Test Blu-ray / Échappement libre, réalisé par Jean Becker

ÉCHAPPEMENT LIBRE réalisé par Jean Becker, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Gert Fröbe, Jean Seberg, Jean-Pierre Marielle, Fernando Rey, Enrico Maria Salerno, Wolfgang Preiss, Diana Lorys…

Scénario : Jean Becker, Daniel Boulanger, Didier Goulard, Claude Sautet & Maurice Fabre, d’après le roman de Clet Coroner

Photographie : Edmond Séchan

Musique : Gregorio García Segura & Martial Solal

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Officiellement journaliste, David Ladislas mène une double vie. Sous prétexte d’un reportage sur la haute couture, il réussit à faire passer en Suisse des diamants cachés dans un appareil photo. De ses commanditaires, il accepte une nouvelle mission, beaucoup plus délicate : transporter au Liban 300 kilos d’or, dissimulés dans la carrosserie d’une voiture de sport. Trop risqué pour son partenaire habituel que ses employeurs remplacent par Olga, une séduisante jeune femme que David essaie de rallier à sa cause quand lui vient l’irrépressible envie de détourner la marchandise à son profit…

Comme réaliser une accroche immédiate pour parler d’Échappement libre de Jean Becker ? On pourrait appeler ce film À bout de souffle 2 ou L’Homme de Rio 2, quand Belmondo devient Bébel dans ce deuxième long métrage du réalisateur Jean Becker. Le comédien retrouve ici Jean Seberg dans cette comédie débridée qui emmène le couple en Suisse, au Liban, en Grèce, en Espagne et en Italie. La star court partout, les potes Jean-Pierre Marielle et Michel Beaune sont de la partie, le rythme va à cent à l’heure et surtout, on ne peut pas s’empêcher de dire en regardant le couple vedette « Qu’est ce qu’ils étaient beaux bordel ! ». Repassons en mode « pro » en indiquant que Jean-Paul Belmondo et Jean Becker avaient déjà collaboré en 1961 sur Un nommé La Rocca, d’après le roman de José Giovanni L’Excommunié, qui n’avait pas rencontré le succès estimé avec pourtant 1,2 millions de spectateurs. Les deux hommes avaient promis de se retrouver pour de nouvelles aventures. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fantaisie sied mieux à Jean Becker que le ton sombre des séries noires. Échappement libre marque avant tout les retrouvailles du couple mythique d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard, quatre ans après l’explosion de la Nouvelle vague. Le premier hit au box-office de Jean Becker (le film a réuni près de deux millions de français dans les salles) est une comédie on ne peut plus plaisante, qui avec son histoire de voiture « blindée » d’or destinée à être convoyée d’un pays à l’autre, annonce étrangement Le Corniaud, qui ne sortira pourtant sur les écrans que six mois plus tard. Autant dire que la redécouverte d’Échappement libre s’impose, d’autant plus que le film n’a été que peu diffusé contrairement à d’autres grands classiques.

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Test 4K UHD / L’Homme de Rio, réalisé par Philippe de Broca

L’HOMME DE RIO réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD, Blu-ray & 4K Ultra HD + Blu-ray le 23 mars 2024 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Françoise Dorléac, Jean Servais, Roger Dumas, Daniel Ceccaldi, Adolfo Celi, Milton Ribeiro, Simone Renant…

Scénario : Jean-Paul Rappeneau, Ariane Mnouchkine, Daniel Boulanger & Philippe de Broca

Photographie : Edmond Séchan

Musique : Georges Delerue

Durée : 2h05

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Adrien Dufourquet, un jeune soldat en permission, assiste, impuissant, à l’enlèvement de sa fiancée Agnès Villermosa par deux inconnus. Parallèlement, une statuette brésilienne d’une valeur inestimable est volée au musée de l’Homme. Sans réfléchir une seconde, Adrien se lance à la poursuite des ravisseurs de sa bien-aimée en montant clandestinement à bord d’un avion à destination de Rio de Janeiro. Sur place, il parvient à délivrer Agnès, complètement droguée. Mais le professeur Catalan envoie ses hommes enlever à nouveau Agnès après avoir dérobé la fameuse statuette à un riche homme d’affaires. Adrien vole à son secours dans la forêt amazonienne…

Soixante ans après sa sortie, que peut-on dire de nouveau sur L’Homme de Rio ? Cette adaptation peu dissimulée des Aventures des Tintin est et demeure LA référence du film d’aventures à la française (avec du sang belge dans les veines donc), étonnamment peu copiée, car il aurait fallu se lever de bonne heure pour l’égaler. Alors qu’il planchait sur la transposition cinématographique live des albums d’Hergé, Philippe de Broca, qui sortait du grand succès de Cartouche, abandonne ce projet original de Tintin et le Mystère de La Toison d’or, qui sera finalement réalisé par Jean-Jacques Vierne, pour plancher sur une sorte de détournement personnel, qui reprendra les codes et les motifs des albums du célèbre reporter et de son chien Milou. En effet, persuadé que le résultat ne sera jamais aussi bon à l’écran qu’à travers les cases de la BD et ce même après avoir déniché l’acteur Jean-Pierre Talbot qui interprétera Tintin en chair et en os, Philippe de Broca imagine un autre personnage calqué sur son modèle, ou presque, qui se lance à la poursuite de sa bien-aimée kidnappée et emmenée à l’autre bout de monde, avant de plonger dans une histoire quasi-fantastique et blindée de rebondissements. Ainsi naquit L’Homme de Rio, coécrit par le réalisateur lui-même avec son complice Jean-Paul Rappeneau, Daniel Boulanger et Ariane Mnouchkine. Porté par Jean-Paul Belmondo, omniprésent en 1964, délaissant momentanément la Nouvelle vague pour se consacrer au cinéma populaire (Cent Mille Dollars au soleil, Échappement libre, La Chasse à l’homme et Week-end à Zuydcoote sortent à quelques semaines d’intervalle) et la sublime Françoise Dorléac, alors au mi-temps de sa carrière éphémère qui allait être brisée des suites d’un accident de voiture qui l’emportera à l’âge de 25 ans, L’Homme de Rio est un film intemporel, un spectacle pour toute la famille, un chef d’oeuvre à voir et à revoir jusqu’à la fin des temps.

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Test DVD / Photo-souvenir, réalisé par Edmond Séchan

PHOTO-SOUVENIR réalisé par Edmond Séchan, disponible en DVD le 18 octobre 2022 chez Inser & Cut Production.

Acteurs : Jean-Claude Carrière, Vania Vilers, Bernard Le Coq, Danièle Aymé, Ginette Tacchella, Jean-Paul Venel, Marie-Claude Deviègue, Maurice Santal, Edmond Séchan…

Scénario : Jean-Claude Carrière & Edmond Séchan

Photographie : Guy Delattre

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h20

Date de diffusion initiale : 1978

LE TÉLÉFILM

Le professeur Quissard, spécialiste des transplantations cardiaques, est préoccupé par le sort de son ami qui doit recevoir une greffe du coeur. Il compte sur les accidents du week-end pour trouver un donneur. Entre ses mains, un appareil photo qui livre des images du futur…

En 1978, la même année que Le Franc-tireur de Maurice Failevic, Jean-Claude Carrière écrivait et interprétait cette fois Photo-souvenir. Également créé pour la petite lucarne, ce téléfilm fantastique n’a absolument rien à envier à des titres contemporains du style Time Lapse de Bradley King, dont l’histoire et le gimmick sont très proches. Photo-souvenir s’inscrit dans le cadre du programme Cinéma 16, une collection de téléfilms produits de 1975 à 1991 par FR3 et créée par Jack Jacquine, scénariste de La Cage de Pierre Granier-Deferre. Si certains réalisateurs de renom participeront à l’aventure comme Denys de La Patellière, Jean-Paul Le Chanois, Nina Companeez, Josée Dayan, Georges Franju, Édouard Molinaro et Joël Seria, d’autres moins connus se feront remarquer, à l’instar d’Edmond Séchan (1919-2002). Ce dernier fera essentiellement sa carrière en tant que directeur de la photographie, officiant chez Georges Lautner (Joyeuses Pâques), Henri Verneuil (Les Morfalous), Yves Ciampi (Le Ciel sur la tête), Claude Pinoteau (La Boum, La Septième cible), Gérard Oury (La Carapate), Jacques-Yves Cousteau (Le Monde du silence) et Philippe de Broca (L’Homme de Rio). Après divers courts-métrages (dont Le Haricot, récompensé au Festival de Cannes), il passe le cap du long format en 1960 avec L’Ours, dirige Jean Rochefort et Julien Guiomar dans Pour un amour lointain (1968), écrit par Jean-Claude Carrière (1969), dont le chef opérateur sera Edmond Séchan. Dix ans plus tard, les deux hommes se retrouvent donc pour Photo-souvenir, nommé au 6e festival d’Avoriaz et qui sera diffusé pour la première fois le 10 mai 1978 sur la troisième chaîne. Une grande découverte en ce qui nous concerne et dont la sortie en DVD devrait faire de nouveaux aficionados auprès des cinéphiles et passionnés de genre.

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