Test Blu-ray / Les Spécialistes, réalisé par Guy Ritchie

LES SPÉCIALISTES (In the Grey) réalisé par Guy Ritchie, disponible en DVD & Blu-ray le 7 août 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Henry Cavill, Jake Gyllenhaal, Eiza González, Carlos Bardem, Fisher Stevens, Rosamund Pike, Michael Vu, Mohammed Al Turki…

Scénario : Guy Ritchie

Photographie : Ed Wild

Musique : Christopher Benstead

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Quand un baron du crime dépouille une firme puissante, une avocate déploie ses deux meilleurs « fixers », Sid et Bronco, pour récupérer le magot. Mais sur cette île corrompue, les alliances volent en éclats. Entre trahisons et manipulations, la chasse est ouverte. Le plus dur ne sera pas de reprendre l’argent… ce sera d’en sortir vivant.

Guy Ritchie dans la colle…Il tourne beaucoup l’« amigaille », trop sans aucun doute. Parfois ça marche auprès du public (les deux Sherlock Holmes, Aladdin, The Gentlemen, Un homme en colère), mais depuis quelques films, ça ne va pas fort pour le britannique. Ainsi, après les échecs rencontrés par Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. (de loin son meilleur film), Le Roi Arthur, The Covenant : Mission en Afghanistan, Opération Fortune : Ruse de guerre et Le Ministère de la Sale Guerre, ça sentait mauvais pour Les Spécialistes – In the Grey, que le cinéaste a écrit seul et mis en scène…Coincé depuis au moins trois ans dans quelques tiroirs, ce thriller à mi-chemin entre le film de guerre et le film de braquage est, disons-le l’un des pires opus de Guy Ritchie, comme si ce dernier avait voulu faire la démonstration de ce qu’il ne faut absolument pas faire au cinéma. Le premier gros point négatif provient des comédiens, qui avaient déjà collaboré avec le réalisateur, Henry Cavill, Jake Gyllenhaal et Eiza González. Les deux stars masculines font jeu égal dans le genre constipé, même si à ce titre, Henry Cavill, repoussant probablement toutes les dragées Fuca proposées, ne saurait être détrôné. Alors que certains zinzins prient encore pour qu’il reprenne le costume (moche) du Man of Steel sous la direction de Zack Snyder, sa carrière au cinéma (oui, heureusement il y avait The Witcher à la télé) est complètement partie en sucette. Sa participation à Mission impossible : Fallout de Christopher McQuarrie est déjà loin et seul son caméo en Wolverine dans le dernier Deadpool a su marquer les esprits. Ce n’est assurément pas avec Les Spécialistes qu’il se refera une place au sommet du box-office, film qu’il traverse comme s’il était atteint de neurasthénie. Même chose pour Jake Gyllenhaal, dont la réputation désastreuse auprès de la profession (pour résumer, tout le monde s’accorde à dire qu’il est fou à lier) et de sérieux problèmes d’ego l’ont conduit à accepter des trucs comme le remake de Road House (le deuxième est même en cours de tournage) et des trucs bourrés de testostérone (Ambulance de Michael Bay). On se demande à plusieurs reprises s’il n’est pas en train de dormir, ayant les yeux dissimulés derrière des lunettes noires durant quasiment tout le film. On ajoute à ce tandem sans saveur la présence de la mexicaine Eiza González, vue dans Baby Driver d’Edgar Wright et Bienvenue à Marwen – Welcome to Marwen de Robert Zemeckis, qui avait déjà joué avec les deux acteurs auparavant, qui traverse tout le récit comme si elle était en train de défiler sur les podiums. Avec un récit déglingué qui part dans tous les sens, qui ne sait pas où il va ni même ce qu’il a à raconter en fait, on obtient au final l’un des longs-métrages les plus soporifiques de l’année. Guy Ritchie s’est encore surpassé donc. Fuyez pauvres fous.

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Test 4K UHD / L’Effaceur, réalisé par Chuck Russell

L’EFFACEUR (Eraser) réalisé par Chuck Russell, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook limité le 29 juillet 2026 chez Warner Bros.

