Test Blu-ray / La Belle de Rome, réalisé par Luigi Comencini

LA BELLE DE ROME (La Bella di Roma) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 28 avril 2026 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Alberto Sordi, Silvana Pampanini, Paolo Stoppa, Luisella Beghi, Betty Foa, Sergio Tofano, Bice Valori, Lina Volonghi…

Scénario : Edoardo Anton, Luigi Comencini, Ettore Maria Margadonna, Massimo Patrizi & Edoardo Anton

Photographie : Arturo Gallea

Musique : Nino Rota

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

À Rome. Mario, jeune boxeur impulsif, est envoyé en prison après une altercation avec un agent de police. Sa fiancée, la belle Nannina, se retrouve seule, livrée aux assiduités de deux prétendants. Oreste, son employeur, un veuf, n’hésite pas à la demander en mariage en lui promettant une vie de princesse. Gracco, son voisin, un tapissier dévot, la convoite avec une gourmandise qui n’a d’égale que la rigidité de ses principes…

Après les deux cartons successifs de Pain, Amour et Fantaisie Pane, amore e fantasia (1953) et Pain, Amour et Jalousie Pane, amore e gelosia (1954), avec respectivement 10,6 et 10,4 millions d’entrées en Italie, Luigi Comencini (1916-2007) laisse à Dino Risi le soin de réaliser le troisième volet Pain, amour, ainsi soit-ilPane, amore e… (1955), qui d’ailleurs ne connaîtra pas le même engouement, malgré ses 7,7 millions de spectateurs. Le cinéaste continue pourtant dans cette veine dite du néoréalisme rose, qui s’éloigne de la vision noire d’un Voleur de bicyclette ou d’un Umberto D., mais qui sous couvert de la comédie, continue de traiter de sujets sociaux et de la situation de son pays après la Seconde Guerre mondiale. Les réalisateurs se réinventent, espèrent attirer un public plus large avec ce genre plus populaire, sans pour autant renier leur engagement politique et mettre de côté leur critique de la société. Avant que la comédie dite “à l’italienne” explose véritablement avec Le Pigeon – I Soliti Ignoti (1958) de Mario Monicelli, Luigi Comencini enchaîne avec La Belle de Rome La Bella di Roma, véhicule de star pour Silvana Pampanini (1925-2016), Miss Italie 1946, qui devait incarner la beauté italienne et ce juste avant Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Très demandée par les cinéastes depuis la fin des années 1940 (Camillo Mastrocinque, Mario Mattoli, Carmine Gallone, Giorgio Ferroni, Pietro Germi, Luigi Zampa…), elle collabore pour la première fois avec Luigi Comencini dans La Traite des blanchesLa Tratta delle bianche (1952), bijou noir à redécouvrir sur le trafic de femmes. Trois ans plus tard, le réalisateur et la comédienne se retrouvent pour un film plus léger, La Belle de Rome. Mais sous ses allures de comédie, Luigi Comencini aborde cette fois encore des thèmes sérieux, comme le chômage, le travail des femmes, la réussite et l’ascension sociale, mais aussi l’hypocrisie de la religion et donc des croyants, l’infidélité…Tout cela condensé en 95 minutes, dans les magnifiques petites rues de Rome. La Belle de Rome n’est pas un incontournable de la carrière éclectique et prolifique de son auteur, les dialogues très abondants peuvent souvent fatiguer et l’ensemble manque sans doute d’originalité dans sa mise en scène, mais le film pose certaines bases sur lesquelles Luigi Comencini bâtira ses plus grands films à venir.

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Test Blu-ray / La Strada, réalisé par Federico Fellini

LA STRADA réalisé par Federico Fellini, disponible en Édition Blu-ray + Blu-ray bonus + Livret depuis le 6 mai 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Anthony Quinn, Giulietta Masina, Richard Basehart, Aldo Silvani, Marcella Rovena, Livia Venturini, Pietro Ceccarelli, Giovanna Galli…

Scénario : Federico Fellini, Ennio Flaiano & Tullio Pinelli

Photographie : Otello Martelli & Carlo Carlini

Musique : Nino Rota

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Gelsomina, une jeune femme naïve et généreuse, a été vendue par sa mère à un bateleur de foire brutal et obtus, Zampano, qui présente un numéro de briseur de chaînes sur les places publiques. À bord d’un étrange équipage – une moto à trois roues aménagée en roulotte – le couple sillonne les routes d’Italie, menant la rude vie des forains. Surgit Il Matto (le fou), violoniste et poète, qui seul sait parler à Gelsomina.

C’est pour ainsi dire là que tout a vraiment commencé pour Federico Fellini. La Strada est le troisième film et demi (et cela a son importance) du réalisateur, après Les Feux du music-hall Luci del varietà (1950), co-réalisé avec Alberto Lattuada, Le Cheik blancLo Sceicco bianco (1952, un échec commercial) et Les Vitelloni I vitelloni (1953). Ce dernier, grand succès, assure à Federico Fellini d’avoir carte blanche pour son prochain long-métrage, quand bien même les producteurs font la fine bouche devant le choix de Giulietta Masina, épouse du cinéaste, qu’il souhaite imposer pour tenir le rôle principal, là où les investisseurs (Carlo Ponti et Dino dDe Laurentiis) auraient largement préféré Sophia Loren ou Silvana Mangano. Le réalisateur a tenu bon, La Strada sera interprété par Anthony Quinn (qui la même année en Italie campera aussi le Hun Attila dans Attila, fléau de Dieu de Pietro Francisci) et donc Giulietta Masina. Point de barrière de la langue, la star américaine dira ses dialogues en anglais, tandis que sa partenaire verra ses répliques réduites au maximum, son époux privilégiant son visage et ses expressions dignes du cinéma muet. Résultat des courses, La Strada sera récompensé par le Lion d’argent à la Biennale de Venise, le Ruban d’argent de la meilleure réalisation, le Bodil du meilleur film européen, le: NYFCC Award du meilleur film étranger et pour couronner le tout, par l’Oscar du meilleur film étranger. Plus grand succès de son auteur dans nos contrées avec plus de 4,5 millions d’entrées (encore plus qu’en Italie où le film restera juste sous la barre des quatre millions), triomphe international, La Strada demeure sans doute le film le plus accessible de Federico Fellini, le plus universel, celui dont les personnages touchent le plus et bouleversent même à jamais.

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Test Blu-ray / La Loi, c’est la loi, réalisé par Christian-Jaque

LA LOI, C’EST LA LOI réalisé par Christian-Jaque, disponible en DVD & Blu-ray le 4 février 2025 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Totò, Fernandel, Nino Besozzi, Noël Roquevert, Leda Gloria, Nathalie Nerval, Luciano Marin, Albert Dinan…

Scénario : Jacques Emmanuel, Jean-Charles Tacchella, Christian-Jaque, Jean Manse, Agenore Incrocci & Furio Scarpelli

Photographie : Gianni Di Venanzo

Musique : Nino Rota

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Le village d’Assola est curieusement découpé par les méandres de la frontière franco-italienne. Le douanier français Ferdinand Pastorelli fait respecter la loi tandis que son ami d’enfance, le contrebandier Giuseppe La Paglia, ne cesse de la violer. De plus leur intimité est liée au fait que Giuseppe a épousé Antonietta la première femme de Ferdinand, lequel a convolé en secondes noces avec Hélène.

La filmographie de Christian-Jaque (1904-1994) semble être infinie et chaque année nous (re)découvrons moult pépites réalisées par l’intéressé, du début des années 1930 à la fin des années 1970. Ainsi, après Le Bidon d’or (son premier long-métrage), Adorables créatures, Fanfan la Tulipe, Souvenirs perdus, La Chartreuse de Parme, L’Enfer des anges, Les Bonnes causes, La Tulipe Noire et Si tous les gars du monde…, voici un autre indispensable de la carrière du cinéaste, La Loi, c’est la loi. Cette immense comédie réunit Fernandel et Totò, et pour cause, puisque l’action du film se déroule à la frontière – qui zigzague – franco-italienne, ou italo-française, cela dépend du point de vue. Enchaînement ininterrompu de rebondissements et de quiproquos, La Loi, c’est la loi est un modèle de divertissement pour toute la famille, magistralement écrit avec pas moins de six scénaristes à la barre, qui demeure une référence en la matière, à tel point que Dany Boon s’en inspirera pour Rien à déclarer, qui confrontait cette fois deux douaniers, un belge et un français. Auréolé d’un grand succès en 1958 avec 3,4 millions de spectateurs, une grande année pour Fernandel avec le triomphe de À Paris tous les deux et qui sera aussi suivi de ceux de La Vie à deux et Les Vignes du Seigneur, La Loi c’est la loi est un grand spectacle.

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Test Blu-ray / Le Prince esclave, réalisé par Pietro Francisci

LE PRINCE ESCLAVE (Le Meravigliose avventure di Guerrin Meschino) réalisé par Pietro Francisci, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre le 6 février 2024 chez Artus Films.

Acteurs : Gino Leurini, Leonora Ruffo, Aldo Fiorelli, Anna Di Leo, Camillo Pilotto, Tamara Lees, Ugo Sasso, Antonio Amendola…

Scénario : Raul De Sarro, Alessandro Ferraù, Fiorenzo Fiorentini, Pietro Francisci, Giorgio Graziosi & Weiss Ruffilli, d’après l’oeuvre d’Andrea Barberino

Photographie : Giovanni Ventimiglia

Musique : Nino Rota

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Un jeune garçon enlevé par des pirates puis vendu comme esclave se retrouve échanson à la cour de Constantinople, alors assiégée par les Turcs. Alors qu’un accord de paix est enfin trouvé, le jeune garçon a une vision, provoquée par un astrologue : il serait le fils du roi de Durazzo, enlevé jadis par le fils du Duc de Bourgogne. Il va se lancer dans une quête initiatique qui l’amènera à reconquérir son trône.

Oyez, oyez ! Mais qu’est-ce donc cette diablerie ? Le Prince esclave, ou plus longuement en version originale Le Meravigliose avventure di Guerrin Meschino (ça fait tout de suite plus classe) est un film d’aventure forcément vintage, puisque sorti en 1952, adapté (et il s’agit de la seule transposition cinématographique à ce jour) de l’oeuvre d’Andrea Barberino, composée de huit livres, et publiée pour la première fois à la fin du 15è siècle. Autant dire que la demi-douzaine de scénaristes (oui, c’est à ne pas croire, dont Fiorenzo Fiorentini, auteur de L’Homme à la Ferrari et Zenabel) disposaient d’une matière suffisante pour y piocher ce dont ils avaient envie, même s’ils devaient au final se contenter d’éléments tirés essentiellement du premier volume. Il en résulte un côté souvent nawak, où l’action passe du coq à l’âne durant 80 minutes (la succession de fondus au noir témoigne d’une envie d’accélérer l’ensemble en ayant recours à quelques ellipses), même s’il faut reconnaître que la mise en scène de Pietro Francisci (1906-1977), l’un des « pères » du péplum en Italie (Les Travaux d’Hercule, Hercule et la reine de Lydie), n’a rien de statique et insuffle un rythme à cette fantaisie aussi drôle que riche en rebondissements, loin de l’aspect figé et douteux des Visiteurs du soir de Marcel Carné avec son Alain Cuny qui semblait avoir des problèmes de transit. Certes, tout cela est bien désuet, mais le charme l’emporte et le divertissement est garanti.

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