Test Blu-ray / Le Survivant d’un monde parallèle, réalisé par David Hemmings

LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE (The Survivor) réalisé par David Hemmings, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 20 septembre 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Robert Powell, Jenny Agutter, Joseph Cotten, Angela Punch McGregor, Peter Sumner, Lorna Lesley, Ralph Cotterill, Adrian Wright…

Scénario : David Ambrose, d’après le roman de James Herbert

Photographie : John Seale

Musique : Brian May

Durée : 1h39

Année de sortie : 1981

LE FILM

Unique survivant d’une catastrophe aérienne, dont il est sorti étrangement indemne, le commandant Keller décide de mener sa propre enquête sur les circonstances de l’accident. Hanté par les esprits des victimes du crash, devenu totalement amnésique, il aura besoin de l’aide d’une jeune femme pour élucider les nombreux mystères qui entourent le drame…

Le Survivant d’un monde parallèle The Survivor est ce qu’on pourrait qualifier de premier blockbuster australien. Cette production locale nantie d’un budget dépassant le million de dollars (un événement dans ce pays) surfait alors sur le succès colossal rencontré par Harlequin de Simon Wincer, récompensé dans les festivals du monde entier. Aux manettes, on retrouve le britannique David Hemmings (1941-2003), l’éternel Thomas du Blow-Up (1966) de Michelangelo Antonioni, déjà présent au générique d’Harlequin, qui signait ici son quatrième long-métrage en tant que réalisateur après Running Scared (1972), The 14 (1973) et Gigolo (1978). Pour la seconde fois, il dirige le comédien Robert Powell, tête d’affiche de son premier film, mais aussi son partenaire dans Harlequin, dans lequel il interprétait le rôle principal. Comme dans ce dernier, l’acteur est une fois de plus magnétique, brillant, élégant et formidable. S’il est évident que le film pâtit d’une écriture souvent maladroite et d’une fin tarabiscotée, Le Survivant d’un monde parallèle agit comme une séance d’hypnose, qui en dépit de ses défauts ne lâche jamais les spectateurs du début à la fin. Froidement reçu par la critique et le public, The Survivor a su par la suite marquer l’esprit des cinéphiles, y compris celui de certains cinéastes, à l’instar d’un certain M. Night Shyamalan qui y puisera indéniablement la source d’Incassable Unbreakable (2000), auquel on pense tout du long, mais aussi également de Sixième Sens Sixth Sens (1999). Raison de plus pour voir ou revoir Le Survivant d’un monde parallèle !

Un pilote survit au crash de son Boeing 747-200, indemne malgré la mort de ses 300 passagers dans l’accident. Sans aucun souvenir de l’accident, il commence à souffrir d’étranges visions surnaturelles, le guidant à soupçonner que quelque chose s’est passé dans l’accident…qui n’était peut-être pas un accident…

Franchement, on reste subjugué par la mise en scène de David Hemmings, qui soigne chacun de ses plans, exploite merveilleusement ses décors, dont le set principal, celui du crash avec la carlingue du 747 autour de laquelle s’agitent moult représentants de l’ordre, ainsi que les membres d’équipes scientifiques diverses et médicales. L’action du film y revient fréquemment, sans jamais lasser, en explorant de nouveaux angles, partis-pris qui donnent à The Survivor une véritable identité, mais aussi une atmosphère troublante, une ambiance fantastique, un ton inquiétant. Doté de moyens conséquents, le réalisateur compte bien montrer ce qu’il a dans le ventre et de ce point de vue nous ne sommes pas déçus du tout. La séquence de l’accident aérien demeure très impressionnant et contentera encore aujourd’hui les amateurs de films catastrophes. Rien à redire sur la forme, la photo signée John Seale (Mad Max: Fury Road, Retour à Cold Mountain, En pleine tempête) est superbe, le montage rend l’ensemble captivant, et la musique de Brian May (Patrick, Road Games, Mad Max 2) est envoûtante.

Mais l’autre grande réussite du Survivant d’un monde parallèle provient de son casting. Robert Powell, Jésus de Nazareth dans la mini-série de Franco Zeffirelli et l’incroyable Gregory Wolfe d’Harlequin s’impose et crève l’écran par son charisme. A ses côtés se distingue Jenny Agutter, révélée en 1971 dans La Randonnée – Walkabout de Nicolas Roeg, qui partageait ensuite l’affiche de L’Âge de cristal Logan’s Run de Michael Anderson avec Michael York en 1976. La même année que Le Loup-garou de Londres An American Werewolf in London de John Landis, elle trouve ici l’un des rôles les plus marquants de sa carrière, celui de la médium qui aidera Keller à comprendre ce qui a pu se passer et pourquoi il est le seul rescapé de cette tragédie. Également au casting, Joseph Cotten, alors âgé de 75 ans, dans sa dernière apparition au cinéma, qui arrondissait son fonds de retraite en acceptant des apparitions bien payées dans quelques séries B du style Le Continent des hommes-poissons L’Isola degli uomini pesce de Sergio Martino, Concorde Affaire ’79 de Ruggero Deodato et Guyana, la secte de l’enfer Guyana : Crime of the Century de René Cardona Jr.

