Test DVD / Chers parents, réalisé par Emmanuel Patron

CHERS PARENTS réalisé par Emmanuel Patron, disponible en DVD le 7 juillet 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : André Dussollier, Miou-Miou, Arnaud Ducret, Pauline Clément, Thomas Solivérès…

Scénario : Emmanuel Patron & Armelle Patron, d’après leur pièce de théâtre

Photographie : Antoine Monod

Musique : Romain Trouillet

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Pierre, Louise et Jules arrivent ensemble en panique dans un joli petit mas, résidence de leurs parents. Il faut dire que ceux-ci leur ont demandé de venir d’urgence. Mais au-lieu de leur annoncer une mauvaise nouvelle, ceux-ci leurs indiquent qu’ils vont partir s’installer au Cambodge, où ils comptent ouvrir un orphelinat. Ceci avant de leur révéler, en partie sous la contrainte, qu’ils ont en fait gagné à la loterie…

Ce n’est pas un cas isolé, Chers parents est l’adaptation d’une pièce de théâtre, ici du même nom, créée en novembre 2021 au Théâtre de Paris, qui a été vue par près d’un demi-million de spectateurs sur près de 1000 représentations. Et ça se voit, car n’y allons pas par quatre chemins, le film réalisé par Emmanuel Patron, également scénariste et acteur (aperçu dans moult séries et téléfilms), n’est qu’une banale succession ininterrompue de champs-contrechamps, le tout platement photographié par le talentueux Antoine Monod (Patients, Ma vie en l’air, Le premier jour du reste de ta vie). Nous sommes pourtant au cinéma, mais Emmanuel Patron se contente de reprendre sa pièce originale, sans jamais tenter d’y insuffler un rythme, en raison d’un montage terriblement paresseux, à tel point que l’on parvient à s’ennuyer dès la première séquence, celle où les trois frères et sœurs débarquent chez leurs parents. On faisait confiance au casting, en particulier à André Dussollier et Pauline Clément, qui tirent souvent leur épingle du jeu dans les films de médiocre qualité (il y en a dans leurs carrières respectives), mais ce n’est jamais le cas dans Chers parents. À la rigueur, c’est Arnaud Ducret qui surnage dans ce marasme, en gros bourrin de droite, qui écrase volontiers, au sens propre comme au figuré, ses cadets, mais cela ne suffit pas. La faute à l’écriture des personnages, tous foncièrement antipathiques et donc jamais attachants, ce qui n’aide jamais à s’intéresser à ce qui peut leur arriver. Étrangement, le public a répondu présent, puisque Chers parents a frôlé la barre du million d’entrées. Nous sommes habituellement « bon public », mais là il y a indéniablement quelque chose qui nous échappe.

Trois frères et sœur soudés, arrivent ensemble dans la maison de leurs parents au pied des Alpilles après avoir reçu un message inquiétant de leurs parents. Jeanne et Vincent dissipent vite le quiproquo et leur annoncent avoir gagné à une loterie, mais ils ont l’intention de tout garder pour s’installer au Cambodge pour y ouvrir un orphelinat. Sous le choc, leurs trois enfants s’interrogent sur ce qui motive un tel choix, d’autant qu’ils refusent de leur en laisser une partie.

On est entre Adopte un veuf (2016) de François Desagnat, pour le dispositif et même une partie du casting (André Dussollier et Arnaud Ducret), et Mes très chers enfants (2020) d’Alexandra Leclerc, pour le sujet. Mixez le tout, ajoutez-y des personnages cyniques et vachards souvent propres à la comédie française (du style Barbecue, Plancha et autres raclettes moisies), et vous obtenez Chers parents. La distribution est inégale, Si Miou-Miou est impeccable en mère et épouse qui trône sur la famille d’une main de fer dans un gant de velours, André Dussollier se place en mode automatique, comme lorsqu’il se met au service d’une comédie dite « populaire », comme dernièrement pour Attention au départ ! de Benjamin Euvrard et N’avoue jamais d’Ivan Calbérac, des films où les réalisateurs demeurent obscurs et comptent sur le Festival de l’Alpe d’Huez pour faire un peu de promo, histoire d’attirer un minimum de spectateurs dans les salles. Il est ici complètement en roue libre, abuse de son sourire Ultra-Brite et reste en hyper-ventilation du début à la fin.

Du point de vue des grands enfants, Arnaud Ducret s’impose facilement comme nous le disions plus haut pour son retour sur le grand écran après quatre ans d’absence. On est un peu déçu par la pourtant géniale Pauline Clément (qui cartonne actuellement dans De la Comédie-Française), mais cela est sans doute dû plus à l’écriture de son personnage qu’au jeu de l’actrice. En revanche, rien à sauver de celui de Thomas Solivérès (Gueules noires, Ange et Gabrielle), qui passe tout le film les yeux écarquillés, la bouche ouverte et dont chaque réplique ne tombe jamais juste.

Tout ce beau petit monde essaye d’exister, les dialogues tombent à plat, aucune scène ne vient rattraper la médiocrité de la précédente et, c’est un comble, cela va de mal en pis, à mesure que les protagonistes pètent un câble. Sans trop en « révéler » le moment où les frères et sœurs s’envoient des saloperies à la tronche, sans oublier celle tournant autour du fusil de chasse, sont des moments particulièrement gênants. Quant au final…bref, vous avez compris l’idée. Cela ne dure que 78 minutes. Cela en paraît le double. N’est pas Francis Veber qui veut. Fuyez pauvres fous.

LE DVD

Malgré son beau succès dans les salles, Chers parents ne bénéficie que d’une sortie en DVD chez M6 Vidéo. La jaquette, glissée dans un boîtier Amaray classique, reprend le visuel de l’affiche originale d’exploitation. Le menu principal est fixe et musical.

Aucun supplément sur cette édition.

L’Image et le son

Pas de Blu-ray donc, mais un très beau DVD. Chers parents jouit d’une photo saturée et ce master lumineux en met souvent plein les yeux. La colorimétrie est vive et bigarrée, les scènes extérieures possèdent une superbe clarté ainsi qu’un relief qui flatte constamment la rétine et les détails abondent aux quatre coins du cadre 2.35. La définition est resplendissante, le piqué tranchant, les contrastes luxuriants et la profondeur de champ fort appréciable. Ce n’est pas de la HD d’accord, mais le résultat est là.

Le mixage Dolby Digital 5.1 instaure un excellent confort acoustique en mettant la musique en avant, tout en délivrant les dialogues avec ardeur, sans jamais oublier les effets et ambiances annexes.

Crédits images : © M6 Vidéo / SND / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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