Test Blu-ray / Iron Claw, réalisé par Sean Durkin

IRON CLAW (The Iron Claw) réalisé par Sean Durkin, disponible en DVD & Blu-ray le 7 juin 2024 chez Metropolitan Vidéo.

Acteurs : Zac Efron, Harris Dickinson, Jeremy Allen White, Holt McCallany, Maura Tierney, Grady Wilson, Valentine Newcomer, Stanley Simons…

Scénario : Sean Durkin

Photographie : Mátyás Erdély

Musique : Richard Reed Parry

Durée : 2h11

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Les inséparables frères Von Erich ont marqué l’histoire du catch professionnel du début des années 80. Entraînés de main de fer par un père tyrannique, ils vont devoir se battre sur le ring et dans leur vie.

En 2011, le canadien Sean Durkin crée l’évènement avec son premier long-métrage, l’exceptionnel Martha Marcy May Marlene, Prix de la mise en scène au Festival du film de Sundance et révélait par la même occasion la sublime Elizabeth Olsen. Depuis, le réalisateur n’a eu de cesse de créer son chemin avec la série Southcliffe et son second film The Nest (2019), thriller dramatique interprété par Jude Law et Carrie Coon. Iron Claw aura demandé plusieurs années de gestation et on peut même dire qu’il s’agit d’un projet mûri depuis toujours, étant donné que Sean Durkin est non seulement un passionné de catch, mais aussi et surtout de la famille Von Erich depuis son enfance. Autant dire que la tentation d’écrire et de mettre en scène un film sur ce sujet le titillait, ce qui est désormais chose faite. Iron Claw, ou The Iron Claw en version originale, est un drame sportif magnifique, soutenu par des acteurs virtuoses et en état de grâce, magistralement dirigés et qui livrent une interprétation aussi viscérale sur le plan physique que dramatique. Sur cette distribution quatre étoiles, l’excellent Zac Efron livre sans doute sa plus grande prestation. Métamorphosé, pour ne pas dire méconnaissable, le comédien se donne corps et âme dans le rôle de Kevin Von Erich, alias Kevin Ross Adkisson, fils du catcheur Fritz Von Erich et frère de David, Kerry, Mike et Chris, tous pratiquant le même sport et soudés aussi bien en dehors que sur le ring. Iron Claw s’inscrit dans la droite lignée de The Wrestler (2008) de Darren Aronofsky et Foxcatcher (2014) de Bennett Miller, mais également du premier Rocky (1976) et de Raging Bull (1980), en démontant le mythe du rêve américain, en montrant le coeur qui bat sous les grosses carcasses, les larmes qui coulent (même si un homme digne de ce nom ne saurait chialer) de ces bestiaux vêtus d’un simple slip et qui montrent que malgré l’adversité, the show must go on. Assurément l’un des grands films de 2024.

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Test Blu-ray / Priscilla, réalisé par Sofia Coppola

PRISCILLA réalisé par Sofia Coppola, disponible en DVD et Blu-ray le 3 mai 2024 chez ARP Sélection.

Avec :  Cailee Spaeny, Jacob Elordi, Ari Cohen, Dagmara Dominczyk, Tim Post, Lynne Griffin, Dan Beirne, Rodrigo Fernandez-Stoll…

Scénario : Sofia Coppola, d’après le livre Elvis et moi de Priscilla Presley

Photographie : Philippe Le Sourd

Musique : Phoenix

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Quand Priscilla rencontre Elvis, elle est collégienne. Lui, à vingt-quatre ans, est déjà une star mondiale. De leur idylle secrète à leur mariage iconique, Sofia Coppola dresse le portrait de Priscilla, une adolescente effacée qui lentement se réveillera de son conte de fées pour prendre sa vie en main.

C’est une histoire qui revenait de droit à Sofia Coppola et qui s’intègre parfaitement dans sa filmographie. Priscilla est un biopic, celui consacré à Priscilla Presley, compagne (évidemment) du King et mère de sa fille Lisa Marie (décédée en 2023 à l’âge de 54 ans), un nouveau portrait de femme, un autre récit d’émancipation. La critique n’a pas été tendre avec Priscilla, aussi bien de la part des professionnels que des spectateurs. Pourtant, ce drame biographique s’avère bien plus réussi et intéressant que The Bling Ring, le plus mauvais film de son auteure, le vide absolu, qui avait été porté par des avis dithyrambiques. On est ici entre Marie-Antoinette et Somewhere, avec une adolescente de 14 ans (comme Marie-Antoinette quand elle épouse le dauphin Louis) qui se retrouve littéralement prise au piège par un ogre et enfermée dans une maison de poupée où celle-ci doit attendre d’être manipulée avec des épingles par le vaudou qui la retient, la fascine, l’entraîne dans un (faux) conte de fées. Basé sur les mémoires de Priscilla Presley, Elvis and Me, le huitième long-métrage de Sofia Coppola est un film sur l’attente, sur l’emprise, sur la frustration, sur l’ennui, des thèmes (pour ne pas dire des obsessions) déjà abordés et par ailleurs récurrents chez la cinéaste, qui signe une nouvelle grande réussite à son palmarès.

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Test Blu-ray / Race for Glory, réalisé par Stefano Mordini

RACE FOR GLORY (Audi Vs Lancia) réalisé par Stefano Mordini, disponible en DVD & Blu-ray le 7 juin 2024 chez Metropolitan Vidéo.

Acteurs : Riccardo Scamarcio, Daniel Brühl, Katie Clarkson-Hill, Volker Bruch, Esther Garrel, Bruno Gouery, Carlotta Verny, Jacopo Rampini…

Scénario : Filippo Bologna, Stefano Mordini & Riccardo Scamarcio

Photographie : Luigi Martinucci

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

1983, la rivalité est à son paroxysme, entre l’écurie italienne Lancia, dirigée par le charismatique Cesare Fiorio et la puissante équipe allemande Audi, dirigée par le redoutable Roland Gumpert. Mais, c’est sur le terrain, pilotées respectivement par Walter Röhrl et Hannu Mikkola, que leurs voitures : la Lancia Rally 037 et l’Audi Quattro, les départageront durant un championnat du monde des rallyes devenu légendaire.

Entre le sport automobile et le cinéma, ça n’a jamais vraiment été une histoire d’amour et rares sont les films traitant ce sujet qui sont véritablement passés à la postérité. On peut citer en vrac Grand Prix (1966) de John Frankenheimer, Virages (1969) de James Goldstone, Le Mans (1971) de Lee H. Katzin, Gonflés à bloc (1969) de Ken Annakin, Jours de tonnerre (1990) de Tony Scott, Driven (2001) de Renny Harlin, Michel Vaillant (2003) de Louis-Pascal Couvelaire, Speed Racer (2008) des sœurs Wachowski, Rush (2013) de Ron Howard et Gran Turismo (2023) de Neill Blomkamp. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, on en oublie évidemment certains. Même l’Italie vient de livrer son opus, Race for Glory, surfant probablement sur le beau succès rencontré par Le Mans 66 (2019) de James Mangold, y compris dans son titre original, Audi Vs Lancia. Projet mené du début à la fin par le comédien Riccardo Scamarcio, qui officie ici comme interprète principal, coscénariste et coproducteur, Race for Glory rappelle parfois le côté opportuniste du cinéma d’exploitation des années 1970-80, qui recopiait les succès étrangers, passés à la sauce pesto. Audi Vs Lancia n’a rien de déshonorant, s’avère même sympathique à plus d’un titre, patine certes au niveau de sa mise en scène, mais repose sur des acteurs attachants et une histoire certes très classique (et essentiellement tirée de faits réels), mais bien menée et divertissante.

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Test Blu-ray / L’Abbé Pierre: Une vie de combats, réalisé par Frédéric Tellier

L’ABBÉ PIERRE: UNE VIE DE COMBATS réalisé par Frédéric Tellier, disponible en DVD & Blu-ray le 7 mars 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot, Michel Vuillermoz, Antoine Laurent, Alain Sachs, Leïla Muse, Malik Amraoui, Chloé Stefani…

Scénario : Frédéric Tellier & Olivier Gorce

Photographie : Renaud Chassaing

Musique : Bryce Dessner

Durée : 2h18

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Né dans une famille aisée, Henri Grouès a été à la fois résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. Des bancs de l’Assemblée nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son engagement auprès des plus faibles lui a valu une renommée internationale. La création d’Emmaüs et le raz de marée de son inoubliable appel de l’hiver 54 ont fait de lui une icône. Pourtant, chaque jour, il a douté de son action. Ses fragilités, ses souffrances, sa vie intime à peine crédibles sont restées inconnues du grand public. Révolté par la misère et les injustices, souvent critiqué, parfois trahi, Henri Grouès a eu mille vies et a mené mille combats. Il a marqué l’Histoire sous le nom qu’il s’était choisi : l’Abbé Pierre.

Était-ce bien raisonnable ? 35 ans après Hiver 54, l’abbé Pierre de Denis Amar, grand succès de l’année 1989 avec plus d’1,6 million d’entrées, qui vaudra à son interprète Lambert Wilson d’être récompensé par le prix Jean-Gabin et d’être à nouveau nommé aux César, le cinéma français s’empare de l’histoire du célèbre prêtre. Cette fois, il s’agit de toute sa vie passée au crible dans L’Abbé Pierre : une vie de combats, un vrai biopic donc, tourné avec un budget confortable de 15 millions d’euros, pour passer en revue sept décennies, en gros de 1937 (quand l’abbé a 25 ans) jusqu’à sa mort en janvier 2007. À la barre, l’excellent Frédéric Tellier, révélé en 2014 avec L’Affaire SK1, qui a ensuite largement confirmé avec Sauver ou périr quatre ans plus tard et Goliath en 2022. Mais L’Abbé Pierre : une vie de combats ne fonctionne malheureusement pas et tombe dans le piège de la page Wikipédia illustrée, comme bon nombre de films du genre. S’il n’y a évidemment rien à redire sur la prestation de Benjamin Lavernhe, comme d’habitude parfait, c’est tout le reste qui peine à convaincre, ennuie et ce n’est pas l’absence de rythme qui aide à aller au bout de ces très longues 135 minutes. Les spectateurs ont été peu enthousiastes face à ce drame « historique », le film ayant fait ni plus ni moins deux fois moins d’entrées qu’Hiver 54. Un échec on ne va pas dire « mérité », mais tout du moins peu étonnant.

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Test DVD / Jeanne du Barry, réalisé par Maïwenn

JEANNE DU BARRY réalisé par Maïwenn, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 20 septembre2023 chez Le Pacte.

Acteurs : Maïwenn Le Besco, Johnny Depp, Benjamin Lavernhe, Melvil Poupaud, Robin Renucci, Pierre Richard, Marianne Basler, Pascal Greggory…

Scénario : Maïwenn Le Besco, Teddy Lussi-Modeste & Nicolas Livecchi

Photographie : Laurent Dailland

Musique : Stephen Warbeck

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Jeanne Gomard de Vaubernier, une jeune femme d’origine modeste, cherche à s’élever socialement en utilisant ses charmes. Son mari, le comte Du Barry, qui s’enrichit largement grâce aux galanteries lucratives de Jeanne, la présente au Roi, avec l’aide du duc de Richelieu. Le Roi s’éprend de sa nouvelle conquête et décide d’en faire sa favorite officielle.

Bon…On ne va pas jouer les professeurs d’histoire et les spécialistes de la France du 18è siècle, car nous ne sommes pas sur BFM ou CNews où certains s’autoproclament experts en COVID puis en conflit israélo-palestinien le lendemain. Loin de nous l’idée de critiquer le fait que tel personnage ou tel événement a existé et/ou a eu lieu, car nous n’en avons pas la moindre idée. Jeanne du Barry sera donc abordé du point de vue cinématographique. Le sixième long-métrage de Maïwennfait penser à The Room de Tommy Wiseau, non pas que le film soit un nanar, loin de là, mais dans le fait que la réalisatrice a entièrement conçu son nouvel opus à sa propre gloire, à sa personne, à son parcours aussi puisqu’elle n’a eu de cesse de proclamer qu’elle se sentait très proche de son personnage et de son vécu. Jeanne du Barry est un caprice à 22 millions d’euros, qui fait penser à une pièce-montée constituée de meringues recouvertes de sucre-glace, attirante sur la forme, mais dont l’aspect bourratif remplit déjà l’estomac, pour finalement se rendre compte que la pâtisserie est en fait un trompe-l’oeil, que les choux sont en plastiques et surtout creux. La faute à Maïwenn qui s’est bien sûr octroyée le premier rôle, qui est de chaque scène, pour ne pas dire de chaque plan, qui imprime son visage chevalin (ce qui donne un côté hippique et non pas épique) et sans grâce dans le but de passer à la postérité, mais qui ne s’avère jamais convaincante. Cependant, si l’on se désintéresse complètement de la du Barry et même de Johnny Depp, dont l’excès de poudre blanche et de bibine lui a autant pourri les dents que le charisme (sans oublier le fait qu’il a constamment l’air de se demander ce qu’il est venu foutre ici), les personnages secondaires sont bien plus captivants, en particulier celui de La Borde, merveilleusement interprété par l’excellent (comme toujours) Benjamin Lavernhe. En l’état, Jeanne du Barry n’est pas un mauvais film, mais cet ego-trip peut taper sur le système avec son actrice principale tête à claques et inappropriée et sa star léthargique aux yeux de poisson mort, entre lesquels n’existe aucune alchimie.

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Test Blu-ray / Dillinger, réalisé par John Milius

DILLINGER réalisé par John Milius, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 7 juin 2023 chez Rimini Editions.

Acteurs : Warren Oates, Ben Johnson, Michelle Phillips, Cloris Leachman, Harry Dean Stanton, Geoffrey Lewis, John P. Ryan, Richard Dreyfuss…

Scénario : John Milius

Photographie : Jules Brenner

Musique : Barry De Vorzon

Durée : 1h43

Année de sortie : 1973

LE FILM

Le gangster John Dillinger devient la cible du FBI de Kansas City après avoir participé au meurtre de cinq agents. A force de témérité, il s’attire la sympathie du public et devient vite l’ennemi public n°1…

Quinze ans après L’Ennemi public Baby Face Nelson de Don Siegel, le scénariste John Milius passe derrière la caméra et revient à Dillinger et sa bande dans…Dillinger. Ayant le vent en poupe et devenu l’un des auteurs les mieux payés d’Hollywood après avoir participé à L’Inspecteur Harry Dirty Harry, écrit Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, Juge et Hors-la-loi The Life and Times of Judge Roy Bean de John Huston et bien sûr Magnum Force de Ted Post, John Milius accepte de baisser son énorme cachet habituel pour Dillinger, qui sera son premier long-métrage en tant que réalisateur. Après Lawrence Tierney dans Dillinger, l’ennemi public n° 1 de Max Nosseck et Leo Gordon dans L’Ennemi public, c’est au tour de l’exceptionnel Warren Oates d’enfiler le costume trois-pièces du gangster et qui une fois n’est pas coutume accède en haut de l’affiche. S’il s’acquitte admirablement de sa tâche, un autre comédien partage cette place convoitée en la personne du génial Ben Johnson, qui dans la peau de Melvin Purvis, l’agent du FBI lancé à la poursuite de Dillinger, est tout aussi remarquable et par ailleurs mis sur un pied d’égalité avec son partenaire. Anarchiste zen, comme il se définissait lui-même dans sa jeunesse, prenant le train en marche du Nouvel Hollywood, mais aussi et avant tout défenseur des valeurs traditionnelles américaines, John Milius met tout dans Dillinger, son mode de pensée, son âme, son adulation des armes à feu, sa vision de l’héroïsme américain, le tout marqué par une violence sèche, brutale, sanglante, qui participe à la pérennité de ceux qu’il considère alors comme des mythes. Il en résulte un polar mâtiné de film noir et même de western souvent implacable, teinté d’humour et qui n’omet pas l’émotion, qui s’avère aussi et surtout toujours divertissant un demi-siècle après sa sortie explosive.

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Test Blu-ray / Corsage, réalisé par Marie Kreutzer

CORSAGE réalisé par Marie Kreutzer, disponible en DVD et Blu-ray le 18 avril 2023 chez Ad Vitam.

Acteurs : Vicky Krieps, Colin Morgan, Tamás Lengyel, Ivana Urban, Finnegan Oldfield, Alma Hasun, Aaron Friesz, Jeanne Werner…

Scénario : Marie Kreutzer

Photographie : Judith Kaufmann

Musique : Camille

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

En 1877, durant la période de Noël, Elisabeth, impératrice d’Autriche, fête son 40e anniversaire. Du fait de ses titres, elle a énormément de devoirs envers la Cour qui limite sa vie par des rituels ancestraux. Consciente qu’elle vieillit, Elisabeth quitte Vienne pour se rendre en Angleterre et en Hongrie afin de retrouver sa jeunesse. Au cours de son voyage, la souveraine rendra visite à d’anciens amants et alliés politiques. Ce faisant, elle élaborera un plan pour protéger son héritage…

Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach (1837-1898) — plus connue sous le surnom de « Sissi » — duchesse en Bavière puis, par son mariage, impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, de Bohême et de Lombardie-Vénétie. Quand on évoque ce personnage historique, son visage prend immédiatement les traits de Romy Schneider, qui l’aura interprété à quatre reprises, dans la trilogie d’Ernst Marischka de 1955 à 1957, mais aussi près de vingt ans plus tard dans Ludwig : Le Crépuscule des dieux de Luchino Visconti. Pourtant, d’autres avant (Edwige Feuillère, Marguerite Jamois) et après (Ava Gardner, Sandra Ceccarelli) elle l’auront également incarné, aussi bien pour le petit (on ne compte plus les séries télévisées) que le grand écran. Cela faisait une bonne dizaine d’années qu’une comédienne ne s’était pas frottée à ce rôle disons-le emblématique au cinéma et c’est désormais chose faite pour la talentueuse et magnétique actrice luxembourgeoise Vicky Krieps, dans Corsage de l’autrichienne Marie Kreutzer (née en 1977), très justement récompensée par le Prix de la meilleure performance au Festival de Cannes 2022, où le film faisait partie de la sélection Un Certain Regard. Quasiment de toutes les scènes et même de tous les plans, elle signe une impressionnante prestation et apporte un vent de fraîcheur dans sa composition de la Première dame d’Autriche, femme de l’Empereur François-Joseph Ier, âgée de 40 ans. Pour cet anniversaire particulier, Elisabeth décide de se rebeller contre le protocole, l’image qu’elle doit afficher et colporter. Ainsi, elle n’a pas le droit de s’exprimer et doit rester à jamais la belle et jeune impératrice. Pour satisfaire ces attentes, elle se plie à un régime rigoureux de jeûne, d’exercices, de coiffure et de mesure quotidienne de sa taille. Mais ces conventions commencent à l’étouffer. Avide de savoir et de vie, Élisabeth veut se prouver qu’elle est encore bel et bien en vie. N’attendez surtout pas un biopic en bonne et due forme, ou d’un respect formel aux événements réels, mais plutôt à une formidable et culottée adaptation de la vie de l’impératrice d’Autriche.

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Test DVD / La Petite femelle, réalisé par Philippe Faucon

LA PETITE FEMELLE réalisé par Philippe Faucon, disponible en DVD depuis le 22 juin 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Lucie Lucas, Lorenzo Lefèbvre, Héléna Noguerra, Jean Dell, Florence Thomassin, Samuel Theis, Florence Muller, Stéfan Godin…

Scénario : Philippe Faucon & Antoine Lacomblez, d’après le livre de Philippe Jaenada

Photographie : Laurent Fénart

Musique : Amin Bouhafa

Durée : 1h27

Date de diffusion initiale : 2021

LE TÉLÉFILM

Novembre 1953. Pauline Dubuisson est accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette jeune femme dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché dans le lit de l’Occupant, a été tondue, avant d’assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n’est-elle, au contraire, qu’une jeune fille libre qui revendique avant l’heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ?

Le précieux cinéaste Philippe Faucon (né en 1958) nous a habitué à des oeuvres épurées, viscérales, intelligentes et indispensables comme La Désintégration, La Trahison (l’un des plus grands films sur la « guerre sans nom »), Fatima (Prix Louis-Delluc 2015 et César du meilleur film en 2016) et dernièrement Les Harkis. Rompu à l’exercice en évoquant des sujets aussi sensibles que la vie en banlieue, la jeunesse en rupture ou encore la guerre d’Algérie, le réalisateur, pour le compte de France Télévisions, livre La Petite femelle, un biopic sur la vie de Pauline Dubuisson (1927-1963), qui avait déjà inspiré Henri-Georges Clouzot pour La Vérité avec Brigitte Bardot, d’ailleurs mentionné dans les toutes premières minutes du téléfilm. Cette jeune femme éprise de liberté, indépendante (pour ne pas dire féministe avant l’heure), après avoir été tondue en place publique à la Libération, avait entamé des études de médecine, avant de tuer par accident Félix Bailly qu’elle voulait épouser. Après son procès en 1953 (un des plus retentissants de la décennie) et sa condamnation à sept ans de prison, elle décide de partir au Maroc. Mais son passé la rattrape alors qu’un homme lui déclare sa flamme. Philippe Faucon offre le rôle principal à Lucie Lucas, actrice et mannequin, connue pour avoir incarné le personnage de Clémentine Boissier dans la série Clem, diffusée sur TF1. On nous souffle qu’elle a aussi joué dans le téléfilm Coup de foudre à Jaipur et participé à l’émission Danse avec les stars. Si elle n’est assurément pas une grande comédienne et que son jeu demeure trop monocorde, celle-ci s’en sort suffisamment bien, même si ce qui fait la force de La Petite femelle reste la puissance du scénario écrit par Philippe Faucon et Antoine Lacomblez (3xManon, Manon 20 ans, À la folie), d’après le livre de Philippe Jaenada (Julliard, 2015) et l’élégance de la mise en scène. Si vous connaissez le chef d’oeuvre de Clouzot, La Petite femelle, diffusé pour la première fois en février 2021, vous paraîtra sans doute redondant, mais cette production télévisuelle n’en est pas moins réussie.

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Test Blu-ray / Nashville Lady, réalisé par Michael Apted

NASHVILLE LADY (Coal Miner’s Daughter) réalisé Michael Apted, disponible en DVD et Blu-ray le 5 juillet 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Sissy Spacek, Tommy Lee Jones, Levon Helm, Phyllis Boyens, William Sanderson, Beverly D’Angelo, Bob Hannah, Ernest Tubb…

Scénario : Tom Rickman, d’après l’autobiographie de Loretta Lynn, écrite avec George Vecsey

Photographie : Ralf D. Bode

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Née dans une famille de mineurs, au cœur d’un village du Kentucky, Loretta se marie à 13 ans avec Doolittle Lynn. Décelant chez elle un véritable talent de chanteuse, il lui offre une guitare et l’encourage à se produire sur scène. Elle deviendra l’une des plus grandes vedettes de la Country Music.

En France, nous sommes loin d’imaginer le succès de Loretta Lynn, de son vrai nom Noretta Webb, star de la musique country, interprète, autrice et compositrice, née en 1932 à Butcher Hollow dans le Kentucky. Aux États-Unis, tout le monde connaît sa biographie et pour cause, puisque les studios Hollywoodiens n’ont pas attendu sa disparition (ce serait toujours le cas sinon, puisqu’elle vient de fêter ses 90 ans cette année) pour s’emparer de son incroyable histoire et pour retracer son itinéraire à travers un biopic. C’est donc Universal qui met en route Nashville Lady, aka Coal Miner’s Daughter en version originale, titre repris d’une des plus célèbres chansons de Loretta Lynn. Sorti en mars 1980 sur le sol de l’Oncle Sam, Nashville Lady rapporte 67 millions de dollars, soit l’équivalent de près de 240 millions aujourd’hui. Un triomphe, un raz-de-marée, qui aura valu à sa comédienne Sissi Spacek l’Oscar de la meilleure actrice, le Golden Globe et le BAFTA. Chose amusante, c’est Loretta Lynn elle-même qui aura jeté son dévolu sur la légendaire interprète de Carrie pour jouer son rôle au cinéma, en découvrant son visage sur quelques photographies de comédiennes pressenties. Comédie-dramatique hagiographique classiquement, mais efficacement mise en scène par le britannique Michael Apted, Nashville Lady vaut essentiellement, voire entièrement pour la prestation hors normes de Sissy Spacek et de son partenaire Tommy Lee Jones, dont l’alchimie emporte tout sur son passage.

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Test DVD / Pulse, réalisé par Sergii Chebotarenko

PULSE réalisé par Sergii Chebotarenko, disponible en DVD le 6 août 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Nataliya Babenko, Dariya Barikhashvili, Stanislav Boklan, Natalya Dolya, Aleksandr Kobzar, Viktoriya Levchenko, Sergiy Luzanovsky, Liliya Rebrik…

Scénario : Maksym Chernysh & Yaroslav Voytseshek

Photographie : Yuriy Korol

Durée : 1h28

Année de sortie : 2021

LE FILM

Oksana rêve de participer aux Jeux Olympiques. Les débuts de la jeune athlète sont très prometteurs, et son rêve semble à portée de main. Mais un terrible accident remet tout en cause : Oksana est grièvement blessée et devient presqu’aveugle. Les médecins sont formels : elle doit renoncer au sport et à une vie normale. Oksana va se battre et connaître un incroyable destin…

Oh un film ukrainien ! Ce n’est pas tous les jours que cela arrive en France de pouvoir visionner un long-métrage provenant de cette république parlementaire dirigée par Volodymyr Zelensky, comédien, humoriste (si si) et le plus jeune président de l’histoire du pays. Pulse est le premier long-métrage de Sergii – ou Serhii – Chebotarenko, réalisateur né en 1984, qui a fait ses classes dans la publicité et dans la création de bandes-annonces. Pour Pulse, il s’inspire d’une histoire vraie, celle d’Oksana Boturchuk, athlète ukrainienne d’athlétisme et championne paralympique de 2008, quintuple médaillée d’argent et de bronze aux Jeux paralympiques d’été de 2008, 2012 et 2016. Des faits réels comme les aime le cinéma, qui s’empare toujours avec avidité de ces scénarios tout prêts et qui ne demandent qu’à trouver le metteur en scène adéquat. Pulse rejoint ainsi le clan des films sportifs du genre Rasta Rockett (1993) de Jon Turtletaub, De l’ombre à la lumière Cinderella Man (2005) et Rush (2013) de Ron Howard, Eddie the Eagle (2016) de Dexter Fletcher, Moi, Tonya (2017) de Craig Gillespie et Le Mans 66 (2019) de James Mangold, où la réalité a souvent dépassé la fiction. S’il ne révolutionne pas le genre, ce divertissement est très agréable à suivre, grâce notamment à l’investissement et au charme de son actrice Nataliya Babenko.

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