
7 JOURS EN JUIN réalisé par David Aboucaya, disponible en DVD & Blu-ray le 10 avril 2026 chez Rimini Editions.
Acteurs : Manuel Goncalves, Laurent Guiot, Franck Rasamison, Anthony Wauters, Noé Aboucaya, Alain Marseglia, David Aboucaya, Laurent Aboucaya…
Scénario : David Aboucaya
Musique : David Aboucaya
Durée : 2h18
Année de sortie : 2025
LE FILM
Le 6 Juin 1944, un groupe de parachutistes américains atterrit en Normandie avec une mission spécifique à accomplir contre l’envahisseur nazi. Problème, leur largage les a déposés à une certaine distance de leur destination. Les soldats sont contraints de se réfugier dans un petit village du nom de Graignes. Ils ne le savent pas encore, mais avec le soutien de la population locale, Graignes va se transformer rapidement en dernier rempart contre l’armée allemande…

Vous ne le connaissez sans doute pas, mais David Aboucaya est un réalisateur (entre autres) indépendant, qui a plusieurs films à son actif aux titres aussi obscurs que Enfer 44 : Les soldats de la liberté, Winter War, 1945 Great War, Piège de guerre…Autant dire qu’il y a un dénominateur commun à tous ces opus. Et ce n’est pas son dernier en date, 7 jours en juin qui va changer la donne. David Aboucaya est un passionné de la Seconde Guerre mondiale et pour son nouveau film, tourné en quinze jours avec les moyens du bord (autofinancé donc), il se penche sur un épisode méconnu, tout du moins en France, survenu le 6 juin 1944.


Des parachutistes américains sont largués en Normandie. Face aux conditions déplorables beaucoup d’entre eux vont atterrir à des dizaines de kilomètres de leur drop zone initiale. Ce sera le cas pour plusieurs soldats de la 82 ème aéroportée se retrouvant aux abords du petit village de Graignes, à 30 kilomètres de Carentan (dans la Manche). Aidés par la population locale les parachutistes vont décider d’y établir une position de défense qui sera bientôt assiégée par une division SS. Malgré la bravoure de ces soldats et le courage de certains habitants, prêts à tout pour aider les Américains, la situation va vite s’avérer désespérée et Graignes restera dans les mémoires comme le théâtre de massacres perpétrés par les nazis et comme le petit Fort Alamo Normand dans celle des combattants américains. Un sujet ô combien difficile et malheureusement trop ambitieux pour David Aboucaya, qui malgré toute la bonne volonté du monde, s’enlise quasiment instantanément en raison d’un manque flagrant de moyens. Difficile de ne pas rire devant le résultat à l’écran (les bonnes, voire excellentes et dithyrambiques critiques sur Allociné sont sûrement rédigées par des potes du réalisateur), avec son casting qui paraît sortir d’un soap AB Productions, ses décors ultra-limités, ses effets spéciaux miteux et une « direction d’acteurs » inexistante. Sans parler de ses gros problèmes de mixage, de montage (les scènes de fusillades sont incompréhensibles), de gestion de l’espace, de rythme, d’autant plus que l’histoire s’étend sur près de 2h30 ! On aurait aimé soutenir cette petite entreprise, mais celle-ci entraîne involontairement une crise de rires nerveux…


Ce qui ne va pas d’emblée dans 7 jours en juin, c’est le jeu des comédiens, même si l’on sent qu’ils ont pris leur rôle à coeur, surtout que certains interprètent de vrais personnages. Mais cela coince au niveau de la diction, le texte étant récité comme à l’école. C’est le cas (désolé, ça tombe sur lui) de Laurent Guiot, qui avait déjà collaboré à plusieurs reprises avec David Aboucaya, qui n’a pas une seule réplique qui tombe juste et dont on ne croit pas une seconde au personnage. Celui-ci est supposé incarner un père de famille, veuf, et semble avoir le même âge que son fils, quant à lui interprété par Noé Aboucaya, qui s’en tire pas trop mal pour sa première apparition au cinéma. Il est aussi le fils du réalisateur David Aboucaya, qui au passage s’est aussi octroyé un des rôles principaux. Ils sont peu à se distinguer dans 7 jours en juin et sont d’ailleurs peu aidés par une écriture aussi scolaire que poussive, qui réduit les protagonistes à des figures attendues, des archétypes, des pantins sans âme.


Du point de vue technique, ça sent le système D., avec des uniformes qui semblent sortir d’un mauvais cosplay, une mise en scène où la caméra est sans cesse agitée pour appuyer le chaos environnant, une photographie délavée…Et puis cette sempiternelle impression que les « comédiens » évoluent dans le même périmètre, longent la même haie, le même mur, pour se retrouver finalement à leur point de départ. On se croirait dans une mauvaise reconstitution filmée pour France 3 Région, avec une compagnie d’animation historique improvisée. Mais ce qui ne passe ABSOLUMENT PAS, ce sont les soldats américains, joués par des français, qui trouvent un prétexte pour expliquer pourquoi ils s’expriment si bien dans la langue de Molière et ce sans aucun accent. Peut-être un petit accent normand…Mais cela ne fonctionne pas du tout, surtout quand les soldats US continuent de bavasser en français entre eux…Et le tout de faire pencher la balance du mauvais côté.


David Aboucaya, couteau suisse (il est à la fois producteur, responsable des effets spéciaux, acteur, metteur en scène, compositeur, scénariste…), gagnerait sans doute à déléguer certaines fonctions, ce qui lui permettrait d’avoir plus de recul, ou tout du moins bénéficier d’un autre regard critique sur certains partis-pris. Car on ne peut pas s’empêcher que le bougre en a sous le capot et mériterait qu’on lui donne sa chance, ou les moyens de ses ambitions, ce qui serait déjà pas mal. Mais à côté de ce film, La Septième Compagnie c’est Full Metal Jacket…


LE BLU-RAY
Rimini Éditions semble aimer les films de David Aboucaya ! En effet, l’éditeur avait déjà proposé Piège de guerre, Winter War et Enfer 44 en Haute-Définition ! C’est désormais au tour de 7 jours en juin d’être présenté en DVD et en Blu-ray, toujours chez Rimini. Le disque repose dans un boîtier classique de couleur noire, glissé dans un surétui cartonné. Le visuel est cheap et il est fort à parier que celui ait également été conçu par le réalisateur lui-même…Le menu principal est animé et musical.

L’éditeur fournit un making of conséquent d’1h11 ! La parole est donnée à une bonne partie des acteurs (certains ayant même plusieurs casquettes), qui abordent les (drastiques) conditions de tournage, l’implication de chaque membre de l’équipe (où chacun revient de film en film chez David Aboucaya), tandis que le réalisateur se livre sur ses intentions, ainsi que sur ses partis-pris, qui découlent souvent des moyens financiers mis à disposition. Nous n’en doutions pas, tout le monde semble être en parfaite cohésion et surtout conscients des limites de leur production. Des images de tournage dévoilent le système D de l’ensemble. Nous en apprenons aussi beaucoup plus sur les véritables événements à l’origine de 7 jours en juin.











L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.
L’Image et le son
Le master HD dépasse toutes les « attentes », s’il y en avait, et restitue solidement les partis pris, d’autant plus que 7 jours en juin se déroule essentiellement dans un environnement morne et « crépusculaire ». Cela n’empêche pas le piqué d’être souvent vif et acéré. La palette chromatique se révèle joliment glacée sur les scènes en extérieur ou au contraire plus chaudes pour les séquences se déroulant en intérieur, les contrastes sont denses, la compression plutôt solide et la définition est acceptable, même si beaucoup moins convaincante sur les séquences sombres. Rien de spectaculaire, mais ce Blu-ray donne indéniablement un coup de pouce aux volontés artistiques originales.

Du côté acoustique, le mixage français DTS-HD Master Audio 5.1 crée un espace d’écoute suffisamment plaisant en faisant la part belle à la musique et aux nombreux effets latéraux. Des ambiances naturelles percent les enceintes arrière avec une efficacité chronique. Signalons l’absence de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Cela n’aurait pas été de trop puisqu’il n’est pas rare de rater quelques dialogues, en raison du manque d’intelligibilité. Les rares dialogues en allemand ne sont pas traduits non plus.




Crédits images : © Rimini Éditions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
