Test Blu-ray / Les Spécialistes, réalisé par Guy Ritchie

LES SPÉCIALISTES (In the Grey) réalisé par Guy Ritchie, disponible en DVD & Blu-ray le 7 août 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Henry Cavill, Jake Gyllenhaal, Eiza González, Carlos Bardem, Fisher Stevens, Rosamund Pike, Michael Vu, Mohammed Al Turki…

Scénario : Guy Ritchie

Photographie : Ed Wild

Musique : Christopher Benstead

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Quand un baron du crime dépouille une firme puissante, une avocate déploie ses deux meilleurs « fixers », Sid et Bronco, pour récupérer le magot. Mais sur cette île corrompue, les alliances volent en éclats. Entre trahisons et manipulations, la chasse est ouverte. Le plus dur ne sera pas de reprendre l’argent… ce sera d’en sortir vivant.

Guy Ritchie dans la colle…Il tourne beaucoup l’« amigaille », trop sans aucun doute. Parfois ça marche auprès du public (les deux Sherlock Holmes, Aladdin, The Gentlemen, Un homme en colère), mais depuis quelques films, ça ne va pas fort pour le britannique. Ainsi, après les échecs rencontrés par Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. (de loin son meilleur film), Le Roi Arthur, The Covenant : Mission en Afghanistan, Opération Fortune : Ruse de guerre et Le Ministère de la Sale Guerre, ça sentait mauvais pour Les SpécialistesIn the Grey, que le cinéaste a écrit seul et mis en scène…Coincé depuis au moins trois ans dans quelques tiroirs, ce thriller à mi-chemin entre le film de guerre et le film de braquage est, disons-le l’un des pires opus de Guy Ritchie, comme si ce dernier avait voulu faire la démonstration de ce qu’il ne faut absolument pas faire au cinéma. Le premier gros point négatif provient des comédiens, qui avaient déjà collaboré avec le réalisateur, Henry Cavill, Jake Gyllenhaal et Eiza González. Les deux stars masculines font jeu égal dans le genre constipé, même si à ce titre, Henry Cavill, repoussant probablement toutes les dragées Fuca proposées, ne saurait être détrôné. Alors que certains zinzins prient encore pour qu’il reprenne le costume (moche) du Man of Steel sous la direction de Zack Snyder, sa carrière au cinéma (oui, heureusement il y avait The Witcher à la télé) est complètement partie en sucette. Sa participation à Mission impossible : Fallout de Christopher McQuarrie est déjà loin et seul son caméo en Wolverine dans le dernier Deadpool a su marquer les esprits. Ce n’est assurément pas avec Les Spécialistes qu’il se refera une place au sommet du box-office, film qu’il traverse comme s’il était atteint de neurasthénie. Même chose pour Jake Gyllenhaal, dont la réputation désastreuse auprès de la profession (pour résumer, tout le monde s’accorde à dire qu’il est fou à lier) et de sérieux problèmes d’ego l’ont conduit à accepter des trucs comme le remake de Road House (le deuxième est même en cours de tournage) et des trucs bourrés de testostérone (Ambulance de Michael Bay). On se demande à plusieurs reprises s’il n’est pas en train de dormir, ayant les yeux dissimulés derrière des lunettes noires durant quasiment tout le film. On ajoute à ce tandem sans saveur la présence de la mexicaine Eiza González, vue dans Baby Driver d’Edgar Wright et Bienvenue à MarwenWelcome to Marwen de Robert Zemeckis, qui avait déjà joué avec les deux acteurs auparavant, qui traverse tout le récit comme si elle était en train de défiler sur les podiums. Avec un récit déglingué qui part dans tous les sens, qui ne sait pas où il va ni même ce qu’il a à raconter en fait, on obtient au final l’un des longs-métrages les plus soporifiques de l’année. Guy Ritchie s’est encore surpassé donc. Fuyez pauvres fous.

Rachel Wild est une avocate impitoyable, spécialisée dans le recouvrement de créances pour une clientèle fortunée et influente. Elle travaille notamment avec la société de gestion d’actifs Spencer Goldstein, basée à New York. Elle travaille dans une « zone grise », entre légalité et illégalité. Pour débusquer les actifs dissimulés de ses cibles et les contraindre à payer, elle s’appuie sur les talents hors-la-loi de ses associés de longue date, Sidney alias « Sid » et Bronco. Ils sont ses agents de l’ombre de confiance, depuis des années. Braxton, le mentor de Rachel, arrive sur une île espagnole contrôlée par Manny Salazar, un milliardaire impitoyable, afin de régler la dette d’un milliard de dollars que ce dernier doit à Spencer Goldstein. Cependant, Salazar fait assassiner Braxton par son chef de la sécurité, Olsson. À New York, Rachel négocie alors avec Bobby Sheen, une cadre de Spencer Goldstein, pour recouvrer elle-même la créance. Accompagnée de Bronco, elle rend visite à l’avocat personnel de Salazar, William Horowitz. Elle lance ensuite Sid et Bronco et leur équipe dans une opération mêlant sabotage, corruption et subterfuges. Sid se rend à Djeddah en Arabie saoudite où Salazar prépare un gros projet immobilier, pendant que Bronco et Baker se rendent sur l’île espagnole.

Beaucoup trop de personnages dont on se fout royalement, beaucoup trop de décors, qui auraient pu tout aussi bien être incrustés par la suite tant ils s’avèrent inodores, incolores, invisibles, beaucoup trop de voix-off (un supplice, ça ne s’arrête jamais), beaucoup trop de longueurs, de poncifs…On pourrait continuer ainsi longtemps, car rien ne va dans Les Spécialistes, qui aurait dû rester planqué, plutôt que de sortir finalement comme ça, en VOD, avant de se prendre une volée de bois vert de la part de la critique et du public, quelque peu consternés par l’entreprise. C’est bien simple, malgré l’effort et la concentration, on lâche l’affaire à un moment donné, tant on se contrefiche des personnages, de ce qu’ils font, de ce qu’ils espèrent tirer de cette affaire…Si l’on était vulgaire, ce qui ne nous ressemble pas, on dirait que tout est sérieusement mal branlé, mais ce serait faire trop d’honneur aux Spécialistes, car on peut parfois tirer quelque chose d’une mauvaise branlette. Rien à sauver ici.

Comme s’il n’avait pas confiance en son propre scénario, Guy Ritchie ajoute sur chaque action un narrateur qui souligne, commente, détaille, paraphrase systématiquement tout ce que les protagonistes sont en train de faire à l’écran, comme s’il s’agissait d’une piste Audiodescription, destinée au public sourd et malentendant. Ça parle essentiellement de fric entre quatre murs aux couleurs clinquantes à prédominance dorée, de jet privé, de yacht, de plateforme pétrolière, d’île privée, de dette à régler, on y voit (on subit) une poursuit dans une bananeraie piégée, les fusillades n’ont aucune saveur, les scènes d’action (finalement peu nombreuses) ont déjà été vues mille fois, on est ici entre Peter Berg et Quentin Tarantino, dans l’ersatz. Rosamund Pike vient cachetonner (elle sortait déjà de l’infâme Insaisissables 3 et payait ses impôts), seuls Kristofer Hivju (Tormund Giantsbane de la série Game of Thrones et petit-cousin d’Isabelle Nanty, si si) et Fisher Stevens (toujours excellent) parviennent à tirer leur épingle du jeu.

Il serait temps que Guy Ritchie change de recette, tant son cocktail fait penser à un Mojito sans alcool et dont les feuilles de menthe proviendraient d’une plante artificielle. On en vient presque à vouloir donner une deuxième chance à À la dérive Swept Away. C’est vous dire si l’on est désespéré à la fin des Spécialistes !

LE BLU-RAY

Après son arrivée sur Prime Video, Les Spécialistes passe par la case DVD/Blu-ray, sous les couleurs de Metropolitan Films. Visuel efficace, centré sur les trois acteurs principaux. Le menu principal est animé et musical.

Dans la case « Suppléments », vous ne trouverez que des bandes-annonces.

L’Image et le son

L’éditeur soigne son master HD, quasi-exemplaire. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté demeure frappante, les noirs sont profonds, le piqué affûté, les gros plans détaillés, les contrastes denses. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large. Ce Blu-ray offre les meilleures conditions pour voir, apprécier, ou sûrement détester le film de Guy Ritchie. L’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre deux mixages redoutablement immersifs, en VF et VO DTS-HD Master Audio 5.1. Ces options s’avèrent percutantes, surtout dans les scènes d’action. Les séquences d’affrontements peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales, avec des effets en tous genres qui environnent le spectateur. Les effets annexes sont présents et dynamiques. Seuls les dialogues auraient mérité d’être un peu plus relevés sur la centrale en ce qui concerne la piste anglaise. De son côté, le caisson de basses souligne efficacement chacune des scènes agitées. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Black Bear / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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