Test Blu-ray / Le Survivant d’un monde parallèle, réalisé par David Hemmings

LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE (The Survivor) réalisé par David Hemmings, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 20 septembre 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Robert Powell, Jenny Agutter, Joseph Cotten, Angela Punch McGregor, Peter Sumner, Lorna Lesley, Ralph Cotterill, Adrian Wright…

Scénario : David Ambrose, d’après le roman de James Herbert

Photographie : John Seale

Musique : Brian May

Durée : 1h39

Année de sortie : 1981

LE FILM

Unique survivant d’une catastrophe aérienne, dont il est sorti étrangement indemne, le commandant Keller décide de mener sa propre enquête sur les circonstances de l’accident. Hanté par les esprits des victimes du crash, devenu totalement amnésique, il aura besoin de l’aide d’une jeune femme pour élucider les nombreux mystères qui entourent le drame…

Le Survivant d’un monde parallèle The Survivor est ce qu’on pourrait qualifier de premier blockbuster australien. Cette production locale nantie d’un budget dépassant le million de dollars (un événement dans ce pays) surfait alors sur le succès colossal rencontré par Harlequin de Simon Wincer, récompensé dans les festivals du monde entier. Aux manettes, on retrouve le britannique David Hemmings (1941-2003), l’éternel Thomas du Blow-Up (1966) de Michelangelo Antonioni, déjà présent au générique d’Harlequin, qui signait ici son quatrième long-métrage en tant que réalisateur après Running Scared (1972), The 14 (1973) et Gigolo (1978). Pour la seconde fois, il dirige le comédien Robert Powell, tête d’affiche de son premier film, mais aussi son partenaire dans Harlequin, dans lequel il interprétait le rôle principal. Comme dans ce dernier, l’acteur est une fois de plus magnétique, brillant, élégant et formidable. S’il est évident que le film pâtit d’une écriture souvent maladroite et d’une fin tarabiscotée, Le Survivant d’un monde parallèle agit comme une séance d’hypnose, qui en dépit de ses défauts ne lâche jamais les spectateurs du début à la fin. Froidement reçu par la critique et le public, The Survivor a su par la suite marquer l’esprit des cinéphiles, y compris celui de certains cinéastes, à l’instar d’un certain M. Night Shyamalan qui y puisera indéniablement la source d’Incassable Unbreakable (2000), auquel on pense tout du long, mais aussi également de Sixième Sens Sixth Sens (1999). Raison de plus pour voir ou revoir Le Survivant d’un monde parallèle !

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Test Blu-ray / Tremblement de terre, réalisé par Mark Robson

TREMBLEMENT DE TERRE (Earthquake) réalisé par Mark Robson, disponible en DVD et Blu-ray, depuis le 15 juin 2021 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Charlton Heston, Ava Gardner, George Kennedy, Lorne Greene, Geneviève Bujold, Richard Roundtree, Marjoe Gortner, Barry Sullivan, Lloyd Nolan, Victoria Principal…

Scénario : George Fox & Mario Puzo

Photographie : Philip H. Lathrop

Musique : John Williams

Durée : 2h02

Date de sortie initiale: 1974

LE FILM

Lorsque le tremblement de terre le plus ravageur de tous les temps frappe le sud de la Californie, la ville de Los Angeles est rasée et tous les habitants sont touchés…

Alors que le Nouvel Hollywood est en plein essor, en 1970 surgit sur les écrans Airport, de George Seaton, un des tout premiers succès de la vague des films catastrophe de la décennie qui vient de s’ouvrir. Devant l’engouement du public pour ces spectacles, les studios s’engouffrent dans la brèche et profitent des avancées faites dans le domaine des effets spéciaux pour renforcer le réalisme de ses histoires portées chaque fois par un casting exceptionnel. L’année 1972 est marquée par le triomphe de l’extraordinaire L’Aventure du Poséidon de Ronald Neame, qui reste encore aujourd’hui l’une des plus grandes références en la matière. Mais c’est en 1974 que les spectateurs se verront offrir pas moins de quatre longs-métrages, sortis à quelques mois, voire quelques semaines d’intervalle, qui deviendront des fleurons du genre. Terreur sur le Britannic Juggernaut de Richard Lester ouvre le bal en septembre 1974, suivi de près par 747 en péril Airport 1975 de Jack Smight au mois d’octobre. La Tour infernale The Towering Inferno de John Guillermin arrive pour les fêtes de fin d’année, Universal Pictures parvient à damer le pion à son concurrent direct en sortant Tremblement de terre Earthquake trois semaines avant. Si La Tour infernale est et restera probablement pour toujours sur la première marche du podium des films catastrophe, Tremblement de terre demeure un gigantesque divertissement qui compile tous les ingrédients du genre, autrement dit une longue exposition du décor où se déroulera l’action, suivie de la présentation successive des personnages principaux (et secondaires), leurs liens (familiaux ou professionnels), leurs boulots, leurs soucis, puis la mise en place des éléments qui conduiront à la catastrophe (incendie, éruption, tornade, déluge, apocalypse, aérienne, invasion d’aliens, virus, maritime, ferroviaire…), la grosse séquence de destruction massive (qui peut être suivie par d’autres plus rapides, avant de préparer le bouquet final, ici l’effondrement d’un barrage), pour enfin se concentrer à nouveau sur nos héros. Des protagonistes qui finissent par entrer en interaction et par s’entraider, alors que rien ne les prédisposait à se rencontrer dans une situation dite normale. Dans Tremblement de terre, Charlton Heston, déjà à l’affiche d’Alerte à la bombe Skyjacked de John Guillermin et de 747 en péril, se voit à nouveau embarqué dans une nouvelle aventure du même acabit et retrouve à cette occasion l’indispensable George Kennedy, omniprésent quand quelque chose ne tourne pas rond, puisque le comédien était lui aussi présent au générique d’Airport et Airport 1975. Ava Gardner, Lorne Greene, Geneviève Bujold, Richard Roundtree, Marjoe Gortner, Barry Sullivan, Lloyd Nolan et la sublime Victoria Principal complètent la distribution de Tremblement de terre, pierre angulaire de tout un pan du cinéma américain, qui n’aura de cesse d’inspirer moult réalisateurs, à l’instar de l’allemand Roland Emmerich, qui y puisera toute la matière pour Independence Day, Godzilla, Le Jour d’après et 2012. Toujours est-il que si vous décidez de vous faire une petite rétrospective dédiée à cette thématique, Earthquake est clairement un indispensable.

