Test DVD / Les Deux fanfarons, réalisé par Enrico Oldoini

LES DEUX FANFARONS (Una botta di vita) réalisé par Enrico Oldoini, disponible en DVD depuis le 16 février 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Alberto Sordi, Bernard Blier, Andréa Ferréol, Vittorio Caprioli, Alberto Sorrentino, Elena Falgheri, Josette Nieri, René Balangero…

Scénario : Liliane Betti, Enrico Oldoini, Agenore Incrocci & Alberto Sordi, d’après une histoire originale d’Aurelio Chiesa

Photographie : Giuseppe Ruzzolini

Musique : Manuel De Sica

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Un petit village d’Italie. C’est la mi-août et presque tout le monde est parti en vacances. Il reste quelques personnes du 3eme âge comme Mondardini et Battistini qui passent leurs soirées sous la fenêtre éclairée, d’une splendide jeune femme qui se douche. Mondardini, vieux provincial lettre et de bonne éducation, a une passion effrénée pour les femmes. Battistini petit fonctionnaire prétentieux, ne vit, lui, que pour les gueuletons et le bon vin. Bientôt, l’été a raison d’eux. Fatigués par la solitude, ils décident de partir, eux aussi et se rendent sur la Côte d’Azur. Débarquant à Saint-Tropez, ils ne tardent pas à faire connaissance de la charmante Germaine, au caractère bien trempé et indépendant. Les deux hommes vont tenter de la séduire…

Le titre français d’Une botta di vita, Les Deux fanfarons donc, surfe sur l’aura du chef d’oeuvre de Dino Risi, Le Fanfaron Il Sorpasso, y compris dans son histoire, avec cette balade en voiture de deux protagonistes, qui toutefois n’ont pas le même âge que Bruno et Roberto, immortalisés par Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant. Dans le film d’Enrico Oldoini (né en 1946), nos deux héros ont 70 piges bien tassées et arrivent au bout de l’automne de leur existence. A l’écran ? Deux autres monstres et non des moindres, Bernard Blier (72 ans) et Alberto Sordi (68 ans), qui s’étaient déjà donné la réplique dans La Grande guerre La Grande guerra (1959) de Mario Monicelli, Chacun son alibi Crimen (1960) de Mario Camerini et dans Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l’amico misteriosamente scomparso in Africa? (1968) d’Ettore Scola. Si le générique peut annoncer une comédie à la Mex Pecas, il n’en est rien. Les Deux fanfarons est une fable douce-amère, non pas sur le passage du temps, mais sur les années qui ont passé et sur celui qui reste. Comme une dernière virée avant de tirer leur révérence, Mondardini (Blier) et Battistini (Sordi), se connaissent à peine, mais décident de prendre la route ensemble la fameuse journée du Ferragosto (le 15 août), puisque ces deux papys ont pour ainsi dire été abandonnés par leurs familles respectives, parties se dorer la pilule. Les Deux fanfarons est aussi troublant car il s’agit du dernier long-métrage sorti – en Italie du moins – du vivant de Bernard Blier, pour les fêtes de Noël 1988, tandis que les spectateurs français devront attendre octobre 1989 pour découvrir le séjour estival de nos deux trublions, soit plus de six mois après la disparition du comédien. Une botta di vita est une jolie surprise, sur laquelle on ne misait pas du tout au départ, qui nous cueille par sa mélancolie, son humour léger et par l’immense talent de ses deux têtes d’affiche, dont la complicité est aussi éclatante qu’évidente.

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Test Blu-ray / Souvenirs perdus, réalisé par Christian-Jaque

SOUVENIRS PERDUS réalisé par Christian-Jaque, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 9 avril 2021 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bernard Blier, Pierre Brasseur, Suzy Delair, Danièle Delorme, Edwige Feuillère, Yves Montand, François Perier, Gérard Philipe, Armand Bernard, Daniel Lecourtois, Pierre Mondy, Marthe Mercadier…

Scénario : Jacques Companéez, Christian-Jaque, Jacques Prévert, Henri Jeanson, Pierre Véry & Pierre Prévert

