Test DVD / Armor, réalisé par Justin Routt

ARMOR réalisé par Justin Routt, disponible en DVD le 17 février 2026 chez AB Vidéo.

Acteurs : Jason Patric, Sylvester Stallone, Josh Wiggins, Dash Mihok, Blake Shields, Joshua David Whites, Jeff Chase, Martin Bats Bradford…

Scénario : Cory Todd Hughes & Adrian Speckert

Photographie : Cale Finot

Musique : Yagmur Kaplan

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un père et son fils travaillent comme agents de sécurité pour une entreprise de fourgons blindés. Ils croisent alors une équipe de voleurs sur un pont. Ils se retrouvent piégés et vont devoir élaborer un plan pour s’échapper et assurer leur survie.

Il y a un an, apparaissait la bande-annonce d’Armor, en version française. Enfin « version » c’est vite dit. Car cela devait s’accompagner d’un scandale lié à la création de la voix de feu Alain Dorval (décédé en février 2024) en intelligence artificielle, procédé réalisé sans le consentement de sa fille Aurore Bergé, qui avait cependant autorisé quelques tests, non destinés à être exploités de la sorte. Un résultat catastrophique, robotique et évidemment flippant. Mais il s’agissait d’un essai seulement et Armor a bel et bien été doublé par de vrais comédiens, Michel Vigné remplaçant le légendaire Alain Dorval à la barre, ce qu’il avait déjà fait pour Haute sécurité Lock Up. Nous en revenons à Armor, une série B d’action (à la limite du Z) qui aurait coûté 11 millions de dollars…On ne sait où est passé le budget, à moins que Sly ait tout raflé en ne laissant que des clopinettes pour le reste, y compris pour la deuxième tête d’affiche Jason Patric. L’action se déroule essentiellement sur un pont, avec d’un côté Sylvester Stallone figé à cause du botox et du travail conséquent d’un taxidermiste, qui fait équipe avec une bande de bras cassés, et de l’autre Jason Patric et Josh Wiggins (vu dans Franky de Keith Berhman). On n’attendait rien de cet Armor et même si le film est rejeté de partout (pour être poli), on a bien envie de défendre ce petit film qui ne vaut pas grand-chose, mais qui fonctionne si l’on est un tant soit peu indulgent. Les scènes agitées sont étonnamment limitées, mais on ne s’ennuie pas (vraiment) pour autant. C’est juste qu’il s’agit d’une petite récréation pour Sly entre deux saisons de Tulsa King, après le bide monumental d’Expend4bles et la voix de King Shark dans The Suicide Squad. Il ne manque pas de projets notre Sly à l’aube de ses 80 printemps et on le suivrait même dans le fond de sa filmographie. C’est sans doute le cas ici avec Armor, mais le film de Justin Routt, tourné en à peine dix jours, vaut bien mieux que les trois-quarts des Williseries que ce cher Bruce avait tourné dans les années 2020 avant de raccrocher pour cause de maladie. Stallone rend sûrement service en reprenant la pétoire et en acceptant de camper le (pas trop) méchant de l’histoire face à un Jason Patric toujours aussi fade et que l’âge n’a pas aidé à prendre en charisme. Ni en talent d’ailleurs. Mais en l’état on rit pas mal malgré tout, au point d’en avoir mal aux côtes d’Armor.

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Test Blu-ray / Personne n’a entendu crier, réalisé par Eloy de la Iglesia

PERSONNE N’A ENTENDU CRIER (Nadie oyó gritar) réalisé par Eloy de la Iglesia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 mars 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Carmen Sevilla, Vicente Parra, María Asquerino, Antonio Casas, Goyo Lebrero, Felipe Solano, Ramón Lillo, Antonio del Real, Tony Isbert…

Scénario : Antonio Fos, Gabriel Moreno Burgos & Eloy de la Iglesia

Photographie : Francisco Fraile

Musique : Fernando García Morcillo

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Elisa, une jolie escort girl de luxe vit seule dans son appartement d’un immeuble moderne, avec un couple comme seuls voisins. Un matin, elle voit par hasard le mari, Miguel, en train de traîner le corps de sa femme dans la cage d’ascenseur. L’assassin va alors l’obliger à l’aider pour faire disparaître le cadavre, la faisant ainsi passer du statut de témoin à celui de complice. Une relation trouble naît entre eux.

Nous nous sommes déjà penchés sur les films les plus célèbres du réalisateur Eloy de la Iglesia (1944-2006), Colegas, L’Enfer de la drogue El Pico, El Pico 2, Navajeros, Le Député et ce grâce au travail éditorial exceptionnel d’Artus Films. Quel plaisir de découvrir des œuvres dites de jeunesse, à l’instar de Personne n’a entendu crier Nadie oyó gritar (1973), son sixième long-métrage. Partagé entre le drame (Un goût amer, Le Ring) et le thriller (Le Plafond de verreEl techo de cristal), y compris le film d’horreur (La Semaine d’un assassinLa Semana del asasino), le cinéaste est cette fois encore influencé par le genre et lorgne du côté d’Alfred Hitchcock pour Personne n’a entendu crier. À cette occasion, il retrouve la magnifique Carmen Sevilla (1931-2023), qu’il avait déjà dirigé dans Le Plafond de verre. Longtemps considérée comme une actrice de seconde zone, qui ne devait son succès qu’à sa beauté et à son succès dans la chanson, ainsi que comme danseuse, la comédienne est pourtant superbe, inquiétante, déroutante et ambiguë dans cette histoire de cadavre encombrant. Elle est ici loin (euphémisme) des personnages qu’elle campait dans La Belle de Cadix, Andalousie et dans Violettes impériales aux côtés de Luis Mariano vingt ans auparavant ! Devenue un peu plus rare sur les écrans dans les années 1960, Carmen Sevilla revient en force au début de la décennie suivante, au point où Charlton Heston lui offre le rôle d’Octavia dans son Antoine et Cléopâtre en 1972. Mais c’est bel et bien Eloy de la Iglesia qui lui offre ses meilleurs rôles de composition. Dans Personne n’a entendu crier, elle campe une femme quelque peu obscure, qui vit sa vie comme escort, rejoignant un client fidèle à Londres, elle-même ayant une liaison avec un homme beaucoup plus jeune qu’elle, qu’elle entretient aussi. Jusqu’au jour où elle prend sur le fait son voisin, en train de se débarrasser du corps de sa femme dans la cage d’ascenseur de leur immeuble. Prise au piège, elle doit se plier aux exigences du meurtrier, qui lui demande de l’aider pour déplacer le cadavre…Entre les deux va s’installer un jeu du chat et de la souris…Eloy de la Iglesia signe un thriller quasi-inclassable, où se mêle une passion inattendue, une esthétique de roman photos qui contraste avec la violence et le sang qui parcourt les veines de ce « giallo ibérique » chaudement recommandé.

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Test 4K UHD / Mister Frost, réalisé par Philippe Setbon

MISTER FROST réalisé par Philippe Setbon, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition limitée chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Jeff Goldblum, Alan Bates, Kathy Baker, Jean-Pierre Cassel, Daniel Gélin, François Négret, Maxime Leroux, Vincent Schiavelli, Roland Giraud, Catherine Allégret, Mike Marshall, Henri Serre…

Scénario : Philippe Setbon & Brad Lynch

Photographie : Dominique Brenguier

Musique : Steve Levine

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Mais qui est Mr Frost ? Arrêté par Felix Detweiler dans son manoir de Brighton, dans le jardin duquel il a enterré 24 victimes dont il a filmé les séances de torture, Mr Frost n’a aucune existence légale et reste une énigme pour les autorités. Trois mois après son arrestation, il se mure dans le silence. Après deux ans à passer d’un établissement à l’autre dans toute l’Europe, il quitte son mutisme, à son arrivée à l’hôpital St Clare, pour annoncer qu’il ne parlera qu’au Dr Sarah Day. Au cours de leurs séances, irrité du fait que la science ait remplacé la foi, il lui révèle être Satan en personne et l’intime à croire en lui.

Jeff Goldblum qui donne la réplique à Roland Giraud dans une coproduction franco-britannique…Non ce n’est pas un Kamoulox, mais bel et bien Mister Frost, le second long-métrage réalisé par Philippe Setbon (né en 1947), trois ans après Cross. Le scénariste des Fauves de Jean-Louis Daniel, de Parole de flic de José Pinheiro de Détective de Jean-Luc Godard, de Lune de Miel de Matrick Jamain et de Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni a démontré qu’il en avait suffisamment sous le capot pour s’adonner à la mise en scène. Cross n’avait peut-être pas rencontré le succès espéré (à peine 200.000 entrées), mais Philippe Setbon avait prouvé qu’il connaissait et comprenait la série B, ainsi que le genre. Avec Mister Frost, il passe la vitesse supérieure et parvient même à engager Jeff Goldblum, qui depuis le triomphe de La Mouche The Fly de David Cronenberg n’avait pas vraiment su rebondir. Ainsi, bien avant Jurassic Park et Independence Day, le comédien américain déployait son mètre 94 et imposait son incroyable tronche dans l’Hexagone, où il campe le diable, ou tout du moins un type qui déclare l’être. Si l’ensemble n’est pas totalement convaincant, on ne peut que saluer cet essai de concilier à la fois le thriller et le fantastique, d’autant plus que la réalisation est élégante du début à la fin et la photographie de Dominique Brenguier (Ave Maria de Jacques Richard, Bleu comme l’enfer d’Yves Boisset) un ravissement de tous les instants. Très rarement diffusé à la télévision, comme sur M6 en deuxième voire en troisième partie de soirée, Mister Frost mérite assurément d’être redécouvert, d’autant plus que beaucoup de cinéphiles considèrent qu’il s’agit d’un des plus grands rôles de Jeff Goldblum, si ce n’est son meilleur.

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Test 4K UHD / Marche ou crève, réalisé par Francis Lawrence

MARCHE OU CRÈVE (The Long Walk) réalisé par Francis Lawrence, disponible en DVD, Blu-ray & Édition collector limitée – 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook le 14 février 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Cooper Hoffman, David Jonsson, Garrett Wareing, Tut Nyuot, Charlie Plummer, Ben Wang, Jordan Gonzalez, Joshua Odjick…

Scénario : J.T. Mollner, d’après le roman de Stephen King

Photographie : Jo Willems

Musique : Jeremiah Fraites

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Le jeune Garraty va concourir pour  » La Longue Marche « , une compétition qui compte cent participants. Cet événement sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi…

Il aura fallu attendre près d’un demi-siècle pour que Marche ou crève The Long Walk, roman d’anticipation dystopique de Richard Bachman, aka Stephen King bien évidemment, soit adapté au cinéma. Longtemps envisagé par Frank Darabont (et même George A. Romero avant lui dans les années 1980), qui avait déjà signé Les Évadés, La Ligne verte, The Mist et qui avait acheté les droits du livre dans le but de le transposer lui-même (on parle d’une bonne douzaine d’années), Marche ou crève change de crèmerie en 2018, débarque chez New Line où le projet prend enfin forme. James Vanderbilt se penche sur le scénario et commence à donner quelques sérieux signes de fatigue (The Amazing Spider-Man, Total Recall : Mémoires programmées, The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un héros), puis son travail est finalement oublié. C’est son confrère JT Mollner (inconnu au bataillon) qui se charge du script. Le nom d’André Øvredal (Le Dernier voyage du Demeter, Scary Stories, The Jane Doe Identity) circule pour réaliser le film, avant que LionsGate ne confie définitivement Marche ou crève à Francis Lawrence, qui vient de connaître à nouveau le succès avec Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteurThe Ballad of Songbirds and Snakes, que personne n’attendait réellement et qui a enthousiasmé à la fois la critique et le public. Changement radical pour le metteur en scène révélé en 2005 avec Constantine, puis qui a signé d’immenses hits (Je suis une légende, De l’eau pour les éléphants, Red Sparrow et quatre opus de la saga Hunger Games donc, bientôt cinq d’ailleurs), sans connaître un seul échec depuis vingt ans. Habitué aux budgets conséquents de cent millions de dollars (au minimum), il se retrouve doté ici de « seulement » 20 millions de billets verts pour restituer la moelle épinière d’un des romans les plus célèbres et emblématiques de la carrière de Stephen King. Un pari qu’il relève une fois de plus haut la main et qui tombe à point nommé, politiquement parlant on va dire, qui démontre que certains écrits du Maître de l’horreur, surtout à la fin des années 1970, s’accompagnaient d’un caractère prophétique, d’un appel à la vigilance quant à l’avenir des États-Unis, de la montée des extrêmes, de la politique-spectacle. Marche ou crève est un huis clos à ciel ouvert, qui respecte le matériel original, mais l’adapte aussi intelligemment pour au final livrer un divertissement malin, qui en a dans la caboche, qui fait appel à la matière grise du spectateur, qui contente à la fois celles et ceux qui sont venus pour avoir des sueurs froides et les autres qui veulent également ce petit truc en plus qui distinguerait ce film du tout-venant. Une grande réussite et assurément un classique en devenir.

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Test Blu-ray / Lune de miel, réalisé par Patrick Jamain

LUNE DE MIEL réalisé par Patrick Jamain, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Nathalie Baye, John Shea, Richard Berry, Marla Lukofsky, Michel Beaune, Peter Donat, Alf Humphreys, Cec Linder…

Scénario : Patrick Jamain & Philippe Setbon

Photographie : Daniel Diot

Musique : Robert Charlebois

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Une femme d’origine française à Manhattan est sur le point d’être renvoyée vers son pays à cause de ses relations avec un trafiquant de drogue récemment arrêté. Elle décide de passer par une agence pour réaliser un mariage « en blanc » avec un étranger qu’elle est supposée ne jamais rencontrer. Mais son nouvel « époux » ne l’entend pas de cette oreille et prend les choses au sérieux…

Nous sommes au mitan des années 1980 et depuis le début de la décennie, Nathalie Baye a déjà remporté trois Césars. Deux de la meilleure actrice dans un second rôle pour Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard et Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre, sans oublier celui de la meilleure actrice pour La Balance de Bob Swaim. Les succès s’enchaînent, Beau-père de Bertrand Blier, Le Retour de Martin Guerre, J’ai épousé une ombre, Rive droite rive gauche…Et pourtant, rétrospectivement, c’est à partir de Lune de miel que la comédienne va entamer sa traversée du désert, qui durera jusqu’à 1999 et le triomphe inattendu de Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall. Ainsi, Lune de miel restera le film qui a le mieux fonctionné jusqu’à ce comeback inespéré, pour lequel elle sera d’ailleurs à nouveau nommée aux Césars. Pour l’heure, Lune de miel, co-production franco-québécoise, est réalisée par Patrick Jamain (1944-2023). Ce dernier signe ici son second long-métrage, douze ans après son premier coup d’essai, le fort recommandable L’Affaire Crazy Capo (à redécouvrir séance tenante, dispo dans la collection Make My Day ! de Jean-Baptiste Thoret, n°77) et restera son ultime travail pour le cinéma, avant que Patrick Jamain bifurque définitivement vers la télévision (on lui plusieurs dizaines d’épisodes de Navarro), pour laquelle il officiera jusqu’à la fin des années 2000. Lune de miel est un thriller tourné en partie à New York, on ne compte plus le nombre de plans où l’on voit Nathalie Baye déambuler dans les rues de la Grosse Pomme et repose sur un scénario écrit par l’excellent Philippe Setbon (Détective de Jean-Luc Godard, Les Fauves de Jean-Louis Daniel). Cette histoire de nana paumée dans la Ville qui ne dort jamais permet à Nathalie Baye de jouer une partie du film en langue anglaise, ce qu’elle aura peu l’occasion de faire dans sa carrière, à part dans Arrête-moi si tu peuxCatch Me if You Can (2002) de Steven Spielberg et une poignée d’autres films au cours des années 1990. Le rôle avait été écrit pour une comédienne plus jeune, ce que Philippe Setbon a déclaré par la suite, et l’on comprend mieux les réactions qui peuvent paraître exagérées ou le comportement parfois incompréhensible du personnage de Cécile. Néanmoins, Nathalie Baye s’en tire bien et son face-à-face avec le flippant John Shea fonctionne du début à la fin. Excellemment mis en scène, Lune de miel, peu diffusé par la suite et difficilement trouvable, est une sacrée (re)découverte.

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Test Blu-ray / Urgence, réalisé par Gilles Béhat

URGENCE réalisé par Gilles Béhat, disponible en Blu-ray le 17 mars 2026 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Richard Berry, Bernard-Pierre Donnadieu, Jean-François Balmer, Fanny Bastien, Nathalie Courval, Catherine Allégret, Jean-Jacques Moreau, Artus de Penguern…

Scénario : Jean Herman & Gilles Béhat, d’après le roman « Qui vous parle de mourir ? » de Gérard Carré & Didier Cohen

Photographie : Pierre Lhomme

Musique : Jean-Hector Drand

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Le journaliste Max Forestier filme discrètement un groupe néo-nazi dans lequel il est infiltré depuis plusieurs mois. Il se fait surprendre et des membres du groupe lui tirent dessus. Avant de mourir, il a le temps de confier un étrange message à sa sœur, Lysa, qui se retrouve alors elle-même en danger. Elle décide d’alerter la presse et se réfugie à l’agence Oméga où elle est secourue par Jean-Pierre Mougin, journaliste à la rubrique sport, qui ne la prend pas au sérieux dans un premier temps.

À la base comédien, Gilles Béhat (né en 1949), vu dans Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès et Chobizenesse de Jean Yanne, et même en Charles IV le Bel dans la série Les Rois maudits, se lance dans la mise en scène à la fin des années 1970. Si ses deux premiers longs-métrages, Haro ! (1978) et Putain d’histoire d’amour (1981), passent complètement inaperçus, il connaît la consécration avec Rue Barbare, qui attire deux millions de spectateurs dans les salles en 1984. Galvanisé par ce grand succès, Gilles Béhat enchaîne alors très rapidement sur son prochain film, Urgence, qui sort le 30 janvier 1985, soit un an après Rue Barbare. Si l’accueil sera plus froid avec seulement 840.000 entrées, ce thriller vaut le coup d’oeil pour son traitement anglo-saxon, mais aussi pour son sujet, toujours d’actualité sur la montée des extrêmes (on précise bien au pluriel), ainsi que pour sa distribution, solidement dirigée, portée par un Richard Berry en grande forme, sans doute dans l’un de ses meilleurs rôles.

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Test Blu-ray / Les Intrus: Chapitre 2, réalisé par Renny Harlin

LES INTRUS: Chapitre 2 (The Strangers: Chapter 2) réalisé par Renny Harlin, disponible en DVD & Blu-ray le 12 mars 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Madelaine Petsch, Froy Gutierrez, Rachel Shenton, Ema Horvath, Gabriel Basso, Ella Bruccoleri, Richard Brake…

Scénario : Alan R. Cohen & Alan Freedland

Photographie : José David Montero

Musique : Justin Caine Burnett

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Les Intrus sont de retour – plus brutaux et impitoyables que jamais. Lorsqu’ils découvrent que l’une de leurs victimes, Maya, a survécu, ils reviennent pour terminer ce qu’ils ont commencé. Traquée et isolée, Maya doit affronter un nouveau chapitre terrifiant alors que les tueurs insensés et inarrêtables, la traquent, prêts à éliminer quiconque se mettra en travers de leur route.

Reprenons où nous en étions. Sorti en 2018, The Strangers : Prey at Night était la suite de The Strangers de Bryan Bertino, grand succès critique et commercial de l’année 2008 (82 millions de dollars de recette pour un budget de 10 millions), même si le film était resté inédit dans les salles françaises. Dix ans plus tard, les producteurs décidaient de faire revenir leurs psychopathes masqués, qui s’en prenaient cette fois-ci à toute une famille, deux parents et leurs deux enfants étudiants, dans une unité de lieu (un parc isolé) et de temps (une nuit). Pour ce nouvel opus au budget plus conséquent, la mise en scène avait été confiée au réalisateur Johannes Roberts, remarqué en 2012 avec Storage 24 et son film à requins 47 Meters Down en 2017. S’il ne révolutionnait rien dans le genre, The Strangers : Prey at Night ne se foutait pas de la tronche des spectateurs et réservait son lot de séquences impressionnantes, violentes et graphiques, qui le plaçaient bien au-dessus de la moyenne des productions du même acabit qui pullulent encore aujourd’hui dans les salles au sol jonché de popcorn. Six ans plus tard, que faire ? Un troisième épisode ? Hum…le précédent est déjà un peu loin dans la tête des spectateurs…quelqu’un a alors eu l’idée du siècle, proposer un remake du premier épisode (bah tiens…), ou un hommage (comme le dirait Tarantino, tout en recopiant ses prédécesseurs comme un sagouin), tout en pensant ce « nouvel » opus comme une suite (ou pas), et quitte à le refaire, pourquoi ne pas présenter un reboot qui prendrait la forme d’une nouvelle trilogie ? Vous suivez ? Non ? Ce n’est pas bien grave, mais voici donc Les Intrus ou The Strangers: Chapter 1 en version originale, ce qui annonçait immédiatement le fait que d’autres chapitres devaient suivre prochainement. En fait trèèèès prochainement puisque les trois volets ont été tournés simultanément, avec le même casting et surtout le même réalisateur à la barre. Ce dernier n’est autre que ce bon vieux Renny Harlin (ou Lauri Mauritz Harjola pour les intimes), oui oui, le metteur en scène du Cauchemar de FreddyA Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master, de 58 minutes pour vivre Die Hard 2, de Cliffhanger : Traque au sommet…Désormais âgé de 65 ans, le cinéaste finlandais, n’a jamais cessé de tourner et ce malgré le gouffre financier de L’Île aux piratesCutthroat Island. Depuis trente ans, ses films se sont succédé, parmi lesquels Au revoir à jamaisThe Long Kiss Goodnight, Peur Bleue Deep Blue Sea, Driven et…après il est difficile de citer un de ses longs-métrages, à part peut-être le bon gros nanar La Légende d’Hercule en 2014, avec l’endive Kellan Lutz. Toujours est-il que Renny Harlin s’acquitte honorablement de sa tâche avec des moyens modestes (et dans un coin paumé en Slovaquie), et livrait un bon petit survival, qui n’arrivait certes pas à la cheville de The Strangers : Prey at Night et encore moins de The Strangers, mais qui fonctionnait bien, tenait en haleine grâce à des effets efficaces (même si usés jusqu’à la corde) et à un casting solide, mené par la belle rouquine Madelaine Petsch, vedette de cette trilogie. Le second opus s’ouvre sur une des scènes les plus emblématiques du premier volet (« Is Tamara Here ? »), où l’on aperçoit cette fois le visage jusqu’alors dissimulé dans l’ombre. On comprend d’emblée que Les Intrus : Chapitre deux va accorder plus d’importance à l’identité des tueurs et peut-être expliquer la raison pour laquelle ils s’en prennent à des inconnus. Mais ce second épisode va aussi développer un peu plus le personnage de Maya, ou tout du moins la plonger dans une autre situation, qui lui permettra d’évoluer sur le terrain face à ses adversaires. Vu le budget alloué à cette production, Renny Harlin s’en sort une fois de plus très bien derrière la caméra et signe un deuxième film, certes non dénué de défauts, mais toujours aussi bien interprété par Madelaine Petsch. Une bonne surprise depuis le début cette trilogie ! Et on attend désormais le troisième et dernier chapitre…

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Test Blu-ray / L’Homme sans mémoire, réalisé par Duccio Tessari

L’HOMME SANS MÉMOIRE (L’Uomo senza memoria) réalisé par Duccio Tessari, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 17 février 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Senta Berger, Luc Merenda, Umberto Orsini, Anita Strindberg, Bruno Corazzari, Rosario Borelli, Manfred Freyberger, Tom Felleghy…

Scénario : Ernesto Gastaldi

Photographie : Giulio Albonico

Musique : Gianni Ferrio

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

À la suite d’un accident, Edward est devenu amnésique. Après un long séjour en clinique, il retourne en Italie retrouver son épouse, Sara. Mais celle-ci a refait sa vie, le croyant mort. Petit à petit, elle est victime d’incidents étranges sans réelle explication, tandis que le passé trouble de voyou remonte à la surface dans la vie d’Edward. C’est alors que George intervient auprès de Sara, la menaçant de mort si son mari ne restitue pas une somme d’argent qu’il aurait gardée pour lui seul…

Duccio Tessari (1926-1994). Un cinéaste sur lequel l’auteur de ces mots revient toujours avec un immense plaisir. Cela avait déjà été le cas pour Le Retour de Ringo, Zorro, Un papillon aux ailes ensanglantées, La Mort remonte à hier soir et Un pistolet pour Ringo, nous n’aurons de cesse de remettre en avant le travail de cet artisan du cinéma italien, metteur en scène éclectique, dont la patte est reconnaissable quand on se penche sur son illustre filmographie. L’ancien assistant de Mario Bonnard et Sergio Leone sur Les Derniers jours de Pompéi – Gli ultimi giorni di Pompei (1959), de Vittorio Cottafavi (1960) sur Messaline, de Vittorio Sala sur La Reine des Amazones – La Regina delle Amazzoni (1960), et scénariste sur Pour une poignée de dollars Per un pugno di dollari (1964) compte déjà une vingtaine de long-métrages quand il entreprend L’Homme sans mémoire – L’Uomo senza memoria. Connu aussi en France sous le titre La Trancheuse infernale, réalisé après l’imposant Big Guns : Les Grands FusilsTony Arzenta, avec Alain Delon, ce thriller surfe allègrement sur les gialli qui fleurissaient dans les salles de cinéma, non seulement de l’autre côté des Alpes, mais aussi dans celles du monde entier. Sur un scénario du prolifique Ernesto Gastaldi (La Queue du scorpion, Le Dernier jour de la colère, Mort suspecte d’une mineure), Duccio Tessari livre un véhicule de star à Luc Merenda, acteur français devenu une icône du poliziottesco et du giallo avec des titres emblématiques comme Torso et Rue de la violenceMilano trema: la polizia vuole giustizia de Sergio Martino. Avant de retrouver ce dernier pour Le Parfum du diable La Città gioca d’azzardo et L’AccuséLa polizia accusa : il servizio segreto uccide, juste avant de collaborer à deux reprises avec l’éminent Fernandi Di Leo (Colère noire et Gli amici di Nick Hezard), l’acteur, qui a alors le vent en poupe signe une étonnante prestation dans L’Homme sans mémoire. Si le récit peut paraître quelque peu classique, les années n’ont en rien altéré son efficacité et cela grâce à une mise en scène stylisée propre à son auteur.

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Test Blu-ray / Mort un dimanche de pluie, réalisé par Joël Santoni

MORT UN DIMANCHE DE PLUIE réalisé par Joël Santoni, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition limitée & Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Nicole Garcia, Jean-Pierre Bacri, Dominique Lavanant, Jean-Pierre Bisson, Étienne Chicot, Jean-Pierre Malo, Marshall Titus, Cerise Leclerc…

Scénario : Joël Santoni & Philippe Setbon, d’après le roman de Joan Aiken

Photographie : Jean Boffety

Musique : Vladimir Cosma

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

David Briand, un architecte, vit dans une grande maison avec sa femme et leur fille. À la suite de l’éboulement d’un immeuble dessiné par David, un homme, Cappy Bronsky se retrouve handicapé. David se sent obligé de l’engager comme jardinier et son épouse comme babysitter. Mais la vie des Briand va vite devenir un enfer.

Quelle audace ! Si le cinéma français d’aujourd’hui avait les mêmes cojones que celles qu’arborent Mort un dimanche de pluie, le septième art hexagonal se porterait bien mieux et attirerait sans doute plus de spectateurs dans les salles. Sept ans après le succès mitigé du il est vrai fort moyen Ils sont grands ces petits, Joël Santoni (1943-2018) revenait derrière la caméra avec ce qui sera alors son dernier long-métrage. Avant de consacrer tout le reste de sa carrière à la télévision, pour laquelle il signera notamment de nombreux épisodes de la série à succès Une famille formidable, qui s’étendra sur plus d’un quart de siècle, le réalisateur livre un incroyable film de genre, un thriller psychologique qui laisse pantois, magistralement mis en scène et interprété. Furieusement anxiogène et immersif, Un dimanche de pluie repose sur un scénario machiavélique coécrit par le cinéaste et Philippe Setbon (Cross, Mister Frost, scénariste des Fauves, de Parole de flic et même de Détective de Jean-Luc Godard), d’après le roman de Joan Aiken publié en 1972, qui joue avec les nerfs des spectateurs du début à la fin et prend un malin plaisir à plonger les personnages dans un cauchemar éveillé. Certaines scènes sont réservées à un public averti, une en particulier, celle de la scène dite des « toilettes », qui reste impensable à reproduire aujourd’hui, mais Mort un dimanche de pluie demeure un sacré tour de force.

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Test Blu-ray / Effraction, réalisé par Daniel Duval

EFFRACTION réalisé par Daniel Duval, disponible en Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Marlène Jobert, Jacques Villeret, Bruno Cremer, Jean-Pierre Dravel, Robert Darame, Denise Filiatrault, Robert Kramer, Florent Pagny…

Scénario : Daniel Duval & Francis Ryck, d’après le roman de Francis Ryck

Photographie : Michel Cénet

Musique : Maurice Vander

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Lors d’un hold-up qui tourne mal, Valentin tue plusieurs personnes. Il s’enfuit avec un butin confortable et, pourchassé par la police, rencontre un couple dont la femme l’attire irrémédiablement.

Dans le genre polar français passé plus ou moins inaperçu à sa sortie, peu diffusé à la télévision et donc indéniablement oublié aujourd’hui, Effraction est un spécimen. Pourtant, tout était réuni pour que le film connaisse un beau succès dans les salles ou fasse parler de lui plus tard si cela n’avait pas été le cas. Avec une affiche aussi prestigieuse réunissant Bruno Cremer, Marlène Jobert et Jacques Villeret, dirigés par Daniel Duval, Effraction faisait plus qu’envie…Échec cuisant avec à peine 250.000 entrées, Effraction ne méritait assurément pas ce désintérêt du public et même ce rejet dont il a fait l’objet ultérieurement. Nous sommes en avril 1983 et en cette belle année où Arnold Schwarzenegger devient officiellement citoyen américain, Les Dieux sont tombés sur la tête de James Ulys a attiré près de six millions de spectateurs (il restera d’ailleurs sur la première marche du podium), Tootsie fait le plein, Banzaï est un triomphe pour Coluche (même chose pour Tchao Pantin, qui sortira quelques mois après), Le Ruffian sera le dernier pour Lino Ventura, tandis que Sylvester Stallone vient de signer un doublé avec Rambo et Rocky III, L’Oeil du Tigre, qui ont dépassé tous les deux les trois millions d’entrées. Autant dire que le cinéma se porte bien, alors que d’autres mastodontes pointent déjà le bout de leur nez (Les Compères, L’Été meurtrier, Le Marginal, Flashdance, Papy fait de la résistance, Le Retour du Jedi, Octopussy…). Effraction n’apparaît qu’à la 112è place du box-office en 1983, coincé entre La Petite Bande de Michel Deville et Vive la sociale ! de Gérard Mordillat. Il est temps désormais de réhabiliter ce cinquième long-métrage mis en scène par Daniel Duval, qui quatre ans auparavant avait connu un succès international avec La Dérobade, 2,8 millions d’entrées et valu à Miou-Miou le César de la meilleure actrice. Pour Effraction, il adapte le roman éponyme de Francis Ryck, sorti dans la collection Série Noire en 1975, en collaboration avec celui-ci. Ce polar sombre et violent offre à Jacques Villeret l’un de ses rôles les plus inattendus, celui d’un type frappadingue, qui pour donner quelques exemples tue tout le monde à la mitraillette, tète le sein de Marlène Jobert et donne une raclée à Bruno Cremer, tout en faisant un hold-up, grimé avec postiche et fausse moustache et même en escaladant la corniche d’un hôtel comme Bebel. Oui, vous avez bien lu, et en plus le comédien apparaît très crédible dans toutes ces situations, ce qu’on était loin d’imaginer au premier abord. Également thriller psychologique, Effraction joue sur la tension et le malaise qui s’installent une fois que les trois personnages principaux sont réunis au mitan du film. De plus, on y retrouve un romantisme emphatique, exacerbé, propre à l’artiste hyper-sensible qu’était Daniel Duval. C’est tout cela Effraction, une œuvre hybride, qui semble ne pas savoir sur quel pied danser ni où se diriger, mais qui reflète justement ce sentiment de perte de repères des protagonistes. Une belle et grande réussite.

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