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Test Blu-ray / Godzilla vs. Kong, réalisé par Adam Wingard

GODZILLA VS. KONG réalisé par Adam Wingard, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD + Blu-ray 3D + Blu-ray – Édition Limitée SteelBook le 7 juillet 2021 chez Warner Bros.

Acteurs : Alexander Skarsgård, Millie Bobby Brown, Rebecca Hall, Brian Tyree Henry, Shun Oguri, Eiza González, Julian Dennison, Lance Reddick, Kyle Chandler, Demián Bichir…

Scénario : Eric Pearson & Max Borenstein

Photographie : Ben Seresin

Musique : Junkie XL

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

À une époque où les monstres parcourent la Terre, et alors que l’humanité lutte pour son avenir, Godzilla et King Kong, les deux forces les plus puissantes de la nature, entrent en collision dans une bataille spectaculaire inédite. Alors que Monarch se lance dans une mission périlleuse en terrain inconnu, et qu’il découvre des indices sur les origines des Titans, un complot humain menace d’éradiquer ces créatures – qu’elles soient bonnes ou mauvaises – de la surface de la planète.

Cela faisait près de soixante ans que ces deux titans Alpha ne s’étaient pas affrontés. En effet, il faut remonter à 1962 pour retrouver un King Kong contre Godzilla, réalisé par Ishiro Honda, metteur en scène du Godzilla original, celui de 1954. Immense succès de l’époque, il s’agissait du premier film de la franchise en couleurs, alors que le personnage de King Kong venait d’être racheté par la Toho à la RKO Pictures. Ce sera le plus grand triomphe au box-office de la saga, qui attirera plus de dix millions de japonais dans les salles. On est donc loin du Godzilla – ou Gojira pour les intimes – premier du nom, le monstre expiatoire, l’icône populaire, symbole du trauma collectif japonais né dix ans après les bombes qui ont ravagé Nagasaki et Hiroshima. Godzilla symbolise l’émergence d’un genre à lui tout seul, le Kaigu eiga, «  le cinéma de monstre  », qui allait engendrer près de trente suites dans lesquelles la créature sera confrontée à Mothra, Hedora, Gigan, Megalon, Mecanik Monster, Biollante, King Ghidorag, Mechagodzilla, Space Mechagodzilla, Destroyah, Megaguirius. De son côté, Kong s’est toujours fait plus discret au cinéma. Sans tenir compte des copies, des parodies et autres ersatz, Godzilla vs. Kong est le dixième film ayant King Kong en vedette. Apparu au cinéma en 1933 devant la caméra de Merian C. Cooper et Ernest Schoedsack, le gorille géant a également tenu l’affiche du Fils de Kong, réalisé la même année par Ernest Schoedsack en solo, de King Kong Appears in Edo, film japonais aujourd’hui perdu (1938), de King Kong contre Godzilla (1962) de Ishirô Honda, de La Revanche de King Kong (1967) encore une fois mis en scène par Ishirô Honda avec Rawkin Arthur. Il faudra attendre 1976 pour que King Kong fasse son retour à Hollywood devant la caméra de John Guillermin, dans lequel le dieu Kong s’éprenait (et on le comprend) de Jessica Lange et l’emmenait au sommet du World Trade Center. Dix ans plus tard, John Guillermin remettait ça avec Charles McCracken avec son King Kong 2. En 2005, Peter Jackson embarquait Naomi Watts et Adrien Brody sur l’île de Kong, tandis qu’Andy Serkis interprétait le personnage principal en motion-capture. En 2014, Warner Bros. (distributeur) et Legendary Pictures (producteur) lancent le MonsterVerse, en partenariat avec la Toho, toujours détentrice des droits sur Godzilla. Plusieurs films sont annoncés avec ce personnage, un autre avec King Kong, le but étant de les réunir à l’écran et de les voir se mettre sur la tronche. La suite, on la connaît. Godzilla de Gareth Edwards sort en 2014, Kong : Skull Island de Jordan Vogt-Roberts en 2017 et Godzilla 2 : Roi des monstres de Michael Dougherty en 2019. Trois opus qui amassent près d’1,5 milliard de dollars dans le monde entier, qui prouvent encore la notoriété des deux monstres. Si la qualité est relative et les recettes déclinantes sur le sol de l’Oncle Sam, Godzilla vs. Kong peut enfin voir le jour.

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Test Blu-ray / Songbird, réalisé par Adam Mason

SONGBIRD réalisé par Adam Mason, disponible en DVD et Blu-ray le 15 avril 2021 chez Metropolitan Films.

