Test Blu-ray / Les Sables du Kalahari, réalisé par Cy Endfield

LES SABLES DU KALAHARI (Sands of the Kalahari) réalisé par Cy Endfield, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 21 janvier 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Stanley Baker, Stuart Whitman, Susannah York, Harry Andrews, Theodore Bikel, Nigel Davenport, Nigel Kingsley, Barry Lowe…

Scénario : Cy Endfield, d’après le roman de William Mulvihill

Photographie : Erwin Hillier

Musique : John Dankworth

Durée : 1h59

Année de sortie : 1965

LE FILM

En Afrique du Sud, un bimoteur contenant sept personnes s’écrase dans le désert du Kalahari. L’entraide devient alors la principale motivation de survie pour les survivants. Mais les vivres vont bientôt se raréfier et le moment de faire un choix de conscience va devoir s’imposer…

C’est ce qui s’appelle un choc, un uppercut, qui nous laisse chaos et dans cet état second bien longtemps après la projection, pour ne pas dire définitivement. Les Sables du KalahariSands of the Kalahari est l’un des films les plus percutants et les plus inoubliables du réalisateur Cyril Raker Endfield aka Cy Endfield (1914-1995), scénariste, metteur en scène de théâtre et de cinéma, écrivain, magicien, et inventeur américain. Une longue carte de visite pour cet artiste méconnu dont les films les plus célèbres restent Train d’enferHell Drivers (1957), Jet Storm (1959), L’Île mystérieuseMysterious Island (1961), avec les merveilleux effets spéciaux de Ray Harryhausen, et ZoulouZulu (1964), tous ayant presque pour point commun le comédien britannique Stanley Baker (1928-1976), également vu chez Lucio Fulci (Le Venin de la peur), Peter Hall (L’Arnaqueuse), Joseph Losey (Accident, Eva, Les Criminels) et Peter Yates (Robbery). Suite au triomphe international de Zoulou, le cinéaste et son acteur fétiche prennent le contre-pied de cette superproduction avec Les Sables du Kalahari, survival concentré uniquement sur une demi-douzaine de personnages et ce durant quasiment l’intégralité du long-métrage. Cette nouvelle production Joseph E. Levine (Les Travaux d’Hercule, Les Mille et une nuits, Nevada Smith) est indéniablement l’un des films les plus ambitieux des années 1960 et livre une vision complètement pessimiste sur la nature humaine. À l’origine de cette adaptation du roman de William Mulvihill, Stanley Baker, co-producteur, souhaitait donner la réplique à son ami d’enfance Richard Burton, et à l’épouse de ce dernier, Elizabeth Taylor. Cela aurait pu se faire, si celle-ci, alors réticente à l’idée de tourner en Afrique, n’avait pas demandé un cachet bien trop supérieur à ce que le producteur était prêt à débourser. Exit donc le couple star, puis George Peppard, qui a le vent en poupe depuis Diamants sur canapéBreakfast at Tiffany’s de Blake Edwards est engagé, auprès de Susannah York. Cependant, après une journée de tournage, l’acteur est remercié (il part tourner Le Crépuscule des aiglesThe Blue Max de John Guillermin), puis se voit remplacer par Stuart Whitman. Tourné dans le véritable désert du Kalahari, situé entre le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud, et dans les studios (plus confortables) Shepperton à Londres et dans ceux d’Almeria en Espagne, Les Sables du Kalahari est une expérience immersive et inoubliable, où l’homme réduit à sa condition d’animal, est prêt à tout pour survivre et donc à tuer son semblable. Celles et ceux qui ont vu cette dernière collaboration Endfield-Baker ne l’ont jamais oublié et pour cause, Sands of the Kalahari s’inscrit de manière indélébile dans la mémoire des cinéphiles.

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Test Blu-ray / Les Jeunes années d’une reine, Sissi, Sissi Impératrice & Sissi face à son destin, réalisés par Ernst Marischka

LES JEUNES ANNÉES D’UNE REINE, SISSI, SISSI IMPÉRATRICE & SISSI FACE À SON DESTIN (Mädchenjahre einer Königin, Sissi, Sissi, die junge Kaiserin &
Sissi, Schicksalsjahre einer Kaiserin)
réalisés par Ernst Marischka, disponible en Coffret Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Rimini Editions & Arcadès.

Acteurs : Romy Schneider, Karlheinz Böhm, Magda Schneider, Uta Franz, Gustav Knuth, Vilma Degischer, Josef Meinrad, Erich Nikowitz, Walther Reyer, Senta Wengraf, Iván Petrovich, Helene Lauterböck…

Scénario : Ernst Marischka

Photographie : Bruno Mondi

Musique : Anton Profes

Durée : 1h45, 1h40, 1h41 & 1h44

Année de sortie : 1954, 1955, 1956 & 1957

LES FILMS

Les Jeunes années d’une reine (1954): Londres en 1837, panique au palais royal ! La jeune souveraine Victoria a disparu sans souci du protocole. Lors de cette fugue, elle vit la première romance de sa vie… Dans une somptueuse et fort colorée reconstitution de la cour d’Angleterre, voici le film qui précéda et inspira la célèbre série des « Sissi ».

Sissi (1955) :
La jeune Sissi accompagne à la cour impériale d’Autriche sa mère et sa soeur aînée Hélène promise au futur empereur. Comme à son habitude Sissi profite d’un moment en solitaire pour partir en promenade au cours de laquelle elle va rencontrer sans le savoir l’héritier impérial…


Sissi impératrice (1956):
Sissi est maintenant l’impératrice d’Autriche-Hongrie après son mariage avec l’empereur François-Jospeh. Toutefois, le pesant protocole et la sévérité de l’archiduchesse Sophie contraignent fortement sa nature spontanée. Quand la jeune femme met au monde une petite fille, sa joie est de courte durée puisque Sophie décide de lui en retirer la garde. Désabusée, Sissi se réfugie en Bavière chez ses parents.



Sissi face à son destin (1957) :
L’Empire est agité par des révolutionnaires hongrois mécontents de leurs attachements à la Maison d’Autriche. Sissi décide son époux à partir en Hongrie afin de calmer les esprits…

C’est peu dire que le réalisateur autrichien Ernst Marischka (1893-1963) a eu une intuition…En 1953, Rosemarie Magdalena Albach n’a que quinze ans. Elle quitte le pensionnat et rejoint sa mère, Magda Schneider, pour le tournage de Quand refleuriront les lilas blancsWenn der weiße Flieder wieder blüht de Hans Deppe, pour lequel elle avait passé des essais concluants et sur lequel elle est ensuite engagée comme actrice, pour la première fois de sa vie. C’est un succès immédiat, les spectateurs se prennent d’affection pour cette merveilleuse jeune comédienne à la photogénie renversante, au point où celle-ci éclipse sa propre génitrice. C’est sur le plateau de son second film, Feu d’artifice Feuerwerk de Kurt Hoffmann, que Romy Schneider (qui gardera désormais ce pseudonyme) rencontre Ernst Marischka. Il lui offre le rôle principal des Jeunes Années d’une reineMädchenjahre einer Königin, qu’il avait pourtant décidé de confier à Sonja Ziemann. C’est une nouvelle étape pour l’actrice, qui incarne la reine d’Angleterre Victoria à l’âge de 18 ans, l’action se déroulant en 1837, lors de son accession au trône. Peu de temps avant le décès de son oncle, la jeune Victoria apprend qu’elle est l’héritière du trône britannique. Commence alors pour elle l’apprentissage de sa nouvelle fonction avec l’aide du Premier ministre whig Lord Melbourne. Dans le même temps, sa mère, son oncle le roi des Belges et même Lord Melbourne se donnent pour mission de marier la jeune reine, chacun imposant son prétendant. Lasse, Victoria quitte Londres le soir de son repas d’anniversaire pour aller à Paris, là où elle pense pouvoir faire une étude approfondie de tous les jeunes gens. Seulement, le mauvais temps la contraint à s’arrêter dans une auberge à Douvres, là où se trouve également le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, un des trois prétendants sur la liste. Les jeunes gens vont alors faire connaissance, chacun cachant soigneusement son identité…

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Test Blu-ray / Week-end de terreur, réalisé par Fred Walton

WEEK-END DE TERREUR (April Fool’s Day) réalisé par Fred Walton, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Heaton, Leah Pinsent, Mike Nomad, Thomas F. Wilson…

Scénario : Danilo Bach

Photographie : Charles Minsky

Musique : Charles Bernstein

Durée : 1h29

Année de sortie : 1986

LE FILM

Muffy St. John, riche héritière, invite plusieurs de ses amis étudiants à passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir situé sur une île privée que possèdent ses parents. La fête s’annonce grandiose et Muffy a préparé quelques poissons d’avril. Mais la plaisanterie vire au cauchemar lorsque les invités disparaissent l’un après l’autre…

Passé à la postérité pour avoir écrit et réalisé Terreur la ligne When a Stranger Calls (1979), thriller devenu culte très vite auprès des cinéphiles et des spectateurs avides du genre, le réalisateur Fred Walton (né en 1949) est pourtant l’homme d’un autre film aujourd’hui très prisé, Week-end de terreur April Fool’s Day. Sorti en 1986, en queue de comète du slasher, la même année que Vendredi 13, chapitre VI : Jason le mort-vivantFriday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (l’un des meilleurs opus de la franchise) et Body CountCamping del terrore de Ruggero Deodato, tandis que Freddy Krueger se préparait à apparaître pour la troisième fois au cinéma, Week-end de terreur préfigure ce que deviendra le genre avec dix ans d’avance. Car même si Scream est encore loin et relancera le slasher dans les années 1990, le film de Fred Walton joue déjà intelligemment la carte méta, s’interroge sur la notion d’épouvante, sur le rapport avec la peur qu’entretient le spectateur, tout en essayant d’insuffler du sang neuf au thriller horrifique alors en quasi-perdition. Et ça marche. Week-end de terreur est assurément un bon ride et même si le second visionnage passera sans doute moins bien en raison du twist final (“Hey what did you expect ?”), la mise en scène tient encore bien le coup et les décors naturels ravissent les pupilles.

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Test Blu-ray / Les Démons du maïs – La Trilogie d’origine, réalisés par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox

LES DÉMONS DU MAÏS – LES DÉMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL – LES DÉMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR (Children of the Corn – Children of the Corn II: The Final Sacrifice – Children of the Corn III: Urban Harvest) réalisé par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox, disponible en Combo Coffret DVD ou Blu-ray depuis le 16 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Peter Horton, Linda Hamilton, R.G. Armstrong, John Franklin, Robby Kiger, Courtney Gains, Anne Marie McEvoy, Julie Maddalena, Terence Knox, Paul Scherrer, Ryan Bollman, Ned Romero, Christie Clark, Rosalind Allen, Ed Grady, John Bennes, Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Jon Clair, Mari Morrow, Michael Ensign, Duke Stroud…

Scénario : George Goldsmith, A.L. Katz, Gil Adler, Dode B. Levenson, d’après la nouvelle de Stephen King

Photographie : João Fernandes, Levie Isaacks, Gerry Lively

Musique : Jonathan Elias, Daniel Licht

Durée : 1h32, 1h33 & 1h31

Date de sortie initiale : 1984, 1993 & 1995

LES FILMS

Les Démons du maïsChildren of the Corn (1984) réalisé par Fritz Kiersch Galtin :

Une petite ville du Nebraska, est le théâtre d’une horreur sans nom lorsqu’un jeune prédicateur de 12 ans, Isaac, avec l’aide de son âme damnée Malachi, convint les enfants d’assassiner tous les adultes. Ses ordres démoniaques sont exécutés, les jeunes se retrouvent alors rois et maîtres des lieux et se réfugient dans un immense champ de maïs. Trois ans plus tard, Burt Stansor et sa fiancée Vicky Baxter traversent le village désert à la recherche du shérif, croyant avoir renversé quelqu’un sur la route. Dans cette ville fantôme, le jeune couple égaré rencontre deux enfants qui désirent échapper au culte de Isaac. Bientôt pris au piège de cet enfer, l’horrible vérité se précise et ils se rendent compte que leurs vies sont menacées. La lutte sera terrible, car ils doivent affronter la force démoniaque dissimulée au milieu des champs de maïs…

Les Démons du maïs 2 : Le Sacrifice final Children of the Corn 2: The Final Sacrifice (1992) réalisé par David F. Price :

Après les macabres découvertes qui avaient mis en émoi la petite ville de Gatlin, le journaliste John Garrett se rend sur les lieux, espérant relancer sa carrière grâce à ce terrifiant fait divers. Il s’installe avec son fils Danny chez Angela, propriétaire du Bed & Breakfast local. Micah, un orphelin recueilli par Angela, relance le sanguinaire culte du maïs : à nouveau, des adultes sont assassinés dans d’horribles conditions…

Les Démons du maïs 3 : Les Moissons de la terreurChildren of the Corn 3: Urban Harvest (1995) réalisé par James D. R. Hickox en 1995 :

Gatlin, petite bourgade campagnarde de l’ouest américain… Après l’étrange et dramatique mort du fermier Earl Hutch, ses deux fils, Joshua et Eli, sont placés dans une famille adoptive à Chicago, dont le chef de famille est négociant en maïs. Les deux enfants découvrent alors un monde entièrement nouveau, un monde de gangs, de tags et de musique rap à l’image de la vie urbaine. Peu à peu, Joshua s’adapte à cette nouvelle vie, tandis qu’Eli s’y refuse complètement. Doué d’étranges pouvoirs, il parvient à rallier d’autres enfants à sa terrifiante façon de penser, n’hésitant pas à tuer tous ceux qui s’opposent à lui…

Tout est parti d’une nouvelle de Stephen King, publiée pour la première fois en mars 1977 dans le magazine Penthouse, avant de rejoindre l’anthologie intitulée Danse macabre, sortie l’année suivante. Une adaptation sous forme de court-métrage, quasi-invisible, emballé par John Woodward sous le titre des Disciples du corbeauDisciples of the Crow, est mise en scène en 1983 et distribuée en VHS en 1986 aux côtés de deux autres histoires rebaptisées à cette occasion Contes macabresNight Shift Collection. Une cassette aujourd’hui très recherchée, puisque retirée des bacs en raison de problèmes de droits d’exploitation. La transposition officielle de l’écrit du King sort en 1984, un an après celles de Cujo (par Lewis Teague), Dead Zone (par David Cronenberg) et Christine (par John Carpenter). La même année que CharlieFirestarter de Mark L. Lester, cette petite production de trois millions de dollars trouve immédiatement son public et remporte un joli succès avec près de 15 millions de recette, rien que sur le sol américain. Aux commandes, Fritz Kiersch s’en tire fort honorablement et c’est surtout sa sobriété, ce que ne retiendront pas ses successeurs dans les innombrables suites qui s’enchaîneront, qui participe à l’immersion du spectateur dans cette histoire étouffante, en privilégiant le hors-champ, plutôt que le gore et les effets spéciaux, qui n’interviennent d’ailleurs que dans la dernière partie.

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Test Blu-ray / Project X, réalisé par William Castle

PROJECT X réalisé par William Castle, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 décembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Christopher George, Greta Baldwin, Henry Jones, Monte Markham, Harold Gould, Phillip Pine, Lee Delano, Ivan Bonar…

Scénario : Edmund Morris, d’après les romans de Leslie P. Davies

Photographie : Harold E. Stine

Musique : Van Cleave

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

2118, un agent du gouvernement en mission en Asie prévient les États-Unis que le bloc occidental sera détruit quatorze jours plus tard. On le retrouve finalement inconscient et amnésique. Des scientifiques congèlent son corps et lui donne l’identité d’un voleur de banques de l’année 1968. Toutes les nuits, avec opiniâtreté, ils explorent son cerveau dans l’espoir qu’il finisse par se souvenir du message qu’il avait à transmettre à ses supérieurs.…

Quel film se cache sous ce titre mystérieux, Project X ? Celui-ci est réalisé en 1968 par le prolifique William Schloss, connu sous le pseudonyme de William Castle (1914-1977), connu pour Tuer n’est pas jouerI Saw What You Did (à ne pas confondre avec le premier James Bond de Timothy Dalton), La Nuit de tous les mystères – House of Haunted Hill, La Bataille de Rogue River – The Battle of Rogue River ou bien encore le sympathique western Duel sur le MississippiDuel on the Mississippi. Grand spécialiste de la série B, solide artisan de la Columbia et producteur malin qui a toujours su suivre et répondre aux goûts des spectateurs, William Castle en viendra même à produire Rosemary’s Baby et à mettre en scène des films d’horreur (13 Ghosts, Macabre, La Meurtrière diabolique). Project X est l’avant-dernier long-métrage du cinéaste, un opus de science-fiction indépendant, distribué par la prestigieuse Paramount Pictures, adapté de deux romans, The Artificial Man et Psychogeist de L. P. Davies. C’est le scénariste Edmund Morris, formé à la télévision sur moult séries policières des années 1950, puis de western la décennie suivante, qui se charge de cette double transposition. Pour l’une de ses rares incursions au cinéma, on peut aussi citer le mythique Walk on the Wild SideLa Rue chaude d’Edward Dmytryk, ils’en tire fort honorablement et surfe à la fois sur le côté espionnage, alors en pleine effervescence avec la saga James Bond, et SF, alors que 2001, l’odyssée de l’espace triomphait dans le monde entier. Comme souvent avec ce genre de petit bijou de genre, oublié durant de longues années, on redécouvre à quel point Project X posait quelques miettes, de petites bases de la science-fiction à venir sur le petit comme sur le grand écran, en évoquant la manipulation des rêves comme Le Monde sur le filWelt am Draht, minisérie réalisée par Rainer Werner Fassbinder en 1973, Total Recall de Paul Verhoeven et (bien plus tard) Inception de Christopher Nolan, la réalité virtuelle de Dark City d’Alex Proyas, de Matrix des Wachowski et de Passé VirtuelThe Thirteenth Floor de Josef Rusnak, Nirvana de Gabriele Salvatores et bien d’autres. Autrement dit, Project X en a sérieusement sous le capot, conserve un charme rétro (les costumes du futur qui font penser à des pyjamas pilou pilou, les portes automatiques qui font « ppschiiit ») et contient son lot de scènes particulièrement impressionnantes quand le récit plonge les spectateurs dans les méandres du cerveau de son personnage principal. Un spectacle toujours aussi rafraîchissant.

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Test Blu-ray / Les Copains d’Eddie Coyle, réalisé par Peter Yates

LES COPAINS D’EDDIE COYLE (The Friends of Eddie Coyle) réalisé par Peter Yates, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 22 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Robert Mitchum, Peter Boyle, Richard Jordan, Steven Keats, Alex Rocco, Joe Santos, Mitchell Ryan, Peter MacLean…

Scénario : Paul Monash, d’après le roman de George V. Higgins

Photographie : Victor J. Kemper

Musique : Dave Grusin

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Eddie Coyle est un bandit sans envergure qui vit de petits boulots, de trafic d’armes et de contrebande. Pour échapper à une condamnation et éviter de finir ses jours derrière les barreaux il accepte de travailler comme indicateur pour Dave Foley, un agent du FBI.

Peter Yates (1929-2011) n’est pas l’homme d’un seul film, quand bien même celui auquel on pense quand on évoque le réalisateur est évidemment Bullitt, son plus grand triomphe dans le monde et qui a largement contribué à consolider le mythe Steve McQueen. C’est avec Trois Milliards d’un coupRobbery (1967), polar britannique, qu’il se fait remarquer. Puis, c’est l’aventure américaine et là les années 1970 vont être aussi prolifiques que placées sous le signe du succès avec Les Quatre MalfratsThe Hot Rock (1972), adapté d’une des fabuleuses aventures de Dortmunder, personnage légendaire créé sous la plume de l’immense Donald Westlake, ou bien encore Ma Femme est dingueFor Pete’s Sake (1974), comédie avec Barbra Streisand. Si la postérité gardera aussi Les Grands fondsThe Deep (1977), tiré d’un roman de Peter Benchley, film d’action et d’aventure avec Robert Shaw, Jacqueline Bisset (et son t-shirt mouillé) et Nick Nolte, deux films demeurent obscurs, car passés inaperçus à leur sortie. Outre La Guerre de MurphyMurphy’s War (1971), dans lequel Peter O’Toole donne la réplique à Philippe Noiret, sur lequel nous sommes déjà revenus, l’autre joyau qui n’a eu de cesse de briller à nouveau aux yeux des cinéphiles n’est autre que Les Copains d’Eddie CoyleThe Friends of Eddie Coyle. Rapidement exploité dans les salles en 1973, cette chronique du crime de Boston est l’adaptation du roman éponyme de George V. Higgins, avocat et journaliste, dont l’originalité est de ne dévoiler l’intrigue qu’à travers les (fabuleux) dialogues, les divers personnages s’exprimant dans un argot du cru, ou même en langage codé, les malfrats évitant ainsi tous risques possibles s’ils sont mis sur écoute par les forces de l’ordre. Ou comment l’écrivain plonge ses lecteurs dans le petit monde des petits truands de la pègre. Grand succès dans les librairies, The Friends of Eddie Coyle voit ses droits être achetés par la Paramount, tandis que le scénariste Paul Monash (Les Vampires de Salem de Tobe Hooper), également producteur (Butch Cassidy et le Kid, Abattoir 5, Spéciale première, Carrie au bal du diable) monte le budget et transpose le best-seller pour l’écran. Robert Mitchum, au mitan de sa cinquantaine, entre La Fille de RyanRyan’s Daughter (1970) de David Lean et YakuzaThe Yakuza (1974) de Sydney Pollack, tient le rôle-titre, même si on lui avait dans un premier temps proposé celui qui sera campé par Peter Boyle. S’il n’apparaît qu’en pointillés, surtout dans la première partie, l’aura du monstre Mitchum plane sur tout le film. Longtemps oublié et même méconnu, aujourd’hui plébiscité et porté aux nues par les cinéphiles, Les Copains d’Eddie Coyle fait partie de ces trésors enfouis dans la filmographie de grands artisans – au sens noble du terme – du septième art, à l’instar des Flics ne dorment pas la nuit The New Centurions de Richard Fleischer, sorti quelques mois plus tôt. Peter Yates installe lui aussi une dimension documentaire dans son récit, dans un souci de réalisme, loin de tout romanesque ou refusant le spectaculaire (un braquage n’est après tout que le quotidien des salopards, rien de flamboyant donc), au profit d’une immersion authentique. Réhabilitons encore et toujours Les Copains d’Eddie Coyle !

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Test Blu-ray / L’Aigle à deux têtes, réalisé par Jean Cocteau

L’AIGLE À DEUX TÊTES réalisé par Jean Cocteau, disponible en Combo Blu-ray + DVD depuis le 16 septembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Edwige Feuillère, Jean Marais, Silvia Monfort, Jacques Varennes, W. Edward Stirling, Martine de Breteuil, Maurice Nasil, Gilles Quéant, Ahmed Abdallah, Jean Debucourt…

Scénario : Jean Cocteau, d’après sa pièce

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Auric

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Veuve depuis l’assassinat de son mari, la reine d’un royaume imaginaire vit recluse dans ses appartements, tandis que sa belle-mère cherche à s’emparer du trône. Un jeune anarchiste fait irruption dans sa chambre, décidé à la tuer. Contre toute attente, ils tombent amoureux l’un de l’autre, et décident de reprendre le pouvoir du royaume.

Avec plus de quatre millions d’entrées, La Belle et la Bête, premier long-métrage de Jean Cocteau, récompensé par le Prix Louis-Delluc 1946, est un triomphe aussi colossal qu’inattendu pour son auteur. Difficile donc de prévoir quel sera son second film, l’artiste touche-à-tout trouvant avec ce nouveau médium l’occasion d’explorer, d’inventer, de s’exprimer autrement sur ses obsessions, ses peurs, sa vision de l’humanité. Il jette finalement et rapidement son dévolu sur l’adaptation cinématographique de sa pièce – en trois actes – L’Aigle à deux têtes, grand succès des planches, qui s’est jouée pendant plus d’un an à guichets fermés et ce dès sa création en décembre 1946 au théâtre Hébertot à Paris. Pièce dite « historique », dans laquelle Jean Cocteau s’inspire de la mort de Louis II de Bavière (aka le roi fou) et celle de sa cousine Élisabeth d’Autriche (aka Sissi), L’Aigle à deux têtes était par essence un huis clos centré sur les liens entrecroisés et inévitables entre l’amour et le trépas. Pour sa transposition à l’écran, le dramaturge aère sa pièce en tournant quelques scènes en extérieur, afin de mieux planter son décor principal, celui du château, perdu au milieu de la campagne et dans lequel la reine vit avec le souvenir de son mari, mort le jour de leurs noces il y a dix ans, avant que le mariage ait pu être consommé. Souvent marqué par de (très) longues plages de dialogues et un manque de rythme, L’Aigle à deux têtes fascine par la prestation d’Edwige Feuillère, qui reprenait alors le rôle qu’elle avait campé sur scène. Il en est de même pour Jean Marais, étonnamment plus sobre que dans Les Parents terribles, qui sera pourtant filmé dans la foulée et sortira trois mois plus tard, fin 1948. Si l’engouement ne sera pas le même que pour celui rencontré avec La Belle et la Bête, L’Aigle à deux têtes remporte un beau succès dans les salles avec 2,4 millions d’entrées.

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Test Blu-ray / Les Parents terribles, réalisé par Jean Cocteau

LES PARENTS TERRIBLES réalisé par Jean Cocteau, disponible en Combo Blu-ray + DVD depuis le 16 septembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Jean Marais, Josette Day, Yvonne de Bray, Marcel André & Gabrielle Dorziat

Scénario : Jean Cocteau, d’après sa pièce

Photographie : Michel Kelber

Musique : Georges Auric

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Michel vit chez ses parents, Yvonne et Georges. Sa mère est possessive et jalouse. Au cours d’une nuit passée hors du domicile familial, le jeune homme fait la connaissance de Madeleine, dont il tombe amoureux. Yvonne est bien décidée à s’opposer à cette liaison.

À la base des Parents terribles, il y a bien sûr une pièce de théâtre, créée par Jean Cocteau lui-même dès novembre 1938 au Théâtre des Ambassadeurs à Paris. Un succès public monstre, mais un accueil froid, ou plutôt incendiaire de la part d’une grande partie de la critique, qui s’en prenait avant tout à l’auteur lui-même, qui selon ses dires, s’était beaucoup amusé à écrire une pièce de boulevard. Accompagnée d’un parfum de scandale, la pièce fut finalement interdite sous l’Occupation, sous prétexte qu’elle véhiculait une image immorale de la famille. Dix ans plus tard, après le triomphe international de La Belle et la Bête (4,2 millions d’entrées rien qu’en France) et le succès (moindre) de L’Aigle à deux têtes, Jean Cocteau décide de revenir à ses fameux Parents terribles et décide d’adapter sa pièce au cinéma, en reprenant quasiment le même casting. S’il faut accepter le fait que Jean Marais est désormais âgé de 35 ans, ce qui n’est guère réaliste pour incarner un jeune homme de 22 printemps, Les Parents terribles version grand écran ne s’enferme pas dans le piège du simple théâtre filmé, malgré l’ouverture montrant un rideau baissé et qui se met en mouvement après les fameux trois coups frappés. Jean Cocteau s’éloigne du simple champ-contrechamp et le réalisateur, très à l’aise avec la grammaire cinématographique, use du gros plan, du hors-champ, tout en livrant une vraie leçon de montage, épaulé pour cela par l’experte en la matière, Jacqueline Sadoul (Échec au porteur, La Femme et le pantin, Meurtre à Montmartre). Loin, très loin de ce que les détracteurs habituels de Jean Cocteau ont souvent fustigé, Les Parents terribles n’a rien de poussiéreux dans sa thématique. Certes, le jeu très emphatique de certains comédiens a pris du plomb dans l’aile, celui de Jean Marais surtout, mais l’histoire demeure foncièrement moderne, culottée, étonnante, bouleversante et teintée d’un humour noir à la fois provocateur et revigorant. Assurément l’un des meilleurs films de l’illustre Jean Cocteau et l’un de ses plus faciles d’accès.

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Test Blu-ray / La Furie des vampires, réalisé par León Klimovsky

LA FURIE DES VAMPIRES (La Noche de Walpurgis) réalisé par León Klimovsky, disponible en Édition Collector Blu-ray + 2 DVD + Livret le 13 février 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Paul Naschy, Gaby Fuchs, Barbara Capell, Patty Shepard, Andrés Resino, Yelena Samarina, Julio Peña, José Marco…

Scénario : Paul Naschy & Hans Munkel

Photographie : Leopoldo Villaseñor

Musique : Antón García Abril

Durée : Version courte (1h24) & Version longue non censurée (1h31)

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Deux étudiantes en sciences occultes sont à la recherche du tombeau de la comtesse Wandesa, personnage du Moyen-Âge soupçonnée de vampirisme. Égarées en pleine campagne, elles sont accueillies dans la demeure isolée du comte Waldemar Daninsky, condamné à se transformer en loup-garou depuis qu’il a été lui-même mordu.

Jacinto Molina, plus connu son nom d’artiste Paul Naschy (1934-2009), ancien haltérophile et catcheur de renom, est fasciné par le cinéma de genre et voue un culte aux films de momies, de vampires, de savants fous et autres créatures mythiques ayant fait le bonheur des studios Universal dans les années 30-40. Il décide de devenir comédien puis en vient à écrire des histoires d’épouvante. Sans le savoir, il vient de créer un nouveau courant au sein d’une production cinématographique espagnole sur le déclin, au point d’en devenir une véritable figure emblématique grâce au succès inattendu des Vampires du Docteur DraculaLa Marca del Hombre lobo en 1968, qui lance alors l’Age d’or du cinéma fantastique ibérique. Il y incarne le Comte loup-garou Waldemar Daninsky dont il reprendra le costume et les prothèses velues dans une douzaine de longs-métrages jusqu’en 2004. La Furie des vampiresLa Noche de Walpurgis est la quatrième « aventure » de ce lycanthrope, après Les Vampires du Docteur DraculaLa Marca del hombre lobo, (1968), Les Nuits du loup-garouLas Noches del Hombre Lobo (1968, que seul Paul Naschy évoquait, puisque le film n’a jamais pu être retrouvé) et Dracula contre FrankensteinLos Monstruos del terror (1970). Rétrospectivement, La Furie des vampires est encore considéré comme l’un des meilleurs opus de cette « saga ». Il est réalisé par l’argentin León Klimovsky (1906-1996), qui signera aussi l’épisode suivant (Dr. Jekyll y el Hombre Lobo), metteur en scène de quelques westerns (Le Colt du révérend avec Guy Madison, Quelques dollars pour Django avec Anthony Steffen), qui s’essaye au film d’épouvante dans cette production germano-espagnole. Paul Naschy y reprend donc son rôle le plus emblématique et cosigne aussi le scénario, comme sur le précédent. On reprend là où les choses s’étaient arrêtées (ce qui ne sera pas toujours le cas), mais cela ne perturbera pas trop les spectateurs qui ne sauraient pas ce qui s’est déroulé juste avant. La Furie des vampires peut se voir indépendamment et demeure un formidable spectacle, solidement interprété par un Paul Naschy (bien grimé) très impliqué et souvent ponctué par d’étonnantes idées formelles, malgré un manque de moyens qui se fait ressentir. Mais cela contribue au charme qui se dégage encore et toujours de ce film d’exploitation fait avec le coeur (sans pieu qui le traverse) par un des plus grands représentants européens du genre.

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Test Blu-ray / La Femme à abattre, réalisé par Bretaigne Windust & Raoul Walsh

LA FEMME À ABATTRE (The Enforcer) réalisé par Bretaigne Windust & Raoul Walsh, disponible en Blu-ray le 17 septembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Humphrey Bogart, Zero Mostel, Ted De Corsia, Everett Sloane, Roy Roberts, Michael Tolan, King Donovan, Bob Steele…

Scénario : Martin Rackin

Photographie : Robert Burks

Musique : David Buttolph

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Le gangster qui avait accepté de témoigner contre le chef d’une redoutable organisation criminelle se tue accidentellement. Le procureur Martin Ferguson perd son témoin clé et doit repartir à zéro. Il a peu de temps pour éviter que le suspect ne ressorte libre du tribunal.

Le générique indique que La Femme à abattreThe Enforcer a été réalisé par Bretaigne Windust (1906-1960). En réalité, Raoul Walsh (1887-1980) a été appelé à la rescousse pour reprendre le film en main, remplaçant au pied levé son confrère tombé gravement malade. Une autre raison serait que la Warner, s’étant rendu compte aux rushes de la mauvaise direction d’acteurs de Windust, aurait appelé le sieur Walsh afin de sauver l’entreprise. La Femme à abattre demeure un thriller moderne et implacable (la tension de L’enfer est à lui n’est pas loin), inspiré d’un fait divers réel survenu au début des années 40. Si le film est en effet signé Bretaigne Windust, cinéaste habituellement rodé à la comédie et au mélodrame, le film est marqué à chaque plan de l’inimitable griffe de Raoul Walsh. Porté par un immense Humphrey Bogart, qui allait être récompensé par l’Oscar du meilleur acteur l’année suivante pour The African Queen, La Femme à abattre est un pola remarquablement emballé, complexe avec ses plusieurs flashbacks imbriqués, virtuose, passionnant de la première à la dernière image (le final est anthologique), violent et rythmé. N’oublions pas la sublime photo contrastée signée Robert Burks (La Mort aux trousses, Sueurs froides, Les Tueurs de San Francisco) et la composition de David Buttolph qui contribuent à faire de ce film noir un grand spectacle.

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