Test DVD / Houdini le grand magicien, réalisé par George Marshall

HOUDINI LE GRAND MAGICIEN (Houdini) réalisé par George Marshall, disponible en DVD le 21 octobre 2019 chez Les Films du Paradoxe

Acteurs : Tony Curtis, Janet Leigh, Torin Thatcher, Angela Clarke, Stefan Schnabel, Ian Wolfe, Sig Ruman, Michael Pate…

Scénario : Philip Yordan d’après le livre de Harold Kellock

Photographie : Ernest Laszlo

Musique : Roy Webb

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

La carrière d’Houdini débute sur les champs de foire où ses tours de prestidigitation amusent les passants. Son succès et son talent lui ouvrent bientôt les portes de théâtres prestigieux. Marié à Bess, sa fidèle compagne, Houdini devient le plus célèbre magicien de son temps. Son spectacle s’enrichit de nouveaux tours. Mais son public l’admire surtout pour ses fabuleux numéros d’évasion. Houdini en invente sans cesse de plus spectaculaires et de plus risqués. D’un autre côté, il se passionne pour l’occultisme, allant jusqu’à croire que tous les événements importants de sa vie se sont produits le jour d’Halloween.

Réalisateur prolifique à qui l’on doit près de 200 films, courts, longs métrages et épisodes de séries télévisées mis en scène de 1916 à 1972, George Marshall (1891-1975) a fait ses classes durant le cinéma muet, principalement dans le domaine du western. Egalement auteur de comédies, genre dans lequel il dirigera les plus grands acteurs comme WC Fields, Laurel & Hardy, Jerry Lewis, Bob Hope, George Marshall reste aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artisans du cinéma hollywoodien. En 1953, il réalise l’un de ses films les plus célèbres, Houdini, plus connu en France sous le titre Houdini le grand magicien et confie le rôle-titre à un jeune comédien de 28 ans à la carrière très prometteuse, Tony Curtis. Biopic qui prend alors de grandes libertés avec la véritable histoire du célèbre magicien expert dans l’art de l’évasion, Houdini le grand magicien vaut surtout aujourd’hui pour le talent et la beauté de ses interprètes, ainsi que pour l’élégance des décors et de la réalisation au charme toujours intact.

En quelques années, Bernard Schwartz alias Tony Curtis (1925-2010) est passé de deuxième voire de troisième rôle (Pour toi j’ai tué de Robert Siodmak, Winchester ‘73 d’Anthony Mann, Kansas en feu de Ray Enright) à tête d’affiche (Le Voleur de Tanger de Rudolph Maté), puis nouvelle valeur montante valorisée par les studios, comme dans le formidable No Room for the Groom de Douglas Sirk en 1952. Tony Curtis sort du Fils d’Ali Baba de Kurt Neumann quand on lui propose d’interpréter Harry Houdini (1874-1926), magicien, précurseur, artiste ayant démarré dans une petite troupe foraine, qui devient très célèbre en défiant la mort jour après jour, dans des numéros extraordinaires et dangereux.

Forcément, pour son histoire au cinéma, les producteurs misent surtout sur le véritable couple glamour Tony Curtis – Janet Leigh, mariés depuis deux ans en mettant l’histoire d’amour en avant. L’alchimie est donc évidente, mais heureusement, George Marshall ne tombe pas dans la mièvrerie gratuite et montre un Houdini vivant à fond pour son art, prêt à tout pour repousser les limites et émerveiller les spectateurs, quitte à ne pas prendre en compte les conseils de sa propre épouse Bess. Cette dernière doit se rendre à l’évidence, elle passera toujours après la magie qui dévore littéralement son mari de jour comme de nuit.

George Marshall bénéficie du Technicolor et son film est très joliment photographié par Ernest Laszlo, talentueux chef opérateur qui venait de signer les magnifiques images du M de Joseph Losey, de Stalag 17 de Billy Wilder et La Lune était bleue d’Otto Preminger. Au sommet de sa carrière, le directeur de la photographie collaborera ensuite avec les plus grands, Robert Aldrich (Bronco Apache, Vera Cruz, En quatrième vitesse, Le Grand couteau), Stanley Kramer (Procès de singe, Jugement à Nuremberg) et Richard Fleischer (Bandido caballero, Le Voyage fantastique). Avec ses couleurs pastel, Houdini le grand magicien reste très plaisant à regarder et l’on se prend immédiatement d’affection pour le personnage principal, porté par sa passion, animé par l’envie de se lancer constamment des défis. Tony Curtis est impeccable dans la peau de Harry Houdini et exécute quelques tours avec une dextérité évidente et un charisme débordant. Le scénario de Philip Yordan (La Maison des étrangers, Johnny Guitare, La Lance brisée, L’Homme de la plaine), d’après l’oeuvre de Harold Kellock, se concentre sur les passages attendus de façon un peu sage, ce qui change par rapport à ses scénarios souvent à charge, mais se fond dans le moule hollywoodien pour faire avant tout plaisir aux spectateurs.


Un classique de l’âge d’or du cinéma américain, qui a largement contribué à populariser Tony Curtis et qui allait prendre – littéralement – son envol dans le fabuleux Trapèze de Carol Reed.

LE DVD

Nous continuons d’explorer le catalogue des Films du Paradoxe ! Un éditeur qui nous a confiés quelques-uns de ses titres sortis en DVD dont Le Souffle sauvage avec Gary Cooper et Barbara Stanwyck, Escale à Tokyo avec Lana Turner, Le Téléphone rouge avec Rock Hudson, Vacances à Paris avec Tony Curtis et bien d’autres. Le DVD de Houdini le grand magicien prend la forme d’un slim-digipack. Très élégant, cet objet se compose de trois photogrammes tirés du film. A l’intérieur, vous trouverez un petit catalogue indiquant les films disponibles chez Les Films du Paradoxe. Le menu principal est fixe et musical.

Pas de supplément.

L’Image et le son

Malgré un grain très prononcé, on ne peut qu’apprécier de (re)découvrir ce biopic sur Harry Houdini dans de belles conditions techniques. Le point fort de ce nouveau master restauré étant sans nul doute sa clarté retrouvée. La copie est très propre, stable, les couleurs éclatantes, même si l’ensemble tire trop souvent sur le rosé. Mais les contrastes sont bien gérés et les détails fort appréciables.

Seule la version originale (aux sous-titres français non imposés) est disponible sur cette édition. Les voix des comédiens demeurent claires et l’ensemble est dépourvu du moindre souffle.

Crédits images : © Les Films du Paradoxe / Paramount Pictures / Hollywood Classics International / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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