Acteurs : K.J. Apa, Sofia Carson, Craig Robinson, Bradley Whitford, Alexandra Daddario, Peter Stormare, Paul Walter Hauser, Demi Moore…

Scénario : Adam Mason & Simon Boyes

Photographie : Jacques Jouffret

Musique : Lorne Balfe

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Cela fait maintenant quatre ans que le monde vit en confinement. Désormais, les personnes infectées du Covid-23 sont envoyées de force en quarantaine dans des camps devenus peu à peu d’inquiétants ghettos. A Los Angeles, Nico est un coursier immunisé au virus qui arpente la ville lors de ses livraisons. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Sara, une jeune femme confinée chez elle. Malgré les impératifs sanitaires qui les empêchent de s’approcher, Sara et Nico tombent amoureux. Mais lorsque Sara est suspectée d’être contaminée, elle est contrainte de rejoindre les camps de quarantaine. Nico tente alors l’impossible pour la sauver.

On l’attendait ce film ! Non pas pour son intérêt, mais parce qu’il était certain que quelques producteurs opportunistes allaient profiter de la situation extraordinaire vécue par tous les habitants de la planète depuis mars 2020, pour mettre en route un film qui s’en inspirerait. Voici donc Songbird, réalisé par Adam Mason, obscur metteur en scène d’une dizaine de longs-métrages tout aussi inconnus, y compris un certain Manipulations qui réunissait tout de même Anthony Hopkins, Al Pacino et Josh Duhamel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas encore avec Songbird, qu’il a coécrit avec son complice Simon Boyes, qu’il risque de se faire une renommée. Cette dystopie – mais en est-ce vraiment une ? – a tout simplement été tournée dans les rues désertes de Los Angeles, alors que ses habitants étaient cloîtrés chez eux, profitant ainsi d’un décor quasi-fantastique, sans avoir recours aux effets spéciaux ! Il est pas con le Michael Bay, producteur de ce…thriller ? Drame fantastique ? Comédie involontaire ? On ne sait pas trop en fait, car Songbird ne raconte rien ou pas grand-chose, si ce n’est une histoire d’amour évidemment contrariée entre deux jeunes tourtereaux, séparés par le contexte sanitaire et dont on apprend même qu’ils n’ont pas eu le temps de se toucher avant d’être forcés de rester a casa. A côté de ça, Adam Mason se concentre sur d’autres personnages, jamais intéressants, essentiellement des individus qui ont trouvé le bon truc pour se faire du fric, d’autres qui essayent de survivre en se la pétant sur les réseaux sociaux (Alexandra Daddario qui comme d’habitude a acheté de la lingerie trop petite), d’autres en profitant des personnes immunisées contre le COVID-23 (oui oui) en les utilisant comme coursiers. Ajoutez à cela un responsable de la sécurité sanitaire complètement fou (Peter Stormare en roues libres), un ancien soldat revenu paralysé et traumatisé d’Afghanistan qui joue avec ses drones, sans oublier la caution mexicaine avec une jeune héroïne aux sourcils épilés comme une vedette de télé-réalité et vous obtenez…bah rien en fait, ou pas grand-chose, surtout pas de quoi faire un film…

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Test Blu-ray / Skyfire, réalisé par Simon West

SKYFIRE réalisé par Simon West, disponible en DVD et Blu-ray le 10 mars 2021 chez Program Store.

Acteurs : Xueqi Wang, Hannah Quinlivan, Shawn Dou, Jason Isaacs, An Bai, Lingchen Ji, Liang Shi…

Scénario : Wei Bu & Sidney King

Photographie : Alan Caudillo

Musique : Pinar Toprak

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Sur l’île paradisiaque de Tianhuo dans le Pacifique, la fête bat son plein quand le volcan situé sur L’Anneau de Feu se réveille brutalement. Une jeune scientifique doit convaincre le propriétaire du site touristique de faire évacuer la zone tandis que la terre gronde et que chaque instant les rapproche d’une inévitable catastrophe…

Pour beaucoup, le nom de Simon West évoque surtout Les Ailes de l’enfer – Con Air, son premier long-métrage, devenu culte dès sa sortie en 1997. La suite de sa carrière n’a pas connu le même engouement, même si ses films demeurent sympathiques, à l’instar d’Expendables 2 : unité spéciale (2012), indéniablement le meilleur opus de la trilogie, ou bien encore Le Déshonneur d’Elisabeth Campbell – The General’s Daughter (1999) avec John Travolta et Madeleine Stowe, ainsi que Lara Croft : Tomb Raider (2001) avec Angelina Jolie dans le rôle du wonderbra éponyme. Après trois collaborations avec Jason Statham, Le Flingueur – The Mechanic (2011), remake éponyme du film de Michael Winner, Expendables 2 et le décevant Joker – Wild Card (2015), le réalisateur aura aussi emballé un Nicolas Cage’s Movie (l’amusant 12 heures – Stolen). Depuis, Simon West s’est quelque peu perdu dans quelques DTV avec Stratton (2016) et Gun Shy (2017), deux longs-métrages d’action, le premier avec Dominic Cooper, le second avec Antonio Banderas et Olga Kurylenko. Après ces errances inévitables, on le retrouve à la barre de Skyfire, un film catastrophe chinois écrit par les inconnus Wei Bu et Sidney King, qui s’avère ni plus ni moins qu’un mix entre Le Pic de Dante, Jurassic Park et Volcano. Autant dire que ce gros divertissement fleure bon les années 1990. Outre ce parfum de nostalgie qui l’imprègne du début à la fin, Skyfire est présenté comme étant le premier film du genre à gros budget de la Chine, porté par un casting du cru et américain, pour contenter à la fois tous les producteurs, ainsi que pour faciliter son exportation. Si l’on accepte le GROS truc complètement improbable, autrement dit qu’un homme d’affaires ait pu investir plus de cent millions de dollars dans un complexe hôtelier construit au pied d’un volcan éteint depuis vingt ans, afin de proposer un « cadre dépaysant » aux touristes, alors ce qui se déroule ensuite dans Skyfire ne vous fera pas peur. Rien, absolument rien n’est réaliste, les clichés abondent et pourtant ça fonctionne ! Car effectivement, on a souvent l’impression de revenir 25 ans en arrière, époque où l’on était sans doute plus clément avec les blockbusters nawaks, du temps de notre adolescence ingrate, de notre jeunesse perdue, de notre innocence pas encore bafouée. En l’état, Skyfire est un divertissement génial, qui ne se prend pas au sérieux, prévisible certes, mais ô combien réjouissant, prenant et drôle dans ses actes héroïques « hénaurmes », aidés pour cela par des effets visuels plutôt réussis. Comme quoi, ce retour aux sources a quelque chose de bon pour Simon West qui assure derrière la caméra, en faisant monter l’adrénaline de ses spectateurs complices.

