douzaine de longs métrages à son actif en tant que réalisateur, dont Le Masque du démon (1960), La Fille qui en savait trop (1963) qui posait déjà certaines bases, Les 3 visages de la peur (1963) et Le Corps et le fouet (1963). Après avoir fait ses classes en tant que directeur de la photographie, puis dans le domaine du documentaire, Mario Bava commence par « rendre service » aux cinéastes qui l’emploient, disons plutôt qu’il coréalise en réalité à leurs côtés, sans être crédité. Fils d’un sculpteur, Mario Bava a hérité du don de son père pour modeler la matière mise à sa disposition. Ancien des Beaux-Arts, fasciné par les plus grands peintres, Mario Bava use de son talent en tant que chef opérateur pour Roberto Rossellini, Dino Risi et même pour Raoul Walsh sur Esther et le Roi (1960). Six femmes pour l’assassin est un tournant dans la carrière de Mario Bava. Sorti en 1966, Opération peurOperazione paura apparaît après les westerns Arizona BillLa Strada per Fort Alamo (1964) et Les Dollars du NebraskaRingo del Nebraska (1966), le film de science-fiction horrifique La Planète des vampiresTerrore nello spazio (1965) et le film d’aventure Duel au couteau I coltelli del vendicatore (1966). Le cinéaste revient à l’horreur pure, teintée de fantastique certes, mais qui embarque le spectateur dans un ride où l’épouvante devient synonyme d’indicible, presque attractive dans le sens où Mario Bava peint littéralement ses plans comme un tableau de maître, dans lesquels on se perd volontiers avec une sensation d’hypnose. Opération peur n’est sans doute pas l’oeuvre la plus célèbre du réalisateur, mais sans aucun doute l’une de celles dont on redécouvre sans cesse la richesse.

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Test Blu-ray / Hell Night, réalisé par Tom DeSimone

HELL NIGHT réalisé par Tom DeSimone, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 22 mai 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Linda Blair, Vincent Van Patten, Peter Barton, Kevin Brophy, Jenny Neumann, Suki Goodwin, Jimmy Sturtevant, Hal Ralston…

Scénario : Randy Feldman

Photographie : Mac Ahlberg

Musique : Dan Wyman

Durée : 1h40

Année de sortie : 1981

LE FILM

Pour leur initiation, quatre nouveaux membres d’une association étudiante doivent passer la nuit dans un vieux manoir abandonné. Douze ans plus tôt, le propriétaire du manoir a tué sa famille avant de se donner la mort. Selon la légende, un membre de la famille aurait survécu et hanterait le manoir.

Alors que Black Christmas (1974) de Bob Clark et surtout Halloween : La Nuit des masques (1978) de John Carpenter ont entraîné moult ersatz, plagiats, copies éhontées, plus souvent pour le pire que pour le meilleur, d’autres films – hors franchises du style Vendredi 13 – ont réussi à tirer leur épingle du jeu au point de devenir cultes avec les années et de rester chéris par les cinéphiles et adeptes de séries B horrifiques. Le Bal de l’horreurProm Night de Paul Lynch et Terror TrainLe Monstre du train de Roger Spottiswoode, tous deux interprétés par Jamie Lee Curtis, Happy Birthday To Me de J. Lee Thompson et Carnage The Burning de Tony Maylam, sont encore cités aujourd’hui comme des petites références et des modèles d’un genre qui n’a eu de cesse de muter ou de s’alimenter lui-même. Alors que le genre bat son plein en 1981, débarque sur les écrans Une nuit en enfer, connu également sous le titre Une nuit infernale, bref Hell Night, réalisé par un certain Tom DeSimone (né en 1939), metteur en scène venu du milieu pornographique où il officiait alors sous le pseudonyme de Lancer Brooks. Prenant en main le film Hell Night, le cinéaste est bien décidé à montrer ce qu’il a sous le capot du point de vue technique, d’autant plus qu’il détient un atout de taille avec la présence au générique de Linda Blair, révélée huit ans auparavant dans L’Exorciste de William Friedkin. Hell Night se révèle un petit film d’épouvante très sympathique, qui parvient à faire oublier ses maladresses grâce à un indéniable savoir-faire, une très belle photographie et au charisme de sa comédienne principale, poupée de porcelaine très attachante et à laquelle on s’identifie sans aucune difficulté.

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Test Blu-ray / Emanuelle et les derniers cannibales, réalisé par Joe d’Amato

EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES (Emanuelle e gli ultimi cannibali) réalisé par Joe d’Amato, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 7 juillet 2020 chez Artus Films.

