Test DVD / Le Rocher du diable, réalisé par William Cameron Menzies

LE ROCHER DU DIABLE (Drums in the Deep South) réalisé par William Cameron Menzies, disponible en DVD le 3 décembre 2019 chez Artus Films

Acteurs : James Craig, Barbara Payton, Guy Madison, Barton MacLane, Robert Osterloh, Tom Fadden, Robert Easton, Louis Jean Heydt…

Scénario : Philip Yordan, Sidney Harmon, Hollister Noble

Photographie : Lionel Lindon

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Durant la Guerre de sécession, deux amis de promotion à West Point, les majors Clayburn et Denning, se retrouvent dans les camps opposés. Clayburn qui se bat pour le Sud prend possession d’un pic rocheux d’où ses hommes pourront stopper un train d’approvisionnement nordiste défendu par le major Denning. Jadis amoureuse des deux hommes, Kathie Summers va tenter d’éviter l’affrontement des deux ex-amis.

Voilà un petit western très intéressant. D’une part pour sa mise en scène élégante et inspirée, d’autre part pour son cadre étonnant, puisque l’action se déroule essentiellement au pied de la Devils Tower, monolithe naturel situé dans le Nord-Est du Wyoming aux Etats-Unis, rendu célèbre par Rencontres du troisième type de Steven Spielberg. Cette « tour du diable » de 386 mètres de haut est un personnage à part entière dans Le Rocher du diableDrums in the Deep South, réalisé en 1951 par William Cameron Menzies (1896-1957). Une petite curiosité à laquelle les cinéphiles voudront bien accorder 80 minutes.

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Test DVD / Les Femmes de Jesse James, réalisé par Donald Barry

LES FEMMES DE JESSE JAMES (Jesse James’ Women) réalisé par Donald Barry, disponible en DVD le 3 décembre 2019 chez Artus Films

Acteurs : Don “Red” Barry, Peggie Castle, Jack Buetel, Lita Baron, Joyce Barrett, Sam Keller, Betty Brueck, James Clayton…

Scénario : D.D. Beauchamp, William R. Cox, Don “Red” Barry, T.V. Garraway, Lloyd Royal

Photographie : Kenneth Peach

Musique : Walter Greene

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Jesse James a fui le Missouri pour trouver refuge dans une petite ville du Mississippi. Pendant la messe dominicale et avec la complicité de la fille d’un banquier qui a subtilisé la clé du coffre-fort, Jesse et sa bande dévalisent sans risque la banque locale. Jesse se lie avec la patronne du saloon local et l’aide à se débarrasser d’un partenaire encombrant, joueur de poker professionnel qui entendait prendre la fuite avec un joli magot. Jesse porte ensuite secours à une chanteuse de cabaret enlevée par l’un de ses complices. Véritable Don Juan de l’Ouest, le brigand bien aimé va devoir désormais compter avec ses trois redoutables amoureuses…

On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! C’est un peu le cas avec Les Femmes de Jesse JamesJesse James’ Women, écrit, produit, réalisé et interprété par Donald Michael Barry DeAcosta aka Don Barry, ou Donald Barry, ou bien encore Don « Red » Barry (1912-1980). Comédien prolifique qui aura tourné plus de 250 films, téléfilms et séries télévisées en presque 50 ans de carrière, Don Barry fait partie de cette catégorie d’acteurs que les cinéphiles ont forcément croisé dans un western, genre qui l’aura rendu célèbre un temps. Habitué des seconds voire des troisièmes rôles, il décide en 1954 de reprendre le rôle de Jesse James, qu’il avait interprété quinze ans auparavant dans A la poursuite de Jesse James (1939) de Joseph Kane, avec Roy Rogers. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Don Barry a décidé de se faire plaisir en emballant toutes les nanas de cette histoire légère. Si l’on se demande constamment ce que la gent féminine peut bien lui trouver, même une gamine de 14 ans n’arrête pas de lui dire qu’elle a hâte de grandir pour partir avec lui (gloups), elles tombent toutes sous son charme et finissent constamment dans ses bras. Sinon, Les Femmes de Jesse James est un western de série B, à la limite du nanar parfois peut-être, qui ne brille certainement pas par son esthétisme, mais qui passe le temps, sans se forcer.

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Test DVD / La Deuxième femme, réalisé par James V. Kern

LA DEUXIÈME FEMME (The Second Woman) réalisé par James V. Kern, disponible en DVD le 3 décembre 2019 chez Artus Films

Acteurs : Robert Young, Betsy Drake, John Sutton, Florence Bates, Morris Carnovsky, Henry O’Neill, Jean Rogers, Raymond Largay…

Scénario : Mort Briskin, Robert Smith

Photographie : Hal Mohr

Musique : Joseph Nussbaum

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Ellen Foster rend visite à sa tante sur la côte californienne et rencontre un voisin nommé Jeffrey Cohalan, un homme séduisant vivant dans une bâtisse à l’architecture futuriste perchée au sommet d’un pic rocheux. Ellen se sent irrésistiblement attirée par ce solitaire frappé trop régulièrement par des accidents inexplicables qui affectent son quotidien. Ces évènements sont-ils liés à la mort de sa fiancée survenue quelques années auparavant dans un mystérieux accident de voiture ?

Il y a parfois des petits films dont nous n’attendons forcément pas grand-chose au départ, et qui s’avèrent au final bien plus divertissants que certaines grosses productions qui ne tiennent pas du tout leurs promesses. C’est le cas de La Deuxième femmeThe Second Woman, réalisé en 1950 par un certain James V. Kern (1909-1966), petit thriller largement influencé par Rebecca d’Alfred Hitchcock sorti dix ans auparavant. C’est aussi l’occasion de revoir une actrice méconnue, pourtant talentueuse et pleine de grâce, Betsy Drake (1923-2015), dont la carrière a quelque peu été éclipsée par son mariage avec Cary Grant. Elle vole ici la vedette avec son joli minois qui rappelle parfois celui d’Audrey Hepburn. Drame psychologique, La Deuxième femme enchaîne les rebondissements et les fausses pistes, frôle parfois le genre fantastique et se révèle être un petit modèle de série B bien sympathique.

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Test DVD / Les Mains d’un étranger, réalisé par Newt Arnold

LES MAINS D’UN ÉTRANGER (Hands of a Stranger) réalisé par Newt Arnold, disponible en DVD le 3 décembre 2019 chez Artus Films

Acteurs : Paul Lukather, Joan Harvey, James Noah, Irish McCalla, Barry Gordon, Ted Otis, Michael Rye, Laurence Haddon…

Scénario : Newt Arnold d’après le roman Les Mains d’Orlac de Maurice Renard

Photographie : Henry Cronjager Jr.

Musique : Richard LaSalle

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Célèbre concertiste virtuose du piano, Vernon Paris perd ses mains dans un accident de voiture. Le docteur Harding tente une opération très audacieuse et lui greffe les mains d’un gangster assassiné le même soir par un gang rival. Convalescent, Vernon devient obsédé par l’idée que ses nouvelles mains sont dotées d’une vie propre et le forcent à commettre des actes de violence, se venger du chauffeur responsable de son accident et du chirurgien qui l’a opéré.

Les Mains d’un étrangerHands of a Stranger (1962) est une transposition non-officielle du roman policier teinté de fantastique écrit par Maurice Renard, Les Mains d’Orlac, publié en 1920. Si l’adaptation la plus célèbre demeure celle d’Edmond T. Gréville, réalisée en 1960 avec Mel Ferrer, Dany Carrel, Christopher Lee et Donald Pleasence, il en existe pourtant deux plus anciennes. La première, Orlac’s Händen, film muet, mise en scène par Robert Wiene (Le Cabinet du docteur Caligari) avec Conrad Veidt (L’Homme qui rit), date de 1924. La suivante, Mad Love, signée Karl Freund (La Momie avec Boris Karloff) en 1935 confie le rôle du docteur controversé au légendaire Peter Lorre. Dans les années 1960, outre le film d’Edmond T. Gréville, une autre transposition du roman de Maurice Renard voit donc le jour. Petite série B fantastico-dramatique, Hands of a Stranger remplit aisément son contrat et s’avère un divertissement très plaisant, bien mis en scène et interprété par des comédiens très convaincants.

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Test Blu-ray / Furie au Missouri, réalisé par Alfonso Brescia

FURIE AU MISSOURI (I Giorni della violenza) réalisé par Alfonso Brescia, disponible le 3 septembre 2019 en combo Blu-ray + DVD chez Artus Films

Acteurs : Peter Lee Lawrence, Beba Loncar, Luigi Vannucchi, Andrea Bosic, Nello Pazzafini, Lucio Rosato, Rosalba Neri, Gianni Solaro…

Scénario : Mario Amendola, Antonio Boccaci, Gian Luigi Buzzi, Paolo Lombardo

Photographie : Fausto Rossi

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h40

Année de sortie : 1967

LE FILM

Pendant la guerre de Sécession, Josh voit le capitaine Clifford, de l’armée nordiste assassiner son frère. Pour le retrouver, il s’engage auprès de mercenaires sudistes. À la fin de la guerre, recherché pour meurtre, il retourne au ranch. Il y retrouve sa fiancée qui a entretemps épousé Clifford. Josh va préparer sa vengeance.

De sa longue filmographie, les cinéphiles et cinéphages ont surtout retenu du cinéaste Alfonso Brescia (1930-2001) ses opus aux titres explicites du genre La Vie sexuelle de Don Juan (1971), Les Amazones, filles pour l’amour et pour la guerre (1973) et Supermen contre les amazones (1974). Capable du meilleur comme du pire, le réalisateur italien, également connu sous le nom de Al Bradley, aura abordé le péplum, le western, le film fantastique, l’érotique et le polar urbain. Furie au MissouriI Giorni della violenza ou Les jours de la violence encore en français, fait partie du bon lot. Alfonso Brescia n’en est pas à son coup d’essai dans le genre, puisqu’il aura déjà signé Le Colt c’est ma loiLa Colt è la mia legge (1965) et Calibre 32Killer Calibro 32 (1967), dans lequel Peter Lee Lawrence tenait la vedette. Les deux hommes se réunissent pour Furie au Missouri, western classique, mais néanmoins de haute tenue, très bien mis en scène et qui pourrait véritablement passer pour un film américain. Un très bon spectacle.

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Test Blu-ray / Viva Django !, réalisé par Edoardo Mulargia

VIVA DJANGO ! (W Django !) réalisé par Edoardo Mulargia, disponible le 3 septembre 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Anthony Steffen, Stelio Candelli, Glauco Onorato, Chris Avram, Donato Castellaneta, Esmeralda Barros, Benito Stefanelli, Simonetta Vitelli…

Scénario : Nino Stresa

Photographie : Marcello Masciocchi

Musique : Piero Umiliani

Durée : 1h30

Année de sortie : 1971

LE FILM

Django recherche les bandits qui ont violé et assassiné sa femme. Sur son chemin, il rencontre un voleur de chevaux qui a soi-disant assisté au meurtre. Il va l’aider à accomplir sa vengeance jusqu’à ce que Django se rende compte que ce dernier n’est pas complètement innocent.

Le personnage mythique de Django fait son apparition en 1966 dans le film éponyme de Sergio Corbucci, avec le mythique Franco Nero dans le rôle-titre. Après ce triomphe international, le rôle, ou plutôt le personnage ou même « le nom » qui sert plutôt d’accroche, est finalement repris trois ans plus tard par Anthony Steffen (1929-2004) dans Bravo Django, également connu sous le titre Quelques dollars pour Django, réalisé par León Klimovsky (1906-1996). La grande star du western transalplin, de son vrai nom Antonio Luiz de Teffé von Hoonholtz ou Antonio de Teffè, qui détient le record de films de westerns en tête d’affiche face à Franco Nero, Gianni Garko, Giuliano Gemma et Gian Maria Volonté, reprendra ce personnage emblématique dans La Horde des salopardsDjango il bastardo (1969), qu’il écrit et produit, et dans le film qui nous intéresse aujourd’hui, Viva DjangoW Django !, réalisé en 1971 par Edward G. Muller aka Edoardo Mulargia (1925-2005). Ce western spaghetti, aussi connu sous le titre Un homme appelé Django ! est une excellente surprise. Respectueux du genre et surtout des codes instaurés par Sergio Leone avec Pour une poignée de dollars en 1964, Viva Django !, est un super divertissement et qui n’a pas trop pris de rides malgré son quasi demi-siècle.

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Test DVD / Deux salopards en enfer, réalisé par Tonino Ricci

DEUX SALOPARDS EN ENFER (Il Ditto nella piaga) réalisé par Tonino Ricci, disponible en DVD depuis le 2 juin 2015 chez Artus Films

Acteurs : Klaus Kinski, George Hilton, Ray Saunders, Betsy Bell, Lanfranco Cobianchi, Enrico Pagani…

Scénario : Tonino Ricci, Piero Regnoli

Photographie : Sandro Mancori

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Italie. 1941. Condamnés à mort par la cour martiale, deux soldats américains, un blanc et un noir, sont miraculeusement sauvés grâce à l’irruption d’un commando de parachutistes allemands. Ayant également échappé au massacre, l’officier chargé de leur exécution doit s’unir à eux pour tenter de survivre. Les trois hommes trouvent refuge dans un village pittoresque. Ils vont alors organiser la défense des villageois face aux Nazis.

Dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le cinéma italien, à travers le néoréalisme, exulte ses démons en produisant des films sur ce conflit. Une quinzaine d’années plus tard, le cinéma Bis s’empare du genre et exploite le filon, sous un angle de divertissement populaire. Tous les artisans italiens se frottent au genre, relayant en cela le western qui s’essouffle.

Et qu’est-ce que c’est bon ! Deux salopards en enfer Il Dito nella piaga en version originale, est le premier long métrage réalisé par Tonino Ricci (1927-2014) dont les titres de films fleurent le bon le cinéma Bis : Storia di karatè, pugni e fagioli (1973), Robin, flèche et karaté (1976), Afghanistan Connection (1986).

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Test Blu-ray / Au service du diable, réalisé par Jean Brismée

AU SERVICE DU DIABLE réalisé par Jean Brismée, disponible le 4 juin 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Erika Blanc, Daniel Emilfork, Jean Servais, Jacques Monseau, Lucien Raimbourg, Colette Emmanuelle, Ivana Novak, Shirley Corrigan…

Scénario : Pierre-Claude Garnier, Patrice Rhomm, Vertunnio De Angelis

Photographie : André Goeffers

Musique : Alessandro Alessandroni

Durée : 1h35

Année de sortie : 1971

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Test Blu-ray / Un dollar entre les dents, réalisé par Luigi Vanzi

UN DOLLAR ENTRE LES DENTS (Un dollaro tra i denti) réalisé par Luigi Vanzi, disponible le 4 juin 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Tony Anthony, Jolanda Modio, Raf Baldassarre, Aldo Berti, Lars Bloch, Enrico Capoleoni, Arturo Corso, Antonio Marsina, Salvatore Puntillo, Fortunato Arena…

Scénario : Warren Garfield, Giuseppe Mangione

Photographie : Marcello Masciocchi

Musique : Benedetto Ghiglia

Durée : 1h26

Année de sortie : 1967

LE FILM

Un détachement de la cavalerie américaine convoie un coffret rempli d’or pour le gouvernement mexicain. Le bandit Aguila, prenant la place de l’officier chargé de la réception, le dérobe, avec l’aide d’un homme surgi de nulle part : l’Étranger. Mais lorsque ce dernier demande sa part du butin, les hommes d’Aguilar le frappent et l’abandonnent. Trahi et humilié, il est déterminé à se venger. Il suit pas à pas les hommes d’Aguilar, prêt à tout pour les éliminer un par un et récupérer le trésor.