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Test Blu-ray / Greenland – Le Dernier refuge, réalisé par Ric Roman Waugh

GREENLAND – LE DERNIER REFUGE (Greenland) réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD et Blu-ray le 5 décembre 2020 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roger Dale Floyd, Scott Glenn, Randal Gonzalez, Rick Pasqualone, Nicola Lambo, Alan Pietruszewski…

Scénario : Chris Sparling

Photographie : Dana Gonzales

Musique : David Buckley

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchaînent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.

Au départ, Greenland – Le dernier refuge devait se faire avec Chris Evans, sous la direction de Neill Blomkamp. Puis, changement de dernière minute, ce sera finalement Gerard Butler qui tiendra l’affiche de ce blockbuster – qui sera d’ailleurs le seul de l’été 2020 – avec Ric Roman Waugh aux manettes. Ancien cascadeur très convoité à Hollywood (Tango & Cash, Jours de tonnerre, Hook, Last Action Hero, Le Dernier des Mohicans), ce dernier passe derrière la caméra au début des années 2000 et se fait remarquer en 2013 avec son film InfiltréSnitch avec Dwayne – The Rock – Johnson. Alors qu’ils venaient de collaborer sur La Chute du PrésidentAngel Has Fallen, Gerard Butler et Ric Roman Waugh remettent le couvert avec Greenland – Le Dernier refuge. Comme pour le troisième volet de la franchise « La Chute de… » (le meilleur d’ailleurs), le metteur en scène livre un film qui invite un peu plus à la réflexion que la plupart des grosses machines du même acabit. La bande-annonce qui misait tout ou presque sur les scènes de destructions massives est bien trompeuse, car même si Greenland possède évidemment quelques séquences impressionnantes où les chutes de météorites provenant d’une comète s’abattent sur la Terre, le film mise avant tout sur l’émotion et un réalisme prenant du début à la fin. N’y allons pas par quatre chemins, Greenland – Le Dernier refuge est LE blockbuster de l’année 2020, dans lequel Gerard Butler livre une très belle performance et trouve incontestablement ici l’un de ses plus beaux rôles, aux côtés de la superbe Morena Baccarin.

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Test Blu-ray / Point limite, réalisé par Sidney Lumet

POINT LIMITE (Fail-Safe) réalisé par Sidney Lumet, disponible en DVD et Blu-ray le 16 juin 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Henry Fonda, Walter Matthau, Dan O’Herlihy, Frank Overton, Ed Binns, Fritz Weaver, Larry Hagman…

Scénario : Walter Bernstein d’après le roman d’Eugene Burdick et Harvey Wheeler

Photographie : Gerald Hirschfeld

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

À la suite d’une erreur technique, un groupe d’avions de guerre américains est envoyé en mission avec l’ordre de bombarder Moscou. Il est désormais impossible de les arrêter. Le président des États-Unis va tout faire pour éviter une guerre nucléaire.

Point limiteFail-Safe (1964) est le huitième film de Sidney Lumet. Le cinéaste commence sa carrière à la télévision au début des années 1950, avant de réaliser son premier long-métrage pour le cinéma en 1957, qui a pour titre Douze hommes en colère – 12 Angry Men, un film de procès. D’ailleurs, sa filmographie abordera régulièrement le système judiciaire avec par exemple Le Verdict (1982). Il dirige par deux fois l’acteur Al Pacino qui se retrouve dans la peau d’un policier qui décide de dénoncer la corruption dans Serpico (1973) puis en braqueur de banque dans Un après-midi de chienDog Day Afternoon (1975). Avec Network : Main basse sur la télévision (1976), Sidney Lumet propose une critique cynique du monde du petit écran.

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Test Blu-ray / Quand la terre s’entrouvrira, réalisé par Andrew Marton

QUAND LA TERRE S’ENTROUVRIRA (Crack in the World) réalisé par Andrew Marton disponible en DVD et Blu-ray le 19 février 2019 chez ESC Editions

Acteurs : Dana Andrews, Janette Scott, Alexander Knox, Kieron Moore, Peter Damon, Jim Gillen, Gary Lasdun, Alfred Brown, Mike Steen…

Scénario : Jon Manchip White, Julian Zimet

Photographie : Manuel Berenguer

Musique : Johnny Douglas

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Le savant Stephan Sorensin espère atteindre le centre de la Terre pour y trouver une nouvelle source d’énergie. Ne pouvant percer la croûte qui entoure le noyau central, il projette d’utiliser une bombe atomique. Hélas, le plan ne se déroule pas comme prévu car l’explosion créé une importante fissure… Cet évènement incontrôlé pourrait bien séparer la terre en deux morceaux !