The Survivor est une mystérieuse expérience de cinéma, qui fait appel au ressenti du spectateur, qui l’incite à la réflexion (certains éléments demeureront flous à la fin, y compris dans la version longue), tout en le divertissant. Dommage évidemment que le final, qu’on imagine sans cesse réécrit, ne soit pas à la hauteur et déçoive même fortement. Toutefois, cela n’empêche pas de conserver un excellent souvenir du film. Certes, les puristes fans du roman du maître de l’horreur, du fantastique et du paranormal James Herbert continueront de crier au scandale quant à l’adaptation aseptisée du livre original, particulièrement sombre et sanglant (pour ne pas dire gore), mais en l’état, cette transposition n’a absolument rien de déshonorant, bien au contraire, et le film de David Hemmings a su traverser les décennies en conservant un charme vintage, tout en restant un grand et étrange spectacle qui n’a rien à envier aux films contemporains du genre.

LE COMBO BLU-RAY + DVD

Un peu plus de trois mois après la sortie du dernier titre de la collection Fantastique-Horreur chez Rimini Editions, celle-ci accueille un nouveau classique du genre, Le Survivant d’un monde parallèle, qui rejoint ainsi Magic, Mother’s Day, Incubus, Hell Night, Trauma, Mutations, Le Bal de l’horreur, Happy Birthday To Me, Terror Train Le Monstre du train, Harlequin, Les Griffes de la peur et Patrick ! Près de vingt ans après une première édition en DVD chez Opening, Rimini Editions présente le film de David Hemmings dans un superbe écrin, autrement dit un Digipack à trois volets, comprenant le Blu-ray (qui propose – pour la première fois en France – la version longue et la version courte de The Survivor), un premier DVD comportant le montage uncut et second disque qui reprend la version courte. A noter que seule la version longue a été restaurée, par ailleurs en HD. Le livret rétrospectif de 20 pages écrit par Marc Toullec est également inclus à cette édition. L’ensemble est glissé dans un fourreau cartonné, qui arbore l’un des célèbres visuels d’exploitation du Survivant d’un monde parallèle, ainsi que les couleurs de la désormais incontournable collection. Le menu principal est animé et musical.

Le premier module intitulé Sur le tournage (29’), est une émission télévisée australienne (Clapper Board) durant laquelle la présentatrice est allée à la rencontre d’une partie du casting de The Survivor (Joseph Cotten qui évoque le tournage de La Porte du paradis de Michael Cimino, Peter Sumner, Jenny Agutter, Ralph Cotterill, Angela Punch McGregor qui parle du génial L’Île sanglante de Michael Ritchie). Les images de plateau dévoilent les prises de vue de la scène du crash et la carcasse en feu de l’avion, réalisées à Adélaïde, devant près de 10.000 spectateurs et enregistrées par cinq caméras.

Nous en avions déjà vu quelques bribes dans les éditions HD de Patrick et Long Weekend, le bonus suivant est une compilation d’interviews enregistrées en 2007-2008, provenant du documentaire Not Quite Hollywood réalisé par Mark Hartley. Les questions posées aux divers intervenants, à savoir le producteur Antony I. Ginnane et le directeur de la photographie John Seale (21’), tournent autour de la genèse du Survivant d’un monde parallèle, du choix de David Hemmings pour mettre en scène ce film, de l’adaptation du roman de James Herbert (et donc de l’abandon des éléments gore pour ce passage à l’écran, ce que le producteur regrette aujourd’hui), des problèmes survenus au montage (les ellipses qui ont perturbé une grande partie des spectateurs), des partis-pris et des intentions de l’équipe (être proche de l’univers et de l’approche cérébrale des films de Robert Wise, de Jack Clayton et de Jacques Tourneur), ainsi que du tournage de la séquence du crash et des faiblesses du scénario qui n’ont pu être réglées sur le plateau.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Comme nous l’indiquions précédemment, seule la version intégrale de The Survivor a été restaurée et d’ailleurs on ne va pas s’en plaindre. Ce qui frappe d’emblée, c’est la luminosité de ce master HD, ainsi que la clarté des couleurs. Le grain argentique est bien géré, forcément plus appuyé sur les séquences à effets spéciaux qui entraînent quelques fourmillements et une baisse de la définition. Dans l’ensemble, ce Blu-ray ne déçoit pas, le piqué est acéré, la propreté éloquente (même si des poussières et des griffures subsistent), les détails ciselés sur les gros plans notamment. Superbe cadre large, mais les contrastes sont aléatoires.

Nous ne testons ici que la version intégrale, uniquement disponible en anglais. Cette piste bénéficie d’une piste DTS-HD Master Audio Stéréo 2.0 exemplaire et limpide, restituant les dialogues avec minutie, ainsi que la partition de Brian May, qui jouit d’un coffre inédit. Les effets sont solides, le confort acoustique largement assuré. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Rimini Editions / Riaci Investments Pty.Ltd / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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