Acteurs : Laura Gemser, Gabriele Tinti, Nieves Navarro, Donald O’Brien, Percy Hogan, Mónica Zanchi, Annamaria Clementi, Geoffrey Copleston…

Scénario : Romano Scandariato, Joe D’Amato

Photographie : Joe D’Amato

Musique : Nico Fidenco

Durée : 1h29

Année de sortie : 1977

LE FILM

Travaillant dans un hôpital psychiatrique, Emanuelle découvre un étrange signe tribal tatoué sur le ventre d’une jeune fille. Cette dernière pourrait bien avoir été en contact avec une tribu de mangeurs d’hommes, pourtant supposés disparus de la région. Intriguée, Emanuelle décide de se rendre dans la forêt amazonienne pour y percer le mystère. Elle va y découvrir que les cannibales sévissent toujours, avides de chair fraîche et de boyaux fumants…

Aaaaah Emanuelle, à ne pas confondre avec Emmanuelle (avec deux M donc) puisqu’il fallait faire attention au copyright, mais bel et bien Emanuelle ou plus précisément Black Emanuelle pour ceux qui auront entre autres connu, comme l’auteur de ces mots, la troisième partie de soirée du dimanche sur M6 dans les années 1980-1990. Petits coquins. Suite au triomphe international d’Emmanuelle en 1974, réalisé par Just Jaeckin, avec huit millions d’entrées rien qu’en France où le film restera plus de douze ans à l’affiche, certains producteurs ont de la suite dans les idées. Evidemment, le pays que ce succès affole est l’Italie. Si Erika Blanc avait été la première à interpréter le personnage dans Moi, EmmanuelleIo, Emmanuelle (1969), la comédienne l’ayant véritablement immortalisé, au point de devenir une icône érotique, demeure la sublimissime Laura Gemser. L’actrice et costumière – même si on la connaît mieux dévêtue – italienne d’origine indonésienne incarnait déjà une masseuse dans Emmanuelle l’antivierge (ou Emmanuelle 2), avant de se voir confier le rôle-titre la même année, 1975 donc, dans Black EmanuelleEmanuelle nera, ou Black Emanuelle en Afrique, de Bitto Albertini. C’est une explosion. Désormais, Mae Jordan, dite Emanuelle, reporter-photographe devient aussi célèbre que son modèle néerlandais Sylvia Kristel. Née en 1950, Laura Gemser interprétera Emanuelle dans une dizaine de longs-métrages, dont Black Emanuelle en Amérique Emanuelle in America, Black Emanuelle autour du monde Emanuelle, Perché violenza alle donne ? et Viol sous les tropiquesEmanuelle e gli ultimi cannibali, tous les trois réalisés en 1977 par Joe D’Amato. Ce dernier est sans nul doute l’un des épisodes les plus ahurissants, inclassables et étonnants de la saga Black Emanuelle. Mélange d’érotisme, forcément, et de gore avec des séquences bien dégueulasses, Emanuelle et les derniers cannibales reste une grande référence pour les amateurs de cinéma Bis, mais aussi pour certains réalisateurs comme Eli Roth qui n’a cessé de l’évoquer lors de la promotion de son génial Green Inferno (2013).

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Test Blu-ray / Doctor Sleep, réalisé par Mike Flanagan

DOCTOR SLEEP réalisé par Mike Flanagan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD chez Warner Bros. le 11 mars 2020

Avec : Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Carl Lumbly, Zahn McClarnon, Emily Alyn Lind, Bruce Greenwood…

Scénario : Mike Flanagan d’après le roman Doctor Sleep de Stephen King

Photographie : Michael Fimognari

Musique : The Newton Brothers

Durée : 2h32

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autres choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

Doctor Sleep est un double pari. D’une part, livrer une suite au film Shining (1980) de Stanley Kubrick, référence du film d’épouvante, un film culte, un chef d’oeuvre intemporel. D’autre part, transposer à l’écran le roman éponyme de Stephen King, considéré, à juste titre, comme étant l’un si ce n’est le plus mauvais livre du maître de l’horreur. Et c’est une très grande réussite que l’on doit à un seul homme, le monteur, producteur, scénariste et réalisateur Mike Flanagan. L’auteur de l’exceptionnelle série The Haunting of Hill House, disponible sur la plateforme Netflix, s’empare du roman de Stephen King, probablement conscient des très nombreux points faibles du récit, l’adapte en essayant d’en retranscrire la trame originale, tout en tenant compte des modifications apportées par Stanley Kubrick au roman Shining, par ailleurs très décrié par Stephen King depuis sa sortie. Mike Flanagan a su en retirer la moelle et s’approprier cette histoire, tout en rendant un hommage fabuleux à l’un des films qui lui ont donné envie de passer lui-même derrière la caméra. Doté d’un budget confortable de 45 millions de dollars, Doctor Sleep a connu une carrière difficile au cinéma. Certains spectateurs n’ont pu s’empêcher de comparer le film à celui de Stanley Kubrick, une connerie soit dit en passant, tandis que d’autres ont été quelque peu décontenancé par son rythme lent et sa longue durée de 2h30. Pourtant, contre toute attente, Doctor Sleep est probablement l’une des meilleures transpositions d’un roman de Stephen King à l’écran. Bien supérieur en qualité, en émotions fortes et surtout en virtuosité que le deuxième chapitre de Ça, que le remake affreux de Simetierre, que l’inénarrable Tour Sombre, que le soporifique Cell Phone, Doctor Sleep (un film culotté haha) est l’une des plus belles surprises du genre. C’est même un film magistral.