C’est une toute petite série B produite pour moins d’un million de dollars. Et pourtant, ce long métrage de science fiction vaut le détour puisqu’on y trouve pour ainsi dire tous les ingrédients qui seront réutilisés par Hollywood dans les films catastrophe des années 1970 du style Tremblement de terre, mais aussi et surtout par certains cinéastes du nom de Roland Emmerich (Le Jour d’après, 2012) et Michael Bay (Armageddon) dans leurs blockbusters dès les années 1990. Autant dire que l’industrie cinématographique n’a jamais innové en la matière, en dehors des effets spéciaux bien sûr, car Quand la terre s’entrouvriraCrack in the World, réalisé par Andrew Marton en 1964 condense à lui-seul tout un pan de l’entertainment américain.

Le docteur Stephen Sorensen est persuadé que le magma au centre de la Terre renferme une source d’énergie telle qu’elle permettrait aux humains de se constituer des réserves suffisantes pour longtemps. Pour atteindre son but, il doit faire éclater la croûte terrestre en profondeur, chose qu’il n’a pu faire jusqu’à présent. Il pourrait cependant venir à bout de cet obstacle s’il utilisait une bombe atomique. Ayant obtenu toutes les autorisations officielles, il envoie un missile au centre de la Terre, contre l’avis de son collaborateur, le géologue Ted Rampion, qui démissionne sur-le-champ. Selon lui, l’écorce terrestre a déjà été très affaiblie par les nombreux essais nucléaires souterrains et une nouvelle explosion, à cette profondeur, risque de mettre toute la planète en danger. Mais Sorenson, atteint d’un cancer, ne veut plus attendre et déclenche l’explosion de sa bombe. L’explosion, très puissante, provoque une suite de cataclysmes, tremblements de terre, coulées de lave. La terre commence à s’entrouvrir.

C’est un petit plaisir personnel de revoir ce genre de films qui renvoie parfois aux programmes de Noël sur Arte. On doit Quand la terre s’entrouvrira à Andrew Marton (1904-1992), réalisateur hongrois naturalisé américain. C’est sur les conseils d’Ernst Lubitsch qu’il tente sa chance à Hollywood au début des années 1920. Il revient en Europe quelques années plus tard et devient l’assistant de Max Linder, avant de passer lui-même derrière la caméra en 1929 et de repartir aux Etats-Unis en 1933 lors de l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il devra attendre 1950 pour obtenir son premier grand succès avec Les Mines du roi Salomon avec Stewart Granger et Deborah Kerr. En 1964, Andrew Marton a déjà derrière lui près d’une vingtaine de longs métrages à son actif, dont une participation à la mise en scène sur Le Jour le plus long (1962) et Les 55 Jours de Pékin (1963). Quand la terre s’entrouvrira est pour ainsi dire son dernier vrai long métrage, puisque le cinéaste se consacrera ensuite à la télévision (Daktari, Flipper le dauphin) et au travail d’assistant-réalisateur, comme il l’avait d’ailleurs fait précédemment aux côtés de William Wyler (Ben Hur, on lui doit la célèbre course de chars), d’Anthony Mann (La Chute de l’Empire romain) et plus tard de Brian G. Hutton (De l’or pour les braves) et Fred Zinnemann (Chacal). Un beau palmarès méconnu, tout comme Quand la terre s’entrouvrira qui rend compte à la fois du professionnalisme d’Andrew Marton, mais aussi de celui d’Eugène Lourié, responsable des effets visuels, qui a travaillé autant chez Sacha Guitry que Jean Renoir, Samuel Fuller et Charles Chaplin, principalement en tant que décorateur.

Le spectateur avide de séries B rétro-vintage saura faire un bon accueil à Quand la terre s’entrouvrira, spectacle réjouissant, qui contient son lot de théories scientifiques alarmistes (les savants en prennent pour leur grade) où les techniciens préfèrent utiliser l’arme atomique pour contrecarrer les effets dévastateurs de…l’arme atomique. Beaucoup de dialogues dans la première partie certes, mais le soin apporté à la mise en scène, aux décors, à la musique (signée John Douglas, avec quelques notes rappelant les compositions de John Williams) et aux effets spéciaux est indéniable, malgré un budget limité. Si l’on se passera volontiers du triangle amoureux composé de Dana Andrews, Janette Scott et de Kieron Moore, Crack in the World conserve un charme désuet intact et poétique.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Quand la terre s’entrouvrira, disponible chez ESC Editions, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

L’excelleeeent Christophe Lemaire nous fait une brillante présentation de Quand la terre s’entrouvrira (25’). Un très bon moment durant lequel le journaliste de cinéma revient notamment sur le genre SF dans les années 1960 en donnant quelques titres de classiques et d’oeuvres moins connues. Il se souvient également de la diffusion du film qui nous intéresse dans le cadre de l’émission L’Avenir du futur sur TF1, avec Le Jour où la Terre prit feu de Val Guest en double-programme. Christophe Lemaire en vient ensuite au réalisateur Andrew Marton, au responsable des effets spéciaux Eugène Lourié, puis aux comédiens du film.

