Test Blu-ray / La Maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet

LA MAISON DES FEMMES réalisé par Mélisa Godet, disponible en DVD & Blu-ray le 8 juillet 2026 chez Pathé.

Acteurs : Karin Viard, Lætitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Pierre Deladonchamps, Juliette Armanet, Jean-Charles Clichet, Laurent Stocker, Aure Atika, Jeanne Rosa, Amandine Dewasmes, Marie Matheron…

Scénario : Mélisa Godet & Catherine Paillé

Photographie : Fabien Faure

Musique : Audrey Ismaël

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner dans leur reconstruction les femmes victimes de violences. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

Que voilà un premier long-métrage prometteur ! À l’origine de ce film, il y a un témoignage diffusé à la radio en 2016, celui de la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem, qui venait de créer La Maison des Femmes à Saint Denis, structure associative venant en aide aux femmes victimes de violences physiques et sexuelles. Mélisa Godet n’a jamais oublié cette intervention. Venue de l’INA, puis chargée de développement au sein des Productions du Trésor, elle devient coscénariste (Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal), puis signe enfin son premier film comme metteuse en scène, sobrement et tout simplement intitulé La Maison des femmes. Véritable film choral, la jeune réalisatrice s’entoure de magnifiques comédiennes, Karin Viard (la soixantaine épanouie), Lætitia Dosch (éblouissante), Eye Haïdara (radieuse), Oulaya Amamra (lumineuse), Juliette Armanet (poignante) et Aure Atika (impériale), pour ne citer que les plus célèbres, sans oublier les actrices incarnant les victimes et les trois acteurs principaux, Pierre Deladonchamps, Jean-Charles Clichet et Laurent Stocker, qui ne sont pas oubliés dans ce typhon où toute la distribution est logée à la même enseigne. Humaniste, sans jamais tomber dans le pathos ou le tire-larmes gratuit, d’utilité publique, réalisé avec autant de force que de pudeur, La Maison des femmes est un drame solaire, une batterie chargée à bloc d’optimisme, mené à cent à l’heure, bouleversant, mais aussi drôle, où le spectateur rit avec les personnages pour décompresser entre deux récits poignants de femmes meurtries dans leur corps, dans leur chair, dans leur âme. Si l’on pense forcément et indubitablement au somptueux Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry, avec lequel il détient de nombreux points communs, La Maison des femmes demeure l’un des plus beaux films français de l’année 2026.

Inès, jeune interne, débute son stage à la Maison des Femmes, au grand dam de sa mère, qui aurait préféré pour elle une place de stage plus prestigieuse. Ce n’est que temporaire, Inès a déjà un poste qui l’attend dans une clinique privée du 16e arrondissement de Paris. Elle y est vite confrontée au quotidien d’un service qui se bat pour survivre: des patientes nombreuses, des moyens limités, la faillite menace. En plus, des inspecteurs de l’IGAS débarquent pour auditer la structure et critiquent la gestion administrative du service. Outre les soins médicaux, notamment la reconstruction de clitoris pour les femmes excisées, la Maison des Femmes propose également un accompagnement psychologique et des ateliers (maquillage, photographie, fabrication de bijoux, karaté…) destinés à aider les patientes à reprendre confiance en elles. Ces ateliers ne vont-ils pas être considérés comme superflus par les inspecteurs de l’IGAS. Pour sauver le service, Diane décide de partir à la chasse aux financements et s’efforce d’obtenir de la visibilité dans les médias: elle courtise des responsables de grandes entreprises, organise des spectacles de soutien, lance la vente de tee-shirts portant la mention « merci Simone » au profit de sa structure. Elle décide d’étendre la structure et de créer d’autres Maisons des Femmes ailleurs en France. Quant à Manon, c’est une jeune mère qui lutte pour sauver son couple et partager équitablement sa charge mentale avec son compagnon.

Tout le monde a son histoire personnelle. Mais certains se donnent corps et âme pour aider en plus les personnes qui sont dans le besoin. Dans La Maison des femmes, le personnel est issu de différentes branches. On y croise tout aussi bien des médecins que des psychologues, des juristes, des avocats, des policiers, tous unis pour venir en aide aux femmes victimes de violence. L’idée est de se reconstruire, dans la tête, mais cela passe aussi par le corps, car Diane prend en charge les femmes excisées dès le plus jeune âge. Après une lourde opération, elles parviennent à retrouver l’estime d’elles-mêmes, à faire confiance aussi, puis s’ouvrent toujours plus aux autres (l’utilisation du plan-séquence laisse le temps pour que la parole se libère), pour enfin vivre pleinement, de façon indépendante. Avec son film, Mélisa Godet met en avant toutes les difficultés que peuvent rencontrer les soignants, comme cela avait été le cas durant la pandémie, où le confinement avait par définition cloîtré certaines victimes avec leurs bourreaux, augmentant les risques d’agressions, qui touchent d’ailleurs toutes les couches de la société, tous les milieux, toutes les générations.

Les comédiennes sont toutes animées par une énergie remarquable, contagieuse, qui emporte le spectateur dans le quotidien de leur personnage, chacune étant dévouée, ne comptant pas leurs heures, quitte pour cela à mettre quelque peu leur vie privée de côté. Manon (Lætitia Dosch, sublime), vient d’avoir un bébé, mais son travail lui prend du temps. Elle fait comme elle peut, mais s’embrouille désormais systématiquement avec son mec, qui lui reproche de consacrer des heures supplémentaires aux autres, plutôt qu’à leur enfant. C’est un exemple parmi d’autres. Quand Diane, Manon, Awa, Inès, Alexandre, Lucie et Gilles se retrouvent, l’union fait la force, les vicissitudes de l’existence sont mises de côté et tous font front commun.

Particulièrement immersif, La Maison des femmes est une expérience de cinéma à part entière, qui fait réfléchir, qui divertit, fait rire, pleurer, on en ressort grandi, revigoré, mais aussi plus concerné, curieux d’en savoir encore plus sur cette incroyable structure colorée plantée pas loin du périph’ parisien et qui compte aujourd’hui une bonne trentaine de nouvelles de nouveaux bâtiments dispersés partout en France. Ce qui est à la fois rassurant et alarmant certes, mais démontre que la création de Ghada Hatem n’était pas vaine.

LE BLU-RAY

Pour son premier long-métrage, Mélisa Godet n’est pas passée loin du demi-million d’entrées. Après cette exploitation remarquée dans les salles, La Maison des femmes débarque en DVD et en Blu-ray chez Pathé. Le visuel reprend celui de la belle affiche originale. Le menu principal de cette édition HD est animé et musical.

On démarre les bonus par quelques interviews croisées, celles de Karin Viard, Eye Haïdara et Oulaya Amamra, Lætitia Dosch et Juliette Armanet, ainsi que Mélisa Godet et Ghada Hatem (31’). Il faut bien donc un peu plus d’une demi-heure pour accueillir tout ce beau monde, d’autant plus que les propos tenus ici sont sans cesse pertinents, délicats, forts, quand les intervenantes abordent la genèse du film, leur préparation et les conditions de tournage. Il en ressort une immense timidité de la part de la réalisatrice, qui a néanmoins trouvé les mots pour convaincre ce superbe casting de prendre part à son premier long-métrage. La fondatrice de La Maison des femmes avoue qu’elle était tout d’abord réticente à l’idée de devenir un personnage de fiction, mais qu’elle a finalement accepté après avoir été rassurée par l’approche, les intentions et les partis-pris de Mélisa Godet. Karin Viard espère que ce film « fera bouger les choses, comme Les Chatouilles », tandis que les autres actrices parlent de la psychologie de leur personnage.

On retrouve les mêmes sur le terrain on va dire, dans le making of suivant (43’). Certains propos tenus par l’équipe font évidemment écho avec ce qui a pu être entendu dans le supplément précédent, mais ce qui nous intéresse avant tout ici, ce sont les images de tournage. Celles-ci reflètent l’approche de la réalisatrice Mélisa Godet, qui bien que de nature réservée s’avère une redoutable cheffe d’équipe. D’autres membres de l’équipe technique sont aussi présents et s’expriment sur les intentions de la cinéaste, ainsi que sur les conditions de prises de vue. Le tournage s’est principalement déroulé à la Cité Le Refuge (Paris) et dans une entreprise désaffectée située à Bry-sur-Marne et non pas dans la véritable Maison des femmes de Saint-Denis, l’équipe ne voulant pas perturber le quotidien du personnel médical, ni celui de leurs patientes.

L’Image et le son

Tourné en numérique, La Maison des femmes bénéficie d’une superbe édition HD, qui parvient à restituer les volontés artistiques, un tournage souvent réalisé caméra à l’épaule afin de saisir l’énergie des personnages, leur spontanéité, avec une belle précision. Le cadre est beau, la colorimétrie scintillante (très belle photo de Fabien Faure), la clarté et le relief omniprésents. L’encodage AVC consolide l’ensemble avec fermeté, le piqué est acéré, les ambiances chaudes et les contrastes denses.

La Maison des femmes repose essentiellement sur les dialogues. La piste DTS-HD Master Audio 5.1 distille les voix des comédiens avec efficacité, tandis que les latérales s’occupent de la musique du film. Une spatialisation concrète, immersive et efficace, à l’instar de la séquence dans le bar, de la manif ou dans le cabaret qui réveillent le caisson de basses. Une percutante version Stéréo, ainsi qu’une piste Audiovision et des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles.

Crédits images : © Pathé Films / Marie Rouge / UNE FILLE PRODUCTIONS – PATHÉ FILMS – CHAPTER 2 PRODUCTIONS – FRANCE 2 CINÉMA / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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