Test Blu-ray / Le Dernier Jour de la colère, réalisé par Tonino Valerii

LE DERNIER JOUR DE LA COLÈRE (I Giorni dell’ira) réalisé par Tonino Valerii, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre le 2 avril 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Lee Van Cleef, Giuliano Gemma, Walter Rilla, Yvonne Sanson, Ennio Balbo, Andrea Rosic, Christa Linder, Lukas Ammann…

Scénario : Ernesto Gastaldi, Renzo Genta & Tonino Valerii, d’après la nouvelle Des tod ritt dienstags de Ron Barker

Photographie : Enzo Serafin

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Dans la petite ville de Clifton, Scott, le fils d’une prostituée, est le souffre-douleur de la population. Un jour, Talby le pistolero arrive en ville, et tue involontairement un homme pour défendre Scott. Acquitté pour légitime défense, Talby prend alors le jeune homme sous son aile et l’initie afin de faire de lui un redoutable tueur.

Un western avec en tête d’affiche Lee Van Cleef et Giuliano Gemma, mis en scène par Tonini Valerii, le réalisateur de Mon nom est Personne ??? Cela ne se refuse pas bien sûr, d’autant plus que Le Dernier Jour de la colère I Giorni dell’ira est un remarquable opus du genre. Découvert au début des années 1950 dans Le Train sifflera trois fois High Noon de Fred Zinnemann, Lee Van Cleef va promener sa gueule de reptile et son mètre 88 dans moult films durant la décennie, chez Phil Karlson (Le Quatrième homme), Richard Fleischer (Arena), Raoul Walsh (Victime du destin), George Sherman (Vengeance à l’aube), King Vidor (L’Homme qui n’a pas d’étoile), Robert Wise (La Loi de la prairie), Samuel Fuller (Porte de Chine), Anthony Mann (Du sang dans le désert), John Sturges (Règlements de comptes à OK Corral), Henry King (Bravados) et Budd Boetticher (La Chevauchée de la vengeance). Dans le milieu, on sait qui est Lee Van Cleef, on connaît sa tronche, alors convoitée, surtout dans le western, où les cinéastes essayent de la placer en second ou troisième rang. En 1965, âgé de 40 ans, tout va changer pour le comédien grâce à Sergio Leone, qui lui offre le rôle du colonel Douglas Mortimer dans Et pour quelques dollars de plus Per qualche dollaro in più. Désormais installé en Italie, Lee Van Cleef enchaîne avec Colorado de Sergio Sollima, retrouve Sergio Leone pour Le Bon, la Brute et le Truand Il buono, il brutto, il cattivo. Alors qu’il vient de terminer La Mort était au rendez-vous Da uomo a uomo de Giulio Petroni, il donne la réplique à Giuliano Gemma dans Le Dernier Jour de la colère, devenue star grâce à Un pistolet pour Ringo de Duccio Tessari et qui depuis trône sur le box-office italien où chacun de ses films avoisine les 5 ou 6 millions d’entrées. Autant dire que le tandem fait des étincelles, que l’évidente complicité des deux associés se voit et se ressent à l’écran, tandis que Tonino Valerii se surpasse derrière la caméra. Un très bon cru à déguster sans modération.

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Test Blu-ray / Un pistolet pour Ringo, réalisé par Duccio Tessari

UN PISTOLET POUR RINGO (Une pistola per Ringo) réalisé par Duccio Tessari, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre le 2 avril 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Giuliano Gemma, Fernando Sancho, Lorella De Luca, Susan Scott, Antonio Casas, Francisco Sanz, José Manuel Martín, Manuel Muñiz…

Scénario : Duccio Tessari

Photographie : Francisco Marín

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

À la suite du hold-up d’une banque, des bandits mexicains commandés par Sancho se réfugient dans une hacienda, tenant les occupants en otage. Les notables de la ville font alors appel à Ringo pour les délivrer et régler leur compte aux bandits. Ringo va devoir user de ruse pour gagner la confiance de Sancho.