L’Image et le son

La copie est étonnamment lumineuse du début à la fin. Une clarté visible sur toutes les séquences en extérieur avec des couleurs pétillantes, surtout des teintes bleues omniprésentes. Des poussières, points noirs et griffures parsèment le générique, et s’amenuisent heureusement après, malgré quelques scories visibles ici et là. Le grain est évidemment respecté, plus accentué et grumeleux sur les scènes à effets spéciaux. Le détourage médiocre est d’époque et il n’est pas anodin de voir les comédiens entourés d’un halo bleuté. Divers fourmillements constatés sur les images composites. Dans l’ensemble, Quand la terre s’entrouvrira bénéficie d’un petit lifting très réussi, surtout pour un petit film de cet acabit, ce qui participe grandement à sa résurrection.

La version originale mono est largement supérieure à la piste française, qui demeure confinée au report des voix et accompagnée d’un bruit de fond persistant. Les ambiances sont très correctes en anglais, alors qu’elles disparaissent quasiment sur l’autre piste, essentiellement concentrée sur les dialogues. En revanche, le doublage français est très réussi, avec notamment l’immense Jean-Claude Michel qui prête sa voix légendaire à Kieron Moore.

Crédits images : © ESC Editions / ESC Distribution / Paramount Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Hurricane, réalisé par Rob Cohen

HURRICANE (The Hurricane Heist) réalisé par Rob Cohen, disponible en DVD et Blu-ray le 4 juillet 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Toby Kebbell, Maggie Grace, Ryan Kwanten, Ralph Ineson, Melissa Bolona, Ben Cross, Jamie Andrew Cutler, Christian Contreras…

Scénario :  Jeff Dixon, Scott Windhauser d’après une histoire originale de Carlos Davis et Anthony Fingleton

Photographie : Shelly Johnson

Musique : Lorne Balfe

Durée : 1h43

Année de sortie : 2018

LE FILM

Profitant du plus gros ouragan ayant jamais touché les États-Unis, une équipe de braqueurs d’élite infiltre la plus grande réserve de billets des États-Unis. Leur objectif : un braquage exceptionnel de 600 millions de dollars. Dans la ville désertée, Casey, une des convoyeuses de fond, et Will, un météorologiste de génie, vont devoir unir leurs forces en utilisant les connaissances de Will pour survivre au milieu de cette « tempête du siècle » et empêcher ces voleurs impitoyables de parvenir à leurs fins.

A l’aube de ses 70 ans, le réalisateur Rob Cohen s’évertue à vouloir retrouver les faveurs d’un public plutôt jeune, en lui offrant quasi-systématiquement un cocktail d’action et d’aventures. Il y a eu plusieurs étapes dans la carrière du cinéaste. Dans les années 1990, il signe Dragon, l’histoire de Bruce Lee (1993), biopic sur l’acteur chinois, devenu culte avec les années. Puis l’année 1996 sortent Coeur de dragon et Daylight. Si le premier surfe sur l’avènement des images de synthèse au cinéma, le second est incontestablement l’un des meilleurs films de Sylvester Stallone de la décennie et par ailleurs une référence du film catastrophe. Les années 2000 arrivent et Rob Cohen livre deux films d’action, matrices de franchises portées par Baboulinet, euh, Vin Diesel. Fast and Furious (2001) et xXx (2002) cassent la baraque dans le monde entier. La suite est finalement un peu plus difficile qu’espéré pour Rob Cohen. Furtif (2005) est un échec commercial. Il accepte alors de mettre en scène le tardif troisième épisode de La Momie : La Tombe de l’empereur Dragon (2008), qui le remet sur les rails du box-office. S’ensuivent un polar mou (Alex Ross – 2012) et une production Jason Blum au succès certain (Un voisin trop parfait – 2015).

Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, Rob Cohen revient avec Hurricane (ou The Hurricane Heist en version originale), un mélange de Twister, de Die Hard et de Pluie d’enfer, un film nawak, dans lequel il joue la carte de la surenchère au détriment de toute crédibilité. Hurricane possède un postulat de grosse série B, mais se révèle être une série Z, laide à regarder, mais qui contre toutes attentes parvient à divertir sans mal avec ses effets visuels ratés, son interprétation neurasthénique et ses scènes d’action invraisemblables.

Au casting, on est peu étonné de retrouver l’inénarrable Toby Kebbell. En quelques années, rarement un comédien aura autant accumulé de mauvais blockbusters à son palmarès. Prince of Persia : Les Sables du temps, L’Apprenti sorcier, La Colère des Titans, Les 4 Fantastiques, Ben-Hur, Kong: Skull Island et maintenant Hurricane, cela commence à faire lourd sur une seule carte de visite. Dommage, car au milieu de ces navets et nanars, Toby Kebbell aura également participé aux deux Planète des Singes de Matt Reeves (Koba, c’était lui), Cheval de guerre de Steven Spielberg, Warcraft : Le Commencement de Duncan Jones et Quelques minutes après minuit (A Monster Calls) de Juan Antonio Bayona. L’acteur britannique a sans doute besoin de changer d’agent. Il donne ici la réplique à Maggie Grace, la fifille de Liam Neeson dans la trilogie Taken, qui s’en sort finalement bien dans ce film, car très investie dans les séquences agitées et les cascades. Le badguy est interprété par Ralph Ineson, Amycus Carrow des trois derniers volets d’Harry Potter, vedette du formidable The Witch de Robert Eggers, dont la voix imposante avait été remarquée dans quelques épisodes de Game of Thrones, où il jouait Dagmer Cleftjaw.

Tout ce petit monde se trouve noyé à la fois sous des milliers de litres d’eau, en raison d’un tournage qui privilégiait les effets live, mais aussi et malheureusement sous des images de synthèse aussi omniprésentes que grossières et moches. Il y a beaucoup de divertissements auxquels on ne croit pas beaucoup, mais qui parviennent à nous captiver suffisamment pour aller jusqu’à la fin. C’est un peu plus compliqué dans le cas de Hurricane. D’une part parce qu’on ne croit à rien, ni à l’histoire, ni aux personnages, ni aux rebondissements, d’autre part parce que malgré les tornades, qui n’ont rien de spectaculaire si on les compare à celles de Twister (et qui a pourtant plus de vingt ans), les courses-poursuites (avec un véhicule rappelant la Batmobile version Nolan), les fusillades et les scènes de destruction, le rythme est très mal géré et Hurricane est finalement un film mou du genou.

Mais bon, ça passe comme dirait l’autre, et l’entreprise n’est pas déplaisante, surtout dans sa scène finale qui n’est pas sans rappeler celle de…ah bah tiens du premier Fast & Furous, mais avec trois trucks monstrueux. Un bon candidat pour une soirée nanar quoi. Hurricane n’a d’ailleurs emporté personne dans son sillage et malgré son budget très modeste, grâce notamment à un tournage en Bulgarie, le bide mondial a été particulièrement retentissant. Et dire que Rob Cohen envisageait une suite, un nouveau casse, en Floride cette fois, avec un volcan en éruption comme toile de fond. Quel dommage !

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Hurricane, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le Blu-ray est disponible en édition limitée Steelbook. Le menu est animé et musical.

L’éditeur joint un making of de 45 minutes. Du moins en apparence, puisque ce module est en fait composé de plusieurs featurettes promotionnelles enchaînées. Si les propos ne volent pas haut, ce qu’il a de pire ici, c’est l’aspect redondant de l’entreprise, d’autant plus que certaines interventions et images de tournage sont parfois reprises à l’identique d’un segment à l’autre. Rob Cohen essaye de valoriser les effets directs réalisés sur le plateau et met également en avant sa collaboration avec le chef opérateur Shelly Johnson. Les acteurs évoquent les personnages et les conditions de tournage en Bulgarie, tout en racontant l’histoire du début à la fin. Un gros plan est également fait sur la création du véhicule Dominator, ainsi que sur les effets visuels.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

On pouvait nettement s’attendre à mieux concernant l’arrivée de Hurricane en Haute-Définition. Non pas que la galette soit déshonorante, loin de là, mais le master aurait pu être plus ciselé. Dans les scènes en intérieur, en gros dans la salle du coffre, l’image peine parfois à tirer profit de cette élévation HD et s’apparente plus à un DVD sensiblement amélioré. Mais les partis pris n’arrangent rien avec un aspect grisâtre peu reluisant et des couleurs ternes tout du long. La copie est propre – encore heureux – le piqué est acceptable, les noirs denses et les (mauvais) effets spéciaux numériques se voient peut-être encore plus qu’au cinéma.

En anglais comme en français, les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 assurent le spectacle acoustique avec un fracas assez jouissif, même si l’ensemble paraît souvent sous-mixé, comme bien souvent chez M6 Vidéo. Au jeu des différences, la langue de Molière n’est pas aussi dynamique que la version originale, mais n’en demeure pas moins immersive. Dans les deux cas, la balance frontale en met plein les oreilles lors des séquences de destruction, à condition d’élever suffisamment le volume. Quelques scènes sortent du lot avec un usage probant des ambiances latérales et du caisson de basses. La musique profite également d’une belle délivrance, mettant toutes les enceintes à contribution. Deux pistes Stéréo sont également proposées, ainsi qu’une piste Audiodescription française et les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / The Passenger, réalisé par Jaume Collet-Serra

THE PASSENGER (The Commuter) réalisé par Jaume Collet-Serra, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD le 29 mai 2018 chez Studiocanal

Acteurs :  Liam Neeson, Vera Farmiga, Patrick Wilson, Sam Neill, Elizabeth McGovern, Jonathan Banks, Florence Pugh, Andy Nyman…

ScénarioByron Willinger, Philip de Blasi, Ryan Engle

Photographie : Paul Cameron

Musique : Roque Baños

Durée : 1h45

Année de sortie : 2018

LE FILM

Comme tous les jours après son travail, Michael MacCauley prend le train de banlieue qui le ramène chez lui. Mais aujourd’hui, son trajet quotidien va prendre une autre tournure. Après avoir reçu l’appel d’un mystérieux inconnu, il est forcé d’identifier un passager caché dans le train, avant le dernier arrêt. Alors qu’il se bat pour résoudre cette énigme, il se retrouve pris dans un terrible engrenage. Une conspiration qui devient une question de vie ou de mort, pour lui ainsi que pour tous les autres passagers !

