
THEY WILL KILL YOU réalisé par Kirill Sokolov, disponible en DVD,Blu-ray & 4K UHD le 29 juillet 2026 chez Warner Bros.
Acteurs : Zazie Beetz, Myha’la Herrold, Paterson Joseph, Tom Felton, Heather Graham, Patricia Arquette, Armando Rivera, Gabe Gabriel…
Scénario : Alex Litvak & Kirill Sokolov
Photographie : Isaac Bauman
Musique : Carlos Rafael Rivera
Durée : 1h35
Date de sortie initiale : 2026
LE FILM
Une jeune femme doit survivre toute une nuit au Virgil, le repaire mystérieux d’une secte démoniaque qui se révèle rapidement être un piège mortel. Les adeptes, eux, comptent bien faire de la malheureuse leur prochaine offrande…

Voilà, pas plus, pas moins et l’on peut dire d’emblée qu’il n’y aura pas tromperie sur la marchandise avec They Will Kill You, troisième long-métrage du réalisateur, scénariste et monteur russe Kirill Sokolov (né en 1989). Remarqué avec ses deux précédents opus frappadingues, Why Don’t You Just Die ! et Arrache et jette, le metteur en scène fait son entrée sur la scène hollywoodienne, sous le parrainage Andrés Muschietti et de sa sœur Barbara (Mama, Ça, Ça : chapitre 2 et The Flash), avec une comédie horrifique qui vaut son pesant de cacahuètes et d’hémoglobine, puisque les décapitations diverses et variées sont innombrables et que le sang coule à gros bouillons. Au milieu de tous ces effets virevoltants et rouges écarlates, la plupart du temps réalisés en effets directs sur le plateau (ce qui ajoute au film un charme dévastateur), on est heureux de retrouver la belle et excellente Zazie Beetz, révélée il y a dix ans par la série Atlanta, puis vue au cinéma (ou pas, cela dépend des films, comme pour le premier et le quatrième de la liste) Geostorm de Dean Devlin, Deadpool 2 de David Leitch (Domino, c’était elle), Joker et Joker : Folie à deux de Todd Phillips. Dans They Will Kill You, elle est quasiment de toutes les scènes et crève l’écran de son charisme, de son énergie contagieuse et de son talent protéiforme. Kirill Sokolov s’amuse derrière la caméra et semble avoir insufflé à son équipe un mojo placé sous le signe de la déconne, avec un seul mot d’ordre, y aller à fond. À l’arrivée, on peut ressortir exténué de They Will Kill You, tant le film regorge de scènes d’action (comme le récent Boy Kills World de Moritz Mohr), de cris, de mouvements virtuoses de la caméra qui ne tient pas une seule seconde en place du début à la fin (même si l’action reste lisible), mais on finit par en redemander, tant l’expérience est enthousiasmante, décontractée, cool, fun et qui ne se prend jamais au sérieux. Assurément, un artiste à suivre de près…



Engagée comme femme de ménage dans un immeuble new-yorkais aussi luxueux qu’énigmatique, une jeune femme découvre peu à peu que le bâtiment est lié à une série de disparitions inexpliquées. Asia Reaves et sa jeune sœur, Maria, tentent d’échapper à leur père violent mais se retrouvent acculées dans une épicerie. Asia lui tire dessus et est arrêtée après avoir tenté de fuir, tandis que Maria reste sous la garde de leur père. Dix ans plus tard, Asia arrive au Virgil, un immeuble de grand standing à New York, en se faisant passer pour la nouvelle femme de ménage. Elle est accueillie par Lily Woodhouse, la régisseuse irlandaise de l’immeuble, qui lui explique que le Virgil a cent ans et est habité par une élite fortunée. Pendant qu’Asia dort, plusieurs intrus masqués, dont les résidents Kevin et Sharon, s’introduisent chez elle et l’attaquent. Ils sont stupéfaits de découvrir qu’Asia est armée et sait parfaitement se défendre. C’est l’heure de la première confrontation, qui fera quelques victimes…qui reviendront en fait très vite demander leur revanche. La nuit risque d’être longue pour tout le monde.



Mais qu’est-ce qu’il a fumé Kirill Sokolov pour pondre un scénario pareil ? Certains diront, parce que c’est tellement facile, que They Will Kill You est « tarantinesque », quand bien même le sieur Quentin Tarantino n’a absolument rien inventé. Mais quand l’action grotesque est débridée, apparemment ce qualificatif et néologisme abonde systématiquement. Non, They Will Kill You est taré (tout court) et c’est aussi bien comme ça. Ce premier long-métrage du cinéaste emballé dans la langue de Shakespeare, rappelle quelque part le style graphique et l’outrance décomplexée de son compatriote Timur Bekmambetov, qui avait connu il y a près de vingt ans un gros carton planétaire avec Wanted : Choisis ton destin. De là à dire que les soviétiques coupent leur vodka avec une substance illicite (qui a dit « vodkocaïne »?), il n’y a qu’un pas…



En l’état, son They Will Kill You réserve son lot de surprises et fait penser à un antique jeu vidéo de plateformes, puisque le lieu principal de l’action est un hôtel mystérieux, que l’héroïne devra parcourir d’étage en étage, pour affronter le boss final planté au sommet du bâtiment. Kirill Sokolov et son équipe ont conçu le « Virgil » en s’inspirant volontairement de L’Enfer de Dante, où les neuf étages représentent un cercle spécifique de l’enfer. Autant dire qu’Asia (la géniale Zazie Beetz donc) a du pain sur la planche et devra s’armer de tout ce qui lui passe par la main, pour en venir à bout de tous ces démons, qui reviennent, parfois sous différentes formes (mention spéciale à l’oeil indépendant) et de plus en plus furieux de se faire battre par cette mystérieuse jeune femme.



They Will Kill You a de la gueule avec ses décors qui rappellent aussi parfois les couloirs du Overlook Hotel de Shining, la photo très contrastée d’Isaac Baumann (la série Loki et très prisé dans le monde du clip vidéo) et ses effets visuels qui renvoient aussi à Une nuit en enfer – From Dusk till Dawn (1996) de Robert Rodriguez. De plus, Kirill Sokolov bénéficie d’une distribution de premier ordre, où l’on croise tout aussi bien Patricia Arquette (déchaînée), Tom Felton (voilà où ça mène d’être un ancien Serpentard), Heather Graham (qu’on est très heureux de revoir à l’écran, la dernière fois pour nous remontant à Horns d’Alexandre Aja), tandis que la « tête de cochon » est doublée par la voix reconnaissable de James Remar. Autant dire qu’on se « remarre » bien devant ce They Will Kill You, qui ne recule devant rien pour divertir le spectateur amateur de frissons, de gore et d’humour noir.



Tourné en Afrique du Sud avec un budget de 20 millions de dollars, le film n’a connu qu’un succès d’estime, ne parvenant pas d’ailleurs à rentabiliser sa mise de départ, hors coût promotionnel. Mais il est sûr que They Will Kill You sera vraiment découvert grâce au streaming et au support physique, le bouche-à-oreille devant faire son œuvre par la suite.



LE BLU-RAY
They Will Kill You n’aura pas réussi à franchir la barre des 150.000 entrées chez nous. Cependant, Warner sort l’artillerie lourde pour sa sortie dans les bacs, avec rien de moins qu’une édition en DVD, une autre en Blu-ray et même une galette 4K UHD ! Nous nous contenterons de la seconde pour ce test. Le disque repose dans un boîtier classique de couleur bleue. Le menu principal est fixe et musical, tandis que la jaquette reprend le visuel de l’affiche d’exploitation.

L’éditeur ne vient pas les mains vides. Nous avons affaire ici à quatre modules (pour une durée totale de 28 minutes), qui s’apparente en fait à un making of scindé en plusieurs parties, histoire de remplir la galette. Si certaines images et divers propos s’avèrent redondants, ces suppléments remplissent aisément leur fonction, à savoir dévoiler l’envers du décor du film, tout en donnant la parole aux comédiens, au réalisateur, aux producteurs et à divers responsables techniques. Sans surprise, on y découvre une Zazie Beetz très impliquée dans les scènes d’action et une équipe des effets spéciaux omniprésente sur le plateau compte tenu des innombrables effets directs voulus par Kirill Sokolov. Les décors sont entre autres passés au peigne fin, ainsi que la genèse et l’évolution du scénario, le casting, la préparation de Zazie Beetz…

























L’Image et le son
Voilà ce qu’on pourrait qualifier de Blu-ray de démonstration ! Certes, nous ne sommes pas devant un disque UHD, mais le résultat demeure très impressionnant. La finesse des détails et des textures est excellente, la palette de couleurs (globalement sobre) est bien restituée, et les niveaux de noirs ainsi que le contraste restent de très bonne qualité. Certains pourront peut-être rechigner sur le léger manque de concision des scènes vraiment très sombres, ainsi que sur le rendu sensiblement artificiel du sang numérique (il y en a tout de même), mais ce serait faire la fine bouche. Dans l’ensemble, la superbe photographie d’Isaac Bauman, agrémentée d’un faux grain numérique histoire de rendre l’aspect quelque peu grumeleux, est merveilleusement rétablie et les contrastes riches.

La piste anglaise Dolby Atmos, qui se convertit en TrueHD 7.1 si votre installation ne prend pas en charge ce format plus récent, va mettre à mal votre home cinema. Voilà une expérience acoustique on ne peut plus convaincante, puisque très dynamique du début à la fin. Les effets localisés sont judicieusement placés, l’action est effrénée, et tous les canaux sont judicieusement exploités. La musique originale et la bande-son aux influences hip-hop bénéficient également de ce traitement de qualité, l’ensemble des éléments s’harmonisant pour offrir une expérience sonore mémorable. La piste française doit se contenter d’une 5.1 traditionnelle, mais qui ne démérite pas à son échelle.




Crédits images : © Warner Bros. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
