Test DVD / Les Tourmentés, réalisé par Lucas Belvaux

LES TOURMENTÉS réalisé par Lucas Belvaux, disponible en DVD le 17 janvier 2026 chez UGC.

Acteurs : Niels Schneider, Ramzy Bédia, Linh-Dan Pham, Déborah François, Mahé Boujard, Baptiste Germain, Jérôme Robart, Estelle Luo…

Scénario : Lucas Belvaux, d’après son roman

Photographie : Guillaume Deffontaines

Musique : Frédéric Vercheval

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien. Skender, ancien légionnaire, le découvrira bien assez tôt. « Madame », veuve fortunée et passionnée de chasse, s’ennuie. Elle charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l’homme, moyennant un très juteux salaire. Skender est le gibier idéal. Mais rien ne se passera comme prévu…

Après l’excellent Des hommes, sorti en 2021, le cinéaste belge Lucas Belvaux revient au cinéma avec Les Tourmentés, adaptation de son propre roman publié en 2022 et récompensé par le prix Régine-Deforges. Et c’est une nouvelle et grande réussite à inscrire à son palmarès. Rétrospectivement, une seule fausse note apparaît dans une filmographie quasi-parfaite, en l’occurrence 38 témoins (2012), tandis que ses autres longs-métrages font indubitablement partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma francophone. Suite à sa trilogie Un couple épatant, Cavale, Après la vie, sortie en 2003, le réalisateur ne cessera d’explorer les thèmes du mensonge, de la lâcheté, du couple, de la peur, des souvenirs, de la culpabilité, et Les Tourmentés ne déroge pas à la règle. Ce qu’il y a de fascinant chez Lucas Belvaux, c’est sa virtuosité à passer d’un genre à l’autre, tout en suivant une même ligne directrice, en explorant encore et toujours les sujets inépuisables qui le fascinent, l’obsèdent, l’inspirent. En lisant l’histoire, on pense indéniablement aux Chasses du comte Zaroff, nouvelle de Richard Connell (The Most Dangerous Game -1924), adaptée en 1932 Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel. Lucas Belvaux s’inspire plutôt de l’atmosphère de cette histoire et s’intéresse à ce qu’il y a derrière, ou plutôt à l’âme, à la psyché perturbée de ses personnages. Certes, le récit joue sur la tension, entretenue jusqu’à la fameuse chasse attendue, mais que l’on ne verra pas, soyez prévenus d’entrée de jeu. Car l’essentiel est ailleurs. Triple parcours initiatique, Les Tourmentés se focalise sur trois protagonistes principaux, qui ont plus ou moins vendu leur âme au diable et qui tentent malgré tout de survivre dans ce bas monde, tant qu’ils l’arpentent encore malgré eux. Grosse claque, Les Tourmentés n’a pourtant connu aucun engouement dans les salles, au point que Lucas Belvaux a connu le pire score de sa carrière (52.000 entrées, ouch). Si vous deviez donner une deuxième chance à un seul film de 2025, accordez-la aux Tourmentés s’il vous plaît !

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Test Blu-ray / Le Cri des ténèbres, réalisé par William Fruet

LE CRI DES TÉNÈBRES (Cries in the Night – Funeral Home) réalisé par William Fruet, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 14 février 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Kay Hawtrey, Lesleh Donaldson, Barry Morse, Stephen E. Miller, Dean Garbett, Alf Humphreys, Peggy Mahon, Harvey Atkin…

Scénario : Ida Nelson

Photographie : Mark Irwin

Musique : Jerry Fielding

Durée : 1h28

Année de sortie : 1980

LE FILM

Heather, 18 ans, va passer l’été chez sa grand-mère, qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Celle-ci vient de transformer sa demeure, située près d’un lac, en maison d’hôtes. Les clients commencent à arriver. Certains disparaissent, tandis que d’autres sont assassinés.

Alfred Hitchcock n’a eu de cesse et continue d’ailleurs d’inspirer les metteurs en scène. David Fincher, Clint Eastwood, Roman Polanski, Brian De Palma, Curtis Hanson, Claude Chabrol, François Truffaut, René Clément et bien d’autres ont tous un peu voire beaucoup de « Hitch » dans l’ADN de leur cinéma. Mais s’il y a bien une œuvre à laquelle on revient très souvent, et ce peu importe le type de productions (séries A, B et Z confondues donc), c’est bel et bien PsychosePsycho (1960). Le Cri des ténèbresCries in the Night, également connu sous le titre Funeral Home, n’y échappe pas. La même année que Vendredi 13Friday the 13th de Sean S. Cunningham, Le Bal de l’horreurProm Night de Paul Lynch et Le Monstre du trainTerror Train de Roger Spottiswoode, un certain William Fruet prenait les manettes de ce Cri des ténèbres, accompagné de critiques très mitigées à sa sortie (qui lui reprochaient justement de trop plagier Psychose) et qui s’est soldé par un échec commercial retentissant. Bon, il est vrai que la révélation finale fait pschitt et se devine quasiment instantanément si le spectateur possède les codes (ou même s’il n’est pas beurré) et qu’il ne se passe pas grand-chose durant 85 minutes…Néanmoins, on ne peut que constater que le réalisateur William Fruet, connu pour Week-end sauvageDeath Weekend (1976), L’Exterminateur Search and Destroy (1979) et SpasmesSpasms (1983) avec Peter Fonda et Oliver Reed, soigne ses plans et sait surtout diriger ses comédiens, tous excellents et même bien meilleurs que ceux qui peuplaient habituellement les slashers et autres films d’épouvante de l’époque. Anecdotique, mais Le Cri des ténèbres reste un divertissement honnête.

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Test DVD / The Girl in the Pool, réalisé par Dakota Gorman

THE GIRL IN THE POOL réalisé par Dakota Gorman, disponible en DVD le 2 décembre 2025 chez AB Vidéo.

Acteurs : Freddie Prinze Jr., Kevin Pollak, Monica Potter, Angie Ayala, Brielle Barbusca, Dionysio Basco, Rickey Eugene Brown, Micah Giovanni…

Scénario : Jackson Reid Williams

Photographie : Alonso Homs

Musique : Adam Bosarge

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Le jour de son anniversaire, la vie de Tom s’effondre lorsque sa maîtresse est retrouvée morte dans sa piscine. Terrifié par les conséquences et afin de préserver sa famille, il dissimule la vérité…

Celles et ceux qui n’ont pas connu les années 1990 (dommage pour vous), ne savent probablement pas qui est Freddie Prinze Jr. Né en 1976, le comédien américain devient à 21 ans l’idole des jeunes (filles, il faut bien le dire, nous on s’en foutait) grâce à son rôle dans Souviens-toi… l’été dernier I Know What You Did Last Summer de Jim Gillespie, immense succès suivi évidemment d’une suite tournée dans la foulée, Souviens-toi… l’été dernier 2I Still Know What You Did Last Summer, réalisé cette fois par Danny Cannon. Les comédies-romantiques s’enchaînent pour lui, Elle est trop bienShe’s All That de Robert Iscove, In LoveDown to You de Kris Isacsson, Boys and Girls de Robert Iscove, Folles de luiHead over Heels de Mark Waters, qui mettent toutes sa belle gueule en valeur. Tout en volant le coeur de Sarah Michelle Gellar, qu’il avait rencontré sur le premier volet de Souviens-toi…, avec laquelle il est d’ailleurs encore aujourd’hui et qui lui a donné deux enfants, Freddie Prinze Jr. est au top du box-office avec les deux opus live de Scooby-Doo, emballés par Raja Gosnell. Et depuis vingt ans ? Bah rien…des séries télévisées par-ci par-là, principalement des voix enregistrées pour les jeux vidéos. Ah si, il a aussi sorti un livre de recettes de cuisine. Il revient avec The Girl on the Pool dans lequel il cultive le navet justement. Ou le nanar plutôt. Et celui-ci en est un beau. On lorgne vers le thriller des nineties, mais du style qui fleurissait le dimanche après-midi sur TF1 ou sur la même chaîne le samedi soir dans Hollywood Night, les scènes de cul (ce qui nous faisait veiller tard adolescent) en moins. Si le hasard ou la perversité vous a conduit à The Girl in the Pool, vous devrez faire preuve d’indulgence, de patience, de courage aussi sans doute pour aller jusqu’au bout de cette calamiteuse entreprise. Cela est d’autant plus dommage que Freddie Prinze Jr. a pris en charisme et souhaite prouver qu’il en a sous le capot. Mais ce n’est certainement pas avec « ça », ce truc « filmé » par une certaine Dakota Gorman, qu’il en fera la démonstration.