L’horrible trilogie Taken avait fait oublier à quel point Liam Neeson pouvait être bon quand il s’en donne la peine et quand il est bien dirigé. Comme Nicolas Cage quoi. Entre quelques purges bien senties, Taken, Taken 2, Taken 3, Le Choc des titans, La Colère des titans, The Other Man, le comédien se souvient de son boulot et n’hésite pas à s’investir dans de grands projets comme Chloé d’Atom Egoyan, Le Territoire des loups de Joe Carnahan, Balade entre les tombes de Scott Frank, Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona et Silence de Martin Scorsese. Les derniers divertissements de sa filmographie, même pas coupables, car rappelons que « plaisir coupable » ne veut rien dire, restent incontestablement ses collaborations avec le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra (La Maison de cire, Esther, Instinct de survie). The Passenger, titre « français » de The Commuter est la quatrième association Collet-Serra/Neeson après Sans identité (2011), Non-Stop (2014) et Night Run (2015). Si l’impression de redite est incessante durant l’intégralité du long métrage, The Passenger ne se moque pas des spectateurs et ce nouvel opus mené par l’acteur irlandais n’est pas avare en scènes d’action. C’est juste que The Passenger ne sort jamais des rails (rires) d’un scénario trop balisé et reste bloqué en pilotage automatique du début à la fin.

Ancien policier new-yorkais âgé de 60 ans, Michael « Mike » MacCauley (Liam Neeson) est commercial chez l’assureur Union Capital Insurance depuis 10 ans, lorsqu’il est soudainement licencié. Comble de malchance, alors qu’il s’apprête à prendre le train de banlieue de la ligne Hudson Nord, depuis la gare Grand Central Terminal, pour rentrer chez lui comme tous les jours, Michael se fait voler son téléphone. Durant le trajet, il est abordé par la séduisante Joanna (Vera Farmiga). Celle-ci lui demande d’identifier un voyageur inhabituel parmi les passagers quotidiens en échange de 100 000 dollars. Pour trouver l’intrus, Michael dispose de peu d’indices ; il s’appelle Prynne, il porte un sac et il descendra au terminus Cold Spring. Après avoir récupéré un acompte de 25 000 dollars caché dans les toilettes, Michael décide de refuser le marché, mais se voit contraint de l’honorer pour éviter qu’arrive malheur à sa femme Karen et son fils Danny. Il doit alors tout faire pour résoudre à temps cette énigme, tout en essayant de protéger les passagers…

Si ce thriller n’égale pas les précédentes collaborations Neeson/Collet-Serra, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Selon l’avis du comédien principal lors de la promotion du film en France, « The Passenger, c’est un peu comme Non-Stop, mais dans un train ». Voilà, tout est résumé. Rien ou presque ne change, si ce n’est le transport en commun dans lequel l’ami Liam promène son mètre 93 en fronçant les sourcils, ce qui semble plus difficile à faire ici après un petit tour chez le chirurgien esthétique. Le nouveau lifting de l’acteur le fait parfois ressembler à un épouvantail, mais l’intrigue lui permet de jouer avec son âge. Le but avoué de The Passenger est de plonger Liam Neeson dans des aventures toujours aussi nawak, où il pourra donner du poing et des coups de tatane, tout en donnant la réplique à son partenaire préféré depuis dix ans, son téléphone portable. Agé de 65 ans, l’acteur assure le boulot sans se forcer, mais toujours avec efficacité, traînant son pas de vieux briscard fatigué.

De son côté, Jaume Collet-Serra, loin d’être un tâcheron, emballe l’ensemble pied au plancher, sans jamais laisser le temps aux spectateurs de se reposer ou de réfléchir quant à la crédibilité (ou cré-débilité pourrait-on dire) de ce qui vient de se produire à l’écran. Au final, The Passenger est une course contre la montre menée à cent à l’heure, un film d’action très agréable, une histoire de huis clos classique mais séduisante, immersive et nerveuse, qui vaut également pour la participation de la géniale et sublime Vera Farmiga, sans oublier la classe de Sam Neill.

D’accord, nous sommes évidemment plus proches de Piège à grande vitesse (1995) avec Steven Seagal qu’Une femme disparaît (1938) et L’Inconnu du Nord-Express (1951) d’Alfred Hitchcock, mais ça passe le temps, sans prendre la tête. Ça tombe bien, c’est fait uniquement pour ça. Mission accomplie donc.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de The Passenger, disponible chez Studiocanal, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est sobre, animé sur quelques séquences du film.

Etrange. Alors que le film de Jaume Collet-Serra a tout pour cartonner dans les bacs, l’éditeur ne propose comme supplément qu’une minuscule interview de Liam Neeson (4’). Ne vous attendez donc pas à une profonde analyse psychologique des personnages, mais plutôt à un exercice de style dans lequel le comédien aborde plein de sujets lancés à la volée, sans rien approfondir.

L’Image et le son

Si l’on excepte deux ou trois plans plus doux, la copie HD du film de Jaume Collet-Serra se révèle irréprochable. Que l’histoire se déroule dans les décors urbains grisâtres, ou bien dans les wagons froids du train, le master HD restitue brillamment les partis pris esthétiques de la photographie très contrastée (comme le teint de Liam Neeson) du chef opérateur Paul Cameron (60 secondes chrono, Opération Espadon, Man on Fire, Collateral). Le relief est omniprésent, le piqué aiguisé comme une lame de rasoir, la clarté de mise à l’instar des yeux bleus étincelants de Vera Farmiga. Le cadre large est magnifiquement exploité, les détails sont légion, un léger grain cinéma est palpable et la profondeur de champ impressionnante. Le nec plus ultra de la Haute définition, c’est superbe.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre deux mixages Dolby Atmos français et anglais, souvent explosifs, autant dans les scènes d’affrontements secs que dans les (rares) séquences plus calmes. Les pics de violence peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales, avec les effets qui environnent le spectateur. Les ambiances annexes sont très présentes (tout le roulis du train) et dynamiques, les voix solidement exsudées par la centrale, tandis que le caisson de basses souligne efficacement chacune des actions au moment opportun. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © StudiocanalCaptures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr