Test Blu-ray / Où est passé Tom ?, réalisé par José Giovanni

OÙ EST PASSÉ TOM ? réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Rufus, Alexandra Stewart, Jean Gaven, Paul Crauchet, Philippe March, Frédéric Santaya, Albert Augier, Lucie Arnold…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman I Wonder What Happened to Tom de Bill Reade

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Tom Coupar, secrétaire d’une organisation pacifique vouée à la libération des prisonniers politiques, décide un jour de passer à l’action. Avec Alexandra, il parvient à assassiner le dictateur Anton Caras. Incarcéré dans une forteresse où se trouvent des prisonniers qu’il tentait de faire libérer, il prépare une évasion.

Dans la filmographie de chaque réalisateur, se cache souvent un film méconnu, voire quasiment invisible depuis sa sortie, du fait de son échec cuisant. C’est le cas de Où est passé Tom ?, écrit et mis en scène par José Giovanni, qui a fait un passage éclair dans les salles de cinéma en octobre 1971. Après les succès du Rapace (1967, 1,7 millions d’entrées) et Dernier domicile connu (1969, 2,2 millions), l’auteur du Trou et du Deuxième souffle connaît un premier revers avec Un aller simple, qui sort en mai 1971 et qui n’attire que 420.000 spectateurs. Mais ce n’est rien comparé aux 122.000 entrées que fera Mais où est passé Tom ?, produit par Jacques Rouffio. Si Un aller simple pouvait attirer le chaland avec son histoire de casse raté et la cavale d’un petit criminel, l’histoire de Mais où est passé Tom ? est comme qui dirait plus intime et son traitement parfois à la limite de l’expérimental. De plus, José Giovanni ne place pas de grands noms en haut de l’affiche de son cinquième long-métrage et offre le premier rôle à Rufus, déjà présent au générique d’Un aller simple (dans lequel il s’appelait déjà Tom), mais qui était essentiellement connu comme second voire troisième rôle. Quand il tourne ce film, le comédien est encore à ses débuts dans le cinéma, où on a pu le voir chez Christian Gion, Claude Autant-Lara, Jules Dassin, Yves Boisset, Jacques Demy, Georges Lautner, Christian de Chalonge, Gérard Pirès, tout cela en l’espace de trois ans ! Après avoir déjà tourné dans une vingtaine de films, Rufus, à peine trente ans, incarne le rôle principal pour l’une des rares fois de sa carrière dans ce thriller politique qui lorgne sur le fantastique. Si José Giovanni s’inspire d’un roman de Bill Reade (I wonder What Happened to Tom?, publié en 1969 en France dans la collection Série Noire), le récit fait étrangement, ou volontairement écho, au Rapace, adaptation du livre The Vulture de John Carrick, comme si José Giovanni souhaitait revenir à cette thématique, celle de l’homme qui n’a nulle autre mission que celle d’en tuer un autre, qui tyrannise un pays. Où est passé Tom ? est le versant psychologique du Rapace et repose sur le cheminement de son personnage principal, qui paraît détaché de tout et de tout le monde, mais qui va s’investir lui-même d’une quête, celle d’assassiner un dictateur. Le choix de Rufus est tout aussi inattendu que génial, puisque jamais le potentiel physique de l’acteur n’avait été exploité à ce point. Refusant d’être doublé dans les scènes en montagne, étant lui-même sportif et expert en grimpette, Rufus donne de sa personne et impressionne du début à la fin dans Où est passé Tom ?, petit bijou dans lequel José Giovanni tente beaucoup de choses derrière la caméra, mais n’y parvient pas systématiquement. Toutefois, on ne pourra pas lui reprocher d’être sincère et ambitieux dans son entreprise. Une des plus grandes (re)découvertes de cette année 2026.

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Test Blu-ray / Un aller simple, réalisé par José Giovanni

UN ALLER SIMPLE réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Claude Bouillon, Maurice Garrel, Rufus, Nicoletta, Ottavia Piccolo, Paola Pitagora, Jean Gaven, Alain Mottet…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman The Chair for Martin Rome de Henry Edward Helseth

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

À la suite du meurtre d’un policier lors d’une attaque de banque ratée, un truand entame une cavale à travers la Belgique pour échapper à la police, rétablir la vérité sur un crime passé qu’il n’a pas commis et protéger son amie des manœuvres d’un avocat véreux.

Suite aux succès du Rapace (1968) et de Dernier domicile connu (1970), José Giovanni délaisse le cinéma « pour les autres », pour se consacrer pleinement à son activité de metteur en scène. C’est ainsi qu’il décide d’adapter un roman de l’auteur américain Henry Edward Helseth, The Chair for Martin Rome, publié en France en 1950 dans la mythique collection Série Noire. Chose étonnante, le livre avait déjà été l’objet d’une transposition à Hollywood en 1948, sous le titre Cry of the City (ou La Proie en version française), par Robert Siodmak, avec Victor Mature,Richard Conte, Shelley Winters et Debra Paget, rien que ça. Point de casting étincelant dans la mouture de José Giovanni et Un aller simple sera finalement tenu par le jeune Jean-Claude Bouillon, qui deviendra célèbre par la suite pour avoir campé le commissaire Valentin dans la série télévisée Les Brigades du tigre, de 1974 à 1983, au fil d’une trentaine d’épisodes. Après Made in USA (1966) de Jean-Luc Godard, dans lequel il faisait ses débuts devant la caméra, et Tout peut arriver (1969), premier long-métrage de Philippe Labro, le comédien se voit confier le premier rôle dans ce thriller méconnu qui témoigne du talent de José Giovanni comme réalisateur, en pleine possession de ses moyens, brillant formaliste et directeur d’acteurs. Un aller simple est assurément une curiosité doublée d’une réelle découverte, qui annonce l’un de ses chefs d’oeuvres à venir, Deux Hommes dans la ville, qui sortira deux ans plus tard.

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Test Blu-ray / Tout l’or du monde, réalisé par René Clair

TOUT L’OR DU MONDE réalisé par René Clair, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bourvil, Alfred Adam, Philippe Noiret, Claude Rich, Colette Castel, Annie Fratellini, Nicole Chollet, Max Elloy…

Scénario : René Clair, Jean Marsan & Jacques Rémy

Photographie : Pierre Petit

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Lassé par le bruit et la pollution des villes, un promoteur immobilier, Victor Hardy, décide de créer un lieu idéal qu’il nomme Longuevie. Il décide pour cela d’acheter le petit village de Cabosse et sa source qui serait à l’origine de la longévité des habitants. Il réussit à convaincre le maire et tous les habitants sauf un, le vieux Mathieu, un paysan obstiné, et son fils Toine, qui posent des conditions qui compromettent l’opération…

Depuis son retour des États-Unis, tout va pour le mieux pour René Clair (1898-1981). Rendez-vous compte, du Silence est d’or (1947) à La Française et l’Amour (1960), ses films ont attiré près de 23 millions de spectateurs dans les salles françaises. Après son sketch dit du Mariage pour le film collectif La Française et l’Amour, le réalisateur dirige Bourvil pour la seule et unique fois de sa carrière. Ainsi, après Maurice Chevalier, François Périer, Michel Simon, Gérard Philipe, Michèle Morgan et Pierre Brasseur, René Clair s’octroie le talent d’un autre monstre du cinéma, Bourvil donc, pour Tout l’or du monde, dans lequel le comédien incarne pas moins de trois personnages, sur le même modèle que Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes de Henri Verneuil. Cette comédie qui connaîtra un grand succès à sa sortie avec près de 2,5 millions d’entrées, annonce étonnamment Le Viager de Pierre Tchernia, que ce dernier signera avec René Goscinny dix ans plus tard. Avec ce personnage d’irréductible paysan à moustaches qui résiste encore à l’envahisseur (immobilier), il y a aussi une touche d’Astérix dans Tout l’or du monde, ce qui est plus plausible, puisque le petit gaulois avait fait son apparition dans le numéro 1 du journal Pilote en octobre 1959. Autant dire que la redécouverte est plus que jamais conseillée, tout comme il est toujours bon de se replonger dans l’élégance du cinéma de René Clair.

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Test Blu-ray / Échappement libre, réalisé par Jean Becker

ÉCHAPPEMENT LIBRE réalisé par Jean Becker, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Gert Fröbe, Jean Seberg, Jean-Pierre Marielle, Fernando Rey, Enrico Maria Salerno, Wolfgang Preiss, Diana Lorys…

Scénario : Jean Becker, Daniel Boulanger, Didier Goulard, Claude Sautet & Maurice Fabre, d’après le roman de Clet Coroner

Photographie : Edmond Séchan

Musique : Gregorio García Segura & Martial Solal

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Officiellement journaliste, David Ladislas mène une double vie. Sous prétexte d’un reportage sur la haute couture, il réussit à faire passer en Suisse des diamants cachés dans un appareil photo. De ses commanditaires, il accepte une nouvelle mission, beaucoup plus délicate : transporter au Liban 300 kilos d’or, dissimulés dans la carrosserie d’une voiture de sport. Trop risqué pour son partenaire habituel que ses employeurs remplacent par Olga, une séduisante jeune femme que David essaie de rallier à sa cause quand lui vient l’irrépressible envie de détourner la marchandise à son profit…

Comment réaliser une accroche immédiate pour parler d’Échappement libre de Jean Becker ? On pourrait appeler ce film À bout de souffle 2 ou L’Homme de Rio 2, quand Belmondo devient Bébel dans ce deuxième long métrage du réalisateur Jean Becker. Le comédien retrouve ici Jean Seberg dans cette comédie débridée qui emmène le couple en Suisse, au Liban, en Grèce, en Espagne et en Italie. La star court partout, les potes Jean-Pierre Marielle et Michel Beaune sont de la partie, le rythme va à cent à l’heure et surtout, on ne peut pas s’empêcher de dire en regardant le couple vedette « Qu’est ce qu’ils étaient beaux bordel ! ». Repassons en mode « pro » en indiquant que Jean-Paul Belmondo et Jean Becker avaient déjà collaboré en 1961 sur Un nommé La Rocca, d’après le roman de José Giovanni L’Excommunié, qui n’avait pas rencontré le succès estimé avec pourtant 1,2 millions de spectateurs. Les deux hommes avaient promis de se retrouver pour de nouvelles aventures. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fantaisie sied mieux à Jean Becker que le ton sombre des séries noires. Échappement libre marque avant tout les retrouvailles du couple mythique d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard, quatre ans après l’explosion de la Nouvelle vague. Le premier hit au box-office de Jean Becker (le film a réuni près de deux millions de français dans les salles) est une comédie on ne peut plus plaisante, qui avec son histoire de voiture « blindée » d’or destinée à être convoyée d’un pays à l’autre, annonce étrangement Le Corniaud, qui ne sortira pourtant sur les écrans que six mois plus tard. Autant dire que la redécouverte d’Échappement libre s’impose, d’autant plus que le film n’a été que peu diffusé contrairement à d’autres grands classiques.

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Test Blu-ray / Peau de banane, réalisé par Marcel Ophüls

PEAU DE BANANE réalisé par Marcel Ophüls, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle, Gert Fröbe, Paulette Dubost, Alain Cuny, Charles Regnier…

Scénario : Marcel Ophüls, Claude Sautet & Daniel Boulanger, d’après le roman « Peaux de bananes » de Charles Williams

Photographie : Jean Rabier

Musique : Ward Swingle

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Cathy n’est pas femme à passer l’éponge… Son père ruiné par un tandem d’hommes d’affaires véreux, elle se jure de leur rendre la monnaie de leur pièce en les jetant sur la paille. Pour ça, elle recrute deux filous professionnels et Michel, son ancien mari. Si le plan semble avoir merveilleusement fonctionné, Cathy et Michel découvrent vite qu’ils se sont trompés de proie, et, souhaitant garder le butin rien que pour eux, faussent compagnie à leurs complices. Une erreur qu’ils n’entendent pas reproduire lorsqu’ils repèrent l’autre escroc qu’ils recherchaient…

Avant de devenir le réalisateur acclamé à travers le monde pour son documentaire-fleuve de plus de quatre heures Le Chagrin et la Pitié : Chronique d’une ville française sous l’Occupation (sauf en France, puisque censuré par l’ORTF et qui ne sera diffusé à la télévision qu’après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981), par ailleurs nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film documentaire, Marcel Ophüls (1927-2025), de son vrai nom Hans Marcel Oppenheimer et fils de l’éminent Max Ophüls, avait fait ses armes dans le domaine de la fiction. À ce titre, son film le plus célèbre et son plus grand succès, demeure son premier long-métrage, Peau de banane, comédie élégante dite à « arnaque », qui donne l’occasion à Bebel de se détendre quelque peu après les tournages tendus (euphémisme) du Doulos et surtout de L’Aîné des Ferchaux de Jean-Pierre Melville, qui sortent eux aussi en 1963, à huit mois d’intervalle. Avant de passer la vitesse supérieure avec L’Homme de Rio, Jean-Paul Belmondo se détend dans les bras de Jeanne Moreau, sa partenaire de Moderato Cantabile (1960) de Peter Brook, qui n’avait guère ramené les foules dans les salles. Marcel Ophüls, qui avait mis en scène un segment du film à sketches L’amour à vingt ans, après avoir fait ses armes comme assistant auprès de Jean Dréville, John Huston, Julien Duvivier et de son paternel, s’en sort très bien avec Peau de banane, exercice de style qui s’inspire du polar américain sur la forme (tout en adaptant le roman de Charles Williams, Nothing in Her Way), mais où rien n’est sérieux, surtout pas son couple vedette, qui s’amuse, tout autant que leurs prestigieux partenaires, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle et Gert Fröbe. À voir comme une savoureuse récréation, qui n’a rien perdu de son charme.

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Test Blu-ray / Knock, réalisé par Guy Lefranc

KNOCK réalisé par Guy Lefranc, disponible en Blu-ray et DVD le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis Jouvet, Jean Carmet, Jean Brochard, Pierre Renoir, Louis de Funes, Jane Marken, Yves Deniaud, Pierre Bertin, Marguerite Pierry, Mireille Perrey…

Scénario : Georges Neveux & Jules Romains, d’après la pièce Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains

Photographie : Claude Renoir

Musique : Paul Misraki

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Le nouveau docteur de Saint Maurice, Knock, confie à son prédécesseur, Parpalaid, qu’il aurait dû mieux tirer parti de sa situation. Le pharmacien et l’aubergiste comprennent vite l’aspect financier d’une mise en coupe réglée de la commune sur le plan médical, car « les bien portants sont des malades qui s’ignorent ». Il faut éclairer ceux qui sont capables de payer les soins qu’exige leur état. Le village devient donc le sanctuaire de la maladie, le rite quotidien est la prise de température.

Il y a des rôles qui poursuivent certains comédiens toute leur vie et donc durant leur carrière. C’est le cas pour le légendaire Louis Jouvet (1887-1951) avec le personnage de Knock, tiré de la pièce de théâtre en trois actes Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains, représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, en décembre 1923, sous la direction de Jacques Hébertot et déjà mise en scène et interprétée par Louis Jouvet. 1925, le cinéma s’empare de ce triomphe et la première adaptation pour le grand écran est réalisée par René Hervil, avec Fernand Fabre dans le rôle principal. Pendant ce temps, Louis Jouvet l’incarne au cinéma en 1933 et co-réalise le film aux côtés de Roger Goupillières. Il reprend ce personnage (qu’il aurait joué près de 1500 fois) sur les planches en 1935, puis pour la dernière fois en 1938 au Théâtre de l’Athénée. 1951, cinq mois avant sa disparition à l’âge de 63 ans, Louis Jouvet interprète encore Knock dans une nouvelle transposition cinématographique, signée cette fois Guy Lefranc, où le comédien officie également comme directeur artistique. Il s’agit aujourd’hui de la mouture la plus célèbre. Et c’est une leçon. Non pas de mise en scène, somme toute classique, même si Guy Lefranc parvient à éviter le théâtre filmé, mais de Louis Jouvet. En fait, Knock n’a pas vieilli malgré ses 75 ans au compteur. Il demeure même furieusement moderne et d’actualité avec tout ce qui est à la mode aujourd’hui avec ces supposés « coachs » en développement personnel qui pullulent partout sur internet. Chose étonnante, Knock met par exemple knock-out le récent Gourou de Yann Gozlan (qui part bien, puis s’enlise dans le nawak ronflant), dont les thèmes sont finalement assez proches. Et puis soyons honnêtes, Louis Jouvet qui « regarde » le spectateur complice à plusieurs reprises à la fin lors du face-à-face Knock/Parpalaid, cela reste monumental.

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Test Blu-ray / Fortunat, réalisé par Alex Joffé

FORTUNAT réalisé par Alex Joffé, disponible en Blu-ray et Combo Blu-ray+ DVD + Livret le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Michèle Morgan, Bourvil, Rosy Varte, Teddy Bilis, Gaby Morlay, Frédéric Mitterrand, Patrick Millow, Albertine Sarov, Jean-Marie Amato…

Scénario : Alex Joffé & Pierre Corti, d’après le roman « Fortunat, ou le père adopté » de Michel Breitman

Photographie : Pierre Petit

Musique : Denis Kieffer

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Juliette Valecourt, grande bourgeoise parisienne, ignore que son mari fait partie de la Résistance. Quand il est arrêté, elle se réfugie dans une bourgade de province proche de la ligne de démarcation. Elle y rencontre Fortunat, cordonnier rustre et ivrogne qui doit, pour leur sécurité, se faire passer pour son mari…

Quand on regarde la filmographie éclectique et conséquente de Bourvil, 60 films en trente ans de carrière, Fortunat arrive en 24è position de son box-office personnel. Avec 3,3 millions d’entrées, cette seconde association de l’acteur avec le réalisateur Alex Joffé se situe entre Les Grandes gueules (3,6 millions d’entrées) de Robert Enrico et Par la fenêtre (3,2 millions de spectateurs) de Gilles Grangier. Étonnamment oublié quand on évoque le comédien, Fortunat est pourtant l’un de ses plus beaux films et lui offre l’un de ses plus grands rôles. Tour à tour drôle, émouvant, bouleversant, pathétique et toujours attachant, Bourvil crève l’écran une fois de plus et il retrouve à cette occasion la magnifique Michèle Morgan, deux ans après Le Miroir à deux faces d’André Cayatte. 1960 est une très grande année pour Bourvil, qui attire déjà près de six millions de français dans les salles dès le mois de janvier avec Le Bossu et plus de cinq millions en octobre avec Le Capitan, tous les deux mis en scène par André Hunebelle. Plus grave et réaliste, le récit de Fortunat se déroule durant la Seconde Guerre mondiale. Quinze ans après la fin du conflit, le traumatisme est encore présent et le film d’Alex Joffé, qui sera également le plus grand hit du cinéaste, évoque la France de Vichy, la rafle des juifs, le marché noir, avec autant de frontalité que de délicatesse. Alex Joffé et Pierre Lévy-Corti (La Cuisine au beurre, Le Tatoué, Alexandre le bienheureux) adaptent le roman Fortunat, ou le père adopté (Denoël, 1955) de Michel Breitman et condensent en près de deux heures les trois années du quotidien et de la survie de Noël, Juliette, Pierrot et Maurice. Drame sombre et cependant solaire, pudique et plein de tact, illuminé par la présence d’un des plus grands monstres du cinéma français au sommet de son art, Fortunat, rarement diffusé à la télévision, mérite vraiment une redécouverte et s’adresse à toute la famille.

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Test Blu-ray / Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville, réalisé par Alex Joffé

LE TRACASSIN OU LES PLAISIRS DE LA VILLE réalisé par Alex Joffé, disponible en Blu-ray et Combo Blu-ray+ DVD + Livret le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bourvil, Maria Pacome, Pierrette Bruno, Rosy Varte, Armand Mestral, Yvonne Clech, Harry Max, Mario David, Léo Campion, Christian Marin, Teddy Billis…

Scénario : Alex Joffé & Jean Bernard-Luc

Photographie : Marc Fossard

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Le « tracassin », c’est la maladie du siècle : le trop-plein d’ennuis en un minimum de temps. Le pauvre André Loriot en est atteint jusqu’à la moelle ! Entre les réveils au bruit des poubelles, les klaxons, les patrons exigeants et les amours contrariées, sa vie devient un tourbillon d’absurdités quotidiennes. Pour tenir le coup, il avale des pilules B.H. 33, dynamisant euphorisant censé redonner la joie de vivre. Mais à haute dose, toute sa maîtrise s’effondre et les ennuis, cette fois, deviennent incontrôlables…

Bourvil – Alex Joffé, troisième ! Action ! Rétrospectivement, Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville est donc la troisième association du comédien avec le réalisateur et se situe entre Fortunat (1960, 3,3 millions d’entrées, leur plus grand succès) et Les Culottes rouges (1962, 2 millions de spectateurs). C’est aussi leur opus le plus expérimental, qui lorgne sur le cinéma de Jacques Tati, surfe sur la vague de Mon oncle (1958) et annonce étrangement Playtime (1967). Car dans Le Tracassin (ou l’humeur inquiète, chagrine) ou Les Plaisirs de la ville (titre évidemment ironique), Alex Joffé et le co-scénariste Jean Bernard-Luc (Hibernatus, Les Cadets de l’océan, Les Trois Mousquetaires version Bernard Borderie) il est pleinement question de la vie moderne supposée contribuer au confort de l’être humain et plus particulièrement du citadin. Il y a beaucoup de gags purement visuels dans Le Tracassin, qui renvoie au cinéma muet, d’autant plus que Bourvil y arbore une petite moustache façon Chaplin (non, pas celle du peintre frappadingue au bras levé), ce qui change particulièrement sa bonne tête et contribue à la création du personnage. Car Bourvil, comme bien souvent d’ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, était virtuose dans l’art de la transformation. Dans ces Plaisirs de la ville, il n’est pas le benêt de la campagne, mais un élément important d’un grand laboratoire pharmaceutique. Le hic, c’est qu’il a accès gratuitement et facilement à un médicament « révolutionnaire », autrement dit un régulateur neuropsychique, qui rend euphorique, apaise et stimule tout en même temps…et que son existence bien agitée fait qu’il prend ce remède miracle bien plus que de raison. Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville narre 24 heures de la vie d’un parisien et cette comédie, très peu diffusée à la télévision, s’avère on ne peut plus originale, menée à cent à l’heure et ne laisse pas plus de répit à son personnage principal qu’aux spectateurs. Une vraie et grande curiosité.

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Test Blu-ray / Les Hussards, réalisé par Alex Joffé

LES HUSSARDS réalisé par Alex Joffé, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bourvil, Bernard Blier, Georges Wilson, Louis de Funès, Alberto Bonucci, Giovanna Ralli, Carlo Campanini, Giani Esposito, Virna Lisi…

Scénario : Pierre-Aristide Bréal, Alex Joffé & Gabriel Arout, d’après la pièce de Pierre-Aristide Bréal

Photographie : Jean-Serge Bourgoin

Musique : Georges Auric

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Au cours de la campagne d’Italie, le brigadier Le Gouce et le soldat Flicot perdent leurs montures aux abords d’un village. Pour se justifier devant leurs supérieurs, les deux hommes prétendent avoir été attaqués par un franc-tireur. Cet événement provoque l’arrestation de plusieurs otages, le prétendu franc-tireur étant en fuite. L’un des otages doit être fusillé le soir même si le coupable n’est pas retrouvé. Les deux hussards – bons bougres – sont désespérés des conséquences de leur mensonge et tentent, par un audacieux stratagème, de sauver les Italiens. Mais dans l’intervalle, les chevaux rejoignent le bivouac. Le capitaine condamne les deux hussards à la peine capitale pour leur coupable négligence en campagne. En vain, les Italiens reconnaissants font leur possible pour sauver Le Gouce et Flicot.

La carrière du réalisateur Alex Joffé (1919-1995) tourne essentiellement autour de Bourvil, avec lequel il collaborera à six reprises : Les Hussards (1955, 2,9 millions d’entrées), Fortunat (1960, 3,3 millions), Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville (1961, 1,8 million), Les Culottes rouges (1962, 2 millions), La Grosse Caisse (1965, 1,8 million) et Les Cracks (1968, 2,9 millions). Tous de grands succès populaires, tout comme le reste de la filmographie du metteur en scène, à qui l’on doit également Les Fanatiques (1957) avec Pierre Fresnay et Du rififi chez les femmes (1959) avec Robert Hossein et Roger Hanin. Pour leur première association, le cinéaste et Bourvil se lancent dans la comédie de guerre, qui n’est pas sans annoncer La Grande guerre La Grande guerra (1959) de Mario Monicelli, avec Alberto Sordi Vittorio Gassman. En effet, Alex Joffé livre une œuvre antimilitariste adaptée de la pièce éponyme de Pierre-Aristide Bréal, créée en 1953, manie avec dextérité l’humour noir et l’ironie qui seront souvent liées à la comédie italienne. On y retrouve un côté grinçant plutôt rare de ce côté des Alpes, ce qui a pu déconcerter quelque peu une partie des spectateurs à la sortie du film. En dehors de quelques extérieurs, par ailleurs très beau, qui plantent le décor principal de l’action, le tournage s’est essentiellement déroulé à Lagny-sur-Marne (en Seine-et-Marne) et dans les studios de Boulogne, où le village a été reconstitué. Les Hussards se révèle être un quasi-huis clos à ciel ouvert, puisque le récit ne sortira plus de cette petite bourgade « italienne » une fois nos deux trublions débarqués. Mais ce n’est pas pour autant que la réalisation demeure statique, bien au contraire. Les Hussards est une comédie parfois sombre, menée tambour battant (et trompette), qui ne s’arrête pas une seconde, qui passe d’un quiproquo à l’autre, alors que la situation change sans arrêt pour Le Gouce (Bernard Blier) et Flicot (Bourvil), qui se retrouvent en fâcheuse posture parce que le second était pris d’une envie pressante. Assez mal connu, peu diffusé à la télévision (en raison de son côté « historique » peut-être), Les Hussards est un spectacle étonnant, dans lequel les deux monstres du cinéma français s’affrontent, s’engueulent, se battent même, mais s’allient et deviennent même amis (ce qui n’était apparemment pas le cas sur le plateau) devant l’idiotie de l’armée. Un divertissement humaniste, drôle, beau à regarder, que demander de plus ?

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Test Blu-ray / Une souris chez les hommes (Un drôle de caïd), réalisé par Jacques Poitrenaud

UNE SOURIS CHEZ LES HOMMES (UN DRÔLE DE CAÏD) réalisé par Jacques Poitrenaud, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis de Funès, Maurice Biraud, Dany Saval, Dany Carrel, Maria Pacôme, Robert Manuel, Dora Doll, Claude Piéplu, Jacques Legras, Bernard Musson, Jean Lefebvre…

Scénario : Albert Simonin & Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck

Photographie : Marcel Grignon

Musique : Guy Béart & Michel Colombier

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Francis et Marcel, cambrioleurs « à la petite semaine », sont surpris en pleine action par Lucille, une jeune fille de bonne famille. Désœuvrée, en mal de sensations fortes, elle monnaie son silence et les oblige à l’accepter comme associée. Lucille va alors s’employer à planifier les larcins et autres fric-fracs du trio, lesquels se terminent invariablement en catastrophe et sans le moindre butin.

Le 17 juillet 1964, Une souris chez les hommes, réalisé par Jacques Poitrenaud, sort sur les écrans. L’affiche réunit Maurice Biraud, Louis de Funès et surtout l’exquise Dany Saval, ancienne danseuse au Moulin Rouge, que les producteurs essayent de propulser comme nouvelle vedette de cinéma. Elle passe ainsi devant la caméra des plus grands, André Cayatte (Le Miroir à deux faces), Marcel Carné (Les Tricheurs, Du mouron pour les petits oiseaux), Henri Decoin (Nathalie, agent secret), Georges Franju (Pleins feux sur l’assassin), Julien Duvivier (pour son sketch du Diable et les Dix Commandements). Pour Une souris chez les hommes, c’est la comédienne qui est mise en avant et elle retrouve à cette occasion le cinéaste Jacques Poitrenaud, avec lequel elle avait déjà tourné Les Parisiennes et Strip tease. Le film fonctionne correctement durant cet été 1964, où la concurrence n’est pas trop rude. Mais un événement va changer la donne. En septembre de la même année, Le Gendarme de Saint Tropez crée l’événement et attire près de huit millions de spectateurs, devenant le plus grand succès de 1964. Deux mois plus tard, Fantômas d’André Hunebelle cumule 4,5 millions de tickets vendus. Pendant ce temps, Une souris chez les hommes, toujours dans quelques salles, continue d’attirer quelques spectateurs. 1965, Louis de Funès, désormais star en son pays à l’âge de 50 ans, sort trois hits, que l’on appellerait aujourd’hui des blockbusters : Le Corniaud (près de 12 millions d’entrées), Le Gendarme à New York (5,5 millions) et Fantômas se déchaîne (4,2 millions), sans compter la participation de l’acteur au film à sketches Les Bons vivants (ou Un grand seigneur) coréalisé par Gilles Grangier et Georges Lautner, qui plafonne à 1,4 million d’entrées. Et n’oublions pas qu’Une souris chez les hommes, toujours exploité ici et là en France, engrange encore plus de 320.000 entrées en 1965 ! On fait un bond jusqu’à l’été 1968. Entre temps, Le Grand restaurant, La Grande vadrouille, Fantômas contre Scotland Yard, Oscar, Les Grandes vacances et Le Petit Baigneur sont sortis sur les écrans. Résultat : ces six films représentent plus de 38 millions d’entrées cumulées. Un chiffre qui laisse rêveur, encore aujourd’hui. C’est alors que certains distributeurs et producteurs peu scrupuleux décident de ressortir d’anciens films avec Fufu, en changeant « discrètement » le titre, histoire de faire croire qu’il s’agit de nouveaux opus avec l’acteur le plus populaire de l’Hexagone. Une souris chez les hommes est donc rebaptisé Un drôle de caïd et l’affiche est cette fois centrée sur Louis de Funès. Cela fonctionnera, puisque le film de Jacques Poitrenaud, si l’on tient compte des entrées de 1964 et 1965, atteindra finalement 1,4 millions d’entrées. Quand on (re)découvre Une souris chez les hommes, on est étonné de voir comment Fufu est différent dans cette comédie loufoque. Il y joue un braqueur, prêt à « buter » (cela revient du début à la fin) celles et ceux qui se mettraient sur sa route, un emploi quelque peu singulier dans son œuvre prolifique. Deuxièmement, Jacques Poitrenaud, Albert Simonin et Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck (Effraction, Le Silencieux), offrent à Louis de Funès un personnage on va dire sexué, qui drague ouvertement une caissière, afin de récolter quelques précieuses informations sur le magasin où celle-ci officie. La jeune femme (Dora Doll, bien allumée), chaude comme la braise, est prête à dévorer tout cru Marcel. Et cela fonctionne très bien. Qui plus est l’alchimie est bien présente entre les trois acteurs principaux, les comédiens s’amusent (cela se voit et le résultat est contagieux) et le reste de la distribution fait penser à un Expendables avant l’heure, puisqu’on y retrouve entre autres Jean Lefebvre, Dany Carrel, Maria Pacôme, Claude Piéplu, Jacques Legras, Jacques Dynam, Philippe Castelli…Du beau monde pour un spectacle mené à cent à l’heure, excellemment écrit, sans temps mort, malin et qui vieillit très bien. Assurément à redécouvrir.

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