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Test Blu-ray / La Nuit des clowns, réalisé par Eli Craig

LA NUIT DES CLOWNS (Clown in a Cornfield) réalisé par Eli Craig, disponible en DVD & Blu-ray le 18 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Katie Douglas, Aaron Abrams, Carson MacCormac, Vincent Muller, Kevin Durand, Will Sasso, Cassandra Potenza, Verity Marks…

Scénario : Carter Blanchard & Eli Craig, d’après le roman de Adam Cesare

Photographie : Brian Pearson

Musique : Brandon Roberts & Marcus Trumpp

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Kettle Spring est une petite bourgade du fin fond des États-Unis perdue au milieu des champs de maïs. Et que ça lui plaise ou non, Quinn emménage avec son père, nouveau médecin de ce trou paumé sans réseau. Très vite, Quinn fait la connaissance de la bande de jeunes casse-cou locale et remarque que plusieurs choses pas nettes se passent en ville. Et alors que les habitants se préparent à la fête annuelle, des mystérieux clowns font irruption pour rajouter un peu de barbaque à la soirée…

En 2011 sort une toute petite comédie d’horreur intitulée Tucker et Dale fightent le malTucker and Dale vs Evil. La critique s’emballe, les spectateurs répondent présent, un statut culte s’installe même d’emblée et le film connaîtra un remake en Corée. Qu’est devenu depuis le réalisateur Eli Craig ? Comme metteur en scène, on l’a revu à la barre d’un épisode de la série Brothers & Sisters, du pilote de la série avortée Zombieland (inspirée du film de Ruben Fleischer) et de Little Evil (avec Evangeline Lilly et Adam Scott), emballée pour le compte de Netflix, avec lequel il retrouvait la veine de son premier long-métrage. Mais tout cela remonte à presque dix ans au minimum. Eli Craig revient enfin aux affaires avec La Nuit des clownsClown In A Cornfield, ou l’adaptation du roman Un clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare. Produit pour un petit million de dollars, tourné en seulement cinq semaines, le film en a rapporté dix fois plus, dont sept millions rien que sur le sol américain où il est sorti bien avant l’été. Soyons honnêtes, il n’y a absolument aucune surprise dans La Nuit des clowns avec son récit ultra-balisé et ses rebondissements aussi attendus que clichés, mais ce ride permet à Eli Craig de se remettre en scène et de prouver son efficacité derrière la caméra. Toutefois, il faut s’armer de patience, car la première partie avant le massacre est trèèèès longue à se mettre en route, l’installation des personnages est aussi interminable que maladroite. Mais lorsque le massacre démarre, cela ne s’arrête quasiment plus jusqu’à la fin et l’humour tant attendu permet de passer un agréable moment.

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Test Blu-ray / La Maison au fond du parc, réalisé par Ruggero Deodato

LA MAISON AU FOND DU PARC (La Casa sperduta nel parco) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : David Hess, Annie Belle, Christian Borromeo, Giovanni Lombardo Radice, Marie Claude Joseph, Gabriele Di Giulio, Lorraine De Selle, Karoline Mardeck, Brigitte Petronio…

Scénario : Gianfranco Clerici & Vincenzo Mannino

Photographie : Sergio D’Offizi

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Alex, voyou et violeur, tient sous sa coupe Ricky, un peu simplet. Tous deux travaillent dans un garage aux affaires douteuses. Alors qu’ils s’apprêtent à sortir en boîte, ils dépannent la voiture d’un couple de jeunes bourgeois qui, pour les remercier, les invite à une soirée dans leur villa. Si Ricky s’y amuse, Alex réalise vite que l’assemblée cherche à les humilier. Énervé, il sort son rasoir et prend la soirée en main…

