Test Blu-ray / L’Homme invisible apparaît & L’Homme invisible contre la mouche humaine, réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama

L’HOMME INVISIBLE APPARAÎT / L’HOMME INVISIBLE CONTRE LA MOUCHE HUMAINE (Tomei ningen arawaru + Tomei ningen to hae otoko) réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama, disponibles en Blu-ray le 16 juin 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Chizuru Kitagawa, Daijiro Natsukawa, Mitsusaburô Ramon, Ryunosuke Tsukigata, Kichijiro Ueda, Yoshiro Kitahara, Ryûji Shinagawa, Joji Tsurumi, Yoshihiro Hamaguchi, Bontaro Miake, Takiko Mizunoe, Shosaku Sugiyama, Kanji Koshiba, Junko Kano, Ikuko Mori, Shozo Nanbu…

Scénario : Hajime Takaiwa & Nobuo Adachi

Photographie : Hiroshi Murai & Hideo Ishimoto

Musique : Goro Nishi & Tokujiro Okubo

Durée : 1h22 & 1h36

Date de sortie initiale : 1949 & 1957

LES FILMS

Le professeur Nakazato doit départager ses deux meilleurs étudiants, qui travaillent tous deux sur le phénomène de l’invisibilité. Il déclare que celui qui réussira à rendre un objet invisible gagnera le duel. La rivalité entre les deux scientifiques, tous deux amoureux de la fille du professeur, augmente. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que le professeur travaille en secret depuis plus de dix ans sur l’invisibilité et qu’il a réussi à créer un sérum qui fonctionne. Il en fait la démonstration au président de la faculté, monsieur Kawabe. Celui-ci voit dans l’utilisation du sérum un moyen de commettre des méfaits et de voler de précieux bijoux. Il kidnappe le professeur, ainsi que l’un des scientifiques. Peu de temps après, une bijouterie reçoit la visite d’un homme portant des bandages sur le visage, qui essaye d’obtenir un précieux collier de diamants. Face au menace d’appeler la police de la part du directeur de la joaillerie, l’homme retire ses bandages, qui ne laissent rien apparaître en dessous ! L’homme invisible vient de faire son apparition. Le police mène l’enquête quand le second scientifique va tenter d’aider la fille du professeur à retrouver son père disparu…

Le capitaine de police Wakabayashi doit faire face à une multiplication de meurtres étranges, car aucun témoin n’a vu l’agresseur. Seul un bourdonnement de mouche semble avoir été entendu juste avant que le meurtrier frappe ses victimes d’un coup de poignard dans le dos. Sans aucun indice, l’enquête piétine. Les investigations de Wakabayashi l’amène à découvrir que certaines victimes avaient un point commun : elles ont toutes été à l’armée au même endroit et il semblerait que des expériences militaires avaient lieu à l’époque, visant à pouvoir réduire la taille d’un humain à celle d’une mouche. Wakabayashi se demande si ces meurtres ont également un point commun avec les expériences menées par le docteur Hawakaya sur un rayon pouvant rendre invisible des objets…

En 1933 aux États-Unis, L’Homme invisible The Invisible Man, adaptation du roman écrit par H. G. Wells en 1897 réalisée par James Whale est un événement doublé d’un triomphe mondial. Il faut néanmoins attente sept ans pour que parvienne la suite directe sur les écrans, mise en scène par Joe May, Le Retour de l’Homme invisibleThe Invisible Man Returns. Ce second opus de la franchise Universal Monsters – Invisible Man s’avère tout à fait digne du premier et saura relancer une saga qui comptera au final cinq films, six si l’on compte l’épisode parodique avec Abbott et Costello, Deux nigauds contre l’homme invisible, réalisé au début des années 1950. Mais c’était sans compter les ersatz et autres copies à travers le monde. C’est là qu’intervient L’Homme invisible apparaît, considéré comme le premier film de science-fiction japonais, sorti en 1949 et produit par la Daiei, dans l’espoir de divertir un public qui en a bien besoin après la Seconde Guerre mondiale (les américains sont d’ailleurs encore présents) et pourquoi pas au passage, élargir l’audience du cinéma nippon à travers la planète (même si finalement ce ne sera pas le cas). On doit ce petit bijou à Nobuo Adachi, dont il s’agit de la première mise en scène solo, épaulé ici par le maître des effets spéciaux Eiji Tsuburaya, co-créateur de Godzilla et d’Ultraman. S’il n’atteint pas la virtuosité du chef d’oeuvre de James Whale et même de sa merveilleuse première suite, L’Homme invisible apparaît n’a pas à rougir de la comparaison et s’en sort miraculeusement encore bien aujourd’hui, tant le film demeure divertissant. Certes, cet opus japonais est moins sombre que ses modèles américains, mais il n’en reste pas moins que l’aventure est au rendez-vous du début à la fin et que les effets visuels conservent encore un charme fou. Malgré le succès rencontré par cet Homme Invisible japonais, la Daiei attendra l’année 1957 pour offrir une (fausse) suite au public, L’homme invisible contre la mouche humaine, emballée cette fois par Mitsuo Murayama, qui cependant n’arrive pas à la cheville du précédent, qui n’a pas non plus la même ambition, en dehors de celle de remplir à nouveau les salles, quitte pour cela à lorgner sur la série B et le film d’exploitation.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / L’Homme invisible apparaît & L’Homme invisible contre la mouche humaine, réalisés par Nobuo Adachi et Mitsuo Murayama »

Test Blu-ray / Croisières sidérales, réalisé par André Zwobada

CROISIÈRES SIDÉRALES, réalisé par André Zwobada, disponible en combo Blu-ray/DVD le 24 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Madeleine Sologne, Jean Marchat, Julien Carette, Robert Arnoux, Simone Allain, Auguste Bovério, Violette Briet, Jean Dasté…

Scénario : Pierre Guerlais & Pierre Bost

Photographie : Jean Isnard

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1942

LE FILM

Françoise et son mari Roger sont deux scientifiques de renom qui se préparent pour le premier voyage dans la stratosphère. Mais la veille du départ, Roger est victime d’un accident. C’est alors un technicien qui le remplace au pied levé. Pendant le voyage, ce dernier commet une erreur qui projette la navette dans l’espace. De retour sur Terre, le duo a vieilli de 25 ans.

Vous n’êtes pas prêt pour découvrir Croisières sidérales ! En voyant ce film, certains se diront « ah bah en fait Christopher Nolan n’a rien inventé… » ! Bien sûr que non, car avant Interstellar (2014), il y a eu Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà (1997) de Paul W.S. Anderson, avec lequel il possède quelques coïncidences troublantes (y compris une scène copiée/collée liée au trou noir) et même encore plus loin dans le temps, plus d’un demi-siècle en arrière, il y avait donc ces Croisières sidérales, qui parlaient déjà de la relativité du temps, premier long-métrage à évoquer le Paradoxe de Langevin ou paradoxe des Jumeaux. On doit ce film de science-fiction à André Zwobada (1910-1994), inconnu au bataillon, mais qui possède pourtant un bagage impressionnant. Ancien assistant de Jean Renoir ( La Règle du jeu) et d’André Berthomieu (Le Mort en fuite, L’Amant de madame Vidal, Le Secret de Polichinelle), il passe à la mise en scène en 1936 avec La Vie est à nous, film collectif de propagande du Parti Communiste, coréalisé entre autres avec Jacques Becker, Henri Cartier-Bresson, Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois. Six ans plus tard, il se retrouve aux manettes du seul opus de science-fiction français mis en scène sous l’Occupation. Tourné en novembre 1941 aux studios d’Epinay-sur-Seine, Croisières sidérales se fonde, comme un carton l’indique en introduction, sur « une idée scientifique exacte ». Certes, mais les scénaristes Pierre Guerlais (dont l’oeuvre reste plutôt obscure) et Pierre Bost (grand collaborateur de Claude Autant-Lara, Jean Delannoy et de René Clément) brodent des enjeux, des quiproquos, des répliques et des rebondissements bien « français ». Ceci d’autant plus que l’on peut trouver en parallèle quelques éléments rappelant la situation de l’Hexagone sous le joug Allemand. En l’état, Croisières sidérales est un des divertissements les plus étranges, pour ne pas dire bizarroïdes, que vous pourrez voir si vous parvenez à lui accorder 90 minutes de votre temps. Ne serait-ce que pour apprécier le légendaire Julien Carette jeter sa clope par le hublot de son engin volant, créant ainsi une aspiration inattendue et donc un passage dans quelques couloirs du temps, Croisières sidérales vaut assurément le coup d’oeil du cinéphile.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Croisières sidérales, réalisé par André Zwobada »

Test 4K UHD / Greenland 2 – Migration, réalisé par Ric Roman Waugh

GREENLAND 2 – MIGRATION (Greenland 2: Migration) réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 15 mai 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis, Sophie Thompson, Amber Rose Revah, Rachael Evelyn, Tommie Earl Jenkins, William Abadie…

Scénario : Mitchell LaFortune & Chris Sparling

Photographie : Martin Ahlgren

Musique : David Buckley

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

5 ans après qu’un astéroïde ait frappé la Terre, les survivants essayent de continuer à vivre. La famille Garrity est dans un bunker souterrain de l’armée, au Groenland, avec une centaine d’autres personnes. Mais suite à un tremblement de terre qui détruit le bunker, ils sont contraints de fuir et décident de rejoindre le cratère Clark, au sud de la France qui offrirait un environnement naturel propice à un nouveau départ pour l’humanité…

Franchement, on ne s’attendait pas à se retrouver devant une suite de Greenland – Le Dernier refuge, qui était pour nous le blockbuster de cette fâcheuse année 2020, dans lequel Gerard Butler (qui remplaçait alors Chris Evans) livrait une solide performance et trouvait incontestablement ici l’un de ses plus beaux rôles. Privé d’une sortie dans les salles aux États-Unis en raison de la pandémie, Greenland – Le Dernier refuge avait remporté pas loin de 35 millions de dollars grâce à la VOD sur le marché américain, tandis que le reste du monde pouvait l’accueillir dans les cinémas, où il allait réaliser un score très honorable et ce en dépit des restrictions, pass-sanitaires et autres autorisations à remplir. La France était d’ailleurs le pays où le film avait été le mieux accueilli avec pas loin de 600.000 entrées. Cinq ans plus tard, le metteur en scène Ric Roman Waugh, Gerard Butler et Morena Baccarin remettent le couvert avec Greenland 2 – Migration, qui apparemment avait été annoncé dès 2021. Avec un budget bien plus conséquent que pour le premier volet (on parle ici de 90 millions de dollars, hors frais promotionnels), le film s’est planté partout où il est passé, ne récoltant en tout et pour tout que 45 millions de dollars dans le monde…Pour faire simple et direct, Greenland 2 – Migration n’arrive pas à la cheville du premier épisode et s’avère complètement anecdotique. Néanmoins, le film existe, les acteurs sont une fois de plus très bien, la réalisation est propre, les effets visuels réussis…mais les enjeux sont cette fois totalement réduits à un simple road-movie durant lequel il ne se passe pas grand-chose. Ça passe, mais limite. Bien, mais pas top, comme la moyenne de Patrick Humphrey Tiburce Bialès à l’école de police.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Greenland 2 – Migration, réalisé par Ric Roman Waugh »

Test 4K UHD / 2019 après la chute de New York, réalisé par Sergio Martino

2019 APRÈS LA CHUTE DE NEW YORK (2019 – Dopo la caduta di New York) réalisé par Sergio Martino, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray chez Pulse Vidéo.

Acteurs : Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Anna Kanakis, Romano Puppo, Paolo Maria Scalondro, Luigi D’Ecclesia, Edmund Purdom, Serge Feuillard…

Scénario : Ernesto Gastaldi, Sergio Martino & Gabriel Rossini

Photographie : Giancarlo Ferrando

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h35

Année de sortie : 1983

LE FILM

La troisième guerre mondiale a eu lieu. Le souffle de l’atome a ravagé la planète Terre et l’humanité devenue stérile, n’a plus d’avenir. Un aventurier nommé Parsifal va pénétrer dans un New York dévasté pour un y trouver la dernière femme en état de procréer. Mais dans les ruines de la mégapole, les dangers sont nombreux et la mission ne sera pas de tout repos.

Nous sommes en 2019 à New York. Mais avant cela, d’autres dystopies avaient prévu un autre futur. 2019, c’est aussi l’année durant laquelle se déroule Akira de Katsuhiro Ōtomo (1988), The Island (2005) de Michael Bay et Blade Runner (1984) de Ridley Scott. 2019 après la chute de New York doit beaucoup (euphémisme) à la trilogie Mad Max de George Miller, en particulier le deuxième opus et bien sûr à New-York 1997Escape from New York de John Carpenter, avec une petite touche de Star Wars. C’est de l’autre côté des Alpes que ce caro Sergio Martino – sous le pseudo de Martin Dolman – décide de se lancer dans la science-fiction, en surfant sur la vague post-nuke, mais en faisant en sorte que rien ne laisse transparaître que le film a été en grande partie réalisé en Italie. 2019 – Dopo la caduta di New York est un nanar pur et dur, pour lequel les spectateurs ont toujours eu une grande affection, parce que le réalisateur croit en ce qu’il fait et que cela participe mine de rien à sa réussite. Car le spectacle est assuré et si l’on rit plus de raison, quand bien même le metteur en scène était loin de se douter de ce genre de réaction en le faisant, cela ne se fait jamais avec mépris.2019 après la chute de New York est emballé par Sergio Martino, qui depuis le début des années 1980 s’adonne principalement à la comédie, voire à la comédie-érotique aux titres qui vendent du rêve (Les Zizis baladeurs, Sucre, Miel et Piment, Spaghetti a mezzanotte, Croissants à la crème…). 2019 – Dopo la caduta di New York pioche donc par ci par là, comme le cinéma d’exploitation “spaghetti” l’a toujours fait sans vergogne et ceci très souvent pour notre plus grand plaisir. Sergio Martino est malin, il ne laisse aucun répit aux spectateurs pour se rendre compte de la supercherie du scénario. Cependant, son film date de 1983 et annonce étrangement, toutes proportions gardées bien sûr, Les Fils de l’homme de P.D. James, écrit en 1992, dans lequel, dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, une femme parvenait à tomber enceinte, un fait qui ne s’est pas produit depuis une vingtaine d’années, devenant ainsi par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Dans cette histoire aussi, un homme se voyait chargé de sa protection. Avouez qu’il y a de quoi se poser des questions tout de même ! Raison de plus pour se refaire une bonne soirée bière-pizza devant ce divertissement haut de gamme !

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / 2019 après la chute de New York, réalisé par Sergio Martino »

Test Blu-ray / Project X, réalisé par William Castle

PROJECT X réalisé par William Castle, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 décembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Christopher George, Greta Baldwin, Henry Jones, Monte Markham, Harold Gould, Phillip Pine, Lee Delano, Ivan Bonar…

Scénario : Edmund Morris, d’après les romans de Leslie P. Davies

Photographie : Harold E. Stine

Musique : Van Cleave

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

2118, un agent du gouvernement en mission en Asie prévient les États-Unis que le bloc occidental sera détruit quatorze jours plus tard. On le retrouve finalement inconscient et amnésique. Des scientifiques congèlent son corps et lui donne l’identité d’un voleur de banques de l’année 1968. Toutes les nuits, avec opiniâtreté, ils explorent son cerveau dans l’espoir qu’il finisse par se souvenir du message qu’il avait à transmettre à ses supérieurs.…

Quel film se cache sous ce titre mystérieux, Project X ? Celui-ci est réalisé en 1968 par le prolifique William Schloss, connu sous le pseudonyme de William Castle (1914-1977), connu pour Tuer n’est pas jouerI Saw What You Did (à ne pas confondre avec le premier James Bond de Timothy Dalton), La Nuit de tous les mystères – House of Haunted Hill, La Bataille de Rogue River – The Battle of Rogue River ou bien encore le sympathique western Duel sur le MississippiDuel on the Mississippi. Grand spécialiste de la série B, solide artisan de la Columbia et producteur malin qui a toujours su suivre et répondre aux goûts des spectateurs, William Castle en viendra même à produire Rosemary’s Baby et à mettre en scène des films d’horreur (13 Ghosts, Macabre, La Meurtrière diabolique). Project X est l’avant-dernier long-métrage du cinéaste, un opus de science-fiction indépendant, distribué par la prestigieuse Paramount Pictures, adapté de deux romans, The Artificial Man et Psychogeist de L. P. Davies. C’est le scénariste Edmund Morris, formé à la télévision sur moult séries policières des années 1950, puis de western la décennie suivante, qui se charge de cette double transposition. Pour l’une de ses rares incursions au cinéma, on peut aussi citer le mythique Walk on the Wild SideLa Rue chaude d’Edward Dmytryk, ils’en tire fort honorablement et surfe à la fois sur le côté espionnage, alors en pleine effervescence avec la saga James Bond, et SF, alors que 2001, l’odyssée de l’espace triomphait dans le monde entier. Comme souvent avec ce genre de petit bijou de genre, oublié durant de longues années, on redécouvre à quel point Project X posait quelques miettes, de petites bases de la science-fiction à venir sur le petit comme sur le grand écran, en évoquant la manipulation des rêves comme Le Monde sur le filWelt am Draht, minisérie réalisée par Rainer Werner Fassbinder en 1973, Total Recall de Paul Verhoeven et (bien plus tard) Inception de Christopher Nolan, la réalité virtuelle de Dark City d’Alex Proyas, de Matrix des Wachowski et de Passé VirtuelThe Thirteenth Floor de Josef Rusnak, Nirvana de Gabriele Salvatores et bien d’autres. Autrement dit, Project X en a sérieusement sous le capot, conserve un charme rétro (les costumes du futur qui font penser à des pyjamas pilou pilou, les portes automatiques qui font « ppschiiit ») et contient son lot de scènes particulièrement impressionnantes quand le récit plonge les spectateurs dans les méandres du cerveau de son personnage principal. Un spectacle toujours aussi rafraîchissant.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Project X, réalisé par William Castle »

Test Blu-ray / Liquid Sky, réalisé par Slava Tsukerman

LIQUID SKY réalisé par Slava Tsukerman, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Anne Carlisle, Paula E. Sheppard, Susan Doukas, Otto von Wernherr, Bob Brady, Elaine C. Grove, Stanley Knapp, Jack Adalist…

Scénario : Slava Tsukerman, Anne Carlisle & Nina V. Kerova

Photographie : Yuri Neyman

Musique : Brenda I. Hutchinson, Clive Smith & Slava Tsukerman

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Dans le New-York branché du début des années 1980, Margaret est mannequin et vit chez son amie Adrian, musicienne électro rêvant d’un succès international. Dans leur quotidien évolue Jimmy, mannequin homme, qui partage leur attirance pour l’héroïne, ainsi que la mère de Jimmy qui tente de séduire un prétendu scientifique est-allemand venu étudier les extra-terrestres qui se sont posés au-dessus de l’appartement d’Adrian afin de se gaver des drogues sécrétées par le cerveau humain durant l’orgasme, opération ayant pour effet secondaire la mort du sujet. Les orgasmes étant nombreux au domicile d’Adrian, les morts le deviennent en proportion. À l’inverse de ses partenaires, Margaret ne meurt pas, étant frigide. Mais voulant connaître l’orgasme, elle s’injecte de l’héroïne et meurt à son tour de par le fait des extra-terrestres.

Si vous n’avez jamais pris de drogue (on l’espère pour vous hein) et que vous voulez connaître au moins une fois ce que certaines substances chimiques peuvent faire à votre cerveau et vous faire (faussement) ressentir, alors Liquid Sky est fait pour vous. Nous sommes ici en pleine science-fiction, indépendante, donc autant vous dire que les moyens sont très limités et l’on parle même d’un budget de seulement 500.000 dollars. Contre toute attente, Liquid Sky deviendra le film « indé » le plus rentable de l’année 1983, en engrangeant près de deux millions de billets verts américains dans le monde. Si vous désirez réaliser un trip doublé d’un voyage dans le temps, placez-vous confortablement devant votre écran et plongez dans Liquid Sky, considéré comme ayant influencé un mouvement musical apparu au début des années 2000, à Brooklyn, mais aussi dans différentes capitales européennes (de Londres à Paris, en passant par Berlin), appelé Electroclash. Il y a de tout dans Liquid Sky, et pourtant on serait tenté de dire qu’il n’y a rien, ou presque. Ce premier long-métrage réalisé par Slava Tsukerman est un fourre-tout complètement dingue de ce que l’on pouvait trouver dans le milieu underground punk et new wave, avec toutes les couleurs fluorescentes, les coupes improbables et les maquillages à la truelle que cela comporte. LA grande révélation de ce coup d’essai est incontestablement Anne Carlisle, dans sa première apparition au cinéma, que l’on reverra peu par la suite, mais qui marquera certains films (Recherche Susan désespérément, Crocodile Dundee), et qui deviendra art-thérapeute. Son charisme rare, son talent inné, ses jambes interminables et son look androgyne font la substantifique moelle de Liquid Sky, qui sans elle ne serait rien d’autres qu’une succession de séquences (interminables et bavardes) qui n’ont ni queue ni tête. Il faut souvent s’armer de patience pour aller jusqu’au bout de ce délire coloré et nawak, qui ne mène nulle part et qui se termine d’ailleurs en eau de boudin, mais rien que pour la (double) présence explosive d’Anne Carlisle, parfaite dans son double rôle, Liquid Sky mérite d’être vu au moins une fois dans sa vie de cinéphile.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Liquid Sky, réalisé par Slava Tsukerman »

Test DVD / Un monde merveilleux, réalisé par Giulio Callegari

UN MONDE MERVEILLEUX réalisé par Giulio Callegari, disponible en DVD le 16 septembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Blanche Gardin, Angélique Flaugère, Laly Mercier, Lucie Guien, Édouard Sulpice, Georgia Scalliet, Xavier Lacaille, Yanisse Kebbab, Jérémy Sanagheal…

Scénario : Giulio Callegari

Photographie : Aurélien Marra

Musique : William Serfass

Durée : 1h15

Année de sortie : 2025

LE FILM

Dans un futur proche où les humains dépendent des robots, une ancienne prof, remplacée par un robot, totalement réfractaire à la technologie, vivote avec sa fille grâce à des petites combines. Elle a un plan : kidnapper un robot dernier cri, T- O, pour le revendre en pièces détachées. Mais tout dérape. Flanquée de ce robot qui l’exaspère, elle s’embarque dans une course-poursuite pour retrouver sa fille et prouver qu’il reste un peu d’humanité dans ce monde.

Le genre est suffisamment rare en France pour qu’on se penche sur Un monde merveilleux, premier long-métrage de Giulio Callegari, jusqu’à présent scénariste (Selfie, Validé, Terminal). Pour un coup d’essai, c’est une belle réussite, par ailleurs saluée à travers de nombreux festivals internationaux, de Hong Kong à Saint-Jean-de-Luz, en passant par Singapour et Mâcon, jusqu’aux États-Unis. Le nouveau réalisateur retrouve Blanche Gardin, présente à l’affiche de Selfie et la plonge dans un futur « un peu trop proche », où les robots ont pris place dans la vie quotidienne des êtres humains. Du moins dans certains pays. C’est le cas de la France, où on les trouve partout. Mais certains ont encore beaucoup de mal à cohabiter avec ces êtres de métal et d’électronique, d’autant plus que l’intelligence artificielle a fait des bonds de géant en peu de temps. C’est le cas de Max. Un jour, celle-ci et sa fille Paula, déguisée en garçon, entrent dans une maison de repos, s’annonçant sous une fausse identité, où elles prétendent rendre visite à un proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Elles réussissent en fait à dérober un robot assistant, programmé sur la fonction médicale, en le déguisant avec un manteau et l’embarquant sur un fauteuil roulant. Mais une fois chez un revendeur, celui-ci refuse de le leur acheter, car il s’agit d’un vieux modèle, le T-0 (Théo), alors que la dernière génération est au T-5. Elles doivent alors garder Théo avec elles, décidant de l’embarquer dans leurs petits larcins, ce qui ne va pas aller sans poser de problèmes. Petit film de science-fiction dont l’intrigue se trouve resserrée sur 70 minutes (on ne va pas se plaindre), Un monde merveilleux pâtit sans doute d’un flagrant manque de moyens, mais regorge d’idées on ne peut plus sympathiques et pertinentes et s’avère au final une fable contemporaine ambitieuse, qui a des choses à dire, qui le fait bien et qui divertit tout en même temps. Un coup de coeur.

Continuer la lecture de « Test DVD / Un monde merveilleux, réalisé par Giulio Callegari »

Test Blu-ray / Dans la poussière des étoiles, réalisé par Gottfried Kolditz

DANS LA POUSSIÈRE DES ÉTOILES (Im Staub der Sterne) réalisé par Gottfried Kolditz, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre le 3 décembre 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Jana Brejchová, Alfred Struwe, Ekkehard Schall, Milan Beli, Silvia Popovici, Violeta Andrei, Leon Niemczyk, Regine Heintze…

Scénario : Joachim Hellwig & Gottfried Kolditz

Photographie : Peter Süring

Musique : Karl-Ernst Sasse

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Ayant reçu un appel de détresse provenant de la planète TEM4, le vaisseau spatial Cyrno parvient à s’y rendre, non sans difficultés. Sur place, on fait comprendre à l’équipage qu’il s’agissait d’une erreur. Le chef de la planète invite alors tous les membres du Cyrno à une fête. Seul Suko reste méfiant, et à juste titre : les mines de TEM4 ont besoin d’esclaves…

« Dans la poussière d’étoiles » chantait Jasmine à Aladdin sur le tapis volant…Mais une quinzaine d’années auparavant, dans une autre partie du monde, un autre rêve, non pas bleu, mais rouge, débarquait au cinéma, Dans la poussière des étoiles donc, ultime film de science-fiction allemand produit par la légendaire DEFA. Si l’étoile rouge à cinq branches reste le symbole des États communistes, celles explorées dans cette superproduction est-allemande par Gottfried Kolditz (1922-1982) sont bel et bien celles de l’espace. Déjà à l’oeuvre sur Signal, une aventure dans l’espace Signale – Ein Weltraumabenteuer, le réalisateur s’en sort beaucoup mieux, quand bien même les effets spéciaux s’avèrent ici limités. On retrouve par ailleurs les mêmes tares, à savoir des acteurs peu charismatiques, un rythme lent, mais cette fois la pilule passe, sans doute en raison de certaines scènes psychédéliques à la limite du nanar, des coupes de cheveux et des costumes invraisemblables (les pattes d’eph dans l’espace, c’est quelque chose!), mais aussi et contre toute attente grâce à son scénario généreux en rebondissements et en nawak complètement assumé. Si la dernière partie traîne un peu en longueur, Dans la poussière des étoiles est un divertissement désuet qui ne manque pas de charme.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Dans la poussière des étoiles, réalisé par Gottfried Kolditz »

Test Blu-ray / Eolomea, réalisé par Herrmann Zschoche

EOLOMEA réalisé par Herrmann Zschoche, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre le 3 décembre 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Cox Habbema, Ivan Andonov, Rolf Hoppe, Vsevolod Sanaev, Petar Slabakov, Wolfgang Greese, Holger Mahlich, Benjamin Besson…

Scénario : Willi Brückner, d’après le roman d’Angel Wagenstein

Photographie : Günter Jaeuthe

Musique : Günther Fischer

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Dans un futur proche, les hommes ont colonisé la Lune et d’autres étoiles. La station Margot est le centre de relais le plus important de ces colonies. Un jour, huit astronefs partis en exploration disparaissent, et la liaison avec la station est rompue. Après avoir reçu un message codé déclarant « Eolomea », le professeur Maria Scholl, représentant le Conseil Suprême, ordonne un couvre-feu pour tous les vaisseaux, et se rend elle-même sur Margot pour découvrir ce qui se passe.

Après L’Étoile du silence Der schweigende Stern (1960) de Kurt Maetzig et Signal, une aventure dans l’espace Signale – Ein Weltraumabenteuer (1970) de Gottfried Kolditz, la science-fiction allemande n’avait pas dit son dernier mot. Pour preuve, en 1972 débarque Eolomea, réalisé par Herrmann Zschoche, qui prend les manettes de cette grosse production de science-fiction tournée en 70mm. Malheureusement, nous sommes loin de la réussite de la sympathique Étoile du silence et donc plus proche du lénifiant Signal, une aventure de l’espace. La raison? Beaucoup de blablas, une abondance de dialogues qui s’étirent et qui s’avèrent souvent étranges (en bref, qui évoquent une certaine idéologie, sans la nommer ouvertement, mais qui n’en pense pas moins), des répliques hermétiques récitées par des comédiens sans véritable charisme (les coiffures et les costumes n’arrangent rien), qui prennent l’air sérieux, en pensant donner le change. Mais rien n’y fait, on s’ennuie devant Eolomea, dont le charme des effets spéciaux demeure malgré tout, mais qui se perd dans un premier degré qui fait plus bâiller que rire. Dommage…

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Eolomea, réalisé par Herrmann Zschoche »

Test DVD / Pendant ce temps sur Terre, réalisé par Jérémy Clapin

PENDANT CE TEMPS SUR TERRE réalisé par Jérémy Clapin, disponible en DVD et Blu-ray le 5 novembre 2024 chez Diaphana.

Acteurs : Megan Northam, Sofia Lesaffre, Catherine Salée, Sam Louwyck, Roman Williams, Yoann Thibaut Mathias, Arcadi Radeff, Sabine Timoteo…

Scénario : Jérémy Clapin

Photographie : Robrecht Heyvaert

Musique : Dan Levy

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Elsa, 23 ans, a toujours été très proche de son frère aîné Franck, spationaute disparu mystérieusement 3 ans plus tôt au cours d’une mission spatiale. Un jour, elle est contactée depuis l’espace par une forme de vie inconnue qui prétend pouvoir ramener son frère sur terre. Mais il y a un prix a payer…

Révélé en 2019 avec J’ai perdu mon corps, succès international, nommé et/ou récompensé à travers le monde (Grand prix de la Semaine de la critique à Cannes, nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation), lauréat du César du meilleur long-métrage d’animation et de la meilleure musique originale, le réalisateur Jérémy Clapin (né en 1974) revient au cinéma avec Pendant ce temps sur Terre. Si nous retrouvons cette fois encore quelques séquences animées, qui représentent les souvenirs ou le dialogue intérieur du personnage principal avec son frère disparu, ce second long-métrage ne manque assurément pas d’ambition et s’avère même l’une des plus grandes expériences sensorielles de 2024. S’il a très divisé la critique et les spectateurs, Pendant ce temps sur Terre confirme pourtant l’immense talent de son metteur en scène, délicat conteur, qui explore à nouveau le thème du deuil impossible, ici la perte, non pas d’une main, mais celle d’un frère aîné, dont la disparition va évidemment bouleverser le quotidien, la vie d’Elsa. Un film redoutablement immersif et ce dès les premières notes de la musique planante et envoûtante signée Dan Levy (le groupe The Dø, déjà à l’oeuvre sur J’ai perdu mon corps), qui nous agrippe du début à la fin, nous happe et participe à l’impression d’hypnose qui nous bouleverse le coeur et l’âme durant 80 minutes. Si l’on ajoute à cela l’une des plus belles révélations de l’année en la présence de Megan Northam (aperçue dans Robuste de Constance Meyer, Les Passagers de la nuit de Mikhaël Hers et la série de Cédric Klapisch, Salade grecque), présente dans tous les plans, Pendant ce temps sur Terre impose définitivement Jérémy Clapin comme un auteur précieux à suivre de près.

Continuer la lecture de « Test DVD / Pendant ce temps sur Terre, réalisé par Jérémy Clapin »