Test 4K UHD / Le Jour de la bête, réalisé par Álex de la Iglesia

LE JOUR DE LA BÊTE (El día de la bestia) réalisé par Álex de la Iglesia, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 22 novembre 2021 chez Extralucid Films.

Acteurs : Alex Angulo, Armando De Razza, Santiago Segura, Terele Pavez, Nathalie Seseña, Maria Grazia Cucinotta, Gianni Ippoliti, Saturnino García…

Scénario : Jorge Guerricaechevarria & Álex de la Iglesia

Photographie : Flavio Martínez Labiano

Musique : Battista Lena

Durée : 1h44

Année de sortie : 1995

LE FILM

L’Espagne est sur le point de fêter Noël. Un prêtre théologien découvre avec effarement que l’Antéchrist verra le jour avant l’aube.

Il n’y a qu’à lire le résumé et situer le pitch en Espagne pour se dire que le réalisateur Álex de la Iglesia (né en 1965) ne doit pas être bien loin. Le Jour de la bêteEl día de la bestia est en effet son second long-métrage, le film essentiel pour comprendre son cinéma, celui par lequel le succès international est arrivé et qui allait donner le feu vert à toute une génération de cinéastes ibériques, qui rongeaient leur frein, en attendant que le genre soit enfin reconnu dans leur pays. Revoir Le Jour de la bête aujourd’hui, c’est (re)découvrir une pierre angulaire du thriller horrifique espagnol, qui s’appuyaient sur certains codes aussi anciens que le cinéma, mais mis au goût du jour, nourri de névroses propres à la fin du XXè siècle, d’une accumulation d’hypocrisie, de vulgarité, de mensonges, avec l’explosion du repli sur soi, bien avant l’avènement des réseaux sociaux et des chaînes d’infos en continu. Le jour de la bête s’avère encore un défouloir hors-normes près de trente ans après sa sortie. Magistralement mis en scène, bourré d’imaginations, foutraque sans doute, mais redoutablement intelligent et aussi génialement interprété, El día de la bestia est toujours un remède idéal contre la morosité.

Le prêtre Ángel Beriartúa a décodé l’Apocalypse de Jean et est parvenu à déterminer le jour de la naissance de l’Antéchrist. Selon ce message, l’Antéchrist naîtra le 25 décembre 1995 à Madrid, où débute une vague de vandalisme et de criminalité. En revanche, il ignore tout du lieu où il viendra au monde. Convaincu qu’il faut arrêter cette naissance satanique, le prêtre se joint à un fan de death metal, José Maria, pour essayer, par tous les moyens, de trouver où l’événement aura lieu. Il va donc tout mettre en œuvre pour le découvrir, en cherchant à s’attirer les faveurs du Diable. Dans un Madrid survolté, il va s’efforcer d’obtenir la collaboration du « professeur Cavan », un charlatan vedette d’une émission de télévision.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Le Jour de la bête, réalisé par Álex de la Iglesia »

Test 4K UHD / Les Trois Visages de la peur, réalisé par Mario Bava

LES TROIS VISAGES DE LA PEUR (I tre volti della paura) réalisé par Mario Bava, disponible en Blu-ray et combo Blu-ray – 4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Michèle Mercier, Lidia Alfonsi, Boris Karloff, Susy Andersen, Jacqueline Pierreux, Milly Monti, Gustavo De Nardo, Mark Damon, Massimo Righi…

Scénario : Marcello Fondato, Alberto Bevilacqua & Mario Bava

Photographie : Ubaldo Terzano

Musique : Roberto Nicolosi

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Le film est composé de trois sketches qui, chacun, mettent en scène une situation horrifique. Trois histoires :

«Le Téléphone». Rosy, une prostituée, décroche le téléphone. Au bout du fil, une voix mystérieuse lui annonce qu’elle va bientôt mourir. Les appels se succèdent et Rosy, désemparée, ne sait pas si elle doit croire les dires de cette voix d’outre-tombe.

«Les Wurdalaks». Vladimir d’Urfe, un voyageur, parcourt à cheval une campagne slave d’un autre siècle. Il tombe sur le cadavre d’un homme, le coeur transpercé par une épée.