La Maison au fond du parcLa Casa sperduta nel parco est né de l’argent qui restait à disposition aux deux producteurs Franco Di Nunzio et Franco Palaggi, après le tournage de Cannibal Holocaust. En effet, le réalisateur Ruggero Deodato ayant été encore plus radical et rapide que prévu en Colombie, celui-ci se voit proposer d’emballer un autre film avec ce qui reste alors dans la tirelire mise à disposition. Seule recommandation, le metteur en scène doit filmer lui-même quelques scènes à New York, afin d’y ancrer l’histoire de son nouvel opus, les scènes d’intérieur étant prévues en studio en Italie. Le montage prendra le relais pour faire croire que tout se déroule à New York et dans ses environs. Gianfranco Clerici (La Longue nuit de l’exorcisme, MurderRock, L’Éventreur de New York) et Vincenzo Mannino (Formule pour un meurtre, Les Prédateurs du futur, L’Antéchrist), se mettent à l’écriture et livrent ce qui sera La Maison au fond du parc, qui appartient au genre rape & revenge, tout droit hérité de La Dernière maison sur la gauche (1972) de Wes Craven. Non seulement la trame narrative et l’intrigue sont très proches de ce film devenu immédiatement une référence et un modèle à plagier, mais David Hess, qui incarnait le fameux Krug Stillo, tient également le haut de l’affiche dans cette Casa sperduta nel parco. Le sieur Deodato devait démarrer les prises de vue alors que son odyssée sanglante dans la forêt amazonienne n’était pas encore sortie sur les écrans, avec le scandale qui allait l’accompagner. Rétrospectivement, La Maison au fond du parc est sans doute l’un des meilleurs opus du maestro. Impeccablement emballé, ce thriller demeure une oeuvre très violente, sans concession, morbide, cruelle, dérangeante, à l’érotisme malsain, mais génialement réalisée, photographiée, cadrée, montée et interprétée, le tout en trois semaines seulement et dont la rapidité (pour ne pas dire l’urgence) d’exécution se ressent à l’écran. À ne pas mettre devant tous les yeux toutefois. Il faut dire que Ruggero Deodato n’y va pas de main-morte et met souvent tout humour de côté, aucune soupape permettant au spectateur de reprendre son souffle devant ce spectacle transgressif, sulfureux et subversif. Un chaînon manquant, toutes proportions gardées bien sûr, ne hurlez pas, entre La Maison des otagesThe Desperate Hours (1955) de William Wyler (que refera Michael Cimino au début des années 1990) et Orange mécanique A Clockwork Orange (1971) de Stanley Kubrick.

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Test Blu-ray / La Queue du scorpion, réalisé par Sergio Martino

LA QUEUE DU SCORPION (La Coda dello scorpione) réalisé par Sergio Martino, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : George Hilton, Anita Strindberg, Alberto de Mendoza, Janine Reynaud, Luis Barboo, Tom Felleghy, Lisa Leonardi, Tomás Picó, Ida Galli, Luigi Pistilli…

Scénario : Ernesto Gastaldi

Photographie : Emilio Foriscot

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Suite au décès de son mari, Kurt, dans l’explosion d’un avion, Lisa Baumer hérite d’un million de dollars qu’elle ne pourra toucher qu’en quittant Londres pour se rendre à Athènes. Sur place, elle est suivie par Peter Lynch, dépêché par la compagnie d’assurances, ainsi que par John Stanley, un policier. Peu après, la riche héritière croise la route d’une ex-maîtresse de son mari, Lara Florakis. Flanquée de Sharif, son homme de main, celle-ci lui réclame la moitié du pactole, sous peine de représailles…

C’est on peut le dire la plus grande période de la carrière éclectique et prolifique de Sergio Martino (né en 1938), puisque La Queue du scorpion La Coda dello scorpione (1971) prend place entre L’Étrange Vice de madame WardhLo Strano vizio della Signora Wardh et Toutes les couleurs du viceTutti i colori del buio. Nous sommes donc en plein giallo, genre qui fait habituellement fuir les critiques de cinéma et qui remplit pourtant les salles. Point d’Edwige Fenech au générique, pour cause d’heureux événement à venir, la magnifique actrice a dû laisser sa place à sa consœur suédoise Anita Strindberg, précédemment à l’affiche du Venin de la peurUna lucertola con la pelle di donna de Lucio Fulci et qui en l’espace de trois ou quatre ans marquera les esprits en enchaînant Qui l’a vue mourir ?Chi l’ha vista morire? d’Aldo Lado, Tropique du Cancer Al tropico del cancro de Gian Paolo Lomi et Edoardo Mulargia et L’Antéchrist L’Anticristo d’Alberto de Martino, pour ne citer que ceux-là et c’est déjà pas mal. Sergio Martino et Anita Strindberg, qui se retrouveront tout de suite après pour le légendaire (c’est toujours un plaisir d’écrire ce titre) Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la cléIl tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave, tournent La Queue du scorpion, thriller italo-espagnol, avec une petite touche de moussaka et de pudding, le film allant se faire voir chez les grecs dans la seconde partie et de l’autre côté de la Manche pour deux ou trois scènes ajoutées en raison d’une durée jugée trop courte pour l’exploitation du film. La Queue du scorpion est un parfait représentant du giallo avec son intrigue « tarabiscotée » (rien de péjoratif ici), ses femmes fatales, ses beaux gosses ténébreux, son tueur masqué, vêtu de noir, l’arme blanche empoignée par une main endossée d’un gant en cuir, ses victimes passant de vie à trépas dans d’atroces douleurs et le plus souvent dans un bain de sang bien rouge ketchup ou sauce barbecue si la lame atteint le foie. Le spectacle demeure total, excellemment mis en scène par des plus grands et habiles artisans en la matière. Une vraie référence non usurpée.

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Test Blu-ray / Bad Moon, réalisé par Eric Red

BAD MOON réalisé par Eric Red, disponible en DVD & Blu-ray le 25 septembre 2025 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Mariel Hemingway, Michael Paré, Mason Gamble, Ken Pogue, Hrothgar Mathews, Johanna Marlowe, Gavin Buhr, Julia Montgomery Brown…

Scénario : Eric Red, d’après le roman « Thor » de Wayne Smith

Photographie : Jan Kiesser

Musique : Daniel Licht

Durée : 1h21

Date de diffusion initiale: 1996

LE FILM

Après une expédition dans une jungle reculée, Ted rend visite aux États-Unis à sa sœur Janet qui vit seule avec son fils Brett. Ted est en réalité un loup-garou qui tente de vaincre la malédiction grâce à l’amour de ses proches. Mais le berger allemand de la famille, Thor, flaire le danger et tente d’avertir et de protéger ses maîtres…

Il faut parfois attendre dix, vingt, trente ans, parfois plus à un film pour être réellement redécouvert et peut-être même obtenir un certain statut culte. C’est le cas pour Bad Moon, ou tout simplement Pleine Lune, sorti sur les écrans, essentiellement américains, en 1996. Le film de loup-garou est quelque peu revenu à l’avant-plan avec Wolf, grand succès de l’année 1994, avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer, tandis qu’un septième volet (et ça, on est sûr que vous ne le saviez pas) de Hurlements, la sixième suite du film de Joe Dante donc, apparaît dans les bacs vidéos. Doté d’un budget honnête de sept millions de dollars, le réalisateur Eric Red, connu pour son travail de scénariste (Hitcher de Robert Harmon, Aux frontières de l’aube et Blue Steel de Kathryn Bigelow), va alors livrer son opus le plus célèbre à ce jour, Bad Moon, son troisième long-métrage comme cinéaste. Ainsi, après deux courts, un téléfilm, suivi de Cohen & Tate (1988, avec Roy Scheider et Adam Baldwin) et Body Parts (1991, adapté de Boileau & Narcejac), Eric Red livre une formidable série B d’épouvante, en s’inspirant du roman Thor de Wayne Smith, le titre étant tiré du nom du chien, l’un des personnages principaux du récit. C’est aussi la même chose pour Bad Moon (production James G. Robinson, qui la même année osait le remake des Diaboliques, pauvre fou), le berger allemand tenant même la dragée haute à Mariel Hemingway et Michael Paré. De là à dire qu’il leur vole la vedette, il y a un pas que…vous savez et n’en pensez pas moins si vous avez déjà vu Pleine Lune. En l’état, en dehors d’images de synthèse affreuses et particulièrement risibles (en gros, le morphing final du clip Black or White est cent fois plus réussi), Bad Moon demeure un beau spectacle du genre, solidement interprété, court (76 minutes montre en main), prenant et efficace.

