WEEK-END DE TERREUR (April Fool’s Day) réalisé par Fred Walton, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Rimini Editions.
Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Heaton, Leah Pinsent, Mike Nomad, Thomas F. Wilson…
Scénario : Danilo Bach
Photographie : Charles Minsky
Musique : Charles Bernstein
Durée : 1h29
Année de sortie : 1986
LE FILM
Muffy St. John, riche héritière, invite plusieurs de ses amis étudiants à passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir situé sur une île privée que possèdent ses parents. La fête s’annonce grandiose et Muffy a préparé quelques poissons d’avril. Mais la plaisanterie vire au cauchemar lorsque les invités disparaissent l’un après l’autre…
Passé à la postérité pour avoir écrit et réalisé Terreur la ligne – When a Stranger Calls (1979), thriller devenu culte très vite auprès des cinéphiles et des spectateurs avides du genre, le réalisateur Fred Walton (né en 1949) est pourtant l’homme d’un autre film aujourd’hui très prisé, Week-end de terreur – April Fool’s Day. Sorti en 1986, en queue de comète du slasher, la même année que Vendredi 13, chapitre VI : Jason le mort-vivant – Friday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (l’un des meilleurs opus de la franchise) et Body Count – Camping del terrore de Ruggero Deodato, tandis que Freddy Krueger se préparait à apparaître pour la troisième fois au cinéma, Week-end de terreur préfigure ce que deviendra le genre avec dix ans d’avance. Car même si Scream est encore loin et relancera le slasher dans les années 1990, le film de Fred Walton joue déjà intelligemment la carte méta, s’interroge sur la notion d’épouvante, sur le rapport avec la peur qu’entretient le spectateur, tout en essayant d’insuffler du sang neuf au thriller horrifique alors en quasi-perdition. Et ça marche. Week-end de terreur est assurément un bon ride et même si le second visionnage passera sans doute moins bien en raison du twist final (“Hey what did you expect ?”), la mise en scène tient encore bien le coup et les décors naturels ravissent les pupilles.
DRACULA (Dracula: A Love Tale)réalisé par Luc Besson, disponible en DVD, Blu-ray, 4K UHD et Édition Spéciale FNAC 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 2 décembre 2025 chez M6 Vidéo.
Acteurs : Christoph Waltz, Caleb Landry Jones, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Salomon Passariello, Ewens Abid, Raphael Luce, Guillaume de Tonquédec…
Scénario : Luc Besson, d’après le roman de Bram Stoker
Photographie : Colin Wandersman
Musique : Danny Elfman
Durée : 2h08
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.
Le succès lui échappant depuis une dizaine d’années (son dernier hit étant Lucy en 2014) et cumulant les déboires judiciaires, Luc Besson tente tout de même de rester dans la place…Et pour cela, sans doute par manque d’inspiration, il jette son dévolu sur Dracula de Bram Stoker, roman déjà maintes fois transposé (dans tous les domaines), dont il souhaite donner sa propre vision. Il retrouve le génial Caleb Landry Jones, avec lequel il avait tourné le thriller psychologique Dogman (très lourd échec commercial), qui se voit confier le rôle-titre. Ainsi après Béla Lugosi, Max Schreck, Udo Kier, Christopher Lee, Jack Palance, Frank Langella et Gary Oldman (on peut s’arrêter là, surtout que Dracula apparaît dans plus de 200 films), le comédien texan se glisse dans le bel habit du légendaire vampire, dont le nom n’a d’égal que celui de Michael Jackson et celui de Jésus (oh, blasphème), et livre une formidable prestation. Attention, cela ne veut pas dire que Dracula version Besson est réussi, celui-ci comporte de multiples défauts (nous y reviendrons plus bas), mais on ne pourra pas dire que le réalisateur ait mis de côté son désir de divertir avant tout le public, ce qu’il réussit haut la main avec cette proposition pour le moins originale. Mais avant toute chose, non, il ne s’agit pas d’un remake du Dracula de Francis Ford Coppola, comme le laisser penser la bande-annonce, hormis la composition de Danny Elfman qui pour le coup rappelle beaucoup celle de Wojciech Kilar. Certaines séquences peuvent fortement y faire penser, Luc Besson arrivant quelque peu après la bataille (euphémisme), mais il s’agit bel et bien d’une approche personnelle, cohérente avec les partis-pris et intentions des précédents opus du cinéaste. Une curiosité, très fortement critiquée à sa sortie, pas forcément à juste titre, toujours gratuitement quand il s’agit de Luc Besson d’ailleurs, mais qui peut se targuer d’être devenu le film français le plus cher, le plus vu et qui a engrangé le plus de recettes à l’étranger en 2025.