Acteurs : Arnold Schwarzenegger, James Caan, Vanessa L. Williams, James Coburn, Robert Pastorelli, James Cromwell, Danny Nucci, Andy Romano…

Scénario : Tony Puryear & Walon Green

Photographie : Adam Greenberg

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1996

LE FILM

Lee Cullen, cadre de la Cyrez, importante société d’armement américaine, découvre par hasard que ses patrons sont impliqués dans un trafic d’armes et s’apprêtent à livrer des armes très sophistiquées à des trafiquants russes. Elle prévient aussitôt le FBI et réussit à recopier sur deux disquettes les preuves de ce trafic. Surprise, elle prend la fuite sous la protection du FBI. John Kruger, surnommé l’Effaceur, qui assure la sécurité d’informateurs impliqués dans les grandes affaires criminelles, va la prendre sous sa protection.

En 1994, Arnold Schwarzenegger sort du carton mondial de True Lies (près de 400 millions de dollars de recette). La cinquantaine se rapprochant à grands pas, le Chêne autrichien tente un petit détour par la comédie. Ce sera Junior d’Ivan Reitman, qui ne rencontre pas le même accueil que Jumeaux, malgré le duo reformé avec Danny DeVito et qui s’avère même un sacré flop aux États-Unis avec seulement 36 millions de dollars au box-office. Les fans hurlent au scandale, Arnold les rassure en disant qu’il fera bientôt son retour dans un film d’action. Le réalisateur Chuck Russell (1952-2026) vient lui de connaître un triomphe inattendu avec The Mask, faisant de Jim Carrey une star planétaire. Scénariste de Dreamscape (1984) de Joseph Ruben, metteur en scène en 1987 de Freddy 3 : Les Griffes du cauchemar – A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors (le meilleur de la saga au passage) et de l’excellent remake Le Blob (1988), la Warner lui confie la direction du thriller d’action intitulé L’Effaceur –Eraser, véritable véhicule de star pour Schwarzy. Doté d’un budget de 100 millions de dollars et d’un script écrit par Walon Green, le scénariste de La Horde sauvage – The Wild Bunch (1969) de Sam Peckinpah, du Convoi de la peur – Sorcerer (1977) de William Friedkin, du méconnu Police frontière – The Border (1982) de Tony Richardson et même de RoboCop 2 (1990) d’Irvin Kershner, L’Effaceur, auquel John Milius aurait filé un coup de main au script, est désormais considéré comme un film culte. Trente ans après sa sortie, certains le considèrent même comme étant l’un des meilleurs films de la carrière d’Arnold Schwarzenegger. Une chose est sûre, le spectacle est encore plus que garanti et l’on prend un immense plaisir à le revoir. Vous venez d’être effacé.

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Test 4K UHD / La Proie de l’autostop, réalisé par Pasquale Festa Campanile

LA PROIE DE L’AUTOSTOP (Autostop rosso sangue) réalisé par Pasquale Festa Campanile, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Franco Nero, Corinne Cléry, David Hess, Joshua Sinclair, Carlo Puri, Ignazio Spalla, Mónica Zanchi, Leonardo Scavino…

Scénario : Ottavio Jemma, Aldo Crudo & Pasquale Festa Campanile, d’après le roman « The Violence and the Fury » de Peter Kane

Photographie : Franco Di Giacomo & Giuseppe Ruzzolini

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Eve et Walter partent sur les routes de Californie en espérant redorer leur couple au bord de l’effondrement. Après avoir passé une nuit dans un camp de hippies, ils prennent en stop Adam. Ce dernier les retient vite en otage et une relation tendue s’engage entre eux. Usant de sa force et de sa cruauté, il va s’amuser avec eux jusqu’à la limite du sadisme. Sans compter que ses deux complices sont sur le point de les rejoindre.

En 1972, le réalisateur Wes Craven signe son premier long-métrage, La Dernière maison sur la gauche – The Last House on the Left. Film d’horreur d’une extrême violence, cette histoire d’assassins qui séquestrent et torturent à mort deux jeunes filles fait polémique à travers le monde, ce qui ne l’empêche pas d’être un très grand succès. Avide de reprendre une recette qui fonctionne, le cinéma italien s’engouffre dans la brèche et participe alors à ce sous-genre controversé du cinéma d’exploitation baptisé Rape & Revenge, autrement dit le viol et la vengeance. La Proie de l’autostop – Autostop rosso sangue en Italie et Hitch-Hike pour le marché anglo-saxon, est un des rares films de genre réalisés par Pasquale Festa Campanile (1927-1986), cinéaste habituellement connu pour ses comédies grivoises centrées sur le couple comme L’Amour à cheval – La Matriarca (1968) et Ma femme est un violon – Il Merlo maschio (1971) avec les sublimes Catherine Spaak et Laura Antonelli. Mais avant de devenir lui-même réalisateur, Pasquale Festa Campanile avait signé les scénarios de Rocco et ses frères (1961) et Le Guépard (1963) de Luchino Visconti, L’Assassin d’Elio Petri (1961) et La Viaccia de Mauro Bolognini (1961), des films évidemment plus graves. Il n’est donc pas si étonnant de le retrouver derrière la caméra du « Rape & Revenge » La Proie de l’autostop (1977), avec l’immense Franco Nero (formidablement exécrable), la superbe Corinne Cléry (révélation d’Histoire d’O de Just Jaeckin) et future James Bond Girl dans Moonraker et l’inquiétant David Hess (le mythique Krug Stillo de La Dernière maison sur la gauche).

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Test du Blu-ray / Troubles, réalisé par Wolfgang Petersen

TROUBLES (Shattered) réalisé par Wolfgang Petersen, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Tom Berenger, Bob Hoskins, Greta Scacchi, Joanne Whalley, Corbin Bernsen, Debi A. Monahan, Bert Rosario, Jedda Jones…

Scénario : Wolfgang Petersen, d’après le roman de Richard Neely, The Plastic Nightmare

Photographie : László Kovács

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Dan Merrick est victime d’un grave accident de voiture lors d’une sortie de route dans une région montagneuse près de San Francisco. Rescapé, l’impact provoque des lésions cérébrales, ce qui entraîne l’amnésie totale de Dan. Après avoir subi une intervention chirurgicale pour réparer son visage défiguré par l’accident, Merrick tente progressivement de se réinsérer dans sa vie sociale, en reprenant le poste qu’il occupait et en étant aidé par son épouse Judith qui est très avenante pour lui faire retrouver un maximum de souvenirs. De sombres flashbacks lui surviennent spontanément et le dirigent vers un secret que presque tous ses proches tentent de lui cacher. De nombreux faits troublants l’incitent à mener l’enquête sur sa vie précédant l’accident.

Quand on évoque le réalisateur allemand Wolfgang Petersen (1941-2022), beaucoup de cinéphiles pensent immédiatement à sa carrière américaine, marquée par de nombreux hits au box-office, Dans la ligne de mire – In the Line of Fire (1993), Alerte ! – Outbreak (1995), Air Force One (1997), En pleine tempête – The Perfect Storm (2000) et Troie – Troy (2004, son plus grand succès dans le monde avec près d’un demi-milliard de dollars de recettes). Mais bien avant ces cartons successifs, Wolfgang Petersen s’était déjà fait un nom. La première consécration viendra dès son quatrième long-métrage, Le Bateau – Das Boot (1981), qui amasse près de cent millions de dollars (convertissez en deutsche marks). Il obtient de ce fait les commandes du mythique L’Histoire sans fin – Die unendliche Geschichte (1984), ou The NeverEnding Story, titre de la chanson composée par Giorgio Moroder et chantée par Limahl, grosse production de près de 30 millions de dollars, soit le film le plus cher jamais encore produit en Allemagne. Là encore, carton mondial, y compris outre-Atlantique, où Hollywood commence à se dire que le réalisateur, à l’instar d’un Paul Verhoeven, en a sérieusement sous le capot. 1985, en raison de mécontentements de la production, Wolfgang Petersen remplace au pied levé son confrère Richard Loncraine pour le tournage d’Enemy – Enemy Mine, film de science-fiction porté par Dennis Quaid, alors que Terry Gilliam et David Lynch avaient été envisagés. Cela permet au cinéaste d’avoir un vrai premier pied dans la Mecque du cinéma. C’est là qu’apparaît Troubles – Shattered, d’après le roman Cauchemar sous plastique de Richard Neely, projet personnel qu’il écrit seul qu’il parvient à mener du début à la fin et à faire distribuer par la MGM. Brillant exercice de style, dans lequel Wolfgang Petersen déclare tout son amour au cinéma d’Alfred Hitchcock, Troubles s’inscrit dans la veine des polars du style Sang chaud pour meurtre de sang-froid, À double tranchant, Malice, Présumé Innocent…Ou quand le thriller psychologique commençait à flirter avec l’érotisme, mais n’y plongeait pas encore tout à fait. Cela viendra pourtant peu de temps après avec Basic Instinct, Harcèlement, The Last Seduction…En dépit de son twist final qui se devine à mi-parcours, Troubles, qui rappelle aussi étrangement l’excellent Diaboliquement vôtre (1967) de Julien Duvivier, demeure un parfait représentant du genre, rempli de fausses pistes et de manipulations, magistralement mis en scène et interprété par le trio vedette Tom Berenger, Greta Scacchi et Bob Hopskins.

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Test Blu-ray / L’Ultime héritier, réalisé par John Patton Ford

L’ULTIME HÉRITIER (How to Make a Killing), réalisé par John Patton Ford, disponible en DVD & Blu-ray le 29 juillet 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Glen Powell, Margaret Qualley, Ed Harris, Jessica Henwick, Bill Camp, Zach Woods, Topher Grace, Grady Wilson, Maggie Toomey…

Scénario : John Patton Ford

Photographie : Todd Banhazl

Musique : Emile Mosseri

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Becket Redfellow n’a qu’une obsession : se venger de la famille richissime qui a renié sa mère, coupable d’être tombée enceinte trop jeune… et surtout d’un homme beaucoup trop fauché pour eux ! À la mort de sa mère, Becket décide d’exécuter son souhait : récupérer l’héritage qu’il estime lui revenir. Le problème ? Sept membres de la famille se dressent entre lui et cette fortune. Qu’à cela ne tienne : pour mener à bien son projet, Becket est prêt à les éliminer un par un… jusqu’au dernier.

Étrange carrière que celle de Glen Powell (né en 1988), qui entre deux projets avec Richard Linklater, avec lequel il a déjà collaboré à cinq reprises, se laisse vendre par quelques gros studios comme étant l’une des stars de demain. Mais en dehors du grand succès rencontré par Twisters (aux États-Unis essentiellement), remake-reboot-suite du film et classique de Jan De Bont, on ne peut pas dire que les films portés par le comédien aient été des hits au box-office. Si Tout sauf toi – Anyone but You se distingue (et qui reposait plus sur la plastique parfaite de Sydney Sweeney), Running Man s’est méchamment planté, au point de devenir l’un des échecs commerciaux les plus imposants de l’année 2025. Manque de bol, L’Ultime héritier – How to Make a Killing a connu le même sort, quand bien même le budget n’égale évidemment pas celui de 110 millions du blockbuster d’Edgar Wright et a même coûté dix fois mois. Cependant, L’Ultime héritier, qui s’inspire volontairement du légendaire Noblesse oblige – Kind Hearts and Coronets de Robert Hamer (1949), dans lequel Alec Guinness interprétait pas moins de huit personnages différents (issus d’une même famille), demeure une agréable surprise, dans lequel le charisme lisse de l’acteur (qui remplaçait alors Shia LaBeouf) est plutôt bien exploité. Certes, il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’originalité, mais l’humour noir fonctionne, ainsi que l’hommage aux films issus des studios Ealing. Certains (télé)spectateurs ayant très bon goût, se souviendront aussi de l’épisode 21 d’Amicalement vôtre (Regrets éternels), au cours duquel Roger Moore campait lui aussi tous les membres de sa famille passant de vie à trépas. En fait, How to Make a Killing est presque un anachronisme dans le paysage cinématographique contemporain et fait donc office de petite récréation, d’une respiration au milieu de grosses machines. On passe un bon moment, grâce notamment aux secondes rôles féminins, tenus par les superbes Margaret Qualley et Jessica Henwick.

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Test Blu-ray / Où est passé Tom ?, réalisé par José Giovanni

OÙ EST PASSÉ TOM ? réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Rufus, Alexandra Stewart, Jean Gaven, Paul Crauchet, Philippe March, Frédéric Santaya, Albert Augier, Lucie Arnold…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman I Wonder What Happened to Tom de Bill Reade

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Tom Coupar, secrétaire d’une organisation pacifique vouée à la libération des prisonniers politiques, décide un jour de passer à l’action. Avec Alexandra, il parvient à assassiner le dictateur Anton Caras. Incarcéré dans une forteresse où se trouvent des prisonniers qu’il tentait de faire libérer, il prépare une évasion.

Dans la filmographie de chaque réalisateur, se cache souvent un film méconnu, voire quasiment invisible depuis sa sortie, du fait de son échec cuisant. C’est le cas de Où est passé Tom ?, écrit et mis en scène par José Giovanni, qui a fait un passage éclair dans les salles de cinéma en octobre 1971. Après les succès du Rapace (1967, 1,7 millions d’entrées) et Dernier domicile connu (1969, 2,2 millions), l’auteur du Trou et du Deuxième souffle connaît un premier revers avec Un aller simple, qui sort en mai 1971 et qui n’attire que 420.000 spectateurs. Mais ce n’est rien comparé aux 122.000 entrées que fera Mais où est passé Tom ?, produit par Jacques Rouffio. Si Un aller simple pouvait attirer le chaland avec son histoire de casse raté et la cavale d’un petit criminel, l’histoire de Mais où est passé Tom ? est comme qui dirait plus intime et son traitement parfois à la limite de l’expérimental. De plus, José Giovanni ne place pas de grands noms en haut de l’affiche de son cinquième long-métrage et offre le premier rôle à Rufus, déjà présent au générique d’Un aller simple (dans lequel il s’appelait déjà Tom), mais qui était essentiellement connu comme second voire troisième rôle. Quand il tourne ce film, le comédien est encore à ses débuts dans le cinéma, où on a pu le voir chez Christian Gion, Claude Autant-Lara, Jules Dassin, Yves Boisset, Jacques Demy, Georges Lautner, Christian de Chalonge, Gérard Pirès, tout cela en l’espace de trois ans ! Après avoir déjà tourné dans une vingtaine de films, Rufus, à peine trente ans, incarne le rôle principal pour l’une des rares fois de sa carrière dans ce thriller politique qui lorgne sur le fantastique. Si José Giovanni s’inspire d’un roman de Bill Reade (I wonder What Happened to Tom?, publié en 1969 en France dans la collection Série Noire), le récit fait étrangement, ou volontairement écho, au Rapace, adaptation du livre The Vulture de John Carrick, comme si José Giovanni souhaitait revenir à cette thématique, celle de l’homme qui n’a nulle autre mission que celle d’en tuer un autre, qui tyrannise un pays. Où est passé Tom ? est le versant psychologique du Rapace et repose sur le cheminement de son personnage principal, qui paraît détaché de tout et de tout le monde, mais qui va s’investir lui-même d’une quête, celle d’assassiner un dictateur. Le choix de Rufus est tout aussi inattendu que génial, puisque jamais le potentiel physique de l’acteur n’avait été exploité à ce point. Refusant d’être doublé dans les scènes en montagne, étant lui-même sportif et expert en grimpette, Rufus donne de sa personne et impressionne du début à la fin dans Où est passé Tom ?, petit bijou dans lequel José Giovanni tente beaucoup de choses derrière la caméra, mais n’y parvient pas systématiquement. Toutefois, on ne pourra pas lui reprocher d’être sincère et ambitieux dans son entreprise. Une des plus grandes (re)découvertes de cette année 2026.

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Test Blu-ray / Shelter, réalisé par Ric Roman Waugh

SHELTER réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD & Blu-ray le 19 juin 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Jason Statham, Bodhi Rae Breathnach, Michael Shaeffer, Anna Crilly, Bill Nighy, Harriet Walter, Eugenia Caruso, Celine Buckens…

Scénario : Ward Parry

Photographie : Martin Ahlgren

Musique : David Buckley

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Mason vit isolé sur une île écossaise. Après avoir sauvé une jeune fille de l’océan lors d’une terrible tempête, il déclenche une série d’événements qui provoquent une violente attaque dans son refuge…

Il court et distribue encore des mandales le sieur Statham, quand bien même la soixantaine se rapproche de plus en plus pour le comédien britannique ! Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il enchaîne les tournages, mais aussi les succès commerciaux (A Working Man, The Beekeeper, En eaux (très) troubles,Un homme en colère) qui lui permettent de rester dans le « secteur ». Dans Shelter, le bougre prouve qu’il en a encore sérieusement sous le capot (et cela sans se forcer, un comble), mais que prendre de la bouteille lui a sied à merveille. Très charismatique avec sa tronche burinée surmontée d’une barbe poivre et sel, ce qui lui donne un petit air de Philippe Etchebest et fait penser à un épisode dégénéré de Cauchemar en cuisine, Jason Statham trouve l’un de ses meilleurs rôles dans Shelter. On doit cet opus au solide Ric Roman Waugh (en remplacement de l’islandais Baltasar Kormákur, prévu au préalable derrière la caméra), ancien cascadeur de renom (sur Invasion Los Angeles, L’Arme fatale 2, Tango & Cash, Total Recall, Last Action Hero), passé à la mise en scène dans les années 2000 et qui a connu quelques hits au box-office, souvent liés à son complice Gerard Butler (Greenland – Le Dernier refuge, La Chute du Président). La même année que la déconvenue de Greenland : Migration, le réalisateur livrait pour Prime Video le Shelter en question. Parallèlement à la saga Fast & Furious et Expendables (celle-là, il semblerait qu’elle soit enfin terminée), Jason Statham continue toujours de tracer sa route avec un voire deux films par an. Shelter est un très bon cru, un divertissement bad-ass qui a la classe, qui se la pète comme il faut (parce qu’il peut se le permettre aussi), brillamment mis en scène par un Ric Roman Waugh beaucoup plus inspiré que sur la suite (et fin) des aventures de Butler contre les météorites, prenant comme à la bonne époque des films d’action des années 90. On en redemande !

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Test Blu-ray / La Guerre des gangs, réalisé par Lucio Fulci

LA GUERRE DES GANGS (Luca il contrabbandiere) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre + CD bande originale le 21 avril 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Fabio Testi, Marcel Bozzuffi, Ivana Monti, Enrico Maisto, Guido Alberti, Saverio Marconi, Ferdinando Murolo, Fabrizio Jovine, Daniele Dublino, Venantino Venantini…

Scénario : Ettore Sanzò, Gianni De Chiara, Giorgio Mariuzzo & Lucio Fulci

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Fabio Frizzi

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Luca est contrebandier de cigarettes à Naples avec son frère Micky. Malgré les risques encourus, cette activité lui assure une vie confortable avec sa femme et son fils, loin de la misère milanaise qu’ils ont fuie quelques années auparavant. Mais un jour, lors d’une opération, Luca et ses camarades sont pris en chasse par la Garde des finances. À la suite d’une course poursuite en bateau, les contrebandiers parviennent à s’échapper après avoir sacrifié leur cargaison. Micky pense alors que Sciarrino, un autre contrebandier, les a dénoncés. Peu de temps après, il est sauvagement abattu au bord d’une route. Luca n’a alors qu’une idée en tête : retrouver l’assassin de son frère. Durant son enquête, il va apprendre l’arrivée du  » Marseillais « , un redoutable trafiquant de drogue qui souhaite s’installer dans la ville…

Quand Lucio Fulci (1927-1996) décide de réaliser La Guerre des gangs – Luca il contrabbandiere, L’Enfer des zombies –Zombi 2 n’est pas encore sorti sur les écrans. Celui qui allait devenir définitivement « le poète du macabre » ou « le parrain du gore » emballe donc son unique poliziottesco, genre qu’il n’affectionnait pas du tout, qui était en plus à bout de souffle, mais qu’il parasite, infecte, gangrène, explose de l’intérieur en y apposant sa griffe à chaque séquence, pour ne pas dire à chaque plan. Excessivement violent, La Guerre des gangs n’est assurément pas à mettre devant tous les yeux et demeure encore aujourd’hui réservé à un public averti. Car on ne peut pas dire que le signore Fulci y va avec le dos de la cuillère et montre tour à tour une demoiselle se faire griller le visage au bec bunsen (et la scène de durer), des sbires se faire trucider (la gorge et le crâne explosés, une bombe posée ici et là), une autre femme se faire violer (par sodomie), pendant que son compagnon écoute, impuissant, le drame au téléphone…Bref, le cinéaste n’est pas là pour rigoler et montre que le monde de la Camorra non plus. Thriller dramatique sanglant (le gore s’invite à la partie), psychologique, anxiogène, La Guerre des gangs (à ne pas confondre avec le film d’Umberto Lenzi) offre à Fabio Testi, qui retrouvait le réalisateur cinq ans après le formidable Les Quatre de l’apocalypse – I quattro dell’apocalisse, l’un de ses meilleurs rôles. On ressort lessivé, éreinté de Luca il contrabbandiere, référence ultime du néopolar, devant lequel les opus contemporains font bien grise mine. Capolavoro.

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Test 4K UHD / Traqué, réalisé par William Friedkin

TRAQUÉ (The Hunted) réalisé par William Friedkin, disponible en DVD & Combo 4K Ultra HD + Blu-ray le 21 avril 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Tommy Lee Jones, Benicio Del Toro, Connie Nielsen, Leslie Stefanson, John Finn, José Zúñiga, Ron Canada, Mark Pellegrino…

Scénario : David Griffiths, Peter Griffiths & Art Monterastelli

Photographie : Caleb Deschanel

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2003

LE FILM

L.T. Bonham, un ex-entraîneur des forces spéciales, vit retiré dans les forêts de l’Oregon. Lorsqu’un agent du FBI vient lui demander de l’aide sur une affaire de meurtres perpétrés sur des chasseurs dans la forêt de l’Oregon, il accepte de se rendre sur les lieux du crime. L.T. a l’intuition que ces assassinats ne peuvent avoir été commis que par un seul homme : Aaron Hallam, un de ses anciens élèves, le meilleur. S’engage bientôt un redoutable jeu du chat et de la souris.

Au début des années 2000, tout va bien pour le réalisateur William Friedkin (1935-2023). Après la grande déconvenue de Jade (1995) au box-office (10 millions de dollars de recettes, pour un budget 5 fois supérieur), le cinéaste se refait une santé avec L’Enfer du devoir –Rules of engagement. Ce grand succès est rapidement suivi par celui de la ressortie de L’Exorciste dans sa version intégrale. William Friedkin revient rapidement derrière la caméra pour Traqué –The Hunted, conçu pour le compte de la Paramount Pictures, studio alors tenu par Sherry Lansing, première femme à diriger un studio Hollywoodien et qui n’est autre que l’épouse du metteur en scène. Belle production de 55 millions de dollars, Traqué n’emballe pas le public et le film connaît un échec relatif avec seulement 34 millions de billets verts amassés sur le sol de l’Oncle Sam et à peine onze millions dans le reste du monde. The Hunted sera le dernier film de studio de William Friedkin. Longtemps considéré comme un sous-Rambo, Traqué est pourtant un formidable opus de l’auteur de French Connection, du Convoi de la peur –Sorcerer, de La Chasse – Cruising et de Police fédérale, Los Angeles – To Live and Die in L.A.. S’il n’aura jamais l’aura de ces monuments, The Hunted est un sacré tour de force et démontrait une fois de plus que William Friedkin en avait encore sacrément sous le capot à l’aube de ses soixante printemps.

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Test Blu-ray / Les Yeux bleus de la poupée cassée, réalisé par Carlos Aured

LES YEUX BLEUS DE LA POUPÉE CASSÉE (Los Ojos azules de la muñeca rota) réalisé par Carlos Aured, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 21 avril 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Paul Naschy, Diana Lorys, Eduardo Calvo, Eva León, Inés Morales, Antonio Pica, Luis Ciges, Pilar Bardem, Maria Perschy…

Scénario : Paul Naschy & Carlos Aured, d’après une histoire originale de Paul Naschy

Photographie : Francisco Sánchez

Musique : Juan Carlos Calderón

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Récemment sorti de prison, Gilles est engagé comme à tout faire dans un domaine français tenu par trois soeurs. Claude cache sa main atrophiée sous une prothèse, tandis que Nicole est nymphomane, et Yvette en fauteuil roulant. Alors que Gilles est en proie à d’horribles cauchemars dans lesquels il étrangle des femmes, un mystérieux assassin s’en prend aux femmes blondes du canton. Elles sont énucléées, et leurs yeux déposés dans un bol.

Parmi les réalisateurs avec lesquels Paul Naschy a tourné, le nom de Carlos Aured (1937-2008) est récurrent au cours des années 1970. Leur première collaboration est L’Empreinte de Dracula –El Retorno de Walpurgis (1973), suivie de près la même année par El Espanto surge de la tumba. En 1974, les deux hommes s’éloignent du genre horrifique pour Les Yeux bleux de la poupée cassée – Los Ojos azules de la muñeca rota, qui à l’instar d’Une libellule pour chaque mort – Una libélula para cada muerto dont nous parlions hier, surfe allègrement sur la mode du giallo. L’action se déroule en France (il ne fallait pas froisser le régime franquiste en montrant que des meurtres pouvaient être commis sur le sol ibérique), où ce cher Paul Naschy débarque en faisant la tronche, car son personnage traîne un lourd et récent passé. Il stoppe dans un bar paumé où les bouseux viennent boire leur gros rouge qui tâche, commande un verre de Villageoise et un sandwich au fromage. Puis, cherchant du boulot, il apprend que trois sœurs auraient besoin d’aide dans leur grosse baraque (le titre international étant House Of Psychotic Women). Et c’est là que notre Paulo va se prendre pour Clint Eastwood dans Les Proies, se mettre à vouloir charmer les trois donzelles en détresse en coupant du bois torse-poil. Les Yeux bleus de la poupée cassée est un bel exercice de style et installe une belle atmosphère pesante et glauque. Si Paul Naschy s’en tire bien, il est également excellemment épaulé par les actrices principales, Diana Lorys (Claude), vue dans L’Horrible Docteur Orlof et Le Trône de feu – The Bloody Judge de Jesús Franco, la torride Eva León (Nicole) et Maria Perschy (Yvette), actrice internationale, aperçue chez John Huston (Freud, passions secrètes), Howard Hawks (Le Sport favori de l’homme) et Gordon Hessler (Double Assassinat dans la rue Morgue). Thriller teinté d’hémoglobine, Les Yeux bleus de la poupée cassée remplit son contrat, divertit et fait même perdre ses repères aux spectateurs en lorgnant progressivement vers le fantastique. Un très bon cru.

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