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Test Blu-ray / Magnum Cop, réalisé par Stelvio Massi

MAGNUM COP (Poliziotto senza paura) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 2 septembre 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Maurizio Merli, Joan Collins, Franco Ressel, Werner Pochath, Annarita Grapputo, Alexander Trojan, Massimo Vanni, Gastone Moschin…

Scénario : Gino Capone, Stelvio Massi & Franz Antel, d’après une histoire originale de Fulvio Gicca Palli

Photographie : Riccardo Pallottini

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Impliquée dans une affaire de mœurs, la fille d’un banquier fortuné, Annalise, se serait mystérieusement volatilisée dans la nature. C’est du moins ce que son père affirme à un détective privé. Ce dernier, qui ne sait pas encore vraiment où il met les pieds, se voit confier la mission délicate de retrouver sa trace et de la ramener au bercail.

Rétrospectivement, Magnum Cop, Poliziotto senza paura, ou bien encore Fearless Fuzz est la deuxième des six collaborations entre le réalisateur Stelvio Massi (1929-2004) et le comédien Maurizio Merli (1940-1989), après SOS Jaguar : Opération Casse-gueulePoliziotto sprint (1977) et avant Un flic explosifUn poliziotto scomodo (1978), Il commissario di ferro (1978), La Cité du crimeSbirro, la tua legge è lenta… la mia no! (1979) et Un flic rebellePoliziotto solitudine e rabbia (1980). Cet opus se démarque pour son action essentiellement délocalisée à Vienne et surtout par sa rupture de tons. Car si le film démarre quasiment comme une comédie avec le quotidien d’un détective privé sans le sou (Un Marlowe du pauvre, embringué dans une affaire qui le dépasse et à laquelle il ne comprend pas grand-chose) et qui parvient tout juste à tirer de quoi vivre avec ses enquêtes minables, le genre vire au thriller sordide dans une seconde partie étonnante, qui plonge le dit ancien flic dans une histoire de prostitution enfantine. Maurizio Merli, moustache fringante, le regard laser, le brushing impeccable et le sourcil bien relevé s’en tire sans aucun effort, comme à son habitude d’ailleurs, et porte merveilleusement ce Magnum Cop, comme toujours fort bien mis en scène par ce formidable artisan qu’était Stelvio Massi…quand bien même celui-ci abuse quelque peu des super-ralentis et ce dès la première séquence.

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Test Blu-ray / Max et Jérémie, réalisé par Claire Devers

MAX ET JÉRÉMIE réalisé par Claire Devers, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 9 septembre 2025 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Philippe Noiret, Christophe Lambert, Jean-Pierre Marielle, Christophe Odent, Feodor Chaliapin Jr., Thierry Gimenez, Jean-Pierre Miquel, José Quaglio…

Scénario : Claire Devers & Bernard Stora, d’après le roman de Teri White

Photographie : Bruno de Keyzer

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Tueur à la retraite, Max se lie d’amitié avec Jérémie, un petit voyou ambitieux. Ce dernier, comme premier « contrat », a pour mission d’éliminer le vieil homme. Mais une tendre complicité naît entre les deux tueurs…

Nous sommes en 1992 et en cette belle année où l’auteur de ces mots franchissait pour la première fois les portes du collège Alfred de Musset de Patay, ce cher Christophe(r) – hinhinhin – Lambert partageait sa carrière entre la France et les États-Unis. À 35 ans, le comédien a vu sa carrière s’envoler définitivement en enchaînant Greystoke (3,5 millions d’entrées), Paroles et Musique de Élie Chouraqui (1,6 millions), Subway (2,9 millions et César du meilleur acteur) et Highlander (4 millions). Il connaît ensuite quelques revers chez Marco Ferreri (I Love You) et Michael Cimino (Le Sicilien), tandis que la suite des aventures de Connor MacLeod n’emporte pas l’adhésion espérée. Et pour cause. Christophe Lambert revient en force avec l’excellent Face à face Knight Moves de Carl Schenkel, pour lequel il partage l’affiche avec sa compagne Diane Lane (veinard), le génial (si si) Fortress de Stuart Gordon et trouve l’un de ses meilleurs rôles dans Max et Jérémie de Claire Devers. Encore aujourd’hui, l’acteur déclare qu’il s’agit d’un des meilleurs scénarios qu’il a pu lire. Rétrospectivement et s’il ne connaîtra qu’un succès relatif avec 630.000 spectateurs réunis dans les salles, Max et Jérémie demeure un solide et étrange polar, dans lequel le tandem Philippe Noiret – Christophe Lambert fonctionne étonnamment bien, duo par ailleurs soutenu par la participation d’un autre monstre, Jean-Pierre Marielle, qui sera nommé pour le César du meilleur second rôle.

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Test Blu-ray / Piégé, réalisé par David Yarovesky

PIÉGÉ (Locked) réalisé par David Yarovesky, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 9 août 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Bill Skarsgård, Anthony Hopkins, Ashley Cartwright, Michael Eklund, Navid Charkhi, Ricardo Pequenino, Gaston Morrison, Reese Alexander…

Scénario : Michael Arlen Ross, d’après le scénario du film argentin 4×4 coécrit par Mariano Cohn & Gastón Duprat

Photographie : Michael Dallatorre

Musique : Tim Williams

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Un voleur s’introduit dans une voiture de luxe et se retrouve piégé à l’intérieur. Il découvre que son énigmatique propriétaire en a le contrôle total et qu’il va exercer sur lui une vengeance diabolique.

Voilà, c’est court, direct. Piégé ou Locked en version originale, est réalisé par David Yarovesky. Venu de l’univers du clip musical, il signe en 2014 son premier long-métrage, The Hive, resté inédit dans nos contrées. Il parvient à percer cinq ans plus tard avec son second essai, Brightburn L’Enfant du mal, produit par James Gunn, écrit par le frère de celui-ci, ainsi que par leur cousin, film fantastique qui évoquait déjà Superman en filigrane. 2021, David Yarovesky s’associe avec Netflix pour Nightbooks, qui confirme sa prédilection pour le fantastique. Il change son fusil d’épaule avec Piégé, thriller anxiogène, huis clos, dont l’action se déroule essentiellement dans l’habitacle d’un SUV, qui n’est autre que le remake du film argentin 4 x 4, mis en scène par Mariano Cohn, sorti en 2019. On ne saurait comparer les deux versions, puisque l’auteur de ces mots n’a pas vu le film original, toujours est-il que ce Piégé est un savoureux tour de force, qui offre enfin matière à l’étonnant Bill Skarsgård, débarrassé de ses maquillages récurrents (Ça, The Crow, Nosferatu), présent dans chaque scène, pour ne pas dire dans chaque plan. Grande prestation de ce dernier, quasi-seul en scène pendant 90 minutes, qui parvient à rendre attachant un personnage qui a pourtant tout pour être facilement détestable. Si Anthony Hopkins a peu à faire dans cette histoire, il n’apparaît d’ailleurs que dans le dernier quart d’heure, même si sa voix est entendue tout du long, Piégé fait partie de ces divertissements emballés avec ingéniosité et savoir-faire, qui fonctionne à fond si on accepte un postulat de départ nawak. Le contrat est donc rapidement rempli.

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