C’est avec Un pistolet pour Ringo Una pistola per Ringo que Giuliano Gemma devient une star du cinéma italien. Avant cela, acrobate et cascadeur, le comédien enchaînait les tournages depuis cinq ans, en passant discrètement devant la caméra de Mauro Bolognini, Dino Risi, William Wyler (oui, il apparaît dans Ben-Hur), Vittorio Cottafavi, Antonio Margheriti, Sergio Corbucci et même de Luchino Visconti dans Le Guépard. Mais c’est à Duccio Tessari (1926-1994) que Giuliano Gemma doit pour la première fois d’être placé en tête d’affiche pour Les Titans Arrivano i titani, avant de multiplier quelques rôles dans le péplum, genre alors à la mode (La Révolte des prétoriens, La Fureur des gladiateurs, Hercule contre les Fils du soleil). Arrive le western transalpin, qui explose avec le triomphe international de Pour une poignée de dollars de Sergio Leone, coécrit par Duccio Tessari. La même année que Le Dollar troué Un dollaro bucato de Giorgio Ferroni, Giuliano Gemma tient aussi le rôle-titre d’Un pistolet pour Ringo et là tout va changer pour lui. Non seulement le film est un immense succès, mais il reste encore aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs opus du western dit spaghetti. En totale décontraction, l’acteur, sous le pseudonyme Montgomery Wood, imposé par les producteurs dans le but de vendre Una pistola per Ringo dans le monde entier, impose un charisme hors-norme, une insolente dextérité au maniement des armes et dans les scènes d’action, dans lesquelles il réalise quasiment toutes les prouesses physiques. Bourré d’humour et d’affrontements, Un pistolet pour Ringo est une étape indispensable pour les cinéphiles épris de westerns.

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Test Blu-ray / Sampo, le jour où la Terre gela, réalisé par Alexandre Ptouchko

SAMPO, LE JOUR OÙ LA TERRE GELA (Sampo) réalisé par Alexandre Ptouchko, disponible en Mediabook Blu-ray + 2 DVD + Livret le 6 février 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Urho Somersalmi, Anna Orochko, Ivan Voronov, Andris Osins, Ada Voytsik, Eve Kivi, Georgiy Millyar, Mikhail Troyanovskiy…

Scénario :Viktor Vitkovich & Grigori Yagdfeld, d’après l’oeuvre d’Elias Lönnrot

Photographie : Gennadi Tsekavyj & Viktor Yakushev

Musique : Igor Morozov

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Dans un beau pays du Nord, le bûcheron Lemminkainen rencontre la belle Anniki, sœur du forgeron Ilmarinen qui connaît le secret de fabrication du Sampo, une roche magique produisant l’abondance. Non loin de là, sur l’île de Pohjola, peuplée de gnomes et de trolls, la sorcière Louhi désire augmenter sa puissance grâce au Sampo. Elle fait alors enlever Anniki afin d’attirer Ilmarinen sur ses terres.

Sampo, le jour où la Terre gela ou tout simplement Sampo est l’adaptation d’un roman d’Elias Lönnrot (1802-1884), à la fois médecin, explorateur, lexicographe, linguiste, écrivain, enseignant du folklore, pionnier de la botanique, journaliste, éditeur, scientifique, professeur de finnois et de littérature finlandaise. Une carte de visite conséquente, célèbre dans le monde entier pour ses ouvrages intitulés Kalevala et Kanteletar, recueils des anciens chants du peuple finnois. Sampo est inspiré du Kalevala, épopée basée sur des poésies de la mythologie finnoise transmises par l’oral et considérée comme faisant partie des œuvres les plus significatives en finnois. C’est celui que l’on surnommait le Walt Disney soviétique, Alexandre Loukitch Ptouchko (Le Conte du tsar Saltan, Le Géant de la steppe) qui prend en main ce blockbuster à l’ancienne, en s’emparant du récit publié en 1835, enrichi quinze ans plus tard, constitué de plus de 20.000 vers divisés en une cinquantaine de chants. Il fallait un magicien pour mettre en images cet ensemble de poèmes populaires, qui ressuscitent la vie dans les campagnes finlandaises, plus particulièrement en Carélie. Considéré comme le fondement de l’identité nationale de la Finlande, le Kalevala prend forme, naît devant nos yeux ébahis par tant de beauté grâce à la virtuosité de son metteur en scène. Si évidemment nous ne pourrons faire une comparaison entre le film et l’oeuvre d’Elias Lönnrot (ce que Matthieu Rehde fait magistralement dans le livret joint à la sublime édition Blu-ray de Sampo, disponible chez Artus Films), nous, simples spectateurs, ne pouvons que nous laisser porter par l’imagination débordante d’Alexandre Ptouchko, qui nous embarque une fois de plus dans un pays « imaginaire » où le surnaturel est omniprésent. C’est somptueux et annonciateur de l’heroic fantasy, puisque Sampo aura entre autres une grande influence sur Le Seigneur des anneaux de Tolkien. Rien que ça. Si ça ne vous donne pas envie on ne peut rien pour vous.

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Test Blu-ray / Le Prince esclave, réalisé par Pietro Francisci

LE PRINCE ESCLAVE (Le Meravigliose avventure di Guerrin Meschino) réalisé par Pietro Francisci, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre le 6 février 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Gino Leurini, Leonora Ruffo, Aldo Fiorelli, Anna Di Leo, Camillo Pilotto, Tamara Lees, Ugo Sasso, Antonio Amendola…

Scénario : Raul De Sarro, Alessandro Ferraù, Fiorenzo Fiorentini, Pietro Francisci, Giorgio Graziosi & Weiss Ruffilli, d’après l’oeuvre d’Andrea Barberino

Photographie : Giovanni Ventimiglia

Musique : Nino Rota

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Un jeune garçon enlevé par des pirates puis vendu comme esclave se retrouve échanson à la cour de Constantinople, alors assiégée par les Turcs. Alors qu’un accord de paix est enfin trouvé, le jeune garçon a une vision, provoquée par un astrologue : il serait le fils du roi de Durazzo, enlevé jadis par le fils du Duc de Bourgogne. Il va se lancer dans une quête initiatique qui l’amènera à reconquérir son trône.

Oyez, oyez ! Mais qu’est-ce donc cette diablerie ? Le Prince esclave, ou plus longuement en version originale Le Meravigliose avventure di Guerrin Meschino (ça fait tout de suite plus classe) est un film d’aventure forcément vintage, puisque sorti en 1952, adapté (et il s’agit de la seule transposition cinématographique à ce jour) de l’oeuvre d’Andrea Barberino, composée de huit livres, et publiée pour la première fois à la fin du 15è siècle. Autant dire que la demi-douzaine de scénaristes (oui, c’est à ne pas croire, dont Fiorenzo Fiorentini, auteur de L’Homme à la Ferrari et Zenabel) disposaient d’une matière suffisante pour y piocher ce dont ils avaient envie, même s’ils devaient au final se contenter d’éléments tirés essentiellement du premier volume. Il en résulte un côté souvent nawak, où l’action passe du coq à l’âne durant 80 minutes (la succession de fondus au noir témoigne d’une envie d’accélérer l’ensemble en ayant recours à quelques ellipses), même s’il faut reconnaître que la mise en scène de Pietro Francisci (1906-1977), l’un des « pères » du péplum en Italie (Les Travaux d’Hercule, Hercule et la reine de Lydie), n’a rien de statique et insuffle un rythme à cette fantaisie aussi drôle que riche en rebondissements, loin de l’aspect figé et douteux des Visiteurs du soir de Marcel Carné avec son Alain Cuny qui semblait avoir des problèmes de transit. Certes, tout cela est bien désuet, mais le charme l’emporte et le divertissement est garanti.

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Test Blu-ray / Persée l’invincible, réalisé par Alberto De Martino

PERSÉE L’INVINCIBLE (Perseo l’invincibile) réalisé par Alberto De Martino, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 février 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Richard Harrison, Anna Ranalli, Arturo Dominici, Elisa Cegani, Leo Anchóriz, Antonio Molino Rojo, Roberto Camardiel, Ángel Jordán…

Scénario : Mario Guerra, Alberto De Martino, Ernesto Gastaldi, Luciano Martino, José Mallorquí & Mario Caiano

Photographie : Dario Di Palma

Musique : Carlo Franci

Durée : 1h22 (montage espagnol) & 1h26 (montage italien)

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Acrisios a usurpé le trône d’Argos en tuant le roi et épousant sa veuve, Danaé. Persée l’héritier légitime, vit à Sériphos, ville voisine, mais ignore tout de sa naissance. Il va le découvrir grâce à la belle Andromède, puis, avec l’aide de la déesse Athéna, accomplir des exploits héroïques pour reprendre le trône.

Nous avons ensemble et à plusieurs reprises fait le tour de la filmographie d’Alberto De Martino (1929-2015), à l’occasion de la sortie dans les bacs de Formule pour un meurtre, Holocaust 2000 et Le Conseiller. C’est donc avec une grande joie de découvrir un des premiers films du réalisateur de L’Antéchrist et du Manoir de la terreur (non, nous ne parlerons pas de L’Homme puma), à savoir Persée l’invinciblePerseo l’invincibile. Dix ans après ses débuts comme assistant, principalement de Giuseppe Masini et Giulio Macchi, Alberto De Martino, tout en dirigeant la postsynchronisation de 1500 longs-métrages (y compris de La Dolce vita, sur lequel Federico Fellini l’encourage à devenir metteur en scène), passe derrière la caméra en binôme avec Antonio Momplet. Les deux hommes vont alors signer un péplum, Le Gladiateur invincible, avec Richard Harrison en tête d’affiche, puis une comédie de western avec Walter Chiari, Deux contre tous. 1963, Alberto De Martino, désormais seul aux manettes, retrouve Richard Harrison et le genre alors en vogue du péplum, pour Persée l’invincible, connu aussi sous le titre Perseo e Medusa, Valley of the Stone Men, mais également Perseus Against the Monsters, ou enfin Medusa vs. the Son of Hercules. Tout cela pour un spectacle qui soixante ans après sa sortie demeure plaisant à regarder, bien mis en scène et surtout bien campé par sa star charismatique, que l’on reverra par la suite dans Ultime violence de Sergio Grieco, Avec Django, la mort est là d’Antonio Margheriti, avant d’apparaître (et ce bien malgré-lui) dans une vingtaine de films de Godfrey Ho, dont le mythique Hitman le Cobra dans lequel il incarne le légendaire Philliiiiiip (« je sais où tu t’caches ! »). Un divertissement évidemment kitsch, mais efficace et bourré de charme.

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Test Blu-ray / MurderRock, réalisé par Lucio Fulci

MURDEROCK (Murderock – uccide a passo di danza) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Blu-ray + DVD + Livre le 5 décembre 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Olga Karlatos, Ray Lovelock, Claudio Cassinelli, Belinda Busato, Cosimo Cinieri, Giuseppe Mannajuolo, Berna Maria do Carmo, Maria Vittoria Tolazzi…

Scénario : Gianfranco Clerici, d’après une histoire originale de Gianfranco Clerici, Lucio Fulci & Vincenzo Mannino

Photographie : Giuseppe Pinori

Musique : Keith Emerson

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Une prestigieuse académie de danse de New York est le théâtre de meurtres sanglants. Les étudiantes se font assassiner de manière sadique. La directrice de l’établissement, Candice, souffrant de cauchemars étranges mettant en scène le mystérieux tueur, entreprend de mener l’enquête, avec l’aide d’un mannequin.

Bon…ce n’est pas nouveau, MurderRock ne bénéficiera jamais de l’aura de (pour ne citer que ceux-là) Les Quatre de l’apocalypseI Quattro dell’apocalisse, L’Emmurée vivante Sette note in nero, L’Enfer des zombies Zombi 2, Frayeurs Paura nella città dei morti viventi, L’Au-delà …E tu vivrai nel terrore ! L’aldilà, La Maison près du cimetière Quella villa accanto al cimitero et L’Éventreur de New York Lo Squartatore di New York. Néanmoins, le film vaut-il toute cette volée de bois vert reçue depuis sa sortie en 1984, au point d’être devenu emblématique de la déchéance de son auteur ? Sans doute pas. Il est évident que MurderRock, qui débarque sur les écrans italiens quelques semaines seulement après 2072, les mercenaires du futur I Guerrieri dell’anno 2072, s’accompagne d’éléments nanars, mais cela n’empêche pas, au contraire, de prendre du bon temps devant ce giallo-musical. D’accord, nous sommes beaucoup plus proches de Staying Alive de Sylvester Stallone, de Parking de Jacques Demy et de Dancing Machine de Gilles Béhat, qui dans leur genre s’apparentent aussi à des films d’épouvante (on se souvient de Francis Huster poussant la chansonnette et de Patrick Dupont en hyperventilation devant un Alain Delon stoïque fumant son cigare) que de Flashdance et Fame, succès internationaux sur lesquels voulait surfer la production. Murder Rock, ou MurderRock – Uccide a passo di danza, mais aussi Giallo a disco, Murder Rock – Dancing Death, ou même allons-y gaiement Slashdance est un divertissement sans prise de tête, avec de belles nanas qui n’hésitent pas à se dénuder pour faire plaisir aux spectateurs, des meurtres plus ou moins soignés, le tout sur un rythme soutenu. Que demander de plus ?

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Test Blu-ray / Marketa Lazarova, réalisé par Frantisek Vlácil

MARKETA LAZAROVA réalisé par Frantisek Vlácil, disponible en Blu-ray + DVD + Livre le 7 novembre 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Josef Kemr, Magda Vásáryová, Nada Hejna, Jaroslav Moucka, Frantisek Velecký, Karel Vasicek, Ivan Palúch, Martin Mrazek…

Scénario : Frantisek Vlácil & Frantisek Pavlícek, d’après le roman de Vladislav Vancura

Photographie : Bedrich Batka

Musique : Zdenek Liska

Durée : 2h46

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

En Bohème, au XIIIème siècle. Christianisme et paganisme s’affrontent. Des brigands, menés par Mikolas, aux ordres du Seigneur Bouc, attaquent une caravane de chevaliers allemands qu’ils tuent sans pitié, excepté le jeune prince Kristian, qu’ils ramènent à leur camp. C’est le début d’un affrontement violent avec Lazar, allié des allemands, seigneur voisin et voleur, qui destine sa fille, la belle Marketa, au service de Dieu.

Considéré comme étant le plus grand film tchèque de l’histoire du cinéma, Marketa Lazarova apparaît d’emblée comme une étape dans le parcours d’un cinéphile. Adapté du roman éponyme de Vladislav Vančura, jusqu’alors jugé inadaptable, le film de František Vláčil aura nécessité 3 ans de préparation et 18 mois de tournage, avec des prises de vue parfois interrompues certes, mais en l’état, Marketa Lazarova demeure LE monument du cinéma tchèque, par son ampleur, sa richesse, son ambition. C’est une tâche ardue de s’atteler à une critique de Marketa Lazarova, puisque pour être honnête plusieurs visionnages seraient nécessaires pour comprendre ne serait-ce qu’une petite partie de ce qui nous est raconté, pour pouvoir raccorder les personnages, pour tenter de dénicher quelques éléments qui pourraient nous impliquer dans cette impressionnante saga. Le spectateur devra donc se mettre en condition avant d’affronter ces 160 minutes, qui peuvent paraître interminables. C’est une épreuve à la fois pour les nerfs et pour la cervelle et le mieux est d’essayer de s’en remettre totalement au cinéaste, conscient que son œuvre ne sera pas facile d’accès, mais qui parvient néanmoins à captiver à de nombreuses reprises grâce à diverses fulgurances et à la somptueuse photographie du chef opérateur Bedrich Batka.

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Test Blu-ray / Morgiana, réalisé par Juraj Herz

MORGIANA réalisé par Juraj Herz, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 novembre 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Iva Janzurová, Josef Abrhám, Nina Divísková, Petr Cepek, Josef Somr, Jirí Kodet, Jirí Lír, Ivan Palúch…

Scénario : Juraj Herz & Vladimir Bor, d’après le roman d’Alexander Grin

Photographie : Jaroslav Kucera

Musique : Lubos Fiser

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Se sentant défavorisée suite à l’héritage de leur père, Viktoria, tenancière d’une maison de débauche, décide d’empoisonner sa sœur, la belle et vertueuse Klara. Dans un jeu de miroirs hallucinatoires, Viktoria va se retrouver face à ses propres délires schizophréniques.

Nous sommes nombreux à avoir découvert le réalisateur Juraj Herz (1934-2018) à l’occasion de la sortie de son film Le Neuvième coeur Deváté srdce chez Artus Films en octobre 2022. Pour en savoir plus sur le parcours, la carrière et les films les plus connus du cinéaste tchèque avec L’Incinérateur de cadavres, nous vous invitons à relire notre article que nous avions consacré à cette édition. Un peu plus d’un an après, le même éditeur nous invite cette fois à découvrir Morgiana, visiblement l’un de ses opus les plus célèbres. À l’instar du Neuvième coeur, ce long-métrage mis en scène en 1972, le cinquième de son auteur, le récit peut parfois paraître hermétique et il est encore aujourd’hui difficile d’avoir toutes les clés pour sa bonne compréhension. Toutefois, Morgiana semble plus « simple » que Le Neuvième coeur, malgré de nombreuses séquences qui resteront incompréhensibles pour la plupart des spectateurs, même si tous seront d’accord sur le fait que la photo du chef opérateur Jaroslav Kucera (Les Petits marguerites de Vera Chytilová) demeure d’une incommensurable beauté et que la composition des plans du cinéaste laisse pantois d’admiration. Certes, Morgiana s’adresse en priorité aux cinéphiles les plus endurcis, mais il serait dommage que les « autres » ne tentent pas l’expérience.

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Test Blu-ray / La Vallée des abeilles, réalisé par Frantisek Vlácil

LA VALLÉE DES ABEILLES (Údolí vcel) réalisé par Frantisek Vlácil, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 novembre 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Petr Cepek, Jan Kacer, Vera Galatíková, Zdenek Kryzánek, Miroslav Machácek, Josef Somr, Václav Kotva, Jana Hlavácková…

Scénario : Vladimír Körner & Frantisek Vlácil

Photographie : Frantisek Uldrich

Musique : Zdenek Liska

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Le jour du remariage de son père avec une jeune fille, Ondrej offre à la mariée, selon la coutume, un panier rempli de fleurs. Mais tandis que la jeune femme lance joyeusement les fleurs en l’air, des chauves-souris s’échappent du panier : funeste présage pour le mariage. Le père, fou de rage, attrape son fils, le frappe contre un mur et demandant pardon à Dieu, lui offre son fils. C’est ainsi que Ondrej rentre dans l’ordre des moines chevaliers.

C’est toujours complexe d’aborder un film dont ne connaît ni le réalisateur, ni le sujet. Si l’auteur de ces mots devait vous donner un conseil avant de lancer La Vallée des abeilles, c’est de vous laisser aller à l’histoire qui vous est racontée et surtout à la beauté incommensurable des images. Le cinéaste tchèque Frantisek Vlácil (1924-1999) signait ici son quatrième long-métrage, dans la foulée de son imposant Marketa Lazarova, très inspiré par le cinéma d’Ingmar Bergman. On y retrouve en effet cette apparente austérité, qui dissimule en réalité une radiographie des sentiments humains, quand l’être, désirant décider pour lui-même de son existence, se retrouve à affronter un groupe, une entité, un mouvement bien décidé du contraire. Difficilement racontable, La Vallée des abeilles est une véritable expérience de cinéma, qui demande l’implication totale du spectateur et cinéphile pur et dur, afin de mieux profiter du voyage singulier et cette fois encore à se damner visuellement. De quoi ravir les sens.

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Test Blu-ray / El Pico 2, réalisé par Eloy de la Iglesia

EL PICO 2 réalisé par Eloy de la Iglesia, disponible en coffret Cinéma Quinqui de Eloy de la Iglesia – Coffret 3 films : Colegas + El Pico + El Pico 2 le 5 septembre 2023 chez Artus Films.

Acteurs : José Luis Manzano, Fernando Guillén, Andrea Albani, Jaume Valls, Rafaela Aparicio, José Luís Fernández, Valentín Paredes, Gracita Morales, Fermín Cabal, Pedro Nieva Parola, Agustín González, Paloma Alaez…

Scénario : Gonzalo Goicoechea, Fermín Cabal & Eloy de la Iglesia

Photographie : Javier Aguirresarobe

Musique : Joaquín Carmona

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Paco, fils d’un commandant de la Garde civile, est impliqué dans le meurtre d’un couple de trafiquants d’héroïne à Bilbao. Lorsque la presse commence à s’intéresser à l’affaire, les efforts de son père pour l’éloigner de la drogue et cacher les preuves du crime se révèlent inutiles.

Après le triomphe inattendu dans les salles d’El Pico, Eloy de la Iglesia, poussé par le producteur J.A. Pérez Giner, ne perd pas une seconde et décide de donner une suite aux « aventures » de Paco et de son père. L’histoire reprend là où elle s’était arrêtée, mais le cinéaste va cette fois alourdir quelque peu son propos, en tirant plus sur la corde sensible et en y allant plus frontalement dans sa démonstration, sans doute dans l’espoir de ratisser plus large et donc d’attirer encore plus de spectateurs que pour le premier opus. Effectivement, El Pico 2 n’a pas la force du précédent, mais n’en reste pas moins passionnant, surtout lorsque le réalisateur dresse un portrait peu flatteur (euphémisme) des conditions d’incarcération, en montrant que la prison fonctionne comme « à l’extérieur », avec les plus grands caïds qui font la loi et qui s’opposent à des clans adverses qui la plupart du temps veulent profiter de la faiblesse des jeunes prisonniers. Parallèlement, outre la vie carcérale de Paco, Eloy de la Iglesia se focalise à nouveau sur son père, cette fois brillamment interprété par Fernando Guillén (Tout sur ma mère, La Loi du désir, Talons aiguilles, Action mutante), en remplacement de José Manuel Cervino, qui fera tout pour défendre et sauver la chair de sa chair, quitte à l’aider à trouver ce qui lui manque, le « cheval », le « bourrin », l’héroïne. El Pico 2 possède un ton différent, comme s’il s’agissait d’un long épilogue du premier épisode et il est donc souhaitable d’avoir vu le chapitre un, avant de voir et probablement d’apprécier ce second titre.

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