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Test Blu-ray / Le Crocodile de la mort, réalisé par Tobe Hooper

LE CROCODILE DE LA MORT (Eaten Alive) réalisé par Tobe Hooper, disponible en DVD et Blu-ray le 25 mars 2020 chez Carlotta Films.

Acteurs : Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones, Marilyn Burns, William Finley, Stuart Whitman, Robert Englund, Roberta Collinsi…

Scénario : Alvin L. Fast, Mardi Rustam, Kim Henkel

Photographie : Robert Caramico

Musique : Wayne Bell, Tobe Hooper

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Au cœur de la Louisiane, une jeune prostituée qui cherche un endroit pour la nuit, échoue à l’hôtel Starlight. Le gérant du motel est un maniaque qui, dans ses accès de folie, offre ses clients aux redoutables mâchoires de son crocodile.

Le Crocodile de la mortEaten Alive est probablement le long métrage de Tobe Hooper (1943-2017) qui divise le plus ses aficionados. Sorti trois ans après le triomphe international de Massacre à la tronçonneuseThe Texas Chain Saw Massacre, ce film d’épouvante quasi-inclassable a immédiatement eu ses détracteurs et continue d’ailleurs d’être rejeté par une grande majorité des spectateurs et des critiques. Film douloureux pour son auteur, qui a jeté l’éponge en cours de tournage – pour cause de divergences artistiques – pour laisser le producteur Mardi Rustam, qui souhaitait avant tout un film de monstre aquatique à la Jaws, terminer les prises de vue et faire au montage ce qu’il désirait, Le Crocodile de la mort témoigne bel et bien de l’univers de Tobe Hooper avec ses personnages complètement dégénérés, mais souffre de grands problèmes de rythme et surtout d’intérêt. C’est ce qu’on appelle un film malade, qui se place entre le navet et le nanar, parcouru de réelles fulgurances, mais qui demeure néanmoins un film raté.

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Test Blu-ray / Ben, réalisé par Phil Karlson

BEN réalisé par Phil Karlson, disponible en DVD et Blu-ray le 17 mars 2020 chez ESC Editions.

Acteurs : Lee Montgomery, Joseph Campanella, Arthur O’Connell, Rosemary Murphy, Meredith Baxter, Kaz Garas, Paul Carr, Richard Van Vleet, Kenneth Tobey…

Scénario : Gilbert Ralston

Photographie : Russell Metty

Musique : Walter Scharf

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Ben, le chef des rats tueurs qui écument la ville à la recherche de chair fraîche va se lier d’amitié avec un jeune enfant, Danny. A travers ce climat de confiance qui s’installe entre eux, Danny va-t-il arriver à empêcher Ben est sa horde de rongeurs de dévaster la ville et de terroriser la population ?

Devant le succès inattendu de Willard, une suite est immédiatement envisagée et mise en route. Exit Daniel Mann et le comédien Bruce Davison, le personnage principal de cette séquelle (dans tous les sens du terme) sera le rat du premier film, Ben. Même s’il est peu emballé, le scénariste Gilbert Ralston, déjà à l’oeuvre sur Willard, est donc appelé pour reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée, ce qui lui fait d’ailleurs gagner cinq bonnes minutes, puisque entièrement reprises du film précédent. Mais force est de constater que Ben s’enlise dès ses premières séquences, très mal mises en scène. La réalisation, confiée au vieux briscard Phil Karlson, est au point mort, tout comme le jeu des acteurs, tous apathiques et figés, sans parler des très mauvais effets visuels avec des incrustations plus que médiocres qui finissent par avoir raison de notre patience. Et cela sans parler de l’irritant jeune comédien qui fait copain-copain avec ce cher Ben et son armée de rongeurs, qui se met à pousser à la chansonnette à plusieurs reprises pour mieux nous faire saigner les tympans. Ben est une suite atroce, qui se situe entre le navet et le nanar. Un gros « narvet » en quelque sorte.

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