Test DVD / C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule !, réalisé par Jacques Besnard

C’EST PAS PARCE QU’ON A RIEN À DIRE QU’IL FAUT FERMER SA GUEULE ! réalisé par Jacques Besnard, disponible en DVD et Blu-ray le 14 avril 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Bernard Blier, Michel Serrault, Jean Lefebvre, Tsilla Chelton, Marion Game, Gérard Jugnot, Popeck, Max Amyl, Christian Clavier…

Scénario : Jacques Besnard & Jean Halain, d’après une idée de Christian Clavier, Gérard Jugnot & Thierry Lhermitte

Photographie : Jean-Pierre Baux

Musique : Gérard Calvi

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Deux truands minables, Max et Riton travaillent dans le vol de voitures, dirigés par un «cerveau», Phano. Leur maladresse est telle que Phano songe à les renvoyer. Pourtant, il a besoin d’eux pour le «coup du siècle» : le cambriolage de la caisse de retraite de la SNCF, dont le coffre est, au sous-sol de la gare de l’Est, dans une salle mitoyenne des toilettes. Il suffit de percer la cloison d’une cabine. Phano, Max et Riton vont se succéder dans cette cabine en utilisant des déguisements divers pour ne pas se faire remarquer de «Madame Pipi», la préposée aux toilettes.

A part pour les spécialistes de la comédie française, le nom de Jacques Besnard (1929-2013) demeure obscur et pour ne pas dire inconnu. Pourtant, ce réalisateur et ancien assistant d’André Hunebelle sur les deux premiers Fantômas et les OSS 117 possède un hit dans la dizaine de films qu’il signera entre 1966 et 1982, Le Grand restaurant, son premier long-métrage, avec Louis de Funès dans la peau de Monsieur Septime, immense succès populaire avec près de quatre millions d’entrées. Le reste de sa filmographie se compose tout de même de quelques pépites à l’instar du Fou du labo 4 (1967) et La Situation est grave…mais pas désespérée (1975). Mais il y en a une autre qui a toujours fait la quasi-unanimité auprès des spectateurs, il s’agit de C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule !, le troisième plus grand succès du metteur en scène derrière Le Grand restaurant donc et Le Jour de gloire (2 millions d’entrées). Derrière cette comédie au titre « Audiardesque » et vraisemblablement inspirée du PigeonI Soliti Ignoti (1958) de Mario Monicelli, se cachent en réalité Christian Clavier, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte, des jeunes comédiens et auteurs de 22 ans, qui venaient de former leur troupe du Splendid, et qui font d’ailleurs ici l’une de leurs premières apparitions au cinéma. C’est à eux que l’on doit l’idée géniale de ce casse malin et original, qui offre au trio vedette, Bernard Blier – Jean Lefebvre – Michel Serrault, l’occasion d’arborer de multiples déguisements, qui ont fait la renommée du film. Porté par ces merveilleux comédiens, auxquels s’ajoute bien sûr Tsilla Chelton dans le rôle culte de « Madame Pipi », C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! demeure une vraie madeleine, une fantaisie dont on ne se lassera jamais.

Max (Michel Serrault) et Riton (Jean Lefebvre), deux voyous minables, agissent sous les ordres de Phano (Bernard Blier). Après un casse raté, ce dernier les congédie avant de les rappeler pour leur proposer le plus gros coup du siècle : voler les fonds de la caisse de retraite de la SNCF entreposés dans un coffre-fort sous la gare de l’Est à Paris. Pour pouvoir voler l’argent, ils doivent ouvrir le coffre en pratiquant une ouverture dans le mur mitoyen situé dans les toilettes de la gare. Mais afin de ne pas éveiller les soupçons de « Madame Pipi », ils doivent agir sous divers déguisements successifs. Dans une camionnette garée aux abords de la gare, ils entreposent de multiples déguisements et se débrouillent pour descendre dans les toilettes de la gare par intervalles de 3 minutes pour se relayer dans la cabine no 3 et forer patiemment un trou dans le mur. Les toilettes étant très fréquentées, ils doivent en permanence ruser pour empêcher quʼun autre client utilise la cabine et ne les repère. Mais évidemment, tout ne va pas se dérouler aussi bien que prévu.

Jacques Besnard était fidèle à ses comédiens, qui le lui rendaient bien. Ainsi, le réalisateur collaborera trois fois avec Bernard Blier, quatre fois avec Michel Serrault et cinq fois avec Jean Lefebvre. Déjà en 1967, les trois acteurs étaient réunis devant sa caméra dans Le Fou du labo 4, dans lequel Jean Lefebvre incarnait un scientifique qui en travaillant sur la mise au point d’un gaz de vérité, et sous les ordres de son supérieur M. Granger (Michel Serrault donc), découvrait en réalité un gaz euphorisant, capable de neutraliser l’ennemi, dont voulait s’emparer un secrétaire de direction lié à un gang, interprété par Bernard Blier. Après ce joli succès dans les salles, Jacques Besnard devient l’assistant de Gérard Oury sur La Folie des grandeurs de Gérard Oury (1971) et Les Aventures de Rabbi Jacob (1973) de Gérard Oury, avant de revenir derrière la caméra pour La Belle Affaire, pour lequel il retrouvait Michel Serrault. C’est l’année suivante qu’il emballe C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule !, comédie boulevardière par excellence qui sort sur les écrans le 22 janvier 1975 et attire près d’un million de français dans les cinémas.

Près de cinquante ans après, on suit toujours avec le même sourire et la même sympathie cette succession de petits sketchs où le trio arbore les costumes de plombier, de contrôleur SNCF, de pêcheur, de Lord britannique, de commandant de l’aéropostale, de hippie, de marin, de facteur, d’artiste, d’Écossais, d’homme d’affaires, de Bavarois, de marin-pêcheur, de vacancier et de moine. Il y a évidemment ce petit truc innocent qui renvoie forcément à l’enfance et de voir ces quinquagénaires – même si Michel Serrault était le plus jeune de ces Pieds Nickelés – s’amuser comme des gamins est contagieux et la mécanique du scénario bien rodée. Si l’on ajoute à tout cela des dialogues ciselés et écrits par Jean Halain et Albert Kantoff, ainsi que la légendaire musique du grand Gérard Calvi, C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! reste à n’en point douter une référence et même un film culte.

LE DVD

Inédit dans les bacs français, C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! débarque en DVD et en Blu-ray chez LCJ Editions & Productions. Si nous n’avons pas pu avoir l’édition HD entre les mains, nous sommes déjà heureux de posséder enfin ce classique de la comédie française en édition Standard. Le visuel de la jaquette, repris d’ailleurs pour le menu principal (fixe et musical), est issu d’une des affiches d’exploitation.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Le master est propre, rien à redire là-dessus. En revanche, le film de Jacques Besnard n’a jamais brillé pour sa photographie, signée Jean-Pierre Baux (Zig Zig de László Szabó, Le Mâle du siècle de Claude Berri), qui reste et restera terne et grisâtre. Le générique est un peu plus problématique avec une définition plus chancelante. Attention également aux nombreux moirages occasionnés par le costume rayé de Jean Lefebvre au début du film ou celui du Lord britannique porté par Michel Serrault. Toujours est-il que l’image est identique que lorsque C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! était (re)diffusé à la télévision.

Une piste Dolby Digital Mono 2.0 de fort bon acabit, propre, suffisamment dynamique et délivrant les dialogues et la partition de Gérard Calvi avec une belle fermeté.

Crédits images : © LCJ Editions & Productions / Studiocanal / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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