Test 4K UHD / Adieu poulet, réalisé par Pierre Granier-Deferre

ADIEU POULET réalisé par Pierre Granier-Deferre, disponible en DVD et combo Blu-ray/4K UHD le 5 juin 2024 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Julien Guiomar, Pierre Tornade, Françoise Brion, Claude Rich, Claude Brosset…

Scénario : Francis Veber, d’après le roman de Raf Vallet

Photographie : Jean Collomb

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h31

Année de sortie : 1975

LE FILM

Le commissaire Verjeat, aidé de son adjoint Lefèvre se bat contre la corruption de sa ville, à la veille de nouvelles élections. Mis sous pression, il partira en donnant un coup de pied dans la fourmilière…

Quel pied ! Malgré ses multiples rediffusions à la télévision, Adieu poulet de Pierre Granier-Deferre (1927-2007) reste un très grand moment du cinéma français. L’immense réussite de ce film policier écrit par Francis Veber, d’après le roman de Raf Vallet lui -même inspiré par un fait divers survenu à Puteaux au début des années 1970, découle de l’alliance entre un réalisateur chevronné, un scénariste virtuose et un casting exceptionnel mené par deux de nos plus grands comédiens, Lino Ventura et Patrick Dewaere. Thriller politique qui n’a jamais été autant d’actualité, Adieu poulet est et reste une véritable référence, par ailleurs grand succès critique et public à sa sortie en décembre 1975 avec près de 2 millions spectateurs.

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Test Blu-ray / Qu’as-tu fait à la guerre, papa ?, réalisé par Blake Edwards

QU’AS-TU FAIT À LA GUERRE, PAPA ? (What Did You Do in the War, Daddy?) réalisé par Blake Edwards, disponible en Combo Combo Blu-ray + 2 DVD le 21 mai 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : James Coburn, Dick Shawn, Sergio Fantoni, Giovanna Ralli, Aldo Ray, Harry Morgan, Carroll O’Connor, Leon Askin…

Scénario : William Peter Blatty, d’après une histoire originale de Blake Edwards & Maurice Richlin

Photographie : Philip H. Lathrop

Musique : Henry Mancini

Durée : 1h51

Année de sortie : 1966

LE FILM

Été 1943, le capitaine américain Cash reçoit l’ordre de ses supérieurs d’envahir le village de Valerno en Sicile. Les habitants acceptent de se rendre à condition de pouvoir célébrer le soir même la fête annuelle du vin…Les Américains et les Italiens vont alors s’unir pour une journée et nuit sous le signe des femmes et de l’alcool. Les choses se gâtent quand les avions allemands et américains prennent pour des émeutes ce qui s’avère être des combats de rues mis en scène par les capitaines Cash et Oppo, pour la tranquillité des habitants.

Quand il tourne Qu’as-tu fait à la guerre, papa ?What Did You Do in the War, Daddy?, le réalisateur Blake Edwards a déjà derrière lui Diamants sur canapé Breakfast at Tiffany’s et vient de connaître un triomphe aussi inattendu qu’international avec La Panthère rose The Pink Panther. Bien qu’il pense déjà à sa comédie militaire, on lui impose de surfer sur le succès de son félin fuchsia et Quand l’inspecteur s’emmêle A Shot in the Dark sort dès l’année suivante, puis il enchaîne directement avec La Grande Course autour du mondeThe Great Race, qui le confortent au box-office. Mais ce ne sera pas le cas de Qu’as-tu fait à la guerre, papa ? (échec critique et surtout commercial), qui demeure et restera probablement méconnu dans la filmographie de son auteur, et ce même si le film a commencé à être réhabilité depuis une quinzaine d’années. Cet opus rappelle non seulement que Blake Edwards n’est pas « que » le metteur en scène de La Party ou de La Panthère rose et de ses suites, mais qu’il est également le père de la comédie moderne, maintes fois imité mais jamais égalé. Encore plus irrévérencieux et fou que M*A*S*H, le film empile les gags et les quiproquos dévastateurs sur un scénario extraordinaire, une reconstitution soignée, jusque dans ses scènes de bataille. Burlesque, engagé, furieusement pacifiste et antimilitariste, le film de Blake Edwards use du slapstick avec virtuosité et prône la fleur au bout du fusil, le vin coulant à flots et les confettis remplaçant les munitions. Si vous croyiez que La Party était LA référence en matière de comédie décalée, dans le sens noble du terme, attendez de voir Qu’as-tu fait à la guerre, papa ?, à replacer de toute urgence dans le top de la filmographie de Blake Edwards.

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Test Blu-ray / Les Boys de la compagnie C, réalisé par Sidney J. Furie

LES BOYS DE LA COMPAGNIE C (The Boys in Company C) réalisé par Sidney J. Furie, disponible en Combo Blu-ray + 2 DVD le 12 avril 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : Stan Shaw, Andrew Stevens, James Canning, Michael Lembeck, Craig Wasson, Scott Hylands, James Whitmore Jr., Noble Willingham, R. Lee Ermey…

Scénario : Rick Natkin & Sidney J. Furie

Photographie : Godfrey A. Godar

Musique : Jaime Mendoza-Nava

Durée : 2h01

Année de sortie : 1978

LE FILM

1967. Cinq jeunes Marines, engagés volontaires, intègrent un camp militaire où ils seront formés, avant d’être envoyés au Vietnam. Ils découvrent alors l’horreur de la guerre et une plongée en enfer à laquelle personne ne les avait préparés…

Quand on parle de la guerre du Vietnam au cinéma, on pense immédiatement à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, Platoon d’Oliver Stone, Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino, Rambo de Ted Kotcheff, Good Morning, Vietnam de Barry Levinson, Outrages de Brian De Palma et Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Mais avant cela, le cinéma hollywoodien s’était déjà intéressé à ce conflit, comme média de propagande à l’instar des Bérets verts The Green Berets, co-réalisé en 1968 par Ray Kellogg et John Wayne. Dix ans plus tard, Sidney J. Furie coécrit avec son complice Rick Natkin et réalise Les Boys de la compagnie C The Boys un Company C, film qui n’est sans doute pas passé à la postérité, mais qui demeure néanmoins important rétrospectivement, puisqu’il s’avère être la matrice de l’oeuvre susmentionnée de Stanley Kubrick. En effet, impossible de ne pas penser à Full Metal Jacket, pourtant sorti dix ans plus tard, surtout durant l’entraînement de la future unité de Marines (durant lequel apparaît le même R. Lee Ermey, légendaire sergent-instructeur Hartman, ici quasiment dans le même rôle), destinée à être envoyée au Vietnam où chaque membre servira essentiellement de chair à canon. Mais Sidney J. Furie ne s’intéresse pas seulement à la formation de ces soldats spéciaux, d’ailleurs, contrairement à Full Metal Jacket où cet acte dure quasiment la moitié du métrage celui-ci ne représente qu’un quart dans Les Boys de la compagnie C, le cinéaste désire montrer comment cela se passait réellement sur le terrain. Certes, comparer la virtuosité quasi-chirurgicale et symétrique de Stanley Kubrick au style plus passe-partout de Sidney J. Furie serait inutile. Toutefois, il serait fort dommage de ne pas réévaluer Les Boys de la compagnie C, qui au-delà de son côté précurseur, reste un formidable divertissement mené sans aucun temps mort.

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Test Blu-ray / Tentacules, réalisé par Ovidio G. Assonitis

TENTACULES (Tentacoli – Tentacles) réalisé par Ovidio G. Assonitis, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 3 mai 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : John Huston, Shelley Winters, Bo Hopkins, Henry Fonda, Delia Boccardo, Cesare Danova, Alan Boyd, Sherry Buchanan…

Scénario : Jerome Max, Tito Carpi & Steven W. Carabatsos

Photographie : Roberto D’Ettorre Piazzoli

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h37

Année de sortie : 1976

LE FILM

Dans une petite ville de la côte ouest des États-Unis, un bébé et un marin disparaissent. Quelques heures plus tard, leurs cadavres sont retrouvés atrocement mutilés sur la plage. Un shérif, aidé d’une journaliste et d’un océanographe, va essayer de trouver la cause de ce massacre. Ils vont découvrir l’existence d’une créature géante sortie du fond de l’océan.

Si tu avances quand Tentacules, comment voulez-vous que…Bienvenue à Ocean Beach, qui rappelle bougrement l’île d’Amity dans Les Dents de la mer. En fait, TOUT fait penser au chef d’oeuvre de Steven Spielberg, qui venait de triompher dans le monde entier et de donner naissance au blockbuster estival. Ayant de la suite dans les idées, du plagiat plutôt, le producteur Ovidio G. Assonitis, à qui l’on doit Qui l’a vue mourir? d’Aldo Lado, Au pays de l’exorcisme d’Umberto Lenzi et même de L’Événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune de Jacques Demy entreprend de surfer sur le succès international de Jaws, en remplaçant le requin par une pieuvre géante. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Ovidio G. Assonitis, sous le pseudo d’Oliver Hellman, passe derrière la caméra pour la seconde fois de son illustre carrière, trois ans après Le Démon aux tripes, autre relecture éhontée et opportuniste de L’Exorcisme de William Friedkin. Nous sommes ici en plein nanar de luxe dont l’affiche, on ne peut plus prometteuse et alléchante, réunit John Huston, Henry Fonda, Shelley Winters et Bo Hopkins, en prise avec un gigantesque céphalopode qui déchire des maquettes de bateaux en balsa. Tourné avec trois francs six sous (faites la conversion en lires et en dollars de l’époque), Tentacoli ou tout simplement Tentacles enchaîne les non-sens et les aberrations avec une rare décontraction, copie la façon de filmer de Steven Spielberg, jusqu’à la photographie de Roberto D’Ettorre Piazzoli (l’étonnant Sonny Boy, le légendaire Starcrash, le choc des étoiles, le mythique Piranha 2 : les tueurs volants d’un certain James Cameron, soit trois productions Assonitis) qui agit aussi en bon faussaire. Vous l’aurez compris, on rigole beaucoup devant Tentacules et c’est déjà ça de pris.

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Test Blu-ray / Les Rats attaquent, réalisé par Robert Clouse

LES RATS ATTAQUENT (Deadly Eyes) réalisé par Robert Clouse, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 12 avril 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : Sam Groom, Sara Botsford, Scatman Crothers, Cec Linder, Lisa Langlois, Lesleh Donaldson, James B. Douglas, Lee-Max Walton…

Scénario : Charles H. Eglee, d’après le roman de James Herbert

Photographie : René Verzier

Musique : Anthony Guefen

Durée : 1h27

Année de sortie : 1982

LE FILM

Toronto. Des rats ont dévoré du maïs contaminé et se transforment en monstres féroces qui attaquent les personnes isolées. Kelly Leonard, inspectrice du département de la Santé Publique, et Paul Harris, un professeur amoureux d’elle, vont tout mettre en oeuvre pour arrêter la horde carnivore…

Quand on vous demande qui est Robert Clouse (1928-1997), vous nous répondez ? Opération Dragon – Enter the Dragon (1973) et Le Jeu de la mort Game of Death (1978) bien sûr. Mais encore ? Le Chinois The Big Brawl (1980) avec Jackie Chan, oui, bien joué. Ensuite ? Cela devient compliqué ? New York ne répond plus… The Ultimate Warrior (1975) avec Yul Brynner et Max von Sydow ! Il fallait le trouver celui-là ! Après, on vous met au défi de trouver un autre film réalisé par Robert Clouse…C’est pourquoi nous allons parler des Rats attaquent Night Eyes (1982), film d’horreur qui comme son titre français l’indique se focalise sur des rongeurs mutants (ils ont mangé du maïs gonflé dopé aux hormones qui traînait sur un quai) qui ont décidé grignoter jusqu’à la dernière miette la ville de Toronto et ses habitants. Mais c’était sans compter sur le courage d’un prof et entraîneur de basket, accompagné de sa girlfriend inspectrice sanitaire, qui avait pourtant mis en garde les responsables du stock de céréales transgéniques (destiné au Tiers-Monde, donc c’est pas grave), dont l’amour sera plus fort que ces rats gros comme des chiens…ce qui n’est pas étonnant puisque des teckels surmontés d’une fourrure ont servi pour les prises de vue. Divertissement sympathique, bien que peu inventif et nullement inoubliable, Les Rats attaquent est un spectacle honnête, qui n’arrive évidemment pas à la cheville de Willard (1971) de Daniel Mann, mais qui s’avère plus cool que sa suite Ben (1972) de Phil Karlson. Même si notre coeur penche toujours également pour Soudain… les monstres The Food of the Gods (1976) de Bert I. Gordon, Les Rats attaquent est l’opus idéal du genre que l’on recherche pour une soirée film, bière, pizza.

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Test Blu-ray / Le Péril jeune, réalisé par Cédric Klapisch

LE PÉRIL JEUNE réalisé par Cédric Klapisch, disponible en Édition Blu-ray + 2 DVD + Livret le 5 mars 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : Romain Duris, Vincent Elbaz, Julien Lambroschini, Nicolas Koretzky, Joachim Lombard, Lisa Faulkner, Julie-Anne Roth, Hélène de Fougerolles, Caroline Damiens, Élodie Bouchez, Jackie Berroyer…

Scénario : Cédric Klapisch, Santiago Amigorena, Alexis Galmot & Daniel Thieux

Photographie : Dominique Colin

Durée : 1h41

Année de sortie : 1994

LE FILM

Dix ans après leur terminale, voici Léon, Bruno, Momo, Chabert. Quatre garçons chahuteurs devenus quatre hommes, jeunes encore, mais que la vie déjà grisaille, le cheveu plus sage, la tenue plus stricte. Ce qui les réunit ? La naissance imminente du bébé de Sophie, une ex-copine de classe. Ce qui les hante ? La mort de Tomasi, le père du bébé, leur pote, le feu follet. Au fil des conversations, les regards se rallument, les secrets se libèrent.

C’est ce qu’on appelle un film culte. Et il n’y en pas tant que ça en France. C’est surtout qu’on a quelque peu abusé (y compris l’auteur de ces mots) de cette expression, que l’on a tendance à mettre à toutes les sauces, un moyen sans doute détourné pour dire autrement que « le cinéma c’était mieux avant » sans être taxé de réac. Mais en ce qui concerne Le Péril jeune de Cédric Klapisch, c’est évident, incontestable. Ce film, ou plutôt téléfilm car à l’origine tourné pour la télévision et plus précisément pour La Sept-Arte, le quatrième ouvrage derrière la caméra du réalisateur après deux superbes courts-métrages (In Transit et Ce qui me meut) et son premier long-métrage Riens du tout (avec Fabrice Luchini) est très vite devenu un phénomène. Près de 650.000 spectateurs iront applaudir ces jeunes comédiens venus de nulle part, inconnus, se retrouver en eux, pour se rappeler leur propre jeunesse, tandis que ceux de la même génération que Tomasi, Chabert, Léon, Bruno, Momo, Sophie, Christine se projetaient en eux…Trente ans plus tard, celui qui incarnait Tomasi, Romain Duris est devenu une star du cinéma français, Vincent Elbaz, s’il n’a jamais connu le même statut que son partenaire, n’a jamais quitté les écrans, Élodie Bouchez a remporté deux César…Cédric Klapisch, qui a instantanément fait sa place dans le septième art hexagonal et continue de réjouir souvent les spectateurs, aura offert un véritable tremplin à cette troupe d’acteurs, tandis que ses personnages annonçaient déjà ceux que l’on allait découvrir à travers sa filmographie, notamment L’Auberge espagnole, dont l’engrais est déjà bien présent dans Le Péril jeune.

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Test Blu-ray / Le Chat et le canari, réalisé par Radley Metzger

LE CHAT ET LE CANARI (The Cat and the Canary) réalisé par Radley Metzger, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 22 mars 2024 chez Rimini Editions

Acteurs : Honor Blackman, Michael Callan, Edward Fox, Wendy Hiller, Olivia Hussey, Beatrix Lehmann, Carol Lynley, Daniel Massey, Peter McEnery, Wilfrid Hyde-White…

Scénario : Radley Metzger, d’après la pièce de théâtre de John Willard

Photographie : Alex Thomson

Musique : Steven Cagan

Durée : 1h29

Année de sortie : 1978

LE FILM

À Glendiff en 1914, le riche et extravagant Cyrus West meurt dans son château. Vingt ans plus tard, la notaire Allison Crosby réunit tous les héritiers dans la grande salle afin de divulguer le testament. Elle découvre qu’Annabelle West en est la légataire universelle. Peu à peu les invités disparaissent puis sont retrouvés assassinés…

Tandis que les gialli et films d’épouvante de Dario Argento et de ses confrères compatriotes remplissent les salles dans les années 1970, que le slasher est sur le point de prendre son envol avec La Nuit des masques – Halloween de John Carpenter et que les enquêtes d’Hercule Poirot semblent intéresser les spectateurs (après Le Crime de l’Orient-Express, Mort sur le Nil se profile à l’horizon), le producteur Richard Gordon (Inseminoïd, Monstres invisibles, Corridors of Blood) a de la suite dans les idées. Pourquoi ne pas mixer tous ces ingrédients, les passer à la sauce à la menthe (autrement dit british) et tenter de surfer sur ces effets de mode ? Voilà comment est né Le Chat et le canari The Cat and the Canary, adapté d’une pièce de théâtre de John Willard, déjà transposée dans les années 1920 par Paul Leni, qui combine le film d’horreur (plusieurs meurtres y sont commis), l’enquête policière (un assassin se cache dans une demeure) et le whodunit (le meurtrier en question est peut-être dissimulé parmi les personnages principaux). Formidable opus que Le Chat et le canari version 1978, solidement mis en scène par Radley Metzger (1929-2017), bourré de trouvailles à la fois sur le fond et sur la forme et surtout merveilleusement interprété par une troupe de dix comédiens exceptionnels qui ont l’air de s’amuser du début à la fin. Une belle et grande découverte.

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Test Blu-ray / L’Énigmatique Monsieur D., réalisé par Sheldon Reynolds

L’ÉNIGMATIQUE MONSIEUR D. (Foreign Intrigue) réalisé par Sheldon Reynolds, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 6 mars 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : Robert Mitchum, Geneviève Page, Ingrid Thulin, Frédéric O’Brady, Eugene Deckers, Inga Tidblad, John Padovano, Lauritz Falk…

Scénario : Sheldon Reynolds, Harold Jack Bloom & Gene Levitt

Photographie : Bertil Palmgreen

Musique : Paul Durand

Durée : 1h35

Année de sortie : 1956

LE FILM

En villégiature sur la Côte d’Azur, le riche homme d’affaires Victor Danemore meurt subitement. Travaillant pour Danemore et présent au moment de sa mort, l’agent de publicité Dave Bishop est intrigué par le mystérieux passé de son ancien employeur. Il découvre que celui-ci était un maître-chanteur. En pleine guerre froide, il suit alors ses traces en France, en Suède et en Autriche.

Rétrospectivement parlant, on ne peut pas dire que L’Énigmatique Monsieur D. fasse partie des films les plus connus de la carrière de Robert Mitchum. Situé entre La Nuit du chasseur de Charles Laughton (qu’on ne présente plus) et Bandido Caballero ! de Richard Fleischer (méconnu et pourtant très bon), Foreign Intrigue est en réalité l’une des premières adaptations d’une série télévisée au cinéma. Foreign Intrigue ou Foreign Assignment est donc à la base une série dramatique et d’espionnage créée et produite par Sheldon Reynolds, plus de 150 épisodes répartis sur quatre saisons tournées entre 1951 et 1955. Ayant de la suite dans les idées, le « showrunner » décide de transposer son bébé pour le grand écran, en proposant à la fois une suite et un récapitulatif de l’histoire déjà connue des spectateurs. Exit Jerome Thor, James Daly et Gerald Mohr, vedettes respectives des deux premières saisons, de la troisième et de la quatrième, place à Robert Mitchum à qui le trench-coat sied évidemment à ravir. S’il avait déjà derrière-lui La Griffe du passé, Ça commence à Vera Cruz, Un si doux visage et Rivière sans retour, le comédien, à l’aube de ses 40 ans, n’était pas encore totalement reconnu dans le milieu et continuait à passer d’un genre à l’autre avec la même apparente décontraction. Un talent insolent qui fait le sel de L’Énigmatique Monsieur D., qui n’est certes pas transcendant, mais qui n’en reste pas moins agréable à suivre et qui vaut surtout pour la prestation de ses deux actrices principales, la française Geneviève Page et la suédoise Ingrid Thulin. Une curiosité, une découverte.

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Test Blu-ray / Main basse sur la ville, réalisé par Francesco Rosi

MAIN BASSE SUR LA VILLE (Le Mani sulla città) réalisé par Francesco Rosi, disponible en Édition Blu-ray + DVD + DVD bonus + livre – Boîtier Mediabook le 7 février 2024 chez Rimini Editions.

Acteurs : Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti, Marcello Cannavale, Dante Di Pinto, Alberto Conocchia, Carlo Fermariello, Terenzio Cordova…

Scénario : Francesco Rosi, Raffaele La Capria, Enzo Provenzale & Enzo Forcella

Photographie : Gianni Di Venanzo

Musique : Piero Piccioni

Durée : 1h41

Année de sortie : 1963

LE FILM

Poussée par l’entrepreneur Nottola, la municipalité de Naples transforme des terrains agricoles en terrains constructibles pour lancer un gigantesque programme immobilier. Le chantier entraîne la paralysie d’un enfant et de vives polémiques au sein du conseil municipal, alors que de nouvelles élections se préparent. L’enquête sur l’accident s’enlise, mais les stratégies électorales s’affinent, et certains membres de la majorité au pouvoir s’inquiètent de voir Nottola sur leur liste.

« J’ai toujours cru en la fonction du cinéma en tant que dénonciateur et témoin de la réalité. Main basse sur la ville est ce que j’appellerai un film théorème. » Francesco Rosi

Francesco Rosi, certainement l’un des cinéastes les plus engagés du cinéma italien, est né à Naples en 1922. Pour beaucoup et malgré une filmographie conséquente, Main basse sur la ville – Le Mani sulla città demeure son chef d’oeuvre, dans lequel sa critique (on peut même parler de radiographie) virulente des corps du pouvoir et de leurs malversations est la plus frontale. Entre fiction et documentaire, Main basse sur la ville poursuit sa revendication du genre du film d’enquête, initié l’année précédente avec Salvatore Giuliano en 1962. Le film s’inspire d’un fait réel survenu dans sa ville natale : l’écroulement d’un immeuble de Naples (en fait, le nom de la ville n’est jamais cité, mais tout le monde le sait) entraînant la mise en cause des industriels en charge du chantier. Cette séquence est d’ailleurs retranscrite à l’écran de manière très impressionnante, plongeant le spectateur dans une réalité sociale brute et immédiate qui renvoie ouvertement au néo-réalisme italien, Francesco Rosi ayant rappelons-le démarré sa carrière comme assistant (puis scénariste) de Luchino Visconti. Constat sévère de la spéculation immobilière et de ses mécanismes retors, Le Mani sulla città dévoile comment avec le soutien de la municipalité, un entrepreneur, incarné par l’ogre Rod Steiger, alors loin de l’inspecteur de la division des mineurs qu’il venait d’interpréter dans Lutte sans merci de Philip Leacock et juste avant d’enchaîner avec l’exceptionnel Prêteur sur gages de Sidney Lumet, s’empare de terrains vagues afin de les transformer en édifices modernes. Un business lucratif qui ne profite pas aux petites gens qui sont relogés dans des immeubles insalubres. La ville de Naples vit alors au cœur d’un véritable scandale immobilier, opposant la droite à la gauche qui craint que les prochaines élections ne viennent enliser le problème. Comme on dit en Italie donc, Capolavoro !

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Test Blu-ray / La Nuit de la comète, réalisé par Thom Eberhardt

LA NUIT DE LA COMÈTE (Night of the Comet) réalisé par Thom Eberhardt, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 29 février 2024 chez Rimini Editions

Acteurs : Robert Beltran, Catherine Mary Stewart, Kelli Maroney, Sharon Farrell, Mary Woronov, Geoffrey Lewis, Peter Fox, John Achorn…

Scénario : Thom Eberhardt

Photographie : Arthur Albert

Musique : David Campbell

Durée : 1h31

Année de sortie : 1984

LE FILM

À la suite du passage d’une comète, l’Humanité est en grande partie décimée. Regina et sa jeune soeur Samantha font partie des rares survivants. Elles trouvent refuge dans le studio d’une radio locale, qui continue d’émettre. Elles y rencontrent un autre survivant, Hector. Dans un monde désormais sans règles, les deux soeurs décident d’aller refaire leur garde-robe dans les centres commerciaux. Mais certains survivants, en partie irradiés, ont été transformés en zombies.

Voilà un pitch on ne peut plus alléchant ! Et en plus, le film tient ses promesses ! La Nuit de la comèteNight of the Comet n’a pas eu les honneurs d’une sortie dans les salles françaises et ce malgré son grand succès rencontré aux U.S.A. avec près de 15 millions de dollars de recette, pour une mise de départ de 750.000$ et un coût promotionnel de trois millions. La même année que Les Griffes de la nuit, C.H.U.D., Les Démons du maïs, Dreamscape, Charlie, Vendredi 13 : Chapitre final, Ghoulies, Gremlins, Razorback, Philadelphia Experiment, Terminator, Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension et Douce nuit, sanglante nuit, La Nuit de la comète devait connaître un bel engouement de la part de la critique et du public. Quarante ans après, cet opus SF demeure foncièrement sympathique, ultra-divertissant, excellemment mis en scène par Thom Eberhardt (né en 1947), qui venait tout juste de signer son premier long-métrage, L’Unique survivanteSole Survivor, qui témoignait déjà de son appétence pour le cinéma de genre. Avec Night of the Comet, et ce même si les producteurs Wayne Crawford et Andrew Lane (qui venaient de connaître un hit avec Valley Girl) allaient lui imposer d’ajouter quelques zombies à son récit, Thom Eberhardt fait preuve de beaucoup d’imagination sur le fond comme sur la forme, en rendant un vibrant hommage à la science-fiction vintage qui l’avait bercé dans sa jeunesse. Le charme opère encore et toujours (les coupes choucroute, les couleurs fluorescentes, les néons bariolés, les jeux d’arcade, tout y passe), c’est drôle, attachant et l’on passe un formidable moment.

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