«La Goutte d’eau». Miss Chester, une infirmière, est appelée en pleine nuit dans la demeure d’une malade qui vient de mourir. Alors que l’orage gronde, elle fait la toilette de la défunte et lui subtilise la bague qu’elle a au doigt…

De l’avis de ses très nombreux admirateurs à travers le monde, Les Trois visages de la peurI Tre Volti Della Paura (ou Black Sabbath pour son exploitation anglo-saxonne) est le meilleur long-métrage réalisé par Mario Bava (1914-1980). Si cela restera forcément sujet à débat, ce film à sketches demeure sans aucun doute la pièce centrale de sa filmographie, celle à travers laquelle le cinéaste bifurque définitivement vers le genre horrifique dont il deviendra l’un des maîtres absolus et définitifs. Les Trois visages de la peur, c’est comme qui dirait le rond-point de la carrière du réalisateur, où Mario Bava profite de ses trois segments pour théoriser l’épouvante au cinéma, à travers trois approches et ambiances distinctes, et pourtant imbriquées et évidentes. Trois ans après Le Masque du démonLa Maschera del demonio, le film pour lequel il était pour la première fois crédité au générique et seul aux manettes, le maestro s’impose en cette année 1963 avec trois œuvres qui reflètent le tournant de sa carrière avec La Fille qui en savait tropLa Ragazza che sapeva troppo, Les Trois visages de la peur, puis Le Corps et le FouetLa Frusta e il corpo. Le gore, le giallo, le thriller moderne transalpin apparaissent et se lieront l’année suivante dans le « capolavoro » Six femmes pour l’assassinSei donne per l’assassino. C’est dire l’importance des Trois visages de la peur, non seulement dans le cinéma italien, mais aussi et surtout dans le genre horrifique au cinéma !

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Les Trois Visages de la peur, réalisé par Mario Bava »

Test 4K UHD / Sherlock Holmes : Jeu d’ombres, réalisé par Guy Ritchie

SHERLOCK HOLMES : JEU D’OMBRES (Sherlock Holmes: A Game of Shadows) réalisé par Guy Ritchie, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray le 16 septembre 2020 chez Warner Bros. Entertainment France.

Acteurs : Robert Downey Jr., Jude Law, Noomi Rapace, Rachel McAdams, Jared Harris, Stephen Fry…

Scénario : Michele Mulroney & Kieran Mulroney d’après les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle

Photographie : Philippe Rousselot

Musique : Hans Zimmer

Durée : 2h08

Année de sortie : 2011

LE FILM

Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir…
Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty.

Avec plus de 200 millions de dollars récoltés sur le sol de l’Oncle Sam et plus de 300 millions dans le reste du monde, un second épisode des aventures de Sherlock Holmes était forcément attendu et ne s’est pas fait attendre. Deux ans plus tard, débarquait sur les écrans Sherlock Holmes : Jeu d’ombresSherlock Holmes: A Game of Shadows. On prend les mêmes – des deux côtés de la caméra – et on recommence ? Certes. Sauf que ce deuxième opus s’avère une franche réussite où l’humour complètement décalé fonctionne à plein régime, comme si Guy Ritchie, conforté par le succès du premier film, avait enfin pu y aller à fond dans le nawak et la relation gay friendly qui unit Holmes et Watson. Contrairement à Sherlock Holmes premier du nom, ce Jeu d’ombres voit les deux héros traverser l’Europe, ce qui donne à l’enquête un côté road movie très plaisant, d’autant plus qu’ils sont accompagnés cette fois par une certaine Madame Simza Heron, interprétée par la géniale Noomi Rapace, qui participe à l’action, complète parfaitement le tandem et qui ne sera pas de trop face au professeur Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes. Tout cela pour dire que Sherlock Holmes : Jeu d’ombres met réellement les bouchées doubles et une fois n’est pas coutume s’avère une suite qui surpasse (et de loin) le premier opus.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Sherlock Holmes : Jeu d’ombres, réalisé par Guy Ritchie »

Test 4K UHD / Les Goonies, réalisé par Richard Donner

LES GOONIES (The Goonies) réalisé par Richard Donner, disponible en Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Goodies le 16 septembre 2020 chez Warner Bros. Entertainment France.

Acteurs : Sean Astin, Josh Brolin, Jeff Cohen, Corey Feldman, Martha Plimpton, Jonathan Ke Quan, Kerri Green, Joe Pantoliano, Robert Davi, Anne Ramsey, John Matuszak…

Scénario : Chris Columbus d’après une histoire originale de Steven Spielberg

Photographie : Nick McLean

Musique : Dave Grusin

Durée : 1h50

Année de sortie : 1985

LE FILM

Avec leurs amis, Choco, Data et Bagou, Mikey et Brand Walsh forment la bande des Goonies. Mais la maison de leurs parents va être saisie et les deux frères vont devoir quitter le quartier et leurs copains. En fouillant dans le grenier familial, ils font une découverte qui leur rend l’espoir : une carte de pirate indiquant l’emplacement d’un trésor. Le découvrir empêcherait la saisie de la maison.

Tout le monde ou presque connaît Mikey, Brand, Choco, Bagou, Andy, Steph, Data, mais aussi les Fratelli, la mère et ses trois rejetons, Jake, Francis et Lotney, alias Sinok. C’est un film doudou, celui que vous sortez de votre trousse à pharmacie quand vous n’allez pas bien, celui qui vous fait un petit truc dans le ventre quand vous entendez la chanson The Goonies ‘R’ Good Enough de Cyndi Lauper ou le thème principal de Dave Grusin, celui qui vous ramène à votre propre enfance quand vous regardiez le film sur La Cinq et que vous refaisiez des scènes avec vos potes dans la cour de récré. Les GooniesThe Goonies a déjà 35 ans et demeure l’une des plus grandes aventures créées pour les enfants (les petits comme les grands que nous sommes désormais), par un trio magique, Richard Donner à la mise en scène, Steven Spielberg à la production (mais également auteur de l’histoire originale et même réalisateur de seconde équipe) et Chris Colombus au scénario. Il en résulte un chef d’oeuvre miraculeux qui a marqué plusieurs générations de spectateurs, qui continue à faire de nouveaux adeptes, qui passe les années (les décennies) sans prendre de rides et qui reste emblématique des productions Amblin des années 1980. Et c’est un immense bonheur absolu de se laisser entraîner chaque fois dans cette chasse au trésor en compagnie de cette bande de gosses qu’on a quasiment tous rêvé de rejoindre dans leurs péripéties.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Les Goonies, réalisé par Richard Donner »

Test 4K Ultra-HD / Les Charnelles, réalisé par Claude Mulot

LES CHARNELLES réalisé par Claude Mulot, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Anne Libert, Francis Lemonnier, Patrick Penn, Barbara Sommers, Georges Guéret, Karin Meier, Katia Tchenko, Robert Lombard…

Scénario : Claude Mulot, Jean-Paul Guibert

Photographie : Jacques Assuerus

Musique : Eddie Vartan

Durée : 1h27

Année de sortie : 1974

LE FILM

Benoît, un fils de « bonne famille » est violent, impuissant et voyeur. Traumatisé depuis son enfance par une belle-mère exhibitionniste et un père insensible, le jeune homme bascule peu à peu dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable.

Lors de notre chronique consacrée à l’édition 4K UHD de La Rose écorchée, nous avions présenté Claude Mulot ainsi : Nourri au cinéma de genre, cinéphage, le réalisateur Claude Mulot (1942-1986) aura réussi à marquer les spectateurs passionnés par les films Bis en une poignée de longs métrages d’exploitation. Egalement connu sous le pseudonyme Frédéric Lansac (nom repris du personnage principal de La Rose écorchée) par les plus polissons d’entre nous avec ses œuvres intitulées Les Charnelles (1974), Le Sexe qui parle (1975) ou bien encore La Femme-objet (1981) avec la sublimissime Marilyn Jess, Claude Mulot démarre sa carrière en 1968 avec la comédie coquine Sexyrella. Mais c’est en 1970 qu’il signe ce qui restera son chef d’oeuvre, La Rose écorchée, un film d’épouvante imprégné de l’oeuvre de Georges Franju, Les Yeux sans visage, mais aussi du cinéma gothique transalpin et même des opus de la Hammer. Sans oublier une petite touche de Psychose d’Alfred Hitchcock. Merveille visuelle et animée par un amour incommensurable pour le septième art, La Rose écorchée est aujourd’hui considérée comme une pierre angulaire du cinéma de genre hexagonal, qui a aussi révélé une magnifique comédienne, Annie Duperey. Le scénariste et complice de Max Pécas sur le très beau Je suis une nymphomane (1971), puis sur les films estampillés « Dimanche soir sur M6 » Embraye bidasse… ça fume (1978), On est venu là pour s’éclater (1979), Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu (1980) et On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (1987) a toujours continué sur sa lancée du cinéma de genre, notamment avec le remarquable La Saignée (1971), étonnant thriller dramatique, percutant, sombre, pessimiste, où le cinéaste confirmait sa virtuosité. En 1973, changement de cap vers la comédie d’aventures, Profession : aventuriers. C’est l’année suivante que Claude Mulot devient Frédéric Lansac pour réaliser Les Charnelles ou Les Émotions secrètes d’un jeune homme de bonne famille, drame très érotique situé à mi-chemin entre l’étude de mœurs et psychologique qu’affectionnait le cinéaste, et le cinéma pornographique qu’il abordera frontalement peu de temps après. C’est un film qui a le cul entre deux chaises, ou filmé plein cadre quand les jolies demoiselles se trémoussent, se déshabillent ou copulent sur le même (et excellent) thème musical du génial Eddie Vartan. Les Charnelles demeure une curiosité puisque bien que répondant au cahier des charges (ou « décharge » c’est selon) du cinéma érotique alors en plein boum, les personnages, notamment celui campé par le très bon Francis Lemmonier ne sont pas oubliés ou vides, mais toujours ambigus et intéressants. Le parfait équilibre entre le cinéma d’auteur (parfois à la limite de l’expérimental lors de la baise psychédélique) et le pur cinéma d’exploitation en quelque sorte.

Continuer la lecture de « Test 4K Ultra-HD / Les Charnelles, réalisé par Claude Mulot »

Test 4K Ultra-HD / Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, réalisé par Michel Lemoine

LES WEEK-ENDS MALÉFIQUES DU COMTE ZAROFF réalisé par Michel Lemoine, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Michel Lemoine, Nathalie Zeiger, Howard Vernon, Joëlle Coeur, Martine Azencot, Stéphane Lorry, Robert de Laroche, Sophie Grynholc…

Scénario : Michel Lemoine

Photographie : Philippe Théaudière

Musique : Guy Bonnet

Durée : 1h25

Année de sortie : 1974

LE FILM

D’apparence affable, Boris Zaroff est un homme d’affaires passablement tourmenté, héritier d’une lignée d’aristocrates décadents. Zaroff vit dans le domaine ancestral en compagnie de son fidèle majordome, Karl. Lié par un pacte, le serviteur joue les rabatteurs pour son maître, ramenant de magnifiques jeunes femmes au château. Celles-ci seront bientôt les victimes des pulsions sadiques de Zaroff, en proie à de terribles visions où il se voit tourmenté par le fantôme d’une femme qui fut autrefois la maîtresse de son père. Seuls ses jeux pervers l’empêchent de plonger définitivement dans la folie… Jusqu’à quand ?

Comédien et réalisateur, Michel Lemoine (1922-2013) s’est distingué dans les années 1970-1980 avec des films aux titres évocateurs tels que Les Chiennes / Le Manoir aux louves, Viens, je suis chaude, Cuissardes, Les Confidences érotiques d’un lit trop accueillant, Langues profondes, Alice… tu glisses, Prenez moi !, Ardeurs perverses, L’été les petites culottes s’envolent, Slips fendus et porte-jarretelles. Un beau programme quoi. Passionné par le cinéma de genre, il est d’ailleurs apparu devant les caméras de Duccio Tessari (Una voglia da morire, 1964), Mario Bava (Arizona Bill, 1964), Antonio Margheriti (I criminali della galassia et I diafanoidi vengono da Marte, sortis en 1966), Sergio Sollima (Agent 3S3, massacre au soleil, 1965) et Jesús Franco (Les Yeux verts du diable, 1968), Michel Lemoine se distingue dans le genre érotique. José Bénazéraf (1922-2012) sera d’ailleurs un catalyseur dans sa carrière puisqu’il le dirigera dans L’Éternité pour nous / Le Cri de la chair (1962), Le Concerto de la peur / La Drogue du vice (1963) et Joe Caligula (1966). Il se décide à passer lui-même derrière la caméra. Pour son premier coup d’essai, Comme il est court le temps d’aimer (1970), il n’est pas crédité à la mise en scène, au même titre que son confrère Jean-François Davy, et le film sera signé Pier A. Caminnecci. En revanche, Les Désaxées (1972) est officiellement sa première réalisation, largement inspirée de sa propre vie, film dans lequel il donne la réplique à son épouse Janine Reynaud. Après s’être fait la main (et quelques nanas à l’écran), Michel Lemoine peut enfin mettre en route le film fantastique qu’il avait longtemps imaginé, Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, connu sous le titre Sept filles pour un sadique, et Seven Women for Satan pour son exploitation internationale. Tourné entre Les Petites Saintes y touchent, également connu sous le titre Jeunes filles en extase (1974) et Tire pas sur mon collant (1978), l’érotisme possède une place prépondérante dans cette série B tournée en 13 jours avec un budget dérisoire, mais l’ensemble se tient car irrigué par un amour contagieux pour l’épouvante avec quelques scènes bien gratinées où le sang coule sur les poitrines des belles donzelles, toujours prêtes à tomber sous le charme de ce mystérieux Boris Zaroff.

Continuer la lecture de « Test 4K Ultra-HD / Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, réalisé par Michel Lemoine »

Test 4K Ultra-HD / Gwendoline, réalisé par Just Jaeckin

GWENDOLINE réalisé par Just Jaeckin, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Tawny Kitaen, Brent Huff, Zabou Breitman, Bernadette Lafont, Jean Rougerie, Roland Amstutz, Stanley Capoul, André Julien…

Scénario : Just Jaeckin

Photographie : André Domage

Musique : Pierre Bachelet

Durée : 1h45

Année de sortie : 1984

LE FILM

Décidée à retrouver son père disparu, parti en quête d’un papillon rare, Gwendoline se lance à sa recherche avec l’aide de Beth, sa demoiselle de compagnie. Parvenues dans un port malfamé de Chine, les deux jeunes femmes sont kidnappées par des truands, puis libérées par un aventurier nommé Willard. Ce dernier accepte alors d’accompagner Gwendoline et Beth dans un long périple qui les conduira jusqu’à la mystérieuse contrée de Yik-Yak. Là-bas, au cœur d’un volcan, une reine cruelle et tyrannique dirige d’une main de fer une armée d’amazones…

Just Jaeckin. Quand on évoque ce réalisateur, les spectateurs et cinéphiles pensent immédiatement à son triomphe international, Emmanuelle, son premier long métrage sorti en 1974. Cette adaptation du roman d’Emmanuelle Arsan aura rassemblé près de neuf millions spectateurs sur plusieurs années rien que sur le sol français et aurait amassé près de cent millions de dollars à travers le monde. Difficile de s’en remettre et surtout de trouver d’autres sujets pour se démarquer d’un genre qui a fait de vous un cinéaste en vue ou au contraire un paria. Né en 1940, Just Jaeckin aura beau devenir l’un des réalisateurs de publicités les plus prolifiques, son nom restera à jamais lié au cinéma érotique, avec également Histoire d’O (1975), Madame Claude (1977) et L’Amant de Lady Chatterley (1981) pour lequel il retrouvait Sylvia Kristel. S’ils sont complètement méconnus en France, Le Dernier Amant romantique (1978) et Girls (1980) lui permettaient de s’éloigner de l’érotisme pur jus et de mettre en exergue une sensibilité que certains diront inattendue. Dans sa filmographie, Collections privées (1979) demeure à part car constitué de trois sketches, un réalisé par Just Jaeckin, les deux autres par Walerian Borowczyk et Shûji Terayama. Le cinéaste livre en 1984 son dernier opus cinématographique à ce jour, Gwendoline. Comédie d’aventure avec quelques touches coquines et teintée d’action, cette libre adaptation de la bande dessinée fétichiste Adventures of Sweet Gwendoline de John Willie reste un immense divertissement dans lequel Just Jaeckin démontre tout ce qu’il a sous le capot. Comme s’il était enfin débarrassé de l’étiquette « metteur en scène d’Emmanuelle », le réalisateur se permet les plus grandes et les plus belles folies, avec une légèreté et une insouciance absolument jubilatoires. Injustement qualifié de nanar par une partie des spectateurs, Gwendoline est pourtant une série B de luxe à la mise en scène élégante, aux décors dingues et soignés, au rythme soutenu et qui assume totalement son côté nawak, surtout durant la dernière partie où Just Jaeckin ose et expérimente au risque d’en décontenancer plus d’un. Le spectateur qui acceptera d’emblée le postulat de départ, se laissera facilement entraîner dans ces quelques aventures étonnantes et imprévisibles où se démarquent notamment Zabou Breitman, qui vole la vedette et participe à la belle réussite de Gwendoline.

Continuer la lecture de « Test 4K Ultra-HD / Gwendoline, réalisé par Just Jaeckin »

Test 4K-UHD / Jumanji : Next Level, réalisé par Jake Kasdan

JUMANJI : NEXT LEVEL réalisé par Jake Kasdan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K-UHD le 27 mai 2020 chez Sony Pictures.

Acteurs : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Jack Black, Karen Gillan, Danny DeVito, Danny Glover, Ashley Scott, Awkwafina, Rhys Darby, Nick Jonas, Rory McCann…

Scénario : Jake Kasdan, Jeff Pinkner, Scott Rosenberg

Photographie : Gyula Pados

Musique : Henry Jackman

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

L’équipe est de retour mais le jeu a changé. Alors qu’ils retournent dans Jumanji pour secourir l’un des leurs, ils découvrent un monde totalement inattendu. Des déserts arides aux montagnes enneigées, les joueurs vont devoir braver des espaces inconnus et inexplorés, afin de sortir du jeu le plus dangereux du monde.

Il fallait s’y attendre après quasiment un milliard de dollars amassés au box-office, le triomphe inattendu de Jumanji : Bienvenue dans la jungle a immédiatement engrangé une suite, soit un Jumanji 3, intitulé cette fois et logiquement Jumanji : Next Level. Même réalisateur à la barre, Jake Kasdan, les mêmes stars en tête d’affiche, Dwayne – The Rock – Johnson, Jack Black, Kevin Hart et Karen Gillan, auxquels se joignent les vétérans Danny De Vito et Danny Glover, ainsi que la rappeuse, actrice et animatrice de télévision, l’excellente Awkwafina. Sans oublier le jeune casting, quelques personnages et avatars déjà vus dans le précédent volet, et voilà c’est reparti pour un tour ! Si le début laisse perplexe et fait surtout peur en raison de redites, parfois à la réplique près, avec Jumanji : Bienvenue dans la jungle, Jake Kasdan et ses scénaristes passent ensuite la vitesse supérieure et Jumanji : Next Level parvient à trouver un ton suffisamment original, tout en prolongeant l’histoire narrée précédemment. Avec son budget plus conséquent, près de cinquante millions de dollars ont été mis en plus dans la balance par rapport à Bienvenue dans la jungle, l’univers de Jumanji s’agrandit, se peuple de nouvelles et de multiples bestioles en tout genre, les décors se développent, les séquences d’action sont encore plus invraisemblables (mais vous êtes dans un jeu vidéo, ne l’oubliez pas), l’humour y est encore plus présent et les comédiens s’éclatent avec une joie absolument contagieuse. Jumanji : Next Level est donc un énorme divertissement, pour les petits et les grands, réussi haut la main.

Continuer la lecture de « Test 4K-UHD / Jumanji : Next Level, réalisé par Jake Kasdan »

Test 4K Ultra-HD / Haute sécurité, réalisé par John Flynn

HAUTE SÉCURITÉ (Lock Up) réalisé par John Flynn, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition boîtier SteelBook le 2 octobre 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Sylvester Stallone, Donald Sutherland, John Amos, Darlanne Fluegel, Sonny Landham, Tom Sizemore, Frank McRae, William Allen Young…

Scénario : Richard Smith, Jeb Stuart, Henry Ronsenbaum

Photographie : Donald E. Thorin

Musique : Bill Conti

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1989

LE FILM

Détenu à la prison de Norwood, Frank Leone n’a plus que six mois à faire avant de sortir. Il organise déjà son avenir avec son adorable femme, Melissa. Mais, de retour d’une permission, Frank est brutalement transféré au pénitencier de Gateway. Il y retrouve son vieil ennemi, Drumgoole, un directeur de prison sadique et brutal qui a, de plus, une revanche à prendre sur Leone.

Ancien assistant de Robert Wise et de John Sturges, John Flynn (1932-2007) passe à la mise en scène en 1968 avec Le Sergent dans lequel il dirige Rod Steiger. Voulant adapter un roman de Donald Westlake – Richard Stark au cinéma, il voit son rêve se concrétiser grâce à la MGM et transpose en 1973 The Outfit, troisième aventure de Parker, publiée en 1963. Un petit polar propre, bien mis en scène et photographié, symbolique du travail bien fait de John Flynn, véritable artisan, excellent technicien et directeur d’acteurs.

Continuer la lecture de « Test 4K Ultra-HD / Haute sécurité, réalisé par John Flynn »

Test 4K Ultra-HD / The Ryan Initiative, réalisé par Kenneth Branagh

THE RYAN INITIATIVE (Jack Ryan: Shadow Recruit) réalisé par Kenneth Branagh, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 5 décembre 2018 chez Paramount Pictures

Acteurs : Chris Pine, Keira Knightley, Kevin Costner, Kenneth Branagh, Lenn Kudrjawizki, Alec Utgoff, Gemma Chan…

Scénario : Adam Cozad, David Koepp d’après les personnages de Tom Clancy

Photographie : Haris Zambarloukos

Musique : Patrick Doyle

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2014

LE FILM

Ancien Marine, Jack Ryan est un brillant analyste financier. Thomas Harper le recrute au sein de la CIA pour enquêter sur une organisation financière terroriste.
Cachant la nature de cette première mission à sa fiancée, Jack Ryan part à Moscou pour rencontrer l’homme d’affaires qu’il soupçonne d’être à la tête du complot.
Sur place, trahi et livré à lui-même, Ryan réalise qu’il ne peut plus faire confiance à personne. Pas même à ses proches.

Voilà plus de dix ans que Jack Ryan n’avait pas eu les honneurs du grand écran. En dépit de son bon accueil critique et de son succès commercial indéniable en 2002, La Somme de toutes les peursThe Sum of all fears de Phil Alden Robinson n’a pas donné suite et Ben Affleck n’a jamais remis le costume de Jack Ryan. Détentrice des droits des romans de Tom Clancy, la Paramount décide de remettre l’agent de la CIA sur le devant de la scène à travers un reboot de la franchise inaugurée en 1990 par John McTiernan avec A la poursuite d’Octobre Rouge et Alec Baldwin dans le rôle de l’analyste, qui a ensuite connu ses lettres de noblesse à travers Jeux de guerre (1992) et Danger immédiat (1994) de Philip Noyce, avec Harrison Ford dans le rôle de Jack Ryan. Pour interpréter le nouveau Jack Ryan au cinéma, le studio aura misé sur l’excellent Chris Pine, impeccable dans la peau du héros malgré-lui et qui apporte au personnage une grande sensibilité. Mis en scène par Kenneth Branagh, qui s’octroie également le rôle du méchant russe, The Ryan Initiative, titre « français » de Jack Ryan : Shadow Recruit, est un petit film d’espionnage très sympa, certes anecdotique, mais bien troussé et aux personnages attachants.

Jack Ryan est donc rajeuni à l’occasion de ce reboot. Dans cette optique, le prologue montre rapidement le personnage encore étudiant en économie à Londres, apprenant en direct avec ses camarades l’effondrement des tours du World Trade Center suite aux attentats revendiqués par Oussama ben Laden. Suite à cet événement, Jack Ryan laisse tomber ses études et s’engage chez les Marines. Il est envoyé en Afghanistan, où il est victime d’une attaque en hélicoptère. Rescapé in extremis après avoir sauvé ses deux compagnons, Jack Ryan, très gravement blessé est ensuite hospitalisé et subit des mois de rééducation. Il rencontre l’infirmière Cathy, dont le charme ne le laisse pas insensible, ainsi qu’un certain William Harper, qui lui propose de devenir un agent de la CIA sous couverture. Le jeune homme accepte. Dix ans plus tard, Jack Ryan travaille à New York dans le milieu boursier. En réalité, il est chargé de traquer les sources de financement du terrorisme. Lors d’un contrôle « de routine », il découvre un complot russe, mené par l’industriel Viktor Cherevin, dont le but est de détruire l’économie américaine en profitant d’une attaque terroriste d’envergure. Contre toute attente, il est lui-même chargé de se rendre à Moscou, afin d’y rencontrer personnellement Cherevin. Installé derrière son écran depuis des années, Jack Ryan est dépêché sur le terrain pour la première fois de sa vie. Il doit également trouver un alibi pour convaincre sa compagne Cathy, qui ignore sa double-vie, de son départ en « voyage d’affaires ».

Suite au triomphe de Thor en 2011, Kenneth Branagh a démontré qu’il pouvait délaisser Shakespeare – même si certains pourraient voir une dimension propre au poète chez le super-héros, écrivain et dramaturge britannique – et tenir un budget conséquent à Hollywood. Il s’acquitte fort honorablement de ce reboot consacré aux aventures de Jack Ryan. Son film n’a pas pour vocation de rivaliser avec James Bond, Jason Bourne et encore moins Ethan Hunt, mais mine de rien son personnage est beaucoup plus humain et attachant. Le metteur en scène d’Henry V (1989), Peter’s Friends (1992), Beaucoup de bruit pour rien (1993), Frankenstein (1994), Hamlet (1996), a l’air de s’amuser avec les moyens mis à sa disposition, ici un budget de 60 millions de dollars.

The Ryan Initiative n’est pas la transposition d’un roman de Tom Clancy, mais en reprend uniquement le personnage principal et ce qui l’entoure, afin de le replacer dans un contexte plus contemporain. On doit essentiellement le scénario à l’excellent David Koepp (Jurassic Park, L’Impasse) qui a su réinterpréter la psychologie de Jack Ryan pour la remettre au goût du jour. The Ryan Initiative se suit sans aucun déplaisir. Le rythme est enlevé, les rebondissements nombreux, la musique de Patrick Doyle est très bonne et Chris Pine est à son affaire. Si l’on pourra déplorer les éternelles grimaces de Keira Knightley, le couple fonctionne très bien, tout comme l’alchimie entre l’acteur principal et le grand Kevin Costner, toujours la classe, qui avait décliné le rôle de Jack Ryan pour A la poursuite d’Octobre Rouge pour se consacrer à Danse avec les loups. Quant à Kenneth Branagh, il campe un badguy à l’accent russe amusant, tout en étant capable de faire perdre tous ses moyens à son adversaire d’un simple regard.

Dommage que le montage très cut dénature les quelques séquences agitées comme l’affrontement dans la chambre d’hôtel ou lors du final. Mais peu importe, car le divertissement est assuré du début à la fin. A sa sortie, The Ryan Initiative ne rentabilise pas son budget sur le sol américain avec seulement 50 millions de dollars de recette. L’exploitation à l’étranger rattrape le coup et le film parvient finalement à engranger 135 millions de dollars au final. Cela semblait peu pour la Paramount puisqu’une suite qui avait été envisagée dans l’espoir d’une nouvelle franchise, ne verra finalement pas le jour. Il faudra attendre quatre ans pour que Jack Ryan fasse son retour, mais à la télévision, sous les traits de John Krasinski, dont la saison 2 est attendue cette année.


 

LE 4K UHD

Quatre ans après son arrivée dans les bacs en DVD et Blu-ray, The Ryan Initiative débarque dans les bacs en 4K UHD, forcément toujours chez Paramount Pictures. Cette nouvelle édition se compose de deux disques, le 4K d’un côté et le Blu-ray traditionnel de l’autre. Pour ce test, seule l’édition UHD a été envoyée par l’éditeur, galette sur laquelle nous ne trouvons que le commentaire audio. Les scènes coupées & versions longues commentées et toutes les featurettes promotionnelles se trouvent sur l’autre disque. Le menu principal est fixe sur l’excellent thème principal de Patrick Doyle.

The Ryan Initiative est un très bon divertissement. Si vous avez pensé la même chose du film, alors prolongez ce petit plaisir en écoutant le commentaire audio de Kenneth Branagh, accompagné du producteur Lorenzo di Bonaventura. Ce dernier, grand manitou de la franchise Transformers et du diptyque G.I. Joe, est visiblement fier du résultat et complice avec le réalisateur. Les deux hommes instaurent un vrai dialogue autour de Jack Ryan et de son univers. Kenneth Branagh évoque ses intentions et partis pris, mais aussi le travail des comédiens, les lieux de tournage (Londres et sa périphérie en guise de Russie), la rigueur du scénario et bien d’autres éléments qui font de ce commentaire un excellent moment, à la fois divertissant et informatif.

L’Image et le son

The Ryan Initative est un des films les plus récents du catalogue Paramount. Pas étonnant que son apparition en 4K UHD surpasse en tout point le Blu-ray édité en 2014. Ce qui éblouit ici ce sont les couleurs avec de splendides couchers de soleil, le reflet des parois vitrées, la profondeur de champ (superbe cadre large), jusqu’au regard scintillant de Chris Pine et les points noirs sur le nez de Keira Knightley. Tourné « à l’ancienne » en 35mm, le grain argentique est présent, fin, très élégant. Les contrastes affichent une solidité jamais démentie, la luminosité des scènes diurnes, notamment la partie new-yorkaise, est assez dingue, tout comme les plans dans les montagnes d’Afghanistan ou les quelques vues d’ensemble sur Londres et Moscou. Les détails foisonnent, la texture des vêtements se fait palpable, le piqué est aiguisé comme la lame d’un scalpel.

Doit-on parler de la piste française Dolby Digital 5.1 ? Qui plus est sur une galette 4K UHD ? Non, certainement pas, d’autant plus quand on trouve en face d’elle une version originale DTS-HD Master Audio 7.1 ! Alors, aux oubliettes la langue de Molière avec son mixage obsolète et place au grand spectacle acoustique ! Et de ce point de vue nous sommes gâtés avec quelques séquences agitées, comme la poursuite dans les rues de Moscou, ou bien la scène finale à New-York. Les dialogues sont imposants, les latérales créent une spatialisation digne de nom, les basses sont percutantes (l’explosion en Afghanistan) et les latérales rivalisent d’effets.

Crédits images : © Paramount Pictures France / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr