Test Blu-ray / Nightfall (Poursuites dans la nuit), réalisé par Jacques Tourneur

POURSUITE DANS LA NUIT (Nightfall) réalisé par Jacques Tourneur, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 19 août 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Aldo Ray, Brian Keith, Anne Bancroft, Jocelyn Brando, James Gregory, Frank Albertson, Rudy Bond, Steve Carruthers…

Scénario : Stirling Silliphant d’après le roman de David Goodis

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Duning

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1956

LE FILM

James Vanning est un homme simple et tranquille. Mais l’argent d’un casse a disparu et deux malfrats extrêmement dangereux pensent qu’il est en sa possession. Vanning devient un homme en fuite, traqué par ces malfrats, filé par l’enquêteur de la compagnie d’assurance. Marie Gardner, un mannequin qu’il rencontre par hasard, s’embarque bientôt avec lui dans cette aventure qui les emmènera dans les montagnes enneigées du Wyoming…

Dans les années 1950, les studios hollywoodiens évoluent et les cinéastes sont de plus en plus nombreux à produire leurs propres films. Metteur en scène depuis les années 30, Jacques Thomas alias Jacques Tourneur (1904-1977) ne se considère pas comme un homme d’affaires mais comme un artisan, un menuisier plus précisément, et n’a que faire de ces maisons de production qui fleurissent un peu partout en Californie. A la recherche d’un projet susceptible de l’intéresser, il se voit proposer l’adaptation d’un roman de David Goodis, Nightfall ou Convicted, ou bien encore The Dark Chase, publié en 1950 en France sous le titre La nuit tombe, sur un scénario de Stirling Silliphant (Dans la chaleur de la nuit, Les Flics ne dorment pas la nuit, La Tour infernale) qui dormait depuis dix ans dans les tiroirs de la Columbia. Si la grande époque du film noir est révolue, Jacques Tourneur, après avoir signé quelques westerns, y voit de quoi innover et décide de remplacer le noir par le blanc immaculé des neiges du Wyoming, partis pris qui inspireront probablement les frères Coen pour l’exceptionnel Fargo (1996). La même année que Rendez-vous avec la peurNight of the Demon, Jacques Tourneur signe donc Nightfall. Et c’est magnifique.

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Test Blu-ray / Tokyo Joe, réalisé par Stuart Heisler

TOKYO JOE réalisé par Stuart Heisler, disponible en DVD et Blu-ray le 16 juin 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Humphrey Bogart, Alexander Knox, Florence Marly, Sessue Hayakawa, Jerome Courtand, Gordon Jones, Teru Shimada, Hideo Mori…

Scénario : Steve Fisher, Walter Doniger, Cyril Hume, Bertram Millhauser

Photographie : Charles Lawton Jr.

Musique : George Antheil

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Joe Barrett revient à Tokyo après la guerre et retrouve la femme qu’il aimait et qu’il croyait morte. Pour donner un nom à l’enfant qu’elle attendait, Trina s’est mariée avec Mark Landis. Joe souhaite récupérer Trina. Celle-ci lui révèle que sa fille Anya est sa propre fille. Joe va alors accepter de travailler pour le compte du baron Kimura, un baron de la pègre locale…

Eh oui, même le grand Humphrey Bogart a fait des mauvais films ou des films passables ! C’est clairement le cas de Tokyo Joe (1949) qui clôt une décennie exceptionnelle pour le comédien, durant laquelle il aura entre autres enchaîné Le Faucon maltais (1941) de John Huston, Casablanca (1942) de Michael Curtiz, Le Port de l’angoisse et Le Grand Sommeil d’Howard Hawks (1944, 1946), En marge de l’enquête (1947) de John Cromwell, Les Passagers de la nuit (1947) de Delmer Daves, sans oublier Le Trésor de la Sierra Madre (1948) et Key Largo (1948), cette fois encore réalisés par John Huston. La même année que Les Ruelles du malheurKnock on any door de Nicholas Ray, Humphrey Bogart, qui à cette occasion venait de fonder sa société de production Santana, se lance dans l’aventure de Tokyo Joe et propose au cinéaste Stuart Heisler (1896-1971) de le mettre en scène. La seconde équipe est déjà sur le coup et part au Japon pour filmer quelques séquences dans les rues de Tokyo, où se déroule l’histoire, en prenant également une doublure dissimulée sous un chapeau et un Trench Coat bien reconnaissables pour montrer le personnage principal déambuler à droite à gauche. Rétrospectivement, Tokyo Joe sera le premier film américain à être tourné au Japon après la Seconde Guerre mondiale, même si encore une fois, Humphrey Bogart n’y aura jamais mis les pieds à cette occasion. En résulte un film déséquilibré, marqué par quelques jolies scènes entre la star et sa partenaire, la ravissante Florence Marly (vue dans Les Maudits de René Clément), mais qui s’éparpille trop dans sa deuxième partie où l’on finit par perdre le fil et même se désintéresser des personnages. Dommage, car Humphrey Bogart y est comme d’habitude parfait, y compris lorsqu’il fait du surplace devant de (trop) nombreuses transparences.

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Test DVD / Un pacte avec le diable, réalisé par John Farrow

UN PACTE AVEC LE DIABLE (Alias Nick Beal) réalisé par John Farrow, disponible en DVD le 16 juin 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Ray Milland, Audrey Totter, Thomas Mitchell, George Macready, Fred Clark, Geraldine Wall, Henry O’Neill, Darryl Hickman…

Scénario : Jonathan Latimer

Photographie : Lionel Lindon

Musique : Franz Waxman

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Frankie Faulkner, dont les activités sont liées au jeu, propose au procureur Joseph Foster de l’aider à devenir gouverneur. Foster refuse et, grâce au mystérieux Nick Beal, il obtient les livres de comptes qui lui permettent de faire condamner Hanson, un joueur. Cette condamnation conforte la notoriété de Foster à qui Nick Beal propose de l’argent pour sa campagne. Martha, la femme de Foster, lui demande de refuser, mais Foster rencontre Donna Allen, qui le séduit et le conduit à certaines compromissions…

Bien que méconnu en France, le réalisateur américain d’origine australienne John Farrow (1904-1963), né John Villiers Farrow, également scénariste, producteur et comédien, est l’auteur d’un des plus grands mélodrames issus des studios de la RKO, Quels seront les cinq ?Five came back (1939), co-écrit par Dalton Trumbo. Le cinéaste signera lui-même un remake de son propre film en 1956, Les Echappés du néant Back from Eternity, avec Robert Ryan, Anita Ekberg et Rod Steiger. Eclectique, érudit, John Farrow aura touché à tous les genres, du film policier au western, en passant par le film historique, les récits de guerre, le film d’aventure et le thriller. Californie, terre promise, est son premier western, mais aussi sa première collaboration avec le comédien britannique Ray Milland (1907-1986), avec lequel il fera quatre films, dont La Grande horlogeThe Big Clock (1948), Un pacte avec le diableAlias Nick Beal (1949) et Terre damnée Copper Canyon (1950). Aujourd’hui, c’est leur troisième et plus étrange association qui nous intéresse. A la fois film noir, drame politique et film fantastique, Un pacte avec le diable est ce qu’on pourrait qualifier un film de genre, puisque le scénario de Jonathan Latimer (le créateur du personnage de Bill Crane), collaborateur de John Farrow sur une bonne dizaine de longs-métrages, place le personnage de Lucifer, du Malin, du prince des ténèbres, de Belzébuth, de Satan ou comme vous voudrez l’appeler, au milieu d’hommes politiques, en particulier un, sur lequel il a jeté son dévolu. Un pari pour lui puisque l’individu en question est un modèle d’intégrité, d’impartialité, de vertu et de probité. Autant dire que ce n’est pas gagné d’avance mais c’est l’enjeu du diable et où le jeu de Ray Milland prend toute son ampleur. L’acteur se délecte dans ce rôle suintant et tiré à quatre épingles, manipulant les êtres humains comme des pions sur un échiquier dans un seul but, anéantir les valeurs de l’homme le plus honnête du monde, pour mieux s’approprier son âme. Un pacte avec le diable est une sacrée découverte à situer entre Tous les biens de la terreThe Devil and Daniel Webster (1941) de William Dieterle et Angel Heart : Aux portes de l’enfer (1987) d’Alan Parker.

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Test Blu-ray / La Main qui venge, réalisé par William Dieterle

LA MAIN QUI VENGE (Dark City) réalisé par William Dieterle, disponible en DVD et Blu-ray le 17 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charlton Heston, Lizabeth Scott, Viveca Lindfors, Dean Jagger, Don DeFore, Jack Webb, Ed Begley, Harry Morgan…

Scénario : John Meredyth Lucas, Ketti Frings d’après le roman “No escape” de Lawrence B. Marcus

Photographie : Victor Milner

Musique : Franz Waxman

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Danny et ses complices organisent une partie de poker dans le seul but de plumer un pigeon, Arthur Winant. Mais leur victime se suicide après avoir perdu plusieurs milliers de dollars qui ne lui appartenaient pas. Peu après, les amis de Danny sont assassinés les uns après les autres. Un ennemi mystérieux a décidé de venger impitoyablement la mort d’Arthur. Danny essaye désespérément de sauver sa peau en démasquant le tueur insaisissable.

Charlton Heston Begins ! En effet, La Main qui vengeDark City, réalisé par William Dieterle (1893-1972) est le film qui fera du comédien une star. Il s’agit de son troisième long métrage après Peter Gynt (1941) où il tenait déjà le rôle principal, et Julius Caesar (1950), dans lequel il interprétait Marc Antoine, deux films indépendants réalisés par David Bradley et adaptés des pièces d’Henrik Ibsen et William Shakespeare. Dans La Main qui venge, Charlton Heston s’impose avant même que le générique démarre. Tout en épaules et en mâchoires, l’acteur promène son mètre 90 et erre dans les rues d’une ville indéterminée. Son charisme éclate au grand jour dans un rôle pourtant peu sympathique et c’est alors soixante ans d’histoire du cinéma américain qui démarre. En dehors de cette curiosité qui ne manquera pas d’interpeller les cinéphiles, Dark City est un savoureux polar formidablement mis en scène, inégal, mais souvent passionnant, dans lequel quelques motifs propres au film noir fonctionnent à plein régime, à l’instar de ce tueur inconnu qui décime un à un les complices d’une petite bande d’arnaqueurs, sans que personne ne puisse mettre la main dessus, comme une présence surnaturelle qui donne une dimension quasi-fantastique à l’histoire.

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Test DVD / Le Fauve en liberté, réalisé par Gordon Douglas

LE FAUVE EN LIBERTÉ (Kiss Tomorrow Goodbye) réalisé par Gordon Douglas, disponible en DVD le 17 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : James Cagney, Barbara Payton, Helena Carter, Ward Bond, Luther Adler, Barton MacLane, Steve Brodie, Rhys Williams…

Scénario : Harry Brown d’après le roman d’Horace McCoy, “Adieu la vie, adieu l’amour…”

Photographie : J. Peverell Marley

Musique : Carmen Dragon

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Ralph Cotter s’évade d’un pénitencier avec un codétenu, Carleton. Holiday, la soeur de ce dernier, et un autre gangster Jinx les aide, mais Cotter décide de tuer son partenaire Carleton. Décidé à se procurer de l’argent, Cotter aidé de Jinx, qui emprunte la voiture de Masson, un garagiste, vole la paie du grand magasin Hartford. Holiday devient la maîtresse de Cotter. Mais Mason « donne » Cotter à Weber et à Race, deux policiers corrompus…

James Cagney entre de plain-pied dans les années 1950 en revenant au film-noir qui a fait son succès. Le Fauve en liberté, titre français plutôt bien choisi, même si celui en version originale est superbe, Kiss Tomorrow Goodbye, est un polar âpre et violent, dans lequel le comédien livre une fois de plus une prestation époustouflante, d’autant plus que son personnage est ici méprisable, nullement attachant, complètement amoral. Un monstre sans passé, qui fonce tête baissée vers l’argent facile, autrement dit quelques bonnes affaires lucratives et forcément illégales. Le Fauve en liberté est aussi et surtout le dernier polar interprété par James Cagney.

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Test DVD / Sirocco, réalisé par Curtis Bernhardt

SIROCCO réalisé par Curtis Bernhardt, disponible en DVD le 6 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Humphrey Bogart, Märta Torén, Lee J. Cobb, Everett Sloane, Gerald Mohr, Zero Mostel, Nick Dennis, Onslow Stevens…

Scénario : A.I. Bezzerides, Hans Jacoby d’après le roman “Le Coup de grâce” de Joseph Kessel

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Antheil

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Syrie, 1925. La révolte gronde contre l’occupant français dont les soldats sont régulièrement pris pour cible par les rebelles de l’émir Hassan. Bon pour les affaires d’Harry Smith, un américain cynique qui prospère dans le trafic d’armes. Si le colonel Feroud, chef du contre-espionnage, envisage de signer une trêve plutôt que de basculer dans la répression, ses efforts sont remis en question par un attentat…

Au début des années 1950, Humphrey Bogart est au sommet de sa carrière. Le comédien vient d’enchaîner coup sur coup Le Trésor de la Sierra Madre et Key Largo de John Huston, puis Les Ruelles du malheur et Le Violent de Nicholas Ray. Depuis 1942, le succès de Casablanca a entraîné moult ersatz en plaçant souvent un anti-héros américain dans un pays « exotique » dirons-nous, prêt à se sacrifier pour la bonne cause et la plupart du temps pour la femme qu’il aime. Sirocco de Curtis Bernhardt (1899-1981), qui avait déjà collaboré avec Humphrey Bogart sur La Mort n’était pas au rendez-vousConflict en 1945, ne déroge pas à à la règle, mais vaut qu’on s’y intéresse à plus d’un titre et notamment parce que le film est interprété par Bogey, impeccable dans le rôle du mystérieux Harry Smith, sans son galurin vissé sur la tête, mais avec son trench-coat fermé sous un soleil ardent.

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Test DVD / L’Ange noir, réalisé par Roy William Neill

L’ANGE NOIR (Black Angel) réalisé par Roy William Neill, disponible en DVD le 17 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Dan Duryea, June Vincent, Peter Lorre, Broderick Crawford, Constance Dowling, Wallace Ford, Hobart Cavanaugh, Freddie Steele…

Scénario : Roy Chanslor d’après le roman de Cornell Woolrich

Photographie : Paul Ivano

Musique : Frank Skinner

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1946

LE FILM

Los Angeles. Kirk Bennett découvre Marvis Marlowe, sa maîtresse, morte. Il est arrêté, jugé et condamné à mort. Sa femme, Catherine, décidée à le sauver, mène son enquête avec Martin Blair, l’ancien mari de Marvis. Ils soupçonnent Marko, le patron d’un cabaret, mais ce dernier a un alibi.

De son vrai nom Roland de Gostrie, Roy William Neill (1887-1946) n’est sans doute pas le réalisateur américain le plus connu de sa génération et pourtant les cinéphiles connaissent une (petite) partie de son œuvre prolifique (plus de cent films à son actif), puisque cet artisan du cinéma hollywoodien aura mis en scène près d’une douzaine d’opus consacrés au personnage de Sherlock Holmes, interprété par Basil Rathbone. De 1943 avec Sherlock Holmes et l’Arme secrèteSherlock Holmes and the Secret Weapon à Sherlock Holmes et la ClefDressed To Kill (1946), ce sera donc trois aventures du célèbre détective privé de Baker Street filmées tous les quatre ans qui feront le bonheur des spectateurs. Pour l’heure, L’Ange noir Black Angel, tourné la même année que Dressed To Kill, est le dernier long métrage de Roy William Neill, qui meurt soudainement à l’aube de ses soixante ans. Ce film noir vaut toujours le coup aujourd’hui pour l’interprétation du grand Dan Duryea (1907-1968), qui mérite largement d’être réhabilité et reconsidéré par les cinéphiles, qui ont souvent tendance à oublier l’intensité du jeu de celui qui aura pourtant tourné avec les plus grands. William Wyler, Howard Hawks, Fritz Lang, Anthony Mann, George Sherman, Robert Siodmak, Robert Aldrich, Douglas Sirk, ont entre autres profité et su mettre en valeur son immense talent. Le comédien qui était alors considéré comme l’un des plus grands salauds du cinéma dans les années 1940-50, trouve dans L’Ange noir un rôle tragique, à fleur de peau, loin de sa violence habituelle. Et il y est une fois de plus magnifique.

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Test DVD / Le Destin est au tournant, réalisé par Richard Quine

LE DESTIN EST AU TOURNANT (Drive a Crooked Road) réalisé par Richard Quine, disponible en DVD le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Mickey Rooney, Dianne Foster, Kevin McCarthy, Jack Kelly, Harry Landers, Jerry Paris, Paul Picerni, Dick Crockett…

Scénario : Blake Edwards d’après une histoire de James Benson Nablo

Photographie : Charles Lawton Jr.

Musique : George Duning

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Mécanicien complexé par sa petite taille, Eddie Shannon s’éprend de Barbara Mathews. Deux amis de celle-ci, Steve Norris et Harold Baker, proposent 1 500 dollars à Eddie pour les aider lors d’un hold-up. Eddie refuse dans un premier temps, mais par amour, il finit par accepter…

Quand il tourne Le Destin est au tournantDrive a Crooked Road en 1957, le comédien Mickey Rooney a déjà près de trente ans de carrière derrière lui. Alors âgé de 34 ans, l’ancien enfant star des années 1930 n’a jamais arrêté de tourner et ce jusqu’à sa mort en 2014 à l’âge bien avancé de 93 ans. Cependant, même si l’acteur a été prolifique, peu de rôles restent marquants. Après les comédies musicales des années 1940, souvent réalisées par Norman Taurog, l’acteur est à la recherche d’un nouveau souffle. Il se voit alors proposer le superbe scénario écrit par le grand Blake Edwards, d’après une histoire de James Benson Nablo, The Wheel Man. Mis en scène par Richard Quine, Le Destin est au tournant est un drame qui lorgne sur le film noir et qui offre surtout à Mickey Rooney son plus beau rôle au cinéma, ni plus ni moins.

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Test DVD / Le Maître du gang, réalisé par Joseph H. Lewis

LE MAÎTRE DU GANG (The Undercover Man) réalisé par Joseph H. Lewis, disponible en DVD le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, Nina Foch, James Whitmore, Barry Kelley, David Wolfe, Frank Tweddell, Howard St. John, John F. Hamilton…

Scénario : Jack Rubin, Sydney Boehm d’après l’article de Frank J. Wilson

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Duning

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Agents du Trésor américain, Frank Warren et George Pappas se lancent dans une mission sous couverture afin de confondre un parrain de la mafia de Chicago. Frank n’hésite pas à mettre en péril son mariage, et même sa vie, dans l’espoir de faire tomber pour fraude fiscale celui qui, jusqu’alors, a toujours échappé à toute poursuite, malgré ses nombreux crimes…

Mais qui est ce fameux « Maître du gang » qui donne son titre français au film de Joseph H. Lewis ? Il s’agit bien évidemment d’Al Capone, qui en juin 1931 est inculpé pour fraude fiscale et infraction aux lois sur la Prohibition. Sorti en 1949, deux ans après la mort du plus célèbre gangster américain du XXe siècle, The Undercover Man est un petit bijou discret dans la carrière du réalisateur du Calvaire de Julia RossMy Name Is Julia Ross (1945) et Le Démon des armesGun Crazy (1950), qui rend hommage aux petites gens qui ont réussi à coincer celui que l’on croyait alors intouchable. Loin de la représentation habituelle d’Eliot Ness et des Incorruptibles, Le Maître du gang montre des petits fonctionnaires coincés dans quelques bureaux surchargés de paperasse, des agents qui délaissent leurs familles respectives et leurs compagnes, travaillant jour et nuit pour trouver l’élément qui fera basculer la balance en leur faveur, dans le but de clouer le « grand patron » au pilori. La réussite du film provient une fois de plus de Glenn Ford, décidément un comédien à redécouvrir, qui comme à son habitude livre une performance exceptionnelle, dans le rôle d’un type obstiné, persévérant, mais aussi fatigué, rêvant de passer du temps avec sa compagne, bref, toujours très attachant.

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Test DVD / Traquée, réalisé par Richard Wallace

TRAQUÉE (Framed) réalisé par Richard Wallace, disponible en DVD le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, Janis Carter, Barry Sullivan, Edgar Buchanan, Karen Morley, Jim Bannon, Stanley Andrews, Walter Baldwin…

Scénario : Ben Maddow d’après une histoire de John Patrick

Photographie : Burnett Guffey

Musique : Marlin Skiles

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Stephen Prince, qui est banquier, et sa maîtresse Paula Craig décident de partir en emportant 250 000 dollars. Voulant faire croire à la disparition de Stephen, ils jettent leur dévolu sur Mike Lambert, qu’ils décident de tuer pour faire passer son corps pour celui de Stephen…

Sorti en 1947, TraquéeFramed, est l’un des derniers films mis en scène par le méconnu Richard Wallace (1894-1951), ancien collaborateur de Laurel & Hardy, à qui l’on doit quelques petites pépites comme Nid d’espionsThe Fallen Sparrow (1943) avec John Garfield et Maureen O’Hara. Traquée, titre français étrange car aucune femme ne l’est dans le film, est un polar comme on les aime, un film noir typique de la Columbia, avec sa durée resserrée, son intrigue signée Ben Maddow (Quand la ville dort, Le Vent de la plaine) menée sans aucun temps mort, son casting soigné, sa succession de rebondissements de la première à la dernière scène et sa photographie très élégante.

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