TOGETHER réalisé par Michael Shanks, disponible en DVD & Blu-ray le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.
Acteurs : Dave Franco, Alison Brie, Damon Herriman, Mia Morrissey, Karl Richmond, Jack Kenny, Francesca Waters, Aljin Abella…
Scénario : Michael Shanks
Photographie : Germain McMicking
Musique : Cornel Wilczek
Durée : 1h41
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Tim et Millie sont ensemble depuis des années quand ils décident de tout abandonner pour s’installer à la campagne. Alors que les tensions sont déjà vives, une force surnaturelle transforme leur rêve en cauchemar, menaçant leur relation, leur amour… et jusqu’à leur intégrité physique.
C’est un vrai coup de coeur. Together est un premier long-métrage on ne peut plus prometteur, un petit coup de maître, qui a tout pour devenir un film culte. À la barre, un certain Michael Shanks, australien, homme-orchestre, aux manettes de la chaîne YouTube The Wizards of Aus (sous le pseudo de timtimfed), tour à tour acteur, scénariste, monteur, compositeur, producteur, créateur d’effets spéciaux et donc bien sûr réalisateur. Après quelques courts-métrages, des épisodes de séries télévisées et un clip vidéo, celui-ci se lance dans l’aventure du grand format avec un film de genre, produit et interprété par le couple (à l’écran comme à la ville) Alison Brie et Dave Franco. Mais bien plus qu’un nouvel opus d’épouvante, Together est avant tout une vraie réflexion sur l’amour, sur ce qui fait l’osmose ou au contraire ce qui le délite. Le spectateur à la recherche de sensations fortes sera on ne peut plus comblé avec une succession de scènes aussi fortes que marquantes, parfois même inédites dans leur rendu, mais l’émotion n’est jamais oubliée. Mieux que ça, elle reste le moteur des séquences horrifiques et fantastiques. Le scénario, entièrement écrit par Michael Shanks, rappelle le genre d’histoires que l’on pouvait retrouver dans Les Contes de la crypte, tout en lorgnant sur Stephen King, le tout saupoudré par un humour noir omniprésent et même quelques éléments burlesques. Un must de 2025, accompagné d’une excellente presse et qui produit pour un peu plus de 15 millions de dollars (et tourné en seulement trois semaines), en aura rapporté plus du double dans le monde, quand bien même le résultat en France demeure décevant avec 78.000 entrées. Si vous devez donner une seconde chance à un film de l’année dernière, n’hésitez pas et réservez-la pour Together.
LES DÉMONS DU MAÏS – LES DÉMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL – LES DÉMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR (Children of the Corn – Children of the Corn II: The Final Sacrifice – Children of the Corn III: Urban Harvest) réalisé par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox, disponible en Combo Coffret DVD ou Blu-ray depuis le 16 octobre 2025 chez Rimini Éditions.
Acteurs : Peter Horton, Linda Hamilton, R.G. Armstrong, John Franklin, Robby Kiger, Courtney Gains, Anne Marie McEvoy, Julie Maddalena, Terence Knox, Paul Scherrer, Ryan Bollman, Ned Romero, Christie Clark, Rosalind Allen, Ed Grady, John Bennes, Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Jon Clair, Mari Morrow, Michael Ensign, Duke Stroud…
Scénario : George Goldsmith, A.L. Katz, Gil Adler, Dode B. Levenson, d’après la nouvelle de Stephen King
Photographie : João Fernandes, Levie Isaacks, Gerry Lively
Musique : Jonathan Elias, Daniel Licht
Durée : 1h32, 1h33 & 1h31
Date de sortie initiale : 1984, 1993 & 1995
LES FILMS
Les Démons du maïs – Children of the Corn (1984) réalisé par Fritz Kiersch Galtin :
Une petite ville du Nebraska, est le théâtre d’une horreur sans nom lorsqu’un jeune prédicateur de 12 ans, Isaac, avec l’aide de son âme damnée Malachi, convint les enfants d’assassiner tous les adultes. Ses ordres démoniaques sont exécutés, les jeunes se retrouvent alors rois et maîtres des lieux et se réfugient dans un immense champ de maïs. Trois ans plus tard, Burt Stansor et sa fiancée Vicky Baxter traversent le village désert à la recherche du shérif, croyant avoir renversé quelqu’un sur la route. Dans cette ville fantôme, le jeune couple égaré rencontre deux enfants qui désirent échapper au culte de Isaac. Bientôt pris au piège de cet enfer, l’horrible vérité se précise et ils se rendent compte que leurs vies sont menacées. La lutte sera terrible, car ils doivent affronter la force démoniaque dissimulée au milieu des champs de maïs…
Les Démons du maïs 2 : Le Sacrifice final – Children of the Corn 2: The Final Sacrifice (1992) réalisé par David F. Price :
Après les macabres découvertes qui avaient mis en émoi la petite ville de Gatlin, le journaliste John Garrett se rend sur les lieux, espérant relancer sa carrière grâce à ce terrifiant fait divers. Il s’installe avec son fils Danny chez Angela, propriétaire du Bed & Breakfast local. Micah, un orphelin recueilli par Angela, relance le sanguinaire culte du maïs : à nouveau, des adultes sont assassinés dans d’horribles conditions…
Les Démons du maïs 3 : Les Moissons de la terreur – Children of the Corn 3: Urban Harvest (1995) réalisé par James D. R. Hickox en 1995 :
Gatlin, petite bourgade campagnarde de l’ouest américain… Après l’étrange et dramatique mort du fermier Earl Hutch, ses deux fils, Joshua et Eli, sont placés dans une famille adoptive à Chicago, dont le chef de famille est négociant en maïs. Les deux enfants découvrent alors un monde entièrement nouveau, un monde de gangs, de tags et de musique rap à l’image de la vie urbaine. Peu à peu, Joshua s’adapte à cette nouvelle vie, tandis qu’Eli s’y refuse complètement. Doué d’étranges pouvoirs, il parvient à rallier d’autres enfants à sa terrifiante façon de penser, n’hésitant pas à tuer tous ceux qui s’opposent à lui…
Tout est parti d’une nouvelle de Stephen King, publiée pour la première fois en mars 1977 dans le magazine Penthouse, avant de rejoindre l’anthologie intitulée Danse macabre, sortie l’année suivante. Une adaptation sous forme de court-métrage, quasi-invisible, emballé par John Woodward sous le titre des Disciples du corbeau – Disciples of the Crow, est mise en scène en 1983 et distribuée en VHS en 1986 aux côtés de deux autres histoires rebaptisées à cette occasion Contes macabres – Night Shift Collection. Une cassette aujourd’hui très recherchée, puisque retirée des bacs en raison de problèmes de droits d’exploitation. La transposition officielle de l’écrit du King sort en 1984, un an après celles de Cujo (par Lewis Teague), Dead Zone (par David Cronenberg) et Christine (par John Carpenter). La même année que Charlie – Firestarter de Mark L. Lester, cette petite production de trois millions de dollars trouve immédiatement son public et remporte un joli succès avec près de 15 millions de recette, rien que sur le sol américain. Aux commandes, Fritz Kiersch s’en tire fort honorablement et c’est surtout sa sobriété, ce que ne retiendront pas ses successeurs dans les innombrables suites qui s’enchaîneront, qui participe à l’immersion du spectateur dans cette histoire étouffante, en privilégiant le hors-champ, plutôt que le gore et les effets spéciaux, qui n’interviennent d’ailleurs que dans la dernière partie.
ALPHA réalisé par Julia Ducournau, disponible en DVD et Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Diaphana.
Acteurs : Mélissa Boros, Tahar Rahim, Golshifteh Farahani, Emma Mackey, Finnegan Oldfield, Louai El Amrousy, Jean-Charles Clichet, Ninon Le Henry…
Scénario : Julia Ducournau
Photographie : Ruben Impens
Musique : Jim Williams
Durée : 2h03
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Lors d’une soirée, Alpha, 13 ans, se fait tatouer le bras. Au matin sa mère, infirmière, s’inquiète qu’elle ait pu, à cause de l’aiguille, être contaminée par un virus mortel, qui se propage dans la population. Au collège, Alpha est ostracisée. En rentrant chez elle, elle trouve, installé dans le salon, son oncle Amin, qu’elle n’avait plus vu depuis l’enfance. Il est toxicomane, atteint par le virus, et est venu pour se sevrer.
Qu’elle semble loin la réussite de Grave…Il y avait pourtant tellement de promesses dans ce premier long-métrage. Certes, Titane a remporté la Palme d’or en 2021, mais cette récompense suprême n’était en rien justifiée. Tant mieux pour Julia Ducournau (née en 1983), tant pis pour nous. Immédiatement après le Festival de Cannes, la réalisatrice écrit un nouveau scénario pendant des mois…mais l’abandonne finalement au profit (ou au détriment) de ce qui sera finalement Alpha, son troisième opus, annoncé comme étant un body horror…Hélàs, cette fois encore, la cinéaste déçoit (euphémisme) et livre une œuvre ronflante, prétentieuse, pesante, interminable et glaciale, saupoudré de dialogues pauvres qui feraient passer ceux de Luc Besson pour du Modiano. Julia Ducournau est une brillante formaliste…mais il faudrait qu’elle se mette au service du scénario d’un autre, plutôt que de livrer des films vides ou plutôt qui croulent sous des métaphores, les allégories, une musique OMNIPRÉSENTE, une hystérie jamais contenue, assourdissante, tandis que le montage alambiqué, aux pâquerettes, finit ici de nous achever dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent, pour au final ne rien raconter. Mais si Julia Ducournau est satisfaite…En l’état, Alpha a bien eu du mal à dépasser la barre des 100.000 entrées, la réception a été catastrophique sur la Croisette où il était en compétition officielle, tandis que l’accueil critique et public a sans doute été le plus virulent de 2025, au même titre que Toutes pour une de Houda Benyamina.
LA NUIT DES CLOWNS (Clown in a Cornfield) réalisé par Eli Craig, disponible en DVD & Blu-ray le 18 décembre 2025 chez M6 Vidéo.
Acteurs : Katie Douglas, Aaron Abrams, Carson MacCormac, Vincent Muller, Kevin Durand, Will Sasso, Cassandra Potenza, Verity Marks…
Scénario : Carter Blanchard & Eli Craig, d’après le roman de Adam Cesare
Photographie : Brian Pearson
Musique : Brandon Roberts & Marcus Trumpp
Durée : 1h36
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Kettle Spring est une petite bourgade du fin fond des États-Unis perdue au milieu des champs de maïs. Et que ça lui plaise ou non, Quinn emménage avec son père, nouveau médecin de ce trou paumé sans réseau. Très vite, Quinn fait la connaissance de la bande de jeunes casse-cou locale et remarque que plusieurs choses pas nettes se passent en ville. Et alors que les habitants se préparent à la fête annuelle, des mystérieux clowns font irruption pour rajouter un peu de barbaque à la soirée…
En 2011 sort une toute petite comédie d’horreur intitulée Tucker et Dale fightent le mal – Tucker and Dale vs Evil. La critique s’emballe, les spectateurs répondent présent, un statut culte s’installe même d’emblée et le film connaîtra un remake en Corée. Qu’est devenu depuis le réalisateur Eli Craig ? Comme metteur en scène, on l’a revu à la barre d’un épisode de la série Brothers & Sisters, du pilote de la série avortée Zombieland (inspirée du film de Ruben Fleischer) et de Little Evil (avec Evangeline Lilly et Adam Scott), emballée pour le compte de Netflix, avec lequel il retrouvait la veine de son premier long-métrage. Mais tout cela remonte à presque dix ans au minimum. Eli Craig revient enfin aux affaires avec La Nuit des clowns – Clown In A Cornfield, ou l’adaptation du roman Un clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare. Produit pour un petit million de dollars, tourné en seulement cinq semaines, le film en a rapporté dix fois plus, dont sept millions rien que sur le sol américain où il est sorti bien avant l’été. Soyons honnêtes, il n’y a absolument aucune surprise dans La Nuit des clowns avec son récit ultra-balisé et ses rebondissements aussi attendus que clichés, mais ce ride permet à Eli Craig de se remettre en scène et de prouver son efficacité derrière la caméra. Toutefois, il faut s’armer de patience, car la première partie avant le massacre est trèèèès longue à se mettre en route, l’installation des personnages est aussi interminable que maladroite. Mais lorsque le massacre démarre, cela ne s’arrête quasiment plus jusqu’à la fin et l’humour tant attendu permet de passer un agréable moment.
AENIGMA (Ænigma) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.
Acteurs : Jared Martin, Lara Naszinsky, Milijana Zirojevic, Ulli Reinthaler, Sophie d’Aulan, Jennifer Naud, Riccardo Acerbi, Kathi Wise…
Scénario : Lucio Fulci & Giorgio Mariuzzo
Photographie : Luigi Ciccarese
Musique : Carlo Maria Cordio
Durée : 1h29
Date de sortie initiale : 1987
LE FILM
Boston, années 1980 – Au sein du collège Saint Mary’s, Kathy subit les moqueries de la part d’un groupe d’élèves et d’un professeur de gymnastique. Un soir, à la suite d’une très mauvaise plaisanterie, l’adolescente, humiliée, est renversée par une voiture et tombe dans un coma profond. À l’hôpital, victime d’un arrêt cardiaque, une partie de son esprit sort de son corps. Un peu plus tard, une nouvelle élève, Eva, arrive dans l’établissement. Kathy la possède. Elle deviendra l’instrument de sa vengeance.
Il en est où ce bon vieux Lucio Fulci en 1987 ? Tout juste âgé de soixante ans, le cinéaste s’est tenu éloigné des studios en raison d’une maladie déclarée après la sortie de MurdeRock, succès en Europe, mais échec en Italie. Revenu avec Le Miel du diable – Il Miele del diavolo, le maestro s’adonne désormais à des productions de moindre envergure, peu aidées par des budgets très limités et des conditions drastiques de tournage. C’est le cas pour Aenigma, qui n’est assurément pas l’opus le plus connu de son auteur, mais qui n’en est pas moins dépourvu de quelques séquences particulièrement réjouissantes et qui témoignent que Lucio Fulci en avait encore sous le capot. Son style inimitable est reconnaissable à plusieurs reprises, quand bien même le cinéaste s’inspire ouvertement et très largement de Suspiria et de Phenomena, réalisés par Dario Argento, avec une touche de Carrie au bal du diable de Brian De Palma, ou même encore de Patrick de Richard Franklin, qui avait connu une suite (non autorisée et donc opportuniste) en Italie, Patrick vive ancora, mis en scène par Mario Landi. Tout cela pour dire que Aenigma est un pot-pourri de tout ce qui se faisait alors dans le genre horrifique, avec tous les codes du slasher qui arrivait franchement en bout de course. Et pourtant, cela fonctionne bien, Lucio Fulci conduit son train-fantôme comme une véritable attraction où certaines surprises font leur effet, d’autres non évidemment, mais on est à l’arrivée ravis d’y avoir pris place.
BAD MOON réalisé par Eric Red, disponible en DVD & Blu-ray le 25 septembre 2025 chez BQHL Éditions.
Acteurs : Mariel Hemingway, Michael Paré, Mason Gamble, Ken Pogue, Hrothgar Mathews, Johanna Marlowe, Gavin Buhr, Julia Montgomery Brown…
Scénario : Eric Red, d’après le roman « Thor » de Wayne Smith
Photographie : Jan Kiesser
Musique : Daniel Licht
Durée : 1h21
Date de diffusion initiale: 1996
LE FILM
Après une expédition dans une jungle reculée, Ted rend visite aux États-Unis à sa sœur Janet qui vit seule avec son fils Brett. Ted est en réalité un loup-garou qui tente de vaincre la malédiction grâce à l’amour de ses proches. Mais le berger allemand de la famille, Thor, flaire le danger et tente d’avertir et de protéger ses maîtres…
Il faut parfois attendre dix, vingt, trente ans, parfois plus à un film pour être réellement redécouvert et peut-être même obtenir un certain statut culte. C’est le cas pour Bad Moon, ou tout simplement Pleine Lune, sorti sur les écrans, essentiellement américains, en 1996. Le film de loup-garou est quelque peu revenu à l’avant-plan avec Wolf, grand succès de l’année 1994, avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer, tandis qu’un septième volet (et ça, on est sûr que vous ne le saviez pas) de Hurlements, la sixième suite du film de Joe Dante donc, apparaît dans les bacs vidéos. Doté d’un budget honnête de sept millions de dollars, le réalisateur Eric Red, connu pour son travail de scénariste (Hitcher de Robert Harmon, Aux frontières de l’aube et Blue Steel de Kathryn Bigelow), va alors livrer son opus le plus célèbre à ce jour, Bad Moon, son troisième long-métrage comme cinéaste. Ainsi, après deux courts, un téléfilm, suivi de Cohen & Tate (1988, avec Roy Scheider et Adam Baldwin) et Body Parts (1991, adapté de Boileau & Narcejac), Eric Red livre une formidable série B d’épouvante, en s’inspirant du roman Thor de Wayne Smith, le titre étant tiré du nom du chien, l’un des personnages principaux du récit. C’est aussi la même chose pour Bad Moon (production James G. Robinson, qui la même année osait le remake des Diaboliques, pauvre fou), le berger allemand tenant même la dragée haute à Mariel Hemingway et Michael Paré. De là à dire qu’il leur vole la vedette, il y a un pas que…vous savez et n’en pensez pas moins si vous avez déjà vu Pleine Lune. En l’état, en dehors d’images de synthèse affreuses et particulièrement risibles (en gros, le morphing final du clip Black or White est cent fois plus réussi), Bad Moon demeure un beau spectacle du genre, solidement interprété, court (76 minutes montre en main), prenant et efficace.
THE MONKEY réalisé par Osgood Perkins, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD depuis le 12 juillet 2025 chez Metropolitan Film & Video.
Acteurs : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Osgood Perkins, Sarah Levy, Laura Mennell, Christian Convery, Rohan Campbell…
Scénario : Osgood Perkins, d’après la nouvelle The Monkey de Stephen King
Photographie : Nico Aguilar
Musique : Edo Van Breemen
Durée : 1h38
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…
À l’origine, Frank Darabont détenait les droits cinématographiques de la nouvelle de Stephen King intitulée The Monkey, et prévoyait de l’adapter après avoir terminé The Mist. Ce projet n’a jamais vu le jour…avant de revenir sur le devant de la scène en 2023, année où cette transposition est officiellement relancée avec Osgood Perkins (le fils d’Anthony Perkins) aux manettes, au scénario et à la mise en scène, le tout produit par James Wan sous sa bannière Atomic Monster. Une fois la grève des scénaristes passée, le tournage principal est enfin lancé début 2024. Le résultat est à la hauteur des espérances et le réalisateur de l’acclamé Longlegs livre une fois de plus un film quasi-inclassable, véritable comédie noire, fantastique et d’horreur qui confirme la singularité du cinéaste. Il est certain qu’avec son style si particulier, qui fait continuellement le yoyo entre une froideur souvent glaciale et un humour très sombre, The Monkey, qui rappelons-le avait été publié en 1985 dans le recueil Brume, et même avant cela en 1980 dans le magazine Gallery, ne plaira pas à tout le monde. Et c’est tant mieux, car comme Longlegs, The Monkey n’a rien du produit standardisé et fabriqué à la chaîne. Véritable film d’auteur, cet opus ne cesse d’étonner à chaque scène, assume pleinement sa nature de série B titillant le genre Z. Le film offre aux spectateurs de savoureux moments gores, mais toujours marqués par une ironie singulière, comme si Oz Perkins nous disait chaque fois « Je vous ai encore bien eu hein ? », et cela jusqu’à la toute dernière scène. Un vrai train-fantôme à la fois vintage et avant-gardiste.
LA FURIE DES VAMPIRES (La Noche de Walpurgis) réalisé par León Klimovsky, disponible en Édition Collector Blu-ray + 2 DVD + Livret le 13 février 2025 chez Rimini Éditions.
Acteurs : Paul Naschy, Gaby Fuchs, Barbara Capell, Patty Shepard, Andrés Resino, Yelena Samarina, Julio Peña, José Marco…
Scénario : Paul Naschy & Hans Munkel
Photographie : Leopoldo Villaseñor
Musique : Antón García Abril
Durée : Version courte (1h24) & Version longue non censurée (1h31)
Date de sortie initiale : 1971
LE FILM
Deux étudiantes en sciences occultes sont à la recherche du tombeau de la comtesse Wandesa, personnage du Moyen-Âge soupçonnée de vampirisme. Égarées en pleine campagne, elles sont accueillies dans la demeure isolée du comte Waldemar Daninsky, condamné à se transformer en loup-garou depuis qu’il a été lui-même mordu.
Jacinto Molina, plus connu son nom d’artiste Paul Naschy (1934-2009), ancien haltérophile et catcheur de renom, est fasciné par le cinéma de genre et voue un culte aux films de momies, de vampires, de savants fous et autres créatures mythiques ayant fait le bonheur des studios Universal dans les années 30-40. Il décide de devenir comédien puis en vient à écrire des histoires d’épouvante. Sans le savoir, il vient de créer un nouveau courant au sein d’une production cinématographique espagnole sur le déclin, au point d’en devenir une véritable figure emblématique grâce au succès inattendu des Vampires du Docteur Dracula – La Marca del Hombre lobo en 1968, qui lance alors l’Age d’or du cinéma fantastique ibérique. Il y incarne le Comte loup-garou Waldemar Daninsky dont il reprendra le costume et les prothèses velues dans une douzaine de longs-métrages jusqu’en 2004. La Furie des vampires – La Noche de Walpurgis est la quatrième « aventure » de ce lycanthrope, après Les Vampires du Docteur Dracula – La Marca del hombre lobo, (1968), Les Nuits du loup-garou – Las Noches del Hombre Lobo (1968, que seul Paul Naschy évoquait, puisque le film n’a jamais pu être retrouvé) et Dracula contre Frankenstein – Los Monstruos del terror (1970). Rétrospectivement, La Furie des vampires est encore considéré comme l’un des meilleurs opus de cette « saga ». Il est réalisé par l’argentin León Klimovsky (1906-1996), qui signera aussi l’épisode suivant (Dr. Jekyll y el Hombre Lobo), metteur en scène de quelques westerns (Le Colt du révérend avec Guy Madison, Quelques dollars pour Django avec Anthony Steffen), qui s’essaye au film d’épouvante dans cette production germano-espagnole. Paul Naschy y reprend donc son rôle le plus emblématique et cosigne aussi le scénario, comme sur le précédent. On reprend là où les choses s’étaient arrêtées (ce qui ne sera pas toujours le cas), mais cela ne perturbera pas trop les spectateurs qui ne sauraient pas ce qui s’est déroulé juste avant. La Furie des vampires peut se voir indépendamment et demeure un formidable spectacle, solidement interprété par un Paul Naschy (bien grimé) très impliqué et souvent ponctué par d’étonnantes idées formelles, malgré un manque de moyens qui se fait ressentir. Mais cela contribue au charme qui se dégage encore et toujours de ce film d’exploitation fait avec le coeur (sans pieu qui le traverse) par un des plus grands représentants européens du genre.