Sergio Leone et sa trilogie de L’Homme sans nom ont donné naissance à moult ersatz en Italie et en Espagne, créant ainsi la vague de westerns européens qui a ensuite déferlé dans les salles de cinéma du monde entier. Parmi les cas les plus insolites se démarque la saga dite de L’Etranger, portée par le comédien américain Roger Pettito, alias Tony Anthony. Né en 1937, tentant de percer dans le milieu du 7e art, il décide d’aller tenter sa chance en Italie alors en pleine effervescence. Il parvient alors à faire son trou grâce à Un dollar entre les dentsUn dollaro tra i denti, réalisé par Luigi Vanzi (1924-1992) et sorti en 1967. Etonnamment, le film est un succès aux Etats-Unis, mais son score reste très modeste en Europe. Devant cet engouement U.S., Tony Anthony reprendra son personnage de L’Etranger dans Un homme, un cheval et un pistolet Un uomo, un cavallo, una pistola (1967) et Le cavalier et le samouraïLo straniero di silenzio (1968) également mis en scène par Luigi Vanzi, mais aussi dans le « hors-série » Pendez-le par les piedsGet Mean (1975) de Ferdinando Baldi.

Un dollaro tra i denti est l’exemple type du western opportuniste réalisé avec les moyens du bord et un casting pas folichon, qui reste malgré tout amusant et divertissant dans ses très nombreuses imperfections et l’absence de charisme de son anti-héros qui fait la moue tout en ayant constamment l’air de se demander ce qu’il fout là. Sans oublier le fait que l’intrigue reprend peu ou prou la même qu’Une poignée de dollars avec – tant qu’à faire – une pincée de Et pour quelques dollars de plus.

Un dollar entre les dents, c’est comme si un jeune trentenaire rêvant de devenir une star de cinéma, décidait de mettre la vieille couverture péruvienne de sa grand-mère sur ses épaules, un vieux galurin élimé sur la tête, tout en plissant les yeux comme Clint Eastwood, pour ensuite aller jouer au cowboy dans la carrière de calcaire à côté de chez lui. Avec son regard à la Chat Potté, son visage figé et sa petite carrure, Tony Anthony fait rire. Si ce dernier a toujours déclaré que c’était le but recherché, le premier degré avec lequel le déroule le récit laisse perplexe. Toujours est-il qu’avec ses cheveux peroxydés dissimulés sous son chapeau poussiéreux, sa démarche hésitante, son petit jean et son chemisier rose délavé, l’acteur ne convainc jamais et surtout pas sur un cheval sur lequel il a du mal à monter. Du coup, tout ce qui se passe à côté retient finalement l’attention, comme la mauvaise synchronisation de l’action et des effets spéciaux directs. Il n’est pas rare de voir un figurant à l’écran, le front percé d’une balle, avant qu’on ne lui tire dessus le plan suivant. Même chose avec l’apparition d’un des personnages principaux, bien en vie, pourtant décédé quelques séquences auparavant !

Un dollar entre les dents essaye de se donner un genre pour amasser le maximum de lires, ou plutôt de billets verts chers à l’Oncle Sam. Tony Anthony et Luigi Vanzi ont bien fait de prendre le train en marche, puisque malgré ses innombrables défauts, son manque de rythme (euphémisme), son protagoniste falot, la musique irritante et redondante de Benedetto Ghiglia, son montage amateur, Un dollaro tra i denti a su trouver son public alors très demandeur de westerns spaghetti.

LE MEDIABOOK

Troisième western européen de la dernière vague éditée par Artus Films, Un dollar entre les dents est tout autant soigné que Le Retour de Ringo et Les Tueurs de l’Ouest ! Résultat, nous nous trouvons devant un superbe Mediabook, un objet de collection comprenant un livre, un Blu-ray et un DVD. Mention spéciale au livre de 64 pages concocté par Alain Petit, qui revient sur la saga de l’Etranger, le tout largement illustré par des affiches et photographies. Le menu principal est fixe et musical.

Nouveau rendez-vous avec Curd Ridel (9’) qui se montre évidemment plus critique sur Un dollar entre les dents que sur les deux précédents titres. L’invité d’Artus Films s’amuse à mettre en avant les défauts du film (le changement d’un bébé d’un plan à l’autre entre autres), dont le jeu de Tony Anthony avec lequel il a “un peu de mal”. Curd Ridel passe également le casting au peigne fin tout en précisant que l’amateur de westerns italiens y trouvera facilement son compte.

Nous trouvons également un petit débat organisé avec les spectateurs après la projection de Pendez-le par les pieds dans un cinéma américain, en présence du comédien Tony Anhony et du producteur Ronald Schneider (2015-24’). Les souvenirs s’enchaînent, l’acteur n’ayant jamais rechigné à parler de son succès et de son implication dans la production de ses films.

Enfin, l’éditeur propose les génériques d’exploitation française d’Un dollar entre les dents (3’), ainsi qu’un diaporama et la bande-annonce.

L’Image et le son

Rien à redire sur ce très beau master HD restauré 2K ! C’est propre, clair, souvent lumineux, le piqué est plaisant et le cadre stable. Les aficionados apprécieront la qualité de la copie et le soin particulier apporté à ce petit titre, tout aussi choyé que les films plus reconnus et porteurs.

Présenté dans sa version intégrale, Un dollar entre les dents est disponible en version française forcément incomplète puisque certaines séquences n’ont jamais été doublées dans la langue de Molière. Ces scène passent donc directement en italien. Les deux pistes instaurent un confort acoustique équivalent, même si l’option italienne s’avère toujours plus riche.

Crédits images : © Artus Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Tueurs de l’Ouest, réalisé par Eugenio Martín

LES TUEURS DE L’OUEST (El precio de un hombre) réalisé par Eugenio Martín, disponible le 4 juin 2019 en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre chez Artus Films

Acteurs : Richard Wyler, Tomás Milián, Halina Zalewska, Hugo Blanco, Mario Brega, Enzo Fiermonte, Luis Barboo, Lola Gaos, Ricardo Canales…

Scénario : James Donald Prindle, José Gutiérrez Maesso, Eugenio Martín d’après le roman de Marvin H. Albert “The Bounty Killer”

Photographie : Enzo Barboni

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h33

Année de sortie : 1966

LE FILM

Un dangereux criminel, José Gomez, est arrêté pour le pillage d’une banque. Sur le chemin de la prison, José et ses gardes font une halte dans une auberge, dont les patrons ont bien connu le bandit enfant. Ils l’aident alors à s’évader. Mais Luke Chilson, officier de la police fédérale, recherche José, sa tête étant mise à prix pour 3 000 dollars…

Né à La Havane en 1933, Tomas Quintin Rodriguez alias Tomas Milian, démarre sa carrière de comédien en Italie sous la direction de Mauro Bolognini dans Les GarçonsLa Notte brava (1959), sur un scénario de Pier Paolo Pasolini, d’après son propre roman Les Ragazzi. Très vite, les propositions se multiplient et le jeune acteur de 26 ans enchaîne avec Le Bel Antonio, chef d’oeuvre réalisé une fois de plus par Bolognini, puis L’Imprévu d’Alberto Lattuada (1961), le sketch Le Travail, mis en scène par Luchino Visconti pour le film collectif Boccace 70 (1962). 1966 est un tournant dans la carrière de Tomas Milian. Celui-ci enchaînera une demi-douzaine de westerns, dont ColoradoLa Resa dei conti et Le Dernier face à faceFaccia a faccia de Sergio Sollima, l’exceptionnel Tire encore si tu peuxSe sei vivo spara de Giulio Questi, et le plus méconnu Les Tueurs de l’OuestEl precio de un hombre. Ce dernier, par ailleurs très rare, est plus ibérique que transalpin.

Le film est réalisé par l’espagnol Eugenio Martín, connu des amateurs de cinéma Bis pour un Pancho Vila avec Telly Savalas (1972), Les 4 Mercenaires d’El Paso avec Lee Van Cleef, James Mason, Gina Lollobrigida et Gianni Garko (1971) et Terreur dans le Shangaï Express (1972) avec les mythiques Christopher Lee et Peter Cushing. Un habitué de la série B de luxe. Pour Les Tueurs de l’Ouest, adapté d’un roman du spécialiste et prolifique Marvin H. Albert, Eugenio Martín fait le boulot en se concentrant surtout sur les tronches de ses comédiens, et signe un western standard, pas inoubliable, mais aucunement déplaisant et surtout toujours aussi divertissant.

Chilsom le chasseur de primes traque deux hommes appartenant à la bande de Gomez. La traque va le mener dans le village où est emprisonné Gomez, qui ne tardera pas à s’évader, grâce aux villageois le croyant innocent. Quand ce dernier va régler ses comptes avec l’aide de sa bande de tueurs, le village va se transformer en champ de bataille.

Ou comment le bad-guy vole la vedette au héros ! Avec son charisme suintant et vénéneux, Tomas Milian emporte facilement la mise face à son partenaire, le britannique Richard Wyler, vedette et rôle-titre de Coplan FX 18 casse tout de Riccardo Freda (1965). Avant de bifurquer vers les poliziotteschi, Tomas Milian marque le western de sa griffe. Dans Les Tueurs de l’Ouest, il se délecte dans la peau de son personnage bien pourri, surtout quand l’homme qui voulait le mettre derrière les barreaux se retrouve en fâcheuse posture et s’en prend plein la gueule. Rétrospectivement, c’est à ce moment-là que Tomas Milian devient un acteur culte.

Le film démarre sur les chapeaux de roues et si le rythme tend à se ralentir quelque peu après l’évasion de Gomez, Les Tueurs de l’Ouest contient son lot de séquences d’action et les décors naturels d’Almería où l’herbe grasse côtoie les montagnes aux sommets enneigés font toujours leur effet, tout comme la composition de Stelvio Cipriani, sa première réalisée pour le cinéma. Une petite réussite d’un genre qui déferlait alors dans tous les cinémas européens.

LE MEDIABOOK

Et hop, un nouveau Mediabook dans l’escarcelle d’Artus Films ! Inédit en DVD, Les Tueurs de l’Ouest rejoint ainsi la collection Western Européen et devient un titre privilégié de l’éditeur, puisque disponible en Edition Collector Livre+Blu-ray+DVD. Un superbe objet de collection composé des deux disques et d’un livre de 64 pages consacré aux Westerns de Marvin H. Albert au cinéma, réalisé sous la direction de Lionel Grenier, avec la participation d’Emmanuel Le Gagne et Jérôme Pottier. Des textes soignés, passionnants, érudits et qui se lisent avec un très grand plaisir, le tout agrémenté de photographies et d’affiches d’exploitation.

Comme sur l’édition du Retour de Ringo, le brillant Curd Ridel est de nouveau en piste, toujours devant son feu de cheminée, pour nous parler des Tueurs de l’Ouest (10’). L’invité d’Artus nous parle du réalisateur Eugenio Martín, qui signe ici son meilleur western, mais surtout de l’ensemble du casting avec sa « galerie de sales gueules ». Curd Ridel réalise une introduction toujours très sympathique de ce film très rare et difficile à dénicher.

L’interactivité se clôt sur un diaporama de photos et sur la bande-annonce (allemande) du film.

L’Image et le son

Attention, voici un petit trésor longtemps espéré par les fans de westerns spaghetti et de cinéma Bis ! Les Tueurs de l’Ouest débarque en France grâce aux bons soins d’Artus Films. Une copie HD restaurée qui devrait ravir les aficionados. Dès la première séquence, la luminosité est grande et la profondeur de champ éloquente. Certes, le générique s’accompagne de poussières, de fourmillements et de rayures verticales, mais ces défauts sont limités. Le master trouve rapidement son équilibre avec un grain original équilibré, des couleurs à foison (photo d’Enzo Barboni), des détails impressionnants sur les visages des comédiens, avec la sueur qui perle les fronts et les rides emplies de crasse. Certaines scènes semblent plus jaunâtres et les yeux bleus d’Halina Zalewska paraissent verts, mais (re)découvrir Les Tueurs de l’Ouest en Blu-ray tient du miracle et cette édition ne déçoit pas.

Les Tueurs de l’Ouest est proposé dans sa version intégrale. Certaines séquences n’ont jamais été doublées en français et passent donc directement en espagnol. Au jeu des comparaisons, la version française s’accompagne d’un souffle chronique, tandis que la piste espagnole est parfois un brin criarde. Les deux versions sont proposées au format LPCM Audio 2.0.


Crédits images : © Artus Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr