Test 4K UHD / Les Goonies, réalisé par Richard Donner

LES GOONIES (The Goonies) réalisé par Richard Donner, disponible en Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Goodies le 16 septembre 2020 chez Warner Bros. Entertainment France.

Acteurs : Sean Astin, Josh Brolin, Jeff Cohen, Corey Feldman, Martha Plimpton, Jonathan Ke Quan, Kerri Green, Joe Pantoliano, Robert Davi, Anne Ramsey, John Matuszak…

Scénario : Chris Columbus d’après une histoire originale de Steven Spielberg

Photographie : Nick McLean

Musique : Dave Grusin

Durée : 1h50

Année de sortie : 1985

LE FILM

Avec leurs amis, Choco, Data et Bagou, Mikey et Brand Walsh forment la bande des Goonies. Mais la maison de leurs parents va être saisie et les deux frères vont devoir quitter le quartier et leurs copains. En fouillant dans le grenier familial, ils font une découverte qui leur rend l’espoir : une carte de pirate indiquant l’emplacement d’un trésor. Le découvrir empêcherait la saisie de la maison.

Tout le monde ou presque connaît Mikey, Brand, Choco, Bagou, Andy, Steph, Data, mais aussi les Fratelli, la mère et ses trois rejetons, Jake, Francis et Lotney, alias Sinok. C’est un film doudou, celui que vous sortez de votre trousse à pharmacie quand vous n’allez pas bien, celui qui vous fait un petit truc dans le ventre quand vous entendez la chanson The Goonies ‘R’ Good Enough de Cyndi Lauper ou le thème principal de Dave Grusin, celui qui vous ramène à votre propre enfance quand vous regardiez le film sur La Cinq et que vous refaisiez des scènes avec vos potes dans la cour de récré. Les GooniesThe Goonies a déjà 35 ans et demeure l’une des plus grandes aventures créées pour les enfants (les petits comme les grands que nous sommes désormais), par un trio magique, Richard Donner à la mise en scène, Steven Spielberg à la production (mais également auteur de l’histoire originale et même réalisateur de seconde équipe) et Chris Colombus au scénario. Il en résulte un chef d’oeuvre miraculeux qui a marqué plusieurs générations de spectateurs, qui continue à faire de nouveaux adeptes, qui passe les années (les décennies) sans prendre de rides et qui reste emblématique des productions Amblin des années 1980. Et c’est un immense bonheur absolu de se laisser entraîner chaque fois dans cette chasse au trésor en compagnie de cette bande de gosses qu’on a quasiment tous rêvé de rejoindre dans leurs péripéties.

Astoria, automne 1985. Alors que les terribles Fratelli s’évadent de prison, Bagou, Choco, Data et Mikey, une bande de copains, trouvent dans le grenier de ce dernier une vieille carte au trésor menant au pirate Willy le Borgne. Alors que leur quartier va bientôt être rasé par le promoteur Elgin Perkins pour être remplacé par un terrain de golf, les garçons décident de se mettre à la recherche du butin pour éviter la destruction des maisons. Bientôt rattrapés par Brand, le frère de Mikey, et deux amies, Steph et Andy, les « Goonies », suivant leur carte, arrivent et pénètrent dans un vieux restaurant en bordure de mer sans savoir que l’endroit est déjà occupé par les Fratelli en cavale. S’ensuivra la poursuite de leur aventure souterraine jusqu’au bateau pirate de Willy le Borgne et de son fameux trésor…

Richard Donner tourne Les Goonies entre Ladyhawke, la femme de la nuitLadyhawke et L’Arme fataleLethal Weapon. A son actif, il a déjà La MalédictionThe Omen et surtout Superman, qui rappelons-le est le plus beau film du monde. Un sacré C.V. que le réalisateur se permettra même d’étoffer encore plus dans les années 1990 avec entre autres Maverick (1994) et Assassins (1995) d’après un scénario des sœurs Wachowski et Brian Helgeland. Pour l’heure, Les Goonies est comme le reste de sa filmographie, formidablement mis en scène, magnifiquement photographié par Nick McLean (Short Circuit, La Folle histoire de l’espace), passionnant, interprété par de fabuleux comédiens, bref tout y est culte.

Certains, la plupart même, trouvent ici le rôle de leur vie. S’il lui faudra près de quinze ans pour incarner un autre personnage mythique, celui de Samwise Gamgee dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, Sean Astin reste pour beaucoup Mikey, le leader de la bande des Goonies. Celui dont tout le monde se souvient quand on évoque le film est Bagou (Mouth en version originale), interprété par Corey Feldman, enfant-star des années 1980 qui était apparu dans Gremlins de Joe Dante, puis plus tard dans Stand by me de Rob Reiner, Génération perdue de Joel Schumacher et Les Banlieusards The `burbs de Joe Dante une fois de plus. La suite sera difficile pour le comédien qui enchaînera les séries B voire Z, les problèmes de drogue et d’alcool, les participations à quelques téléréalités, diverses liaisons scandaleuses et une carrière de chanteur minable (précipitez-vous sur le clip Ascension Millennium). Mais son plus grand combat restera celui qu’il mène encore aujourd’hui après avoir dénoncé l’existence d’un réseau pédophile dans le cinéma hollywoodien dont il aurait été victime avec d’autres jeunes acteurs dans les années 1980. Martha Plimpton (Steph) continuera discrètement mais sûrement sa carrière et sera dirigée par Peter Weir (Mosquito Coast), Sidney Lumet (A bout de course), Woody Allen (Une autre femme), Ron Howard (Portrait craché d’une famille modèle), John Waters (Pecker), avant d’écumer les séries télévisées. Kerri Green (Andy) sera la plus discrète, Jeff Cohen (Choco) est devenu un grand avocat spécialisé dans le cinéma, Jonathan Ke Quan (Data), qui venait d’interpréter Demi-Lune dans Indiana Jones et le Temple mauditIndiana Jones and the Temple of Doom de Steven Spielberg deviendra cascadeur. Finalement, seul Josh Brolin fera une grande carrière. Chez les gamins du film du moins, puisqu’on retrouve également Robert Davi et Joe Pantoliano, qui incarnent les deux frères Fratelli. Le dernier de la fratrie, le légendaire Sinok, est campé par John Matuszak, ancien joueur de football américain, qui décédera en 1989 à l’âge de 38 ans des suites d’une overdose.

Sur un rythme trépident, on suit cette bande de gosses et de potes (qui n’hésitent pas à se faire des crasses d’ailleurs) d’Astoria, modeste et paisible cité portuaire de l’Oregon, jusque dans la grotte (les décors sont sublimes) où reposent Willy le Borgne, son navire et son trésor, en passant par les multiples souterrains bourrés de pièges. Les Goonies est une des plus belles, une des plus sensationnelles et inventives évasions proposées pour les enfants dans les années 1980.

L’Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Goodies

Les Goonies a connu moult éditions. En DVD depuis 2002, le film de Richard Donner fait ensuite son apparition en Blu-ray en 2008. Puis, en 2014 sort une Édition Collector Ultime – Blu-ray + DVD + Jeu de société exclusif. Pour fêter le trentième anniversaire du film, Warner présente une édition Blu-ray + Copie digitale – Édition boîtier SteelBook. Suivront une ressortie en édition Blu-ray simple en 2017, puis un nouveau Steelbook en 2018. Et voilà que le 16 septembre 2020 arrive dans les bacs rien de moins qu’une Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Goodies, qui prend la forme d’un superbe coffre au trésor ! Celui-ci contient un boîtier SteelBook inédit contenant le disque 4K ainsi que l’ancien Blu-ray (encodé en VC-1), 5 badges The Goonies, un patch à broder The Goonies et surtout la reproduction de la carte au trésor de Willy le Borgne ! Le menu principal du disque UHD est fixe et musical et ne contient aucun supplément. Les bonus restent bien évidemment présents sur le Blu-ray classique. L’édition 4K + Blu-ray existe aussi en version single.

Le commentaire audio de Richard Donner et des sept Goonies était contre toute attente apparu avec les sous-titres français dès la première édition Blu-ray en 2008. Mais la plus grande surprise était également de pouvoir suivre le commentaire audio – en option – avec quelques apparitions des intervenants, filmés durant l’enregistrement. Un bonus forcément indispensable pour ceux qui comme nous vouent un culte à ce film qui a bercé notre enfance et qui n’a eu de cesse de nous accompagner depuis. Les anecdotes s’enchaînent sans aucun temps mort, les acteurs et Richard Donner se lancent des vannes drôles, tendres et complices. Un très beau et un très bon moment.

Le très court making-of (7’) est un petit trésor dans le sens où il s’agit probablement du seul document qui présente de nombreuses images de tournage et du plateau, le tout entrecoupé par des propos du réalisateur Richard Donner, des comédiens et du producteur Steven Spielberg (très présent sur le set visiblement). Certains remarqueront que les prises de vues aperçues ici sont centrées sur l’une des scènes coupées disponibles dans le module suivant, celle où la bande s’arrête dans une boutique et tombe sur Troy, Andy et Steph.

Les scènes laissées sur le banc de montage (7’) valent le coup d’oeil, surtout pour y découvrir enfin celle de la « grosse pieuvre » mentionnée par Data à la fin du film quand ils retrouvent leurs parents, les journalistes et les autorités. Il s’agissait bien d’un affrontement entre les Goonies et un monstre marin qui rôdait autour du bateau de Willy le Borgne.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce originale, ainsi que (et surtout) le clip de Cyndi Lauper The Goonies ‘R’ Good Enough (12’).

L’Image et le son

Exit le Blu-ray encodé en VC-1 qui traîne sur le marché depuis plus de dix. Et même si Warner Bros. nous le refourgue une fois de plus dans ce combo, la pépite de cette édition demeure le disque Ultra-HD qui nous présente Les Goonies comme jamais nous l’avions vu auparavant. Dès l’apparition du titre et de la découverte du Fratelli pendu dans sa cellule, ce master 4K (HEVC, 2160p) restauré à partir du négatif original (et sous la supervision de Richard Donner qui affiche 90 ans au compteur) en met plein les yeux avec ses contrastes révisés, ses couleurs magnifiques (HDR10) et sa profondeur de champ aussi inédite qu’inouïe sur la ville colorée d’Astoria, juste avant d’entrer pour la première fois dans la maison des Walsh avec notamment le brouillard qui nimbe les rues de la ville. Et ce n’est que le début ! Autant dire que nous allons de surprise en surprise et que le spectateur qui aura pourtant vu le film plusieurs dizaines de fois (au bas mot), aura réellement l’impression de le redécouvrir totalement, avec un œil nouveau qui ne manquera pas de percevoir des détails insoupçonnés dans le décor, la matière des costumes, la buée qui sort de la bouche des personnages. Expert du cadre large, Richard Donner compose des plans fabuleux que l’on peut enfin décortiquer sous tous les angles. La végétation près du repaire des Fratelli, les cavernes successives (même en basse lumière), en passant par l’apparition du bateau de Willy le Borgne, tout y est splendide (hormis un plan sur blue-screen quand Mikey regarde le paysage à travers le doublon), y compris le grain argentique, fin, certains diront peut-être trop, mais bel et bien présent.

Rien de bien nouveau en revanche concernant l’acoustique. La version originale, anciennement proposée en Dolby TrueHD sur le Blu-ray mute ici en DTS-HD Master Audio 5.1 qui n’apporte pas de réelles différences il faut bien le dire. Le spectacle est gentiment assuré, avec notamment une répartition dynamique de la musique de Dave Grusin, tandis que les nombreuses séquences agitées profitent d’une large spatialisation et du soutien des basses. Les dialogues y sont aussi solidement plantés sur la centrale. Bon…en revanche, la version française avec laquelle nous avons tous grandi (et que nous sélectionnons encore aujourd’hui d’ailleurs) doit se contenter d’une simple, pour ne pas dire obsolète piste Dolby Digital 2.0.

Crédits images : © Warner Bros. / Amblin / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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