Photographie : Christian Matras

Musique : Joseph Kosma

Durée : 2h01

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Nous voici aux objets trouvés de Paris… Comment tant de choses banales ou singulières sont-elles échouées ici ? À la suite de quel drame, de quelle comédie ? Florence, mannequin, se fait photographier dans les salles égyptiennes du musée du Louvre quand elle rencontre Philippe et le début d’un nouvel amour… Jean-Pierre invétéré séducteur, ment avec poésie non pas pour être aimé pour lui-même mais pour ce qu’il n’est pas… Tous les journaux en ont parlé à l’époque, Gérard de Lancey, interné par sa famille pour ses extravagances et sa folle prodigalité s’évadait de l’asile… Raoul, agent de la circulation amoureux de l’épicière du quartier, monte un plan pour la séduire…

Sur Homepopcorn.fr, nous avons déjà longuement parlé du réalisateur Christian-Jaque (1904-1994) à travers nos chroniques consacrées à Si tous les gars du monde…, La Tulipe Noire, Les Bonnes causes, L’Enfer des anges et La Chartreuse de Parme. Pour la quatrième fois, Coin de Mire Cinéma nous permet de redécouvrir l’une de ses œuvres méconnues et ce malgré un casting exceptionnel, Souvenirs perdus (1950). Rendez vous compte, Danièle Delorme, Gérard Philipe, Pierre Brasseur, Edwige Feuillère, Bernard Blier, Yves Montand, Suzy Delair, François Périer, Pierre Mondy et bien d’autres apparaissent au fil des quatre sketches qui composent le film ! Quatre segments indépendants liés par un fil rouge, celui d’une caméra plongée dans les dédales de la section des Objets Trouvés de la Préfecture de Police située au 36 rue des Morillons dans le XVe arrondissement, métro Convention. Une voix-off, celle du chansonnier Robert Rocca, s’adresse aux spectateurs dans ce « temple de l’étourderie », ce « musée de la distraction ». Comment ces objets sont-ils apparus ici ? A la suite de quel drame ou de quel vaudeville ? Souvenirs perdus va se focaliser sur quatre objets en particulier et à travers eux, révéler leur histoire et leur provenance. Ainsi une statue d’Osiris, une couronne mortuaire en perles de verre, une cravate de fourrure et un violon vont dresser le portrait d’hommes et de femmes, résumer un pan de ces vies respectives. C’est ici l’occasion pour Christian-Jaque de se confronter à quatre genres réunis en un seul, puisque comme l’indiquait la promo d’époque, Souvenirs perdus est à la fois « une histoire sentimentale, loufoque, pathétique et souriante », offrant aux comédiens l’opportunité de réaliser de fabuleux numéros.

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Test DVD / C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule !, réalisé par Jacques Besnard

C’EST PAS PARCE QU’ON A RIEN À DIRE QU’IL FAUT FERMER SA GUEULE ! réalisé par Jacques Besnard, disponible en DVD et Blu-ray le 14 avril 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Bernard Blier, Michel Serrault, Jean Lefebvre, Tsilla Chelton, Marion Game, Gérard Jugnot, Popeck, Max Amyl, Christian Clavier…

Scénario : Jacques Besnard & Jean Halain, d’après une idée de Christian Clavier, Gérard Jugnot & Thierry Lhermitte

Photographie : Jean-Pierre Baux

Musique : Gérard Calvi

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Deux truands minables, Max et Riton travaillent dans le vol de voitures, dirigés par un «cerveau», Phano. Leur maladresse est telle que Phano songe à les renvoyer. Pourtant, il a besoin d’eux pour le «coup du siècle» : le cambriolage de la caisse de retraite de la SNCF, dont le coffre est, au sous-sol de la gare de l’Est, dans une salle mitoyenne des toilettes. Il suffit de percer la cloison d’une cabine. Phano, Max et Riton vont se succéder dans cette cabine en utilisant des déguisements divers pour ne pas se faire remarquer de «Madame Pipi», la préposée aux toilettes.

A part pour les spécialistes de la comédie française, le nom de Jacques Besnard (1929-2013) demeure obscur et pour ne pas dire inconnu. Pourtant, ce réalisateur et ancien assistant d’André Hunebelle sur les deux premiers Fantômas et les OSS 117 possède un hit dans la dizaine de films qu’il signera entre 1966 et 1982, Le Grand restaurant, son premier long-métrage, avec Louis de Funès dans la peau de Monsieur Septime, immense succès populaire avec près de quatre millions d’entrées. Le reste de sa filmographie se compose tout de même de quelques pépites à l’instar du Fou du labo 4 (1967) et La Situation est grave…mais pas désespérée (1975). Mais il y en a une autre qui a toujours fait la quasi-unanimité auprès des spectateurs, il s’agit de C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule !, le troisième plus grand succès du metteur en scène derrière Le Grand restaurant donc et Le Jour de gloire (2 millions d’entrées). Derrière cette comédie au titre « Audiardesque » et vraisemblablement inspirée du PigeonI Soliti Ignoti (1958) de Mario Monicelli, se cachent en réalité Christian Clavier, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte, des jeunes comédiens et auteurs de 22 ans, qui venaient de former leur troupe du Splendid, et qui font d’ailleurs ici l’une de leurs premières apparitions au cinéma. C’est à eux que l’on doit l’idée géniale de ce casse malin et original, qui offre au trio vedette, Bernard Blier – Jean Lefebvre – Michel Serrault, l’occasion d’arborer de multiples déguisements, qui ont fait la renommée du film. Porté par ces merveilleux comédiens, auxquels s’ajoute bien sûr Tsilla Chelton dans le rôle culte de « Madame Pipi », C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! demeure une vraie madeleine, une fantaisie dont on ne se lassera jamais.

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Test Blu-ray / L’Enfer des anges, réalisé par Christian-Jaque

L’ENFER DES ANGES réalisé par Christian-Jaque, disponible en combo DVD/Blu-ray le 21 octobre 2020 chez Pathé.

Acteurs : Louise Carletti, Jean Claudio, Lucien Gallas, Serge Grave, Marcel Mouloudji, Félix Claude, Berthe Tissen, Robert Rollis, Sylvia Bataille, Bernard Blier…

Scénario : Pierre Véry, Pierre Laroche, Pierre Ramelot

Photographie : Otto Heller

Musique : Henri Verdun

Durée : 1h34

Année de sortie : 1941

LE FILM

Lucette, une jeune fille évadée d’une maison de redressement, rencontre un jeune garçon battu ayant perdu la mémoire. Elle le prénomme Lucien et s’attache à lui. Tous les deux cherchent à s’intégrer tant bien que mal à la population misérable d’un bidonville de l’est parisien.

Chef d’oeuvre incontournable du cinéma français de la fin des années 1930, Les Disparus de Saint-Agil, réalisé par Christian-Jaque (1904-1994), est adapté du roman éponyme de Pierre Véry publié en 1935. L’oeuvre de l’écrivain demeure l’une de ses plus grandes réussites avec Goupi-Mains rouges et L’Assassinat du Père-Noël, également transposés avec succès au cinéma. Rétrospectivement, Les Disparus de Saint-Agil rend compte de l’état d’esprit de la société française, plus particulièrement du point de vue innocent des enfants, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Après ce succès, le cinéaste enchaîne trois longs métrages, Ernest le rebelle (1938) et Raphaël le tatoué (1938) avec Fernandel, puis Le Grand Elan (1939) avec Charpin. Puis, l’idée lui vient de refaire un film avec des enfants après avoir découvert les enquêtes d’Alexis Danan, journaliste alors en vogue au début des années 1940 dont les écrits sont entre autres publiés dans Paris-Soir. Engagé dans la défense des droits des enfants, Alexis Danan révèle la misère sociale en France, plus particulièrement le sort réservé aux plus jeunes, les victimes innocentes de la société dont il reste l’un des plus fervents défenseurs. Bouleversé par ces découvertes et ces articles, Christian-Jaque y voit là l’occasion de traiter ce sujet qui lui tient également à coeur. Pour cela, il décide de s’entourer de la même équipe que Les Disparus de Saint-Agil à savoir Pierre Véry, chargé ici du scénario, Henri Verdun à la musique, mais surtout en reprenant une partie des enfants qui tenaient la vedette dans le film précédent. Seulement le désir de Christian-Jaque est de s’éloigner de l’ambiance quasi-fantastique, qu’il avait adopté pour aborder le point de vue d’adolescents pensionnaires d’un internat dans Les Disparus de Saint-Agil, pour évoquer frontalement la situation de l’enfance meurtrie. Un carton l’indique en introduction « ce film expose dans sa cruelle vérité la détresse de l’enfance abandonnée, sans guide, sans défense, sans tendresse dans la vie ». En résulte un film d’une noirceur incroyable, pessimiste en diable. L’Enfer des anges est aussi et surtout un chef d’oeuvre bouleversant et désenchanté, magnifiquement photographié et merveilleusement interprété, notamment par la sublime Louise Carletti, déesse qui survit tant bien que mal dans les taudis qui entourent la capitale.

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Test Blu-ray (édition Gaumont) / Le Président, réalisé par Henri Verneuil

LE PRÉSIDENT réalisé par Henri Verneuil, disponible en DVD et Blu-ray le 3 juin 2020 chez Gaumont.

Acteurs : Jean Gabin, Bernard Blier, Renée Faure, Henri Crémieux, Alfred Adam, Louis Seigner, Georges Adet, Albert Michel…

Scénario : Michel Audiard, Henri Verneuil d’après le roman de Georges Simenon

Photographie : Louis Page

Musique : Maurice Jarre

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Agé de 73 ans, l’ancien Président du Conseil Emile Beaufort joue toujours un rôle central dans la vie politique du pays. La rédaction de ses mémoires lui permet de revenir sur son parcours et d’évoquer ses relations avec Philippe Chamalont, sur le point de devenir à son tour Président du Conseil.

Emile Beaufort (Jean Gabin) : Je suis un mélange d’anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer.

N’y allons pas par quatre chemins, Le Président est l’un des plus beaux et l’un des plus grands rôles de Jean Gabin. Adapté du roman de Georges Simenon, mis en scène par Henri Verneuil, sa seconde collaboration avec le monstre du cinéma français, cinq ans après le merveilleux Des gens sans importance (1956), Le Président demeure toujours autant d’actualité puisque le film évoque la formation de l’Europe, la condamnation des rapports étroits entre les députés et le monde des affaires ou de l’industrie, ainsi qu’une crise économique sans précédent. Littéralement habité par son personnage, Jean Gabin donne la (fabuleuse et écrite sur mesure) réplique au phénoménal Bernard Blier, dirigé pour la première fois par Henri Verneuil. Du grand cinéma quoi !

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Test Blu-ray / La Chasse à l’homme, réalisé par Edouard Molinaro

LA CHASSE À L’HOMME réalisé par Edouard Molinaro, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Jean-Claude Brialy, Françoise Dorléac, Marie Laforêt, Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Hélène Duc, Bernadette Lafont, Francis Blanche, Bernard Blier, Mireille Darc, Micheline Presle, Michel Serrault…

Scénario : France Roche d’après une histoire originale d’Albert Simonin, Yvon Guézel et Michel Duran.

Photographie : Andréas Winding

Musique : Michel Magne

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Toni, brillant affichiste et séduisant célibataire, va se marier. Mais son ami Julien est contre son mariage et contre le mariage en général, ayant été victime d’un horrible traquenard tendu par sa jeune secrétaire. Julien va s’employer à tout faire pour convaincre son ami de ne pas se laisser passer la corde au cou…

Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy, Françoise Dorléac, Marie Laforêt, Claude Rich, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Bernadette Lafont, Micheline Presle, Michel Serrault, Bernard Blier, Francis Blanche, Mireille Darc, Noël Roquevert, Jacques Dynam, Henri Attal, Dominique Zardi…quel casting ! Tous les espoirs du cinéma français étaient réunis dans La Chasse à l’homme, réalisé par Edouard Molinaro en 1964, sur un scénario écrit par la journaliste et critique de cinéma France Roche. Resplendissants de jeunesse, ces acteurs et actrices magnifiques se confrontent et s’entrechoquent dans cette comédie de boulevard, qui prend l’apparence d’un film à sketches, sans en être un véritablement, mais qui repose sur un fil rouge, celui d’un célibataire endurci qui se laisse passer la bague au doigt, malgré les tentations d’infidélité qui se multiplient. La Chasse à l’homme est une succession de situations cocasses sur le thème de la séduction et du mariage, où les comédiennes, qui ont ici le beau rôle, rivalisent de beauté et de fraîcheur, la palme revenant aux deux soeurs, les sublimes Catherine Deneuve et Françoise Dorléac.

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Test Blu-ray / Le Tueur, réalisé par Denys de La Patellière

LE TUEUR réalisé par Denys de la Patellière, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 14 octobre 2019 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Jean Gabin, Bernard Blier, Fabio Testi, Ushi Glas, Felix Marten, Jacques Richard, Gérard Depardieu, Ginette Garcin, Jacques Debary…

Scénario : Denys de La Patellière, Pascal Jardin

Photographie : Claude Renoir

Musique : Hubert Giraud

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Quand l’assassin Georges Gassot parvient à s’évader d’un asile, le commissaire Le Guen, responsable de son arrestation, se remet à sa poursuite. Toutefois, Le Guen doit, cette fois, s’adapter aux méthodes modernes de son supérieur François Le Tellier alors que Gassot tue de nombreuses personnes sur son passage.

Près de cent films tournés en cinquante ans, une carrière comme il n’y en aura probablement plus. Jean Gabin (1904-1976) restera l’un des comédiens français ayant attiré le plus de spectateurs dans les salles avec Fernandel, Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo et Bourvil. Si l’on regarde en arrière, il collaborera la plupart du temps avec les cinéastes en qui il avait entièrement confiance, comme Julien Duvivier, Jean Renoir, Jean-Paul le Chanois, Henri Verneuil, Gilles Grangier, Jean Delannoy. L’une de ses associations les plus prolifiques de sa carrière reste celle démarrée à la fin des années 1950 avec le réalisateur Denis Dubois de La Patellière aka Denys de la Patellière (1921-2013). Six films réuniront le comédien et le metteur en scène : Les Grandes Familles (1958), Rue des prairies (1959), Le Tonnerre de Dieu (1965), Du Rififi à Paname (1966), Le Tatoué (1968) et Le Tueur (1972). Un tandem gagnant qui attirera près de 18 millions de français. Le dernier film qu’ils tourneront ensemble – et l’avant-dernier réalisé par Denys de la Patellière pour le cinéma – restera pourtant le vilain petit canard. Soyons honnêtes, Le Tueur est probablement l’un des plus mauvais films interprétés par Jean Gabin.

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Test Blu-ray / Le Retour du Grand Blond, réalisé par Yves Robert

LE RETOUR DU GRAND BLOND réalisé par Yves Robert, disponible en Blu-ray depuis le 4 juin 2014 chez Gaumont

Acteurs : Pierre Richard, Mireille Darc, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Michel Duchaussoy, Colette Castel, Paul Le Person…

Scénario : Yves Robert, Francis Veber

Photographie : René Mathelin

Musique : Vladimir Cosma

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Le capitaine Cambrai est certain que le colonel Toulouse a utilisé le maladroit François Perrin pour se débarrasser de Milan, son collègue. Cambrai va alors tout mettre en oeuvre pour rassembler des preuves démontrant que « Le Grand Blond » n’est pas un agent secret, mais bien un pauvre malchanceux s’étant retrouvé dans des situations au mauvais endroit, au mauvais moment… Toulouse prend donc à présent pour cible le pauvre violoniste.

Fort du succès du Grand Blond avec une chaussure noire, son plus gros hit au box-office depuis le triomphe de La Guerre des boutons en 1962, Yves Robert enchaîne avec Salut l’artiste, qui ne rencontre pas son public. Désireuse de renflouer ses caisses, la Gaumont lui commande une suite au Grand Blond qui devra sortir pour les fêtes de Noël 1974. Le cinéaste et son coscénariste-dialoguiste Francis Veber s’attellent à la tâche, une gageure puisque le premier épisode n’appelait pas forcément une séquelle. Pourtant, les deux collaborateurs parviennent à reprendre le train en marche en écrivant la suite immédiate au premier film, trois mois plus tard précisément.

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Test Blu-ray / Le Grand Blond avec une chaussure noire, réalisé par Yves Robert

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE réalisé par Yves Robert, disponible en Blu-ray depuis le 4 juin 2014 chez Gaumont

Acteurs : Pierre Richard, Mireille Darc, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Colette Castel, Paul Le Person…

Scénario : Yves Robert, Francis Veber

Photographie : René Mathelin

Musique : Vladimir Cosma

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

François Perrin, arrive à Orly avec aux pieds une chaussure marron et l’autre noire. Une aubaine pour Perrache, adjoint du colonel Toulouse, chef d’un service secret, que ce jeune violoniste fantasque. Il le choisit, pour jouer à ses dépends, le rôle d’un redoutable espion international. Toulouse, las de défendre sa place contre son très ambitieux adjoint Milan, a décidé de s’en débarrasser une fois pour toutes, en le lançant sur une fausse piste.

Il jette du pain aux canards ? Oh merde…

Le Grand Blond avec une chaussure noire est un des plus grands classiques de la comédie française des années 1970. Jusqu’alors cantonné dans des seconds rôles (Un idiot à Paris), Pierre Richard fait une prestation remarquée dans Alexandre le bienheureux, réalisé par Yves Robert en 1968. Ce dernier repère le comique visuel de l’acteur et l’encourage à exploiter son personnage burlesque dans la lignée de ses modèles Buster Keaton et Chaplin. C’est grâce au cinéaste que Pierre Richard passe donc derrière la caméra en 1970 avec Le Distrait, produit par Yves Robert et joli succès dans les salles avec près d’1,5 million de spectateurs. S’ensuivent Les Malheurs d’Alfred, remarquable comédie, cette fois encore mise en scène et interprétée par Pierre Richard, encore un succès, et Le Grand Blond avec une chaussure noire avec lequel le comédien retrouve Yves Robert.

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Test Blu-ray / Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?, réalisé par Ettore Scola

NOS HÉROS RÉUSSIRONT-ILS À RETROUVER LEUR AMI MYSTÉRIEUSEMENT DISPARU EN AFRIQUE ? (Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l’amico misteriosamente scomparso in Africa ?) réalisé par Ettore Scola, disponible en Édition Digibook Collector Blu-ray + DVD + Livret le 7 novembre 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs : Alberto Sordi, Bernard Blier, Manuel Zarzo, José María Mendoza, Erika Blanc, Franca Bettoia, Alfredo Marchetti…

Scénario : Agenore Incrocci, Furio Scarpelli, Ettore Scola

Photographie : Claudio Cirillo

Musique : Armando Trovajoli

Durée : 2h02

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Un homme d’affaires fatigué de son travail, de sa famille et de sa vie part à la recherche de son beau-frère disparu en Afrique quelques années plus tôt, entraînant dans cette quête son comptable qui n’en demandait pas tant. Et quand après de très nombreuses aventures, ils retrouveront, finalement, leur ami devenu chef de tribu, se posera la question de le ramener dans ce qu’on appelle la civilisation…

Quel film se cache derrière ce titre à rallonge typique des romans-feuilletons, Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? ou bien encore en version originale Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l’amico misteriosamente scomparso in Africa ? Un des bijoux méconnus du grand Ettore Scola. Réalisée en 1968, cette comédie grinçante s’inspire en réalité de l’histoire de Walt Disney intitulée Topolino e il Pippotarzan, dessinée par l’artiste italien, vénitien plus précisément, Romano Scarpa, dans laquelle Dingo (Pippo en Italie) part en Afrique avec Mickey (Topolino) afin de retrouver son frère Pappo, disparu sans laisser de trace. Si Ettore Scola et ses co-scénaristes, les maîtres Age & Scarpelli, prennent évidemment quelques libertés avec le récit original, ils n’en conservent pas moins les grands traits, y compris son dénouement. Dans le film Alberto Sordi (toujours aussi génial et hilarant) incarne Fausto Di Salvio, un bourgeois fier de ce qu’il est devenu, inculte et arrogant, un éditeur de renom qui profite allègrement du miracle économique de son pays. En apparence seulement, car Fausto s’ennuie dans son travail et surtout dans sa vie privée, notamment avec sa femme, avec qui il n’a plus aucune intimité.

« Nous recherchons mon beau-frère…mais nous nous recherchons aussi nous-mêmes ! »

Contraint de partir en Afrique, continent qui l’a toujours fasciné, Fausto emmène avec lui Umbaldo Palmarini, son comptable et homme à tout faire – Bernard Blier, qui retrouve Sordi pour la troisième fois à l’écran – pour chercher et ramener en Italie son beau-frère Oreste Sabatini (Nino Manfredi) qui du jour au lendemain est parti s’installer en Angola, parmi une communauté africaine, en quittant sa femme et sa vie de bourgeois romain. Là-bas, à la fois perdu géographiquement et culturellement, Fausto, homme moderne déboussolé se heurte à un nouveau monde qui lui permettra de repartir sur de nouvelles bases, de faire le point sur sa propre vie, monotone malgré ses succès. Quelle aurait été la vie de Fausto si cette possibilité d’évasion ne s’était pas offerte à lui ?

Le personnage, très attiré par le continent africain, évolue à l’écran en deux heures. Il passera du personnage détestable (il filme tout ce qui se présente à lui, comme s’il tournait un documentaire animalier), raciste et colonialiste (on pense alors fortement à Tintin au Congo), mais malgré tout comique puisqu’il ne comprend rien et ignore tout de ce pays, à l’homme mature qui tentera de dénoncer notamment la traite des noirs. Pour son périple, un parcours initiatique même, Ettore Scola opte pour la comédie d’aventure pour dénoncer le thème du colonialisme à travers une mise en scène inventive et astucieuse, profitant également de la beauté majestueuse de ses décors naturels avec des prises de vue effectuées à Luanda, capitale de l’Angola, par ailleurs toujours sous domination portugaise à l’époque.

Le scénario est un vrai bijou, très intelligent, caustique et engagé, tous comme les savoureux dialogues signés Furio Scarpelli. Pour la petite histoire, alors qu’il entreprend de se doubler lui-même en français, Bernard Blier se rend compte que les dialogues ont changé et le propos adoucis, à tel point que les responsables de cette adaptation avaient purement et simplement gommé toute la dimension anticolonialiste du film. Le comédien prévient alors Ettore Scola qui fait stopper immédiatement la post-synchronisation, puis la sortie hexagonale en raison de cette censure réalisée dans son dos. Sensationnelle comédie ironique, Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? mettra dix ans pour être enfin exploité dans les salles françaises.

LE BLU-RAY

Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? avait connu une première édition DVD en novembre 2007 chez M6 Vidéo, dans sa collection Les Maîtres italiens SNC. Le film d’Ettore Scola débarque en Blu-ray, toujours chez le même éditeur, qui a concocté à cette occasion un Digibook Collector Blu-ray + DVD + Livret de 24 pages écrit par Laurent Bourdon. Le menu principal est animé et musical.

Une interview particulière, une rencontre avec Ettore Scola (53’) : Ce documentaire réalisé pour la chaîne publique italienne Rai, déjà disponible sur l’édition DVD, mélange extraits de films d’Ettore Scola, images du réalisateur et de ses acteurs (Sergio Castellito, Diego Abatantuono…) en plein travail sur le tournage de Concorrenza sleale (réalisé en 2001), et une interview accordée par le réalisateur italien qui revient notamment sur ses débuts en tant que scénariste. Il explique ce qu’il a appris avec chacun de ses confrères, du cinéaste Dino Risi aux scénaristes Age et Scarpelli en passant par l’acteur Massimo Troisi. Un entretien profond qui aborde plusieurs thèmes avec intérêt et qui dresse le portrait d’un cinéaste surdoué.

De la BD au grand écran par l’auteur de BD Charles Berbérian (20’) : Réalisé à l’occasion de cette nouvelle édition, cet entretien permet d’en savoir plus sur la genèse de Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?, en particulier sur la bande-dessinée Topolino e il Pippotarzan de Romano Scarpa dont le film de Scola est en réalité un détournement. Si Charles Berbérian se penche sur les thèmes, sur la sortie reculée du film pendant dix ans, l’auteur s’égare quelque peu du sujet qui nous intéresse en parlant des adaptations de bandes-dessinées dans les années 60. Finalement, ce module bifurque maladroitement sur la promotion de son livre Cinerama, les meilleurs plus mauvais films.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce et le teaser.

L’Image et le son

Voici donc le master restauré 2K de Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?. L’image est plus qu’impeccable et le superbe générique l’atteste d’emblée. C’est net, les couleurs sont vives, étincelantes, les contrastes solides et les détails sont très appréciables. La propreté est également impressionnante, le grain original respecté, le piqué acéré et l’apport HD non négligeable sur les splendides paysages africains.

La piste mono italienne a été restaurée avec précision. Toutefois, les dialogues y sont moins dynamiques que sur la piste française, même si la merveilleuse partition musicale d’Armando Trovajoli, très représentative du film, est très bien lotie. Certains bruitages (comme les envolées de baffes) sont poussés à l’extrême et rappellent les films du duo Hill & Spencer. Le mixage français, également restauré (Bernard Blier se double lui-même), est plus criard avec des échanges trop mis à l’avant, au détriment des ambiances naturelles. L’éditeur joint également les sous-titres destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © SNC (Groupe M6) / SND / M6 Vidéo / Fondazione Scuola Nazionale Di Cinema / Rai Trade /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr